Whøman – Sammy Ruggierro

ParMarius Sergent

Whøman – Sammy Ruggierro

Rencontre avec celui qui mets des claques quand il mixe, te relève pour mieux te l’a remettre en production sous le pseudo Whøman et membre du collectif Montpellierain Raum. On va taper la discute autour d’une bière avec Sammy Ruggiero.

Salut Sammy, merci à toi d’avoir accepté mon invitation et peux-tu commencer par te présenter et nous expliquer ce qui t’as amené à la musique électronique?

Un plaisir de pouvoir s’exprimer en temps que DJ/Producteur local dans une ville comme Montpellier. Donc je m’appelle Sami de mon vrai nom et du coup Whøman en tant que producteur et DJ. Alors il faut d’abord savoir que cet alias est très récent, depuis mon entrée chez Raum en septembre dernier pour être précis. Avant ça, j’ai débuté sérieusement sous le nom de Sammy tout simplement, avec au début de la techno assez commerciale à la Drumcode, ce sur quoi j’ai fait mes armes dans ce style. Peu après, en approfondissant, j’ai découvert un côté de plus en plus sombre et rythmé, avec des sonorités tribales que j’aimais particulièrement, et là j’ai vraiment essayé de développer le côté productif en mix et en production.
Il faut savoir que ce qui m’a donné la force d’avancer dans ce milieu c’est surtout d’avoir eu la chance de pouvoir rencontrer DJ Shade (résidente de la Villa Rouge à l’époque). Elle m’a donné ma chance et je la remercie encore à chaque fois que je fais un pas en avant dans la musique, car sa passion sans limite et son amour pour ce style m’ont permis de me former dans ce domaine (encore merci Titi !).

Peux-tu citer 5 tracks (ou albums) qui t’ont particulièrement marqué en musique électronique ? Quels souvenirs te ravivent ces tracks/albums?

1 – Alors en tout premier lieu je me souviens de «Alan Fitzpatrick – 1992 sur le label Drumcode» le tout premier son que j’ai joué à la Villa Rouge (devant mon premier public) un moment qui mélange stress, adrénaline, mais surtout énormément de bonheur, enfin c’était vrai!
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2 – Ce deuxième son, je le choisis parce que déjà, quand je l’ai découvert j’en ai eu des frissons, et même maintenant j’aime beaucoup ce que produit Maceo Plex.
Je l’avais joué à la Villa Rouge (oui c’était la maison (rires)) en même temps que Mr Oizo. Alors au début je me suis dit merde, je joue en même temps qu’un artiste que non seulement j’aime beaucoup mais qui en plus est un monstre ce qui veut dire qu’il n’y aura personne dans le techno room (rires).
Du coup comme prévu je commence le set et tout le monde part dans la main room donc au début j’ai grave le seum mais je suis dans mon truc et je continue mes bails. Et là, ce qui s’est passé au fur et à mesure des minutes était magique. Les gens arrivaient de la salle principale et commençaient à s’enjailler. Moi, j’étais dans mon set, j’étais trop content parce que je me disais que des gens préféraient le style que je jouais par rapport au style de Mr Oizo, pour qui ils avaient sûrement payé leurs places et là non, ils venaient écouter ce que je faisais… c’était OUF comme sentiment (rires) !
Et du coup en final j’ai passé Solitary Daze de ce grand monsieur accompagné de Gabriel Ananda, pour finir un set bien sale sur une note mélancolique comme ça c’était MAGIQUE !
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3 – Le troisième est un son que j’ai entendu à l’Inox de Montpellier (durant le peu de temps où c’était ouvert 😥 ) et c’était à une soirée où Gary Beck jouait. Je ne l’avais jamais entendu, mais c’était l’époque transitoire où je commençais à découvrir la techno plus énervé donc j’étais enthousiaste quand j’ai vu l’affiche. Du coup j’y vais, j’arrive quand Beck commence à peine son set, et là j’étais vraiment choqué, un set surpuissant, impossible de s’ennuyer, je me suis vraiment laissé transporter. Et là le moment de l’apothéose, ce track que je joue encore tellement il dégage de l’énergie positive sur une piste.. Et ce track c’est Clouds – Chained to a dead camel (sur le label Overly Assembly). Tu l’entends, tu te dis BIM, ça y est on rentre dedans (rires)!
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4 – Vient le tour d’un des DJ/Producteur qui a révolutionné ma vision de la techno, que ce soit en production et au mix.
À mes yeux ce gars mérite totalement tout ce qui lui arrive, il a une créativité et une technique de malade, et surtout un style très propre à lui, qui peut varier de l’acide très mélodique et mélancolique à la techno très industrielle, “charcutante”, qui ne te laisse aucun répit.
Du coup ce choix a été très difficile mais mon cœur penche vers «Eternal loneliness de I Hate Models sur le label Arts» qui est juste un bijou.
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5 – Et le meilleur pour la fin.
Celui dont je m’inspire depuis environ un an.Qui m’inspire chaque jour, qui m’aide à pousser mes limites dans le style que j’aime, qui me fait me dire que la créativité n’a vraiment aucune limite à part nous : Et bien c’est [KRTM]!
Pour moi ce mec a compris exactement tout les codes de la techno industrielle, tout en y ajoutant son côté totalement timbré provenant directement de sa tête et du hardcore (sachant qu’il joue et produit dans les deux styles).
Et à tout les sceptiques qui disent que dans la techno industrielle il est impossible d’avoir un bon groove bien dansant tout en ayant les sonorités bien sales et métalliques penchant vers le hardcore, et bien à ça je réponds : [KRTM] – Working Joe (sur le label TWB)!
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Tu fais parties de l’association Raum, comment es-tu rentré en contact avec eux ? Quel rôle y joues-tu?

En fait je dois avouer que je suis rentré chez eux grâce à Denis alias KD91 (DJ chez Raum).
Il m’a présenté au « Boss » de l’asso : Seb Krupski. On a pris rendez-vous dans un bar tous les 3, je lui ai présenté ce que je faisais en production, et après une bonne discussion il a décidé de me prendre sous son aile dans l’asso. Une occasion en or! Il y’avait longtemps que je suivais leurs événements, qui représentaient pour moi le mieux le style que j’aimais à Montpellier.
Après il faut avouer que la clientèle habituelle de chez Raum est beaucoup moins habituée à mon style beaucoup plus sombre et énervé que dans la plupart de leurs événements. Du coup c’est compliqué de débarquer dans une asso qui a déjà pris ses marques avec un style différent de ce que les gens ont l’habitude d’entendre à Montpellier tel que la techno industrielle. Mais petit à petit je commence à sentir que le Sud de la France commence à rattraper son retard dans ce style.

Quel matériel DJ utilises-tu ? Recherches-tu des spécificités techniques particulières?

Alors chez moi j’ai un tout petit contrôleur USB Roland DJ 202 (on fait avec les moyens du bord (rire) !) sur lequel je m’entraine, mais une fois derrière des CDJ ou même des platines vinyles je me sens totalement à l’aise (si des gens veulent m’offrir une régie je dis pas non (rire)).

Quel est ton pire souvenir de soirée en tant que DJ? Et ton meilleur?

Et bien le pire c’est une fois où j’avais fait 2h30 de route seul avec mon ex pour arriver à une teuf dans la région PACA, à l’époque je mixais sur vinyle timecodés .
Alors au début j’arrive tout content, je découvrais de nouvelles personnes, de nouveaux Sound Systems, et de très bonnes vibes!
Donc c’est mon tour d’ici un quart d’heure, je m’installe tranquillement, et en fait la régie était collée au son. Donc je m’en préoccupe pas, je fais mes bails tranquille, et en fait le truc c’est que quand tu joues en timecodés, les platines ont besoin d’être calibrées sinon ça fait DE LA MERDE COMPLET, ce qui n’a pas loupé. En fait, à chaque fois qu’un kick tapait le diamant sautait, ce qui empêchait totalement le calibrage des platines, et du coup bah comme prévu : CA FAISAIT DE LA MERDE, donc pitch qui était incontrôlable, j’ai jamais eu aussi honte de ma vie, je vous jure.
Et quand j’ai fini je cherchais juste le réconfort de mes proches (rires). Heureusement il y avait quand même eu quelques gens qui m’ont remonté le moral en venant me dire qu’ils avaient adoré mon set et qu’ils voulaient absolument la playlist: merci les gars d’avoir eu de la compassion pour moi!

Et du coup mon meilleur moment, c’est très clairement la première fois où j’ai joué à la Villa Rouge. En fait au début, j’étais totalement stressée, c’était vraiment risible (rires). Quand j’ai commencé à mixer ça n’a pas diminué surtout que le logiciel que j’utilisais (je jouais sur un pioncer DDJ SR à l’époque) a totalement freezé: j’ai du très rapidement le redémarrer. L’horreur!! Heureusement que je faisais le warm-up et que la salle venait d’ouvrir seulement 5 minutes avant!
Et au final tout le reste du set s’est super bien passé, les gens étaient super chauds et ça faisait vraiment chaud au cœur. Quand j’ai fini je n’en revenais pas, j’ai vraiment eu que des bons retours !
En vrai il m’a fallu bien 4 ou 5 heures pour que ça passe, j’étais vraiment le plus heureux du monde à ce moment là!

Quels artistes ou labels ont influencé ta conception du mix?

“I hate models” en ce moment! Comme je vous l’ai dit, ce mec apporte sa touche dans ses mixes et ça sonne tellement bien!
Après il  y a Rebekah aussi que j’aime énormément, que j’ai découvert pendant une soirée à la Villa Rouge (oui ENCORE) qui offre de très beaux horizons sonores et techniques avec notamment Paula Temple (Pionnière de la techno industrielle aussi, clairement une des meilleures productrices de ce genr !).

Tu es aussi producteur, du coup, quel matériels et logiciels possèdes-tu dans ton home studio?

Alors en fait je n’utilise que mes Adam F7 dont je suis très satisfait, qui m’ont permis de porter une autre oreille sur ce que je produis et même ce que je joue ! Ça te fait totalement reconsidérer tout ce que tu as produit dans le passé ! Et du coup aussi ce que tu produis dans le présent! Après certes il faut laisser le temps de réhabituer son oreille à la nouvelle écoute. Du coup c’est mon seul équipement avec Ableton 9! Avec quelques VST du genre Ozone 6 (Izotope), TAL Noisemaker (pas très connu mais vraiment très sympa), ABL3 et Kick 2!

Comment te positionnes-tu sur le débat entre l’analogique et le numérique?

Chacun a ses avantages et ses inconvénients: ce ne sont pas les mêmes approches, tout dépend du ressenti et de ce que tu cherches à faire!

Développes-tu des prestations live ? Préfères-tu jouer en tant que liver ou DJ?

Absolument pas ! J’ai peut-être pensé au fait qu’un jour je m’y mettrai mais déjà j’attends d’avoir le niveau pour arriver à faire ce que je veux avec aisance, mais ce n’est pas à mettre entre parenthèses!

Des projets? Des évènements à venir?

Pas vraiment si ce n’est continuer d’avancer!
Pour l’instant aucune date à venir.

Merci à toi pour toutes ces réponses, le mot de la fin?

Chapelure.

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À propos de l’auteur

Marius Sergent administrator

Directeur Artistik (High Potential) / Promotion Media (Interaktion Elektro Projekt) / Artiste (Kour[t]-Cirkuit--Chicuss)