Archive de l’étiquette DJ & producteur

ParMarius Sergent

Yuki

Interview réalisé par Charles, rédacteur de  notre partenaire YourDj, retrouvez l’article original ICI.

YUKI, une entrée haute en couleurs sur la scène techno montpelliéraine.

Peux-tu te présenter brièvement ?

Je m’appelle Yuki, c’est mon vrai prénom, et je suis japonaise. Cela fait très longtemps que je suis arrivée en France, j’y ai même grandi. En fait j’ai vécu au Japon pendant 6-8 ans, après je suis venue en France pour le travail de mon père, et j’y suis finalement restée.

Racontes-nous tes débuts dans la musique, d’où te vient cette passion pour la musique électronique?

Je crois que j’ai commencé à découvrir la musique électronique pendant mes études supérieures, j’étais dans une école d’audiovisuel, et comme il y avait pas mal de gens qui venaient de beaucoup d’horizons différents, j’ai découvert d’autres styles de musiques que je ne connaissais pas avant. Le premier style de musique électronique que j’ai écouté, c’était de la drum & bass. Après j’ai commencé à écouter du hip-hop, du jazz, de la soul etc. En fait je crois que j’ai vraiment commencé à sortir dans des clubs à partir du moment où j’ai commencé à travailler, à gagner un salaire, et à être autonome. Mes premières soirées, c’était au RexClub à Paris, au départ j’y allais parce que j’aimais bien danser sur l’électro, et en fait plus j’y allais et plus j’ai commencé à m’intéresser vraiment à cette musique.
Au début j’y allais vraiment pour le fun, kiffer avec des gens, et petit à petit j’ai commencé à m’intéresser vraiment au travail du DJ, je me demandais ce qu’il faisait sur la table de mixage, à triturer des potards, à faire des trucs sur leurs disques, je ne savais pas ce que cela voulait dire ! Donc j’ai commencé à m’intéresser au truc, j’ai commencé à imaginer des enchaînements aussi, et c’est à ce moment-là que je me suis dit que j’aimerais bien essayer.
Je me suis lancée et j’ai eu de la chance parce que j’avais un pote qui vendait son matos, des CDJs 800 et une DJM 400, c’était déjà du bon matos, et c’est comme ça que j’ai commencé. Alors j’ai commencé par la drum & bass, et petit à petit, j’ai essayé d’autres styles de musiques, genre electro / house, à l’époque on appelait ça la “fidget house” (La fidget house est un style de musique électronique qui incorpore d’autres styles de dance comme la rave, le breakbeat ou encore le UK garage). Je suis également passée par la phase deep house, et un jour j’ai commencé à mixer des tracks un peu plus techno, et depuis ce jour-là je suis resté dans ce style de musique.
Joues-tu d’un instrument ?
Alors oui, j’ai fait du piano et de la guitare, mais je n’ai pas un niveau de ouf non plus parce que j’ai jamais vraiment poussé la pratique. Chose que je regrette, d’ailleurs. Mais j’ai quand-même des bases de solfège, je sais comment bouger mes doigts sur un clavier de piano, et je sais toujours jouer des accords sur une guitare. Je sais que ces quelques bases musicales m’aident pour la production.

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Quelles sont tes influences musicales ? Es-tu admirative d’un artiste en particulier ?

J’aime bien tout ce qui est soul-jazzy, et j’aime bien les sonorités un peu reposantes, c’est à dire que dans une track techno, j’aime bien quand il y a une nappe qui arrive. Disons qu’il y a certains accords qui me touchent, que j’aime bien. Au niveau des artistes, j’aime particulièrement Shed, il est passé en avril dernier à l’Antirouille. Ses prods sont d’une puissance époustouflante, elles ont de la dynamique, du groove et du grain. Il possède son propre style et arrive à varier les rythmiques dans ses sons et pour moi, sa définition de la techno est aussi la mienne.

En novembre dernier, tu as participé au DJ contest du festival Dernier Cri, permettant aux gagnants de s’offrir une place dans la programmation d’ I ❤ TECHNO, dans quel état d’esprit étais-tu durant la sélection ?

En fait j’avais déjà participé à un grand tremplin sur Paris qui avait duré 6 mois, donc je savais à peu près à quoi m’attendre. Mais ce festival était encore différent parce qu’il y avait un jury qui regardait ta technique, des personnes qui passaient derrière toi pour vérifier ce que tu faisais, c’était encore plus stressant ! Mais par rapport au DJ contest du festival Dernier Cri, j’y suis allée avec un esprit plutôt calme, j’y ai participé sans m’attendre à être sélectionnée, et en plus de ça, je me suis dit qu’étant à l’antirouille, ça me ferait un peu de visibilité et comme je venais de débarquer à Montpellier, je me suis dit que cela serait l’occasion de rencontrer d’autres personnes, je voyais ça comme une opportunité. Bien-sûr quand j’ai commencé à jouer j’étais un peu stressée, mais l’avantage c’est qu’à l’antirouille il y a déjà un public, et en plus de ça j’ai eu la chance de passer vraiment à la fin, donc le public était déjà assez chaud.

Avais-tu une appréhension, de venir mixer au festival avec des grands noms de la scène techno ?

En fait j’ai vraiment beaucoup stressé quelques jours avant le festival, j’étais limite parano, je marchais dans la rue et je me sentais trop bizarre, je me disais que dans 2 jours je jouais à ILT et je n’étais pas comme d’habitude ! Bizarrement, quand je suis arrivée sur scène j’étais assez zen, je pense que la bouteille de champagne que j’ai ouvert avec mes copines juste avant m’a un peu aidé aussi ! Le premier set que j’ai fait c’était dans la green room pour l’ouverture de la scène, il y avait peut-être 10 personnes, et au fur et à mesure je voyais la scène se remplir et là j’me suis dit “oh putain oh putain!”. A la fin du set dans la green room j’en revenais pas, la salle était quand même bien remplie par rapport au début. Et ensuite dans la purple room, qui n’a rien à voir niveau sono avec la green room, forcément les sensations n’étaient plus les mêmes, mais je me suis quand même bien amusée !

Quel était ton ressenti après tes deux sets lors de la soirée (I love techno) ?

J’étais hyper fatiguée ! Mais après le deuxième set, on a fait un B2B avec Blank de Magie Noire, je crois qu’on a mixé une demi-heure ensemble, et après je suis partie rejoindre mes copines, je voulais profiter du festival aussi !

Pour la fête de la musique, tu as mixé sur la Place de la Comédie, devant un public qui n’est évidemment pas celui que l’on retrouve habituellement en soirée techno, voyais-tu cela comme une opportunité ? Un défi ?

Un peu des deux, mais plutôt comme un défi. On est Place de la Comédie, place principale de la ville de Montpellier, il y a du monde, des enfants, des personnes qui ne sont pas forcément habitués à écouter de la techno, donc j’avoue que je me suis quand même préparée pour faire mon set, au moins le début et je me suis pas mal prise la tête pendant quelques jours pour savoir comment j’allais commencer mon set.

Quelle atmosphère voulais-tu installer chez le public ?

J’ai préparé les 5 premières tracks, mais finalement j’ai commencé que par la 3e, celles par lesquelles je voulais commencer à la base paraissaient trop molles finalement.
Du coup j’ai commencé par Prince, j’ai joué des tracks house aussi, pour essayer d’attirer du monde, de pas leur faire peur et éviter de balancer du boom boom dès le début, j’ai essayé d’intéresser un peu tout le monde.

Peux-tu nous décrire tes impressions après ce set ?

C’était vraiment trop bien ! Je suis rentrée juste après parce que j’étais vraiment crevée, et en plus de ça j’ai joué presque 2h alors que je pensais jouer 1h30, il faisait vraiment très chaud aussi ! Vu de la scène, on voyait qu’il y avait vraiment du monde. Du coup à la fin j’ai retrouvé mes potes et j’ai remarqué que les gens étaient vraiment chauds, je ne m’attendais pas à cela du tout, mais finalement c’était vraiment ouf !

Tu n’es pas seulement DJ, tu travailles également dans le cinéma, peux-tu nous en dire plus ?

Oui je travaille aussi en tant qu’assistante son, c’est à dire perchman sur des tournages, cela m’arrive aussi de travailler sur des reportages, des documentaires en tant qu’ingénieure du son, donc dans ce cas-là je suis toute seule et je me promène avec mon enregistreur et je perche en même temps. Après sur les tournages, mon travail c’est de percher les dialogues des acteurs, mais aussi d’équiper les comédiens de micros, qu’on ne voit jamais parce qu’ils sont bien cachés, et maintenant surtout sur les séries TV, ces micros sont obligatoires car les configurations font que parfois, on ne peut pas aller bien chercher les comédiens à la perche. C’est une sorte de sécurité pour la prise de son. Cela va maintenant faire 4-5 ans que je bosse là-dedans.

Certains journalistes et rédacteurs musicaux parlent de la techno comme une sorte d’effet de mode, qu’en penses-tu ?

Elle est un peu dure cette question, mais très intéressante parce que ça fait réfléchir !
Effectivement, la techno est très demandée en ce moment, de plus en plus de gens s’y intéressent. On le voit bien sur les lines-up de festivals, les artistes techno sont très représentés comparé à il y a 10 ans. Je pense qu’il y a eu un moment où la techno a connu un nouveau souffle, avec l’arrivée des producteurs comme Blawan ou Perc, qui ont amené le côté brut et industriel à cette musique. On s’est intéressé à ce nouvel aspect de la techno, on l’a adopté, on continue à le développer et à l’aimer.
En revanche, je parlerai “d’effet de mode” pour les choses qui ont été engendrées par le développement de la scène techno, pas de la musique en elle-même. Si on prend comme exemple Paris, on dit que c’est la Concrete qui a contribué au renouveau de la scène électronique parisienne. C’était l’un des premiers à proposer un truc complètement différent du format club habituel, une fête le dimanche de 7h à minuit, voire plus, juste une ou deux fois par mois sur une péniche… ça avait un côté hyper précieux et c’était tout nouveau. Ils ont réussi à promouvoir des styles de house et de techno que les gens ne connaissaient pas forcément, et ça a attiré plein de monde. Tout ça a donné un coup de boost sur la scène électronique parisienne, et d’autres assos et collectifs ont commencé à imaginer de nouveaux concepts de soirées, à chercher des lieux atypiques pour faire la fête. Maintenant on trouve souvent des open airs ou des soirées dans des warehouses.
Ça a donné aussi naissance à des festivals comme Weather, Peacock et Marvellous Island, dans des lieux accessibles par les transports en commun, donc accessibles à un plus grand public.
Le public tendance amène un style vestimentaire particulier, et même une certaine manière de danser. On découvre une nouvelle façon de faire la fête, et on aime aller dans ces lieux atypiques comme le Berghain : je pense que la queue pour y entrer n’a jamais été aussi longue qu’aujourd’hui. Et ça attire tellement la curiosité que même les non-technophiles sont prêts à faire les 3 heures de queue pour essayer de rentrer.
Tous ces trucs qui se sont créés autour de la techno entraînent un effet de mode. Ça évolue sans cesse avec le temps et je trouve ça marrant d’observer ces changements, ça reflète la société.

Tu as déjà mixé dans plusieurs grandes villes (Paris, Montpellier, Marseille, ..), quel est ton meilleur souvenir en tant que DJ ?

J’allais dire bien évidemment ILT et la Fête de la Musique à Montpellier que j’ai décrit précédemment. Mais je pense aussi à un autre gig : celui de la Fête de la Musique à Paris en 2017. C’était avec E-Klozin’, un collectif parisien dont je fais partie depuis le début de l’année. Ils investissent tous les ans un endroit sous un pont du Canal St-Martin, et chaque année ça ramène un monde de dingue. Cette année-là, il faisait chaud. Mais vraiment très chaud pour un 21 juin à Paris. À 18h il faisait encore plus de 30°C, la température ne descendait pas, les gens continuaient à venir et il faisait encore plus chaud. On a eu quelques coupures de courant à cause de la chaleur et le caisson de basses a lâché vers le milieu de la soirée. Je devais jouer à la fin, et j’avoue que je n’étais pas rassurée de voir ces pannes !
Mais malgré les soucis, le public était toujours là, et en voulait plus. Les gens étaient complètement fous, excités, moi aussi j’étais nerveuse, j’avais qu’une hâte : c’était de jouer et de me défouler. Une fois arrivée derrière les platines, j’ai tout balancé. Je n’avais qu’une heure de set, j’ai envoyé un condensé de “gros sons” hahaha. Ce soir-là, j’ai pu m’exprimer comme je voulais, et j’ai bien senti que le public était avec moi. À la fin de mon set j’avais l’impression de sortir d’un ring tellement ça m’avait rempli d’adrénaline.
Il n’y a pas meilleure satisfaction que quand le public est sur la même longueur d’onde que toi !

A l’avenir, où peut-on te voir jouer ?

Pour l’instant je n’ai pas de date. Mais j’ai rejoint Magie Noire, avec qui j’ai joué dans une pool party aux côtés de Franck Roger en juin. J’espère avoir quelques dates à partir de la rentrée, sur Montpellier ou dans d’autres villes !

Une musique préférée pour finir un set ?

Cela dépend vraiment du moment, mais à la fête de la musique, j’ai fini avec un morceau que j’ai toujours rêvé de jouer dans ce genre de condition, c’était “Born Slippy”, de Underworld.

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ParMarius Sergent

Greg Delon

Acteur majeur de la scène électronique du sud, que ce soit lors de ces prestations Dj Set en bar/club/festival en France et à l’étranger, en production avec des tracks qui ont marqué les charts, en tant qu’organisateur à travers A-Nîmés et, histoire d’occuper un peu ses journées, boss du label Way Of House: voici Greg Delon !!

Déjà merci d’avoir accepté mon invitation et de prendre le temps de me répondre! Peux-tu commencer par te présenter et comment t’es venu la passion pour la musique?

Salut, je suis donc Greg Delon, j’ai plusieurs casquettes, la première c’est « Dj » « je passe de la musique pour faire danser les gens ! »
De l’autre côté je suis président de l’association A-Nîmés, je gère le label Way Of House et la société événementielle Double V. Je suis également producteur house ou techno.

La passion pour la musique m’est venue vers 13 ans, en écoutant The Cure, mon groupe culte. Plus tard, au lycée j’ai commencé à écouter de la techno avec des potes qui avaient des platines, notamment Bastien Grine et à mes 18 ans j’ai commencé à sortir en choisissant les lieux ou événements où je pouvais écouter de la house ou de la techno.

Comment se porte la culture électronique près de chez toi ? As-tu le sentiment qu’il y a une scène locale spécifique?

Niveau clubs, lieux ; c’est compliqué. Sur Montpellier il reste le PZ, le Dieze, L’Antirouille ou le Rockstore qui font des programmations.
Mais on est très loin du compte, quand on regarde il y a encore quelques années en arrière où il y avait des gros clubs « moteurs » ou bien des plages qui programmaient de la musique électronique. Du coup les associations locales et les promoteurs ont moins de place pour s’exprimer, mais je trouve tout de même que tout le monde se « bouge le cul… » on a tout de même de belles choses, des beaux festivals et de beaux artistes qui passent dans le coin. « Big Up » à tous les acteurs de la scène 😉

Quels artistes ou labels ont influencé ta conception du mix?

Je ne préfère pas citer d’artistes, il sont nombreux et mes inspirations évoluent… Niveau label, je dirai KOMPAKT, putain de bon label, ils n’ont pas de limite, ils ont leur identité mais ils peuvent faire de l’ambiant à la techno, en passant par la house. Ils osent, et ils durent depuis tant d’années ; respect. D’autres labels m’ont influencé bien sur et continuent de se retrouver dans mes sets Defected, Knee Deep In, Rejected, Dirty Bird…

Pourquoi as-tu choisi de mixer ce type de sonorités ? As-tu déjà mixé d’autres genres?

Ça c’est mes inspirations de labels… mais je joue de tout… j’ai pas de limites. Il m’est arrivé de jouer du flamenco!

Tu as sorti des EP remarqués, comme par exemple « Valley Of Nowhere » sur le label Way Of House, du coup, quelle est ta philosophie, ta conception de la production?

Pour ce EP, j’ai fait « MYWAY » qui est un des mes titres (perso) favoris ; je l’ai fait en 6 heures… alors qu’en général je mets des semaines à faire un truc qui me plait. Ensuite j’ai vachement bossé le track en studio pour le porter plus loin, le monter d’un cran. Je me suis entouré de mes potes du label pour la post-production, car je voulais qu’il sonne bien, mieux que ce que je pouvais faire seul.
Il n’y a pas de règles, je ne m’en fixe pas. Je produis au moment comme ça me vient. La seule chose que je me dis c’est «comment les gens vont réagir en l’entendant?», du coup je fais de nombreuses versions que je teste avant… cet été j’ai joué pleins de tracks, que je fais évoluer suivant le retour du public, je dois les finir à la rentrée.

Comment puises-tu ton inspiration pour composer ? Quels sont tes influences en matière de production?

Pour composer en général je m’inspire des sets que je joue au même moment… ça me donne une direction.

Maintenant passons à ta casquette d’organisateur de soirées, comment choisis-tu les têtes d’affiche? Des artistes que tu aimerais avoir?

Ça dépend si je les fais pour moi ; je me fais plaisir ! ou si je les programme pour quelqu’un, car au final il y a toujours un objectif, un « résultat à atteindre ».
Quand je programme pour A-Nîmés, on essaye d’inviter des artistes d’autres associations de la région par exemple sur nos apéros techno, pour le festival A-Nîmés pour les headliners ; ça dépend de l’actualité, de l’histoire qu’on peut avoir avec l’artiste ou de ce qu’il représente pour nous sur notre région etc.
Il y a trop d’artistes qu’on aimerait voir pour les citer.

Quand je programme pour Way Of House, c’est toujours des artistes du label avec l’actualité la plus forte, et en général un invité qui a fait un remix ou une collab avec nous…

Si c’est pour Double V, j’ai un cahier des charges, style, cible public, une stratégie que je mets en place avec mon client…

Développes-tu tes soirées au niveau local ou exportes-tu tes concepts ailleurs en France ou à l’étranger ?

Oui, on a pu faire des soirées Way Of House un peu partout en France ; Paris, Bordeaux, Lyon, Marseille, Carcassonne, Avignon, Toulouse, Chamonix, Orléans… Pas trop à l’étranger.

As-tu le sentiment que le public électronique est spécifique selon l’endroit où tu joues ? Quelles différences/ressemblances as-tu pu noter ?

Oui ça peut arriver qu’un public soit plus ou moins pointu, plus ou moins attentif… mais en général, le public sait ce qu’il vient écouter.

Et on garde le meilleur pour la fin, Greg Delon patron de label ! Quelle est ta vision aujourd’hui du monde des labels, et plus largement du marché de la musique électronique ?

Pour un label c’est compliqué d’exister… à part si tu fais du vinyl, et hormis quelques sites comme Beatport où tu as des pages labels, tous les sites de streaming ne référencent pas les labels… ils sortent les morceaux d’un artiste, on a des «pages artistes». Mais rien niveau label. Et le travail pour avoir un profil certifié au nom de ton label sur Spotify, Deezer et toutes les plateformes est long et pénible. Même sur Soundcloud, il te faut prétendre à chaque download que tu ais les droits pour mettre tes tracks. Sur des centaines de sites on retrouve nos tracks, nos artistes mais pas notre label. C’est très con… Voilà ma vision. On est en 2018, on peut pas nager à contre courant on s’adapte !

Du coup il faut s’accrocher, investir du temps et essayer de référencer son profil, fédérer en mettant des playlists à jour etc. Car notre label révèle une esthétique qu’on ne peut pas écouter en un seul track… On a décidé de travailler beaucoup plus sur Spotify car ça nous paraît être les leaders. On a notre profil certifié je vous invite à aller jeter un œil : Spotify Way Of House
On fait aussi nos évènements qui permettent de mettre en avant le travail et les artistes du label, il faut travailler l’image du label pour amener le public à écouter.

Quels sont tes attentes vis-à-vis des artistes que tu signes ? Quels sont tes critères de sélection ?

Il faut que ça nous plaise, qu’on joue les tracks… quand je choisis un track je l’assume, je le joue. Après les artistes sont libres, ils ont leur univers notamment Wielki ou The Dualz qui sont assez différents mais qui revendiquent bien le son du label.

Quel est le rêve en musique électronique que tu n’as pas encore réussi à concrétiser ?

Tellement de choses restent à faire…

Les projets à venir ?

Cet hiver je vais me concentrer sur mes prochaines sorties, finaliser pas mal de tracks en cours et commencer à bosser sur de nouveaux. On va aussi relancer le calendrier des sorties sur Way Of House…

Merci pour ce temps consacré, et par coutume, à toi le mot de la fin !

Merci !

Pour ne plus rien rater de l’actualité de Greg Delon :

Site Web Greg Delon

Facebook

Soundcloud

Site web Way Of House

ParMarius Sergent

Whøman – Sammy Ruggierro

Rencontre avec celui qui mets des claques quand il mixe, te relève pour mieux te l’a remettre en production sous le pseudo Whøman et membre du collectif Montpellierain Raum. On va taper la discute autour d’une bière avec Sammy Ruggiero.

Salut Sammy, merci à toi d’avoir accepté mon invitation et peux-tu commencer par te présenter et nous expliquer ce qui t’as amené à la musique électronique?

Un plaisir de pouvoir s’exprimer en temps que DJ/Producteur local dans une ville comme Montpellier. Donc je m’appelle Sami de mon vrai nom et du coup Whøman en tant que producteur et DJ. Alors il faut d’abord savoir que cet alias est très récent, depuis mon entrée chez Raum en septembre dernier pour être précis. Avant ça, j’ai débuté sérieusement sous le nom de Sammy tout simplement, avec au début de la techno assez commerciale à la Drumcode, ce sur quoi j’ai fait mes armes dans ce style. Peu après, en approfondissant, j’ai découvert un côté de plus en plus sombre et rythmé, avec des sonorités tribales que j’aimais particulièrement, et là j’ai vraiment essayé de développer le côté productif en mix et en production.
Il faut savoir que ce qui m’a donné la force d’avancer dans ce milieu c’est surtout d’avoir eu la chance de pouvoir rencontrer DJ Shade (résidente de la Villa Rouge à l’époque). Elle m’a donné ma chance et je la remercie encore à chaque fois que je fais un pas en avant dans la musique, car sa passion sans limite et son amour pour ce style m’ont permis de me former dans ce domaine (encore merci Titi !).

Peux-tu citer 5 tracks (ou albums) qui t’ont particulièrement marqué en musique électronique ? Quels souvenirs te ravivent ces tracks/albums?

1 – Alors en tout premier lieu je me souviens de «Alan Fitzpatrick – 1992 sur le label Drumcode» le tout premier son que j’ai joué à la Villa Rouge (devant mon premier public) un moment qui mélange stress, adrénaline, mais surtout énormément de bonheur, enfin c’était vrai!
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2 – Ce deuxième son, je le choisis parce que déjà, quand je l’ai découvert j’en ai eu des frissons, et même maintenant j’aime beaucoup ce que produit Maceo Plex.
Je l’avais joué à la Villa Rouge (oui c’était la maison (rires)) en même temps que Mr Oizo. Alors au début je me suis dit merde, je joue en même temps qu’un artiste que non seulement j’aime beaucoup mais qui en plus est un monstre ce qui veut dire qu’il n’y aura personne dans le techno room (rires).
Du coup comme prévu je commence le set et tout le monde part dans la main room donc au début j’ai grave le seum mais je suis dans mon truc et je continue mes bails. Et là, ce qui s’est passé au fur et à mesure des minutes était magique. Les gens arrivaient de la salle principale et commençaient à s’enjailler. Moi, j’étais dans mon set, j’étais trop content parce que je me disais que des gens préféraient le style que je jouais par rapport au style de Mr Oizo, pour qui ils avaient sûrement payé leurs places et là non, ils venaient écouter ce que je faisais… c’était OUF comme sentiment (rires) !
Et du coup en final j’ai passé Solitary Daze de ce grand monsieur accompagné de Gabriel Ananda, pour finir un set bien sale sur une note mélancolique comme ça c’était MAGIQUE !
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3 – Le troisième est un son que j’ai entendu à l’Inox de Montpellier (durant le peu de temps où c’était ouvert 😥 ) et c’était à une soirée où Gary Beck jouait. Je ne l’avais jamais entendu, mais c’était l’époque transitoire où je commençais à découvrir la techno plus énervé donc j’étais enthousiaste quand j’ai vu l’affiche. Du coup j’y vais, j’arrive quand Beck commence à peine son set, et là j’étais vraiment choqué, un set surpuissant, impossible de s’ennuyer, je me suis vraiment laissé transporter. Et là le moment de l’apothéose, ce track que je joue encore tellement il dégage de l’énergie positive sur une piste.. Et ce track c’est Clouds – Chained to a dead camel (sur le label Overly Assembly). Tu l’entends, tu te dis BIM, ça y est on rentre dedans (rires)!
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4 – Vient le tour d’un des DJ/Producteur qui a révolutionné ma vision de la techno, que ce soit en production et au mix.
À mes yeux ce gars mérite totalement tout ce qui lui arrive, il a une créativité et une technique de malade, et surtout un style très propre à lui, qui peut varier de l’acide très mélodique et mélancolique à la techno très industrielle, “charcutante”, qui ne te laisse aucun répit.
Du coup ce choix a été très difficile mais mon cœur penche vers «Eternal loneliness de I Hate Models sur le label Arts» qui est juste un bijou.
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5 – Et le meilleur pour la fin.
Celui dont je m’inspire depuis environ un an.Qui m’inspire chaque jour, qui m’aide à pousser mes limites dans le style que j’aime, qui me fait me dire que la créativité n’a vraiment aucune limite à part nous : Et bien c’est [KRTM]!
Pour moi ce mec a compris exactement tout les codes de la techno industrielle, tout en y ajoutant son côté totalement timbré provenant directement de sa tête et du hardcore (sachant qu’il joue et produit dans les deux styles).
Et à tout les sceptiques qui disent que dans la techno industrielle il est impossible d’avoir un bon groove bien dansant tout en ayant les sonorités bien sales et métalliques penchant vers le hardcore, et bien à ça je réponds : [KRTM] – Working Joe (sur le label TWB)!
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Tu fais parties de l’association Raum, comment es-tu rentré en contact avec eux ? Quel rôle y joues-tu?

En fait je dois avouer que je suis rentré chez eux grâce à Denis alias KD91 (DJ chez Raum).
Il m’a présenté au « Boss » de l’asso : Seb Krupski. On a pris rendez-vous dans un bar tous les 3, je lui ai présenté ce que je faisais en production, et après une bonne discussion il a décidé de me prendre sous son aile dans l’asso. Une occasion en or! Il y’avait longtemps que je suivais leurs événements, qui représentaient pour moi le mieux le style que j’aimais à Montpellier.
Après il faut avouer que la clientèle habituelle de chez Raum est beaucoup moins habituée à mon style beaucoup plus sombre et énervé que dans la plupart de leurs événements. Du coup c’est compliqué de débarquer dans une asso qui a déjà pris ses marques avec un style différent de ce que les gens ont l’habitude d’entendre à Montpellier tel que la techno industrielle. Mais petit à petit je commence à sentir que le Sud de la France commence à rattraper son retard dans ce style.

Quel matériel DJ utilises-tu ? Recherches-tu des spécificités techniques particulières?

Alors chez moi j’ai un tout petit contrôleur USB Roland DJ 202 (on fait avec les moyens du bord (rire) !) sur lequel je m’entraine, mais une fois derrière des CDJ ou même des platines vinyles je me sens totalement à l’aise (si des gens veulent m’offrir une régie je dis pas non (rire)).

Quel est ton pire souvenir de soirée en tant que DJ? Et ton meilleur?

Et bien le pire c’est une fois où j’avais fait 2h30 de route seul avec mon ex pour arriver à une teuf dans la région PACA, à l’époque je mixais sur vinyle timecodés .
Alors au début j’arrive tout content, je découvrais de nouvelles personnes, de nouveaux Sound Systems, et de très bonnes vibes!
Donc c’est mon tour d’ici un quart d’heure, je m’installe tranquillement, et en fait la régie était collée au son. Donc je m’en préoccupe pas, je fais mes bails tranquille, et en fait le truc c’est que quand tu joues en timecodés, les platines ont besoin d’être calibrées sinon ça fait DE LA MERDE COMPLET, ce qui n’a pas loupé. En fait, à chaque fois qu’un kick tapait le diamant sautait, ce qui empêchait totalement le calibrage des platines, et du coup bah comme prévu : CA FAISAIT DE LA MERDE, donc pitch qui était incontrôlable, j’ai jamais eu aussi honte de ma vie, je vous jure.
Et quand j’ai fini je cherchais juste le réconfort de mes proches (rires). Heureusement il y avait quand même eu quelques gens qui m’ont remonté le moral en venant me dire qu’ils avaient adoré mon set et qu’ils voulaient absolument la playlist: merci les gars d’avoir eu de la compassion pour moi!

Et du coup mon meilleur moment, c’est très clairement la première fois où j’ai joué à la Villa Rouge. En fait au début, j’étais totalement stressée, c’était vraiment risible (rires). Quand j’ai commencé à mixer ça n’a pas diminué surtout que le logiciel que j’utilisais (je jouais sur un pioncer DDJ SR à l’époque) a totalement freezé: j’ai du très rapidement le redémarrer. L’horreur!! Heureusement que je faisais le warm-up et que la salle venait d’ouvrir seulement 5 minutes avant!
Et au final tout le reste du set s’est super bien passé, les gens étaient super chauds et ça faisait vraiment chaud au cœur. Quand j’ai fini je n’en revenais pas, j’ai vraiment eu que des bons retours !
En vrai il m’a fallu bien 4 ou 5 heures pour que ça passe, j’étais vraiment le plus heureux du monde à ce moment là!

Quels artistes ou labels ont influencé ta conception du mix?

“I hate models” en ce moment! Comme je vous l’ai dit, ce mec apporte sa touche dans ses mixes et ça sonne tellement bien!
Après il  y a Rebekah aussi que j’aime énormément, que j’ai découvert pendant une soirée à la Villa Rouge (oui ENCORE) qui offre de très beaux horizons sonores et techniques avec notamment Paula Temple (Pionnière de la techno industrielle aussi, clairement une des meilleures productrices de ce genr !).

Tu es aussi producteur, du coup, quel matériels et logiciels possèdes-tu dans ton home studio?

Alors en fait je n’utilise que mes Adam F7 dont je suis très satisfait, qui m’ont permis de porter une autre oreille sur ce que je produis et même ce que je joue ! Ça te fait totalement reconsidérer tout ce que tu as produit dans le passé ! Et du coup aussi ce que tu produis dans le présent! Après certes il faut laisser le temps de réhabituer son oreille à la nouvelle écoute. Du coup c’est mon seul équipement avec Ableton 9! Avec quelques VST du genre Ozone 6 (Izotope), TAL Noisemaker (pas très connu mais vraiment très sympa), ABL3 et Kick 2!

Comment te positionnes-tu sur le débat entre l’analogique et le numérique?

Chacun a ses avantages et ses inconvénients: ce ne sont pas les mêmes approches, tout dépend du ressenti et de ce que tu cherches à faire!

Développes-tu des prestations live ? Préfères-tu jouer en tant que liver ou DJ?

Absolument pas ! J’ai peut-être pensé au fait qu’un jour je m’y mettrai mais déjà j’attends d’avoir le niveau pour arriver à faire ce que je veux avec aisance, mais ce n’est pas à mettre entre parenthèses!

Des projets? Des évènements à venir?

Pas vraiment si ce n’est continuer d’avancer!
Pour l’instant aucune date à venir.

Merci à toi pour toutes ces réponses, le mot de la fin?

Chapelure.

Tous les liens qui vont bien :

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ParMarius Sergent

Thoms Snooze

Toulousain, Dj dans une techno mélodique, à la limite de la house sensuel, producteur avec la sortie de son 1er Ep Vitalitic et résident du Frog & Rosbif depuis 1 an : Thoms Snooze !

Salut à toi et merci d’avoir accepter notre rencontre, avant toute chose, peut-tu te présenter toi et ton univers ?

Tout d’abord merci pour l’invitation. J’ai grandi en banlieue Toulousaine. Après avoir terminé mes études j’ai enchainé quelques emplois sans grande conviction. Aujourd’hui à 22 ans j’ai décidé de laisser tout ça de coté pour me consacrer à ma musique.

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ?

Tout commence à l’âge de 2 ans… déjà intéressé par l’univers de la musique, j’agaçais mes parents en tapant sur des casseroles. Ils ont donc décidés de m’inscrire à des cours de batterie.
Ma passion pour la musique est née! Au fil des années je me suis mis à tester d’autres instruments, guitare, piano.. toujours dans un esprit Rock. Une après-midi, en regardant une vidéo de M4Sonic (Launchpad), je me suis dit « Woaw!! C’est ça que je veut faire! ».

La question traditionnelle, mais on est en droit de se demander, d’où vient ton nom de scène ?

De base, je m’appelle Thomas, et « Snooze » c’est la fonction du réveil qui permet de se rendormir juste 5 minutes…

Qu’est-ce qui t’as motivé à devenir DJ dans la scène électro ?

J’ai plaisir à partager toute la puissance et l’énergie qu’elle dégage en moi. L’électro me permet de m’exprimer à travers ma musique sans dépendre d’autres instruments.

thomas snoozeComment as-tu appris à mixer ?

J’ai gagné mon premier argent de poche en aidant mon père à monter et démonter son matériel de musique. Jusqu’au jour où j’ai récupéré son contrôleur Virtual DJ à la fin d’une soirée. De jours en jours j’ai appris à mixer en essayant de comprendre seul son fonctionnement.

Quels sont tes petites plus sur scène ? Aimes-tu prendre des risques ?

Lors d’un set, j’analyse le ressenti de la foule, leur manière de réagir aux tracks, pour partager un moment de plaisir tous ensembles. C’est une sorte d’échange non verbal. J’ai également ce petit grain de folie sur scène. Comme si j’avais en moi toute l’énergie dégagée par mon public et que je la redistribuais pour les entraîner dans mon univers. Pour ce qui est de la prise de risque, j’aime m’essayer à de nouvelles choses, instruments, styles musicaux, type de lieux …

Tu viens de sortir ton 1er EP Vitalitic sur le label Karma Hq Release, comment puises-tu ton inspiration pour composer ? Quelles sont tes influences en matière de production ?

Les choses qui m’entourent, les personnes que je côtoie, les bruits, musiques et mélodie que j’entends m’inspirent dans la vie de tous les jours. Dans n’importe quel style musical, je n’ai aucune barrière. Une fois au studio je n’ai pas de méthode, c’est en jouant des mélodies sur mon clavier maître, en fouillant dans mes plugins ou en démarrant une ligne de batterie que les idées naissent. Mon vécu et mon humeur du moment influencent beaucoup mes productions. En ce moment je m’intéresse pas mal au travail de Teho, N’to et Sahalé…

As-tu une stratégie particulière dans ton démarchage de label ?

Je n’ai pas réellement de démarche précise, lorsque que je rencontre une personne d’un label qui correspond à mon univers, je prend simplement le temps de discuter avec elle. Le premier contact peut se faire sur internet comme en face à face.

Comment te positionnes-tu sur le débat entre l’analogique et le numérique ?

Le numérique est tellement plus simple à mon goût.

Pour toi, c’est quoi un bon producteur en musique électronique ?

Pour moi « bon » ne veut rien dire, tout est subjectif. Je ne rentrerais pas dans le débat des goûts et des couleurs… Un bon producteur est un producteur qui aime ce qu’il fait et qui est fier de son travail.

Les projets à venir ?

Des collaboration et des signatures sur de plus gros labels, plus ciblé Techno et mélodic.

Merci à toi pour toutes ces réponses, le mot de la fin ?

« Il y a une bonne chose avec la musique, quand elle vous frappe, vous ne ressentez aucune douleur. » Bob Marley

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ParRichard B

Jon Wall

Rencontre avec Jon Wall, jeune Dj et producteur Grenoblois de Techno et House dont lui seul à le secret… A découvrir sans attendre, venez plonger dans son univers !

Peux-tu te présenter en quelques mots, d’où vient ton nom d’artiste, et comment décrirais-tu ton style musical ?

Mon nom d’artiste fait appel à mes prénoms dans la vie courante, le prénom JON est l’équivalent de mes noms dans différents pays, et vu que chacun de mes prénoms à une origine sentimentale j’ai voulu tous les regrouper dans un celui de JON. Et pour WALL, c’est un hommage au Vieux Manoir – Club avec ces murs en pierres apparentes, qui ont été les premiers à me donner ma chance.

Mon Style musical peut être décrit en 2 mots ; Banger & Intense… On me dit souvent que mes sets sont nerveux, puissants et j’aime bien faire des montées aussi bien harmoniques et énergiques. Donc mon style varie entre la Techno, la House, mais aussi des styles plus Electro comme la Bass House, la Dubstep, l’Electro House…

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ?

Avant d’être dans un style de musique plus électronique, j’écoutais presque uniquement le groupe Linkin Park, ces sonorités muse métal, couplées avec des sonorités électro fait que ce groupe reste unique en son genre. Puis avec les années, ils ont évolué vers des sons plus électroniques, est-ce pour cela que moi aussi je me suis laissé séduire par ce style de musique? Sûrement, j’ai dû évoluer avec eux à ce moment là.

Quel est ton parcours jusqu’ici ?

J’ai commencé à mixer pour des anniversaires, booms ou soirées entre amis vers l’âge de 16 ans, puis j’ai appris en autodidacte jusqu’à ce que je rencontre mon ami Dj M’O’PLAY qui va me donner l’envie d’aller plus loin, de pousser dans le métier de Dj. J’ai ensuite fait la rencontre de mon mentor le Dj résident du Vieux Manoir club, et c’est à partir de ce moment là que j’ai découvert la Techno, la House et l’univers underground. Tout ceci m’a emmené à mixer pour Lite Licht Record, au Drak-art, La Suite, le Café Noir, la salle Eve…

Jeune diplômé de l’école DJ NETWORK de Lyon, que t’as apporté cette formation, toi qui était déjà Dj dans un club Grenoblois ?

Cette formation à été incroyable, aussi bien sur le plan des connaissances que j’ai pu acquérir, que sur les rencontres et l’expérience humaine. J’ai beaucoup appris sur les moyens de la communication, réalisation de flyers, du Community Management… Mais surtout sur la production musicale. Nous avions 2 professeurs qui sont des bêtes de producteurs musical. Et c’est grâce à cette formation que je voulais  apprendre la création musicale pour pouvoir produire mes propres sons mais aussi réussir à m’exprimer au travers de la musique.  Sans compter les techniques de mix avancées qui m’ont permis d’élever mon niveau et proposer une prestation d’un autre genre.

Quels sont les genres électroniques que l’on peut entendre dans tes soirées ?

Ça dépend un peu… Disons que l’on peut entendre de la Techno, de la House, de la Tech House… Disons que ce sont les styles qui sont plus pour le coté underground, après je prépare un show mêlant mix et instrument nouvel génération sur de la Bass House avec des influences Dubstep.

Donc disons pour faire simple que je suis sur un univers électronique variable en fonction de mes envies.

Depuis peu tu te lances dans la production. Peux-tu nous en dire un peu plus ? Quel(s) style(s) ? Quelle(s) inspiration(s) ?…

Pour l’instant je suis actuellement en pleine composition de plusieurs morceaux, mais rien n’est finalisé, je préfères sortir quelque chose d’abouti, que de me précipiter, car je veux créer quelque chose à chaque morceau où l’on se dise « ça c’est Jon Wall c’est clair, il y a que lui pour faire un morceau aussi bon ». Donc sa avance mais je recherche beaucoup par moment des manières de faire, de créer ou réaliser.

Pour le moment il y a de la Techno très inspirée du Mau5trap le label de Deadmau5, mais aussi de la Tech House tirée des sons que peut sortir le label Hotfingers. Donc je cherche à faire pour le moment des sons proche d’une Techno que je dirais moderne et « dancefloor » . Mais je suis très inspiré de mes idoles comme Deadmau5, Laurent Garnier, Rezz, No Mana…

Quel est ton meilleur souvenir de prestation ? Et le pire ?

Mon meilleur souvenir à été au Drak-art pour une soirée avec le BDE Arsh, on m’a dis de “tout casser” et se fût chose faite, le public fût ravi et j’ai même depuis des « groupies » que je ne connaissais pas et qui après mon set sont venues me voir pour me dire « tu nous as fait rêver », depuis ils me suivent de temps en temps sur mes prestations et cela fait super plaisir.

Le pire… houlà, c’est difficile à dire… Je ne dirais pas le nom du club car sa pourrait être mal interprété mais je devais faire un remplacement pour un résident, et ce Dj m’a plus que mal conseillé sur le club, je me suis retrouvé à jouer bien trop classe pour le public qui attendait des morceaux plus généralistes chose que du coup je n’avais pas forcément… Une longue soirée qui m’a value quelques remarques mais bon… j’en étais encore à mes débuts j’ai donc appris pour plus que cela ne recommence.

Quel est ton TOP 3 des tracks que tu joues en ce moment ?

Alors il y a  :

Pursuit de Gesaffelstein

Shred de Lektrique

Right This Second de Deaudmau5

Quelle est la prochaine étape pour toi et  que nous réserves-tu pour les mois qui arrivent ?

La prochaine étape est de sortir avant cet hiver certaines de mes tracks qui sont en cours de réalisation en les signant dans des labels. Après je suis actuellement en train de voir plusieurs établissements sur Lyon comme le bar “Les Platanes” dont j’ai le plaisir de mixer le 30 juin. Avec aussi la signature comme représentant d’une marque de vêtement. Et je compte bien organiser aussi une tournée avec mon agent artistique dans une destination que l’on garde pour l’instant secrète mais qui fera rêver le public qui me suit.

Le mot de la fin…

Je reprendrais une phrase de Friedrich Nietzsche qui disait « La vie sans musique est tout simplement une erreur » donc écoutons et écoutez de la musique, beaucoup de musique…

Vous pouvez le suivre sur le net :

ParAnthony Beauchet

Eve Dahan

Rencontre avec la pétillante Eve Dahan qui distille ses sets de Goa à New-York et gère l’association Beatitude sur la région PACA !

Bonjour Eve : peux-tu te présenter en quelques mots ?

Féminine, féministe, honnête, curieuse, perfectionniste.

Dans ta bio, tu dis être une « pin-up moderne » : qu’entends-tu par là ? As-tu le sentiment que les femmes doivent davantage jouer de leur image pour s’imposer sur la scène électro ?

Je revendique la féminité, le féminisme au sens large du terme ! « Pin-up moderne » ce n’est pas moi qui le dis, ça serait un peu vantard de ma part, ma bio est tirée de la plume d’un jeune et talentueux écrivain, Wilfried Salomé. Mes mixes l’ont inspiré pour son écriture et nous avons par la suite naturellement collaboré sur un projet « électro-poétique ». Je ne pense pas du tout que les femmes soit obligées de jouer de leur apparence pour réussir ! De nos jours avec un tee shirt et un jean on peut faire le tour du monde. Mais j’aime bien être apprêté lors de mes prestations scéniques. Ça rajoute une part de fantaisie, de magie, je rentre dans la peau d’un personnage, je suis assez timide et bizarrement ça m’aide Les années 40 ou 50 m’inspirent, une époque où les toilettes que ça soit des dames ou des messieurs étaient recherchées et très raffinées. J’aime me préparer pour aller jouer, cela fait parti d’un rite, j’aime m’apprêter en fonction de l’événement, du lieu, du thème de la soirée. C’est pour moi un jeux et non une obligation. Le revers de la médaille est qu’en ayant cette attitude, on peut être taxé de mettre en avant son apparence plutôt que la musique elle-même. Il faut alors réaliser des performances musicales abouties afin d’éviter les critiques liées au fait que l’on est « Habillé » et je ne pense pas que les femmes doivent davantage jouer de leur image pour s’imposer sur la scène électro, mais peut être de plus persévérance.

Ton activité de DJette est dense avec des bookings en France mais aussi à l’étranger (Goa, Brésil, Ibiza, New York) : quels sont les publics qui t’ont laissé le meilleur souvenir de soirée ? Perçois-tu des différences culturelles parmi ces différents publics électro ?

Les meilleurs souvenirs d’une soirée par rapport à un public ? Je dirais : la techno stage de la SUNBURN 2017 à Goa, il y a aussi les prestigieuses sessions « A DAY » of SLICK agency à Bombay. Chaque année à New York at the Standard High line pour la « Halloween party »… Pourquoi ? Par ce qu’arriver en Inde pour mon premier mix, sans savoir trop à quoi m’attendre au niveau crowd et avoir le plaisir de constater en live que partout la musique est ressentie de la même manière, c’est tout simplement un vecteur de plaisir partagé. Qu’il s’agisse de fin connaisseurs ou de dilettantes la musique est une question d’émotion ! J’aime aussi aller à la rencontre de contrées lointaines et inexplorées, encore en friche par rapport à la musique électronique, comme par exemple récemment à Oran où est en train de naître une vraie révolution culturelle, ce sont les prémices de l’ouverture sur la scène techno underground. C’est un des aspects du métier qui me tient le plus à cœur et me fais particulièrement vibrer : toujours partante pour ne nouveaux horizons ! Les premières fois sont toujours très excitantes et enrichissantes !

Les différences culturelles évidemment existent mais sur le dancefloor elles sont toutes balayées… Je suis allé mixer pour la première fois en Inde, sans savoir trop à quoi m’attendre au niveau crowd et j ai eu le plaisir de constater en live que partout la musique est ressentie de la même manière, c’est tout simplement un vecteur de plaisir partagé. Qu’il s’agisse de fin connaisseurs ou de dilettantes la musique est une question d’émotion ! Le public indien est très curieux est très friand de cette nouvelle scène techno qui s’est ouverte depuis quelques années notamment à Goa, après des décennies de musique psychédélique, Trance (Goa). Si on se projette à court terme c’est la nouvelle Ibiza, en plus underground, qui garde encore toute sont authenticité, avec ces clubs hyper classe en bord de plages magnifiques, qui cultive une culture techno underground (Waters-Marbela-Curlies-Refres). Un des publics les plus difficiles est sans hésiter le public français : difficile a faire danser, peur du regard de l’autre, d’être juger sur sa manière de danser, peur d’être jauger sur son look. A juste raison car la plupart du temps en France nous ne sommes pas très « open minded » sur ce point là. D’après mon expérience au niveau du dancefloor tout est plus compliqué et moins naturel en France.

Qu’est-ce qui fait la spécificité d’Eve Dahan sur scène ? Quelles sont tes influences ? Ton track du moment ?

Mes influences sont très diverses, je n’écoute pas tant de techno que ça dans ma vie quotidienne. Mon parcours musical en France s’est fait d’une façon assez atypique et rapide. Étonnamment plus encore en Inde ou proportionnellement au temps passé sur chaque continent, le projet s’est développé d’une façon beaucoup plus exponentielle à Goa, mes influences doivent certainement s’en ressentir… Concernant mes playlist je suis très impulsive, j’aime ou je n’aime pas, en général c’est très tranché, ce qui est entre deux est jeter, je ne garde que ce que je crois être le meilleur. Je ne prépare jamais mes mix, j’aime naviguer a vue, en fonction de l’ambiance. Je ne suis pas spécialement très informé de ce qui vient de sortir, ou de l’artiste qu’il faut absolument jouer, ou du label en vogue, ou du track du moment, je n’ai aucun a priori et je crois que le public ne m’en veux pas pour ça. Pour moi, le groove est primordial, je ne suis pas fan du côté dark techno ou adepte de boucles poussives et répétitives, le linéaire m’ennuie. J’aime la musique positive, dynamique et puissante, de bonnes montées, des nappes sensuelles, presque nostalgiques ou vibrantes et chavirantes. Ma playlist toujours en recherche du groove indiscutable, le genre est secondaire au final. J’aime beaucoup tout ce qui est percussion, tribal techno… Par contre (je ne devrais peut être pas le dire) mais je ne m’entraine jamais et ne prépare pas mes sets à l’avance, j’y vais au feeling, avec les tripes. Je crois que moins on joue et plus on éprouve du bonheur à jouer et de l’émotion. L’’improvisation, quoi que pouvant être stressante, apporte avec elle tout son lot de déclinaisons de plaisirs. Mon titre en berne : Citizen Kain & Nakadia – Rumble In The Jungle (Original Mix) [Filth On Acid]

Tu es intermittente du spectacle : quels sont les avantages et inconvénients de ce statut pour une DJette ? Comment t’es venue l’idée d’en faire ton métier ?

C’est l’accueil chaleureux et la demande du public qui m’a fait penser à en faire mon métier. La fréquence de mes sets devenait de plus en plus importante et à l’époque je gagnais ma vie dans l’immobilier. Ce domaine d’activité ne me plaisait pas du tout et je n’étais pas très douée, il faut bien le dire, pour faire avaler des couleuvres. La transition s’est faites naturellement, le statut d’intermittent m’a convenu car cela me laissait du temps pour la création. Ce statut est une chance en France, et il faut savoir l’apprécier.

Quel est ton rapport à la production ? Es-tu plutôt du genre spontané ou réfléchi dans l’acte de création ? Avec quel matériel composes-tu ?

Je suis carrément spontanée ! Je bosse sur Ableton live, je trouve ça assez ludique. J’aime beaucoup le côté création dans mon métier, même si je n’arrive toujours pas à trouver assez de temps pour m’y consacrer plus. C’est l’objectif 2018, j’avais déjà dit ça en 2017… mais bon… on peut pas être sur tous les fronts ! J’ai hâte de pouvoir plus m’immerger dans la production, j’ai le sentiment d’avoir beaucoup de choses à partager.

Tu gères également l’association Beatitude : quels sont les objectifs de cette asso ? Comment se porte la scène électronique dans la région PACA ?

J’ai monté Beatitude pour pouvoir créer des ambiances de soirées, promouvoir des artistes, avoir une amplitude professionnelle plus dense, avoir d’autres leviers d’actions sur la scène électronique. Il y a aussi une dimension humaine de proximité avec Beatitude , je voulais faire plaisir aux amis, à tout ceux qui soutiennent le projet, en invitant des artistes reconnu de la scène internationale, ou des locaux talentueux et méritants. Pour notre prochain événement, l’invité sera une figure emblématique du mouvement techno actuel CITIZEN KAIN : tout à fait mon genre (next event) !

Il y a beaucoup d’organisations d’événements underground à Marseille, des petites, des moyennes, qui se démènent pour proposer des soirées chaque semaine. Mais ici nous avons un choix de clubs de qualités très réduit. Qualité sonore, aménagement des lieux, décoration, emplacement, professionnalisme, engagement dans les projets, accueil pas toujours à la hauteur des attentes du public. D’un autre côté, il y a par exemple le R2 qui fait une programmation incroyablement soutenue et de qualité mais auquel les artistes locaux n’ont que rarement accès. En tous cas, il y a pas mal de choix en terme de soirées musiques électroniques sur Marseille, sur ce point là on n’a pas à se plaindre !

Quel est ton point de vu sur le mouvement EDM en musique électronique ? Et sur le mouvement free-party ?

L’EDM ? je n’y comprend rien, ne m’y intéresse pas… Quant au mouvement free-party, ce n’est pas trop mon style, la musique y est souvent trop agressive pour moi. Par contre, j’ai connu les premières raves dans le sud de la France au début des année 90 et c’était vraiment des party de plaisir, la folie ! A part ça on a voulu démocratiser la techno underground, on y a trop bien réussi, on se retrouve avec la scène des année 2000 underground qui aujourd’hui est devenu carrément bankable, les prix des têtes d’affiche ont atteint des sommets, les contraintes économiques sont devenus intenable, je ne sais pas comment ça va évoluer mais a un moment la bulle va exploser forcement. L’underground d’hier est devenu le populaire d’aujourd’hui, exemple l’artiste Green Velvet, Oliver Huntemann , Laurent Garnier et bien d’autres et la je parle d’artistes de qualités ?

Quels sont tes projets à venir ?

L’hiver je tourne plus souvent à l’étranger et la saison d’été je retrouve avec plaisir mes quartiers en France. Le 16 mars je rentre d’une tournée en Inde et pour fêter ça nous organisons un évènement avec “BEATitude”. Nous accueillerons Citizen Kain (Traum//Suara//Filth On Acid//Noir Music//Stilvortalent), DJ et producteur de renom international mais aussi Montpelliérain d’origine. C’est un local qui a réussi et ça nous fait très très plaisir de l’avoir pour un extend set !! Ca se passera au Spartacus, c’est l’un des meilleurs club de la région et listé parmi les meilleurs club du monde. Un belle date en perspective pour attaquer une saison d’été en europe avec déjà pleine de très chouettes projets en perspectives : 2 sessions catamaran, 2 chapiteaux, une résidence mensuelle au Petit Pavillon, plusieurs dates au Babel Comunity, etc … Il y a de quoi faire !

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