Archive de l’étiquette Interview 2016

ParAnthony Beauchet

MotherBot records

Moe Danger : peux-tu te présenter en quelques phrases ? D’où vient ton pseudo ? Comment es-tu tombé dans la musique électronique ?

Hey, je suis Moe Danger, un musicien / producteur de Toronto, Canada. Ce nom est un nickname que j’utilise en ligne depuis de nombreuses années : Moe est le nom de mon chat et Danger est un anagramme créé à partir de mon propre nom de famille. Je me suis  intéressé à la musique électronique très jeune ; il est difficile de dire quand cela a commencé, mais quand mes amis écoutaient Marylin Manson, j’écoutais The Prodigy ou Fatboy Slim, c’est  ce que je préférais.

Tu es originaire de Toronto et aujourd’hui tu vis à Berlin : la scène électronique au Canada ne te satisfaisait pas ? Qu’es-tu venu chercher à Berlin ? Quelles différences/ressemblances vois-tu entre les 2 scènes ?

La scène électronique à Toronto est assez bonne en fait, je ne peux pas vraiment m’en plaindre, mais la possibilité pour un musicien de faire de l’argent au Canada est une autre histoire. De nos jours, Toronto rapporte pas mal de bonnes choses de l’Europe, et les gens commencent à avoir le même goût en techno qu’à Berlin. Je pense que c’est vraiment cool. Malheureusement, les artistes locaux ont encore du mal à Toronto, c’est une chose que je n’aime pas de l’industrie ici.

Tu gères le label MotherBot records : raconte nous un peu l’histoire du projet ? Pourquoi avoir choisi le nom “MotherBot” ? Quelle est la philosophie du label ?

C’est quelque chose que je voulais faire depuis longtemps, j’y réfléchis depuis des années. Je l’ai vu comme un bon moyen de contribuer à la communauté techno et peut-être aider quelques artistes à grandir, tout en ayant également la chance de collaborer avec plus de musiciens. Le nom vient de mon amour pour les ordinateurs et les robots : j’ai pris les mots «carte mère» et «robot», je les ai mélangés et il est sorti MotherBot. Il m’a fallu quelques mois pour obtenir ce nom, mais une fois qu’il m’est apparut, j’ai su que c’était bien “Le” nom du label. Quant à la philosophie, l’idée est de construire une famille de producteurs, des artistes qui peuvent collaborer et s’aider mutuellement.Nous faisons de la musique pour nos fans en priorité, toutes les releases et podcasts sont libres d’écoutes sur SoundCloud, YouTube et les autres services de diffusion musicale : nous voulons simplement donner aux gens quelque chose à apprécier.

Tu a commencé le projet du label avec des broadcasts : le mix occupe-t-il une place importante dans ta vie ? Quels sont tes modèles en matière de technique de mix ?

Le label a commencé avec des podcasts parce que je ne voulais pas commencer par la vente de musique, je voulais juste offrir aux gens une heure de techno pour profiter et je voulais commencer à trouver des artistes dans le même esprit pour travailler avec. Dans le processus, l’idée était de faire de la publicité du podcast en leur donnant une certaine visibilité, et aussi de mettre sur Facebook chaque playlist et encourager nos auditeurs à soutenir ces artistes aussi s’ils appréciaient le contenu. C’est une façon de relier les gens avec la musique, ce qui est vraiment le but au final.

Mixer pour moi c’est parfois une lutte : je me considère plus comme un producteur qu’un DJ, je suis toujours en train d’expérimenter quand je joue mon set. J’ai mes propres techniques personnelles, j’aime bien les longs mix et j’utilise des effets comme les delays et la réverb pour créer des transitions qui sont percutantes et sans coutures. Bien sûr, parfois les cuts rapides sont également tout aussi efficaces quand ils sont bien faits, et les boucles ouvrent également de nombreuses possibilités créatives : elles peuvent même vous sauver au milieu d’un mauvais mix. Mais je cherche toujours ma technique de mix, et je prévois de changer mon setup bientôt : à suivre d’ici quelques mois…

Quelle est l’identité musicale du label ? Choisis-tu de signer des artistes qui te ressemblent ? Donnes-tu la chance à de jeunes artistes de signer sur ton label ?

Le label est définitivement adapté à mon propre goût de la musique, je ne signerais pas un track que je n’aime pas. Pour MotherBot, je me concentre sur la tech-house, deep-house et techno, et je n’ai pas l’intention de sortir quoi que ce soit trop éloigné de ces genres. Je donne absolument une chance aux jeunes artistes, pourvu qu’ils aient une musique bien produite : c’est tout ce qui compte vraiment. Et si je peux aider un nouvel artiste tout au long de sa trajectoire, c’est un bonus.

Le marché de la musique électronique s’est effondré avec l’arrivé du MP3 : quelles difficultés rencontres-tu dans la gestion d’un label ? Est-ce facile de se faire une place en tant que petit nouveau ? As-tu créé des liens avec d’autres labels de la scène électronique ?

Comme il s’agit d’un nouveau projet, la plupart des difficultés ont été jusqu’ici dans la construction de la plateforme : trouver des artistes pour les premières sorties et des DJs pour les podcasts, se connecter avec un bon distributeur, et  commencer à construire une fanbase. Il n’est certainement pas facile de faire votre place comme nouveau label, il y en a tellement et le marché est assez saturé ; mais cela signifie simplement que vous devez travailler dur. Il y a quelques autres labels auxquels nous sommes liés : je ne peux pas en dire plus, mais nous planifions des événements en collaboration avec certains d’entre eux en 2017.

Quelle est ta conception de la production ? Sur quelles machines/logiciels travailles-tu ? Compose-tu à l’instinct ou avec un projet en tête bien défini ?

Quand je produis, je commence habituellement par expérimenter et juste jouer. J’aime sampler d’autres instruments comme des violons, des orgues ou des chœurs et jouer dans Ableton Live avec un clavier pour voir ce que je peux en sortir. L’utilisation de samples audio permet souvent de créer de bonnes textures que vous ne pouvez pas obtenir avec un  VST, et de là je peux modifier et donner du mouvement aux sons avec des effets différents. La chose importante pour moi sont quelques bonnes nappes de drums, une sub-basse et un kick puissant. Une fois que j’ai toutes ces parties, je joue avec jusqu’à ce que je me sente à l’aise et assez inspiré pour enregistrer le morceaux : je tiens à enregistrer une chanson en une seule fois ; puis j’ajoute des effets et de petites modifications après. C’est la façon la plus confortable pour moi de produire.

Tu es également remixeur : travailles-tu de la même façon un remix et une production ? Que cherches-tu à faire ressortir au travers de tes remix en comparaison de l’original ?

C’est le plus fun pour moi de faire des remix. Je fais un remix parce que j’aime l’original et c’est génial d’avoir une chance de prendre les éléments d’un track que vous aimez et de les retravailler à votre style. Je prends mes parties préférées de l’original, et je commence à construire autour de cela avec mes propres éléments. Parfois, je peux prendre que la voix, ou peut-être qu’un petit morceau de la mélodie originale, et expérimenter avec un ou deux éléments. Je m’assure également de ne pas écouter la version originale tout en travaillant sur un remix : cela aide à être inspiré par les éléments du track plutôt qu’être influencé par l’œuvre originale. Chaque track est différent, et pour chaque remix, je mets en évidence quelque chose de différent : ça dépend vraiment des morceaux originaux et de ce que je ressens quand je m’assieds pour travailler.

Peux-tu citer 5 tracks qui sont pour toi l’essence meme de la musique électronique ? En quoi ces tracks te touchent-ils plus particulièrement ?

Il est difficile d’en choisir seulement 5, il y a beaucoup plus de morceaux que je voudrais ajouter à cette liste. Ce seront donc les 5 qui me viennent à l’esprit :

Marek Hemmann – Gemini : c’est ainsi que le saxophone est censé être utilisé dans la musique électronique. Cette chanson a une telle  énergie, c’est funky mais pas d’une manière désagréable et commercial. L’un de mes préférés.

Maceo Plex & Gabriel Ananda – Solitaire daze : le break dans ce track est fantastique : perçage d’oreille agréable. J’aime la façon dont la mélodie est construite, le timbre est tout simplement parfait. Encore une fois supère énergie, super pour un club à 2h du matin.

Paul Kalkbrenner – Cylence 412 : la mélodie est fantastique. Paul a le don de vous donner le strict minimum de ce qui fait un superbe track et de les mêler dans un morceau énorme : pas de white noise ou d’effets pour combler, juste une bonne production. Cette chanson en est un parfait exemple.

The Prodigy – Out of space : un super exemple de bons samples. J’adore ce morceau, je remonte loin avec lui. Cette chanson a un tel mouvement, elle a un drop de tempo et un superbe sample de Max Romeo sur une telle vibe. Cette chanson me met dans une ambiance fantastique.

Caribou – Sun : ou quand la répétition est une bonne chose. Les chansons sont souvent ennuyeuses lorsqu’elles sont trop répétitives, pas celle-ci. Je ne m’en lasse jamais, le seul vocal “sun” répété sur un triple sample syncopés, il est juste à l’endroit parfait. Je suis aussi un fan du breakbeat au milieu de la chanson et du travail sur le synthétiseur expérimental.

Quels sont les projets à venir pour MotherBot records ? Pour Moe Danger ? Comment te projetes-tu dans les années à venir au sein de la musique électronique ?

MotherBot a plusieurs futures sorties à venir et nous prévoyons de garder un flux régulier de EPs et de podcasts mensuels. Nous commencerons bientôt à planifier des événements et à faire des soirées au nom du label. Pour moi, j’ai un certain nombre de tracks qui sortiront à partir de janvier, ainsi que quelques mix et podcasts. Et pour les années à venir, je ne peux qu’espérer continuer de grandir en tant que producteur et musicien : si je suis capable de faire de la musique pour les 20 prochaines années, je serais heureux.

Retrouve MotherBot et Moe Danger sur la toile :

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Moe Danger

ParAnthony Beauchet

YourDj

Peux-tu nous présenter YourDj ? Comment est né ce projet ? Comment tout ça s’est mis en place au départ ?

Ce projet est né en 2011, à l’époque où je vivais encore à Toulouse. J’ai pu constater que les artistes et associations locales ne sont pas mis en avant et ont peu de moyen pour faire leur promotion. Du coup, j’ai décidé de créer un groupe facebook au début, puis ensuite une page facebook, permettant aux artistes et associations locales de diffuser gratuitement leurs actualités (event, podcast, production, etc.), en échange du partage de la page : un échange de communication simple.

Le but principal de YourDJ est de faire la promotion d’artistes, d’associations et d’évènements locaux par ville, en étant 100% gratuit. Il existe une page par ville : Montpellier, Toulouse, Marseille, et prochainement Bordeaux. Un site web également où les utilisateurs peuvent retrouver les évènements par ville, les lieux et les DJs. Ainsi que les podcasts et les playlists YourDJ.

Et dernière nouveauté, les utilisateurs peuvent maintenant avoir des préventes en ligne, uniquement sur le site YourDJ, à moitié prix du prix à la porte.

Quels concepts développes-tu avec ce projet ?

Les pages Facebook, avec le partage gratuit de l’actualité locale par ville. Le site web avec les préventes, les pages DJ gratuites, et la publication gratuite des évènements. L’émission Radio FM YourDJ sur Radio Clapas 93.5 FM à Montpellier où je présente les artistes, associations et productions locales.Les podcasts YourDJ où les artistes locaux peuvent proposer un mix que je diffuse ensuite sur le réseau YourDJ. En développement, la ville de Bordeaux

As-tu d’autres activités en parallèle de ce projet ? Organises-tu des évènements ?

J’ai organisé l’an dernier des Open Platines permettant aux artistes émergeant de mixer en bar et en boite : une trentaine de DJs ont pu ainsi se produire. Mais actuellement, je n’organise rien par manque de temps.

Prévois-tu des soirées YourDj dans un futur proche ?

Pourquoi pas faire des soirées YourDJ : pour les anniversaires des villes par exemple, ou pour le lancement d’une nouvelle ville. L’idée de refaire des opens platines me tente également. J’aimerais pouvoir aussi faire des croisements entre les villes, par exemple des DJs de Montpellier à Toulouse et inversement.

Tu animes une émission sur Radio Clapas depuis la rentrée : comment gères-tu ton émission? As-tu des invités régulièrement ? Fais-tu des chroniques de tracks ? Des interviews ?

Le but est de donner de la visibilité aux artistes et organisateurs locaux. J’essaye donc d’inviter en fonction de l’actualité du moment, des acteurs de la musique à Montpellier. Je diffuse également des productions locales qui sont ensuite ajoutées aux playlists “YourDj” et que vous pouvez retrouver sur le site www.yourdj.fr dans l’onglet multimédia. On a reçu une trentaine d’invités au total maintenant depuis le lancement.

L’émission se déroule 3 jeudis par mois (pas le premier jeudi du mois) : vous pouvez la retrouver en podcast sur le site www.yourdj.fr dans l’onglet multimédia, en live pour les Montpelliérains sur le 93.5FM ou sur Internet via www.radioclapas.fr

Qu’est ce qui te motive dans tout ça ?

La musique me passionne depuis plusieurs années maintenant, 2011 pour être précis, en partie grâce à une association dont je fais toujours partie à Toulouse : OVERdrive Events. Une équipe de passionnés du son qui m’ont fait découvrir ce monde. J’aime découvrir de nouveaux artistes, du son, rencontrer du monde, discuter, sortir, et YourDJ est au final le fruit de 4 années de travail rassemblant toutes ces envies.

A l’heure actuelle, qu’est-ce qui manque encore a YourDj ?

Des fonds pour développer d’autres villes ; mais chaque chose en son temps : j’ai confiance en la suite des évènements 🙂

As-tu un parcours personnel dans le monde de la musique électronique en tant que DJ, producteur ou autre ?

Non pas du tout. J’ai des platines CD chez moi depuis peu : je m’amuse avec mes amis mais rien de plus. Je ne suis pas non plus producteur mais j’aimerais énormément pouvoir apprendre et faire sortir mes idées en track. Par contre je suis vraiment passionné de musique depuis mon adolescence, en passant du Rap US (Dre, Snoop Dog, Eminem..), au Reggae (Bob Marley, Black Uhuru, Michael Rose ..), au Rap FR de l’époque (IAM, FF, NTM), et maintenant Techno. J’ai une préférence pour la techno lourde style Drumcode, mais j’aime beaucoup la deep house et la tech house également.

Comment te positionnes-tu sur le débat entre musique électronique underground et commerciale ? Quel est ton point de vue sur l’EDM ? Les free-parties ?

Pour moi, la musique commerciale n’a aucun sens et aucun but à part faire de l’argent. Quand on voit combien peut toucher un guest EDM pour ce qu’il produit comme musique ou prestation, je trouve ça à gerber. Le monde de la musique est ainsi fait : à nous de montrer que les artistes locaux peuvent valoir bien mieux au niveau qualitatif que tout ce monde EDM.

Les free parties je ne connais pas tellement : je ne me permettrai donc pas d’en parler très longtemps. Je pense que c’est bien plus respectable que l’EDM mais que c’est un univers un peu trop “dark” à mon goût (musique, ambiance). Niveau musicale je ne m’y retrouve pas du tout. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle YourDJ ne diffuse pas ce genre de son (only House & Techno)

Le mot de la fin

Un énorme merci pour cet interview ! Pour les artistes et organisateurs qui souhaitent en savoir plus n’hésitez pas à me contacter par mail yourdj.france@gmail.com.

L’aventure continue sur le Web :

ParAnthony Beauchet

Made In France

Entrevue avec Made in France, l’organisation varoise conceptrice des BIG FUN et du Portissol Festival.

Peux-tu nous présenter Made In France en quelques phrases ?

C’est une organisation qui a pour but de promouvoir la musique et la culture 2.0 en essayant de toujours privilégier notre région (le Var) avant tout.

Comment est né ce projet ? Comment tout ça s’est mis en place au départ ?

J’ai commencé par la musique électronique en 2007 en montant un groupe qui a bien marché, avec quelques tournées sympas pendant plusieurs années. Par la suite, ne voyant pas de soirées un peu plus “underground” vers Toulon, les gens m’ont suggéré de les organiser moi même. Made In France s’est créé le 14 juillet 2012 et depuis, on essaye d’évoluer doucement mais correctement.

Plus de 20 éditions pour tes soirées « Big Fun » : comment expliques-tu le succès de ces soirées ? Y a-t-il encore des choses que tu aimerais faire dans ces soirées ?

Le Barathym à Toulon m’a fait confiance depuis sa réouverture et on entame la troisième saison ensemble cette année. « Big Fun », c’est un clin d’œil à l’histoire du Barathym et une référence au morceau du même nom signé Inner City. Il y a une identité house qui revient en force (et dont on peut voir le succès dans le sud au R2 à Marseille notamment) avec une surenchère de têtes d’affiches programmées. À notre niveau et avec le budget disponible pour les événements « Big Fun », nous ne programmons pas de headliner mais des artistes ayant une grande culture musicale et une grande passion pour la musique. Nos trois résidents, Teetwo Mariani, Jo.Z & InfĀnt qui jouent régulièrement, en sont la preuve.

Tu organises aussi le Portissol Festival : comment se passe le travail avec les guests ? Ouvres-tu ce festival à de jeunes talents et à des artistes locaux? Est-ce dur d’être un festival gratuit ?

Depuis l’été 2015, on a crée le Portissol Festival. Le plus gros du travail est de trouver les artistes et constituer un line up “sexy” en respectant le budget. C’est pas facile car c’est un festival gratuit, donc l’investissement est risqué. Mais nous avons la chance d’avoir la confiance du Bard’ô qui nous aide de ce côté là, ainsi que la scène locale que nous programmons en général en warm up pour ce style d’événement.

Etes-vous ouvert à tous les genres dans vos soirées électroniques ? Comment opères-tu la sélection dans la programmation de tes soirées ?

Nos soirées varient de genres musicaux et donc de programmation. Nous aimons la musique au sens large, et nous essayons de trouver le meilleur. On peut passer d’une programmation House à une programmation Hip Hop : le seul mot d’ordre c’est la qualité à chaque fois.

Quels sont tes artistes de prédilection en musiques électroniques ? Quels artistes aimerais-tu inviter à jouer dans tes soirées ? Comment composes-tu la programmation de tes soirées ?

Personnellement, j’ai une grande affection pour le duo Justice qui m’a beaucoup influencé quand j’ai commencé la musique. Donc c’est un peu un rêve de les programmer en live. Sinon on peut parler d’artistes comme Laurent Garnier, Kerri Chandler, Black Coffee, Jeremy Underground ou des labels comme D KO records qui font une percés fulgurante en ce moment. Pour la programmation, nous essayons de créer un lien avec l’artiste avant tout. La musique est un partage : il ne suffit pas seulement d’appeler un agent et lui demander combien ça coûte!

Travailles-tu en partenariat avec d’autres organisateurs de soirées ? Organises-tu des soirées ailleurs en France ou à l’étranger ?

Ce n’est pas facile et j’ai beaucoup été déçu par les collaborations que j’ai put faire ici. Je trouve que c’est devenu une mode d’être “organisateur de soirées”. Je ne pense pas qu’il suffit de distribuer des flyers et récupérer des subventions pour être un bon programmateur et promoteur. Mais comme on dit, à plusieurs nous sommes plus forts. Depuis cette année, je travaille avec Teetwo Mariani, artiste et programmateur reconnu dans notre région. Nous sommes sur la même longueur d’onde personnellement et artistiquement. Pour la réalisation de nos événements, on a décidé de mettre en commun nos réseaux et savoirs-faires pour encore évoluer et grandir.

Avec ton expérience des soirées, qu’est-ce qui a évolué aujourd’hui sur la scène électronique par rapport à tes premières soirées ? As-tu le sentiment que le public est reconnaissant du travail que tu fais ?

Selon moi, la plus grande évolution c’est le nombre croissant de soirées autour de la musique électronique, parfois au détriment du public. Les grosses machines et gros festivals programment des line up avec de plus en plus de stars mais qui sont souvent les mêmes. On peut reprocher à des soirées généralistes de passer toujours le même Top 50 ; mais le manque d’originalité peut s’appliquer aussi à la musique un peu plus underground. Le public en est aussi la raison. C’est très compliqué de faire déplacer les gens dans le Sud. Le public reste très exigeant et un nombre de facteurs importants est à prendre en compte lors de l’organisation d’un événement (lieu, météo, prix, accès, parking, tête d’affiches…). Dans le Var, les gens veulent des soirées gratuites avec tous les samedis Laurent Garnier en warm up. On y travaille 😉

Hormis l’organisation d’évènementiels, développes-tu d’autres projets ? Quel est ton rapport au mix et à la production ?

Je m’occupe de l’ambiance sonore pour toutes sortes d’établissements (hôtels, restaurants, shops…) en France et à l’étranger. J’ai travaillé pour la chaine de magasin Printemps et Citadium sur de l’événementiel et de la programmation ainsi que pour la Fashion Week lors de défilés. Personnellement, je mixe et produit aussi sous le nom de “NOVA”.

Quels sont les projets à venir pour Made in France ?

Beaucoup de projets en ce moment. Mais nous sommes discrets et faisons très attention à notre manière de communiquer : on vous donne rendez-vous sur notre page pour les prochaines actualités 😉

Le mot de la fin ?

Un grand merci pour l’intérêt que vous nous portez. La vie nocturne Varoise n’est pas simple mais nous sommes toujours aussi motivés pour vous proposer notre vision des choses et de la musique… En espérant qu’elle vous plaise.

Pour de plus amples informations sur Made In France :

 

 

ParAnthony Beauchet

D’Jamency

Rencontre avec D’Jamency, DJ, producteur, boss des labels Amazone records et Among records. Un exemple d’humilité dans le milieu des musiques électroniques qui fait tellement de bien !

Comment es-tu rentré en contact avec la culture des musiques électroniques ? Quel souvenir gardes-tu de l’époque où tu n’étais pas encore DJ ?

Bien sûr, j’ai commencé par user mes baskets sur les dancefloors des raves au début des années 1990 avant de devenir Dj (rires). C’est un ami DJ qui m’a fait découvrir l’univers de la scène électronique en m’emmenant à ma première « rave party » comme on les nommait à l’époque 😉 J’ai eu la chance de côtoyer très rapidement des artistes de ce nouveau courant musical, ce fut une vraie révélation pour moi. Comme toute naissance d’un nouveau mouvement musical, c’était tout beau, tout neuf, réservé aux passionnés ! Je suis très heureux d’avoir pu découvrir cette nouvelle scène à ses débuts en France : ces soirées amenaient un son nouveau, un public motivé (toujours prêt à faire des bornes pour un event) et intimiste (on finissait par tous se connaître vu que le mouvement n’était pas encore très développé), des lieux magiques (châteaux, caveaux, entrepôts, salles en tout genre), des décos délirantes et des artistes qui développaient positivement le métier de DJ… Bref, une vraie culture technoïde se mettait doucement en place ! Pour moi, c’est une période qui restera gravée à jamais dans ma mémoire mais malgré tout, je ne fais pas partie des personnes nostalgiques : cette scène a évolué musicalement, elle s’est démocratisée et professionnalisée, l’effet de mode du DJ s’est installé avec ses points positifs et négatifs qui en découlent… Mais c’est bien normal, la vie change et évolue…  Je veux vivre avec mon temps et ne pas devenir aigri par rapport à cette période dorée.

D’où vient le nom « D’Jamency » ?

Le but primordial était de trouver un nom de scène dont je sois le seul à utiliser et qui soit assez reconnaissable… Ce fut chose faite avec quelques amis après une soirée bien arrosée pour être honnête (rires).

Tu as monté l’association Orbital Space à tes débuts : les raves des années 1990 ne te manquent-elles pas trop aujourd’hui ?

J’ai créé ma propre association Orbital Space avec laquelle on a organisée de nombreuses raves dans les années 1990, dans la région Rhône-Alpes mais également dans le Sud de la France. On se soutenait et s’entraidait entre association car à cette période, il fallait être solide et persévérant  pour organiser des raves dans de bonnes conditions. Même en organisant tout dans les règles, nous n’avions malheureusement pas souvent le soutien des autorités… Et c’est d’ailleurs bien dommage de voir qu’il peut se produire encore ce genre de problèmes à l’heure actuelle dans notre pays 🙁 contrairement aux autres pays limitrophes (Allemagne, Espagne, Suisse).

Trouves-tu toujours autant de magie dans les fêtes techno en 2016 ?

Les raves des années 1990 avaient un gout de découverte, on était au commencement d’un nouveau mouvement musical. De nos jours naturellement, on a perdu cet état d’esprit, parfois ça peut me manquer ; mais on peut quand même retrouver cette magie dans certaines fêtes techno aujourd’hui : elle est différente mais encore présente. Quoi qu’on en dise, ça fait toujours extrêmement plaisir d’aller jouer dans une soirée, qu’elle soit grosse ou petite, et de voir le dancefloor rempli de jeunes et de moins jeunes qui kiffent en communion sur le son.

Tu es aujourd’hui un DJ intermittent du spectacle : comment as-tu réussi à te professionnaliser dans ce milieu hyper concurrentiel ? Quels avantages et inconvénients y a-t-il à être un DJ intermittent aujourd’hui ?

Cela fait maintenant une vingtaine d’année que je mixe. Les premières années, je jouais uniquement pour le plaisir en parallèle de mes études. Durant cette période j’ai pris le parti de développer mes contacts au niveau national et ne pas me contenter des soirées dans la région lyonnaise : j’avais vraiment cette envie de rencontrer le public dans les quatre coins de France. A la fin de mes études, j’ai commencé des petits boulots et vu que ma « carrière » de DJ se développait de plus en plus, j’ai pris la décision de me professionnaliser et de travailler à 100% dans le milieu électronique. J’ai donc commencé mon statut d’intermittent du spectacle, ce qui  n’a pas été chose simple la première année car nous avons beaucoup de charges à payer sur chaque cachet ; mais cela m’a permis d’avoir un vrai statut dans notre société et de pouvoir cotiser pour le chômage, la retraite, les congés spectacles… Comme n’importe quel salarié.  Ce statut te permet également d’avoir accès à des formations en rapport avec ton secteur d’activité. Bref, c’est un vrai plus d’avoir ce statut  pour les différents artistes en France. J’avoue que je n’aurais pas pu accéder au statut d’intermittent du spectacle si je m’étais contenté de jouer dans ma région ; mais ayant pu me développer au niveau national, puis international (grâce notamment à la production et à la rencontre de différents agents artistiques), je peux faire le nombre de cachets prévus chaque année pour intégrer ce statut et j’en suis très heureux !

Tu as joué aux cotés des plus grands DJs et tu as forcément dû connaitre aussi des galères… Y a-t-il une soirée qui t’a marqué dont tu rigoles aujourd’hui alors que sur le moment, c’était horrible à vivre ?

Obligatoirement on passe tous par des galères un jour ou l’autre,  mais je t’avoue que j’essaie d’effacer ca au plus vite de ma mémoire (rires). Je pense que le pire reste quand tu te retrouves dans une belle soirée où le public est au rendez-vous et que le matos pour mixer est de mauvaise qualité ou que tu subis un grave problème technique. C’est très frustrant de ne pas pouvoir être à 100% de tes capacités techniques pour donner le maximum au dancefloor présent. Les gens sont là pour t’écouter, pour s’amuser et même si tu as un souci technique, il ne devrait pas avoir à le subir si possible… Même si un DJ doit arriver à s’adapter le plus possible aux conditions, on a ce sentiment d’inachevé qui laisse un goût amer…

En bon DJ, on a toujours des disques fétiches qui quittent rarement notre DJ bag ou playlist : peux-tu nous citer 5 morceaux qui ont marqué ta carrière de DJ ? En quoi ces tracks t’ont-ils marqué ?

Ca va être difficile d’en citer que 5 car il y a de nombreux titres qui ont marqué mon  parcours musical. Je vais faire le choix de t’en donner certains sur la période des années 1990 qui m’accompagnent toujours en soirée ; mais je pourrais te faire une liste bien plus longue sur cette période ainsi que sur les années 2000 🙂

The Pump Panel « Ego acid » (Synewave, 1994) : un morceau mythique du début des années 90 durant la période acid techno. J’étais un fan de Damon Wild et de son label Synewave, et ce fut un des premiers vinyles que j’ai joué devant du public.

Winx « Don’t laugh (live raw mix) » (Sorted records, 1995) : une tuerie que j’ai longtemps joué dans les raves des années 90 et qui est toujours d’actualité je trouve.

Emmanuel Top « Turkish bazar » (Le Petit Prince, 1994) : encore un artiste phare des années 90 qui m’a beaucoup marqué.

Dave Clarke « Wisdom to the wise » (Bush, 1994) : une grosse bombe indémodable produit par un des pionniers de la techno.

Thomas Schumacher « When I rock » (Bush, 1997) : encore une tuerie techno signée sur le label mythique Bush qui a marqué la fin des années 90.

Jeff Mills « The bells » (Purpose Maker, 1997) : un disque que j’ai bien usé dans les soirées mais qui tourne toujours ! C’était un des artistes qui m’a vraiment donné envie d’apprendre à mixer de la musique électro dans les années 90.

En 20 ans, tu as eu le temps de voir l’évolution du matériel DJ : tu as mixé sur platines vinyles et aujourd’hui tu es passé sur Traktor. Pourquoi avoir opéré cette transition ?

C’est clair que le matériel DJ a beaucoup évolué. Personnellement, j’ai joué pendant plus de 16 ans uniquement sur platines vinyles : j’avoue que je suis issu de la vieille école (rires). Ça m’a permis d’acquérir mon expérience, mon background. Puis avec l’arrivée en force du numérique, je commençais à peiner pour trouver tous les tracks que je souhaitais jouer sur vinyle ; et je recevais tellement de promos de labels via internet que je ne pouvais pas utiliser. Il me restait 2 possibilités : soit passer sur support lecteurs CD/MP3, soit jouer avec des logiciels comme Traktor Scratch Pro. J’ai donc commencé ma transition en mixant avec Traktor et 2 platines avec les vinyles timecodés pour jouer du WAV ou MP3. Puis j’ai commencé à apprécier les larges possibilités qu’offrait un tel logiciel : je suis alors passé sur un mix-live hybride en 4 decks que je trouve très créateur, où tu peux boucler, séquencer, sampler tout en jouant avec les nombreux FX du logiciel. Je couple le tout avec 1 iPad et 2 contrôleurs X1. Ce qui me plait c’est que tu peux vraiment aller loin dans l’expérimentation, rajouter par exemple une Maschine MK2 que tu pilotes également avec le laptop qui te sert pour ton Traktor : les possibilités de modifier ton set up sont importantes. De plus c’est très pratique quand on part jouer car ce système permet d’emmener une sélection musicale infinie et variée sans être obligé de se trainer 3 bacs à disques… Mon dos me remercie 🙂 Ça ne m’empêche pas de continuer à acheter quelques bombes en vinyle de temps en temps pour les mixer sur platines vinyle quand il y en a.

djamency02Quelles sont les spécificités techniques que tu recherches dans la matériel DJing ?

Il y a pour certains une guerre-guerre entre le vinyle et le digital : chaque support a ses qualités et ses défauts. Pour moi, l’un n’empêche pas l’autre, il faut vivre avec son temps… Et pourtant je suis un fou de vinyle, j’ai plus 8500 vinyles chez moi ! Honnêtement, ce qui est important,  ce n’est pas le support sur lequel tu mixes mais ce que tu fais avec, ce que tu donnes aux gens. C’est le résultat que tu amènes sur le dancefloor qui est primordial : le reste est un peu de la branlette je trouve 🙂

Depuis 2001, tu es également producteur : avec quoi composes-tu ?

A mes débuts, j’ai commencé par me créer un petit home-studio avec un Mac, une paire d’enceintes monitoring Mackie HR824, un clavier maitre, quelques expanders E-Mu et Roland en hardware, un Nova 2, un Nordlead et j’utilisais les logiciels Cubase et Digital Performer pour composer. Depuis quelques années, j’ai changé de logiciels pour travailler avec Live d’Ableton (que j’utilise également pour faire des live act) et je le pilote avec une APC40. J’ai complété mon studio avec quelques machines analogiques notamment une Elektron Monomachine et un Mopho Keyboard… Je compose également avec beaucoup de plugins en interne notamment Native Instruments.

Quelle philosophie de travail as-tu pour arriver à finir un morceau ?

Pour moi, la composition est une activité plus studieuse, plus réfléchie avec une phase plus importante de recherches et d’expérimentations. Ce n’est pas comme un mix qui reste éphémère et unique, où l’on essaie de procurer du bonheur au public en racontant une histoire musicale le temps d’une soirée. La production m’a appris également à être plus curieux, à échanger nos expériences studio avec d’autres artistes, à développer ma culture musicale… Ce qui m’a d’ailleurs servi pour élargir mes programmations musicales durant mes prestations mix. Quand je compose un nouveau morceau, j’essaie de poser une trame assez rapidement et de ne pas trop trainer pour faire un premier arrangement. Puis je le laisse reposer quelques jours avant de revenir dessus pour terminer l’arrangement et le mixage final. Personnellement, si je bloque trop sur la composition d’un track, il y aura de grandes chances que je ne sois pas satisfait du morceau au final. Je ne m’acharne plus comme avant, si ça n’avance pas, je passe à un autre projet rapidement. C’est ma manière à moi de composer 🙂

J’ai pu remarquer que tu aimes bien les versus, notamment en production (Moog Conspiracy, Atix, Marco Asoleda, Oliver X…) : comment se passe la production à 2 ? Qu’est-ce que cela t’apporte comparativement à la production en solo ?

Oui, c’est vrai que j’ai pu faire pas mal de versus avec des amis producteurs car on se connaît parfaitement musicalement. Je trouve ça très enrichissant de pouvoir produire de temps en temps en duo, bien sûr cela demande une entente musicale commune ; mais cela permet d’échanger nos différentes  techniques de composition,  d’avoir plusieurs avis sur les projets musicaux et de pouvoir se partager ou se prêter nos différents matos respectifs. Mes prochaines sorties seront composées en solo en grande majorité car la production en duo demande d’avoir des agendas qui nous permettent de nous retrouver, ce qui n’est pas toujours possible. Ces temps-ci, je suis plutôt dans une période où j’éprouve le besoin de composer en solo, des morceaux plus personnels où un travail en duo ne serait pas réellement possible. Tout ceci peut changer d’ici quelques mois, il faut varier les plaisirs pour ne pas se lasser et rester le plus créatif possible 🙂 Et je travaille déjà régulièrement en duo avec mon ami Atix sur notre live act qui se nomme « iKick! » : plusieurs tracks devraient d’ailleurs bientôt en découler sur des futurs releases.

Tu es aussi cofondateur du label Amazone records et label manager d’Among records : quelle est ta vision aujourd’hui du monde des labels, et plus largement du marché de la musique électronique ?

Le monde des labels a beaucoup évolué depuis une dizaine d’années : ils sont de plus en plus nombreux via le développement du support numérique. La création de labels et la production de musique se sont démocratisées en raison de ce phénomène, en amenant naturellement du bon et du mauvais avec toute cette concurrence. Mais bon, il y a déjà un large écrémage qui se fait simplement par la qualité de ce que produit le label.  De notre côté, mon associé Marco Asoleda et moi-même  avons commencé en produisant uniquement du vinyle, ce qui était plus difficile financièrement (le  digital n’existait pas à cette époque :-)). Maintenant, nous sortons la majorité de nos releases en digital ce qui nous permet de produire plus d’artistes et de remixeurs et de donner plus de possibilités à de nouveaux talents de signer chez nous. Nous essayons d’effectuer également quelques sorties exclusivement sur vinyle chaque fin d’année, car ce support reste et restera notre premier amour !

Quels sont tes attentes vis-à-vis des artistes que tu signes ?

Nous essayons de fidéliser les gros producteurs ainsi que les new-comers que nous avons signés sur nos labels en leur proposant d’effecteur plusieurs EP ou remix chaque année, pour favoriser un développement artistique. Nous avons également monté une agence de booking qui regroupe plusieurs artistes français et étrangers signés régulièrement sur nos labels afin de développer la proposition de labels nights aux organisateurs, promoteurs, clubs et festivals. Notre but n’est pas de signer juste un coup de cœur ou un artiste que l’on apprécie musicalement mais de favoriser un échange musical et un développement artistique avec chacun d’entre eux si possible.

Quels sont tes projets à venir, tant du point de vu DJ que producteur et gérant de label ?

Durant les prochains mois, j’aurai de nombreux tracks et remix qui sortiront sur plusieurs labels. J’invite les gens à se connecter régulièrement sur mes différents réseaux sociaux pour avoir les informations détaillées. Ils pourront aussi se tenir au courant sur mes prochaines dates en France et à l’étranger. Concernant nos labels, nous continuerons à produire de nombreux artistes connus ou new-comers  sur Amazone records (plus axée sur la dark techno) et sur Among records (plus orientée sur une techno large).  Nous sommes déjà ravis d’avoir été dans les premiers labels français à signer des gars tels que Truncate (Audio Injection), Flug, Axel Karakasis, Tom Hades, Perc, Bodyscrub… Le rêve serait de parvenir à signer des monstres de producteurs tels que Speedy J par exemple ! Sinon j’ai monté avec mon collègue Atix depuis une grosse année un nouveau projet de live act techno en duo sous le pseudo «  iKick! » avec lequel nous avons déjà effectué plusieurs prestations dans des festivals et clubs français. Nous nous sommes beaucoup impliqués dans ce projet en produisant plus de 2 heures de sons exclusivement pour notre prestation live. Les jolis feedbacks et encouragements que l’on a pu recevoir du public après nos dates nous ont encouragés à produire quelques tracks que nous allons proposer à plusieurs bons labels internationaux  cette fin d’année afin d’effectuer 2 EP prochainement. Je ne peux pas en dire plus pour le moment, mais n’hésitez à vous ajouter à notre page facebook iKick! pour suivre notre parcours.

Quel est le rêve en musique électronique que tu n’as pas encore réussi à concrétiser ?

Personnellement, je réalise déjà mon rêve : pouvoir vivre de ma passion, la musique électronique, depuis une vingtaine d’année  et me permettre de voyager dans les 4 coins de la France, en Europe ou encore en Asie. J’espère que cela continuera dans l’avenir : pouvoir davantage développer les dates, notamment à l’étranger, afin de découvrir de nouveaux publics sur des continents où je n’ai pas encore eu l’opportunité de jouer comme l’Amérique Latine ou l’Australie 😉

Le mot de la fin ?

Un grand merci et longue vie à Interaktion ! Et je tiens également à remercier toutes celles et ceux qui me soutiennent depuis tant d’années : public, artistes, labels, promoteurs, organisateurs, clubs, associations, amis et proches…. BIG THXX !!!

Pour aller plus loin :

D’Jamency : Site Web | Facebook | Soundcloud | Mixcloud | Beatport

Amazone records : Facebook | Beatport

Among records : Facebook | Beatport

© Photo : Fred Oudin

ParAnthony Beauchet

Bongo Beat

La musique électronique a baigné ton enfance, ne serait-ce que par la new wave et la pop qu’écoutaient tes parents : en quoi cet héritage musical a-t-il eu une influence sur ta carrière de DJ et producteur ?

J’ai été influencé par les années 80’s aussi bien par le côté populaire que par les musiques plus confidentielles. Les années 90’s et les cassettes auto-reverses de mes parents ont amené leur lot de sonorités house et électroniques. Entre Sandra, Technotronic, Ace Of Base et les compils Hit Machine (eh oui, je suis un enfant de la télé), finalement la musique électronique, je suis tombé un peu dedans étant petit.

Il semble à que la house filtrée occupe une place particulière dans ta rencontre avec les musiques électroniques : qu’est-ce qui t’as séduit dans ces sonorités ? Quels souvenirs gardes-tu de cette époque ? Pourquoi avoir évolué vers des sonorités plus underground ?

 Danser et faire danser est un leitmotiv ; à partir de là, j’ai toujours kiffé les sonorités qui rentraient dans cette idée. Donc la dance d’abord, puis la house et la techno sont arrivées naturellement, par recherche de finesse. Quand j’étais enfant et ado, l’achat d’un CD 2 titres ou d’un album, c’était un événement ! Ce que j’adore dans les musiques électro, et plus spécialement dans la house music, c’est que les possibilités sont infinies et que le groove peut être puissant.

Qu’est-ce qui t’as motivé à devenir DJ de la scène électronique ? Avec quel matériel mixes-tu ? Pour toi, un « bon » mix, c’est quoi ?

J’ai commencé à sortir en club l’année de mes 17ans, et notamment du côté d’Annecy avec des clubs mythiques (qui le sont moins aujourd’hui), et surtout en voyant les DJs jouer des pistes que je ne connaissais pas. Je me suis dit « c’est ça que je veux faire ! ». On accorde beaucoup d’importance au matériel au début mais on se rend compte par la suite que cela devient plus accessoire. Ce qui compte, c’est la connaissance des morceaux et la préparation des sets. J’ai commencé avec le modèle CDJ + mixer (CD puis clé USB). Aujourd’hui, je continue à privilégier ce mode de mix tout en commençant à évoluer vers des contrôleurs et des softs types Traktor ; je me suis également tourné vers Ableton pour le live. L’idée de cette évolution, c’est de proposer autre choses que de simples morceaux qui s’enchaînent.

Tu es également producteur : quelle est ta philosophie en matière de production ? Es-tu plutôt du genre spontané ou réfléchi dans l’acte de composer ? Travailles-tu seul ou en collaboration ?

La production, c’est une part de ma vie musicale qui devient de plus en plus importante, c’est une suite logique pour moi. Pouvoir créer mes propres morceaux et les jouer en live reste un grand kif, et quand d’autres artistes les jouent, c’est vraiment un honneur. Je compose de façon spontanée avec un fil conducteur sur le groove que je veux obtenir, soit à tendance house, soit à tendance techno. Je fais beaucoup de productions solos et je commence depuis peu à faire des collaborations et des remix : c’est une autre façon de bosser mais toute aussi grisante !

Tu as signé des tracks sur des labels au Canada (Spliced Vinyl recordings) et aux Etats-Unis (No Sand records) : tu boudes les labels français ? Quels sont les labels où tu aimerais signer ?

Spliced et No Sand sont les premiers labels sérieux avec lesquels j’ai bossé. Depuis début 2016, je bosse avec Check In recordings, un label français tenu par Rio Dela Duna, mon pote Juanito et Axel Fowley. C’est une branche de la grosse maison Housesession en Allemagne. J’ai aussi signé sur un label italien, MoveUBabe, et sur Frequenza records : ils ont une super sélection, notamment celle de Dantiez Saunderson. Cet été, j’ai signé un track housy sur Ambassade records : ce label appartient à la famille de Pool E Music, maison de disque d’Antoine Clamaran. D’ici quelques jours, un remix va sortir pour David Dee Vision (une personne que j’admire beaucoup) sur son label parisien fraîchement créé : Soul Division Music. Comme tu le vois, je ne boude pas les labels français : c’est plutôt une question d’opportunité. Aujourd’hui, j’aimerais travailler avec un label comme Clarrisse records (géré par Mendo) car il présente une sélection artistique de qualité. J’aimerais aussi évoluer sur le label de Sam Divine, D-Vine Sounds : c’est un label résolument House à l’anglaise et qui groove beaucoup. Mais surtout, je continue de bosser avec les labels qui me font confiance.

Comme tout passionné, tu as forcément été influencé par des artistes et/ou labels : peux-tu nous citer 5 tracks (ou albums) que tu considères comme des incontournables de la musique électronique ? Quels souvenirs associes-tu à l’écoute de chacun de ces 5 tracks/albums ?

J’ai beaucoup écouté les compilations « Defected in the house » et « Ministry Of Sound ». Le « Defected in the house » de Martin Solveig en 2007 marque un tournant dans le genre de house que j’affectionne. Parmi les tracks qui m’ont marqué, je citerai :

Dennis Ferrer « Hey hey » (Objektivity, 2009) : toujours présent dans mes set lists.

Daft Punk « Around the world » (Virgin, 1997) : mon premier tapage de pieds.

Benny Benassi « Able to love » (D:vision records, 2002) : premier morceaux qui m’a emporté loin !

Da Hool « Here comes Da Hool » (Kosmo records, 1997) : mon premier album résolument techno.

Run-DMC « It’s like that » (Profile records, 1983) : mon gros kif depuis des années.

bongobeat2-reciiiprokEn plus d’être artiste, tu es également coproducteurs d’évènements (Do deep down, Savane sonore) et tu as été résident DJ à Chambéry (WineNot) : comment t’organises-tu pour gérer tes différentes casquettes dans la culture électronique ? Comment se porte la scène électronique sur Chambéry ? Quels sont tes meilleurs souvenirs de soirées ?

Le Wine Not fut une bonne expérience avec une résidence hebdomadaire de 2013 à 2016. Je jouais les sons qui me parlaient et les gens étaient réactifs ! Du côté de Chambéry, et plus largement en France, la musique House et Techno est plus que confidentielle. Etre promoteur de ses propres événements est devenu inévitable selon moi. Niveau organisation… C’est pas facile tous les jours mais c’est kifant !

DJ, producteur, organisateur de soirées… Quels conseils donnerais-tu à un jeune qui souhaiterait aujourd’hui se lancer dans l’aventure des musiques électroniques ? As-tu le sentiment que « c’était mieux avant » ou que « le meilleur reste à venir » ?

Je n’ai pas spécialement de conseils à donner : « si tu as l’envie, rien ne doit t’arrêter ! ». L’essentiel reste la passion de la musique, un soupçon de culot et un trait de bagout ! C’est un milieu où le réseau est primordial. Avant c’était différent, mais pas forcément mieux ou moins bien. L’avenir est ce que l’on en fait.

On oppose volontiers le commercial et l’underground dans la musique électronique : quelle est ta position à ce niveau là ? Comment considères-tu des mouvements comme l’EBM ou les free-parties qui sont aux antipodes de la musique électronique ?

 Le monde de la musique est aujourd’hui « dirigé » par les radios qui, à mon sens, ne vont pas dans le bon sens. Sur 1h ou 2h en radio, tu as 15 titres… Et basta !! Ce constat est désastreux car les gens ne vont pas en clubs pour découvrir mais pour écouter ce qu’ils connaissent… C’est triste !!! C’est pour ça que j’ai monté le projet « Savane Sonore » afin de promouvoir l’underground dans les clubs généralistes. Il faut éduquer à la bonne musique et ne pas faire comme tout le monde !

Quels sont tes projets à venir ? Si tu avais une lampe magique et un seul vœu à exaucer aujourd’hui, quel serait le tien ?

Beaucoup de productions en vue avec des remix, des collaborations et des tracks solos : j’ai du pain sur la planche !! Niveau dates et DJ set live, mon projet « Savane Sonore » a lieu 2 fois par an en faisant évoluer le line up. Je suis dans l’optique de faire des dates qui me font kifer, et arrêter de seulement « jouer pour jouer ».

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© Photos : Art Prism, Reciiiprok

ParAnthony Beauchet

Chicuss

Chicuss, c’est un DJ aux influences éclectiques, développant son activité sur la Savoie et la région Rhône-Alpes, notamment via les association Lunatik Armada et Reciiiprok ! Il travaille actuellement à la production en vue de sortir un EP.

Chicuss, un nom intriguant : peux-tu nous dire d’où vient l’origine de ton pseudo de DJ ?

J’ai choisi ce nom de scène tout simplement car c’est mon surnom depuis maintenant plus de 15 ans… A l’époque, il y avait une pub pour de la téléphonie avec « Chico, va chercher bonheur » et un soir de beuverie, j’ai mis une perruque identique… En sachant que je m’appelle Marius, toute la soirée, c’était « Chicuss, va chercher bonheur » et c’est resté !!!

Ton héritage musical durant ton enfance est très éclectique : jazz, soul, blues, reggae, rock, hip-hop : peux-tu nous citer 5 tracks qui t’ont spécialement marqué et pourquoi ?

  • 1976 – Dee Dee Bridgewater « He’s gone » (album « Dee Dee Brigewater » sur Atlantic) : mon premier concert (emmené par mon père) ; même si ce n’était pas ma tasse de thé à l’époque, une grosse claque musicale !
  • 1981 – Paolo Conte « Via con me » (album « Paris Milonga » sur RCA Italiana) : la musique des dimanches matins heureux…
  • 1974 – Louis Armstrong « La vie en rose » (album « La vie en rose, c’est si bon » sur Musicdisc) : je dirai même l’intégrale de Louis Armstrong écouté en boucle. Maintenant, avec le recul, faut se méfier : le type il a marché sur la lune, gagné 7 fois le Tour de France et il joue de la trompette… Faut arrêter de nous prendre pour des cons (rires).
  • 1995 – No Doubt « Just a girl » (album « Tragic Kingdom » sur Interscope records) : j’ai découvert qu’il n’y avait pas que le jazz dans la vie et que la zic, ça peut groover aussi !!!
  • 1994 – Ministère A.M.E.R. « Nègres de la pègre » (album 95200 sur MAM Production) : c’est ce morceau qui m’a fait découvrir le Hip-Hop, style musical qui reste encore aujourd’hui mon 2ème amour !!!

2006, c’est la claque Jenifer Cardini aux Nuits Sonores : tu boudais le milieu électronique avant ça ? Quel souvenir gardes-tu de cette rencontre ?

C’est pas que je boudais le milieu éléctro, mais je comprenais pas comment ça marchait… J’étais fan  de Röyksopp (comme le track « Eple » sorti en 2001 sur Wall Of Sound), mais je ne considérais pas ça comme de l’électro. J’allais en free pour l’ambiance mais les BPM à plus de 150, c’était pas mon kiff ultime ; à la radio, on était déjà dans la dance merdique vendue par paquet de 6… Du coup, je m’identifiais pas trop au mouvement.

Les nuits sonores, à la base, j’y suis allé car j’habitais Lyon, ça rassemblait plein de monde, le signe d’une bonne soirée… J’ai compris alors qu’il y avait un milieu totalement inconnu pour moi, avec des sonorités qui me parlaient, un public souriant et fêtard et des grosses caisses surpuissantes !!! Et c’est ce soir là que Jennifer Cardini a fait le closing : je me tenais les mains sur les genoux tellement j’avais mal aux jambes d’avoir dansé toute la nuit ; et ma gueule hurlait « ENCORE !!! ».

Comment as-tu appris à mixer ? Quels étaient tes influences de départ ?

J’ai appris grâce à Lud’O avec qui on passait des après-midi entiers à mixer sur vinyles encodés ; très vite, il m’a vendu un bout de contrôleur USB, tout en plastique avec 4 boutons et 2 faders que je reliais à mon PC de bureau… Toute une histoire ! Il n’y avait pas de carte son, pas de pré-écoute : du coup on avait bidouillé un système avec un bout de carte son externe en 2 voies… Bref, la grande époque.

Au niveau des influences, j’aimais Popof, Surkin, Brodinski, Ellen Allien… De retour en Savoie, je me suis aussi rapproché du collectif Lunatik Armada dont les influences sont plus Breakbeat avec des artistes comme Hedflux, Far To Loud… Je pense que c’est de là que vient ma variété de styles !

chicuss-3Où as-tu mixé pour la première fois en public ? Qu’est-ce qui a évolué dans tes prestations DJ depuis ? As-tu une résidence aujourd’hui ?

La première fois en musique, c’est comme dans le sexe : on s’en souvient toujours mais c’est pas la meilleure (rires). J’ai eu la chance de jouer pour une soirée de fin de saison, dans une salle des fêtes, avec du Funktion One (cf. Mayadworks) en système son. J’étais stressé complet, j’étais venu avec mon PC de bureau : il avait fallu que je retourne chez moi vu que j’avais oublié des câbles et quand j’ai terminé mon set, le gars d’après était parti je sais pas où, alors j’ai coupé le son (j’avais pas prévu de rab)!!! La loose totale, une bonne expérience à ne surtout pas reproduire (rires).

Maintenant ce qui a changé ? Tout : l’oreille, la technique, les morceaux, le travail des sets, l’écoute du public et surtout, et je pense que c’est le plus important, le plaisir !!! Plus je joue devant du monde, plus je m’éclate : je suis certain que ça se ressent et que ça, c’est une grosse partie du taf à faire !!!

Je viens de prendre une résidence pour la webradio Millenium et j’ai un nouveau set en podcast tous les 1ers jeudi du mois de 20h à 21h (le site est en maintenance en ce moment). Après, pour toute proposition, il ne faut pas hésiter à me contacter.

 Tu fais partie de deux associations : Lunatik Armada et Reciiiprok : peux-tu nous en dire un peu plus sur les activités que tu y développes ? En quoi ton implication associative est un tremplin dans ta carrière de DJ ?

Pour Lunatik Armada, c’est avant tout un collectif de potes où on est tous relié par la même passion pour l’électro. On organise un gros évènement sur la station des Saisies en Savoie : le Tribute To The Air. Pour la 10ème édition (qui se déroulera le 28 & 29 janvier 2017), on prévoit de faire pas mal de choses : il y a donc beaucoup de taf et je suis en charge d’une partie de la com et d’un aspect plus paperasse lié à mon passé de commercial… Comme dans toute association, le rôle de chacun est de mettre la main à la pâte quand on peut et du mieux qu’on peut…

Reciiiprok, c’est une association qui a le rôle d’agence de booking et de création d’évènements : ils m’ont déjà trouvé beaucoup de dates !!! C’est l’agence à suivre sur Chambéry,  Grenoble et  Annecy car ils se bougent pour se développer et imprégner leur vision de la musique électro !!!

C’est certain que dans le milieu, le réseau est roi : plus on multiplie les contacts et les échanges, plus on se fait connaitre et mieux c’est !!! Mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’associatif, on le fait avant tout par plaisir !!

 Coté DJing : quel matos utilises-tu ? Quels sont tes artistes/labels de prédilection en ce moment ? Comment définirais-tu une prestation DJ de Chicuss aujourd’hui ?

Au niveau matos, je suis 100% en contrôleur et je le revendique !!! J’aime utiliser ce que la technologie nous offre et je trouve que celle-ci me permet de me concentrer sur l’essentiel : la musique !!! Mon set up : une table Allen & Heath Xone 42 en 4 voies, un contrôleur Native Instrument X1 qui gère 2 decks et un Native Instrument Maschine qui gère 2 autres decks et qui me sert pour la composition.

Coté artistes fétiches : Paul Kalkbrenner, Umek, Tinush, Sam Paganini… Mais pas vraiment de labels car je vais les chercher là où ils sont. Une chose est sûre : si la track existe sur plusieurs labels, je me fais un point d’honneur de l’acheter sur le petit label, pour aider.

Comment je définirais une prestation de Chicuss ? Aucune idée (rires). Je fais ce que j’aime faire, j’essaie d’être en accord avec moi-même. Bien sûr, il faut adapter  son DJ set à la soirée mais j’essaie de toujours conserver mon style.

 En parcourant ton soundcloud, j’ai remarqué que tes sets DJ sont aussi très éclectiques (Hip-Hop, Tech House, Techno, Deep-House) : y a-t-il des genres de musiques électroniques que tu n’as pas envie de mixer ? Préfères-tu mixer les derniers hits ou raconter une histoire en mélangeant les époques dans tes mix en public ?

Je ne veux pas m’imposer de jouer les derniers hits à la mode : j’aime raconter une histoire, emmener le public dans mon monde. Je me suis rendu compte que quand on se fait plaisir, en sachant s’adapter un minimum et en levant les yeux pour voir ce que le public veut, celui-ci est plus réactif et la mayonnaise prend. Je ne me refuse aucun style, mais c’est vrai que je n’ai jamais fait de set Hard-Tech par exemple car ça me parle moins : mais si un jour ça me prends, alors je le ferais.

 Depuis 2012, tu touches à la production : sur quoi composes-tu ? Avec quel matos ? Es-tu aussi éclectique dans tes productions que dans tes DJ sets ? Comment se passe la recherche d’une première signature label ?

Je compose de l’électro au sens large et des instrus hip-hop. On s’est même fait des petits kiffs avec des MC et c’était vraiment cool ! Avec une amie chanteuse, on a aussi commencé à mettre en place un projet mélangeant mes sonorités électro et les siennes beaucoup plus tournées vers le jazz et le blues. Je pense qu’il y a vraiment des choses à faire, tout est une question de temps… Dernièrement, je m’investis à fond dans la production électro. Je suis en train de réaliser un EP pour pouvoir le proposer aux labels et voir ce qu’ils en pensent.

Pour le matos, je compose sur Native Instrument Maschine et j’arrange les morceaux sur Ableton live : 2 logiciels qui fonctionnent très bien ensemble. Avec cette manière de faire, j’ai l’impression de tirer parti des avantages de chacun.

 Pour finir, imagine qu’un jeune vienne te voir pour te dire qu’il aimerait se mettre à mixer : quels conseils lui donnerais-tu en tant que DJ expérimenté ?

Le meilleur conseil à donner : lâche rien, continue encore, encore et encore et si ça te plait toujours : recommence (rires).

 Retrouve CHICUSS sur la toile :