Archives de catégorie Interviews

ParAnthony Beauchet

Adrian Wreck

Adrian Wreck : quelle est l’origine de ton nom de scène ? Qu’est-ce qui t’a motivé à devenir un artiste de la culture des musiques électroniques ?

A la base, j’ai sorti mes premiers morceaux sous le nom d’Adrian, des morceaux très violents, noirs… C’était mes premiers pas dans la musique électronique. Mais c’était difficile de me trouver sur Internet. Aujourd’hui, Internet occupe une place très importante dans la communication : j’ai donc complété mon nom afin de sortir des homonymes et d’avoir une identité entière. Wreck (« épave » en anglais) est lié à mon histoire, en particulier à cause d’un grave accident de voiture dont j’ai été victime avec des amis en 2011 : j’ai frôlé la mort. J’ai subi de nombreuses opérations, surtout orthopédique. Cet événement a eu une énorme influence sur ma vie, ma vision des choses. Artistiquement je n’ai pas le recul pour savoir si ça a changé quelque chose à mes projets, c’est inconscient.

 Tu es originaire d’Angoulême : comment se porte la culture électronique locale ? Y a-t-il des lieux électro incontournables à Angoulême ?

Angoulême est une petite ville : la scène électro est très discrète, tout est donné au festival de la bande dessinée qui a une importance majeure pour la ville. Nous avons une super salle de concert, la Nef : la programmation n’est pas orientée musique électronique, il y a quelques concerts électro mais peu ; c’était plus rock et autres pour ratisser large. Un ami est en train de monter un festival de musique électronique sur Angoulême ; la première édition sera fin septembre, “les InsolAntes” un gros projet. J’attends la programmation avec hâte, une nouvelle raison pour moi de descendre sur Angoulême !

Tu es très influencé par la french touch 2.0 : peux-tu nous en dire un peu plus sur ce concept ? Peux-tu nous citer 5 tracks/albums que tu considères comme des incontournables du genre ?

Ce qui me plait dans la musique électronique, c’est la recherche sonore, avoir un son sculpté avec des riffs qui groovent à mort, et rajouter à ça des sons distordus ou très percutants, synthétiques, entêtants : j’adore cette recherche. Je n’écoute pas que ce style musical, j’adore un peu tout en fait, surtout le rock et toutes ses variantes. Mais voilà pour moi des titres exceptionnels en électro :

Plaid – Where? (Aniplex, 2006)

Aphex Twin – Windowlicker (Warp records, 1999)

SebastiAn – Head/Off (Ed Banger records, 2006)

Leila – Mollie (Warp records, 2008)

Siriusmo – Das Geheimnis  (Monkeytown records, 2010)

Concernant des albums de fous :

Prefuse 73 – Extinguished: Outtakes (Warp records, 2003)

Jackson and his Computer Band – Smash (Warp records, 2005)

Igorrr – Nostril (Ad Noiseam, 2010)

Clark – Feast / Beast (Warp records, 2013)

Amon Tobin – Permutation (Ninja Tune, 1998)

Sur scène, es-tu plutôt en mode live ou DJing ? Quel matériel utilises-tu ? Qu’est-ce qui selon toi fait la particularité de tes prestations sur scène ?

J’ai rarement eu l’occasion de me produire sur scène, mais quand je mixe, je suis sur Ableton Live que je contrôle avec une MPD32 (un pote, NEUS, habitué de la scène, m’a montré son setup et j’ai halluciné sur les possibilités que ça apportait).

Quelle est ta philosophie dans la production ? Es-tu plutôt du genre spontané ou réfléchi ? Analogique, numérique ou les 2 ?

Quand je produis, je commence par du spontané, genre je fais un peu n’importe quoi, jusqu’à tomber sur une mélodie que je pourrais faire tourner en boucle pendant des heures ; ensuite je construis autour, beaucoup moins spontanément. Pour moi, un morceau, ça peut prendre quelques heures à produire, parfois ça peut prendre des mois… Je travaille avec un Korg MS20, un Virus TI, du coup analogique et numérique, que je séquence sur Logic Pro 9.

Tu as signé notamment sur les labels So French records et Spectrowave records : quels liens particuliers as-tu tissé avec ces 2 labels ? Est-ce une volonté de ta part de rester éclectique en faisant de la house et de la techno en mode french touch 2.0 ? Y a-t-il des labels sur lesquels tu aimerais signer ?

Sur So French, je sors tout mes projets club, french touch, les morceaux les plus accessibles possibles. Ça fait longtemps que suis avec ce label : le lien est plus amical que musical. Sur Spectrowave, je sors les projets plutôt orientés techno. Je prends énormément de plaisir à faire de la techno, bien que la mienne ne soit pas forcément la plus répandue. Là-dessus, je vais vraiment bosser le son, le design, alors que sur So French, je vais mettre l’accent sur la mélodie. C’est finalement ce qui différencie ces 2 styles musicaux. C’est une chance pour moi de pouvoir jouer sur ces deux tableaux et d’être soutenu. Les deux labels que je suis depuis toujours sont Warp Records et Ninja Tunes, mais les places sont très chères et leur direction artistique très pointue. Ils m’inspirent mais signer chez eux serait assez incroyable, difficile à imaginer. J’ai beaucoup de liberté avec les 2 labels avec lesquels je travaille et je tiens à la garder.

Quel est ton point de vue sur le commercial et l’underground en musiques électroniques ? As-tu déjà mis les pieds en free-parties ou dans une soirée EDM ?

Le commercial, pour moi, c’est de la conserve alors que l’underground c’est de la gastronomie… J’ai déjà mis les pieds dans ces genres de soirées : les free-parties c’est assez drôle ! Les gens ne se prennent pas la tête, profitent ; les soirées EDM, le peu que j’ai pu en faire, c’est du m’as-tu vu… Je suis moins branché soirée EDM même si le sound-system est de qualité.

Tu as 30 ans aujourd’hui : qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour les 30 prochaines années concernant ta carrière artistique ? Comment vois-tu l’évolution de la musique électronique ?

Pour l’avenir, on verra ! Mais je continuerai à m’évader avec la musique, et à en faire profiter ceux qui aiment. L’évolution de la musique électronique, c’est surtout dans les outils : c’est toujours plus facile et intuitif de faire du son, très accessible, et c’est chouette ; mais je pense que quelque soit les moyens, ne ressortiront que les choses originales, inattendues et personnelles.

Quelles sont tes actus à venir ? Ton mot de la fin ?

Pour l’actu, je sors actuellement un EP sur Spectrowave records, le 30 juin 2017 en digital ! Pour le reste, je suis sur un EP qui tournera autour des 4 éléments : du coup 4 morceaux, plutôt downtempo… On verra où ça tombera ! Mon mot de la fin : Ping !

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ParAxel Nirka

Dolby-D

Rencontre avec Dolby-D, fondateur du label Dolma rec.

Qu’est-ce qui t’as amené à la musique électronique?

Mes influences musicale déjà et surtout le fait de pouvoir faire de la musique seul à la maison.

D’où te vient ton pseudo plutôt orienté cinéma?

Oui, je suis un cinéphile : Dolby vient des amplis de cinéma et le D a la fin vient de David.

Peux-tu nous décrire ton parcours depuis tes débuts?

J’ai commencé à mixer au début des années 90 lors de soirées privées dans le Sud. Par la suite, avec mon ordinateur Amiga, je me suis mis à la composition. 2 ans plus tard, mon premier track se retrouve sur une compilation CD de Lyon. Après, tout s’est enchainé : vinyles, compil pour Skyrock , labels… Plus de 20 ans après, j’ai toujours la même passion !

Depuis le temps que tu joues, comment arrives-tu à te renouveler et ne pas te lasser?

Pendant 15 ans, j’ai essentiellement fait du live. Mais depuis la création du label Dolma rec, j’ai arrêté pour faire exclusivement du mix. Cela me permet de jouer de tout et de changer plus facilement ma playlist.

Tu commences à bien t’exporter pour jouer : comment t’y prends-tu pour trouver de nouveaux plans de soirée? Quel est ton public préféré?

Trouver des plans devient très difficile : trop de DJ’s sont présents dans le milieu. Pour cela, je bosse beaucoup sur la promo et les newsletters. Mon public préféré ? Les fêtards !

Tu composes pas mal de tracks : avec quoi travailles-tu? Comment te vient ton inspiration?

Je travaille avec des vieux logiciel comme Acid Pro et Orion Pro. J’aimerais passer sur Ableton mais je n’ai pas beaucoup de temps pour apprendre les bases du logiciel : bientôt j’espère. Mon inspiration vient avec n’importe quoi : un beat, un son ou une soirée avec un mix que j’ai écouté.

DJ ou compositeur: que préfères-tu faire entre les deux? Aurais-tu des conseils à donner aux jeunes DJ’s qui se lancent?

Entre les deux ? Aie, aie, dur car j’aime faire les deux : construire un track me donne autant de plaisir que de jouer en soirée. Pour les conseils : avoir la passion du son , un style à toi et ne pas avoir peur de passer du temps. Le travail paye un jour ou l’autre.

Tu as fondé Dolma rec, ton propre label: comment cela s’est passé? As-tu rencontré des difficultés?

L’idée de Dolma rec est née de mon envie de fêter mes 20 ans dans la musique. Je ne connaissais rien à la création d’un label et un jour, dans une tournée, j’en ai parlé à Sheef Lentzki avec qui j’avais déjà fait 2 EP sur son label Phantom rec. Avec sa connaissance en la matière, l’aventure a démarré très vite en janvier 2014 : Mag tient le rôle de designer et moi plus le coté artistique.

Aurais-tu des conseils à donner pour ce type d’entreprise?

On vit une époque où l’on trouve énormément de labels. Pour sortir du lot, il faut de super tracks qui seront joués et playlistés par les DJ’s. Il faut communiquer beaucoup avec la promo, les réseau sociaux, Youtube et autres … Et puis surtout prendre du plaisir à faire ça parce que gérer un label prend beaucoup de temps, voire plus que faire du son en studio!

Comment choisis-tu les artistes qui signent sur ton label? Quels sont tes critères de sélection?

Avec plus de 20 ans dans la musique, j’ai la chance d’avoir des contacts qui ont gentiment accepté de rejoindre Dolma rec ; mais que ce soit un artiste reconnu ou non, cela ne change rien du moment que le son correspond au label.

Tu as sorti un album en mai : peux-tu nous en dire un peu plus? Y a-t-il des featuring ou as-tu travaillé tout en solo?

Effectivement, j’ai sorti en mai mon nouvel album en CD sur Dolma rec, et en juin pour la version digitale. Sur cet album, on retrouve plusieurs influences : de le techno de Detroit a la techno pour le dancefloor. Je suis un habitué des collaborations mais cette fois-ci, la seule collaboration que j’ai faite est celle avec Gayle SA : ça faisait un moment qu’on voulait travailler ensemble. On retrouve aussi 3 EP tirés de l’album remixés par Fatima Hajji, Dave Tarrida, Fixon, Darmec, Sin Sin, 2Bee, Dave The Drummer, Resistohr (le nouveau projet de Pet Duo) et bien d’autres…

Aurais-tu une anecdote croustillante à nous raconter?

Une soirée dans le Sud de la France où je devais jouer : arrivé sur place avec ma compagne, on s’est rendu compte que c’était un club échangiste et que les gens présents étaient la plus pour faire des échanges qu’écouter de la techno!

De quel projet es-tu le plus fier avec le recul?

Mon premier vinyle, les collaborations avec les artistes avec qui j’ai toujours rêvé de travailler et bien sur Dolma rec!

Que peut-on te souhaiter pour 2017?

De faire danser les gens encore et encore !

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ParAnthony Beauchet

Maxime Laffon

Rencontre avec Maxime Laffon, érudit Montpelliérain de la Techno !

Maxime peux-tu te presenter en quelques phrases ?

Maxime Laffon, c’est mon vrai patronyme : je suis tout simplement passionné de musique. Dj/producteur depuis plus de 10 ans, très curieux de cet univers, j’ai acquis au fil des ans une culture musicale solide. Totalement connecté au monde qui m’entoure, j’ai une soif permanente de connaître la vie des artistes, les actualités musicales ou les nouvelles technologies. Grand voyageur, ouvert sur le monde, il m’importe de partir à la rencontre de nouveaux artistes, de nouvelles cultures musicales, de nouvelles tendances… L’univers est en perpétuel mouvement et je m’intéresse à ce tout qui se passe et se partage ailleurs.

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ?

Tout jeune, j’écoutais tout genre de musique. Sur d’anciennes cassettes qui tournaient dans la vieille sono de maman, le casque vissé sur les oreilles, je passais des nuits entières à écouter du son comme “pump up the jam” de Technotronic ou bien encore “this is the sound of C.” de Confetti’s. Inconsciemment, j’intégrais une culture musicale qui me revient régulièrement aujourd’hui. Puis arrivèrent mes premières boums : je passais derrière les tournes-disques et faisais le DJ avec quelques vinyles et CDs dance music et pop des années 90. En parallèle, je m’intéressais à la musique classique, ayant étudié le violon au conservatoire de La Grande Motte pendant plus de 10 ans. Je n’ai pas échappé aux fameuses « discothèques » où je dansais et vibrais toutes les nuits sur des sons nouveaux. Je me suis intéressé alors à des artistes comme Laurent Garnier, Carl Cox et bien d’autres encore.

Tu as la double casquette DJ et producteur : laquelle est venue en premier ?

J’ai commencé à suivre les festivals en tant que public et j’ai découvert un autre univers : la musique électronique. Les DJs, les ambiances électriques, le vrai son. Le déclic, je l’ai eu lors d’un passage d’une DJette (souvenir inoubliable) : j’ai éprouvé cette sensation de vouloir faire danser et crier de plaisir la foule à laquelle j’appartenais ce soir là ! J’ai compris que ma voie, c’était de devenir DJ : j’avais 17 ans. J’ai acheté mes premières platines et mes premiers vinyles et j’ai commencé à m’entrainer. J’étais loin du monde de la production, ça ne m’intéressait pas au début, mais j’ai vite ressenti le besoin de créer mes sons. Si on veut évoluer dans ce milieu, devenir professionnel, il faut se définir un style et donc faire de la production. Cela implique de savoir manipuler des logiciels, de comprendre les bases, les accords… Avec mes années de violoniste, j’avais déjà des bonnes fondations musicales : la connaissance du solfège, des notes, des rythmes. Il ne me manquait plus qu’à savoir utiliser le logiciel. La création s’offrait à moi et il ne me restait plus qu’à trouver mon propre style.

Tu as signé sur des labels comme Minus, Blufin, Deeplomatic, etc. Comment se passe la collaboration avec les labels sur lesquels tu as signé ? Que t’apportent-ils dans ta carrière d’artiste ?

Du sérieux. Quand on signe avec des labels aussi prestigieux, on ne peut que s’impliquer de plus en plus dans cette passion et se dire que finalement, on peut en faire son métier. J’ai de très bons rapports avec mes labels : ils m’ont ouvert pas mal de portes, notamment Minus ; avec cette signature, j’ai pu approché des DJs comme Monika Kruse, Jamie Jones ou encore Anja Scheider. Ma plus belle récompense est d’avoir pu rencontrer Richie Hawtin en personne, de diner avec lui et d’aller faire la fête avec toute son équipe. Un homme d’une générosité exceptionnelle. Mes signatures ont eu un effet boule de neige. De nouveaux contacts, de belles rencontres, des rapports avec des professionnels, avoir accès à de grands noms de la scène électro, signer de nouveaux contrats comme chez We Love Techno (label d’Acid Kit) ou bien encore Natura Viva. Cela m’a permis également d’avoir un agent qui s’occupe de ma carrière. Depuis, j’ai pris contact et entrepris des relations avec des artistes pour des futures collaborations.

Tu as joué en Chine, au Pacha à Macao : comment es-tu rentré en contact avec eux ? Comment était le club, l’ambiance ? Le public est-il diffèrent comparé à l’Europe ?

Une expérience inoubliable ! J’avais déjà joué en Chine l’année précédente, dans un club à Macau lors d’un voyage. Le directeur de l’événement m’avait repéré et m’avait donné ses coordonnées pour que je puisse lui envoyer mon mix et ma bio. Quelques semaines plus tard, je reçois un mail avec une proposition de soirées : j’accepte bien évidemment et je reçois alors le contrat où il était stipulé que la date allait se passer au Pacha à Macau avec une pré-party la veille dans un hôtel parmi les plus prestigieux de Macau. J’étais à la fois excité et stressé car sur un press kit, ça pèse lourd et il ne fallait pas se louper. Le voyage, l’hôtel, une énorme communication, la limousine, les soirées… Un moment fabuleux, un public totalement open à mon style, différent de l’Europe mais tout aussi curieux de voir un jeune DJ européen aux platines… Photos, dédicaces : j’en garde un excellent souvenir !

Maxime Laffon derrière les platines est-il le même que dans la vie de tous les jours ?

Heureusement que non sinon je ferais peur à tout le monde. Je plaisante, évidemment (rires). Je suis le même en un peu plus déluré, le son se mêlant à l’excitation du moment. Je suis quelqu’un à la base de joyeux, extravagant, au sourire facile : j’apprécie un bon verre tout en me laissant aller dans le moment. Vois-tu ce mix de sensations ? Il suffit de rajouter le son pour que je sautille dans tous les sens et transpire de plaisir. C’est ça Maxime Laffon derrière les platines.

Tu fais partie du duo MITA MITA avec Alex Millan. Comment vous êtes-vous rencontrés ? Comment est né ce projet ?

J’étais chroniqueurs sur une radio locale de Montpellier, émission dans laquelle je présentais les tendances actuelles électro avec des interviews DJs et producteurs. J’ai reçu comme invité Alex Millan. A la fin de l’émission, il est venu me voir en me disant qu’il avait écouté mes productions et qu’il avait trouvé mon travail pointu. Il m’a proposé une collaboration sous forme de duo. Je me suis dis pourquoi pas. C’est autour d’un verre qu’on a trouvé le nom du duo et la direction musicale qu’on allait prendre. Le projet est né ainsi.

Avec MITA MITA, vous avez signé sur des labels prestigieux tels que Toolroom records, Bedrock records, Parquet recordings, etc. En studio, comment fonctionnez-vous ? Avez-vous défini des rôles pour chacun ou êtes-êtes plutôt instinctifs dans la production ?

Bien sûr, dans un duo, chacun a un rôle précis. Moi, je devais trouver l’idée du track : je la proposais alors à Alex et s’il se sentait inspiré, je devais créer de A à Z et lui rajoutait la mélodie. Alex avait des connaissances en mastering et il terminait le morceau et les arrangements : la technicité du son, c’était lui. Nous avons produit beaucoup, envoyé aux labels : les signatures importantes se sont faites sur une seule année.

Des projets à venir que tu aimerais nous dévoiler ?

Récemment, je suis rentré dans l’agence madrilaine « Phuture Bookings » dans laquelle on peut retrouver des artistes comme Daniel Lera, The Yellowheads en bien encore D-Unity. De nouvelles signatures à venir aussi avec les labels We Love Techno, Natura Viva et bien sûr BluFin records. Apres avoir fait un passage par l’Asie, j’ai aussi de nombreuses dates programmées en France et en Europe ainsi qu’une tournée au Canada et aux USA qui se prépare cet été, notamment avec la Gaypride, des Pool Parties et afters. De belles collaborations sont à venir… Mais je préfère rester dans la confidence (superstition d’artiste).

Tu as le droit de passer 5 tracks dans une soirée : lesquels choisis-tu et pourquoi ?

  • Grindhouse – Radio slave (Dubfire Terror Planet remix) : parfait pour faire monter la pression sur le dancefloor !
  • Kaiserdisco – Get enough (original mix) : techno et disco à la fois.
  • Rolando – Jaguar (Sébastien Léger remix) : so remember !
  • Laurent Garnier – The man with the red face (original mix) : un classique d’une efficacité redoutable !
  • Full Clip – Martin Buttrich : un track tellement sex, parfait pour terminer un set.

Je te laisse le mot de la fin au cas où tu voudrais nous en dire un peu plus…

J’ai un message à faire passer à tous les passionnés de musique qui croient en leur talent. Il est vrai que lorsque j’ai eu cette passion dans les veines, une amie artiste m’a dit « Maxime, tu sais, ce milieu est très difficile comme tous les milieux artistiques, mais tôt ou tard ça paie. Alors ne lâche rien et ne baisse pas les bras… ». C’était il y a plus de 10 ans et je m’en souviens comme si c’était hier. Elle n’avait pas tort : bon nombre de fois, j’ai failli arrêter mais à chaque fois, j’ai repensé à cette phrase. La route est très longue et difficile mais il faut tenir le cap et ne rien lâcher, garder confiance en soi et foncer. On apprend tout les jours avec parfois des moments difficiles (le doute s’installe) et certains matins où on reçoit de bonnes nouvelles, des signatures, des dates, de jolis messages concernant nos créations : c’est très stimulant, ça permet de tenir debout tous les jours pour avancer. Un grand merci à tous ceux qui me soutiennent, qui croient en moi, qui me suivent, qui vibrent sur ma musique… L’aventure continue toujours plus belle !

Liens:

ParAnthony Beauchet

SAMA

Sama jeune prodige hollandais de 20 ans sur le devenir !!

Sama peux tu te présenter? D’où viens-tu? Comment es-tu tombé dans la musique électronique?

Je suis SAMA. Je viens d’Utrecht, aux Pays-Bas. Mes parents ont toujours été de grands amateurs de musique électronique et techno : depuis mes très jeunes années, j’ai été en contact avec des tracks comme “The Sky Was Pink” et “Domino”. D’abord, j’étais très intéressé par l’EDM (avant d’être vraiment appelé “EDM”), et je suis tombé amoureux de la Techno quand je suis allé à mon premier festival Techno.

Comment as-tu appris à composer ? Sur quelles machines/software travailles-tu ? Quel est le VST que tu utilises le plus dans tes productions ?

J’ai surtout été autodidacte. J’ai regardé beaucoup de vidéos sur Youtube et cherché sur Google si j’avais besoin de quelque chose. J’ai tiré profit de quelques petites leçons que j’ai suivis… Mais surtout, du travail acharné et de la recherche. J’ai commencé avec Logic Pro mais après 2 ans, j’ai changé pour Ableton Live : je ne suis jamais revenu en arrière depuis. Je n’ai vraiment pas de “VST préféré” parce que tous ont des fonctions différentes. J’aime vraiment utiliser les émulateurs de Moog d’Arturia ; et le FabFilter Pro-Q2 est mon EQ pour tout !

Quelle philosophie as-tu dans la production ?

Je n’ai jamais vraiment eu de philosophie – ou je n’en ai pas vraiment conscience. Ma musique semble toujours atteindre un nerf très émotionnel chez moi. Honnêtement, je produis toujours de la Techno que j’aimerais signer. Je n’ai pas beaucoup d’autres productions “just for fun” comme beaucoup d’autres producteurs. J’ai toujours été incroyablement concentré pour atteindre ce but dans ma “carrière”. Donc chaque track que je fais pourrait être une prochaine release potentielle.

I am unbelievably thrilled and proud to have signed a 2-tracker EP on a HUGE label. This is one of the tracks. I made it when I was in Hamburg, and I can easily say this is definitely one of my best tracks I've made yet. More info soon!

Gepostet von SAMA – OFC. am Sonntag, 5. Februar 2017

Tu viens tout juste d’atteindre ta vingtième années et tu as déjà signé sur des labels comme: ELEVATE / Kraftek / Funk’n Deep / Respekt et beaucoup d’autres. Quels sentiments ressens-tu de faire partie de ces supers labels ?

C’est vraiment génial et c’est aussi un énorme avantage d’être encore jeune. Beaucoup de gens me félicitent et me disent que je vais réussir parce que je suis encore très jeune : cela me motive ! Mais honnêtement, je pense pas que l’âge ait grand chose à voir avec mes productions. Je travaille très intensément depuis 5,5 ans : je pense que tout le monde (avec un certain talent) est en mesure de faire des productions appropriées avec autant d’années d’expérience. C’est formidable que je fasse partie de ces labels : ils m’ont apporté beaucoup de fun et des connexions. Il y a beaucoup de choses encore plus importantes qui arrivent prochainement…

Tes démos ont-elles été acceptées du premier coup ou as-tu persévéré pour signer ?

Tout s’est principalement réalisé par le biais de contacts. J’ai approché Durtysoxxx via l’un de mes premiers labels, Distortus, un sous-label de Funk’n Deep. Pour Spektre, cela s’est aussi fait grâce à Durtysoxxx. Pour Elevate, j’ai eu un peu de chance : ils ont immédiatement aimé la première démo que je leur ai envoyé. Avec Kraftek, je pense que c’est un gros coup de chance : Pleasurekraft m’a effectivement contacté alors que je n’avais jamais cherché a le contacter; il semblait très intéressé par mes productions dès les premiers moments où il a entendu ma musique. Pour signer sur un label, je pense personnellement qu’il faut à la fois persévérer et avoir du réseau. Si un label ne vous connaît pas, il est possible qu’il n’écoute pas vos démos simplement parce qu’il en reçoit énormément.

Comment se passe la collaboration avec les labels où tu as signé ? Qu’est-ce qu’ils apportent de plus à ta carrière d’artiste ?

Beaucoup de labels sur lesquels j’ai signé ont simplement sorti mes morceaux, sans en faire davantage. Mais je ne m’attends évidemment pas à plus. Il est préférable de trouver quelques labels (3 ou 4) qui peuvent vraiment vous aider à devenir un artiste de renom. Funk’n Deep, par exemple, m’a vraiment aidé jusqu’ici à obtenir de nouvelles connexions ; j’ai également joué pour leur showcase en avril de sorte qu’ils me proposent parfois des gigs occasionnels. Kraftek est également un label avec lequel je signerais plus que 1 ou 2 sorties, car j’ai le sentiment d’avoir un très bon lien avec Pleasurekraft pour le moment, et il semble vouloir vraiment m’aider .

Peux-tu nous en dire plus sur ton dernier Gigs  à Breda (Pays-Bas), la soirée du BRAAF avec Enrico Sangiuliano & Kaiserdisco et aussi leFunk’n Deep Showcase avec Durtysoxxx / Steve Mulder / Dexon ? Peux-tu nous raconter une petite anecdote sur ces soirées?

La soirée à Breda était formidable car je n’ai jamais vraiment fait d’opening pour de si grands artistes. C’était  un set d’ouverture avec un dancefloor relativement vide jusqu’à la dernière demi-heure : mais c’était vraiment bien et je suis content d’avoir amené le public sur la fin de mon set. Pour Funk’n Deep, je connaissais déjà  Durtysoxxx et Steve depuis longtemps et c’était vraiment amusant de jouer avec eux et Dexon, juste pour le fun.

SAMA @ BRAAF

Little throwback to my gig 2 weeks ago at BRAAF w/ Enrico Sangiuliano & Kaiserdisco! Including a little preview of my Collaboration with Dave Sinner, which is releasing on Kraftek the 2nd of June.

Gepostet von SAMA – OFC. am Sonntag, 16. April 2017

Ta Techno est puissante et accrocheuse en mix et en production : d’où tires-tu cela? Laisses-tu parler tes émotions pendant ces moments ?

Oui, il y a toujours une partie très émotive dans ma musique. J’ai toujours  aimé les sons plus trancey et mélodique en Techno et d’autres genres : ça reste un élément pregnant dans mes mixs et productions. J’adore la techno dansante et ces moments puissants feront toujours partie de mes sets.

Si tu devais choisir 5 morceaux pour clôturer une soirée, que choisirais-tu et pourquoi ?

Oh … C’est difficile là. Je recherche toujours de nouveaux tracks et j’essaie d’avoir toujours des mix à jour, avec de nouveaux tracks. Je ne joue jamais un track plus de quelques fois. Mais pour le moment, je dirais :

– Bastinov “Parallel universe” (Etruria Beat) : une piste mélodieuse semblable à une construction de cathédrale, qui vous donne envie de lever les mains en l’air. Très dure et sombre, mais toujours avec une mélodie belle et mélancolique. Exactement comme je les aime.

– SHDW & Obscure Shape “Die weiße rose” (From Another Mind) : une vibe semblable à celle de “Parallel universe”. Très fat et mélodique, mais très dark. Quand cette mélodie s’arrête au drop… Juste “wow”.

– Dast “Sitting in the sun” (ELEVATE) : une piste incroyablement énergique et fun avec une voix joyeuse. Parfaite pour danser aux heures tardives.

– Michel Kleis, Klement Bonelli, Martin Wilson “Marvinello (Radio Slave Remix)” (Rebirth) : ce track a probablement été l’un de mes morceaux les plus jouées au cours de la dernière année. Le vocabulaire de Marvin Gaye est parfait sur le rythme dur et rude de Radio Slave, et c’est juste la piste de transition parfaite pour passer à des sonorités plus dures et dark.

– Et bien sûr, un de mes propres track. Dave Sinner & SAMA “Sagittarius A” (Kraftek) : cette piste est probablement l’une de mes meilleures en date. C’est lourd et trancey, et parfait pour ces moments de rush dans les dernières heures.

Quel est l’avenir pour SAMA ? Futures signatures ? Gigs ?

Pour les mois à venir, j’ai un programme chargé avec les EP sur Hi Tek, Devotion et Kraftek. Il y a aussi 2 remix à venir pour Ace Alvarez et mon ami Enzo Da Silva. Des gigs sont également à venir : le 3 juin à Chypre, le 25 en Belgique et le 27 au Melkweg pour les mardi Techno. Mais il y a beaucoup d’autres choses que je ne peux pas vous révéler encore…

Ton mot de la fin pour clore cette interview ?

Des questions très intéressantes et supère interview : merci les gars pour ce moment !

Retrouvez SAMA sur le web :

ParAnthony Beauchet

Pal One

Pal One : quel est l’origine de ton nom de scène ? Comment es-tu tombé dans le chaudron de la musique électronique ?

Ah ! Mon nom de scène… Un “pas très subtil” jeu de mot avec mon nom de famille que mes amis avaient pris pour habitude d’utiliser lors de soirées. Je suis tombe amoureux de la musique électronique à l’âge de douze/treize ans en écoutant énormément de musiques par le biais de la radio ; j’allais ensuite à la chasse au skeuds chez mon disquaire préféré à Avignon. Puis l’envie de jouer mes selecta est apparu, voulant partager mes pépites mais aussi donner furieusement envie de danser. J’ai commencé à jouer des sets Deep / House / Tech-House mais c’est dans la Techno que je prends le plus de plaisir. J’ai fais mes armes en jouant un certain temps dans différents événements jusqu’à avoir envie de composer mes productions (perso et remix), sans mettre de côté le mix.

Comment se porte la musique électronique dans le Sud de la France ? As-tu le sentiment qu’il est facile aujourd’hui pour les jeunes artistes d’émerger et de se faire une place sur la scène locale ?

Je suis assez perplexe sur le sujet car il est vrai que dans un sens, l’électronique est omniprésente. À l’échelle locale, on retrouve énormément de soirées “électroniques” dans des bars, souvent organisées par des DJs locaux afin d’essayer de faire découvrir un nouveau style musical ou se promouvoir. Ensuite, on peut remarquer l’émergence de plus en plus de festivals qui eux-mêmes deviennent de plus en plus gros : des tête d affiches très connues permettent de faire venir un public qui n’aurait pas découvert d’autres artistes moins connus. Donc ça, c’est positif. Mais malheureusement, pour des questions de rentabilité, nous retrouvons très souvent les mêmes têtes d affiche lors des gros événements : est-ce que cette récurrence musicale ne va pas sur-gaver les fans du style à force de voir toujours les mêmes tête d affiches ? Je sais pas. En ce qui concerne les jeunes DJs qui veulent se lancer, évidemment la guerre est rude. Rude car la baisse des prix du matos a rendu très accessible la pratique et le marché de milliers de DJs en herbe. Tous veulent proposer leurs services aux bars et clubs régionaux alors que la demande n’est pas si grande que ça.

Tu as notamment régulièrement joué à la Villa Rouge de Montpellier : quel est ton meilleur souvenir de soirée ? Qu’est-ce qui confère à ce club son aura particulier pour la culture électronique ?

Je n’ai pas un souvenir en particulier mais beaucoup de belles images positives en tête. Tout d’abord, j’aimerai remercier Shade (résidente Villa Rouge) de m’avoir donné ma chance au début en salle Techno puis de m’inviter régulièrement par la suite. Elle m’a permis de jouer dans un lieu chargé d’histoire électronique, où les gens aiment notre musique, sont prêts à complètement se lâcher devant toi : et là, tu ressens tout le partage de la musique. J’ai rencontré pas mal de mes potes DJs et des collaborations fructueuses en ont découlées. La Villa est extraordinaire depuis de nombreuses années car elle est un vivier d’excellents DJs régionaux ; aussi, elle fait venir les plus grands artistes électroniques chaque weekend… Merci Pleiade Prod !

Tu as développé une affinité particulières avec les sonorités Deep-House, Tech House et Techno : quels sont pour toi les 3 tracks/albums qui ont forgé tes goûts musicaux ou t’ont marqué plus personnellement ?

– Laurent Garnier “30” (F Communications | 1997)

– Agoria “The green armchair” (Different | 2006)

– Birdy Nam Nam “Birdy Nam Nam” (Uwe | 2005)

Tu es également producteur : quels logiciels/machines utilises-tu pour composer ? Es-tu plutôt du genre spontané ou réfléchi dans l’acte de produire ?

Pour la composition, j’utilise Ableton que je couple avec des VST/émulateurs, un clavier midi et une UC33. Je fais également des enregistrements au micro pour certaines sonorités que je veux avoir. La partie composition/arrangement est assez spontanée car il ne faut pas se fermer à certaines choses : des fois on fait de belles découvertes inattendues. Après, il y a la partie mixage qui est beaucoup plus réfléchie avec des techniques précises. Sans parler du mastering… Des spécialités qui sont de vrais métiers en soi.

Tu as signé sur des labels français (Dewing, Teksession, Stereofly, Phantom) et étrangers (Deep Therapy, Minimal Force, Klinik Room, BedRoom House) : quels rapports entretiens-tu avec ces différents labels ?

Pour les labels français, il est vrai que j’ai un rapport particulier car ce sont des proches et des gens dans ma zone géographique que je retrouve lors de soirées et événements. C’est très agréable de se retrouver pour partager notre passion. Ce ne sont pas des labeĺs avec une grosse structure mais ce sont de vrais passionnés mettant tout leur cœur dans leurs projets. J aime aussi travailler avec des labels étrangers car ils m’apportent un certain recul musical et me permettent aussi d’avoir une nouvelle visibilité et de collaborer avec d’autres artistes.

Quel est ton avis sur le vaste débat entre musique électronique underground et musique électronique commerciale ? As-tu le sentiment comme certains que « la musique électronique, c’était mieux avant » ?

Je pense surtout que la musique c est subjectif… Untel va te dire “c’est de la daube commerciale” et d’autres penseront “c’est une bonne track”. Faut surtout arrêter de cracher sur le mainstream car faire de la musique pour des élitistes masturbateurs d’esprit, c’est chiant. Est-ce que la musique était mieux avant ? Je crois surtout qu’il y a eu des bonnes tracks de tout temps, et des mauvaises aussi.

Quel est ton actualité et tes projets à venir ?

Peu d actualités car je me consacre beaucoup à la production. Mais je vais proposer un mix 100% Techno sur mon soundcloud en libre téléchargement d’ici peu. J’aimerais continuer à jouer avec de nouvelles asso/crew car j’adore jouer et partager ma musique. Je prépare enfin un EP Techno groovy avec des collaborations.

Retrouvez Pal One sur le web :

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ParAnthony Beauchet

2Pole

Rencontre avec 2Pole le duo Allemand a la techno analogue et chaleureuse

 Bonjour Marcus et Mark!! Pouvez vous vous présenter pour nos lecteurs Français?

Salut! Bien sûr. Nous sommes deux producteurs de musique et DJs originaires d’Allemagne. Mark est basé près de Hanovre et Marcus près de Francfort. Nous sommes tous deux des producteurs de musique passionnés depuis des années et nous avons tous deux couronnés avec succès nos projets solo. En solo, nous avons joué dans toute l’Europe, dans de grands clubs et beaucoup de festivals. La musique est notre vie et c’est pourquoi nous aimons acheter de nouveaux matériels et logiciels pour nos studios : c’est notre passion. Avec 2Pole, nous voulons combiner nos deux idées de la musique techno pour l’amener à un autre niveau. Et nous pensons que nous l’avons fait!

 Comment ce duo a-t-il commencé? Vous connaissiez-vous avant ou est-ce le résultat du hasard ? Nous voulons tout savoir.

 Bien sûr, nous nous connaissions avant. Faire de la musique ensemble dans le studio de Marcus a induit le son de 2Pole. Nous avons tous les deux des façons différentes de travailler sur la musique et différents studios avec des équipements différents : mais en fin de compte, nous les combinons à un son que nous aimons. C’est pourquoi c’est si excitant de commencer quelque chose de nouveau pour ce projet musical. Nous nous sommes rencontrés après que Mark ait produit un remix pour le label de Marcus. Ensuite, 2Pole est né.

Comment fonctionne ce duo ? Vous avez chacun un rôle spécifique quand vous travaillez ?

Nous faisons tous les deux 50% du travail pour faire tourner notre duo : produire de la musique, les médias sociaux, écouter de la nouvelle musique, rechercher des sonorités spéciales et mixer des podcasts. Nous n’avons pas de rôle prédéfinis. C’est un partenariat avec les deux parties qui font le tout.

A quoi ressemble une journée en studio avec 2Pole? Comment elle commence et surtout comment s’arrête-t-elle ?

Tout d’abord, nous vérifions les nouveaux messages et prenons un café pour commencer la journée. La prochaine étape consiste à chauffer l’équipement de studio car tous les éléments analogiques doivent être à la bonne température. Ensuite, nous travaillons tous les deux sur différentes configurations de morceaux. Après avoir choisi les meilleurs, nous essayons de terminer le track, d’enregistrer des séquences analogiques et de mixer le morceau. Entre temps, nous devons travailler de nouveau sur les réseaux sociaux et le marketing, ce qui est très important aujourd’hui. Parfois, nous jouons à des jeux de console comme Mario Kart pour se libérer l’esprit et trouver l’inspiration pour de nouvelles choses!

2pole – Walk to Reality (Phantom EP / Phobiq) MAKING OF

//…making of "walk to reality" from our Phantom EP!Softube Novation

Gepostet von 2pole am Samstag, 3. Dezember 2016

Vous sortez un EP le 8 Mai sur Tronic Music, le label de Christian Smith : pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cet EP ?

Oh oui! Nous attendons avec impatience notre deuxième EP sur Tronic Music. Christian est un gars vraiment sympa qui croit en nous et à 2Pole. Il aime vraiment notre son et le décrit comme analogue, chaleureux mais très puissant. Christian a écouté toutes les démos que nous avons envoyées. Le nom de cet EP est “Troja EP”. Il contient quatre pistes (“Troja”, “Acheron”, “Hypnos” et “Eos”) qui reflètent notre type de musique : nous sommes 100% derrière.

Christian Smith about 2pole / Beatport HQ

Big words about 2pole by Christian Smith at his live interview at Beatport hq in Berlin. Thanks Christian and Tronic Music for supporting us!! #2pole #techno #beatport #music #tronic #christiansmith #interview #live #instatechno #instadaily #instamusic #instagood #troya #acheron #hypnos #eos #ep #comingsoon #nicewords

Gepostet von 2pole am Dienstag, 25. April 2017

 Est-ce que le fait de signer sur des labels comme Tronic, Octopus, Get Physical, Terminal M cela a changé votre façon de travailler ? Comment se passe votre relation avec les labels ?

Avec nos projets solo, nous avons déjà publié sur les labels que vous avez mentionnées et nous avons une relation amicale avec toutes les personnes travaillant dedans. Rien n’a changé pour nous. Le monde de la musique est plus difficile que jamais en ce moment et pour tous. Nous pensons que tout le monde a les mêmes droits, mais aussi les mêmes difficultés. Vous devez fournir les meilleures tracks possibles avec le meilleur package marketing possible pour entrer en contact avec les personnes en charge. Et bien sûr, beaucoup de chance pour que vos démos soient écoutées!

Avez-vous des sorties prévues pour les mois à venir ?

 Oui bien sûr! Nous avons réalisé 2 remixes pour Eric Sneo et Christian Smith qui seront publiés en juin et juillet sur Tronic Music. Nous attendons avec impatience les prochaines sorties. Et nous avons déjà préparé de nouveaux EP en démo pour les envoyer aux labels que nous aimons : espérons qu’ils aimeront notre son et notre projet 2Pole.

Si vous deviez décrire vos Dj set et live en quelques mots ?

Techno, puissant, basse entrainante, mélodique, mains levées et beaucoup de fun!

 Où jouerez-vous les prochains mois ? 

Nous venons juste de monter notre nouvelle agence de booking et de management qui gérera tous les futurs gigs. Vous trouverez plus d’informations sur nos pages web.

Je vous laisse le mot de la fin…

Merci beaucoup pour cette interview. Vous pouvez nous suivre sur nos liens ci-dessous.

ParAnthony Beauchet

SPK Event

Avant de devenir SPK Event, la plupart de vos membres ont une expérience de la free-party : qu’est-ce qui vous a poussé à passer du coté « commercial » de la musique électronique ?

La répression, les jugements et amendes nous ont poussés à organiser de moins en moins de free-parties ; nous avons donc créé parallèlement une structure officielle dans le but de pouvoir défendre et promouvoir la culture légalement. Cela nous permet de proposer des événements beaucoup plus qualitatifs avec une organisation bien plus épanouissante.

Comment percevez-vous l’évolution de la free-party ? Continuez-vous à agir au sein de cette culture alternative ?

Le mouvement, toujours présent malgré la répression et les saisies abusives, continue de se battre et reste uni dans cette lutte ! Il y a des événements toujours plus gros et plus nombreux qui, dans l’ensemble, se déroulent très bien : l’État ne pourra pas l’ignorer indéfiniment. Nous n’avons pas arrêté pour autant et continuons à soutenir et défendre ce mouvement lors de rassemblements nationaux à titre personnel.

SPK Event organise des évènements électroniques en valorisant divers genres de musiques électroniques : une volonté de toucher un public plus large ? Une manière d’aller à contre courant des cultures alternatives ayant tendance à valoriser les genres « core » ?

Nous ne sommes pas arrêtés à la musique électronique : nous sommes des amoureux de l’art et la culture sous toutes leurs formes. C’est pourquoi nous organisons tout type d’événement représentant les arts et cultures du monde entier. Concernant les événements de  musiques électroniques, nous portons intérêts à tous les styles comme nous l’avons toujours fait jusqu’à maintenant.

World Of Bass : comment est né le concept de cette soirée ? Pourquoi avoir choisi l’Espace Double Mixte à Villeurbanne pour développer le projet ?

Grâce à un contact produisant déjà des événements là bas, nous avons eu la chance de pouvoir rencontrer la structure, nous présenter et proposer un projet qui nous tenait à cœur : c’est la suite logique d’une première tentative d’événement légal annulé 5 jours avant, sans raisons valables, par le maire de la commune d’Ugines. Le concept ? Le même que nous avons proposé depuis 5 années en free-party : une scène techno et une scène dub, deux publics différents partageant les mêmes valeurs, avec en plus une programmation internationale et des scénographies professionnelles.

Vous organisez vos soirées en région Rhône-Alpes : pourquoi se limiter à ce territoire ? Des envies de développer des projets hors Rhône-Alpes, en France ou à l’étranger ?

Chaque chose en son temps. Nous souhaitons déjà écumer la région avant d’élargir notre champ d’action mais sommes ouverts à tout projet en prestation ou coproduction.

SPK Event, c’est aussi des prestations de service : pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vos prestations et la location de votre matériel ?

Avec une équipe constituée d’une quinzaine de membres professionnels ou amateurs dans le domaine technique et artistique, ainsi que l’investissement de plus de 50.000€ de matériel ces 5 dernières années, nous proposons nos services allant de la simple location à la conception et gestion technique complète d’un événement. Nous étudions tout projet et adaptons les prestations en fonction des budgets.

Sur votre site, vous avez mis en place le système « Spay » : en quoi consiste ce mode de paiement ? Quels en sont les avantages ?

Spay est un système de paiement électronique créé et développé au sein de l’association dans le but de remplacer le système de paiement par jetons. Les avantages ? Il suffit d’acheter sa carte Spay une première fois, de la créditer et de réutiliser les crédits à chaque événement SPK Event ! Cette carte peut être nominative, permettant en cas de perte le remplacement de celle ci sans en perdre le crédit.

Dans votre organisation, vous avez une personne en charge de la santé et de la  sécurité : en quoi l’approche santé vous parait importante dans vos soirées ? Travaillez- vous en partenariat sur ces questions ? Quel est votre point de vue sur les pratiques de drogues en milieu électro ?

Nous ne pouvons organiser des événements de moyenne ou grande ampleur sans aborder la question de la sécurité et de la prévention, qui est pour nous primordiale ; et nous ne pouvons nier la consommation de drogues lors des événements (drogues légales comprises) : c’est pourquoi nous mettons en place une équipe de prévention et réduction des risques ainsi qu’une équipe de secours en cas d’intervention.

Développez-vous des partenariats avec d’autres associations organisant des soirées ? Que recherchez-vous dans ce type de partenariat ? Quels sont les freins aux partenariats sur la région Rhône-Alpes ?

Nous travaillons aujourd’hui avec d’autres producteurs que ce soit pour de la prestation et de la coproduction. Nous proposons à notre clientèle un barème de partenariat modulant les tarifs selon l’engagement : cela permet de proposer des prestations plus importantes sans en augmenter le tarif.

Quels sont les projets à venir pour SPK Event ? Un sujet à abordé qu’on aurait omis d’évoquer dans cette interview ?

Nous organisons le 20 et 21 mai 2017 un événement humanitaire en partenariat avec l’association « Graines En Vie » ainsi que l’IFF Europe (Institut de formation à la gestion de projets humanitaires) dans le but de les aider à financer leurs missions 2017, comme par exemple la reconstruction d’école au Maroc ou à Haïti. Un événement multiculturel, représentant les arts et cultures du monde entier avec de nombreuses activités grands publics et pour enfants, des animations culturelles et artistiques, des stands artisanaux ainsi que des concerts toute la journée et la soirée. Nous remercions par ailleurs la commune d’Aillon-le-jeune nous permettant d’organiser cet événement sur leur commune et de défendre notre projet. Plus d’infos sur l’event ici !

Retrouvez SPK Event sur le web :

ParAxel Nirka

Stéphane Deschezeaux

Rencontre avec le boss du label Springbok records orienté nu-disco et funk. Retour sur le parcours d’un monstre de la composition depuis la fin des années ’90.

Peux-tu nous raconter un peu tes débuts, comment l’envie de mixer et composer t’est-elle venue ?

Dans les années 80 l’album Thriller de Michael Jackson, a été pour moi comme un déclencheur de cette passion pour la funk. Ma carrière a débuté dans les années 90 : à l’époque, j’étais animateur dans une radio locale, j’animais une émission funk, j’étais collectionneur de vinyles mais j’avais cette envie de faire de la musique. J’ai donc décidé d’acheter du matériel (un Korg M1) ; je pensais qu’avec ce synthé, on pouvait créer un produit fini… Mais j’étais bien loin d’imaginer à l’époque le matériel nécessaire à la finalisation d’un track. C’est à la fin des années ’90 que je me suis tourné vers le mix d’une manière plus professionnelle, avec l’arrivée de la techno et les premières rave-parties. Avant cela, je ne possédais pas de Technics SL1200 : je m’entrainais avec le tourne disque de ma mère et un magnéto cassette, le tout sans pitch, obligé d’accélérer avec le doigt pour mettre au tempo le mix.

Je vais faire appel à ta mémoire : comment s’est passée ta toute première signature ?

Ma première signature en temps que Stéphane Deschezeaux, je l’ai faite sur le label d’un ami qui s’appelait Soulshake. C’était très orienté house deep mais j’avais déjà à l’époque l’envie de proposer des prods un peu plus funk avec des lignes de basse un peu plus élaborées.

Tu t’occupes maintenant de ton label Springbok records orienté nu-disco et funk : serait-ce un retour aux sources ?

En fait pour moi c’est surtout une alternative. Lorsque j’envoyais mes prods à des labels, comme je n’avais pas encore la notoriété nécessaire dans ce domaine musicale pour pouvoir accrocher un gros label, j’avais beaucoup de refus, voir même carrément pas de réponses du tout. C’est là que j’ai décidé de créer mon propre label et ça a été pour moi la meilleure façon de m’exprimer en ne faisant aucune concession.

Comment arrives-tu à tout gérer entre la partie composition et tout le travail que demande la gestion de ton label ?

C’est pas toujours très simple, mais travailler dans l’urgence à devoir tout gérer, ça me booste et ça m’oblige à m’imposer un rythme de travail. Parfois, j’aimerais déléguer une partie du travail administratif à une tierce personne pour pouvoir me consacrer plus à la production musicale, mais c’est pas simple. Alors en attendant, dés que j’ai un moment de libre, il est consacré au label.

Quel matériel utilises-tu pour composer ta musique ?

Je travaille avec un iMac dernière génération, avec Logic X, principalement avec des plug ins ; j’aime beaucoup la synthèse analogique, les produits de chez Arturia ou Native Instruments car ils conviennent tout à fait à mon style musical.

Tu travailles avec des musiciens sur les morceaux nu-disco : comment vous y prenez-vous pour produire un nouveau track ?

Généralement, pour les parties électro acoustique, Bernard Formichelli, le guitariste, me propose des bases musicales, notamment pour les tracks avec The Family’s Jam. Ensuite, de mon coté, j’arrange, je sculpte le morceau jusqu’à obtenir un track abouti ; parfois, son fils Laurent travaille sur les parties ligne de basse Fender. Pour les chanteurs à l’étranger, c’est différent : je leur envoie une démo track instru, ensuite ils posent le chant ; à moi ensuite de mixer le tout et d’envoyer au mastering.

Tes morceaux sont régulièrement dans les tops 100 des sites comme Beatport ou Traxsource : de quel projet es-tu le plus fier ?

Je crois que le projet dont j’ai été le plus fier à l’époque, c’était l’un des mes tout premiers projets, le EP 1982 où figurait le titre “Standing Room” : c’était assez incroyable de constater que le titre puisse entrer dans les charts de Beatport… Mais de là à terminer premier du classement ! J’étais vraiment très fier de ce moment. Ensuite il y a eu le track avec Darryl Jordan, le titre “Give me”, qui était vraiment mon tout premier track chanté, avec sa voix incroyable. Il y a eu la collaboration avec Fabrice D’Aversa (Doggmaster) pour le projet “The Cosmic Playerz” : une collaboration intéressante avec ce mélange de nu-disco chanté à la talkbox et le coté funk également dans la composition, j’ai trouvé ce projet vraiment original.

Au final : préfères-tu le mix devant ton public ou la composition ?

C’est très différent au niveau des sensations. Je pourrais plus facilement me passer du mix que de la création musicale qui, pour moi, fait partie intégrante de ma personne. J’ai ce besoin de composer presque comme un besoin vital. Mais lorsque qu’il y a un bon feeling entre un deejay et son public, c’est quand même magique et ce genre de soirées reste gravé dans les esprits.

Quels conseils donnerais-tu à un jeune compositeur/DJ ?

Je crois que la réponse est dans ta question : c’est de mixer mais également de composer en parallèle car aujourd’hui les deux sont indissociables. Un autre conseil : ne pas faire de concessions sur ses choix artistiques, aller droit au but, ne pas se laisser influencer par les autres.

Quels sont tes projets et tes envies pour l’année 2017 ?

J’aimerais beaucoup collaborer sur des projets chantés. J’aimerais également organiser des Sringbok parties en invitant des deejays du label ou dans la même sensibilité musicale : c’est dans les tuyaux…

Retrouvez Stéphane sur le net :

ParMathias D.

Twenty One records

Rencontre avec Lukas, président de l’association montpelliéraine Twenty One records !

Pouvez-vous présenter votre association en quelques mots ? D’où est née l’idée d’établir ce projet ?

Twenty One records est une association communautaire basée autour de la musique électronique ! L’idée est venue au 21 d’une rue montpelliéraine, des suites de l’enchaînement incessant de soirées privées sur des beats funk, techno, house ou même trance, tout droit sortis des platines des organisateurs. Au fil des rencontres, notre style et notre bonne humeur nous a permis d’agrandir l’équipe et de jouer dans davantage de soirées, privées ou non, avec la même optique de partager la musique qu’on aime et de faire passer le meilleur moment possible à notre public.

L’esprit Twenty One records, c’est quoi au juste ?

Si vous venez à une de nos soirées, vous le comprendrez assez vite : une bonne ambiance, de la bonne musique variée électroniquement, la bonne humeur au rendez-vous. En bref, on aime s’amuser et faire en sorte que notre public s’amuse avec nous. Après, faut aussi se rendre compte que l’association est née du partage et du communautarisme bien sûr.

L’association contient à ce jour plusieurs artistes : comment vous êtes-vous rencontrés ?

A la base, beaucoup d’entre nous n’avaient jamais vraiment mixé ou fait de compositions assistées par ordinateur. C’était ça aussi l’idée de l’association : créer une sorte de point de départ pour beaucoup d’entre nous, avec des utilisateurs plus expérimentés pour donner des conseils concernant le mix et la production. On a donc commencé en faisant des apéros mix tous les jeudis, permettant ainsi aux membres de l’association de se retrouver et de partager des connaissances autour du mix.

Vous êtes Montpelliérains et organisez beaucoup d’évènements sur Montpellier : quelle relation tenez-vous avec le public local ?

Alors c’est drôle mais je crois qu’il n’y a aucun vrai montpelliérain à la base. On est une vraie association montpelliéraine avec son mélange de gens d’ici et d’ailleurs (rires) ! Nous essayons malgré tout de garder une sorte de complicité avec notre public. Nous aimons beaucoup les événements que nous avons organisé à l’Antirouille : pour ça, le public est toujours présent et vraiment chaud à chaque fois, même quand la salle est peu remplie. J’aime voir qu’on arrive à toucher un certain nombre de personnes et qu’ils repartent rarement en tirant la gueule.

Que pensez-vous de l’implication de la ville de Montpellier en matière de musiques électroniques à l’heure actuelle?

La ville de Montpellier n’est pas très ouverte sur l’organisation répétée d’événements ayant un rapport avec la musique électronique et sa culture. Nous pensons qu’il y a eu beaucoup de choses à Montpellier et qu’aujourd’hui, cela n’est plus possible à cause d’un manque de confiance entre organisateurs et élus. Trop de gens ont profité de cette confiance : les élus ne veulent plus prendre le risque de cautionner des événements qui, selon eux, ne feront que ramener des « drogués » et ces genres de choses. C’est donc à nous de prouver aux élus que nous sommes prêts à redorer le blason de la culture de la musique électronique en créant des événements ludiques et intéressant en matière de culture.

Vous avez organisé deux évènements sur Toulon en association avec le Barathym et Espit Chupitos : quels souvenirs gardez-vous de ces évènements ? Comment trouvez-vous l’ambiance toulonnaise ?

Nous avons eu la possibilité d’organiser ces évènements grâce à un de nos membres toulonnais, bien en place sur cette ville. Nous pensons d’ailleurs qu’il est possible que ça ne soit pas le dernier au Barathym ! Personnellement, j’ai participé à ces deux dates et c’était trop cool à chaque fois. Surtout le Barat’ : y avait une sacrée ambiance jusqu’à la fin ! Le responsable ne s’attendait pas à autant de monde jusqu’à 3h du matin ! Je pense qu’il y a un vrai potentiel à Toulon car il ne s’y passe pas grand chose et les jeunes sont chauds.

Accordez-vous une place prioritaire à vos propres artistes sur les évènements que vous organisez ? Faites-vous venir des artistes réputés de la scène française ou internationale ?

Tout dépend. Sur la majeur partie de nos soirées, on a essayé de placer tous les artistes sur un pied d’égalité. Malheureusement, on sait tous que celui qui va faire le warm-up ne sera pas sur la même base que celui qui joue au « peak time ». C’est pour ça qu’on essaye d’avoir des Time Table équitables sur chacun de nos événements, avec le ou les invités de la soirée placés au meilleur moment. Il s’agit souvent d’un casse-tête pour ne pas toucher aux égos des uns et des autres tout en faisant en sorte que l’invité puisse se régaler le plus possible. On n’a pas encore fait de « tête d’affiche » avec un gros nom, bien que ce ne soit pas l’envie qui nous manque. On espère faire notre première tête d’affiche en septembre prochain. Notre série de soirées TOR&Faction vise surtout à ramener des amis talentueux qui n’auront peut-être jamais l’occasion de venir jouer à Montpellier et de leur faire profiter de ce moment.

Vous produisez aussi des tracks via votre association : peut-on considérer Twenty One records comme un label ?

Effectivement, bien que cette partie ne soit pas mise en avant, nous avons une espèce de « side project » label sur lequel nous avons eu la possibilité de faire une release. Nous réfléchissons aux futures sorties bien que cela ne soit pas dans nos objectifs prioritaires. Il y aussi la série de TORCasts que nous produisons : c’est une série de podcasts qui sort chaque 21 du mois autour d’artistes de l’écurie TOR ou bien d’amis DJs et livers que nous apprécions. Nous arrivons au 16e TORCast : plus d’un an que ça tourne !

Vous gérez une émission sur Radio Clapas : pouvez-vous nous en dire d’avantage sur ce concept ?

Alors l’émission s’appelle l’Electronic Radio Show, à la base animée par Tom Martinez aka ZÖtA, actuellement vice-président du Twenty One. Je l’ai rejoint il y a presque 3 ans pour l’épauler dans cette émission : elle consiste à présenter quelques nouveautés musicales, faire l’interview de l’invité de la semaine et laisser cet invité nous régaler aux platines ou en live. En effet, on aime bien proposer aux artistes locaux (en particulier ceux qu’on apprécie humainement et musicalement) de venir présenter leur projet sur une radio locale mais hertzienne et web. Mine de rien, c’est un bon moyen de communication !

Parmi tous les projets que réalise votre structure, quels sont ceux dont vous êtes les plus fiers aujourd’hui ?

Vu le nombre qu’on est, je pense que chacun à sa petite préférence étant donné que ce n’est pas toujours la même personne qui se retrouve référent de l’événement organisé ! Personnellement, j’aime beaucoup l’idée des TOR&Faction qui est vraiment la base de nos soirées, rassemblant la convivialité d’un partenariat simple avec une bonne humeur toujours au rendez-vous.

Quels sont vos projets à venir ? Votre mot de la fin ?

Actuellement, on a en visu une TOR&Faction le 4 mai. On ramène un crew marseillais super prometteur qui va bientôt sortir son premier EP en vinyle. Ça sera une soirée House qui va dépoter mais on ne vous en dit pas plus, c’est déjà pas mal (rires). On va aussi tenter une soirée à l’Antirouille en septembre … En mode premier gros nom. Et on reprend les Apéros au Peyrou dès la reprise de l’ouverture du Parc du Peyrou jusqu’à 00h cet été. Tous les samedis de 19h30 à 23h45 à peu près. On pose deux enceintes portables, des petits contrôleurs et du mix pour un before des plus réussis. Faites passer le mot ! See you on the dancefloor !

Retrouvez Twenty One Records sur le web :

ParAnthony Beauchet

Krispaglia

Comment es-tu entré en contact avec la musique électronique ?

Comme beaucoup de personnes de ma génération… Nous avons pour la plupart tous été bercés par Vangelis, Jean-Michel Jarre, Kraftwerk, Depeche Mode et aussi la scène mainstream anglaise : KLF, Shamen, Stéréo Mc’s… Sans oublier la dance music américaine : Inner city, Joe Smooth.

En quoi la house est-elle un genre qui t’a touché plus particulièrement ?

J’ai d’abord été très sensible à l’Ambient (FSOL, The Orb, le label Rising High), ensuite la Trance mélodique et harmonique allemande (Frankfurt Beat, EyeQ…) et le label français Global communication. La House est venue par hasard, en mars 1993, en me retrouvant dans un club lyonnais (L’Opéra Mundi) ou un panel de très bons DJ’s Lyonnais (Dj Sage, Dj Love, Dj Spider, Spike) proposaient des sessions Acid Jazz et bien sûr House music. J’ai été frappé en plein cœur par ce côté organique et électronique, avec le groove en plus. Elle ne m’a plus quitté depuis.

Tu es le fondateur de l’émission Deepline qui tourne sur radio Pluriel depuis 1997 : quel est le concept de l’émission? Comment expliques-tu le succès et la longévité de cette émission ?

Le concept, c’est la connaissance, l’ouverture, le partage. Si vous écoutez l’émission sur 1 mois, vous aurez une belle partie de l’historique des musiques électroniques en passant par le Jazz et les courants Post Electronica. Des résidents spécialistes dans leurs visions sonores sont là avec surtout une belle place pour le format vinyle (Mr Carlitos/Vincent Vidal, DJ Delano, Le Cirque Sonore…) ; et à la fin de chaque mois, nous proposons un invité qui gravite autour des musiques électroniques lyonnaises, mais pas seulement. Le succès, si on peut parler de succès, c’est sa longévité (22 ans), une fidélité et de la passion qui nous anime encore entre nous, une radio qui nous soutient depuis toutes ces années (Radio Pluriel).

Tu as fréquenté l’association Keep-Smiling qui commençait à développer de la prévention en soirée techno : quel est ton point de vue sur le rapport entre drogue et techno ?

Tout courant musical à ses consommations, et les musiques électroniques n’échappent pas à cette règle. Je n’ai jamais consommé et compris ces consommations : se mettre dans un état synthétique et hors réalité de la musique, quel dommage, non ?

Penses-tu que ce type d’association est utile à notre culture?

Elle est malheureusement nécessaire. Par contre la France a un grand retard sur la prévention dans ce domaine. Je me souviens lors des stands en rave-parties, nous pouvions tester la qualité en direct des cachets et beaucoup d’utilisateurs, face aux tests parfois négatifs, ne gobaient pas par peur des conséquences. Les responsables de santé ont supprimé ce test en invoquant l’incitation à la consommation. Ce qui était faux… Un dialogue s’était instauré entre Keep Smiling et les consommateurs. La prévention prenait donc tout son sens.

Tu officies en tant que DJ sous le nom de Krispaglia : quel est l’origine de ton pseudo?

Krispaglia c’est tout simplement l’association et la contraction de mon nom et prénom.

Quel souvenir gardes-tu de ta première soirée en tant que DJ ?

J’en garde un souvenir de peur et de transpiration… Je transpirais tellement que des gouttes de sueur tombaient sur mes disques. J’ai appris que l’eau ne déforme pas le son. C’est bon à savoir !

Tu as également organisé des soirées sur Lyon, notamment avec le collectif Da House Family Project : comment était la scène house lyonnaise dans les années 2000 ?

La scène House Lyonnaise était petite, fraiche d’idées mais déjà des collectifs et des labels se mettaient en place (Rotax, Jazz’up records, Plein Gaz production, Weacked, Super Huitmusic, etc.). Sans oublier les labels de la région d’Annecy et Grenoble. Dahousefamily (Obywan, Krispaglia, DJ Sage), c’était l’association de 3 DJ’s avec chacun notre définition de la House music (NYC, Chicago, Détroit, Paris, Lyon). Nous avons fait partie des porte-drapeaux en termes de soirées House lyonnaises ainsi qu’en Suisse durant nos belles années nanties et 2000.

Quelles évolutions vois-tu avec la scène house locale d’aujourd’hui ?

Une évolution incroyable : les labels lyonnais se sont internationalisés, leur communication très professionnelle (voir trop). Des résidences se sont créées dans nos clubs lyonnais : une belle vitrine de la scène house lyonnaise. Le problème, c’est l’esprit de non partage entre les labels, un manque cruel de solidarité. Chacun voit l’autre comme un concurrent plutôt que comme un partenaire ! Créer des liens permettrait de mettre en place une belle cohésion de notre scène House lyonnaise et de l’exporter à l’international, comme l’ont fait jadis Detroit et Chicago.

Tu es également producteur et fondateur du label Aglia records : 1 EP sorti en 2008 et 1 autre en 2009 puis plus rien…Difficile de gérer un label house ?

Oui, c’est difficile quand tu te retrouves seul à gérer la communication, les soirées autour du label. Je n’ai pas été aidé et surtout je n’avais pas de réseau fort à l’époque et aucun soutien véritable en France. Par contre, j’ai eu des retours et des ventes sublimes à l’étranger. Mes seuls supports humains étaient mes artistes que je remercie encore du fond du cœur pour leur soutien, leur dévouement, avec des cachets proches du zéro… Ce sont encore mes amis : ils ont compris l’essentiel, le partage de moments incroyables, se retrouver ensemble et partager de très bons disques de House music. Respect ultime : Melchyor A, Ludovic Allen, Rochdee, Ivanlebleu, Agoria, Vinyl France, Fredi MPO, Translab, Manoo, Fred DeepsoundsInnerdisc, Teddy G(Gallette),Pascal Rioux (the pusher),Vincent Vidal, Leome (chez Emile), Léa Lisa, José Lagarellos, Patrice Moore, Freddy’J Unwelt…

Qu’as-tu retenu de cette expérience ?

Qu’il faut connaitre ses compétences et ses failles, se laisser aider, avoir confiance.

Quels sont pour toi les 5 tracks ou albums qui ont marqué ta trajectoire dans les musiques électroniques? Quels souvenirs ou émotions y sont associés?

Derrick May « Innovator » (Transmat) : une des meilleures définitions de l’électronique de cette incroyable ville qu’est Détroit.

Finger’s Inc « Another side » (Jack Trax) : j’ai eu la chance d’inviter Robert Owens pour mon label il y a de cela 5 ans. Et je lui ai demandé comment Larry Heard l’avait approché. Il m’a répondu qu’il a habité sur le même palier en 1984 : il est venu frapper à sa porte et lui a demandé s’il était intéressé de venir poser sa voix sur un projet musical expérimental. Et il a dit « oui ». Cet album, c’est la naissance de la House music, un album où les machines TR 808/909/303, un Juno 106 et un Rhodes chantent et accompagnent merveilleusement bien  les voix superbes de Ron Wilson(Rip) et Robert Owens.

Joe Claussell « Language » (Ibadan) : qui a dit que la house music ne véhicule aucun message ? Et bien écoutez cet album de Joacquim ‘Joe’ Claussell et vous entendrez de la spiritualité et du vaudou ancestral, parsemé de spiritual Jazz !

Saint Germain « Boulevard » (Fnac music /F Com) : La première fois que j’ai entendu un Ludovic Navarre, (Deepside) c’était dans un mix de Didier Sainclair en 1992. J’étais loin de penser que derrière ces productions se cachait un producteur français qui a mis une claque aux américains par la même occasion.

Ron Trent presents Prescription « Word sound and power » (Prescription rec): Ron l’a fait : un résumé partiel avec son frère de son Chez Damier de ses meilleures productions. Tout simplement STATRAsonic !

Tu restes pas mal actif sur les réseaux sociaux, notamment sur mixcloud et soundcloud : penses-tu comme certains vieux de la vieille que c’était mieux avant ?

Je trouve ces plateformes numériques fantastiques parce que l’on touche le monde entier ;  mais ce sont aussi des outils qui avalent , qui écrasent  : on est très vite oublié, en 3 jours c’est terminé, on n’existe plus. C’est effrayant !

Achètes-tu du MP3 en ligne ou continues-tu à fouiller les backs de vinyles ?

Je n’achète aucun MP3, malgré son côté pratique en termes de stockage, et d’utilisation. Son marché économique me dégoûte encore. Le vinyle est tellement plus respectueux des artistes, plus résistant au temps que le digital. Une mémoire plus fiable. Acheter des vinyles, c’est un acte de soutien, voir militant envers les artistes que l’on a envie de défendre. J’adore digger au hasard d’une brocante où les gens n’ont pas conscience de leurs valeurs réelles … Tant mieux pour nous.

Tu continues à produire des tracks : as-tu signé sur d’autres labels ?

Bien sûr, je continue à produire de la musique mais je ne démarche plus les labels car je ne trouve aucun label manager digne de ce nom pour écouter et donner une appréciation : ça n’existe pas ou plus. Il faut aujourd’hui avant tout arriver avec une communication, de belles photos et vidéos pour prétendre proposer sa musique, sinon tu n’intéresses personne. Je ne désespère pas, il y’a encore des artisans qui fonctionnent avec leurs émotions et non pas avec le porte-monnaie ou l’ego que dégage un artiste. La preuve en est : ma signature sur Blooming Soul. Michel est venu instinctivement sur ma page soundcloud et choisir. Faites votre choix : ma boutique est ouverte.

 Quels sont tes ambitions à ce niveau-là ?

Je n’ai aucune ambition, à part de me faire plaisir, de produire, de mixer quand je le désire. Aucune rentabilité. Ne pas suivre le courant, le prendre à contre-sens parfois. De toute façon personne ne m’attend. Je suis un artisan, un homme libre et surtout « house music will never die » (Cajual records 261).

Quels sont tes projets à venir ?

Je voudrais développer quelques soirées en rapport avec mon émission Deepline, collaborer avec mes amis de son en tant que remixer.

Comment te vois-tu dans la musique électronique dans 5 ans ?

Je n’ai aucun plan de carrière : si le plaisir m’accompagne encore durant 5 ans, eh bien je serais là. Je suis curieux de savoir ce qui serait  plus fort, plus excitant que mes envies de musique pour que j’abandonne cette belle passion ? La culture de la gentiane en milieu aquatique ? Ou photographier de profil uniquement une verrucomicrobia ? Qui sait…

Retrouvez Krispaglia sur le web :

Retrouvez Deepline sur le web :

ParAnthony Beauchet

Tawa Girl

Peux tu te présenter en quelques phrases ? D’où vient ton nom de scène ?

Je suis passionnée de musique électronique depuis toute jeune. Mais je ne fais pas que l’écouter : je la mixe surtout pendant des heures sans m’en lasser, et ça depuis plus de 20 ans. Depuis trois ans, je suis à fond dans la compo : je fais environ 10 heures de son presque tous les jours. Je ne peux pas m’en passer, c’est impossible !  Quant à mon nom de scène, je n’ai jamais su trop répondre à cette question… Il vient de mon époque des free parties…

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ? Comment es-tu rentrée en contact avec la musique électronique ?

J’ai fait du solfège dès l’age de 9 ans et dans la foulée, quelques années de synthé chez Yamaha. Que du bonheur ! Il y a 30 ans, il y a un artiste magique qui m’a marqué pour ses spectacles et ses synthés : Jean-Michel Jarre ! J’adorais le regarder et l’écouter. Ma mère a toujours aimé la musique: j’ai grandi avec sa voix de chanteuse dont je n’ai pas hérité et c’est bien dommage ! Mon frère quant à lui a fait du piano. Que je jouais du synthé, j’aimais jouer rapide : il fallait que ça galope façon techno allemande que j’écoutais dès l’âge de14 ans. Les fameux CD Thunderdome : toute mon enfance (rires). C’est de là que m’est venue l’envie de n’écouter plus que de la techno.

Qu’est-ce qui t’as motivé à devenir DJ dans la scène électro ? Peux-tu nous raconter ta première expérience de mix en public ? Qu’est-ce qui a changé depuis ?

C’est venu tout seul, sans me rendre compte. Le synthé y est pour beaucoup aussi. Je me rappelle que j’enregistrais des cassettes et qu’ensuite, j’en mettais deux en play pour les caler : ça me rendait dingue car ça ne voulait pas caler, ça ne marchait pas ! Par la suite, j’ai découvert les platines vinyles : beaucoup plus facile pour caler ! Je devais avoir 17 ans quand j’ai découvert Miss Kittin. Et c’est vraiment là que j’ai voulu devenir DJette : mon leitmotiv était de pouvoir mixer différents artistes et faire danser les gens sur du gros son. Ma première expérience devant un public est tout simplement magique : je voulais plus m’arrêter ! Ce qui a changé depuis, c’est mon matériel pour mixer ; j’ai aussi changé de style musical : je suis passée de la tribe à la techno. Je suis aussi passée des soirées en plein air à des clubs.

Quels sont tes petits plus sur scène ? Aimes-tu prendre des risques ?

Je suis tellement heureuse quand je joue : j’ai les yeux qui brillent, je danse, je regarde les gens, je souris, j’émets toute mon énergie.  Des risques ? Je n’utiliserai pas ce mot car je prépare mes mix : sur 4 decks, c’est indispensable. Je ne veux qu’aucun track fassent redescendre mon set ! En même temps, je m’adapte au public qui est devant moi. Mais oui : si y a la grosse ambiance, pour rigoler, si je veux passer d’un coup un track bien dark je le fais ! Je dois avoir plus de 30 playlists de tout style techno dans mon ordi que je renouvelle : j’ai de quoi faire.

As-tu une résidence ? Comment procèdes-tu dans le démarchage de tes soirées ?

Non, je n’ai pas de résidence pour la simple raison que là où je vie, ma musique n’est pas spécifiquement adaptée pour ça. Pour les soirées, je ne fais aucune démarche. Ce sont les organisateurs de soirées qui me contactent, par rapport à mes mix publiés sur Soundcloud ou Mixcloud, et d’autres pour mes compos ou les labels qui m’ont signée.

Quel est ton pire souvenir de soirée en tant que DJ ? Et ton meilleur ?

(rires) J’en ris aujourd’hui mais pas sur le moment ! Je devais jouer en after : j’ai mis mon réveil, j’arrive limite encore avec la trace du coussin sur la joue, je branche tout matériel et là il ne se passe absolument rien, rien ne veut fonctionner. Bref en cinq minutes j’ai tout plié je suis repartie. Ç’était vraiment mon pire souvenir. Mais en général, toutes mes soirées sont de bons souvenirs car à chaque fois je vis quelque chose de différent, avec un public différent. Mais mon meilleur souvenir reste quand même une péniche à Brême en Allemagne. C’était énorme : un public magique, une soirée inoubliable.

Tu es aussi productrice/remixeuse avec des signatures sur des labels comme Yin Yang, Dolma rec, Electrovino, etc. Comment as-tu appris à composer ? Quelles sont tes influences en matière de production ?

Il y a environ 15 ans, j’ai appris à composer seule sur Acid Pro. Puis j’ai arrêté car avec le travail, je ne pouvais pas tout faire. Il n’y a que le mix que je n’ai jamais arrêté ! Il y a 3 ans environ, on m’a appris à composer sur FL Studio qui ressemble beaucoup à Acid Pro. Et petit à petit, je me suis remise à la compo : par contre depuis, je n’arrive plus à m’arrêter ! Je suis à plus de 300 tracks sorties, sans compter ceux que je jette. C’est complètement différent du mix mais j’aime trop ça. Remixer, c’est aussi c’est super sympa : ça permet d’avoir son nom sur les sorties avec différents artistes. Mes influences restent les artistes que je mixe mélangés à la façon dont je les joue. Pour moi, ce mélange des deux est très important. Je n’arrive pas encore à faire ce que je voudrais mais doucement, je commence à composer ce que j’aime jouer.

Comment se passe la collaboration avec les labels sur lesquels tu as signés ? Que t’apportent-ils dans ta carrière d’artiste ?

Tout se passe super bien avec les labels : ils sont tous super gentils et agréables. Ils me donnent tous envie de progresser. Ils m’apportent beaucoup : l’envie de continuer, de progresser, de signer sur des labels encore plus grands. Ce qui me permet de faire connaitre ma compo ainsi que mes mix.

De futures dates en approche ? Des projets particuliers dans le Djing et la production ?

Dimanche 30 avril, veille de jour férié, je jouerai au Karting d’Aix en Provence. Pour les 10 ans du label Happy Family, il y aura 2 plateaux techno et hardtek. Et le jour suivant, le 1er mai,  je jouerai en after à Montpellier au Yaka. Le 19 mai, je jouerai à Valenciennes au club le Lärm. Pour les évènements, tout est noté sur ma page facebook. Oui j’ai des projets, je veux continuer à progresser et signer sur certain labels que je reve depuis un moment. et je ferai tout pour y arriver.

Ton mot de la fin ?

La musique électronique est un monde où seul un musicien peut comprendre pourquoi pouvons nous passons autant d’heures dessus. Un monde où l’on peut être seul dans sa bulle, sans que cela nous dérange parce qu’on y est bien pour composer, mixer et chercher des tracks. Puis arrive le moment où l’on se retrouve sur scène pour pouvoir partager sa passion. Des heures de travail et de recherche. Un monde que je ne quitterai pas : j’en serai trop malheureuse !

ParAnthony Beauchet

Sleeping Water

D’où viennent tes deux pseudos SleepingWater et Vulcain ?

SleepingWater est mon nom « mainstream » : c’est avec lequel j’ai démarré et c’est aussi celui dont je me sers pour tous les projets non destinés à l’underground… Même si parfois ça dérape un peu (rire). Avec SleepingWater je fais de l’ambiant, de la techno en passant par l’électro swing, le hip-hop, le rock, la variété française, la house, la tech house… Je reste dans des sonorités qui ne sont pas trop dures pour le public,p lus accessibles. L’idée de mon alias Vulcain est plutôt dédié à la hard music (hardtek, acidcore, drum & bass, hardcore, tribe…). Je suis très ouvert musicalement : j’ai environ un millier de vinyles à la maison et j’écoute vraiment de tout. Cette ouverture me permet de m’adapter à différents types de projets. A mes débuts, je jouais surtout en bars ou en clubs mais ma passion pour le milieu alternatif m’a vite rattrapé. Je me suis retrouvé à joué en free-party avec SleepingWater et j’ai ressenti le besoin d’avoir un alias car j’avais en fin de compte deux publics très différents qui venaient m’écouter. Ainsi est né Vulcain axé milieu alternatif et underground aux cotés de SleepingWater qui s’adresse plutôt à l’overground. J’utilise de la même manière mes deux pseudos pour la DJing et la production.

Comment es-tu entré en contact avec la musique électronique ? Qu’est-ce qui t’a motivé à devenir DJ dans la scène électro ?

Mon père était un mordu de rock ’n’ roll et j’ai baigné dans Pink Floyd entre autre. Plus tard, j’ai découvert Jean-Michel Jarre et ses mélodies relativement douces : le morceau “Calypso” a déjà des teintes tribales et les albums “Oxygène” et “Equinox” étaient pour moi associés à l’époque au voyage et à la joie. J’écoutais ce que mes copains me faisaient découvrir en faisant des copies sur cassette audio. Quand j’ai eu 10-12 ans, la Dance a explosé en France. Plus tard, j’ai découvert la Trance grâce à Max sur Fun radio et son émission Trance Max. Dès lors, je me suis mis à découvrir les différents genres de musique électronique et au fil du temps, j’ai affirmé mes affinités.

Pour le DJing, j’ai eu une révélation lors du festival “Ziget” en Hongrie : j’ai eu envie de retransmettre le plaisir que de nombreux DJ avaient su me donner durant ce festival et ma carrière de fêtard. En prenant de l’âge, j’ai eu envie de transmettre ce plaisir aux plus jeunes et c’était aussi une façons pour moi de rester dans la fête tout en y faisant quelque chose de plus concret. Mon leitmotiv dans le DJing a été la transmission, faire revivre les trésors musicaux oubliés et faire découvrir des tracks encore peu/pas connus.

Milites-tu pour une cause particulière au sein de la culture électronique ? As-tu monté des associations ou fait partie d’associations en musiques électroniques ? Quel rôle y as-tu joué ?

A vrai dire, je suis engagé dans pas mal de combats et ce serait un peu long de rentrer dans tous les détails… Mais je pense qu’on peut résumer ça en quelques mots : union, amour de l’être humain et liberté. Cette année, j’ai travaillé aux côtés de l’association Artists In Action qui se bat pour offrir un minimum de confort sur quelques camps de réfugiés. J’ai aussi travaillé pour le collectif Marseille Solidarité Humaine qui se bat contre la précarité à une échelle plus locale. Je suis également le cofondateur avec mon ami Philippe de l’association Musical Therapy dont le but est de promouvoir la scène électronique locale, nationale et parfois même internationale. J’aime utiliser l’art à des fins diverses et variées. J’ai aussi collaboré pendant quelques années avec l’association Family Smile dont le but était d’intervenir financièrement en faveur d’un orphelinat situé au Népal. Au final, dans tous mes combats militants, il y a toujours ce rapport à la musique qui est la base de mes rencontres professionnelles, amicales et parfois même amoureuses (rires).

Comment est né le projet Musical Therapy ?

Philippe organisait des soirées pour ses amis et de fil en aiguille, elles ont connu un certain succès qui l’a amené à monter une association pour organiser des soirées sortant de son cercle amical. Quand je suis arrivé à Marseille il y a 10 ans, je me suis intéressé à son travail. J’ai senti chez lui une réelle motivation  pour dénicher des DJs peu connus et talentueux. Il a notamment été l’un des premiers à faire jouer Tawagirl qui commence à se faire un nom à l’international. Il a fit jouer aussi Marcus Volker qui est aujourd’hui une des figures de poupe du label Divine records. A l’époque, j’avais envie de m’investir pour la vie nocturne marseillaise que je trouvais un peu fade. Ensemble, on a monté l’asso : on a continué de chercher de jeunes talents et de les faire jouer aux côtés d’artistes plus connus afin d’attirer les regards et les oreilles vers nos artistes locaux. On a organisé des soirées qui ont très bien marchés, d’autre moins : quand on organise, on ne gagne pas à tous les coups… Quand ça fait plus de 10 ans que tu écumes les soirées, tu connais forcément du monde : notre force, c’est d’avoir des réseaux différents et de les réunir lors de nos soirées. Nous sommes soutenus par nos amis qui n’hésitent pas à nous aider quand le besoin s’en fait sentir. Nous avons envie de nous professionnaliser en proposant des événements de qualité à la hauteur de nos moyens. Sur la longueur, je dirais qu’il faut savoir garder la motivation à organiser des soirées car l’envers du décors n’est malheureusement pas tout rose et les erreurs se paient souvent vites et chères ! La nuit marseillaise est aussi très volatile : les groupes se font et se défont très rapidement et il faut donc savoir renouveler le réseau. Gérer tout ça à deux personnes, c’est pas toujours évident ! Mais on s’est accroché : l’équipe est actuellement en train de grossir et on projette certaines évolutions tout en restant sur un petit format de soirées.

Comment choisissez-vous les lieux où vous organisez vos soirées ? Comment organisez-vous la programmation ? Donnez-vous la chance à de jeunes artistes ou artistes moins réputés ?

Les lieux sont souvent choisis en fonction de coups de cœur ou d’opportunités : une fois que la balance prix et nombre de participants semble correcte, l’affaire se fait rapidement. On fait aussi bien des évènements dans des petits clubs ou dans des clubs plus prestigieux. pour les évènements phares, nous essayons de trouver des lieux insolites en adéquation avec le projet de soirée. La programmation se fait en fonction du thème de la soirée : nous essayons volontairement différents styles musicaux, différents lieux avec différents intervenants, parfois chics parfois underground et très souvent décalés ; nous aimons rire et avons ce point commun d’aimer la diversité. Quant à ta dernière question, c’est le but même de l’asso. Nous essayons de mettre en avant les plus jeunes en les positionnant aux cotés de ce qui ont déjà une certaine expérience ou renommée. Cela nous a parfois joué des tours mais dans l’ensemble, la recette fonctionne assez bien. On a vu grandir certains jeunes artistes et ça reste toujours une grande fierté pour nous.

IndianPsyParty@Marseille 04/12/2015

Voila ce que ça donne une soirée Musical Therapy!! Merci à tous pour vos smiles et bonne humeur!

Gepostet von MUSICAL THERAPY am Montag, 14. Dezember 2015

Avez-vous des liens avec d’autres assos du territoire qui organisent ? Si oui, comment se passent les collaborations inter asso ?

Nous n’aurions pas pu en arriver là seul et à force d’être dans ce milieu, tu connais de plus en plus de monde. On voit ça comme de l’organisation mais par dessus tout, c’est une question de rapports humains : il y a des gens avec qui ça colle, d’autre moins… Au bout d’un moment, tout le monde trouve sa place. Comme on dit “tout seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin”. Les collaborations sont indispensables pour sortir de ta ville et offrir à tes artistes des booking hors de l’échelle locale.

Et toi, en tant qu’artiste : as-tu un statut professionnel ? Vis-tu de la musique ou as-tu un travail à coté ? As-tu une résidence ? Comment procèdes-tu dans le démarchage de tes soirées ?

Je ne vis pas actuellement de la musique : pour moi, c’est une passion avant tout. Si je devais voir ça d’un œil exclusivement professionnel, il y a certaines libertés que je ne pourrais plus me permettre d’un point de vue artistique. Je devrais par exemple cesser ma pluralité de styles musicaux car ça me desservirait : c’est très dur de fidéliser un public en faisant des choses différentes. Mais j’ai pris le parti de me faire plaisir avant tout, surtout pour la production. Pour le DJing c’est différent car je sais m’adapter en fonction de la demande : j’aime avoir un thème et trouver la musique qui va coller avec, ça me régale. A coté de la musique, j’ai aussi une vie avec plusieurs casquettes : 10 ans d’expérience en tant que cuisinier et informaticien. Coté résidence, avec l’asso Musical Therapy, j’anime l’émission du même nom un vendredi sur deux sur radio Zinzine, une radio libre d’Aix-En-Provence (88.1 FM ou sur le web). Je n’ai pas de résidences en club car ça ne colle pas avec mon rôle de père que je prends très à cœur, même si j’adore me divertir (rires). Quant aux soirées, j’ai la chance d’être assez bien entourés et d’avoir régulièrement des propositions sans même avoir trop à demander… C’est souvent du donnant donnant : je te booke ici, tu me bookes là-bas. Je ne suis pas une star internationale, je fais mon bout de chemin et que quand je le mérite, les plus grands me tendent la main. En toute franchise, j’en suis déjà plus loin que ce que j’aurais pu imaginer en commençant. J’essaie de m’appliquer et d’honorer les différentes invitations/main tendues en travaillant encore et toujours pour que la qualité soit au rendez-vous.

Comment te positionnes-tu sur le débat entre musique électronique underground et commerciale ? Quel est ton point de vue sur l’EDM ? Les free-parties ?

Ça c’est une question qui me plait tiens ! La musique pour moi, c’est comme la cuisine, il n’y en a que deux : la bonne et la mauvaise. A vrai dire, je ne pense pas que l’on puisse dire qu’une musique est bonne ou ne l’est pas. On peut dire “ça me plait” ou “ça ne me plait pas”. Mais à quoi bon dénigrer et dire “c’est le la merde”… Je vais prendre l’exemple de Johnny Halliday : personnellement, ça ne me plait pas et je préfère de loin Brel ou Renaud. Ce n’est pas pour autant que Jonnhy fait de la merde : il fait sa musique et je n’y suis pas sensible… C’est comme de kiffer un morceau et 5 ans plus tard, tu ne l’aimes plus… Pourquoi ? Parce que pour moi, la musique c’est un peu comme le sel et le poivre en cuisine : ça sert à assaisonner un instant de ta vie ; des fois tu la veux douce, des fois tu la veux rapide, joyeuse, triste etc. Tout ça c’est l’essence de l’art : pourquoi c’est bon et pourquoi ça ne l’est pas, personne ne le sait ! Il y a des gens qui aiment et d’autres qui n’aiment pas et même ça, on ne sait pas pourquoi non plus ! Et heureusement d’ailleurs car on subit assez de formatage comme ça. Heureusement que personne n’a compris comment ça marche, et que personne n’essaie de nous l’imposer. Par contre, la chose que je ne trouve pas très valorisant, c’est la musique business. Si t’es pas trop mauvais musicien et que tu captes les trucs qui marchent, ce ne sera pas très dur de faire un plagiat avec quelques variantes tout en restant dans les même gammes de sonorités qui ont toutes les chances de marcher… Mais au final, tu n’as fait qu’imiter alors que tu aurais pu innover, chercher une nouvelle texture, un nouveau grain, etc. Au début, il y a un artiste qui crée un truc, peu importe le style d’ailleurs (il n’a souvent même pas encore nommé ce style), et puis ça marche ! Ça touche les gens qui en redemandent et ça donne souvent naissance à un mouvement musical. Parfois ça explose et du coup, tout le monde fait ça parce que l’industrie en demande et sait qu’elle va arriver à faire du fric. Même si c’est médiocre ou une pâle copie, l’industrie signe quand même car il y a du fric à la clé. Pour moi, là on rentre dans le vrai commercial : si ça se vend, ça veut pas dire pour autant que c’est de la merde… Mais parfois c’est pas terrible du tout et ça se vend quand même… Et on en revient à l’histoire des goûts et des couleurs qui est un débat sans fin. Je pense qu’il y a un âge d’or où toutes les plus belles œuvres du style sortent ; après arrive la production massive qui amène le public jusqu’à l’épuisement ou à la nouvelle mode… Je pense que c’est ce qu’on vit en ce moment dans la musique électronique mais sa chance est d’avoir beaucoup de « sous familles » à contrario du hip-hop par exemple.

Tout est question de choix : j’ai décidé de faire ce que j’aime même si ça ne me permet pas d’en vivre. Il y en a d’autres qui décident d’en vivre et qui font la concession de faire un peu moins ce qu’ils aiment pour faire un peu plus ce qui marche. Ça ne veut pas dire pour autant que tout ceux qui arrivent à en vivre ne font pas ce qu’ils aiment : ça veut juste dire que parfois, être commercial est un choix qui peut avoir tout son intérêt même s’il est plus financier qu’artistique. Il y a une règle à laquelle nous sommes tous sujet : au final, ce n’est pas l’artiste qui décide si sa musique est bonne ou pas mais les gens qui l’écoutent. Si c’est bon, les gens écoutent et plus ils sont nombreux à écouter, plus il faut s’attendre à devenir commercial,  que tu le veuilles ou non. Il n’y a pas si longtemps, la techno était underground parce qu’elle n’était pas encore acceptée. On devrait remercier nos ainés qui se sont battus pour qu’elle soit diffusée. Pour moi, c’est à ça justement que sert l’underground : des individus qui ne sont pas satisfaits des standards qu’on leur propose et qui décident de se rassembler pour proposer autre choses. L’underground ne se résume pas aux free-parties : on le trouve dans l’art en générale et ça peut s’appliquer aussi à une façon de vivre. L’underground, c’est penser au-delà des standards validés par l’État afin de créer des alternatives. C’est comme le darknet en informatique. Au final, l’underground reste une idéologie.

Derrière ce mot “underground”, il y a avant tout un choix de vie, celui de rentrer dans les cases que la société a faite ou pas. Les gens qui ont décidé de faire autrement sont souvent catégorisés comme des marginaux alors qu’en réalité, ce sont très souvent les défendeurs d’une liberté qui se perd de plus en plus dans notre société actuelle. Ils mènent souvent une vie difficile financièrement car la liberté à un prix. Quand je vois que certains parents ne voient pas leurs enfants grandir par ce qu’ils passent leurs temps à courir après des billets dont l’État en reprend une grande partie, ça donne à réfléchir…

Quels sont tes projets à venir ? Ceux de Musical Therapy ? Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour l’année 2017 ?

Personnellement, j’ai eu une mauvaise expérience avec un patron de label qui devait sortir mon album : il m’a bloqué les morceaux pendant plus d’un an pour au final se débiner et disparaitre de la circulation… A priori, tout ça parce que nous n’avions pas les mêmes opinions politiques mais j’avoue ne pas avoir bien saisie moi-même l’origine du conflit… Du coup je suis sur le point de le sortir moi-même : ça m’aura pris du temps mais ça devrait vraiment arriver prochainement. J’ai beaucoup plus d’envies que de temps ! J’aimerais beaucoup monter un live set acid to acidcore pour Vulcain et la famille free-party (rires). J’aimerais également aboutir un projet d’album ambiant et de live set avec mon binôme Seve Freeson au sein d’Images In Air. Je vais continuer à m’investir pour AiA (Artists In Action) car je ne trouve pas acceptable que nos politiques ne prennent pas en charges les victimes de guerres. Je vais continuer d’encourager et soutenir Emer Aude Marginal MC (membre du collectif MSH) qui est à mon sens une artiste extraordinaire dont je suis très respectueux.

Quant à Musical Therapy, une bonne réorganisation vient d’avoir lieu en début d’année et j’espère qu’elle va porter ses fruits. Nous avons envie de nous diversifier un peu dans la façon de mettre les jeunes talents à l’honneur, mieux différencier les DJs des producteurs et leurs proposer quelque chose qui soit réellement en adéquation avec leurs talents. Certains projets commencent déjà à bien avancer : tendez l’oreille car l’année devrait être assez riche…

Ton mot de la fin ?

Un merci tout particulier à ceux et celles qui nous soutiennent, que ce soit de manière personnel ou avec Musical Therapy car mine de rien, vous êtes relativement nombreux/ses et nous en sommes extrêmement reconnaissants. Un merci également aux « grands frères de sons » qui nous poussent et nous encouragent : ça fait chaud au cœur (ils se reconnaîtront). Et pour ma part, un énorme merci à mes deux binômes et associés Christel et Philippe qui ont très fortement contribué à mon évolution… Merci également à vous Interaktion Elektro Projekt qui faites vivre un beau projet : vous faites aussi parti des activistes qui dédient une partie de leur vie à la musique électronique.

SleepingWater sur le web

Vulcain sur le web

Images In Air (Seve Freeson & SleepingWater) sur le web

Musical Therapy sur le web

Artists in Action sur le web

ParAxel Nirka

EP Digital Music

Rencontre avec Cédric, manager du label EP Digital Music qui vient tout juste de fêter ses 5 ans. Retour sur cette aventure.

Peux-tu nous indiquer comment l’envie de monter un label t’est-elle venue ?

Il y a tellement de jeunes artistes talentueux qui passent inaperçus sur des labels “usines” qui sortent 20 EPs par seconde (rires). Avec EP Digital Music, j’ai voulu vraiment privilégier la qualité à la quantité. Je suis issu de la scène électronique du début 1990. J’ai gardé l’état d’esprit “old school” où la musique est une véritable passion et non un business. Depuis toutes ces années, j’ai pu me faire pas mal de contacts. Donc je me suis tout simplement dit : “le partage est essentiel alors pourquoi ne pas faire profiter de mon expérience ?”. Si mes contacts peuvent servir à faire exploser des jeunes, alors mon taff est fait !

Quelles sont les grandes étapes du montage de ce projet ? As-tu rencontré des difficultés ?

Je crois qu’il n’y a pas vraiment d’étapes… Plutôt une progression, une évolution. Juste garder la même vision de faire découvrir des artistes et de leur donner un maximum de visibilité. La plus grande difficulté c’est justement cette visibilité… La promo me prend un temps fou ! Surtout aujourd’hui avec Internet, c’est pas facile (rires).

EP Digital Music vient de fêter ses 5 ans : comment le projet a évolué depuis ses débuts ?

Les premières sorties étaient supportées par quelques artistes mais rarement dans les charts. Alors qu’aujourd’hui, tout les EPs sont playlistés et chartés par les plus grands noms internationaux. Je t’avoue que je suis assez fier quand un artiste international dont j’adore les productions, me demande de faire parti de la promolist ! Les covers aussi ont pas mal changées et heureusement (rires). Quand tu ne connais pas photoshop et que tu te lances dans un logo ou une pochette, je te laisse imaginer la catastrophe (rires). Mais surtout le label est composé de 2 types de sorties :

– “Classic” : 2 Original Mix + remix dont 2 internationaux.

– “Special Serie” : 3/5 Original Mix (sans remix mais plus grosse promo).

Tu m’as dit recevoir plus de 100 démos chaque semaine : comment fais-tu pour choisir les artistes que tu signes ? N’es-tu pas lassé à force d’écouter autant de tracks ?

Je suis très (trop) sélectif… Je signe rarement des tracks. Je n’ai pas de style bien défini. Ça peut être aussi bien techno que house. Le seul mot d’ordre c’est le groove ! Il faut que le titre me parle. Le choix des artistes se fait vraiment au coup de cœur. Quand je cherche un remixeur, je le choisis pour sa touche, son univers. C’est pas toujours facile d’être disponible pour tout le monde mais j’écoute tout et je réponds dès que possible. Faut pas être pressé (rires). Le jour où ça me lassera, il sera temps de changer de direction, partir vers d’autres projets. Mais pour l’instant, je suis très content de l’intérêt que portent les gens pour le label.

Quels conseils donnerais-tu aux compositeurs qui t’envoient leurs démos ?

Faut que ça groove, mais surtout de l’originalité ! Je ne cherche pas à être absolument dans le top 100 Beatport ou Resident Advisor… Quand on m’envoie des titres pompés, entendu 10000 fois, c’est sans intérêt. Ne pas chercher à ressembler à quelqu’un. Au contraire ! Il faut innover, casser les barrières ! Soyez créatifs, imaginatifs. S’inspirer d’artistes qu’on aime, oui… Mais avoir sa propre signature musicale, sa touche, son grain est tellement mieux !

Comment fais-tu pour démarquer EP Digital Music du reste de la concurrence que l’on retrouve sur le web ?

Je ne me préoccupe pas du tout des autres labels (rires). Je pars du principe que si ça me plait, je prends. Je n’ai pas la prétention de créer la mode comme veulent faire beaucoup de labels… C’est très old school, on me le dit souvent (rires). Mais chacun son but. Perso j’ai choisi la musique et le partage, pas d’être dans la “hype attitude”. Je passe beaucoup de temps à sélectionner les remixeurs par rapport à leur groove. Je me fous royalement des noms qu’ils soient internationaux ou pas, c’est leur savoir faire ! C’est pour ça que les EPs sortent tout les 2/3 mois en moyenne. Toujours un point d’honneur sur le groove, la touche personnelle qui donnera le coup de cœur.

Sur toutes les sorties : quel morceau reste ton préféré ? Tu peux en choisir 3 pour pas faire de jaloux 🙂

Même 3 j’ai du mal ! Je fonctionne au coup de cœur donc forcement tout les EPs sont des histoires racontées de différentes façons. Il y a des tracks que je mixe plus que d’autres c’est certain… Mais impossible de citer des EPs en particulier.

Quels sont tes projets et tes envies pour l’année 2017 ?

J’ai envie de donner une autre direction au label, plus familiale, ne pas faire de sorties “one shot”. Pour pousser encore plus les jeunes talents. Être plus proche du public, notamment avec le projet “Live Effect” : des séries de mix en live en interaction avec les artistes. Des sorties vinyles vont bientôt arriver aussi ! Des éditions ultra limitées et personnalisés ! En gros tu choisis 2 ou 4 tracks sur le Soundcloud ou Youtube EP Digital Music et on te presse le vinyle exclusivement pour toi. Et les prochains EPs seront encore plus groovy que jamais !

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ParAnthony Beauchet

Spectrowave records

Rencontre avec Cédric Moullet, manager de label techno Spectrowave siégeant à La Ciotat.

Peux-tu nous présentez ton label en quelques phrases ?

Spectrowave records est né en 2015, sous un autre nom que nous n’avons plus le droit d’utiliser pour des raisons juridiques. L’orientation du label est Techno au sens large, dans une conception proche de la Techno des années 90 qui se distinguait d’autres cultures électroniques comme la House, la Trance ou le Hardcore. Sur notre label, des artistes comme Vondkreistan très dark techno cohabitent aux cotés d’artistes comme Adrian Wreck produisant une techno plus industrielle et atypique. Cette diversité permet de créer une certaine émulation autour de remixes entre artistes du label avec des résultats toujours surprenants. Le 10 mars prochain, on sortira avec fierté notre 7ème EP.

Pourquoi avoir choisi le nom « Spectrowave» ? Quelle est la philosophie du label ?

 L’histoire du label nous a douloureusement démontré que les noms courants sont souvent déjà déposés. Après nos déboires juridiques autour de l’ancien nom, je cherchais quelque chose d’atypique dans l’esprit des labels des débuts comme Metroplex, Transmat ou Sinewave par exemple et j’ai fini sur Spectrowave. Aucun sens particulier si ce n’est que le label est situé à La Ciotat où on entend les vagues… La philosophie du label est de ne pas se prendre la tête. On s’embête pas avec des histoires d’étiquettes, ni avec des objectifs particuliers. On sort les artistes qui nous plaisent et qui ont un bon esprit. Le hasard des rencontres reste notre moteur.

Spectrowave est une subdivision du label français So French records : qu’est-ce qui t’a donné envie de créer une subdivision Techno ?

 So French records existe depuis 2008. Il est géré par Mac Stanton et officie dans un registre House french touch. Mon éducation électronique est personnellement plus tournée vers la Techno au sens large, avec des références comme Laurent Garnier, Jeff Mills, Dave Clarke, Joey Beltram et les productions de labels comme UR, F-Com, Reload, etc. J’ai donc proposé à Mac de développer une subdivision Techno, qui reste rattachée juridiquement au label. Très vite, des artistes de So French records, comme Adrian Wreck ou Steige ont adhéré au projet en proposant des tracks dans un élan très positif qui a permis de fonder les bases du label. Le lancement a été cristallisé par la sortie de l’EP « Maniac » de Vondkreistan.

Quelles sont tes attentes vis-à-vis des artistes que tu signes ? Quels sont tes critères de sélection ?

 A vrai dire, c’est plutôt le label qui est attentif à leurs attentes. Les artistes nous proposent des démos ou des tracks finalisés et nous voyons ensemble les possibilités de sortie d’un EP avec ou sans remixes (le prochain JFJP ne propose que des tracks originaux par exemple). Nous décidons ensemble de la nature de la sortie (digital only, CD et/ou vinyle) et restons très ouverts et honnêtes sur les budgets dont nous disposons et sur la participation de l’artiste. L’idée est de gagner en visibilité et en notoriété en proposant des artistes de qualité. Comme beaucoup, nous ne vivons pas de cette activité. Le but n’est donc pas de générer du profit mais de nous créer une place au sein du paysage électronique afin de lancer des artistes auxquels nous croyons. Les décisions sont très participatives : nous n’imposons rien et trouvons toujours un terrain d’entente pour satisfaire tout le monde. Si les résultats sont au rendez-vous, c’est un plus !

As-tu refusé des signatures d’artistes connus ou non que tu regrettes aujourd’hui ?

Non. Le label est récent et peu visible donc nous ne sommes pas encore sollicités par des artistes connus. Quelques projets sont à l’étude avec des artistes émergeants mais je n’en dis pas plus…

En tant que label français, quel est ton point de vue sur le public électronique français ? Marches-tu mieux en France ou à l’étranger ?

 La France a une culture électronique magnifique. Des artistes comme Jean-Michel Jarre, Laurent Garnier, ou les Daft Punk : chacun en son temps et à son niveau a marqué l’histoire de la musique électronique au niveau planétaire. La France a généré des mouvements comme la French Touch qui ont eu un écho retentissant. Grâce à ça, je pense que le public français est très connaisseur et très exigeant. Nous avons eu la chance de signer des artistes étrangers comme Alec Attari qui réside à Istanbul ou Dortmund qui est sur Oslo. Ces sorties ont eu un écho dans ces pays-là en termes de streaming et de ventes ; mais notre public reste principalement français en raison du réseau dont nous bénéficions grâce à l’antériorité du label So French records.

"Hi Tom" – Dortmund

"Hi Tom" – DORTMUND [VIDEO]

Gepostet von Spectrowave Records am Mittwoch, 19. Oktober 2016

Quelle est ta vision aujourd’hui du monde des labels, et plus largement du marché de la musique électronique ?

Comme beaucoup je fais l’amer constat qu’il est désormais difficile de vivre de la musique car les gens ont tendance à considérer ces contenus comme du consommable gratuit. L’offre est tellement gigantesque grâce à la démocratisation des outils de production que les gens zappent rapidement… On a l’impression parfois que, le temps d’une promo, le public est déjà lassé d’un morceau. Tout va très vite et le système des labels très visibles est un monde très codifié et très verrouillé. Au niveau de la musique électronique, on assiste à un revival Techno et un retour en arrière vers les piliers du mouvement. Laurent Garnier a retrouvé auprès des jeunes l’aura qu’il avait auprès de nous dans les années 90. Quand on voit Nina Kravitz jouer du Emmanuel Top ou les légendes de Detroit comme Atkins ou May jouer à Ibiza, on se dit que la production actuelle n’est pas à la hauteur. De grosses écuries comme Drumcode produisent à la chaîne des titres que je trouve souvent assez fades mais qui se retrouvent par défaut dans des classements par manque de qualité. Nous pouvons maintenant produire vite et pas cher mais la qualité et surtout le talent n’est pas souvent au rendez-vous. Malgré tout, quelques artistes continuent d’innover.

Justement, le marché de la musique électronique s’est effondré avec l’arrivé du MP3 : quelles difficultés rencontres-tu dans la gestion d’un label ? As-tu créé des liens avec d’autres labels de la scène électronique ?

 Les ventes physiques sont de l’histoire ancienne. On ne vend plus de CD et le retour du vinyle se limite, je pense, aux diggers qui font les brocantes pour retrouver des vieux enregistrements de Johnny Cash ! La cible c’est le streaming car les gens consomment sur Apple Music, Spotify, Deezer grâce à des abonnements illimités à 9€/mois. C’est donc devenu un pari très risqué de lancer la fabrication de CDs ou de vinyles pour un projet qui nous tient à cœur. Le CD sert principalement à la promo : nous les distribuons aux media qui sont restés sur ce support mais les ventes sont anecdotiques. Le support physique est pour nous une façon de nous faire plaisir et de promouvoir le label : nous n’attendons pas de retour sur investissement. Nous avons des liens avec des partenaires medias mais peu avec d’autres labels. J’ai beaucoup appris avec Fred Gien qui gère le label Police records mais nos agendas font que nous avons peu de projets en commun malheureusement.

Organises-tu des soirées, des showcases avec les artistes de votre label ? Développes-tu une activité booking de tes artistes signés ?

Ce volet-là de l’activité reste très chronophage et gourmand. Les revenus actuels du label ne nous permettent pas l’organisation d’évènements. Le label So French records organise de façon plus régulière des soirées, comme cela a été le cas sur Paris aux Folie’s Pigalle ou au Nouveau Casino, avec des line-up assez intéressants. Les artistes restent libres de participer à des soirées : nous leur demandons juste de distiller la bonne parole et de parler du label.

Que vois-tu pour Spectrowave dans le futur ? Des projets à nous reveler ?

Difficile, compte-tenu du contexte et de l’évolution de nos vies professionnelles à chacun, de se projeter dans le futur… Nous espérons évidemment développer l’organisation de soirées, en collaboration avec So French records, et continuons de rechercher des artistes qui s’inscriront dans notre philosophie. Je pense qu’en restant honnêtes avec nos objectifs, nous rencontrerons le succès. Pour l’instant, 2017 va se poursuivre avec l’enrichissement du catalogue : le retour de Vondkreistan dans le registre techno, et d’Adrian Wreck qui a récemment signé un magnifique album, plus éclectique, « Wave Cloud » sur So French records. A découvrir absolument ! Dans l’immédiat, l’actualité se concentre sur la sortie de « Monik » de JFJP.

Ton mot de la fin ?

 Sortez des sentiers battus, le talent est partout. Et le génie est parfois dans la simplicité.

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ParAxel Nirka

G-Prod

Rencontre avec le duo bordelais. Les deux frères David et Nicolas nous distillent des tracks en famille.

Pouvez-vous nous raconter un peu vos débuts ? Comment l’envie de composer vous est-elle venue ?

David : J’écoute cette musique depuis 1990/1991 donc très jeune, je me suis mis au mix vers 1995 ; j’ai acheté ma première machine en 1997 (Roland Mc303) mais j’ai vraiment commencé à composer en 2009. D’abord tout seul sous le nom de Dave-G et quelques années plus tard sous le nom de G-Prod. Composer est vraiment devenu essentiel. Au départ c’était vraiment un besoin de m’exprimer, de sortir mes émotions.

Nicolas : Mes début dans la compo sont tout frais ! Je fais de la musique électronique depuis 2009 sous le nom de “OuD!n13” grâce à mon frère et ma famille en général qui aime la musique, j’ai baigné dedans depuis la naissance… Du coup j’ai essayé dès que j’ai eu un peu d’argent et maintenant c’est vital.

Quel matériel utilisez-vous pour composer votre musique ? Avez-vous un instrument favori ?

David : C’est assez varié. On travaille quand même beaucoup avec Maschine et ensuite on fait vibrer les synthés. Un instrument favori ? Pas vraiment mais je suis très attiré par la rythmique.

Nicolas : Bon… Le frangin à tout dit… On essaye de plus en plus de construire des morceaux avec du live et une base fait avec des samples, loops que nous créons pour rendre un peu plus riche nos tracks… Je suis plus synthé pour ma part.

Vous composez énormément : d’où vous vient toute cette inspiration ? Comment articulez-vous votre travail ?

David : c’est la vie elle même qui m’inspire personnellement. L’humeur, la joie, le stress et puis quand on se met sur un truc ça vient tout seul.

Nicolas : Je dirais que c’est du pure feeling… Pour les remix, c’est plus un job au départ mais ça devient vite de l’amusement… Je pense que pour avoir de l’inspiration, il faut s’intéresser à beaucoup de choses… Ensuite ça vient tout seul, avoir une ouverture d’esprit je dirais même plus 🙂

Avez-vous une recette spéciale pour faire tes tracks?

David : La recette c’est de se laisser aller et laisser faire les choses.

Nicolas : Just feeling !

Comment s’est passée votre première signature ?

David : Ma première signature s’est faite sur le label bordelais Lo-Deep records (D-Former), le titre Dave-G “Michigan sensation” : j’étais comme un fou. En juin 2011, j’ai sorti 2 autres EP sur le label de P-Ben (PBR). Ces moments resteront gravés dans ma mémoire.

Nicolas : Je crois que c’est aussi sur Lo-Deep avec l’EP “M96″… Je m’en rappelle plus… A la base, c’était pas mon but d’être signé : je voulais juste partager mes trips sonores sur Soundcloud. C’est vrai qu’à la longue, c’est toujours plaisant d’avoir des patrons de labels qui s’intéressent à ce qu’on fait 🙂 Ça réconforte dans la démarche de produire du son.

De quel projet êtes-vous le plus fier actuellement ?

David : Question très dure, il y en a tellement. Mais je crois que les 2 morceaux sortis en vinyle sur le label de Detroit Soirée records vont gagner le concours.

Nicolas : Difficile de se juger… Je répondrais à cette question dans 25ans 🙂

Quels sont vos projets et vos envies pour l’année 2017 ?

Nicolas : Nos envies pour 2017 niveau production, c’est de réussir à refaire une petite sortie vinyle… Ça serait cool ! Pour nos projets, nous sommes sur le point de créer un label qui portera le nom de Nebuleye records : la première sortie arrivera au milieu de l’année car petits soucis de finances… Mais c’est dans la moulinette : ça sera vinyle et digital, sur Bandcamp au départ et on verra ou cette aventure nous emmènera ! Pour l’instant, nous avons reçu 2 tracks sur 4 pour le premier EP (Paul Mac et Kaelan). Nous allons essayer de nous servir de ce label pour mettre en avant nos inspirations musicales et par la même occasion remercier les personnes qui nous ont soutenus depuis le début.

David : Bah il a tout dit le frangin 😉

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ParMathias D.

House Of Cajon

Quelques phrases pour te présenter : d’où vient ton nom de scène ? Quel est le concept de House Of Cajon?

Le nom peut paraître étonnant si on le traduit mot par mot : l’idée m’est venue lors de la découverte de l’instrument à percussion originaire d’Amérique latine, le Cajon qui peut s’écrire aussi Cajón. Pour définir le concept qu’est House Of Cajon, je dirais que l’objectif est d’harmoniser la percussion avec la musique électronique dans l’idée de s’inspirer du mouvement Tribal House. House Of Cajon est un concept que je porte seul avec mes percussions et je m’entoure de différents DJs avec des styles propres à eux-mêmes. L’objectif est de rassembler les amoureux de la musique électronique mais aussi les personnes aimant les sonorités plus groove.

Comment as-tu commencé la musique ?  

La musique a toujours était présente depuis mon plus jeune âge : j’ai reçu une éducation musicale avec des artistes comme James Brown, Stevie Wonder, Barry White ; des styles musicaux très groovy. C’est peut-être cela qui m’a poussé à commencer la batterie à l’âge de 6 ans. En grandissant, j’ai découvert le rock avec des groupes comme Deep Purple, Rolling Stones et bien d’autres qui m’ont permis d’élargir mes connaissances musicales et ma technique de jeux en batterie. C’est réellement à l’âge de 17 ans que je me suis intéressé sérieusement à la musique électronique.

Comment es-tu arrivé dans le monde du DJing et de la production ? Vis-tu de ta passion ou as-tu une activité en parallèle ?

Le souhait de collaborer avec des DJs en live a toujours été présent mais me posait des questions techniques : une batterie ou un cajon avec un micro en club impose une problématique technique et un problème d’espace. L’achat d’un instrument de chez ROLAND, le Handsonic HPD 10 (un pad électronique avec une multitude de sonorités) a permis de réaliser ce souhait. Au départ de l’aventure en 2012, j’ai collaboré avec un DJ (Arno Jack) dans des bars ; puis j’ai réalisé les warm up de DJs résidents en boite de nuit. Par la suite, j’ai continué à jouer dans différents établissements de la région du Sud-Est mais aussi au Canada où j’ai habité durant une année. L’ensemble de ces expériences m’ont enrichi en matière de style de jeu dans mes lives. Depuis l’été 2016, une rencontre en studio avec le DJ marseillais Max Swif m’a permis de rentrer dans l’univers de la production. Cette rencontre m’a ouvert de nouvelles possibilités musicales avec d’autres connaissances comme Toma Calamita. Actuellement je ne vis pas de ma passion : c’est un passe-temps qui m’occupe énormément à côté de mon travail et je comprends pourquoi cela devient un réel métier. Je suis paysagiste depuis 5 ans à côté : ce travail me permet de travailler ma créativité mais dans un autre domaine.

Quelles sont tes influences musicales ? Peux-tu nous citer 5 tracks/albums en musiques électroniques qui sont incontournables pour toi ?

Ayant des influences musicales très groovy, je pense aux DJs comme Loco Dice, Macéo Plex ou encore Disclosure qui savent allier de manière magistrale des musiques envoutantes tout en jouant des morceaux très rythmés et aussi avec un visuel sur scène.

Dennis Ferrer « Hey Hey » (Objektivity, 2009) : je découvrais le monde de la nuit et ce track a été une claque en terme de rythmique et de vocale, incroyable !!

Paul & Fritz Kalkbrenner « Sky and sand » (BPitch Control, 2009) : ça serait mentir de ne pas le citer avec une ambiance qui vous fait décoller jusque sur la lune !!

Amy Winehouse « Rehab (mixed by Tom Elmhirst) » (Universal records, 2006) : pour les instants de Chill et en tant que fan d’Amy Winehouse.

Disclosure « When a fire start to burn » (Universal Music, 2013) : pour sa vocale et son kick’ groovy.

Loco Dice feat Chris Liebing « Keep it low (Jimmy Edgar remix) » (Desolat, 2016) : mon morceau du moment pour mes inspirations en studio.

Comment s’organise la production ? Avez-vous des rôles définis ? Des influences particulières ?

L’avantage que nous avons Max Swif et moi, c’est d’avoir des connaissances musicales différentes mais qui se complètent. Max est un beatmaker et à une large connaissance sur la MAO : il arrive à mettre en musique une idée très rapidement. De mon côté, étant musicien de formation, je donne mon avis sur l’aspect écriture musicale ainsi que sur l’harmonisation, le roulement du morceau. Lors de notre arrivée en studio, nous discutons tout d’abord des sonorités et morceaux écoutés chacun de notre côté. Cela nous permet d’avoir de nouvelles idées. L’objectif est de pouvoir placer dans nos morceaux un ensemble de sonorités permettant d’obtenir un roulement avec des contre temps, ce petit quelque chose qui fait bouger la tête. Nos travaux en studio peuvent nous amener à refaire un morceau plusieurs fois si l’ensemble des sonorités ne nous inspirent plus. Pour ma part, si le morceau n’a pas sa ligne directrice après les deux premières séances, le travail réalisé n’aura pas était satisfaisant.

Quel est le matériel utilisé pour vos compositions ? Recherchez-vous des spécificités techniques particulières ?

Pour ce qui est du matériel utilisé, nous travaillons sur le logiciel Ableton avec un Pad Roland (Handsonic HPD10) : cela nous permet d’avoir une rapidité d’exécution pour des solos de batterie, des rythmiques à contre temps. Depuis peu nous travaillons avec le contrôleur de chez Native Instruments : Mashine (le MK2 Black). Et pour être honnête c’est un autre monde qui s’est ouvert, une manière encore plus ludique de travailler et une qualité sonore impressionnante.

Pour le moment, vous distribuez vos productions en libre téléchargement sur Soundcloud : avez-vous l’intention de signer vos tracks sur un label ? Sur quels labels aimeriez-vous signer ? Quelles sont vos attentes vis-à-vis d’un label ?

Effectivement, nous avons choisi de mettre en téléchargement gratuit nos premières productions pour pouvoir juger de leur qualité et de leur « popularité » vis à vis du public. Nous venons de signer notre premier morceau sur le label américain Hydrogen Inc. qui sortira courant avril 2017. Nous gardons le titre du morceau confidentiel, il ne reste plus longtemps à attendre ! C’est une réelle satisfaction de voir que notre travail est reconnu et qu’il va être distribué sur des plateformes de téléchargement. Si on devait choisir, sans hésitation on signerait sur des labels comme Suara, Hot Creations ou encore être présent sur Defected records serait une très grande marche de franchie !! Après, rien n’est impossible mais il nous reste à travailler pour atteindre cet objectif.  Nos attentes vis à vis d’un label sont de promouvoir notre musique avec des moyens pouvant accroitre notre notoriété et être playlisté par de nombreux DJs. Le fait que le label organise ses propres soirées et fait jouer ses artistes est un réel plus.

Séquence nostalgie : ton premier DJ set en public, comment ça s’est passé ? Qu’est-ce qui a changé depuis ? Quels liens tisses-tu avec ton public sur scène ?

Wahouu !! Ça commence à faire malgré ma jeunesse encore présente !! Année 2013, première date dans un club avec une capacité de 1000 personnes : j’ai joué avec Arno Jack en warm-up du DJ résident Lorenzo Deconi au Season Club dans le Var.  Sans vous le cacher, pas mal de stress pour nous deux avant de commencer.  Mais on attendait ça depuis tellement longtemps. On a commencé à jouer au sous-sol de chez mes parents puis pour des soirées chez nos amis et là, c’était le monde de la nuit qui s’ouvrait à nous avec un public. Pour être honnête, ce live a été une des plus belles dates que j’ai réalisées depuis que je me produis : une énergie positive du public et du DJ qui nous recevait… Et c’était ma première prestation dans un club.  Cela nous a permis d’enchainer durant une année les warm up une fois par mois dans l’établissement.

Que penses-tu de la scène française ? Développes-tu une stratégie particulière dans le choix de tes dates ? Un lieu ou un event où tu rêves de jouer ?

La scène française électro en général est constituée de styles très variés qui s’exportent bien à l’étranger (Daft punk, Laurent Garnier, Cassius, Kungs, Petit Biscuit). Que l’on aime ou pas les artistes que je viens de citer, on peut néanmoins admettre que leur style musical à atteint un public au-delà de nos frontières.  Cela est très positif pour nous, producteurs, musiciens qui souhaitons faire connaître notre travail et toucher un public adepte de notre style musical. Il n’y a pas de stratégie particulière sur le choix de nos dates. Bien évidemment, nous démarchons dans des établissements où le style musical est approprié à ce que nous faisons.  Actuellement, nous ne sommes pas en recherche de dates : la décision que nous avons prise pour cette année 2017 est de se focaliser d’abord sur la signature de morceaux dans des labels. Cela nous permettra de pouvoir démarcher des établissements plus importants ou avec une renommée plus importante. J’espère aussi que ça nous permettra de jouer en festivals.

Quels projets nous réserve House of Cajon dans les mois à venir ? Comment te vois-tu dans 5 ans ?

House Of Cajon travaille actuellement sur de nouveaux morceaux en collaboration avec Max Swif et Toma Calamita qui sortiront d’ici cet été ou septembre. Pour ce qui est des vidéos que je réalise sur ma page facebook, la première de l’année 2017 arrivera courant février et par la suite une fois par mois. Je travaille sur un projet de musique de rue où je réaliserais des morceaux en impro live ainsi que des productions via un loop station dans des lieux urbains entre Marseille et Toulon. Dans 5 ans, j’espère avoir trouvé un public qui me permettra de vivre de ma passion. De faire oublier, le temps d’un instant, le quotidien et tous ces faits de société pas très encourageant pour l’avenir : j’espère juste qu’il y en aura moins.

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Your DJ

ParAnthony Beauchet

DJ Sage

DJ Sage : un nom en hommage à ton obéissance enfantine ? Une petite histoire liée à ton nom de scène ?

Durant mon enfance j’étais plutôt obéissant oui ! Mais à partir de l’adolescence, les rapports avec mes parents étaient plus tendus et je n’obéissais plus tellement ! Je me révoltais souvent en raison de désaccords persistants. Ce qui m’a amené très tôt à écouter de la musique pour m’évader et pour me créer un monde de bien-être. Un jour, j’ai remarqué qu’un de mes potes taguait. Il signait le plus souvent avec le nom « sage ». Je trouvais que ses tags accompagnés de cette signature avaient du style. C’était simple et beau. Le sens du mot sage me plaisait aussi parce ce que  je suis plutôt quelqu’un de réservé. J’ai donc pris ce nom de scène pour sa simplicité, sa beauté et son sens premier.

Tu tombes amoureux de la deep house grâce à la radio en 1987 : qu’est-ce qui t’as touché particulièrement dans ce style de musique ? En quoi la radio a-t-elle joué un rôle de déclencheur dans ta passion musicale ?

Quand j’étais adolescent, comme loisirs, il y avait le jardin d’ouvrier, la télévision, et la radio. Le jardin c’était bien durant l’été. Concernant la télévision, c’était mes parents qui choisissaient en général ce que l’on devait voir. Autant dire que c’est avec plaisir que je me suis accaparé de la radio. La radio pour moi était accessible partout, tout le temps, même le soir je pouvais l’écouter au casque. Le samedi soir il y avait cette émission avec Robert Levy-Provençal qui diffusait des mixes. C’était des musiques un peu disco, un peu new wave, un peu pop. Et puis, est arrivé la House music, cette musique avec beaucoup de basses, parfois répétitive, parfois soul, parfois jazzy. Le tout était mixé durant presque deux heures. Non seulement ça me faisait oublier tous mes soucis mais ça me donnait une patate d’enfer ! Les morceaux étaient envoûtants et paraissaient interminables. Les cassettes me permettaient d’immortaliser ces moments et grâce à mon walkman je prolongeais dans la semaine cette atmosphère de joie et de bonne humeur.

A partir de 1993, tu découvres la scène électronique lyonnaise : quel est le meilleur souvenir que tu gardes de cette époque ? Y a-t-il des DJ locaux qui ont joué un rôle dans ton envie de mixer ?

Dès l’age de 18 ans je sortais en ville parfois le samedi soir. J’avais en plus la chance à l’époque de continuer mes études, de travailler un peu pendant les vacances scolaires, et même d’acheter des disques. J’avais la belle vie. Au tout début j’aimais aller au club nommé le Zoo où il pouvait y avoir de la house ou de la techno. J’étais allé aux premières raves dans des quartiers industriels comme la Marathon Rave. Il y avait aussi des magasins de disques comme Galaxy Import qui permettaient d’acheter des disques et de rencontrer d’autres passionnés.  Et puis en 1993 il y a eu L’Hypnotyk sur les pentes de la Croix-Rousse, mon meilleur souvenir. Un immeuble de plusieurs étages où l’on pouvait écouter dans plusieurs salles des DJs avec différents styles. Tous les DJs passaient que des sons pratiquement inconnus. Les DJs dont je me souviens sont P Moore, St Jean, Milosh, Strat, Aymerick, Syliah, Alex, Tom, ID. Le DJ le plus emblématique était pour moi SyLiah qui mixait house dans une salle souvent qui mettait du temps à se remplir mais où l’ambiance en milieu de soirée était d’enfer et aussi bonne que dans la salle techno trance tout en  ayant un tempo à 120 BPM !

1995, tu deviens DJ : te rappelles-tu de ta première fois en public ? Si tu devais comparer cette prestation avec celles d’aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé ?

Dans mon quartier il y avait des copains qui écoutaient de la funk et qui avaient déjà une sono mobile. J’apprenais avec eux comment créer une sono et comment mixer. En 1995, j’avais repéré sur les pentes de la Croix Rousse une boite de nuit inclassable : « l’Opéra Mundi ». Inclassable ! J’ai alors déposé un CD dans la boite aux lettres de l’établissement. Une semaine après j’avais un coup de fil du patron qui était intéressé pour me voir jouer. L’ambiance était bon enfant. J’ai joué plusieurs semaines le samedi soir. Malheureusement il y avait très peu de public et mon style trop pointu était à mille lieues des attentes d’un public plus axé musique généraliste. A l’époque les passionnés de house allaient dans un nouveau club qui s’appelait l’Ambassade avec DJ Spoke.  Je trouve qu’aujourd’hui le public est beaucoup plus réceptif et connaît mieux les musiques électroniques sûrement grâce à Internet.

Le mix occupe une grande place dans tes activités à contrario de la production : est-ce un choix de ta part ? Es-tu plus à l’aise aux platines que derrière ton ordinateurs et tes machines ?

Pour moi je suis très heureux quand je découvre des disques qui me font frissonner. Par contre devant un ordinateur pour créer un morceau… Heu comment dire… Je m’ennuie ! C’est comme en sport ! Pour faire une course d’une demi heure seulement, je m’ennuie trop ! Par contre tu me donnes un ballon… Je deviens comme un fou et je peux jouer avec le ballon pendant des heures ! Le mieux bien sûr c’est quand on peut faire partager sa passion avec les autres ! Un disque qui au départ m’a fait frémir et qui ensuite fait frémir toute une salle… C’est royal !

Tu montes l’association Da House Family avec Kripaglia et Oby Wan : en quoi cette association a-t-elle joué un rôle important dans ta carrière de DJ ? Quelles sont tes plus belles réussites de soirées ? A l’inverse, les pires souvenirs d’organisation ?

Après l’Opéra Mundi, je rencontre Krispaglia et Oby Wan qui me font connaître leur passion pour la house, plus deep chez Krispaglia et plus vocale chez Oby Wan. On a tout de suite eu l’impression qu’on pouvait se compléter lors des soirées. On a donc monté le concept de quatre platines et  trois DJs sous le nom de DA HOUSE FAMILY. On a par exemple durant presque un an tenu une résidence dans un lieu qui s’appelait le All Sport Café. Quand on avait un moment on parlait de notre musique ensemble, les derniers disques achetés, les nouveaux talents, les potins des DJs… Pour les projets, tout était pratiquement permis, pensable et réalisable. Un projet était mis sur la table, on en discutait à trois, puis on passait à l’action. Un jour on a même joué en Suisse ! Concernant les pires souvenirs, je crois me souvenir d’une fois où on a joué juste après un bal musette ! C’était au cours d’un festival ! Autant dire que le public n’était pas du tout en adéquation avec notre musique ! Mais ça me met le smile rien que d’y repenser !

Tu as fait le choix de devenir auto-entrepreneur : est-ce difficile de vivre de sa passion ? Quels sont les avantages et contraintes de ce statut pour un DJ ?

L’avantage d’être auto-entrepreneur c’est d’être déclaré ! Le deuxième avantage c’est que le régime d’auto-entrepreneur est adapté pour faire des soirées ponctuelles dans des lieux différents. C’est aussi la contrainte principale : après chaque soirée, il faut se remettre à chercher un nouveau lieu et une nouvelle date. Par contre je suis DJ uniquement sur mon temps de loisir. Je ne vis pas de mes soirées, j’ai un travail salarié à plein temps à côté.

Peux-tu nous citer 5 tracks ou albums qui ont marqué ta trajectoire dans la culture des musiques électroniques ? Quels souvenirs sont associés à ces tracks/albums ?

J’associe tous ces disques à des frissons ! Du bonheur !

1/ Daft Punk “Homework” (Virgin, 1996) : une pure réussite avant qu’ils ne sombrent petit à petit dans la pop commerciale sans aucune saveur.

2/ River Ocean featuring India “Love & happiness (yemaya y ochún)” (Strictly Rhythm, 1994) : pour ne citer qu’un Master At Work.

3/ Kerri Chandler and Joe Claussell “Escravos de Jo” (Ibadan, 1997).

4/ Osunlade “Paradigm” (Soul Jazz records, 2001).

5/ Raize The Roof “House vibes” (Freeze records, 1993).

20 ans à parcourir la scène électronique lyonnaise entre autre : quel est ton point de vu sur l’évolution de cette scène ? Y a-t-il une scène house à Lyon ? Est-ce difficile de s’y faire une place en tant que DJ ?

Avant il y avait peu de lieux pour écouter de la house sur Lyon. Aujourd’hui la scène lyonnaise évolue positivement car elle est de plus en plus riche. Elle a de plus en plus de structures qui permettent d’écouter des DJs, sans compter les festivals. C’est plutôt positif car cela permet de faire connaître cette musique au grand public. Il y a aussi plus de personnes qui se lancent en tant que DJ. Lyon connaît déjà de nombreux DJs de qualité qui s’exportent et cela devrait continuer à l’avenir.

Quelle est ton actualité de DJ ? Des projets à venir ? Comment te vois-tu dans 5 ans dans la scène électronique ?

Pour l’instant je ne me fixe pas d’objectifs. J’essaye de jouer quand j’en ai envie. Je suis à l’écoute des opportunités qui me permettent d’associer ma vie de famille, mon boulot et ma passion. Dans cinq ans, j’espère toujours jouer mes disques avec passion et en toute simplicité.

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© photos : Kiril (Lyon)

ParMathias D.

Drop Fire records

Pouvez-vous nous présentez votre label en quelques phrases ? Comment est née cette envie de vouloir créer ce projet? Comment est venue l’idée au départ?

Drop Fire Records est un label free download créé en 2014 qui s’organise principalement autour de la House Music, la Bass House avec quelques extras Trap de temps en temps. La création du projet est venue comme ceci : nous étions deux « producteurs » (pas très très bon) qui voulions avoir un sorte de page où l’on pourrait mettre toutes nos productions ainsi que celles de nos amis: en gros, on voulait tout centraliser sur une seule et même page. Puis vu qu’on n’était jamais content de nos productions, on ne les a jamais mises sur cette page et c’est là qu’on a eu l’idée de fonder Drop Fire ! On s’est dit que d’autres personnes meilleures que nous méritaient d’être mises en avant : c’est donc ce qu’on a fait et ça nous a permis de garder un pied dans le monde de la musique !

Quelle est votre méthode préférée pour repérer les nouveaux talents ? Quels styles de musique privilégiez-vous ?

Pour repérer les nouveaux talents, il faut tout simplement être un fou de musique, tout écouter, une fois, deux fois, trois fois… Se perdre sur Soundcloud, YouTube et autres pour trouver LA perle rare ! Mais depuis maintenant quelques temps, les producteurs nous envoient directement leurs productions via notre adresse mail. Cela représentait beaucoup de temps : l’alternative de la boite mail nous fait gagner un temps précieux que nous pouvons réinvestir dans la promotion des tracks (même si nous ne sommes pas irréprochables pour les délais de réponses). Les styles que nous privilégions sont la House, la Bass House et de temps à autres des sons traps.

Vous sortez des tracks uniquement en téléchargement libre : quel est l’intérêt du gratuit pour vous ? Pour les producteurs ? En quoi l’offre payante vous séduit-elle moins ?

Le free download est la manière la plus simple de partager avec notre public : nous n’avons pas encore une assez grosse notoriété pour passer sur une offre payante. De plus, le but premier de Drop Fire n’est pas de générer des revenus pour le moment mais plutôt de partager et faire découvrir de nouveaux artistes à notre communauté.

En tant que label français, quel est votre point de vue sur le public électronique français ? Marchez- vous mieux en France ou à l’étranger ?

Le public électronique se divise en deux parties de notre point de vue : il y a celui qui s’y connait  extrêmement bien, qui a une énorme culture de la scène EDM ; et il y a celui qui connaît mais qui ne s’y intéresse pas. Depuis quelques années le public électronique francophone se développe grâce à des artistes français qui sont mondialement connus (DJ Snake, David Guetta,…) et des festivals qui attirent de plus en plus de gros artistes internationaux ainsi que des médias comme Guettapen. Cela ne fait qu’améliorer la vision des Français sur la musique électronique. Nous marchons mieux à l’étranger (Etats-Unis à 70%) mais nous avons décidé de recalculer nos cibles pour revenir à notre source qui est le “Made in France“. On s’est donc lancé le défi de nous concentrer sur une cible française.

Comment gérez-vous votre communication sur les réseaux sociaux ? Qu’elle est votre méthode pour toucher un maximum de public ?

La communication sur les réseaux sociaux est gérée par une seule personne mais tout le reste est fait en équipe. Nous sommes 5 pour le moment (nous recrutons) et chacun a son rôle (relation avec les artistes, réalisation des covers, réalisations des vidéos…). Nous essayons de varier nos contenus sur nos différents réseaux sociaux pour toucher un maximum de public. Les artistes contribuent également à notre communication par exemple en participant à des prises de contrôle de notre compte Snapchat, en étant présents dans des mashups packs,…

Etes-vous soutenus par des artistes renommés quant aux morceaux que vous signez ? Travaillez- vous en partenariat avec d’autres labels ?

Oui, nous pouvons dire que nous avons passé un cap quant aux support que nous avons. Des artistes comme Quentin Mosimann pour l’international et des artistes très influant sur la scène électronique française comme Antoine Delvig, Damien N-Drix, etc.  Commencent à suivre les artistes que nous produisons.

Organisez-vous des soirées, des showcases avec les artistes de votre label ? Développez-vous une activité booking de vos artistes signés ?

Nous n’organisons pas encore de soirées ou autres mais qui sait, cela fait peut être partie de nos projets futurs… Nous ne développons pas une activité de booking auprès des artistes que nous signons par manque de moyens et de temps.

Quelle est votre avis aujourd’hui sur le monde des labels électroniques ? Pensez-vous que le marché de cette musique est en progression ou en régression ?

Le monde des labels électroniques est très diversifié mais également très saturé. Grâce à Internet, un label (free download) se crée très facilement et très rapidement. C’est pour ça qu’il faut s’en cesse se remettre en question et se démarquer des autres ! De mon point de vue, le marché de la musique est en forte progression : les gens ont besoin de musique, de livres, de films pour se divertir.

Quelles sont selon vous les plus belles réussites de votre label ?

Les plus belles réussites pour nous sont la venue de NURII et Asjockers sur Drop Fire : nous étions presque à un moment de fermeture du label quand nous avons reçu leurs tracks qui ont complètement relancées notre activité ! “Higher“ et “Kick It“ cumulent environs 70.000 lectures, ce qui est juste énorme pour nous. Chaque track reste une réussite pour nous mais “Higher“ et “Kick It“ se démarquent vraiment.

Quelles sont vos projets futurs ? Vos ambitions ? Un dernier mot pour la fin ?

Nos projets futurs sont d’avoir un site Internet et d’augmenter fortement notre communauté durant l’année.

Nos ambitions sont de continuer sur notre lancée, avoir des partenaires très influents et réaliser des co- releases avec d’autres labels plus influents que le nôtre. Au-delà de l’aspect commercial du label, il y a l’aspect humain. On se fait de nouveaux amis, on découvre plein de choses, on apprend à travailler en équipe… C’est une expérience à vivre qui est très enrichissante !

Recap 2016

Et voilà encore une année de passée! Merci à vous tous, merci aux artistes et merci à la team Drop Fire!! L'année 2017 risque d'être encore plus puissante! 🔥 #DropFireFamilyArtistes : Tommy Arson, Tryde & Krytek, Reasky, NURII, Asjockers, PSYKO, Sam Koxx, Masie, Odhexan, RUDI, Runes, doublexx, TUSDI, Wolfgex… 🖤Vidéos : Carnage, Sziget Festival

Gepostet von Drop Fire Records am Freitag, 30. Dezember 2016

Retrouvez DROP FIRE Records sur le web :

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ParAnthony Beauchet

Bleu

Qui se cache derrière le groupe Bleu ? D’où vient votre nom de scène ?

Bleu c’est deux musiciens (Mathias et Guillaume). Le nom du projet provient d’un voyage à Ibiza en 2015 alors que nous étions sur une plage, buvant un cocktail. Nous avons été influencés par les éléments naturels qui nous entouraient, et il nous tenait à cœur de donner au groupe une couleur dans tous les sens du terme.

Vous revendiquez le genre Trip Pop : quels sont vos influences ? Comment définissez-vous ce nouveau genre ?

Nous sommes influencés par l’univers Trip-Hop et les différents mouvements musicaux liés au psychédélisme. Du coup, de manière générale, ce sont les musiques aériennes et légères qui nous parlent presque toujours. Notre genre, c’est pour nous ce mélange d’une Trip-Hop mise de concert avec les mouvances psychédéliques actuelles : la Dream-Pop, la Pop-Psyché, le Rock-Psyché, etc. : Beach House, Connan Mockasin, Tame Impala et d’autres. C’est peut-être une forme, pour nous, de sublimation de la finesse de l’art de la Trip-Hop grâce aux sonorités psychédéliques souvent plus lo-fi ou ouvertement sales, une recherche dans les crépitements des sons, pour la transe, pour aller plus loin dans les ambiances planantes. Mathias a grandi avec de la Soul et de la Funk dans les oreilles et Guillaume avec du Rock : c’est donc avant tout nos racines musicales différentes qui nous poussent à faire ce mélange relativement atypique.

L’image occupe une place importante dans votre concept : un revival 70s psychédélique ? Que recherchez-vous à exprimer à travers la vidéo ?

L’immersion totale ! Un travail autour d’une certaine nostalgie, une tentative d’activation de plusieurs sens. Nous sommes très influencés par les images, certes parce qu’elles nous entourent, mais surtout parce que nous y sommes très sensibles : nous travaillons tous les deux sur des travaux visuels à côté de Bleu. Il nous semble nécessaire, pour que l’histoire de Bleu soit complète, de l’habiller d’un support vidéo et que ce dernier soit en accord, ou en désaccord, avec les visions que l’auditeur peut avoir à l’écoute de notre musique. Il s’agit autant de le désemparer et lui offrir d’autres paradigmes possibles sur nos sons que de simplement lui proposer un travail plastique autour de la vidéo. Nous utilisons de vieilles images d’archives sur notre musique : c’est une manière cartésienne de confronter un temps dépassé, scellé, avec celui de notre présent, toujours fugace. Nous pensons que c’est un moyen de s’arrêter, de faire un vide, un break et de plonger dans une eau merveilleuse et mélancolique.

Votre premier EP s’appelle « Fleurs » et propose 4 tracks en lien avec la couleur bleue (azur, turquoise, clair, nuit) : vous ne voulez plus d’une vie en rose ?

L’EP propose en fait 5 tracks : la 5ème est disponible uniquement pour ceux qui achètent le support physique. Et elle s’appelle Té. Pour le premier EP, on avait effectivement décidé de suivre les connexions colorimétriques et littérales du bleu. C’était le premier plongeon, le plus raide et directe à la fois. Cela nous semblait être une simple et bonne idée. On aurait pu s’appeler Rose, mais on préfère le bleu que l’on trouve plus profond : les travaux d’Yves Klein en témoignent avec tact et finesse. Le bleu nous correspond bien, on s’y sent bien.

Un album en préparation : quel rôle tient chacun dans la production ? Parlez-nous du concept de l’album ?

On compose et on fixe toujours les compositions ensemble. Entre-temps, chacun de son côté essaye d’améliorer les parties qu’il va jouer en live et proposer à l’autre des modifications sur ses propres parties, ainsi que sur celles de l’autre. Pour l’album, on souhaite maîtriser la production autant que possible. On est avant tout de grands curieux bidouilleurs alors on aime s’occuper des enregistrements, du mixage, du mastering : c’est excitant. L’album devrait sortir sur CD et vinyle afin de travailler jusqu’au bout avec ce mélange analogique/numérique. Cela fait un an que l’on travaille dessus, plus ou moins assidûment, en essayant de développer notre univers, de l’approfondir dans les profondeurs des mers justement. L’album Sea’s Signs raconte une histoire qui est la suite du premier EP « Fleurs ». L’introduction de l’album marque d’entrée de jeu cette césure dans une phrase unique qui se répète et qui signale le début de l’après Turquoise, qui est le morceau phare de l’EP « Fleurs ». Tous les morceaux parlent d’amours envolés, déchus, humains et abstraits, liant la nature à des histoires erratiques d’êtres vivants.

https://www.youtube.com/watch?v=vp1-NTc5yGI&list=PLI_B-qJhRYrRBWF1f4KzlhX0xlNaczMMV

Vous avez joué récemment au Toï Toï à Villeurbanne : à quoi ressemble une prestation scénique de Bleu ? Pas trop difficile de trouver des lieux d’expression quand on fait du downtempo ?

Ça ressemble à Mathias aux machines, Guillaume à la guitare et à la voix, un ou deux écrans de projection, et surtout de la bonne humeur. Bleu en est encore à ses tout débuts, avec seulement 6 dates à son compteur. Pour le moment, nous n’avons pas été confrontés à la complexité de trouver des lieux. On aimerait tout de même trouver une personne qui pourrait prendre en charge uniquement cet aspect de booking. On se concentre énormément sur la composition et moins sur la communication ; le booking reste malgré tout l’étape obligatoire pour l’avancement et le partage du projet : nous avons une grande envie de développer tout cela.

Vaste débat entre analogique et numérique : quelle est votre position là-dessus ? Aimez-vous utiliser dans vos productions des instruments d’un autre temps ?

En effet, le débat est vaste et a été largement discuté. Notre position est avant toute chose de ne rien oublier tout en restant en harmonie avec notre contemporain. On veut donc continuer à suivre le chemin d’une synchronisation des deux supports. Nous avons une passion pour l’analogique (qualités sonores, esthétique) et apprécions également la rapidité et la flexibilité du numérique. Niveau instrument, la guitare utilisée est notamment une Rickenbacker, guitare encore fabriquée à la main en Californie depuis les années 1960. Nos pédales sont à lampes ou faites à partir de procédés analogiques. L’album passera dans un enregistreur à bandes à un moment donné du mastering pour apporter une couleur sonore typique.

Quels sont les 5 tracks en musiques électroniques qui ont marqué votre enfance ?

Pas de quoi être toujours fier…

Vangelis « Pulstar » (album Albedo 0.39, RCA Victor, 1976)

600% Makina (compilation, Wagram Music, 2002)

Bonobo « Silver » (album Animal magic, Tru Thoughts, 2000)

De la soul « Ring ring ring (ha ha hey) » (album De La Soul is dead, Tommy Boy, 1991)

LCD Soundsystem « Someone great » (album Sound of silver, DFA, 2007)

Travaillez-vous en collaboration avec d’autres artistes ? Un artiste en particulier avec qui vous aimeriez travailler ?

Nous travaillons ou avons travaillé avec d’autres artistes sur l’aspect plastique, sur la vidéo, le dessin et la photographie. Mais pas musicalement. Nous n’avons pas d’envie particulière en termes de collaboration. Nous sommes bien comme nous sommes pour le moment, tous les deux.

Quels sont vos projets à venir ? Et pour 2017, on peut dire que Bleu sera… ?

Nos projets sont avant tout la sortie du premier album en septembre, faire le plus de dates possibles, des belles rencontres, la santé et l’amour ! On souhaite à Bleu d’être grandement partagé et d’apporter beaucoup de bonheur aux auditeurs en 2017.

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© Photos : Adrien Davy

ParAnthony Beauchet

Missily

Bonjour Missily : peux tu te présenter en quelques phrases ?

Bonjour à toute l’équipe d’Interaktion. Je m’appelle Émilie, connue sous le pseudo de Missily. J’ai 29 ans et j’habite à coté de Marseille. Je suis dans la musique depuis une dizaine d’années.

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ? Comment es-tu rentrée en contact avec la musique électronique ?

Dès petite, j’ai été bercée par du son, tous style confondu. Dans notre famille nous aimons beaucoup la musique : mon père est un chanteur amateur tout comme l’était mon grand-père. Je voulais écouter la musique différemment, je suis allée chercher plus loin en achetant mes premières platines en 2007.

Qu’est-ce qui t’as motivée à devenir DJ dans la scène électro ? Comment as-tu appris à mixer ? As tu un style de prédilection dans les genres musicaux ?

J’ai appris à mixer en autodidacte et en développant mon propre univers musical en solitaire. J’ai été repérée par l’association Minimal Addiction (Ian Solo, Tom Selekt) qui m’a donnée mes premières chances. Le son évolue mais j’ai toujours aimé le style électronique. Des sons allant de la deep, tech-house jusqu’à une techno dynamique et ultra rythmée, avec des touches mélodiques ou pas, tintée de grosses basses.

Comment te positionnes-tu sur le débat vinyle vs CD vs MP3 ? Toi-même as-tu essayé diverses technologies ?

Je n’ai pas d’avis précis. J’utilise actuellement des platines CDs. Je complète mon matériel avec des contrôleurs de nouvelle génération via le logiciel Traktor. J’essaie de maîtriser tous ces différents supports car je pense qu’il est indispensable de savoir s’adapter à toutes ces nouvelles technologies. Il faut être polyvalent et de nos jours les interfaces sont assez faciles d’utilisation et procure de nombreuses options accessibles.

 Je vois que tu as déjà jouée au Monaco International Clubbing Show (2013), Nuits Sonores Off (2013),Gay Pride Lyon (2014-2015), Festival Electro (Toulon 2016) : parle- nous un peu de tes dernières dates justement ? As-tu une résidence ?

J’ai une résidence occasionnelle depuis 4 ans au Live Station DIY à Lyon, ce qui m’a permis de mixer pour les Nuits sonores off ainsi qu’à la marche de la Gay Pride. J’étais résidente au casino de Cassis pendant trois ans de 2012 à 2015. Ce fut un contexte spécial étant donné que c’était du son ambiance adapté et très varié par rapport à la clientèle. En 2016, j’ai été résidente dans un after sur Marseille. Je personnalise mes mix au maximum, tout en gardant de la souplesse. Je m’adapte musicalement aux différentes scènes qui me sont proposées, festivals, émissions de radio, clubs, bars, afters, plages privées… Toujours à la recherche de nouveautés.

 

Comment rentres-tu en contact avec les organisateurs ? As-tu un manager, booker ?

Les organisateurs rentrent directement en contact avec moi car je n’ai pas de manager. Je demande pas mal de conseils à ma famille et mes amis de longues dates qui me soutiennent depuis mes débuts.

As-tu un statut professionnel ? Vis-tu de la musique ou as-tu un travail à coté ?

J’ai un statut pour pouvoir exercer mon métier de DJ car j’exerce mon activité dans différents contextes musicaux. Il est actuellement difficile de vivre seulement de sa musique… Je n’ai actuellement plus de travail à coté, donc pourquoi pas me consacrer uniquement à cela.

Composes-tu ? Si oui peux-tu nous parler un peu plus de tes tracks et de la façon dont tu t’inspires pour composer ? Sinon penses-tu t’y mettre un jour ?

J’ai composé du son il y a quelques années mais  je me suis jusqu’à maintenant concentrée sur le Djing. Je pense à ce jour qu’il est nécessaire de produire du son pour trouver son identité musicale. Pourquoi pas remettre à jour des morceaux qui ne sont jamais sortis ?

Quel est le futur pour Missily en 2017 ?

J’ai toujours ma résidence au Live Station DIY sur Lyon. Je mixe prochainement au Spartacus Club au coté d’Amélie Lens. J’ai une date future sur Paris. Les dates suivent leur cours.

Ton plus grand rêve dans la musique, ça serait quoi ?

Mon plus grand rêve serait bien sur de mixer sur de grosses scènes avec les plus gros artistes de la scène électronique et d’être en osmose avec le public histoire de lui donner la sensation de vivre un instant musical unique !

Peux tu me citer 3 morceaux qui te touchent particulièrement ou qui ne quittent jamais ton bag lors de tes soirées ?

Claude VonStroke “Can’t wait” (Dirty Bird, 2013)

Marc Houle “Techno vocal” (M_nus, 2007))

Gary Beck “Video siren” (BEK Audio, 2013)

Un petit mot de la fin ?

Merci l’équipe d’Interaktion pour votre invitation.

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YourDj

ParAxel Nirka

Juanito

Rencontre avec le grenoblois Juanito, un artiste qui monte et qui se retrouve dans le top 100 des meilleures ventes de Traxsource pour 2016. Ses sons techouse sont régulièrement joués par les plus grands.

Peux-tu nous raconter un peu tes débuts, comment l’envie de mixer et composer t’est-elle venue ?

Tout à commencé avec un jeu que j’avais eu à Noël en 2001, Dance E-Jay 4 avec les samples de Milk&Sugar à l’intérieur! Je me souviens, je passais beaucoup de temps dessus pendant les vacances, j’avais tout de suite accroché au jeu! Petit à petit je me suis tourné vers le mix. Ma première sortie en club n’a fait que confirmer cette envie d’être DJ. Ensuite tout s’est fait naturellement avec beaucoup de travail! J’ai commencé à jouer en club à l’âge de 18 ans! Pour la composition, c’est venu plus tardivement avec l’envie de me créer une identité artistique et pouvoir jouer mes propres tracks.J’avais plein d’idées mais je ne savais pas où aller au niveau du style et comment m’y prendre.Quand je suis allé voir Loco Dice à Turin avec mes potes de WHSNXT, c’est là que j’ai eu un déclic, une sorte de bonne ‘claque’ que l’on prend en pleine face, musicalement parlant. Et bien sûr le premier ‘pèlerinage’ à Ibiza. Tous ces éléments ont fait que j’ai pris un virage artistique et je me suis dirigé vers une musique plus underground.

Tu composes énormément, d’où te vient toute cette inspiration ?

C’est vrai que depuis maintenant un an je produis beaucoup et l’inspiration ne manque pas! J’écoute beaucoup de musique, j’échange beaucoup avec mes potes DJ/producteur. C’est peut être pour ça aussi que les idées me viennent facilement.

Quel matériel utilises-tu pour composer ta musique ? As-tu un instrument favori ?

J’ai un iMac, un Korg R3, des monitorings Yamaha HS50M, une carte son NI et un casque Beyer Dynamic DT770 pour ce qui est de ma configuration. Pour le software, je suis sur Ableton Live 9.5. Fidèle à Live depuis mes débuts. C’est le DAW que j’ai trouvé le plus intuitif.Je me suis constitué une belle banque de samples au fil des années et ajouté à cela de nombreux VST! Mon VST favori, sans hésitation: le SubBoomBass de Rob Papen!

Quels conseils donnerais-tu à un jeune compositeur/DJ ?

Même si ça pourrait paraître comme une réponse cliché: faites les choses avec le cœur, allez aux bouts de vos idées et envies mais surtout persévérez!

Comment s’est passée ta première signature ?

Alors, ça remonte à 2009, si je me souviens bien! Avec mon ancien pseudo. J’avais fait un remix pour mon pote Roman.k (Romain Deborde) sur un label allemand, et par la suite il m’avait mit en contact avec eux pour que je leur envoie mes premières démos!

Tu as signé ensuite sur de gros labels : Great Stuff, Stereo Productions, Stealth Records et Undr the radr. Comment t’y prends-tu pour démarcher tous ces labels ?

Je pense que pour beaucoup d’entre nous c’est la même chose, ça s’est fait par étape et ça a mis du temps! Se créer son propre réseau est ultra important aujourd’hui (et c’est valable dans tous les secteurs). Il ne faut pas hésiter à aller la rencontre des artistes et labels lors de gros events comme l’ADE, Ibiza, le Sonar à Barcelone etc… Ensuite, il faut être à l’affut des artistes qui jouent nos tracks pour les remercier et établir un premier contact par exemple. Ça permet également d’avoir des arguments lors des envois de démos. Il faut donner à l’interlocuteur l’envie d’écouter votre démo quand on se présente dans un mail. Mais aujourd’hui les gros labels/artistes reçoivent des centaines de démos par semaines sur leur mail générique (du type demos@…) Il faut donc avoir des références, une bonne adresse de l’A&R et enfin des tracks qui correspondent à l’image du label pour avoir la chance d’être signé. En tout cas c’est comme ça que je fonctionne 🙂

De quel projet es-tu le plus fier actuellement ?

Je dirais sans hésiter le projet Juanito dans sa globalité. Je suis fier d’être soutenu par des légendes comme Roger Sanchez et que mes sons soient joués dans les plus grandes fêtes comme Elrow à Barcelone (la dernière en date)! Mais je suis tout aussi fier d’être soutenu par ma famille, ma copine et mes amis car c’est grâce à eux qui m’entourent que j’ai pu me forger une identité artistique!

Tu as participé récemment à l’Amsterdam Dance Event, que retires-tu de cette expérience ?

Exact, et c’était ma 5è participation cette année! Depuis ma première fois en 2012, j’ai remarqué que l’ADE n’a cessé de prendre de l’ampleur. C’est 3-4 jours très intenses où toute l’industrie de la musique électronique se retrouve! J’en retiens que du bon, et je le recommande à tous! Comme je le disais plus haut dans une autre question, il n’y a pas meilleur endroit pour échanger des cartes de visites et faire écouter ses démos! Les gens sont détendus et accessibles, le tout dans un cadre magnifique qu’est le centre d’Amsterdam! Concernant les soirées, j’ai joué le vendredi au club NL pour le showcase ‘Parceros’. Sinon, j’ai pas mal bougé et on a clôturé en beauté cet ADE le dimanche, avec Roger Sanchez pour sa soirée Undr The Radr!

Que penses-tu du public français en comparaison ?

La comparaison est difficile d’autant plus que pour l’ADE il y a des milliers de clubbeurs avertis qui viennent du monde entier pour faire la fête! En France, avec des villes comme Paris et Lyon les choses bougent pas mal ces derniers temps et c’est cool! Chez nous, à Grenoble également avec « La Belle Electrique » qui a fêté ses deux ans et qui propose une programmation très solide en musique électronique!

As-tu une anecdote de soirée à nous faire partager ?

Aux platines, la première qui me vient en tête c’était il y a deux ans. Je jouais au Ninkasi Kao à Lyon, en opening set de Marc Houle. Mon pote Mute Okaï voulait me faire une surprise en montant sur la scène et m’offrir le vinyle d’Oxia – Domino… Sauf qu’un des mecs de la sécu n’a pas trop apprécié, et était à deux doigts de le virer de la soirée! Hahaha!

Quels sont tes projets et tes envies pour l’année 2017 ?

Beaucoup de bonnes choses sont déjà planifiées! J’en dis pas plus pour le moment, donc restez à l’écoute sur mon site et je vous invite à me suivre les réseaux sociaux 🙂

Retrouvez toute l’actu de Juanito sur le web:

ParAnthony Beauchet

Bigasti

Bonjour Bigasti : peux-tu te présenter ? D’où vient ton nom d’artiste ?

Bonjour, mon nom d’artiste est né d’une bêtise… Un mélange de petits noms que l’on se donnait ma compagne, et moi.

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ? Comment es-tu entré en contact avec la musique électronique ?

Je n’ai pas un grand passé musical si ce n’est que je m’y suis toujours intéressé. J’ai fait un peu de batterie et chipoté un peu à la guitare mais rien de très sérieux.

Mon intérêt pour la musique électronique est arrivé relativement tard dans ma vie… Si mes souvenirs sont bons, je devais avoir aux alentours de 20 ans. Je n’avais à ce moment-là aucune intention de me lancer dans la production, juste écouter et découvrir. Aux alentours de mes 26 ans lors d’une soirée avec des amis, on m’a fait écouter ce qu’un ami en commun faisait… J’ai beaucoup aimé et me suis intéressé à ce qu’il faisait mais surtout à comment il s’y prenait.

Comment as-tu appris à composer ? Quelle est ta philosophie, ta conception de la production ?

Vous l’aurez deviné, c’est cet ami en question qui m’a expliqué les principes de bases de la production. Après une petite séance de quelques heures, j’ai commencé à produire quelques beats et mélodies. J’ai assez vite accroché. Je me suis ensuite débrouillé tout seul passant des heures et des heures à essayer des trucs et à regarder quelques tutoriels en ligne. Ma philosophie au départ était de composer TOUT moi-même, faire mes beats et mélodies de toute pièce afin d’apprendre comment le soft fonctionne et garder ma touche personnelle un maximum. A vrai dire, je n’ai jamais lâché cette philosophie et je continue à composer sans utiliser de « sample loop » et à fabriquer mes mélodies et beats de A à Z. Une autre chose qui me tient à cœur dans la production est de produire ce que j’ai envie d’entendre, ce que j’aime moi, et bien sûr, si ça plait aux autres, c’est encore mieux !

Tu viens de sortir avec Moe Danger un EP – « Green Bullet » sur Kuukou Records. Comment vous êtes-vous rencontrés ? Comment s’est passé cette collaboration ? Et comment avez-vous approché ce label?

Nous nous sommes rencontrés suite à un de mes sets dans lequel j’avais joué un de ses morceaux. A partir de ce moment-là, nous avons beaucoup discuté production et musique en général. Étant sur la même longueur d’onde musicalement parlant malgré notre style différent, nous nous sommes dit que ça valait la peine d’essayer de mélanger nos deux styles et méthodes de production. La collaboration ne fût pas toujours évidente à distance. Lui à Berlin, moi à Bruxelles. Nous avons échangé les pistes WAV sur lesquelles nous travaillons séparément pour en faire un seul morceau (je vous passe les détails). Je peux vous dire que travailler avec Dan est un réel plaisir car il comprend très vite ce à quoi je veux en venir quand j’ai une idée et ne s’arrête pas tant que ce n’est pas parfait. Nous sommes évidemment très contents du résultat.

Concernant Kuukou Records, Dan était déjà en contact avec Simina Grigoriu et nous avons pensé que le track pourrait convenir… Ça a fonctionné !

Quels sont tes futurs projets dans la production? As-tu des tracks en préparation ? Des futures collaborations ?

Je travaille pour le moment sur plusieurs morceaux tout seul. Pas de collaboration pour l’instant mais nous comptons bien en refaire une avec Moe Danger très prochainement.

Tu mixes aussi : parles nous de ta façon de concevoir un set. Tu es du genre à préparer ta playlist ? Ou tu joues plus à l’instinct, au feeling et aux envies du moment ?

Oui, à vrai dire, je suis encore un peu novice dans ce domaine malgré le « succès » de mes mix sur soundcloud. Je pense qu’un bon mix est avant tout une bonne sélection de morceaux. Bien sûr, la manière de mixer a son importance mais un set bien mixé avec de mauvais choix de tracks n’a aucune raison d’être. Je prépare toujours mon set à l’avance et n’utilise pas exclusivement les derniers morceaux sortis ou les dernières promos reçues mais les tracks que j’estime parfaits pour le set (même s’ils ont 5 ans)

Peux-tu citer 5 tracks (ou albums) qui t’ont particulièrement marqué en musique électronique ? Quels souvenirs te ravivent ces tracks/albums ?

  • Kollektiv Turmstrasse – Last Day (David August Revision) – Simplement incroyable.
  • Moe Danger – Greener Grass (Original Mix) – Incroyable track plein d’énergie grâce auquel j’ai rencontré Dan.
  • Simina Grigoriu feat. Daniel Grigoriu – Honey Bear – Un track que j’ai écouté des dizaines de fois sans savoir qu’un jour j’allais rejoindre son label !
  • Claude von Stroke – Who’s afraid of Detroit – Souvenirs d’adolescence.
  • Paul Kalkbrenner – Gebrünn Gebrünn – Un de mes tracks préférés, tout simplemen

Des futures dates en approche? Un projet particulier dans le Djiing ?

Je suis actuellement en relation avec un booker pour une date en Finlande courant 2017 et avec une agence de booking bruxelloise…

Je vois aussi que tu es un des instigateurs de Schirmchendrink, peux-tu nous parler de ce projet ? Comment est-il né ? Quel est son avenir ?

Oui, en 2015, un ami suisse Dj, Floloco et moi-même avons créé Schirmchendrink. Il s’agit d’un podcast project orienté deep house underground. Le projet commence à vraiment prendre de l’ampleur et nous travaillons en ce moment à la création d’un label. Le 19 décembre, nous avons publié un podcast de charité pour Noël mixé par YokoO et en collaboration avec une association caritative suisse, « Volunteers for Humanity ». Nous avons plein de beaux projets pour 2017 !

Le mot de la fin ?

Merci de m’avoir lu !

ParAxel Nirka

Sophie Watkins

Rencontre avec la française Sophie Watkins, une artiste qui recherche l’efficacité sur le dancefloor.

Peux-tu nous raconter un peu tes débuts, comment l’envie de mixer t’est-elle venue ?

J’ai commencé par le live act. Je produisais ma musique depuis un petit moment déjà, puis je la jouais en live sur des machines. Mon copain qui était DJ avait des platines chez lui et en m’amusant dessus ça m’a bien plu.

Comment définis-tu ton style ?

J’aime la techno intense, les grosses montées, et les grosses basses 🙂 Tout est dans la basse ! Je mixe essentiellement Techno mais il m’arrive aussi de piocher dans des sons plus groovy, en recherchant toujours les tracks qui ont quelque chose de spécial.

D’où te viens toute cette énergie dans ta musique ?

J’ai toujours fais ça. Depuis toute petite. Mon père avait des synthés, on créait des morceaux, on les enregistrait, j’avais à peine 6 ans et je m’en souviens comme si c’était hier. J’ai baigné là dedans, il n’y avait pas d’autres voies possibles pour moi.

Si tu devais garder un seul disque dans ton bac ?

Josh Wink – Higher state of consciousness

ou Laurent Garnier – Crispy Bacon

Ah c’est trop dur !

Tu composes également de la musique, avec quel setup travailles-tu ? Où trouves-tu toute ton inspiration ?

J’ai que mon ordi, Ableton live, un peu Reason, et mon casque. C’est tout. L’inspiration je ne sais pas… Il m’arrive de ne rien sortir pendant des mois, puis 3 morceaux en une semaine… Ça ne se contrôle pas.

Comment s’est passée ta première signature ?

J’avais fais écouter un track à un de mes amis producteur à l’époque où je vivais à Prague. Il sortait lui-même des prods sur un label Australien et m’avait conseillé de les contacter pour leur faire écouter. Chose que j’ai faite et ça a marché.

Préfères-tu composer ou jouer devant le public ?

Les deux. Les approches sont différentes. Avec le public c’est le top, y a des énergies incroyables qui passent, j’adore ça. Et j’adore aussi être devant mes compos à les travailler, écouter 10000 fois la même boucle, chercher comment faire évoluer le morceau, j’aime être dans cette petite bulle.

As-tu une anecdote de soirée à nous faire partager ?

Je partais de Prague pour aller jouer en Allemagne. En transit en Autriche, j’ai raté l’avion qui allait jusqu’en Allemagne. Je devais donc racheter un billet, à un prix exorbitant, que je ne pouvais pas payer. Un peu paniquée, me demandant comment j’allais faire, un vieux monsieur qui était à côté et qui avait suivi toute l’histoire, m’a proposée de payer mon billet. Il m’a clairement sauvée la vie ! Nous sommes toujours restés en contact depuis, c’est mon ange gardien !

Tu as joué entre autre avec Popof, Jack de Marseille, Missill ou encore Dada Life : quel est ton meilleur souvenir de soirée ?

Bizarrement mes meilleurs souvenirs sont les dates dans les toutes petites salles. Y a la proximité, je sais pas mais c’est toujours mémorable !

Quels sont tes projets en cours ? Tes prochaines sessions ? Tes prochaines sorties ?

Je me concentre en ce moment sur mon projet electro-pop « Soph’ » pour sortir un album. Et en DJ je vais faire quelques dates cet hiver dans les stations de ski pour le Yaute Winter Tour.

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ParAxel Nirka

French 79

Rencontre avec le marseillais Simon Henner, nouveau fer de lance de la French Touch.

Peux-tu nous raconter un peu tes débuts, comment l’envie de mixer et composer t’est-elle venue ?

J’ai commencé la musique très jeune au conservatoire. J’ai commencé à composer un peu plus tard à l’âge de 18 ans : au début, je faisais des instrus de Hip-Hop, puis je me suis dirigé petit à petit vers la musique électronique. J’ai commencé à mixer un peu plus tard quand on m’a demandé de faire des DJ sets. Au début , je ne savais pas faire ça, je n’y trouvais d’ailleurs pas d’intérêt. Je me suis pris au jeu petit à petit, et maintenant, j’adore ça !

Comment qualifies-tu aujourd’hui ton style qui oscille notamment entre pop et électro avec des rythmiques efficaces et des mélodies simples à retenir ?

C’est toujours difficile de définir sa propre musique. Je dirais que c’est de la musique électronique tout simplement, car je ne me contente pas à un style en particulier : j’aime beaucoup la musique de club mais aussi la musique que l’on peut écouter en faisant du sport, en voyage, dans le train ou à la maison. Effectivement, il y a toujours dans ma musique des mélodies qui se rapprochent de la Pop music, c’est ça qui me fait vibrer !

Ton album “Olympic” est sorti le mois dernier : comment s’est passée ta signature sur Alter-K ?

Alter-k est mon éditeur depuis un bon moment. Je les ai rencontrés via Kid Francescoli pour qui je produis les albums. Quand ils m’ont proposé de sortir le disque, je n’ai pas hésité une minute car ils sont vraiment bons dans leur job, et ils ont une vision juste de la musique que je fais!

Tu composes des morceaux éclectiques : d’où te vient toute cette inspiration ?

Quand je suis en période de composition, j’essaie de ne pas trop écouter de musique , j’ai toujours peur de faire un plagiat de ce que j’aime à un moment précis. Mes inspirations viennent plus de ce que je vis, ce que je ressens, donc des voyages, des tournées, des paysages que je vois, etc.

Quel matériel utilises-tu pour composer ta musique ? As-tu un instrument favori ?

J’utilise des instruments acoustiques : guitare, basse, batterie, piano… Mais aussi beaucoup de synthétiseurs, de boites à rythmes. Je séquence tout ça dans Ableton Live qui me sert de magnétophone et de boite à effets . Quand je mixe, je passe tout ça dans ma console favorite, une Studer 169. Je n’ai pas vraiment d’instrument favori, j’ai beaucoup de vieux synthés que j’affectionne particulièrement comme le Juno 60 ou le SH 101.

Quels conseils donnerais-tu à un jeune compositeur en musique électronique ?

Ne pas faire écouter ses 20 premiers tracks.

Utilises-tu le même setup en studio qu’en live ? Il me semble que tu te passes d’ordinateur aussi ?

Non, je différencie bien la partie studio de la partie live. Quand je compose en studio, je ne me préoccupe pas du tout du live. Une fois que le track est fini, alors je cherche la meilleure façon de l’adapter pour le live. Les structures changent, les instruments utilisés aussi, etc.

En live, j’ai quand même un ordinateur qui me sert à séquence les boites à rythmes et les arpeggios joués par mon Korg MS 10. Mais il est posé par terre, je ne le regarde jamais .

Tu dégages une énergie hors du commun pendant ton live : tu n’as jamais peur de te rater avec toute la prise de risque liée à cet exercice ?

Ben c’est justement ça qui est fun en live, c’est que des fois tu te rates, des fois tu improvises des trucs super que tu n’arrives bien sûr jamais à refaire !

As-tu une anecdote de soirée à nous faire partager ?

Peut être la fois où j’ai joué en Chine dans un amphithéâtre où il n’y avait que des filles (environ 1000). C’était assez fou car elles n’avaient jamais vu de concert de leur vie. Elles criaient à chaque fin de morceau comme si j’étais John Lennon 😉

Quels sont tes projets et tes envies pour l’année 2017 ?

Continuer la tournée qui a très bien commencé ; je vais probablement sortir quelques inédits que je joue déjà en live, des remixs… Et je continue à produire au studio d’autres artistes.

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ParAnthony Beauchet

MotherBot records

Moe Danger : peux-tu te présenter en quelques phrases ? D’où vient ton pseudo ? Comment es-tu tombé dans la musique électronique ?

Hey, je suis Moe Danger, un musicien / producteur de Toronto, Canada. Ce nom est un nickname que j’utilise en ligne depuis de nombreuses années : Moe est le nom de mon chat et Danger est un anagramme créé à partir de mon propre nom de famille. Je me suis  intéressé à la musique électronique très jeune ; il est difficile de dire quand cela a commencé, mais quand mes amis écoutaient Marylin Manson, j’écoutais The Prodigy ou Fatboy Slim, c’est  ce que je préférais.

Tu es originaire de Toronto et aujourd’hui tu vis à Berlin : la scène électronique au Canada ne te satisfaisait pas ? Qu’es-tu venu chercher à Berlin ? Quelles différences/ressemblances vois-tu entre les 2 scènes ?

La scène électronique à Toronto est assez bonne en fait, je ne peux pas vraiment m’en plaindre, mais la possibilité pour un musicien de faire de l’argent au Canada est une autre histoire. De nos jours, Toronto rapporte pas mal de bonnes choses de l’Europe, et les gens commencent à avoir le même goût en techno qu’à Berlin. Je pense que c’est vraiment cool. Malheureusement, les artistes locaux ont encore du mal à Toronto, c’est une chose que je n’aime pas de l’industrie ici.

Tu gères le label MotherBot records : raconte nous un peu l’histoire du projet ? Pourquoi avoir choisi le nom “MotherBot” ? Quelle est la philosophie du label ?

C’est quelque chose que je voulais faire depuis longtemps, j’y réfléchis depuis des années. Je l’ai vu comme un bon moyen de contribuer à la communauté techno et peut-être aider quelques artistes à grandir, tout en ayant également la chance de collaborer avec plus de musiciens. Le nom vient de mon amour pour les ordinateurs et les robots : j’ai pris les mots «carte mère» et «robot», je les ai mélangés et il est sorti MotherBot. Il m’a fallu quelques mois pour obtenir ce nom, mais une fois qu’il m’est apparut, j’ai su que c’était bien “Le” nom du label. Quant à la philosophie, l’idée est de construire une famille de producteurs, des artistes qui peuvent collaborer et s’aider mutuellement.Nous faisons de la musique pour nos fans en priorité, toutes les releases et podcasts sont libres d’écoutes sur SoundCloud, YouTube et les autres services de diffusion musicale : nous voulons simplement donner aux gens quelque chose à apprécier.

Tu a commencé le projet du label avec des broadcasts : le mix occupe-t-il une place importante dans ta vie ? Quels sont tes modèles en matière de technique de mix ?

Le label a commencé avec des podcasts parce que je ne voulais pas commencer par la vente de musique, je voulais juste offrir aux gens une heure de techno pour profiter et je voulais commencer à trouver des artistes dans le même esprit pour travailler avec. Dans le processus, l’idée était de faire de la publicité du podcast en leur donnant une certaine visibilité, et aussi de mettre sur Facebook chaque playlist et encourager nos auditeurs à soutenir ces artistes aussi s’ils appréciaient le contenu. C’est une façon de relier les gens avec la musique, ce qui est vraiment le but au final.

Mixer pour moi c’est parfois une lutte : je me considère plus comme un producteur qu’un DJ, je suis toujours en train d’expérimenter quand je joue mon set. J’ai mes propres techniques personnelles, j’aime bien les longs mix et j’utilise des effets comme les delays et la réverb pour créer des transitions qui sont percutantes et sans coutures. Bien sûr, parfois les cuts rapides sont également tout aussi efficaces quand ils sont bien faits, et les boucles ouvrent également de nombreuses possibilités créatives : elles peuvent même vous sauver au milieu d’un mauvais mix. Mais je cherche toujours ma technique de mix, et je prévois de changer mon setup bientôt : à suivre d’ici quelques mois…

Quelle est l’identité musicale du label ? Choisis-tu de signer des artistes qui te ressemblent ? Donnes-tu la chance à de jeunes artistes de signer sur ton label ?

Le label est définitivement adapté à mon propre goût de la musique, je ne signerais pas un track que je n’aime pas. Pour MotherBot, je me concentre sur la tech-house, deep-house et techno, et je n’ai pas l’intention de sortir quoi que ce soit trop éloigné de ces genres. Je donne absolument une chance aux jeunes artistes, pourvu qu’ils aient une musique bien produite : c’est tout ce qui compte vraiment. Et si je peux aider un nouvel artiste tout au long de sa trajectoire, c’est un bonus.

Le marché de la musique électronique s’est effondré avec l’arrivé du MP3 : quelles difficultés rencontres-tu dans la gestion d’un label ? Est-ce facile de se faire une place en tant que petit nouveau ? As-tu créé des liens avec d’autres labels de la scène électronique ?

Comme il s’agit d’un nouveau projet, la plupart des difficultés ont été jusqu’ici dans la construction de la plateforme : trouver des artistes pour les premières sorties et des DJs pour les podcasts, se connecter avec un bon distributeur, et  commencer à construire une fanbase. Il n’est certainement pas facile de faire votre place comme nouveau label, il y en a tellement et le marché est assez saturé ; mais cela signifie simplement que vous devez travailler dur. Il y a quelques autres labels auxquels nous sommes liés : je ne peux pas en dire plus, mais nous planifions des événements en collaboration avec certains d’entre eux en 2017.

Quelle est ta conception de la production ? Sur quelles machines/logiciels travailles-tu ? Compose-tu à l’instinct ou avec un projet en tête bien défini ?

Quand je produis, je commence habituellement par expérimenter et juste jouer. J’aime sampler d’autres instruments comme des violons, des orgues ou des chœurs et jouer dans Ableton Live avec un clavier pour voir ce que je peux en sortir. L’utilisation de samples audio permet souvent de créer de bonnes textures que vous ne pouvez pas obtenir avec un  VST, et de là je peux modifier et donner du mouvement aux sons avec des effets différents. La chose importante pour moi sont quelques bonnes nappes de drums, une sub-basse et un kick puissant. Une fois que j’ai toutes ces parties, je joue avec jusqu’à ce que je me sente à l’aise et assez inspiré pour enregistrer le morceaux : je tiens à enregistrer une chanson en une seule fois ; puis j’ajoute des effets et de petites modifications après. C’est la façon la plus confortable pour moi de produire.

Tu es également remixeur : travailles-tu de la même façon un remix et une production ? Que cherches-tu à faire ressortir au travers de tes remix en comparaison de l’original ?

C’est le plus fun pour moi de faire des remix. Je fais un remix parce que j’aime l’original et c’est génial d’avoir une chance de prendre les éléments d’un track que vous aimez et de les retravailler à votre style. Je prends mes parties préférées de l’original, et je commence à construire autour de cela avec mes propres éléments. Parfois, je peux prendre que la voix, ou peut-être qu’un petit morceau de la mélodie originale, et expérimenter avec un ou deux éléments. Je m’assure également de ne pas écouter la version originale tout en travaillant sur un remix : cela aide à être inspiré par les éléments du track plutôt qu’être influencé par l’œuvre originale. Chaque track est différent, et pour chaque remix, je mets en évidence quelque chose de différent : ça dépend vraiment des morceaux originaux et de ce que je ressens quand je m’assieds pour travailler.

Peux-tu citer 5 tracks qui sont pour toi l’essence meme de la musique électronique ? En quoi ces tracks te touchent-ils plus particulièrement ?

Il est difficile d’en choisir seulement 5, il y a beaucoup plus de morceaux que je voudrais ajouter à cette liste. Ce seront donc les 5 qui me viennent à l’esprit :

Marek Hemmann – Gemini : c’est ainsi que le saxophone est censé être utilisé dans la musique électronique. Cette chanson a une telle  énergie, c’est funky mais pas d’une manière désagréable et commercial. L’un de mes préférés.

Maceo Plex & Gabriel Ananda – Solitaire daze : le break dans ce track est fantastique : perçage d’oreille agréable. J’aime la façon dont la mélodie est construite, le timbre est tout simplement parfait. Encore une fois supère énergie, super pour un club à 2h du matin.

Paul Kalkbrenner – Cylence 412 : la mélodie est fantastique. Paul a le don de vous donner le strict minimum de ce qui fait un superbe track et de les mêler dans un morceau énorme : pas de white noise ou d’effets pour combler, juste une bonne production. Cette chanson en est un parfait exemple.

The Prodigy – Out of space : un super exemple de bons samples. J’adore ce morceau, je remonte loin avec lui. Cette chanson a un tel mouvement, elle a un drop de tempo et un superbe sample de Max Romeo sur une telle vibe. Cette chanson me met dans une ambiance fantastique.

Caribou – Sun : ou quand la répétition est une bonne chose. Les chansons sont souvent ennuyeuses lorsqu’elles sont trop répétitives, pas celle-ci. Je ne m’en lasse jamais, le seul vocal “sun” répété sur un triple sample syncopés, il est juste à l’endroit parfait. Je suis aussi un fan du breakbeat au milieu de la chanson et du travail sur le synthétiseur expérimental.

Quels sont les projets à venir pour MotherBot records ? Pour Moe Danger ? Comment te projetes-tu dans les années à venir au sein de la musique électronique ?

MotherBot a plusieurs futures sorties à venir et nous prévoyons de garder un flux régulier de EPs et de podcasts mensuels. Nous commencerons bientôt à planifier des événements et à faire des soirées au nom du label. Pour moi, j’ai un certain nombre de tracks qui sortiront à partir de janvier, ainsi que quelques mix et podcasts. Et pour les années à venir, je ne peux qu’espérer continuer de grandir en tant que producteur et musicien : si je suis capable de faire de la musique pour les 20 prochaines années, je serais heureux.

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Moe Danger

ParAnthony Beauchet

YourDj

Peux-tu nous présenter YourDj ? Comment est né ce projet ? Comment tout ça s’est mis en place au départ ?

Ce projet est né en 2011, à l’époque où je vivais encore à Toulouse. J’ai pu constater que les artistes et associations locales ne sont pas mis en avant et ont peu de moyen pour faire leur promotion. Du coup, j’ai décidé de créer un groupe facebook au début, puis ensuite une page facebook, permettant aux artistes et associations locales de diffuser gratuitement leurs actualités (event, podcast, production, etc.), en échange du partage de la page : un échange de communication simple.

Le but principal de YourDJ est de faire la promotion d’artistes, d’associations et d’évènements locaux par ville, en étant 100% gratuit. Il existe une page par ville : Montpellier, Toulouse, Marseille, et prochainement Bordeaux. Un site web également où les utilisateurs peuvent retrouver les évènements par ville, les lieux et les DJs. Ainsi que les podcasts et les playlists YourDJ.

Et dernière nouveauté, les utilisateurs peuvent maintenant avoir des préventes en ligne, uniquement sur le site YourDJ, à moitié prix du prix à la porte.

Quels concepts développes-tu avec ce projet ?

Les pages Facebook, avec le partage gratuit de l’actualité locale par ville. Le site web avec les préventes, les pages DJ gratuites, et la publication gratuite des évènements. L’émission Radio FM YourDJ sur Radio Clapas 93.5 FM à Montpellier où je présente les artistes, associations et productions locales.Les podcasts YourDJ où les artistes locaux peuvent proposer un mix que je diffuse ensuite sur le réseau YourDJ. En développement, la ville de Bordeaux

As-tu d’autres activités en parallèle de ce projet ? Organises-tu des évènements ?

J’ai organisé l’an dernier des Open Platines permettant aux artistes émergeant de mixer en bar et en boite : une trentaine de DJs ont pu ainsi se produire. Mais actuellement, je n’organise rien par manque de temps.

Prévois-tu des soirées YourDj dans un futur proche ?

Pourquoi pas faire des soirées YourDJ : pour les anniversaires des villes par exemple, ou pour le lancement d’une nouvelle ville. L’idée de refaire des opens platines me tente également. J’aimerais pouvoir aussi faire des croisements entre les villes, par exemple des DJs de Montpellier à Toulouse et inversement.

Tu animes une émission sur Radio Clapas depuis la rentrée : comment gères-tu ton émission? As-tu des invités régulièrement ? Fais-tu des chroniques de tracks ? Des interviews ?

Le but est de donner de la visibilité aux artistes et organisateurs locaux. J’essaye donc d’inviter en fonction de l’actualité du moment, des acteurs de la musique à Montpellier. Je diffuse également des productions locales qui sont ensuite ajoutées aux playlists “YourDj” et que vous pouvez retrouver sur le site www.yourdj.fr dans l’onglet multimédia. On a reçu une trentaine d’invités au total maintenant depuis le lancement.

L’émission se déroule 3 jeudis par mois (pas le premier jeudi du mois) : vous pouvez la retrouver en podcast sur le site www.yourdj.fr dans l’onglet multimédia, en live pour les Montpelliérains sur le 93.5FM ou sur Internet via www.radioclapas.fr

Qu’est ce qui te motive dans tout ça ?

La musique me passionne depuis plusieurs années maintenant, 2011 pour être précis, en partie grâce à une association dont je fais toujours partie à Toulouse : OVERdrive Events. Une équipe de passionnés du son qui m’ont fait découvrir ce monde. J’aime découvrir de nouveaux artistes, du son, rencontrer du monde, discuter, sortir, et YourDJ est au final le fruit de 4 années de travail rassemblant toutes ces envies.

A l’heure actuelle, qu’est-ce qui manque encore a YourDj ?

Des fonds pour développer d’autres villes ; mais chaque chose en son temps : j’ai confiance en la suite des évènements 🙂

As-tu un parcours personnel dans le monde de la musique électronique en tant que DJ, producteur ou autre ?

Non pas du tout. J’ai des platines CD chez moi depuis peu : je m’amuse avec mes amis mais rien de plus. Je ne suis pas non plus producteur mais j’aimerais énormément pouvoir apprendre et faire sortir mes idées en track. Par contre je suis vraiment passionné de musique depuis mon adolescence, en passant du Rap US (Dre, Snoop Dog, Eminem..), au Reggae (Bob Marley, Black Uhuru, Michael Rose ..), au Rap FR de l’époque (IAM, FF, NTM), et maintenant Techno. J’ai une préférence pour la techno lourde style Drumcode, mais j’aime beaucoup la deep house et la tech house également.

Comment te positionnes-tu sur le débat entre musique électronique underground et commerciale ? Quel est ton point de vue sur l’EDM ? Les free-parties ?

Pour moi, la musique commerciale n’a aucun sens et aucun but à part faire de l’argent. Quand on voit combien peut toucher un guest EDM pour ce qu’il produit comme musique ou prestation, je trouve ça à gerber. Le monde de la musique est ainsi fait : à nous de montrer que les artistes locaux peuvent valoir bien mieux au niveau qualitatif que tout ce monde EDM.

Les free parties je ne connais pas tellement : je ne me permettrai donc pas d’en parler très longtemps. Je pense que c’est bien plus respectable que l’EDM mais que c’est un univers un peu trop “dark” à mon goût (musique, ambiance). Niveau musicale je ne m’y retrouve pas du tout. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle YourDJ ne diffuse pas ce genre de son (only House & Techno)

Le mot de la fin

Un énorme merci pour cet interview ! Pour les artistes et organisateurs qui souhaitent en savoir plus n’hésitez pas à me contacter par mail yourdj.france@gmail.com.

L’aventure continue sur le Web :

ParAnthony Beauchet

Made In France

Entrevue avec Made in France, l’organisation varoise conceptrice des BIG FUN et du Portissol Festival.

Peux-tu nous présenter Made In France en quelques phrases ?

C’est une organisation qui a pour but de promouvoir la musique et la culture 2.0 en essayant de toujours privilégier notre région (le Var) avant tout.

Comment est né ce projet ? Comment tout ça s’est mis en place au départ ?

J’ai commencé par la musique électronique en 2007 en montant un groupe qui a bien marché, avec quelques tournées sympas pendant plusieurs années. Par la suite, ne voyant pas de soirées un peu plus “underground” vers Toulon, les gens m’ont suggéré de les organiser moi même. Made In France s’est créé le 14 juillet 2012 et depuis, on essaye d’évoluer doucement mais correctement.

Plus de 20 éditions pour tes soirées « Big Fun » : comment expliques-tu le succès de ces soirées ? Y a-t-il encore des choses que tu aimerais faire dans ces soirées ?

Le Barathym à Toulon m’a fait confiance depuis sa réouverture et on entame la troisième saison ensemble cette année. « Big Fun », c’est un clin d’œil à l’histoire du Barathym et une référence au morceau du même nom signé Inner City. Il y a une identité house qui revient en force (et dont on peut voir le succès dans le sud au R2 à Marseille notamment) avec une surenchère de têtes d’affiches programmées. À notre niveau et avec le budget disponible pour les événements « Big Fun », nous ne programmons pas de headliner mais des artistes ayant une grande culture musicale et une grande passion pour la musique. Nos trois résidents, Teetwo Mariani, Jo.Z & InfĀnt qui jouent régulièrement, en sont la preuve.

Tu organises aussi le Portissol Festival : comment se passe le travail avec les guests ? Ouvres-tu ce festival à de jeunes talents et à des artistes locaux? Est-ce dur d’être un festival gratuit ?

Depuis l’été 2015, on a crée le Portissol Festival. Le plus gros du travail est de trouver les artistes et constituer un line up “sexy” en respectant le budget. C’est pas facile car c’est un festival gratuit, donc l’investissement est risqué. Mais nous avons la chance d’avoir la confiance du Bard’ô qui nous aide de ce côté là, ainsi que la scène locale que nous programmons en général en warm up pour ce style d’événement.

Etes-vous ouvert à tous les genres dans vos soirées électroniques ? Comment opères-tu la sélection dans la programmation de tes soirées ?

Nos soirées varient de genres musicaux et donc de programmation. Nous aimons la musique au sens large, et nous essayons de trouver le meilleur. On peut passer d’une programmation House à une programmation Hip Hop : le seul mot d’ordre c’est la qualité à chaque fois.

Quels sont tes artistes de prédilection en musiques électroniques ? Quels artistes aimerais-tu inviter à jouer dans tes soirées ? Comment composes-tu la programmation de tes soirées ?

Personnellement, j’ai une grande affection pour le duo Justice qui m’a beaucoup influencé quand j’ai commencé la musique. Donc c’est un peu un rêve de les programmer en live. Sinon on peut parler d’artistes comme Laurent Garnier, Kerri Chandler, Black Coffee, Jeremy Underground ou des labels comme D KO records qui font une percés fulgurante en ce moment. Pour la programmation, nous essayons de créer un lien avec l’artiste avant tout. La musique est un partage : il ne suffit pas seulement d’appeler un agent et lui demander combien ça coûte!

Travailles-tu en partenariat avec d’autres organisateurs de soirées ? Organises-tu des soirées ailleurs en France ou à l’étranger ?

Ce n’est pas facile et j’ai beaucoup été déçu par les collaborations que j’ai put faire ici. Je trouve que c’est devenu une mode d’être “organisateur de soirées”. Je ne pense pas qu’il suffit de distribuer des flyers et récupérer des subventions pour être un bon programmateur et promoteur. Mais comme on dit, à plusieurs nous sommes plus forts. Depuis cette année, je travaille avec Teetwo Mariani, artiste et programmateur reconnu dans notre région. Nous sommes sur la même longueur d’onde personnellement et artistiquement. Pour la réalisation de nos événements, on a décidé de mettre en commun nos réseaux et savoirs-faires pour encore évoluer et grandir.

Avec ton expérience des soirées, qu’est-ce qui a évolué aujourd’hui sur la scène électronique par rapport à tes premières soirées ? As-tu le sentiment que le public est reconnaissant du travail que tu fais ?

Selon moi, la plus grande évolution c’est le nombre croissant de soirées autour de la musique électronique, parfois au détriment du public. Les grosses machines et gros festivals programment des line up avec de plus en plus de stars mais qui sont souvent les mêmes. On peut reprocher à des soirées généralistes de passer toujours le même Top 50 ; mais le manque d’originalité peut s’appliquer aussi à la musique un peu plus underground. Le public en est aussi la raison. C’est très compliqué de faire déplacer les gens dans le Sud. Le public reste très exigeant et un nombre de facteurs importants est à prendre en compte lors de l’organisation d’un événement (lieu, météo, prix, accès, parking, tête d’affiches…). Dans le Var, les gens veulent des soirées gratuites avec tous les samedis Laurent Garnier en warm up. On y travaille 😉

Hormis l’organisation d’évènementiels, développes-tu d’autres projets ? Quel est ton rapport au mix et à la production ?

Je m’occupe de l’ambiance sonore pour toutes sortes d’établissements (hôtels, restaurants, shops…) en France et à l’étranger. J’ai travaillé pour la chaine de magasin Printemps et Citadium sur de l’événementiel et de la programmation ainsi que pour la Fashion Week lors de défilés. Personnellement, je mixe et produit aussi sous le nom de “NOVA”.

Quels sont les projets à venir pour Made in France ?

Beaucoup de projets en ce moment. Mais nous sommes discrets et faisons très attention à notre manière de communiquer : on vous donne rendez-vous sur notre page pour les prochaines actualités 😉

Le mot de la fin ?

Un grand merci pour l’intérêt que vous nous portez. La vie nocturne Varoise n’est pas simple mais nous sommes toujours aussi motivés pour vous proposer notre vision des choses et de la musique… En espérant qu’elle vous plaise.

Pour de plus amples informations sur Made In France :

 

 

ParAnthony Beauchet

D’Jamency

Rencontre avec D’Jamency, DJ, producteur, boss des labels Amazone records et Among records. Un exemple d’humilité dans le milieu des musiques électroniques qui fait tellement de bien !

Comment es-tu rentré en contact avec la culture des musiques électroniques ? Quel souvenir gardes-tu de l’époque où tu n’étais pas encore DJ ?

Bien sûr, j’ai commencé par user mes baskets sur les dancefloors des raves au début des années 1990 avant de devenir Dj (rires). C’est un ami DJ qui m’a fait découvrir l’univers de la scène électronique en m’emmenant à ma première « rave party » comme on les nommait à l’époque 😉 J’ai eu la chance de côtoyer très rapidement des artistes de ce nouveau courant musical, ce fut une vraie révélation pour moi. Comme toute naissance d’un nouveau mouvement musical, c’était tout beau, tout neuf, réservé aux passionnés ! Je suis très heureux d’avoir pu découvrir cette nouvelle scène à ses débuts en France : ces soirées amenaient un son nouveau, un public motivé (toujours prêt à faire des bornes pour un event) et intimiste (on finissait par tous se connaître vu que le mouvement n’était pas encore très développé), des lieux magiques (châteaux, caveaux, entrepôts, salles en tout genre), des décos délirantes et des artistes qui développaient positivement le métier de DJ… Bref, une vraie culture technoïde se mettait doucement en place ! Pour moi, c’est une période qui restera gravée à jamais dans ma mémoire mais malgré tout, je ne fais pas partie des personnes nostalgiques : cette scène a évolué musicalement, elle s’est démocratisée et professionnalisée, l’effet de mode du DJ s’est installé avec ses points positifs et négatifs qui en découlent… Mais c’est bien normal, la vie change et évolue…  Je veux vivre avec mon temps et ne pas devenir aigri par rapport à cette période dorée.

D’où vient le nom « D’Jamency » ?

Le but primordial était de trouver un nom de scène dont je sois le seul à utiliser et qui soit assez reconnaissable… Ce fut chose faite avec quelques amis après une soirée bien arrosée pour être honnête (rires).

Tu as monté l’association Orbital Space à tes débuts : les raves des années 1990 ne te manquent-elles pas trop aujourd’hui ?

J’ai créé ma propre association Orbital Space avec laquelle on a organisée de nombreuses raves dans les années 1990, dans la région Rhône-Alpes mais également dans le Sud de la France. On se soutenait et s’entraidait entre association car à cette période, il fallait être solide et persévérant  pour organiser des raves dans de bonnes conditions. Même en organisant tout dans les règles, nous n’avions malheureusement pas souvent le soutien des autorités… Et c’est d’ailleurs bien dommage de voir qu’il peut se produire encore ce genre de problèmes à l’heure actuelle dans notre pays 🙁 contrairement aux autres pays limitrophes (Allemagne, Espagne, Suisse).

Trouves-tu toujours autant de magie dans les fêtes techno en 2016 ?

Les raves des années 1990 avaient un gout de découverte, on était au commencement d’un nouveau mouvement musical. De nos jours naturellement, on a perdu cet état d’esprit, parfois ça peut me manquer ; mais on peut quand même retrouver cette magie dans certaines fêtes techno aujourd’hui : elle est différente mais encore présente. Quoi qu’on en dise, ça fait toujours extrêmement plaisir d’aller jouer dans une soirée, qu’elle soit grosse ou petite, et de voir le dancefloor rempli de jeunes et de moins jeunes qui kiffent en communion sur le son.

Tu es aujourd’hui un DJ intermittent du spectacle : comment as-tu réussi à te professionnaliser dans ce milieu hyper concurrentiel ? Quels avantages et inconvénients y a-t-il à être un DJ intermittent aujourd’hui ?

Cela fait maintenant une vingtaine d’année que je mixe. Les premières années, je jouais uniquement pour le plaisir en parallèle de mes études. Durant cette période j’ai pris le parti de développer mes contacts au niveau national et ne pas me contenter des soirées dans la région lyonnaise : j’avais vraiment cette envie de rencontrer le public dans les quatre coins de France. A la fin de mes études, j’ai commencé des petits boulots et vu que ma « carrière » de DJ se développait de plus en plus, j’ai pris la décision de me professionnaliser et de travailler à 100% dans le milieu électronique. J’ai donc commencé mon statut d’intermittent du spectacle, ce qui  n’a pas été chose simple la première année car nous avons beaucoup de charges à payer sur chaque cachet ; mais cela m’a permis d’avoir un vrai statut dans notre société et de pouvoir cotiser pour le chômage, la retraite, les congés spectacles… Comme n’importe quel salarié.  Ce statut te permet également d’avoir accès à des formations en rapport avec ton secteur d’activité. Bref, c’est un vrai plus d’avoir ce statut  pour les différents artistes en France. J’avoue que je n’aurais pas pu accéder au statut d’intermittent du spectacle si je m’étais contenté de jouer dans ma région ; mais ayant pu me développer au niveau national, puis international (grâce notamment à la production et à la rencontre de différents agents artistiques), je peux faire le nombre de cachets prévus chaque année pour intégrer ce statut et j’en suis très heureux !

Tu as joué aux cotés des plus grands DJs et tu as forcément dû connaitre aussi des galères… Y a-t-il une soirée qui t’a marqué dont tu rigoles aujourd’hui alors que sur le moment, c’était horrible à vivre ?

Obligatoirement on passe tous par des galères un jour ou l’autre,  mais je t’avoue que j’essaie d’effacer ca au plus vite de ma mémoire (rires). Je pense que le pire reste quand tu te retrouves dans une belle soirée où le public est au rendez-vous et que le matos pour mixer est de mauvaise qualité ou que tu subis un grave problème technique. C’est très frustrant de ne pas pouvoir être à 100% de tes capacités techniques pour donner le maximum au dancefloor présent. Les gens sont là pour t’écouter, pour s’amuser et même si tu as un souci technique, il ne devrait pas avoir à le subir si possible… Même si un DJ doit arriver à s’adapter le plus possible aux conditions, on a ce sentiment d’inachevé qui laisse un goût amer…

En bon DJ, on a toujours des disques fétiches qui quittent rarement notre DJ bag ou playlist : peux-tu nous citer 5 morceaux qui ont marqué ta carrière de DJ ? En quoi ces tracks t’ont-ils marqué ?

Ca va être difficile d’en citer que 5 car il y a de nombreux titres qui ont marqué mon  parcours musical. Je vais faire le choix de t’en donner certains sur la période des années 1990 qui m’accompagnent toujours en soirée ; mais je pourrais te faire une liste bien plus longue sur cette période ainsi que sur les années 2000 🙂

The Pump Panel « Ego acid » (Synewave, 1994) : un morceau mythique du début des années 90 durant la période acid techno. J’étais un fan de Damon Wild et de son label Synewave, et ce fut un des premiers vinyles que j’ai joué devant du public.

Winx « Don’t laugh (live raw mix) » (Sorted records, 1995) : une tuerie que j’ai longtemps joué dans les raves des années 90 et qui est toujours d’actualité je trouve.

Emmanuel Top « Turkish bazar » (Le Petit Prince, 1994) : encore un artiste phare des années 90 qui m’a beaucoup marqué.

Dave Clarke « Wisdom to the wise » (Bush, 1994) : une grosse bombe indémodable produit par un des pionniers de la techno.

Thomas Schumacher « When I rock » (Bush, 1997) : encore une tuerie techno signée sur le label mythique Bush qui a marqué la fin des années 90.

Jeff Mills « The bells » (Purpose Maker, 1997) : un disque que j’ai bien usé dans les soirées mais qui tourne toujours ! C’était un des artistes qui m’a vraiment donné envie d’apprendre à mixer de la musique électro dans les années 90.

En 20 ans, tu as eu le temps de voir l’évolution du matériel DJ : tu as mixé sur platines vinyles et aujourd’hui tu es passé sur Traktor. Pourquoi avoir opéré cette transition ?

C’est clair que le matériel DJ a beaucoup évolué. Personnellement, j’ai joué pendant plus de 16 ans uniquement sur platines vinyles : j’avoue que je suis issu de la vieille école (rires). Ça m’a permis d’acquérir mon expérience, mon background. Puis avec l’arrivée en force du numérique, je commençais à peiner pour trouver tous les tracks que je souhaitais jouer sur vinyle ; et je recevais tellement de promos de labels via internet que je ne pouvais pas utiliser. Il me restait 2 possibilités : soit passer sur support lecteurs CD/MP3, soit jouer avec des logiciels comme Traktor Scratch Pro. J’ai donc commencé ma transition en mixant avec Traktor et 2 platines avec les vinyles timecodés pour jouer du WAV ou MP3. Puis j’ai commencé à apprécier les larges possibilités qu’offrait un tel logiciel : je suis alors passé sur un mix-live hybride en 4 decks que je trouve très créateur, où tu peux boucler, séquencer, sampler tout en jouant avec les nombreux FX du logiciel. Je couple le tout avec 1 iPad et 2 contrôleurs X1. Ce qui me plait c’est que tu peux vraiment aller loin dans l’expérimentation, rajouter par exemple une Maschine MK2 que tu pilotes également avec le laptop qui te sert pour ton Traktor : les possibilités de modifier ton set up sont importantes. De plus c’est très pratique quand on part jouer car ce système permet d’emmener une sélection musicale infinie et variée sans être obligé de se trainer 3 bacs à disques… Mon dos me remercie 🙂 Ça ne m’empêche pas de continuer à acheter quelques bombes en vinyle de temps en temps pour les mixer sur platines vinyle quand il y en a.

djamency02Quelles sont les spécificités techniques que tu recherches dans la matériel DJing ?

Il y a pour certains une guerre-guerre entre le vinyle et le digital : chaque support a ses qualités et ses défauts. Pour moi, l’un n’empêche pas l’autre, il faut vivre avec son temps… Et pourtant je suis un fou de vinyle, j’ai plus 8500 vinyles chez moi ! Honnêtement, ce qui est important,  ce n’est pas le support sur lequel tu mixes mais ce que tu fais avec, ce que tu donnes aux gens. C’est le résultat que tu amènes sur le dancefloor qui est primordial : le reste est un peu de la branlette je trouve 🙂

Depuis 2001, tu es également producteur : avec quoi composes-tu ?

A mes débuts, j’ai commencé par me créer un petit home-studio avec un Mac, une paire d’enceintes monitoring Mackie HR824, un clavier maitre, quelques expanders E-Mu et Roland en hardware, un Nova 2, un Nordlead et j’utilisais les logiciels Cubase et Digital Performer pour composer. Depuis quelques années, j’ai changé de logiciels pour travailler avec Live d’Ableton (que j’utilise également pour faire des live act) et je le pilote avec une APC40. J’ai complété mon studio avec quelques machines analogiques notamment une Elektron Monomachine et un Mopho Keyboard… Je compose également avec beaucoup de plugins en interne notamment Native Instruments.

Quelle philosophie de travail as-tu pour arriver à finir un morceau ?

Pour moi, la composition est une activité plus studieuse, plus réfléchie avec une phase plus importante de recherches et d’expérimentations. Ce n’est pas comme un mix qui reste éphémère et unique, où l’on essaie de procurer du bonheur au public en racontant une histoire musicale le temps d’une soirée. La production m’a appris également à être plus curieux, à échanger nos expériences studio avec d’autres artistes, à développer ma culture musicale… Ce qui m’a d’ailleurs servi pour élargir mes programmations musicales durant mes prestations mix. Quand je compose un nouveau morceau, j’essaie de poser une trame assez rapidement et de ne pas trop trainer pour faire un premier arrangement. Puis je le laisse reposer quelques jours avant de revenir dessus pour terminer l’arrangement et le mixage final. Personnellement, si je bloque trop sur la composition d’un track, il y aura de grandes chances que je ne sois pas satisfait du morceau au final. Je ne m’acharne plus comme avant, si ça n’avance pas, je passe à un autre projet rapidement. C’est ma manière à moi de composer 🙂

J’ai pu remarquer que tu aimes bien les versus, notamment en production (Moog Conspiracy, Atix, Marco Asoleda, Oliver X…) : comment se passe la production à 2 ? Qu’est-ce que cela t’apporte comparativement à la production en solo ?

Oui, c’est vrai que j’ai pu faire pas mal de versus avec des amis producteurs car on se connaît parfaitement musicalement. Je trouve ça très enrichissant de pouvoir produire de temps en temps en duo, bien sûr cela demande une entente musicale commune ; mais cela permet d’échanger nos différentes  techniques de composition,  d’avoir plusieurs avis sur les projets musicaux et de pouvoir se partager ou se prêter nos différents matos respectifs. Mes prochaines sorties seront composées en solo en grande majorité car la production en duo demande d’avoir des agendas qui nous permettent de nous retrouver, ce qui n’est pas toujours possible. Ces temps-ci, je suis plutôt dans une période où j’éprouve le besoin de composer en solo, des morceaux plus personnels où un travail en duo ne serait pas réellement possible. Tout ceci peut changer d’ici quelques mois, il faut varier les plaisirs pour ne pas se lasser et rester le plus créatif possible 🙂 Et je travaille déjà régulièrement en duo avec mon ami Atix sur notre live act qui se nomme « iKick! » : plusieurs tracks devraient d’ailleurs bientôt en découler sur des futurs releases.

Tu es aussi cofondateur du label Amazone records et label manager d’Among records : quelle est ta vision aujourd’hui du monde des labels, et plus largement du marché de la musique électronique ?

Le monde des labels a beaucoup évolué depuis une dizaine d’années : ils sont de plus en plus nombreux via le développement du support numérique. La création de labels et la production de musique se sont démocratisées en raison de ce phénomène, en amenant naturellement du bon et du mauvais avec toute cette concurrence. Mais bon, il y a déjà un large écrémage qui se fait simplement par la qualité de ce que produit le label.  De notre côté, mon associé Marco Asoleda et moi-même  avons commencé en produisant uniquement du vinyle, ce qui était plus difficile financièrement (le  digital n’existait pas à cette époque :-)). Maintenant, nous sortons la majorité de nos releases en digital ce qui nous permet de produire plus d’artistes et de remixeurs et de donner plus de possibilités à de nouveaux talents de signer chez nous. Nous essayons d’effectuer également quelques sorties exclusivement sur vinyle chaque fin d’année, car ce support reste et restera notre premier amour !

Quels sont tes attentes vis-à-vis des artistes que tu signes ?

Nous essayons de fidéliser les gros producteurs ainsi que les new-comers que nous avons signés sur nos labels en leur proposant d’effecteur plusieurs EP ou remix chaque année, pour favoriser un développement artistique. Nous avons également monté une agence de booking qui regroupe plusieurs artistes français et étrangers signés régulièrement sur nos labels afin de développer la proposition de labels nights aux organisateurs, promoteurs, clubs et festivals. Notre but n’est pas de signer juste un coup de cœur ou un artiste que l’on apprécie musicalement mais de favoriser un échange musical et un développement artistique avec chacun d’entre eux si possible.

Quels sont tes projets à venir, tant du point de vu DJ que producteur et gérant de label ?

Durant les prochains mois, j’aurai de nombreux tracks et remix qui sortiront sur plusieurs labels. J’invite les gens à se connecter régulièrement sur mes différents réseaux sociaux pour avoir les informations détaillées. Ils pourront aussi se tenir au courant sur mes prochaines dates en France et à l’étranger. Concernant nos labels, nous continuerons à produire de nombreux artistes connus ou new-comers  sur Amazone records (plus axée sur la dark techno) et sur Among records (plus orientée sur une techno large).  Nous sommes déjà ravis d’avoir été dans les premiers labels français à signer des gars tels que Truncate (Audio Injection), Flug, Axel Karakasis, Tom Hades, Perc, Bodyscrub… Le rêve serait de parvenir à signer des monstres de producteurs tels que Speedy J par exemple ! Sinon j’ai monté avec mon collègue Atix depuis une grosse année un nouveau projet de live act techno en duo sous le pseudo «  iKick! » avec lequel nous avons déjà effectué plusieurs prestations dans des festivals et clubs français. Nous nous sommes beaucoup impliqués dans ce projet en produisant plus de 2 heures de sons exclusivement pour notre prestation live. Les jolis feedbacks et encouragements que l’on a pu recevoir du public après nos dates nous ont encouragés à produire quelques tracks que nous allons proposer à plusieurs bons labels internationaux  cette fin d’année afin d’effectuer 2 EP prochainement. Je ne peux pas en dire plus pour le moment, mais n’hésitez à vous ajouter à notre page facebook iKick! pour suivre notre parcours.

Quel est le rêve en musique électronique que tu n’as pas encore réussi à concrétiser ?

Personnellement, je réalise déjà mon rêve : pouvoir vivre de ma passion, la musique électronique, depuis une vingtaine d’année  et me permettre de voyager dans les 4 coins de la France, en Europe ou encore en Asie. J’espère que cela continuera dans l’avenir : pouvoir davantage développer les dates, notamment à l’étranger, afin de découvrir de nouveaux publics sur des continents où je n’ai pas encore eu l’opportunité de jouer comme l’Amérique Latine ou l’Australie 😉

Le mot de la fin ?

Un grand merci et longue vie à Interaktion ! Et je tiens également à remercier toutes celles et ceux qui me soutiennent depuis tant d’années : public, artistes, labels, promoteurs, organisateurs, clubs, associations, amis et proches…. BIG THXX !!!

Pour aller plus loin :

D’Jamency : Site Web | Facebook | Soundcloud | Mixcloud | Beatport

Amazone records : Facebook | Beatport

Among records : Facebook | Beatport

© Photo : Fred Oudin

ParAnthony Beauchet

Bongo Beat

La musique électronique a baigné ton enfance, ne serait-ce que par la new wave et la pop qu’écoutaient tes parents : en quoi cet héritage musical a-t-il eu une influence sur ta carrière de DJ et producteur ?

J’ai été influencé par les années 80’s aussi bien par le côté populaire que par les musiques plus confidentielles. Les années 90’s et les cassettes auto-reverses de mes parents ont amené leur lot de sonorités house et électroniques. Entre Sandra, Technotronic, Ace Of Base et les compils Hit Machine (eh oui, je suis un enfant de la télé), finalement la musique électronique, je suis tombé un peu dedans étant petit.

Il semble à que la house filtrée occupe une place particulière dans ta rencontre avec les musiques électroniques : qu’est-ce qui t’as séduit dans ces sonorités ? Quels souvenirs gardes-tu de cette époque ? Pourquoi avoir évolué vers des sonorités plus underground ?

 Danser et faire danser est un leitmotiv ; à partir de là, j’ai toujours kiffé les sonorités qui rentraient dans cette idée. Donc la dance d’abord, puis la house et la techno sont arrivées naturellement, par recherche de finesse. Quand j’étais enfant et ado, l’achat d’un CD 2 titres ou d’un album, c’était un événement ! Ce que j’adore dans les musiques électro, et plus spécialement dans la house music, c’est que les possibilités sont infinies et que le groove peut être puissant.

Qu’est-ce qui t’as motivé à devenir DJ de la scène électronique ? Avec quel matériel mixes-tu ? Pour toi, un « bon » mix, c’est quoi ?

J’ai commencé à sortir en club l’année de mes 17ans, et notamment du côté d’Annecy avec des clubs mythiques (qui le sont moins aujourd’hui), et surtout en voyant les DJs jouer des pistes que je ne connaissais pas. Je me suis dit « c’est ça que je veux faire ! ». On accorde beaucoup d’importance au matériel au début mais on se rend compte par la suite que cela devient plus accessoire. Ce qui compte, c’est la connaissance des morceaux et la préparation des sets. J’ai commencé avec le modèle CDJ + mixer (CD puis clé USB). Aujourd’hui, je continue à privilégier ce mode de mix tout en commençant à évoluer vers des contrôleurs et des softs types Traktor ; je me suis également tourné vers Ableton pour le live. L’idée de cette évolution, c’est de proposer autre choses que de simples morceaux qui s’enchaînent.

Tu es également producteur : quelle est ta philosophie en matière de production ? Es-tu plutôt du genre spontané ou réfléchi dans l’acte de composer ? Travailles-tu seul ou en collaboration ?

La production, c’est une part de ma vie musicale qui devient de plus en plus importante, c’est une suite logique pour moi. Pouvoir créer mes propres morceaux et les jouer en live reste un grand kif, et quand d’autres artistes les jouent, c’est vraiment un honneur. Je compose de façon spontanée avec un fil conducteur sur le groove que je veux obtenir, soit à tendance house, soit à tendance techno. Je fais beaucoup de productions solos et je commence depuis peu à faire des collaborations et des remix : c’est une autre façon de bosser mais toute aussi grisante !

Tu as signé des tracks sur des labels au Canada (Spliced Vinyl recordings) et aux Etats-Unis (No Sand records) : tu boudes les labels français ? Quels sont les labels où tu aimerais signer ?

Spliced et No Sand sont les premiers labels sérieux avec lesquels j’ai bossé. Depuis début 2016, je bosse avec Check In recordings, un label français tenu par Rio Dela Duna, mon pote Juanito et Axel Fowley. C’est une branche de la grosse maison Housesession en Allemagne. J’ai aussi signé sur un label italien, MoveUBabe, et sur Frequenza records : ils ont une super sélection, notamment celle de Dantiez Saunderson. Cet été, j’ai signé un track housy sur Ambassade records : ce label appartient à la famille de Pool E Music, maison de disque d’Antoine Clamaran. D’ici quelques jours, un remix va sortir pour David Dee Vision (une personne que j’admire beaucoup) sur son label parisien fraîchement créé : Soul Division Music. Comme tu le vois, je ne boude pas les labels français : c’est plutôt une question d’opportunité. Aujourd’hui, j’aimerais travailler avec un label comme Clarrisse records (géré par Mendo) car il présente une sélection artistique de qualité. J’aimerais aussi évoluer sur le label de Sam Divine, D-Vine Sounds : c’est un label résolument House à l’anglaise et qui groove beaucoup. Mais surtout, je continue de bosser avec les labels qui me font confiance.

Comme tout passionné, tu as forcément été influencé par des artistes et/ou labels : peux-tu nous citer 5 tracks (ou albums) que tu considères comme des incontournables de la musique électronique ? Quels souvenirs associes-tu à l’écoute de chacun de ces 5 tracks/albums ?

J’ai beaucoup écouté les compilations « Defected in the house » et « Ministry Of Sound ». Le « Defected in the house » de Martin Solveig en 2007 marque un tournant dans le genre de house que j’affectionne. Parmi les tracks qui m’ont marqué, je citerai :

Dennis Ferrer « Hey hey » (Objektivity, 2009) : toujours présent dans mes set lists.

Daft Punk « Around the world » (Virgin, 1997) : mon premier tapage de pieds.

Benny Benassi « Able to love » (D:vision records, 2002) : premier morceaux qui m’a emporté loin !

Da Hool « Here comes Da Hool » (Kosmo records, 1997) : mon premier album résolument techno.

Run-DMC « It’s like that » (Profile records, 1983) : mon gros kif depuis des années.

bongobeat2-reciiiprokEn plus d’être artiste, tu es également coproducteurs d’évènements (Do deep down, Savane sonore) et tu as été résident DJ à Chambéry (WineNot) : comment t’organises-tu pour gérer tes différentes casquettes dans la culture électronique ? Comment se porte la scène électronique sur Chambéry ? Quels sont tes meilleurs souvenirs de soirées ?

Le Wine Not fut une bonne expérience avec une résidence hebdomadaire de 2013 à 2016. Je jouais les sons qui me parlaient et les gens étaient réactifs ! Du côté de Chambéry, et plus largement en France, la musique House et Techno est plus que confidentielle. Etre promoteur de ses propres événements est devenu inévitable selon moi. Niveau organisation… C’est pas facile tous les jours mais c’est kifant !

DJ, producteur, organisateur de soirées… Quels conseils donnerais-tu à un jeune qui souhaiterait aujourd’hui se lancer dans l’aventure des musiques électroniques ? As-tu le sentiment que « c’était mieux avant » ou que « le meilleur reste à venir » ?

Je n’ai pas spécialement de conseils à donner : « si tu as l’envie, rien ne doit t’arrêter ! ». L’essentiel reste la passion de la musique, un soupçon de culot et un trait de bagout ! C’est un milieu où le réseau est primordial. Avant c’était différent, mais pas forcément mieux ou moins bien. L’avenir est ce que l’on en fait.

On oppose volontiers le commercial et l’underground dans la musique électronique : quelle est ta position à ce niveau là ? Comment considères-tu des mouvements comme l’EBM ou les free-parties qui sont aux antipodes de la musique électronique ?

 Le monde de la musique est aujourd’hui « dirigé » par les radios qui, à mon sens, ne vont pas dans le bon sens. Sur 1h ou 2h en radio, tu as 15 titres… Et basta !! Ce constat est désastreux car les gens ne vont pas en clubs pour découvrir mais pour écouter ce qu’ils connaissent… C’est triste !!! C’est pour ça que j’ai monté le projet « Savane Sonore » afin de promouvoir l’underground dans les clubs généralistes. Il faut éduquer à la bonne musique et ne pas faire comme tout le monde !

Quels sont tes projets à venir ? Si tu avais une lampe magique et un seul vœu à exaucer aujourd’hui, quel serait le tien ?

Beaucoup de productions en vue avec des remix, des collaborations et des tracks solos : j’ai du pain sur la planche !! Niveau dates et DJ set live, mon projet « Savane Sonore » a lieu 2 fois par an en faisant évoluer le line up. Je suis dans l’optique de faire des dates qui me font kifer, et arrêter de seulement « jouer pour jouer ».

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© Photos : Art Prism, Reciiiprok

ParAnthony Beauchet

Chicuss

Chicuss, c’est un DJ aux influences éclectiques, développant son activité sur la Savoie et la région Rhône-Alpes, notamment via les association Lunatik Armada et Reciiiprok ! Il travaille actuellement à la production en vue de sortir un EP.

Chicuss, un nom intriguant : peux-tu nous dire d’où vient l’origine de ton pseudo de DJ ?

J’ai choisi ce nom de scène tout simplement car c’est mon surnom depuis maintenant plus de 15 ans… A l’époque, il y avait une pub pour de la téléphonie avec « Chico, va chercher bonheur » et un soir de beuverie, j’ai mis une perruque identique… En sachant que je m’appelle Marius, toute la soirée, c’était « Chicuss, va chercher bonheur » et c’est resté !!!

Ton héritage musical durant ton enfance est très éclectique : jazz, soul, blues, reggae, rock, hip-hop : peux-tu nous citer 5 tracks qui t’ont spécialement marqué et pourquoi ?

  • 1976 – Dee Dee Bridgewater « He’s gone » (album « Dee Dee Brigewater » sur Atlantic) : mon premier concert (emmené par mon père) ; même si ce n’était pas ma tasse de thé à l’époque, une grosse claque musicale !
  • 1981 – Paolo Conte « Via con me » (album « Paris Milonga » sur RCA Italiana) : la musique des dimanches matins heureux…
  • 1974 – Louis Armstrong « La vie en rose » (album « La vie en rose, c’est si bon » sur Musicdisc) : je dirai même l’intégrale de Louis Armstrong écouté en boucle. Maintenant, avec le recul, faut se méfier : le type il a marché sur la lune, gagné 7 fois le Tour de France et il joue de la trompette… Faut arrêter de nous prendre pour des cons (rires).
  • 1995 – No Doubt « Just a girl » (album « Tragic Kingdom » sur Interscope records) : j’ai découvert qu’il n’y avait pas que le jazz dans la vie et que la zic, ça peut groover aussi !!!
  • 1994 – Ministère A.M.E.R. « Nègres de la pègre » (album 95200 sur MAM Production) : c’est ce morceau qui m’a fait découvrir le Hip-Hop, style musical qui reste encore aujourd’hui mon 2ème amour !!!

2006, c’est la claque Jenifer Cardini aux Nuits Sonores : tu boudais le milieu électronique avant ça ? Quel souvenir gardes-tu de cette rencontre ?

C’est pas que je boudais le milieu éléctro, mais je comprenais pas comment ça marchait… J’étais fan  de Röyksopp (comme le track « Eple » sorti en 2001 sur Wall Of Sound), mais je ne considérais pas ça comme de l’électro. J’allais en free pour l’ambiance mais les BPM à plus de 150, c’était pas mon kiff ultime ; à la radio, on était déjà dans la dance merdique vendue par paquet de 6… Du coup, je m’identifiais pas trop au mouvement.

Les nuits sonores, à la base, j’y suis allé car j’habitais Lyon, ça rassemblait plein de monde, le signe d’une bonne soirée… J’ai compris alors qu’il y avait un milieu totalement inconnu pour moi, avec des sonorités qui me parlaient, un public souriant et fêtard et des grosses caisses surpuissantes !!! Et c’est ce soir là que Jennifer Cardini a fait le closing : je me tenais les mains sur les genoux tellement j’avais mal aux jambes d’avoir dansé toute la nuit ; et ma gueule hurlait « ENCORE !!! ».

Comment as-tu appris à mixer ? Quels étaient tes influences de départ ?

J’ai appris grâce à Lud’O avec qui on passait des après-midi entiers à mixer sur vinyles encodés ; très vite, il m’a vendu un bout de contrôleur USB, tout en plastique avec 4 boutons et 2 faders que je reliais à mon PC de bureau… Toute une histoire ! Il n’y avait pas de carte son, pas de pré-écoute : du coup on avait bidouillé un système avec un bout de carte son externe en 2 voies… Bref, la grande époque.

Au niveau des influences, j’aimais Popof, Surkin, Brodinski, Ellen Allien… De retour en Savoie, je me suis aussi rapproché du collectif Lunatik Armada dont les influences sont plus Breakbeat avec des artistes comme Hedflux, Far To Loud… Je pense que c’est de là que vient ma variété de styles !

chicuss-3Où as-tu mixé pour la première fois en public ? Qu’est-ce qui a évolué dans tes prestations DJ depuis ? As-tu une résidence aujourd’hui ?

La première fois en musique, c’est comme dans le sexe : on s’en souvient toujours mais c’est pas la meilleure (rires). J’ai eu la chance de jouer pour une soirée de fin de saison, dans une salle des fêtes, avec du Funktion One (cf. Mayadworks) en système son. J’étais stressé complet, j’étais venu avec mon PC de bureau : il avait fallu que je retourne chez moi vu que j’avais oublié des câbles et quand j’ai terminé mon set, le gars d’après était parti je sais pas où, alors j’ai coupé le son (j’avais pas prévu de rab)!!! La loose totale, une bonne expérience à ne surtout pas reproduire (rires).

Maintenant ce qui a changé ? Tout : l’oreille, la technique, les morceaux, le travail des sets, l’écoute du public et surtout, et je pense que c’est le plus important, le plaisir !!! Plus je joue devant du monde, plus je m’éclate : je suis certain que ça se ressent et que ça, c’est une grosse partie du taf à faire !!!

Je viens de prendre une résidence pour la webradio Millenium et j’ai un nouveau set en podcast tous les 1ers jeudi du mois de 20h à 21h (le site est en maintenance en ce moment). Après, pour toute proposition, il ne faut pas hésiter à me contacter.

 Tu fais partie de deux associations : Lunatik Armada et Reciiiprok : peux-tu nous en dire un peu plus sur les activités que tu y développes ? En quoi ton implication associative est un tremplin dans ta carrière de DJ ?

Pour Lunatik Armada, c’est avant tout un collectif de potes où on est tous relié par la même passion pour l’électro. On organise un gros évènement sur la station des Saisies en Savoie : le Tribute To The Air. Pour la 10ème édition (qui se déroulera le 28 & 29 janvier 2017), on prévoit de faire pas mal de choses : il y a donc beaucoup de taf et je suis en charge d’une partie de la com et d’un aspect plus paperasse lié à mon passé de commercial… Comme dans toute association, le rôle de chacun est de mettre la main à la pâte quand on peut et du mieux qu’on peut…

Reciiiprok, c’est une association qui a le rôle d’agence de booking et de création d’évènements : ils m’ont déjà trouvé beaucoup de dates !!! C’est l’agence à suivre sur Chambéry,  Grenoble et  Annecy car ils se bougent pour se développer et imprégner leur vision de la musique électro !!!

C’est certain que dans le milieu, le réseau est roi : plus on multiplie les contacts et les échanges, plus on se fait connaitre et mieux c’est !!! Mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’associatif, on le fait avant tout par plaisir !!

 Coté DJing : quel matos utilises-tu ? Quels sont tes artistes/labels de prédilection en ce moment ? Comment définirais-tu une prestation DJ de Chicuss aujourd’hui ?

Au niveau matos, je suis 100% en contrôleur et je le revendique !!! J’aime utiliser ce que la technologie nous offre et je trouve que celle-ci me permet de me concentrer sur l’essentiel : la musique !!! Mon set up : une table Allen & Heath Xone 42 en 4 voies, un contrôleur Native Instrument X1 qui gère 2 decks et un Native Instrument Maschine qui gère 2 autres decks et qui me sert pour la composition.

Coté artistes fétiches : Paul Kalkbrenner, Umek, Tinush, Sam Paganini… Mais pas vraiment de labels car je vais les chercher là où ils sont. Une chose est sûre : si la track existe sur plusieurs labels, je me fais un point d’honneur de l’acheter sur le petit label, pour aider.

Comment je définirais une prestation de Chicuss ? Aucune idée (rires). Je fais ce que j’aime faire, j’essaie d’être en accord avec moi-même. Bien sûr, il faut adapter  son DJ set à la soirée mais j’essaie de toujours conserver mon style.

 En parcourant ton soundcloud, j’ai remarqué que tes sets DJ sont aussi très éclectiques (Hip-Hop, Tech House, Techno, Deep-House) : y a-t-il des genres de musiques électroniques que tu n’as pas envie de mixer ? Préfères-tu mixer les derniers hits ou raconter une histoire en mélangeant les époques dans tes mix en public ?

Je ne veux pas m’imposer de jouer les derniers hits à la mode : j’aime raconter une histoire, emmener le public dans mon monde. Je me suis rendu compte que quand on se fait plaisir, en sachant s’adapter un minimum et en levant les yeux pour voir ce que le public veut, celui-ci est plus réactif et la mayonnaise prend. Je ne me refuse aucun style, mais c’est vrai que je n’ai jamais fait de set Hard-Tech par exemple car ça me parle moins : mais si un jour ça me prends, alors je le ferais.

 Depuis 2012, tu touches à la production : sur quoi composes-tu ? Avec quel matos ? Es-tu aussi éclectique dans tes productions que dans tes DJ sets ? Comment se passe la recherche d’une première signature label ?

Je compose de l’électro au sens large et des instrus hip-hop. On s’est même fait des petits kiffs avec des MC et c’était vraiment cool ! Avec une amie chanteuse, on a aussi commencé à mettre en place un projet mélangeant mes sonorités électro et les siennes beaucoup plus tournées vers le jazz et le blues. Je pense qu’il y a vraiment des choses à faire, tout est une question de temps… Dernièrement, je m’investis à fond dans la production électro. Je suis en train de réaliser un EP pour pouvoir le proposer aux labels et voir ce qu’ils en pensent.

Pour le matos, je compose sur Native Instrument Maschine et j’arrange les morceaux sur Ableton live : 2 logiciels qui fonctionnent très bien ensemble. Avec cette manière de faire, j’ai l’impression de tirer parti des avantages de chacun.

 Pour finir, imagine qu’un jeune vienne te voir pour te dire qu’il aimerait se mettre à mixer : quels conseils lui donnerais-tu en tant que DJ expérimenté ?

Le meilleur conseil à donner : lâche rien, continue encore, encore et encore et si ça te plait toujours : recommence (rires).

 Retrouve CHICUSS sur la toile :