Archive de l’étiquette Producteur

ParLoïc Pineau

Miskeyz

A l’occasion de la sortie de son premier album « Memories » sur French House Records le 5 octobre, nous avons rencontré le producteur lyonnais Miskeyz pour mieux connaître son parcours.

D’où vient ton nom de scène, « Miskeyz » ?

Miskeyz est un mot-valise amélioré, en fait j’ai réuni deux mots, “Miss” et “Keys” qui signifient “oublier” et “clés” en anglais. Pour l’anecdote, cela remonte à la base du projet, il y a maintenant quatre ans environ. En pleine écriture des premiers morceaux, dont Under The Sun, j’ai oublié plusieurs fois mes clés dans mon appartement et me suis donc retrouvé souvent bloqué dehors, ce qui m’a permis de réfléchir à ce nom de scène (rires) !

Comment définirais-tu ta musique ?

C’est assez compliqué de classer sa musique dans un genre précis, j’aime beaucoup de styles et j’ai énormément d”influences. Je n’aime pas me mettre des barrières quand je compose donc il m’arrive de partir parfois dans des directions totalement opposées. Les points communs que j’essaye de faire ressortir dans mes morceaux sont principalement des mélodies et harmonies développées, des rythmiques progressives et appuyées, et de l’émotion. Si on devait donner un genre à mes morceaux, il s’appellerait « deep house mélodique ».

Quelles sont tes plus grosses influences ?

Mes influences principales sont les artistes du label Hungry Music (N’to, Worakls, Joachim Pastor…) que j’écoute beaucoup. Dans le même registre j’écoute aussi beaucoup David AugustKölsch, Daniel Avery pour l’ambient techno, Boris Brejcha pour la dark minimal, Rone, Thylacine, Bonobo, ou encore Kiasmos.

Parle-nous de ton album Memories qui sort dans quelques semaines.

Memories, c’est mon plus beau projet depuis que Miskeyz existe. C’est la note finale à trois années de travail. Il comporte douze morceaux dont dix inédits. La sortie est en cours, six morceaux sont déjà disponibles et six autres arrivent pour le 5 octobre, la date officielle de sortie de l’album. C’est un projet que je suis content de clôturer, terminer un album, en être satisfait et le sortir représente un travail de titan même à mon niveau. Aujourd’hui je peux à nouveau me projeter vers la suite. De retour des États-Unis, j’écris actuellement des nouveaux morceaux pour un prochain EP.

Comment s’est déroulé la rencontre avec ton label, French House Records ?

French House Records est un petit label qui était basé sur Toulouse lors de notre rencontre. Nous avons été mis en contact par un ami et collègue de travail qui fait parti de la famille du label manager. Nous avons donc commencé à travailler sur un premier EP, Fireworks, à distance. Puis le label a déménagé à Lyon, ce qui a grandement facilité nos échanges et le travail sur l’album.

Qu’aimes-tu dans la performance live ?

Les performances lives sont les choses que je préfère dans ce projet, mes premières scènes ont demandé beaucoup de travail de préparation technique et de répétition. Lorsque je joue mon live, je rentre dans un état de concentration extrême qui me fait oublier presque tout, je fais corps avec les morceaux et je les ressens. J’aime beaucoup tester les nouveaux morceaux en live, car cela me permet de voir comment le public va réagir et comment je ressens également le morceau.

De quels machines et logiciels est composé ton set ?

Mon set est construit sur Ableton Live que je contrôle avec un Launchpad Novation et un Launch Kontrol XL Novation également. Je joue également des mélodies sur un petit clavier MIDI et sur un carillon. J’ai aussi ajouté des pads et une guitare dans le set. Il y a aussi une partie vidéo qui est lu par un deuxième ordinateur, piloté directement en MIDI par Ableton Live.

(c) Miskeyz Facebook Page

Quels sont les tracks ou artistes que tu écoutes le plus en ce moment ?

Au risque de paraître narcissique, en ce moment j’écoute en boucle les nouveaux morceaux sur lesquels je travaille (rires) ! Cela me permet d’avancer dessus et d’entendre les petites choses qui doivent être corrigées. Sinon, pendant les vacances, j’ai écouté le nouveau titre de P.N.A.U., Go Bang, Vanille Fraise de l’Impératrice, The Blaze, le dernier album de Bonobo, et Kiasmos, toujours !

Quel est ton meilleur souvenir de scène ?

Mon premier live qui s’est déroulé le 26 Mai 2017 au Square Delfosse dans le cadre d’un extra des Nuits Sonores. Je n’avais aucune idée de l’impact sur le public, et j’ai été très surpris de voir que les gens ont très bien répondu ! C’est un souvenir que je garderai toute ma vie je pense.

Quels sont tes futurs projets ?

J’aimerais donner un élan supplémentaire au projet en m’entourant d’une véritable équipe. Aujourd’hui j’ai déjà une petite équipe technique et une équipe vidéo (PNE – Party Never Ends) qui m’aide à développer mon visuel sur les réseaux sociaux. Ce qu’il me manque c’est un agent ! Et pour ce qui est de la suite musicale, je prépare actuellement un EP, que vous entendrez sûrement lors de mes prochains sets !

Troisième teaser de l’album ‘Memories’, sortie prévu le 5 octobre sur French House Records

 

Retrouvez Miskeyz sur Internet :

ParLoïc Pineau

Glitch

Glitch est un jeune producteur de musique électronique originaire de Valence. Tout d’abord guitariste et batteur dans un groupe de métal, il découvre l’univers de l’électro lors de ses études et décide de se lancer dans la production. Rencontre avec cet artiste, alors en pleine recherche de label pour sortir son premier EP.

Pourrais-tu définir ce que représente ta musique?

J’ai trois influences principales, qui sont la house, la techno, et la trance. Ce sont les trois piliers de ma musique. Au départ, je faisais beaucoup de recherche technique, avec une idée très « électronique », physique du son, en essayant de savoir comment fonctionne un synthétiseur, comment modifier un sample par exemple, et je jouais beaucoup sur ces expérimentations. Mais maintenant ça s’affine sur un dialogue entre les trois styles que j’ai cité. Je créé de la musique assez dark et un peu torturé, mais quelques fois, ça m’arrive de composer des morceaux joyeux ! (rires)

Quels sont les artistes qui t’ont le plus influencé?

J’ai beaucoup de mal à répondre à cette question. Ils sont très nombreux. Si on parle d’un style spécifique, je peux donner 2-3 noms d’artistes que j’apprécie, mais je n’ai pas une liste de noms en particulier, je suis incapable de dire de but en blanc quel est l’artiste qui m’a le plus influencé.
Ha si, il y a les Creedence (Clearwater Revival, ndlr), ça n’a rien à voir avec la musique que je fais et j’en écoute assez peu, mais c’est vraiment un groupe intemporel pour moi ! (rires)
Je ne suis pas quelqu’un qui écoute beaucoup de musique, en général. C’est surtout les gens avec qui je vis, mes potes, qui me font découvrir beaucoup de choses et m’apportent des influences, moi j’ai tendance à rester dans ce que je connais déjà. Je suis tout le contraire d’un digger !

Être musicien en amont, est-ce important pour produire sur des logiciels de MAO?

Si je n’avais pas été musicien, je ne me serais sûrement pas lancé. Ça aide, mais pas nécessairement. Tu peux faire de la musique sur ordinateur sans avoir touché un instrument de ta vie, sans formation musicale. Mais si tu veux faire ce qu’il te plaît et sans compromis, il y a une certaine forme de théorie à acquérir, une idée de ce qu’est la musique, le son. Au-delà de la formation musicale, il y a aussi la formation physique: qu’est-ce qu’une onde sonore, comment la fabriquer, etc…
Devant un écran, tu es vraiment détaché d’un instrument réel, ce qui est représenté sur le logiciel ne représente rien concrètement. Tu cliques sur les boutons, mais si tu ne sais pas ce que ça induit réellement sur le signal sonore, pour moi c’est compliqué d’aller plus loin. Pour revenir à la question, au départ, ce n’est pas très important d’être musicien, même si ça peut aider, mais au bout d’un moment, je pense qu’il est important d’avoir des bases en solfège, connaître un peu l’harmonie, pour savoir de quoi on parle lorsqu’on commence à composer.

As-tu une manière spécifique de composer?

Je compose souvent sur un temps très court, qui correspond à un moment, un état d’esprit particulier. J’ai une manière assez impulsive de travailler. Je sais quand j’ai envie de faire de la musique, mais je ne sais jamais où est-ce que mes inspirations vont me mener. Par contre, j’ai beaucoup évolué depuis mes débuts: aujourd’hui, je crée mes ‘templates(projets pré-configurés dans le logiciel, ndlr) que j’étoffe au fur et à mesure, avec des effets, des sons, et un mixage pré réglés. Quand je démarre un projet, j’ai une structure déjà faite, et ça m’oriente vers le son global que je veux avoir.

Quels synthés utilises-tu?

Je travaille sur le logiciel FL Studio depuis que j’ai démarré la production, et j’utilise un synthé en particulier sur 95 % de mes sons, pour mes basses ou mes mélodies : c’est un plug-in qui s’appelle Harmor. Pour moi, on peut tout faire avec, même si je ne le maîtrise pas encore à fond. Je trouve ça plus intéressant d’utiliser peu d’instruments mais de savoir les maîtriser parfaitement, plutôt que d’avoir 10 VST (plug-in de simulation de synthés et machines physiques, ndlr) différentes et ne pas utiliser tout le potentiel qu’elles peuvent fournir. Moi qui n’utilise pas de presets (pré-réglages qui donnent des sons déjà crées et prêts à être utilisés, ndlr) et qui créé tous mes synthés, comme je maîtrise bien Harmor, je peux faire ce que je veux avec. Je me disperse moins entre mes instruments, mais ça me demande plus de recherches et d’expérimentations, et ça me convient, puisque c’est un travail qui m’intéresse beaucoup.

Tu préfères jouer en DJ set ou aimerais-tu te lancer dans un live?

J’ai déjà fait 10 ou 15 sets en public, ça me plaisait bien, jusqu’au moment où j’ai commencé à mixer mes propres sons. Pour ma part, je ne pense pas que ce soit la meilleure manière de me vendre en tant qu’artiste, car mes tracks mélangés aux autres me donne l’impression de perdre la nature même de ce que j’ai voulu exprimer avec ma musique.
Actuellement, je réfléchis sur un live, mais ça me demande plus de contraintes techniques (quel matériel utiliser, quels tracks retravailler), tu ne peux pas juste prendre des morceaux que tu as sorti il y a 4 ans et les jouer à la suite pendant une heure et demie. Il faut vraiment repartir de zéro. J’aimerais ajouter des instruments acoustiques aussi, la dualité instrument classique/machine numérique dans la musique me fascine.

Quelle histoire veux-tu raconter à travers ta musique?

Je préfère parler en termes d’émotion. Comme je le disais, je travaille souvent sur la spontanéité. En une après-midi, je peux composer, mixer une track, et la sortir le soir même sur Soundcloud. Un morceau correspond à un état d’esprit.
Dans ma tête c’est très visuel, je me raconte une histoire mais je ne la formalise jamais en tant que telle. Pour moi, les sons représentent des images, un monde, un état d’esprit. Le public n’a pas forcément la même interprétation que moi, et j’aime avoir des retours sur les sensations différentes qu’ont pu ressentir les gens en écoutant le même morceau. C’est rare quand j’ai vraiment un propos précis car j’utilise peu de paroles. On peut dire que ma musique est à la fois une transmission d’émotions et une œuvre qui laisse place à la réflexion.

Tu refuses de faire payer ta musique, est-ce un choix ou bien une contrainte de la réalité?

C’est à la fois une contrainte de la réalité car il est difficile aujourd’hui pour un artiste de vivre uniquement de la vente de disques, et à côté de ça, j’ai grandi avec internet, Youtube, tous ces services gratuits, qui me permettaient d’écouter de la musique gratuitement, donc pourquoi je ferais payer mes tracks alors que j’ai rarement acheté la musique des autres? En plus, j’ai beaucoup de mal à mettre un prix sur une œuvre artistique. Pour moi, sa valeur n’a rien à voir avec l’argent. En quoi un tableau d’un grand peintre qui vaudrait des millions serait mieux que la toile du voisin qui fait de la peinture amateur? Ce n’est pas à moi de décider si mes disques valent 5 ou 70 euros. Donc ma musique est une offrande au public! (rires)

Quels sont tes projets à venir?

J’ai un EP que je viens de terminer, je suis actuellement en recherche de label. J’ai aussi un autre album qui n’est pas encore sorti, un peu comme un album concept : c’est une histoire racontée sur ma musique, par un comédien. Mais je ne peux pas en dire plus pour l’instant, j’aimerais garder ce projet secret !
Et puis travailler sur mon live, surtout, et continuer à produire. J’ai dépassé les 120 tracks sorties sur Internet, et je n’ai pas envie de m’arrêter.

 

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ParRichard B

Shafran

INTERVIEW – Rencontre avec Shafran, jeune producteur et DJ voironnais (38) de Deep et G-House âgé de seulement 16 ans, plein de talents et à l’avenir prometteur.

 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Valentin, j’ai 16 ans et je suis amoureux de la musique depuis plus de 10 ans.

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ?

Honnêtement, j’ai fait 6 ans de trompette mais cela ne m’a pas marqué. Il faut dire que j’ai vite plongé dedans, à 3-4 ans j’écoutais beaucoup de Disco-Funk et quand j’étais en primaire j’étais dingue de Techno française comme Vitalic, Miss Kittin ou bien The Hacker.

Cependant, je passais tout mon temps à chercher de la musique et j’ai fait des rencontres extraordinaires avec certains styles il y a seulement 5-6 ans. J’ai beaucoup trop d’inspirations.

logo shafranTu as commencé ta carrière en duo sous le nom des « Sweet Doctors » et aujourd’hui tu fais carrière solo. Quelle était ta place dans ce duo ? Pourquoi ce choix de continuer seul ?

Je m’occupais des productions et cela me déplaisait. Je crois que je n’avais pas trouvé ma voie dans un style assez commercial. Je ne veux produire comme personne et j’avais du mal à être compris. Ce que je veux dire c’est que la culture musicale est mon point fort : je ne connaissais personne qui en avait autant ou qui avait la même. Avec l’autre membre du duo nous n’avions pas les mêmes objectifs. Il voulait être connu pour l’apparence alors que je considère plus la musique comme un amour qu’on ne peut tromper. Il était inscrit en moi l’idée de faire revivre les styles qui m’ont marqué très jeune, et non de faire du commercial.

Comment pourrais-tu décrire ton style musical ?

 Je produis de la Deep House avec une touche Disco et Oldskool Piano (on reconnaît l’utilisation du Korg M1). De plus, je produis de la G-House, mais à ma façon. C’est comme si je voulais rendre hommage à l’Electroclash car j’y trouve des similitudes. Je suis très nostalgique et cela se reflète sur ma musique.

Aujourd’hui, tu es avant tout un producteur de Deep House ! Pourquoi avoir choisi ce genre de musique électronique plutôt qu’un autre?

Les musiques qui m’ont fait vibrer ont toujours été dans cette plage de BPM. En plus, l’arrivé de la Trap par exemple m’a troublé. Un style nouveau que beaucoup de monde adore, sauf moi. C’est comme-ci nous abandonnions tous ces styles qui ont existé auparavant car la plupart des producteurs aujourd’hui ne font plus attention à l’histoire de la musique électronique. C’est sûrement pour cela que ce style me dégoûte, je dois associer cet état d’esprit à la Trap.

Où puises-tu ton inspiration pour tes compositions ? Avec quels outils travailles-tu pour créer tes morceaux ?

Je dois passer 2h par jour à chercher du son et à écouter encore et encore les musiques qui m’ont marqué. J’écoute beaucoup de Disco, de Piano House et chaque jour je regarde ce qui est sorti en G-House.

Je travaille sur FL STUDIO.

logo shafranTu as signé sur le label « Housepital records » et tu es également un artiste « Spotify ». Comment se sont faites ces collaborations ? As-tu fais le 1er pas ? Est-on venu te chercher ? Que t’apportent ces entités ?

Je suis allé chercher Housepital records. Honnêtement ils ne m’ont rien apporté, leur promo était assez discrète. Mais cette année, j’ai 3 sorties sur des labels plus importants, j’en dirai pas plus…

Sur Spotify, j’avoue qu’on a eu de la chance avec Mahara pour les 10 000 écoutes. Je ne faisais pas attention à Spotify jusque-là ; néanmoins je me suis rendu compte que la plateforme est importante. Au niveau des collaborations, je recherche une alchimie. Avec Mahara, nous adorions la Piano House, c’est pourquoi nous avons directement collaboré. En 2018 j’ai une track avec Altharys qui va sortir dans un label G-House. C’est ici la même chose : avec Altharys nous avions exactement les mêmes objectifs. Collaborer ça t’apporte des nouveaux points de vue sur la production, et sur la psychologie de production, j’aime observer comment les autres travaillent.

Quel est ton Top 3 joué en ce moment ?

Je vais faire mon top 3 en fonction des musiques que j’écoute le plus !

  1. Simply Red – Monet Too Tight to Mention
  2. Brandon Reeve – Curls
  3. Michel Legrand – Disco Magic Concorde

Quelle est la prochaine étape pour toi ?

Gagner en notoriété. Souvent on ne fait pas confiance à quelqu’un de 16 ans. J’ai 3 sorties en labels qui arrivent et mon but est de monter le plus possible tout en me faisant plaisir.

Le mot de la fin…

 La musique est la meilleure chose au monde. Une variété incroyable existe, il y en a pour tout le monde donc allez chercher plus loin que la radio.

Retrouvez Shafran sur le web :

ParMarius Sergent

Cousin Vic

Dj et producteur, créant une Techno langoureuse et groovante à souhait, Lyonnais d’adoption mais Clermontois avant tout, découvrez ou re-découvrez l’univers de Cousin Vic :

Salut et merci à toi d’accepter mon interview, peux-tu commencer par te présenter ainsi que ton parcours dans la musique électronique ?

Salut à toi déjà et merci pour l’intérêt que tu portes à ce que je fais…
Alors moi je m’appelle Victor Raynaud et je suis né en Avril 1989 à Clermont-Ferrand. Mon parcours dans la musique électronique est assez simple et n’est pas que de mon fait. J’ai un frère ainé qui a bercé là-dedans depuis l’arrivée des raves et qui m’a contaminé sans le vouloir. A 7ans je suis tombé dans sa chambre sur sa réserve de cassettes audio (une boîte à chaussures remplie de techno sous son bureau), j’en ai choisi une au pif, inspiré sur le moment par la jaquette. Je ne sais plus si c’était une cassette de Crystal Distortion ou de Meltdown Mickey bref un des Spi (que mon frère connait bien)(Spiral Tribe NDLR), je suis allé dans mon bain après avoir mis la cassette dans le poste (je m’en souviens comme si c’était hier, dans les moindres détails), et là, RÉVÉLATION !! C’était déjà fini pour moi.
Ensuite à 12 ans je me suis mis à squatter Rebirth (1er séquencer) sur le pc de mon frère, ensuite je me suis mis au mix en faisant mes premières scènes en free, puis après j’ai vite voulu faire mes prods…
Du coup je suis tombé par hasard sur la SAE Institut à Paris et j’ai validé mon diplôme “Electronic Music Producer.” Entre temps j’avais déjà signé sur quelques labels et je voulais me professionnaliser un peu plus là-dedans… Donc voilà où j’en suis aujourd’hui, et j’en suis assez satisfait même si tu en veux toujours plus, une réussite en amenant une autre…

D’où vient ton nom de scène ?

(Rire) C’est une longue et vieille histoire à la con… Qui normalement devrait porter préjudice à mon frère !
En fait tout comme toi j’ai fait des saisons en  stations de ski, à la Plagne précisément, tout comme mon frère les dix années précédant les miennes. Et il se trouve que mon frère était surnommé “coussin péteur” (on se demande pourquoi…) qui s’est transformé en “cousin Peter” et qui s’est raccourci en “cousin Pit”.
Quelques temps plus tard je débarque à la Plagne avec cette même sale gueule de Raynaud (je suis la copie conforme de mon frère) et donc “cousin pit” est devenu “cousin vic”. Et un beau jour alors que je me produisais à Terre Blanque pour une soirée dubstep (à l’époque sous le nom de “Parazite Basko”) le mec qui a fait les fly (le meilleur pote de mon frère) m’a annoncé sous “Cousin Victor”… On s’est bien marré avec ces conneries, puis c’est resté…
En plus ça m’évite de m’appeler “Alejandro Fanchini” par exemple, comme un trou de balle sur deux de la scène club minimal…

Quelle est ta philosophie, ta conception de la production ?

Vaste sujet : tu pourrais me dire, je ramasse les copies dans deux heures…
En fait à la base c’est un exutoire, le mix ça m’a fait marrer les premiers temps puis très vite je voulais exposer ma vision de la Techno qui est faite d’influences diverses et variées. J’ai besoin d’expulser ce qui me tourne dans la tête, sinon ça reste, ça tourne et ça rend fou (Rire).
Après ma philosophie du truc, c’est que j’essaye de ne pas me fixer de limite, même si tu as quelques codes à respecter forcement, que ce soit dans la composition ou la structure et l’arrangement. J’ai besoin de faire tout style de techno, je n’arrive pas à me cantonner dans un seul style bien défini, même si je sais qu’on peut atteindre une forme de “notoriété” plus rapidement par cette voie. J’ai besoin de faire pleins de choses différentes parce que j’écoute pleins de choses différentes…
Ensuite le fait de savoir produire amène à mes yeux une certaine crédibilité, parce que mixer tout le monde peut le faire, même s’il y en a des meilleurs que d’autres là-dedans (pour ma part j’ai aucun talent particulier par exemple).
J’aurais toujours une attention supérieure pour un bon producteur que pour un bon Dj.

Travailles-tu seul ou en collaboration ?

Ca dépend ! Et là si t’es un bon, tu me réponds “ça dépend, ça dépasse”.
En fait je ne fais pas que de la Techno, je suis aussi très actif dans la Somatik Techno (où je rencontre un succès bien plus prononcé qu’ailleurs) qui est un mouvement musical underground électronique qui nous vient des pays de l’Est. Plus précisément de Russie et d’Ukraine.
En Techno je produis seul, et en Somatik je produit seul aussi, mais également très souvent en collaboration avec Monsieur Hertzman (le boss de Lethal Dose Recordings, Somatik Sounds, Plunk, Berberis et de Lethal Script Label…).
On a pondu notre premier album en collaboration en septembre 2017 après un an et demi de travail acharné. C’est une autre manière de travailler, surtout avec un tel nom, qui est d’une exigence incroyable. Ce genre d’exigence qui te fait grandir, qui te tire vers le haut, qui fait que tu te remets en question constamment… On apprécie d’ailleurs énormément notre complémentarité, qui est réelle! Il est plus à l’aise en compo que je le suis et moi de mon côté j’apporte mes aptitudes en terme d’arrangement, où il me laisse carte blanche. Puis on va dire que j’ai une approche plus Techno de la Somatik que lui. On essaye donc de marier sa composition ambiante et planante avec mon approche plus rentre dedans, plus primaire, plus Techno. On prend vraiment plaisir et on n’en a pas fini tous les deux, on a TOUJOURS depuis deux ans, un projet en cours… J’ai l’impression d’avoir franchi un cap en travaillant avec lui.
Et puis c’est vraiment très flatteur pour l’ego quand quelqu’un comme lui vous demande de travailler avec. Et du coup, être très rigoureux dans le travail avec lui, ça m’a apporté une certaine prise de liberté dans mes projets perso, je me débride, j’ose… C’est un peu paradoxal.
Ce que je veux dire, c’est que je me lâche quand j’ai pas Monsieur Hertzman sur le dos (Rire) et des fois ça donne des bons trucs (Rire).
Bref c’est que du positif, que je sois seul ou non ça fait deux ans, voire un peu plus que je sens que j’avance vraiment…

Quel matériels et logiciels possèdes-tu dans ton home studio ? Recherches-tu des spécificités techniques particulières ?

Alors moi je suis basique grave, j’ai un petit synthé novation et le reste c’est tout du VST. Il y a des trucs vraiment excellents aujourd’hui…
En terme de rendu on a des trucs très très propres. Certes ça ne vaudra jamais le hardware, l’analo etc, mais c’est déjà tout à fait correcte. Après je ne vais pas non plus tout détailler pour ne pas me foutre à poil, et j’ai aussi un compresseur externe que je n’utilise pas toujours.
Mon séquenceur c’est Ableton, ça c’est pas très original. Je trouve ça assez intime, tu demandes pas à un magicien quels sont ses trucs. Et me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, je suis loin d’être un magicien dans la Techno, j’ai rien inventé les copains !
Sinon, si j’avais un souhait, j’avoue que j’aimerais vraiment me mettre au modulaire… Mais faut des sous et de la patience pour ça (Rire)…

Comment puises-tu ton inspiration pour composer ? Quels sont tes influences en matière de production ?

Souvent ça fait Boom Boom Boom… Tu connais? (Rire) Tu veux des noms ou quoi ? Qui m’inspire ? Y’en a tellement…
Depuis mon école à Paris, je suis très dans la technique de mix du track (mais pas que non plus), j’essaye de tendre, tant que faire se peut, dans des bassline très présentes, un chouille crado, avec un beat qui a des frappes sèches et des vélocités augmentées. De quoi faire sonner du sale mais propre… c’est pas très clair mais ceux qui consomment de la techno devraient me comprendre (Rire).
Après je peux te faire un petit podium de mes influences en terme de producteurs, c’est-à-dire en technique pure. Mais de toute façon, quelque chose de bien produit, même si c’est pas ton style de prédilection, tu prends plaisir à l’écouter et tu trouves ça bon.
Bref si on s’attaque au podium :
En 3 je te mets ce qui se fait chez Drumcode, pas tout non plus, mais Sam Paganini, Pig & Dan, Adam Beyer, Enrico Sangiuliano, Julian Jeweil, ça c’est du très bon boulot.
En 2 je te mets “Hell Driver », je trouve ce producteur incroyable, il a tellement de qualités, et dans tous les styles en plus… Après on est dans une époque où le faire savoir est plus important que le savoir faire et ce mec mériterait de jouer tous les weekends, partout !! Pour l’instant il se contente de déchirer tous les tops Beatport, il est en train de prendre de l’ampleur et c’est mérité.
Et mon chouchou numéro 1, c’est un français, un toulousain, qui casse tout depuis tellement d’années, qui a déchiré toutes les scènes Electro sous tellement de blases, le gars sait tout faire. C’est “The Clamps.” Je parlais de crade mais propre tout à l’heure et ben là on a les deux pieds dedans mon pote !!! Il est incroyable, il sait tout faire, Trance, Techno, Drumstep, Neurofunk, Dubstep. Là, il faut que j’arrête de parler, faut juste que tu ailles écouter et puis c’est tout ! Et le pire, pour la petite anecdote, c’est que c’est le pote d’un très bon ami et que je ne l’ai jamais rencontré. Ca va me faire quelque chose si un jour ça arrive, parce que c’est vraiment mon préféré depuis le début ! Mais t’inquiètes je ne laisserai rien paraître (rire).

Tu as signé ton dernier EP sur Fortwin-Records, as-tu une stratégie particulière dans ton démarchage de label ?

Pas particulièrement non, puis ça a bien évolué entre aujourd’hui et il y a quelques années… Au départ tu démarches un peu partout et puis quand il y en a un qui répond à ta requête par l’affirmative, tu es super content parce que ça fait partie de tes premiers label, puis que tu as le sentiment d’exister. C’est un peu con mais la première fois que tu vois ton blase sur Beatport tu te dis bon ben c’est pas mal.
Puis des fois tu reçois des masterings qui ont massacré ta création originale et là tu te dis bon, faut que je fasse du tri et que je regarde chez les labels qui peuvent me correspondre et qui font du bon taff…
Puis un beau jour, je ponds un EP 2 titres mieux que les autres, un projet grave péchu, bien rentre dedans, avec franchement une structure pro que je n’avais encore jamais su faire. Un petit moment où j’étais “touché par la grâce” parce que j’ai fait mon deux titres en une vingtaine d’heures, tout coulé… Ça venait comme ça puis là, je me suis dit : “Allez j’ose tout et je demande un remix à Hell Driver” (l’artiste dont je vous parlais précédemment) et en plus je l’envoi chez “Beast Factory Recordings” qui fait partie du top 3 de mes labels préférés. J’ai envoyé tout ça en mode pro avec une bio, avec la demo et le remix, le book, enfin tout, et 24h plus tard je reçois un mail de Beast Factory qui me dit qu’ils adorent et qu’ils sont chauds pour me signer.
Donc là ouais j’ai un peu kiffé ! Et depuis ce jour-là, je n’ai plus démarché un seul label, c’était l’inverse qui se passait. Petite dédicace à mon père qui me répétait sans cesse quand j’étais plus jeune “bouges toi le cul personne ne viendra te chercher” (Rire) et il a raison d’ailleurs (Rire).
Mais bref, c’est incroyable le crédit que ça m’a apporté de signer chez eux, surtout que mon EP  a fini vente la plus populaire de l’année 2016 chez Beast Factory. Incroyable…
Puis après, j’avais pas mal de demandes de plusieurs labels, j’ai pu aussi accepter et refuser des projets et me “donner” au meilleur label.
Ensuite, mon dernier EP chez Fortwin-Records, c’est un truc qu’on avait prévu depuis longtemps avec le boss du label avec qui je corresponds régulièrement. C’est un passionné qui propose un travail très pro, il y a d’ailleurs des artistes très prestigieux qui sont signés chez lui. Du coup ce 6 titres c’était chez lui que je voulais le faire même s’il y avait d’autres labels qui étaient intéressés…

Sur quels labels aimerais-tu signer ? Pourquoi ?

Et ben bonne question… je t’avoue que j’aimerai vraiment bien signer chez Yin Yang Records, parce que c’est un label auquel je me suis toujours identifié, à qui j’ai déjà envoyé des démos où ils m’ont dit que le travail était très bien fait, mais que le style ne correspondait pas à 100% à celui du label. Du coup j’ai un peu de mal à les cerner des fois mais je vais y arriver un jour, c’est un peu mon petit challenge que je me suis fixé, j’espère y arriver… y’a pas de raison… Je sais que j’ai le niveau !
Sinon Drumcode (peut-être un peu ambitieux) mais je crois qu’il faut être chauve pour signer chez eux (Rire).
Sinon j’aime beaucoup le travail de Naked Lunch, Elektrax, j’aimerai signer chez Token Records, le label de Inigo Kenedy, mais c’est pas vraiment ce style de Techno que je produis actuellement, c’est par admiration de l’artiste qu’il est et de la musique qu’il compose aussi. C’est ce que j’appelle de la Techno de daron, je ferai ça quand je serais un grand garçon…
Je suis assez admiratif d’un mec qui arrive à faire un track où pendant 7minutes c’est toujours la même chose mais tu te fait jamais chier… ça demande une approche de composition hyper subtile, et dans mon esprit, il faut de la bouteille pour arriver à ça… ça demande de vraiment sentir les choses et d’avoir un feeling T&echno très fin, j’espère vraiment un jour verser dans ce genre de musique. Et certainement via l’analogique tiens !(Rire).
Pour finir Boyz Noize Records me botte bien mais je ne me suis jamais vraiment penché dessus. Je pense que le jour où je débarque avec un projet fiable et intelligent, je pourrais prétendre… ou pas…(Rire).

Quels retours sur tes productions as-tu des artistes de la scène ? Du public ?

J’ai la reconnaissance et le respect de mes pairs et c’était ça mon objectif premier. Ensuite les retours sont  positifs oui, ça me surprend même des fois. Parce que je suis bien conscient que ce que je fais n’intéresse que quelques initiés, mais quand des gros noms viennent me complimenter et que des labels que je suis depuis longtemps viennent me proposer des projets je trouve ça hyper flatteur et ça met du baume au cœur c’est sûr!
Après le retour du public est très bon également mais il me touche moins, tu sais pas toujours si c’est ta musique ou la drogue qui était bonne… Mais il m’est arrivé d’avoir de très bons compliments quand un consommateur me dit ça sonne pro, ou que mon beat bassline fait tomber les murs je kiffe. Mais quand un producteur réputé (ou non) me demande comment j’arrive à faire telle ou telle chose je bande encore plus. J’aime beaucoup quand on me dit, toi tu as fait une école d’ingé son, ça s’entend.
Mais je redescend vite sur terre t’inquiète, je suis lucide et je sais très bien que ce que je fais n’intéresse que moi comme j’aime à le dire…

Comment te positionnes-tu sur le débat entre l’analogique et le numérique ?

La vérité ? J’en ai rien à branler ! La musique c’est comme pleins de choses, il y a ceux qui en parle et ceux qui en font… Après comme je disais plus haut je pense que le numérique ne vaudra jamais l’analogique, mais qu’il y a des VST de plus en plus surprenant où la qualité est à s’y méprendre…
Mais c’est sur qu’un pied analogique ça reste un pied analogique, c’est inégalable je pense…

Développes-tu des prestations live ? Préfères-tu jouer en tant que liver ou Dj ?

J’y travaille ouais, mais c’est long et j’essaye de mettre ça sur pied avec d’autres artistes surtout. Avec mon pote Noise CtrL notamment, j’ai oublié de le citer celui-là aussi, mais accroches toi bien mon pote parce que lui aussi dans le genre pur producteur et mec qui transpire la Techno, ça se pose là !! Il a un feeling, il sent grave les choses, je l’adore, c’est mon papa, c’est en partie (voire surtout) à cause de lui que je fais ce que je fais, c’est une source d’inspiration permanente. Si je fais un truc que personne n’aime, mais que lui kiff alors j’en ai rien à foutre, je garde et je sais que c’est bon !
Mais cette histoire de live est un peu au point mort en ce moment, on manque de temps pour se voir lui et moi. Sinon on peut pas parler réellement de préférence. Il y a des qualités dans les deux. Mais c’est pareil j’ai un peu plus d’admiration pour un type qui fait du live que pour un mec qui mixe…

Les projets à venir ?

Il y en a tellement aussi… Mais là le plus concret c’est la Somatik, on vous prépare que des bombes avec Hertzman… J’ai un EP qui va sortir chez Physical Records, le label de Mik Izif et Midwooder, qui va sortir très rapidement avec des remix de Tawa Girl et de Noise Ctrl. Il y a aussi une sortie 4 titres prévus chez Basic Avenue Records aussi.  Sinon j’ai deux festochs de prévus au Sénégal et au Cameroun avec une bonne orga, un plateau bien fat… ça va être cool.
Un bon festoch en Juillet aussi en Auvergne dans un cadre magnifique avec la crème des crèmes des organisateurs de soirées. C’est le festival Stone Moon. Ces mecs-là sont vraiment adorables et passionnés. Ils ont une vision des choses en grand tout en conservant une certaine simplicité, c’est comme ça que je vois les choses sur cette scène qui tend à être de plus en plus superficielle, et ça fait plaisir !

Merci à toi pour toutes ces réponses, le mot de la fin ?

Ben merci à vous parce que je me suis rendu compte que ça n’intéressait pas que moi, il y a toi aussi donc on est déjà deux c’est cool! (Rire).
Sinon je voudrais m’excuser auprès de mon pote Gianni d’avoir pissé dans le couloir de sa boîte de nuit il y a un peu plus d’un an maintenant (rire) il comprendra…
Sinon pour le mot de la fin, j’hésite entre pantoufle et anorak, je te laisse choisir…
Et enfin une bise à tous ceux que me suivent, ma famille, mes proches, mes amis et ma p’tite Boston family.

 

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