Chicuss

ParAnthony Beauchet

Chicuss

Chicuss, c’est un DJ aux influences éclectiques, développant son activité sur la Savoie et la région Rhône-Alpes, notamment via les association Lunatik Armada et Reciiiprok ! Il travaille actuellement à la production en vue de sortir un EP.

Chicuss, un nom intriguant : peux-tu nous dire d’où vient l’origine de ton pseudo de DJ ?

J’ai choisi ce nom de scène tout simplement car c’est mon surnom depuis maintenant plus de 15 ans… A l’époque, il y avait une pub pour de la téléphonie avec « Chico, va chercher bonheur » et un soir de beuverie, j’ai mis une perruque identique… En sachant que je m’appelle Marius, toute la soirée, c’était « Chicuss, va chercher bonheur » et c’est resté !!!

Ton héritage musical durant ton enfance est très éclectique : jazz, soul, blues, reggae, rock, hip-hop : peux-tu nous citer 5 tracks qui t’ont spécialement marqué et pourquoi ?

  • 1976 – Dee Dee Bridgewater « He’s gone » (album « Dee Dee Brigewater » sur Atlantic) : mon premier concert (emmené par mon père) ; même si ce n’était pas ma tasse de thé à l’époque, une grosse claque musicale !
  • 1981 – Paolo Conte « Via con me » (album « Paris Milonga » sur RCA Italiana) : la musique des dimanches matins heureux…
  • 1974 – Louis Armstrong « La vie en rose » (album « La vie en rose, c’est si bon » sur Musicdisc) : je dirai même l’intégrale de Louis Armstrong écouté en boucle. Maintenant, avec le recul, faut se méfier : le type il a marché sur la lune, gagné 7 fois le Tour de France et il joue de la trompette… Faut arrêter de nous prendre pour des cons (rires).
  • 1995 – No Doubt « Just a girl » (album « Tragic Kingdom » sur Interscope records) : j’ai découvert qu’il n’y avait pas que le jazz dans la vie et que la zic, ça peut groover aussi !!!
  • 1994 – Ministère A.M.E.R. « Nègres de la pègre » (album 95200 sur MAM Production) : c’est ce morceau qui m’a fait découvrir le Hip-Hop, style musical qui reste encore aujourd’hui mon 2ème amour !!!

2006, c’est la claque Jenifer Cardini aux Nuits Sonores : tu boudais le milieu électronique avant ça ? Quel souvenir gardes-tu de cette rencontre ?

C’est pas que je boudais le milieu éléctro, mais je comprenais pas comment ça marchait… J’étais fan  de Röyksopp (comme le track « Eple » sorti en 2001 sur Wall Of Sound), mais je ne considérais pas ça comme de l’électro. J’allais en free pour l’ambiance mais les BPM à plus de 150, c’était pas mon kiff ultime ; à la radio, on était déjà dans la dance merdique vendue par paquet de 6… Du coup, je m’identifiais pas trop au mouvement.

Les nuits sonores, à la base, j’y suis allé car j’habitais Lyon, ça rassemblait plein de monde, le signe d’une bonne soirée… J’ai compris alors qu’il y avait un milieu totalement inconnu pour moi, avec des sonorités qui me parlaient, un public souriant et fêtard et des grosses caisses surpuissantes !!! Et c’est ce soir là que Jennifer Cardini a fait le closing : je me tenais les mains sur les genoux tellement j’avais mal aux jambes d’avoir dansé toute la nuit ; et ma gueule hurlait « ENCORE !!! ».

Comment as-tu appris à mixer ? Quels étaient tes influences de départ ?

J’ai appris grâce à Lud’O avec qui on passait des après-midi entiers à mixer sur vinyles encodés ; très vite, il m’a vendu un bout de contrôleur USB, tout en plastique avec 4 boutons et 2 faders que je reliais à mon PC de bureau… Toute une histoire ! Il n’y avait pas de carte son, pas de pré-écoute : du coup on avait bidouillé un système avec un bout de carte son externe en 2 voies… Bref, la grande époque.

Au niveau des influences, j’aimais Popof, Surkin, Brodinski, Ellen Allien… De retour en Savoie, je me suis aussi rapproché du collectif Lunatik Armada dont les influences sont plus Breakbeat avec des artistes comme Hedflux, Far To Loud… Je pense que c’est de là que vient ma variété de styles !

chicuss-3Où as-tu mixé pour la première fois en public ? Qu’est-ce qui a évolué dans tes prestations DJ depuis ? As-tu une résidence aujourd’hui ?

La première fois en musique, c’est comme dans le sexe : on s’en souvient toujours mais c’est pas la meilleure (rires). J’ai eu la chance de jouer pour une soirée de fin de saison, dans une salle des fêtes, avec du Funktion One (cf. Mayadworks) en système son. J’étais stressé complet, j’étais venu avec mon PC de bureau : il avait fallu que je retourne chez moi vu que j’avais oublié des câbles et quand j’ai terminé mon set, le gars d’après était parti je sais pas où, alors j’ai coupé le son (j’avais pas prévu de rab)!!! La loose totale, une bonne expérience à ne surtout pas reproduire (rires).

Maintenant ce qui a changé ? Tout : l’oreille, la technique, les morceaux, le travail des sets, l’écoute du public et surtout, et je pense que c’est le plus important, le plaisir !!! Plus je joue devant du monde, plus je m’éclate : je suis certain que ça se ressent et que ça, c’est une grosse partie du taf à faire !!!

Je viens de prendre une résidence pour la webradio Millenium et j’ai un nouveau set en podcast tous les 1ers jeudi du mois de 20h à 21h (le site est en maintenance en ce moment). Après, pour toute proposition, il ne faut pas hésiter à me contacter.

 Tu fais partie de deux associations : Lunatik Armada et Reciiiprok : peux-tu nous en dire un peu plus sur les activités que tu y développes ? En quoi ton implication associative est un tremplin dans ta carrière de DJ ?

Pour Lunatik Armada, c’est avant tout un collectif de potes où on est tous relié par la même passion pour l’électro. On organise un gros évènement sur la station des Saisies en Savoie : le Tribute To The Air. Pour la 10ème édition (qui se déroulera le 28 & 29 janvier 2017), on prévoit de faire pas mal de choses : il y a donc beaucoup de taf et je suis en charge d’une partie de la com et d’un aspect plus paperasse lié à mon passé de commercial… Comme dans toute association, le rôle de chacun est de mettre la main à la pâte quand on peut et du mieux qu’on peut…

Reciiiprok, c’est une association qui a le rôle d’agence de booking et de création d’évènements : ils m’ont déjà trouvé beaucoup de dates !!! C’est l’agence à suivre sur Chambéry,  Grenoble et  Annecy car ils se bougent pour se développer et imprégner leur vision de la musique électro !!!

C’est certain que dans le milieu, le réseau est roi : plus on multiplie les contacts et les échanges, plus on se fait connaitre et mieux c’est !!! Mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’associatif, on le fait avant tout par plaisir !!

 Coté DJing : quel matos utilises-tu ? Quels sont tes artistes/labels de prédilection en ce moment ? Comment définirais-tu une prestation DJ de Chicuss aujourd’hui ?

Au niveau matos, je suis 100% en contrôleur et je le revendique !!! J’aime utiliser ce que la technologie nous offre et je trouve que celle-ci me permet de me concentrer sur l’essentiel : la musique !!! Mon set up : une table Allen & Heath Xone 42 en 4 voies, un contrôleur Native Instrument X1 qui gère 2 decks et un Native Instrument Maschine qui gère 2 autres decks et qui me sert pour la composition.

Coté artistes fétiches : Paul Kalkbrenner, Umek, Tinush, Sam Paganini… Mais pas vraiment de labels car je vais les chercher là où ils sont. Une chose est sûre : si la track existe sur plusieurs labels, je me fais un point d’honneur de l’acheter sur le petit label, pour aider.

Comment je définirais une prestation de Chicuss ? Aucune idée (rires). Je fais ce que j’aime faire, j’essaie d’être en accord avec moi-même. Bien sûr, il faut adapter  son DJ set à la soirée mais j’essaie de toujours conserver mon style.

 En parcourant ton soundcloud, j’ai remarqué que tes sets DJ sont aussi très éclectiques (Hip-Hop, Tech House, Techno, Deep-House) : y a-t-il des genres de musiques électroniques que tu n’as pas envie de mixer ? Préfères-tu mixer les derniers hits ou raconter une histoire en mélangeant les époques dans tes mix en public ?

Je ne veux pas m’imposer de jouer les derniers hits à la mode : j’aime raconter une histoire, emmener le public dans mon monde. Je me suis rendu compte que quand on se fait plaisir, en sachant s’adapter un minimum et en levant les yeux pour voir ce que le public veut, celui-ci est plus réactif et la mayonnaise prend. Je ne me refuse aucun style, mais c’est vrai que je n’ai jamais fait de set Hard-Tech par exemple car ça me parle moins : mais si un jour ça me prends, alors je le ferais.

 Depuis 2012, tu touches à la production : sur quoi composes-tu ? Avec quel matos ? Es-tu aussi éclectique dans tes productions que dans tes DJ sets ? Comment se passe la recherche d’une première signature label ?

Je compose de l’électro au sens large et des instrus hip-hop. On s’est même fait des petits kiffs avec des MC et c’était vraiment cool ! Avec une amie chanteuse, on a aussi commencé à mettre en place un projet mélangeant mes sonorités électro et les siennes beaucoup plus tournées vers le jazz et le blues. Je pense qu’il y a vraiment des choses à faire, tout est une question de temps… Dernièrement, je m’investis à fond dans la production électro. Je suis en train de réaliser un EP pour pouvoir le proposer aux labels et voir ce qu’ils en pensent.

Pour le matos, je compose sur Native Instrument Maschine et j’arrange les morceaux sur Ableton live : 2 logiciels qui fonctionnent très bien ensemble. Avec cette manière de faire, j’ai l’impression de tirer parti des avantages de chacun.

 Pour finir, imagine qu’un jeune vienne te voir pour te dire qu’il aimerait se mettre à mixer : quels conseils lui donnerais-tu en tant que DJ expérimenté ?

Le meilleur conseil à donner : lâche rien, continue encore, encore et encore et si ça te plait toujours : recommence (rires).

 Retrouve CHICUSS sur la toile :

À propos de l’auteur

Anthony Beauchet administrator