Ghost of Christmas

ParAxel Nirka

Ghost of Christmas

Rencontre avec le duo Ghost of Christmas qui sort son nouvel EP en cette rentrée de septembre. Parrainés par Laurent Garnier lui-même, les deux acolytes vont vite vous devenir familiers…

Pouvez-vous vous présenter tous les deux et nous parler de la genèse du groupe? Avez-vous rencontré des difficultés particulières à vos débuts?
Martin : Ghost of Christmas, c’était à l’origine un projet solo de Gaël Blondeau, producteur de bons sons à l’anglaise, qui avait ce projet dans les tuyaux pendant un moment, sans forcément penser à y poser de la voix… et comme il est un peu à cheval sur la diction anglaise, il n’avait jamais bossé qu’avec des anglais/américains (Steve Spacek, Mpho Skeef, Kissey Asplund)…
Mais un jour un ami commun lui a présenté Martin Mey, musicien et chanteur, tendance plutôt folk dans son projet solo, mais qui a toujours aimé l’électro et eu envie d’en faire, mais sans vraiment savoir le faire…

Gaël : On s’est dit qu’on pourrait être très complémentaires, et ça a fonctionné tout de suite, on a kiffé nos premières démos communes.
Du coup, au début c’est allé très vite, ça a été très créatif et Laurent Garnier a signé tout de suite notre premier EP…
Qui a trouvé le nom “Ghost of Christmas”? A quoi fait-il référence?
Martin : C’est Gaël qui avait choisi ce nom au début du projet.
Gaël : C’est tout simplement un clin d’œil à Dickens et son conte de Noël…
Vous avez collaboré récemment avec Laurent Garnier: comment la rencontre s’est-elle passée? Cela fait quel effet de travailler avec ce monstre de la techno?
Gaël : Évidemment, ça fait quelque chose ! Ça fait très, très plaisir d’avoir Laurent Garnier comme fan n°1, d’autant plus quand c’est lui qui, à l’écoute des démos, te propose de te signer sur son nouveau label (Sounds Like Yeah!).
Je me souviens de son mail de retour : « Magnifique … vous en faites quoi ? »

Martin : Et puis c’est un type vraiment gentil, vraiment fan de musique, qui mérite largement son aura ; c’est un plaisir de le côtoyer.
Comment travaillez-vous en binôme pour créer vos tracks ? Quel est votre workflow ? Vos instruments préférés ? Vos influences ?
Martin : Généralement ça commence (et ça se finit toujours) dans le studio de Gaël à Toulon.

Gaël : Au départ, Martin posait seulement des voix, et puis ça a évolué rapidement vers une collaboration plus complète, dès que ça coince Martin arrive avec une idée fraîche et ça avance.
Martin : On travaille souvent à distance, j’enregistre les voix chez moi, et on se retrouve en studio à des moments-clés pour avancer et s’amuser à deux.
On utilise surtout les instruments de Gaël, ses claviers préférés, le Prophet 08, le plugin Ultra Analog…

Gaël : C’est de la recherche permanente de sons.
Qu’est ce que vous trouvez le plus compliqué dans le processus de création ? Quelles limites rencontrez-vous et avez-vous des conseils a donner pour ceux qui se lancent dans la musique électronique ?
Martin : Parfois pour nous, c’est simplement la distance, puisqu’on n’habite pas à côté, et le temps qui nous limitent.
Et on aime prendre le temps d’affiner les idées, de pousser les choses le plus loin possible, parce qu’on fait une musique faite de beaucoup beaucoup de petits détails ; ça demande de la précision, de la patience.

Gaël : il n’y a pas vraiment de conseils à donner, mis à part bosser, bosser beaucoup ! C’est-à-dire d’essayer des choses, d’apprendre à travailler le son, à trouver son propre son, parce que dans la musique électronique en particulier, c’est ce qui compte : il faut que ça sonne personnel, et il faut que ça sonne bien.
Vous sortez votre 3eme EP “Don’t get me wrong” en septembre suite à une tournée en Chine: pouvez-vous nous raconter cette expérience? En quoi le public chinois diffère-t-il de celui de l’hexagone? Qu’est-ce qui vous a le plus inspiré pour le tournage et la prise d’images pour le clip ?
Martin : Cette tournée fut particulièrement dépaysante ! Un vrai choc culturel avec les chinois. Et c’est sûr que c’est un public différent : enfin, il y a de tout, des amateurs et connaisseurs, mais aussi le public “lambda” dont on a l’impression qu’ils n’ont jamais vu de concert de leur vie..! 
Gaël : Quand on a filmé, on ne savait pas exactement ce qu’on allait faire des images, mais il fallait qu’on garde des souvenirs de ce pays fou ; et ce qui est ressorti, ce sont les paysages, les constructions permanentes, et aussi l’étrangeté, les chorégraphies singulières, enfin ce qui nous a amusé là-bas ! Et le titre “Don’t Get Me Wrong” colle parfaitement avec notre sentiment d’incompréhension mutuelle avec les chinois, alors c’était parfait pour le clip.
Avez-vous une anecdote croustillante depuis vos débuts ? Le meilleur souvenir et le pire^^
Martin : Notre meilleur souvenir, difficile à détrôner (même si la tournée en Chine vient d’entrer dans le “top souvenirs”, c’est sûr…) : c’est les Nuits Sonores, invités par Laurent Garnier, où on a joué avec Chassol et Rebotini…

Gael : A l’inverse, notre premier concert à Paris, on l’avait fait chez Moune… On a joué derrière la vitre du DJ booth, le son était impossible, on faisait ce qu’on pouvait et il y a cette fille qui est venue, avec sa bière au-dessus des synthés, demander directement à Martin – pendant qu’il chantait – si on ne pouvait pas “passer des trucs qui bougent” ou quelque chose comme ça… Enfin, ça nous a bien fait marrer après 😉
Comment voyez-vous l’avenir ? Quels sont les projets en cours ? Les tournées ou collaborations ?
Martin : On va voir comment ça se passe avec la sortie du nouvel EP et des trois clips, et comment se déroule la tournée l’année prochaine, et on va continuer à produire ! Peut-être penser à un album après avoir enchaîné des EP jusqu’à présent ? Notre identité musicale évolue, mais on a toujours plein de brouillons à finir en tout cas, dès qu’on pourra se poser en studio et s’amuser avec les nouveaux joujoux de Gaël, qui a depuis peu une TR 08, une TR 09, un Virus… 
Gaël : On va continuer à enrichir et faire grandir ce projet, on l’espère ; et à côté, on a des projets parallèles et on est ouverts aux nouvelles collaborations. On a fait un feat. encore inédit avec un MC anglais, et peut-être qu’on en fera d’autres bientôt… J’ai toujours des connexions et des projets intéressants dans les tuyaux avec l’Angleterre… Et j’ai filé quelques coups de main au prochain album de Martin qui sortira dans les prochains mois…
On a aussi tous les deux collaboré de près ou de loin au projet de Fred Nevché dont l’album sort en septembre.
Un petit mot pour nos lecteurs ?
Gaël : Dites-vous qu’on est meilleurs en musique qu’en interview et allez écouter!

Martin : Et Merci, Bisous <3 !
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À propos de l’auteur

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