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ParLoïc Pineau

Miskeyz

A l’occasion de la sortie de son premier album « Memories » sur French House Records le 5 octobre, nous avons rencontré le producteur lyonnais Miskeyz pour mieux connaître son parcours.

D’où vient ton nom de scène, « Miskeyz » ?

Miskeyz est un mot-valise amélioré, en fait j’ai réuni deux mots, “Miss” et “Keys” qui signifient “oublier” et “clés” en anglais. Pour l’anecdote, cela remonte à la base du projet, il y a maintenant quatre ans environ. En pleine écriture des premiers morceaux, dont Under The Sun, j’ai oublié plusieurs fois mes clés dans mon appartement et me suis donc retrouvé souvent bloqué dehors, ce qui m’a permis de réfléchir à ce nom de scène (rires) !

Comment définirais-tu ta musique ?

C’est assez compliqué de classer sa musique dans un genre précis, j’aime beaucoup de styles et j’ai énormément d”influences. Je n’aime pas me mettre des barrières quand je compose donc il m’arrive de partir parfois dans des directions totalement opposées. Les points communs que j’essaye de faire ressortir dans mes morceaux sont principalement des mélodies et harmonies développées, des rythmiques progressives et appuyées, et de l’émotion. Si on devait donner un genre à mes morceaux, il s’appellerait « deep house mélodique ».

Quelles sont tes plus grosses influences ?

Mes influences principales sont les artistes du label Hungry Music (N’to, Worakls, Joachim Pastor…) que j’écoute beaucoup. Dans le même registre j’écoute aussi beaucoup David AugustKölsch, Daniel Avery pour l’ambient techno, Boris Brejcha pour la dark minimal, Rone, Thylacine, Bonobo, ou encore Kiasmos.

Parle-nous de ton album Memories qui sort dans quelques semaines.

Memories, c’est mon plus beau projet depuis que Miskeyz existe. C’est la note finale à trois années de travail. Il comporte douze morceaux dont dix inédits. La sortie est en cours, six morceaux sont déjà disponibles et six autres arrivent pour le 5 octobre, la date officielle de sortie de l’album. C’est un projet que je suis content de clôturer, terminer un album, en être satisfait et le sortir représente un travail de titan même à mon niveau. Aujourd’hui je peux à nouveau me projeter vers la suite. De retour des États-Unis, j’écris actuellement des nouveaux morceaux pour un prochain EP.

Comment s’est déroulé la rencontre avec ton label, French House Records ?

French House Records est un petit label qui était basé sur Toulouse lors de notre rencontre. Nous avons été mis en contact par un ami et collègue de travail qui fait parti de la famille du label manager. Nous avons donc commencé à travailler sur un premier EP, Fireworks, à distance. Puis le label a déménagé à Lyon, ce qui a grandement facilité nos échanges et le travail sur l’album.

Qu’aimes-tu dans la performance live ?

Les performances lives sont les choses que je préfère dans ce projet, mes premières scènes ont demandé beaucoup de travail de préparation technique et de répétition. Lorsque je joue mon live, je rentre dans un état de concentration extrême qui me fait oublier presque tout, je fais corps avec les morceaux et je les ressens. J’aime beaucoup tester les nouveaux morceaux en live, car cela me permet de voir comment le public va réagir et comment je ressens également le morceau.

De quels machines et logiciels est composé ton set ?

Mon set est construit sur Ableton Live que je contrôle avec un Launchpad Novation et un Launch Kontrol XL Novation également. Je joue également des mélodies sur un petit clavier MIDI et sur un carillon. J’ai aussi ajouté des pads et une guitare dans le set. Il y a aussi une partie vidéo qui est lu par un deuxième ordinateur, piloté directement en MIDI par Ableton Live.

(c) Miskeyz Facebook Page

Quels sont les tracks ou artistes que tu écoutes le plus en ce moment ?

Au risque de paraître narcissique, en ce moment j’écoute en boucle les nouveaux morceaux sur lesquels je travaille (rires) ! Cela me permet d’avancer dessus et d’entendre les petites choses qui doivent être corrigées. Sinon, pendant les vacances, j’ai écouté le nouveau titre de P.N.A.U., Go Bang, Vanille Fraise de l’Impératrice, The Blaze, le dernier album de Bonobo, et Kiasmos, toujours !

Quel est ton meilleur souvenir de scène ?

Mon premier live qui s’est déroulé le 26 Mai 2017 au Square Delfosse dans le cadre d’un extra des Nuits Sonores. Je n’avais aucune idée de l’impact sur le public, et j’ai été très surpris de voir que les gens ont très bien répondu ! C’est un souvenir que je garderai toute ma vie je pense.

Quels sont tes futurs projets ?

J’aimerais donner un élan supplémentaire au projet en m’entourant d’une véritable équipe. Aujourd’hui j’ai déjà une petite équipe technique et une équipe vidéo (PNE – Party Never Ends) qui m’aide à développer mon visuel sur les réseaux sociaux. Ce qu’il me manque c’est un agent ! Et pour ce qui est de la suite musicale, je prépare actuellement un EP, que vous entendrez sûrement lors de mes prochains sets !

Troisième teaser de l’album ‘Memories’, sortie prévu le 5 octobre sur French House Records

 

Retrouvez Miskeyz sur Internet :

ParLoïc Pineau

High Potential

Rencontre avec Anthony Beauchet et Marius Sergent, deux DJ associés ayant décidé de valoriser leur pratique et l’émergence au travers d’une agence artistique et évènementielle : High Potential.

En quoi consiste le projet High Potential ?

Marius : Au départ, c’est le projet d’Anthony, qui souhaitait créer une agence de booking en musiques électroniques. J’étais l’un de ses clients et au fil du temps, son projet à évolué pour devenir un modèle économique viable et “original”. Antho m’a fait participer à ses réflexions et progressivement, j’ai intégré le projet en tant qu’associé. Aujourd’hui, High Potential est une agence de programmation musicale et de création d’évènements, spécialisée dans les DJ et livers machine, dans les styles électro, reggae et hip-hop. Tout ce qu’on aime (rires) !

Anthony : High Potential est devenu un projet collaboratif entre deux DJ passionnés ayant décidé de donner leurs chances aux artistes dans les genres reggae, hip-hop et électro. Le projet s’appuie sur un constat sans appel : l’émergence a du mal à s’exprimer sur une scène de plus en plus professionnelle. De plus, le DJing a tendance à se ghettoïser, à s’enfermer dans une lutte des genres qui n’a pas son fondement historique. Nous prônons l’ouverture, l’éducation des publics, des lieux et organisateurs accueillant nos programmations et nos événements.

Quels sont vos parcours ?

Marius : Côté études, j’ai un BTS en action commerciale qui m’a permis de bosser dans les assurances pendant 8 ans : je gagnais mieux ma vie que maintenant (rires) ! J’ai vite compris que ce système n’était pas fait pour moi : ultra capitaliste, règne de la compétition et de l’individualité… J’ai tout plaqué pour me développer en tant qu’artiste (Kour[t]-Cirkuit). En arpentant le monde de la musique, j’ai découvert qu’il était aussi gangréné que le reste mais qu’il est encore possible de proposer un modèle économique différent, où les relations humaines existent dans le business, où la satisfaction de tous est envisageable. C’est mon côté utopiste qui m’anime dans le travail, avec Antho en tout cas, j’y crois ! A force de discuter et de travailler ensemble, on s’est rendu compte qu’on avait les mêmes valeurs, la même folie (rires). C’est pour ça qu’on a décidé de développer HP ensemble !

Anthony : J’ai travaillé comme cadre dans le milieu médico-social pendant 13 ans tout en développant en parallèle de nombreux projets associatifs dans les musiques électroniques (DJ, webzine, organisation de soirées, agence de booking…). En 2016, je me rends compte que ce monde salarié ne me correspond plus parce qu’on freine ma créativité : j’ai toujours de superbes idées et une hiérarchie qui avance au ralenti et ne prend pas de risques. Je passe par la case bilan psychologique et découvre que je suis un « Haut Potentiel Intellectuel » (HPI). Je reprends alors ma vie professionnelle en main, retourne à l’université pour obtenir un Master 2 en Management de Carrière d’Artistes et un diplôme d’étudiant entrepreneur, et je monte High Potential. Je reprends aussi ma vie scénique en tant que DJ via deux concepts, passant du vinyle au contrôleur numérique : Dichotomie pour la scène club (house, techno) et Phéromone pour la scène free-party (raggatek, drum & bass, psy-trance). J’ai rencontré Marius et depuis, on ne se quitte plus (rires) !

High Potential se divise en deux divisions, La Prog et La Fabrik : quelle est la différence entre les deux ?

High Potential propose deux services :

  • La Prog, qui s’occupe de la direction artistique d’un établissement ou d’un événement et favorise également l’échange de DJ à travers la France. Notre objectif est de mettre à disposition notre savoir, nos compétences et notre réseau. Notre force est de parfaitement connaître le milieu de la musique actuelle populaire (Electro, Reggae, Hip-Hop) et ses spécificités. On est là pour proposer aux lieux de diffusion et aux organisateurs un line-up en adéquation avec les tendances du marché.
  • La Fabrik, qui organise des événements promotionnels musicaux pour des marques ainsi que des concepts dédiés à l’émergence des DJ. On souhaite l’égalité des chances d’accès à la scène pour tous les artistes ! On se rend compte que les acteurs des musiques actuels jouent de moins en moins leur rôle de découvreur de talents ! High Potential considère que l’émergence est très importante pour la culture et tout le monde se désintéresse de ce marché. On sait que le public raffole des têtes d’affiches, et c’est tant mieux. Mais on sait aussi que le public en a marre de voir toujours les mêmes line-up en club et en festival !

Pourquoi miser sur l’émergence d’artiste ? En quoi est-ce plus intéressant ?

L’émergence est la condition nécessaire aux têtes d’affiche de demain. Nous sommes écœurés par le modèle marketing qui met en avant le seul producteur et confesse au DJ un rôle secondaire, celui d’être présent sur scène par pur marketing. Le mix est un savoir-faire qui ne s’acquiert pas dans sa chambre : c’est une expérience qui s’acquiert en confrontation avec un public, qui se construit au fur et à mesure des rencontres. Être plongé dans le grand bain scénique uniquement parce qu’on a un tube qui cartonne, c’est dévaloriser le métier d’artiste sur scène. On voit se développer le DJ-interprète qui exploite la touche SYNC de ses platines sans savoir mixer ; on voit des stars faire la promo de leur hit sur scène en étant derrière des CDJ pour jouer un unique track… Tout ça n’est pas très sérieux ! Ça nous rappelle l’époque de l’eurodance où chaque artiste faisait du playback, était interchangeable. 
L’émergence a besoin de lieux, d’événements pour pouvoir s’exprimer. Le Star System écrase toutes les initiatives de découverte par la scène, sauf à en faire des carrières fulgurantes. High Potential navigue à contre courant en soutenant l’émergence : c’est aussi notre façon de nous démarquer.

Cela fait plusieurs années que vous travaillez dans le milieu de la musique électronique. La démocratisation de ses pratiques depuis les années 2010 a-t-elle rendu votre projet plus simple à réaliser, plus accessible, ou au contraire bien plus complexe car la demande est beaucoup plus forte ?

L’impact du numérique a fortement développé la concurrence entre DJ, amenant à une saturation sur le marché. Le live est le marché le plus porteur aujourd’hui car vendre des disques ne rapporte rien à l’artiste (et ce n’est pas le modèle du streaming qui dira le contraire…). Pour autant, le milieu s’est professionnalisé, développant un écosystème spécifique largement méconnu des artistes. Beaucoup ne savent pas faire la différence entre un éditeur, un booker, un manager ou encore un producteur. Certains profitent de cette naïveté car ils connaissent le besoin de jouer des artistes ! High Potential rajoute une pointe d’humanisme dans la manière de développer son business : on valorise l’économie sociale et solidaire, l’entraide, la conscientisation et le pouvoir d’agir des artistes. C’est loin d’être simple tous les jours mais c’est aussi ce qui nous motive parce qu’on est deux amoureux de la musique qui respectons notre culture plutôt que de la salir !

Les organisateurs sont souvent réticents à l’idée d’embaucher de jeunes artistes, peu connus : comment contribuez-vous à leur mise en avant ?

Marius : L’organisateur qui veut un nom connu, en gros, il n’a pas besoin de nous : il contacte le bookeur et si les moyens vont avec, c’est réglé. High Potential va plus loin que ça : tu as un besoin, on l’identifie et on trouve les personnes qui te correspondent le mieux. On fait un gros travail sur les artistes : on écoute ce qu’ils proposent, on sonde aussi la qualité humaine de la personne. Ça nous permet de trouver des artistes sérieux, à qui on propose des dates à des prix raisonnables car notre rôle est aussi de payer les artistes à leur juste valeur, même un émergent. On ne se focalise pas sur le nombre de fans sur Facebook, sur la notoriété ou le nombre de productions sorties dans l’année. Ce qui nous importe, c’est la qualité de l’artiste : de sa musique à son univers, de ses valeurs à sa volonté de défendre son métier et sa culture. On prône davantage la solidarité plutôt que le nombrilisme car ensemble, on est plus fort !

Anthony : Faire jouer un jeune artiste aujourd’hui est quasiment impossible, à moins de faire du copinage. Je parle surtout ici des clubs et festivals qui jouent la carte du star-system et de la notoriété. La free-party reste une scène ouverte à l’émergence mais dans une esthétique musicale particulière. Quant aux bars, les open mix se raréfient ; j’en ai vu certains proposer 80€ pour 6 heures de mix : accepter de telles conditions de travail, c’est ne pas se respecter en tant qu’artiste. La réticence de certains clubs est parfois absurde : on demande à un artiste émergent de ramener du monde alors qu’il n’a pas l’expérience de la scène ! La réticence aussi, c’est parfois à la limite de la stigmatisation : j’ai entendu un directeur de salle de concerts me dire « on veut pas de DJ techno parce que ça ramène le mauvais public ! ». Ce n’est pas la même chanson lorsque tu es programmateur ou directeur artistique car là, c’est toi qui gère le line-up et tu sais pourquoi tu programmes tel ou tel artiste, émergent comme confirmé. Tout est affaire de confiance : les clients pour qui nous travaillons nous laissent carte blanche car ils reconnaissent notre expertise et aujourd’hui on fait du lobbying pour valoriser l’émergence : c’est tout l’esprit de La Fabrik !

Quels sont vos artistes coup de coeur en ce moment ?

Marius : Pas évident comme question, mais vu qu’il faut choisir, je dirais Dy Oxis et Tekbu en électro, qui proposent vraiment de la grosse track de qualité ! En hip-hop, sans trop d’hésitation, Le Cercle Prod : c’est un groupe qui monte et qui a une prestance scénique très intéressante. Et en reggae/dub : DJ Kris10 qui fait des supers sélections avec un style de mix très original !

Anthony : Côté électro, je vais valoriser l’émergence lyonnaise. J’ai découvert le crossbreed par notre stagiaire Kheim, à qui j’ai donné la chance de faire sa première free-party aux cotés de Suburbass. Je suis aussi assez sensible au jeune Swim, qui aime la house tendance French Touch et la techno dark et mélodieuse : je jouerai avec lui cet hiver au Barbar Pub (Les Saisies). Côté hip-hop, je suis à fond dans la culture des années 1990 : des mecs comme Supa Cosh (Starwax) et DJ C’Oil (Radio Meuh) sont vraiment dans cet esprit là. Enfin coté reggae, je reste très roots et je conseille d’écouter les savoyards d’Holy Sound Crew ou de Watta Bongo Sound System.

Quels milieux visez-vous ? (Salles, clubs, bars, festivals, free…)

Tous (rires) ! En prônant l’ouverture, on ne va surtout pas se fermer sur des lieux ! On n’a pas de limites ! On kiffe autant la scène underground que commercial. On aime la richesse et le télescopage des genres, des publics et des milieux.

Quels sont les projets d’High Potential à l’avenir ?

Marius : Se développer, continuer de trouver des personnes qui nous font confiance, créer des partenariats et partager des moments avec tout ce petit monde… ‘Underground Music Is Not Dead‘ !

Anthony : On s’est donné comme défi de travailler avec les salles de concerts parce que ce sont des lieux qui font la promotion des musiques actuelles et que le DJ en est le parent pauvre. Et on espère pouvoir travailler à l’international parce que la culture DJ y est plus développée que chez nous, à notre grand regret…

Retrouvez High Potential sur Internet :

ParMarius Sergent

Yuki

Interview réalisé par Charles, rédacteur de  notre partenaire YourDj, retrouvez l’article original ICI.

YUKI, une entrée haute en couleurs sur la scène techno montpelliéraine.

Peux-tu te présenter brièvement ?

Je m’appelle Yuki, c’est mon vrai prénom, et je suis japonaise. Cela fait très longtemps que je suis arrivée en France, j’y ai même grandi. En fait j’ai vécu au Japon pendant 6-8 ans, après je suis venue en France pour le travail de mon père, et j’y suis finalement restée.

Racontes-nous tes débuts dans la musique, d’où te vient cette passion pour la musique électronique?

Je crois que j’ai commencé à découvrir la musique électronique pendant mes études supérieures, j’étais dans une école d’audiovisuel, et comme il y avait pas mal de gens qui venaient de beaucoup d’horizons différents, j’ai découvert d’autres styles de musiques que je ne connaissais pas avant. Le premier style de musique électronique que j’ai écouté, c’était de la drum & bass. Après j’ai commencé à écouter du hip-hop, du jazz, de la soul etc. En fait je crois que j’ai vraiment commencé à sortir dans des clubs à partir du moment où j’ai commencé à travailler, à gagner un salaire, et à être autonome. Mes premières soirées, c’était au RexClub à Paris, au départ j’y allais parce que j’aimais bien danser sur l’électro, et en fait plus j’y allais et plus j’ai commencé à m’intéresser vraiment à cette musique.
Au début j’y allais vraiment pour le fun, kiffer avec des gens, et petit à petit j’ai commencé à m’intéresser vraiment au travail du DJ, je me demandais ce qu’il faisait sur la table de mixage, à triturer des potards, à faire des trucs sur leurs disques, je ne savais pas ce que cela voulait dire ! Donc j’ai commencé à m’intéresser au truc, j’ai commencé à imaginer des enchaînements aussi, et c’est à ce moment-là que je me suis dit que j’aimerais bien essayer.
Je me suis lancée et j’ai eu de la chance parce que j’avais un pote qui vendait son matos, des CDJs 800 et une DJM 400, c’était déjà du bon matos, et c’est comme ça que j’ai commencé. Alors j’ai commencé par la drum & bass, et petit à petit, j’ai essayé d’autres styles de musiques, genre electro / house, à l’époque on appelait ça la “fidget house” (La fidget house est un style de musique électronique qui incorpore d’autres styles de dance comme la rave, le breakbeat ou encore le UK garage). Je suis également passée par la phase deep house, et un jour j’ai commencé à mixer des tracks un peu plus techno, et depuis ce jour-là je suis resté dans ce style de musique.
Joues-tu d’un instrument ?
Alors oui, j’ai fait du piano et de la guitare, mais je n’ai pas un niveau de ouf non plus parce que j’ai jamais vraiment poussé la pratique. Chose que je regrette, d’ailleurs. Mais j’ai quand-même des bases de solfège, je sais comment bouger mes doigts sur un clavier de piano, et je sais toujours jouer des accords sur une guitare. Je sais que ces quelques bases musicales m’aident pour la production.

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Quelles sont tes influences musicales ? Es-tu admirative d’un artiste en particulier ?

J’aime bien tout ce qui est soul-jazzy, et j’aime bien les sonorités un peu reposantes, c’est à dire que dans une track techno, j’aime bien quand il y a une nappe qui arrive. Disons qu’il y a certains accords qui me touchent, que j’aime bien. Au niveau des artistes, j’aime particulièrement Shed, il est passé en avril dernier à l’Antirouille. Ses prods sont d’une puissance époustouflante, elles ont de la dynamique, du groove et du grain. Il possède son propre style et arrive à varier les rythmiques dans ses sons et pour moi, sa définition de la techno est aussi la mienne.

En novembre dernier, tu as participé au DJ contest du festival Dernier Cri, permettant aux gagnants de s’offrir une place dans la programmation d’ I ❤ TECHNO, dans quel état d’esprit étais-tu durant la sélection ?

En fait j’avais déjà participé à un grand tremplin sur Paris qui avait duré 6 mois, donc je savais à peu près à quoi m’attendre. Mais ce festival était encore différent parce qu’il y avait un jury qui regardait ta technique, des personnes qui passaient derrière toi pour vérifier ce que tu faisais, c’était encore plus stressant ! Mais par rapport au DJ contest du festival Dernier Cri, j’y suis allée avec un esprit plutôt calme, j’y ai participé sans m’attendre à être sélectionnée, et en plus de ça, je me suis dit qu’étant à l’antirouille, ça me ferait un peu de visibilité et comme je venais de débarquer à Montpellier, je me suis dit que cela serait l’occasion de rencontrer d’autres personnes, je voyais ça comme une opportunité. Bien-sûr quand j’ai commencé à jouer j’étais un peu stressée, mais l’avantage c’est qu’à l’antirouille il y a déjà un public, et en plus de ça j’ai eu la chance de passer vraiment à la fin, donc le public était déjà assez chaud.

Avais-tu une appréhension, de venir mixer au festival avec des grands noms de la scène techno ?

En fait j’ai vraiment beaucoup stressé quelques jours avant le festival, j’étais limite parano, je marchais dans la rue et je me sentais trop bizarre, je me disais que dans 2 jours je jouais à ILT et je n’étais pas comme d’habitude ! Bizarrement, quand je suis arrivée sur scène j’étais assez zen, je pense que la bouteille de champagne que j’ai ouvert avec mes copines juste avant m’a un peu aidé aussi ! Le premier set que j’ai fait c’était dans la green room pour l’ouverture de la scène, il y avait peut-être 10 personnes, et au fur et à mesure je voyais la scène se remplir et là j’me suis dit “oh putain oh putain!”. A la fin du set dans la green room j’en revenais pas, la salle était quand même bien remplie par rapport au début. Et ensuite dans la purple room, qui n’a rien à voir niveau sono avec la green room, forcément les sensations n’étaient plus les mêmes, mais je me suis quand même bien amusée !

Quel était ton ressenti après tes deux sets lors de la soirée (I love techno) ?

J’étais hyper fatiguée ! Mais après le deuxième set, on a fait un B2B avec Blank de Magie Noire, je crois qu’on a mixé une demi-heure ensemble, et après je suis partie rejoindre mes copines, je voulais profiter du festival aussi !

Pour la fête de la musique, tu as mixé sur la Place de la Comédie, devant un public qui n’est évidemment pas celui que l’on retrouve habituellement en soirée techno, voyais-tu cela comme une opportunité ? Un défi ?

Un peu des deux, mais plutôt comme un défi. On est Place de la Comédie, place principale de la ville de Montpellier, il y a du monde, des enfants, des personnes qui ne sont pas forcément habitués à écouter de la techno, donc j’avoue que je me suis quand même préparée pour faire mon set, au moins le début et je me suis pas mal prise la tête pendant quelques jours pour savoir comment j’allais commencer mon set.

Quelle atmosphère voulais-tu installer chez le public ?

J’ai préparé les 5 premières tracks, mais finalement j’ai commencé que par la 3e, celles par lesquelles je voulais commencer à la base paraissaient trop molles finalement.
Du coup j’ai commencé par Prince, j’ai joué des tracks house aussi, pour essayer d’attirer du monde, de pas leur faire peur et éviter de balancer du boom boom dès le début, j’ai essayé d’intéresser un peu tout le monde.

Peux-tu nous décrire tes impressions après ce set ?

C’était vraiment trop bien ! Je suis rentrée juste après parce que j’étais vraiment crevée, et en plus de ça j’ai joué presque 2h alors que je pensais jouer 1h30, il faisait vraiment très chaud aussi ! Vu de la scène, on voyait qu’il y avait vraiment du monde. Du coup à la fin j’ai retrouvé mes potes et j’ai remarqué que les gens étaient vraiment chauds, je ne m’attendais pas à cela du tout, mais finalement c’était vraiment ouf !

Tu n’es pas seulement DJ, tu travailles également dans le cinéma, peux-tu nous en dire plus ?

Oui je travaille aussi en tant qu’assistante son, c’est à dire perchman sur des tournages, cela m’arrive aussi de travailler sur des reportages, des documentaires en tant qu’ingénieure du son, donc dans ce cas-là je suis toute seule et je me promène avec mon enregistreur et je perche en même temps. Après sur les tournages, mon travail c’est de percher les dialogues des acteurs, mais aussi d’équiper les comédiens de micros, qu’on ne voit jamais parce qu’ils sont bien cachés, et maintenant surtout sur les séries TV, ces micros sont obligatoires car les configurations font que parfois, on ne peut pas aller bien chercher les comédiens à la perche. C’est une sorte de sécurité pour la prise de son. Cela va maintenant faire 4-5 ans que je bosse là-dedans.

Certains journalistes et rédacteurs musicaux parlent de la techno comme une sorte d’effet de mode, qu’en penses-tu ?

Elle est un peu dure cette question, mais très intéressante parce que ça fait réfléchir !
Effectivement, la techno est très demandée en ce moment, de plus en plus de gens s’y intéressent. On le voit bien sur les lines-up de festivals, les artistes techno sont très représentés comparé à il y a 10 ans. Je pense qu’il y a eu un moment où la techno a connu un nouveau souffle, avec l’arrivée des producteurs comme Blawan ou Perc, qui ont amené le côté brut et industriel à cette musique. On s’est intéressé à ce nouvel aspect de la techno, on l’a adopté, on continue à le développer et à l’aimer.
En revanche, je parlerai “d’effet de mode” pour les choses qui ont été engendrées par le développement de la scène techno, pas de la musique en elle-même. Si on prend comme exemple Paris, on dit que c’est la Concrete qui a contribué au renouveau de la scène électronique parisienne. C’était l’un des premiers à proposer un truc complètement différent du format club habituel, une fête le dimanche de 7h à minuit, voire plus, juste une ou deux fois par mois sur une péniche… ça avait un côté hyper précieux et c’était tout nouveau. Ils ont réussi à promouvoir des styles de house et de techno que les gens ne connaissaient pas forcément, et ça a attiré plein de monde. Tout ça a donné un coup de boost sur la scène électronique parisienne, et d’autres assos et collectifs ont commencé à imaginer de nouveaux concepts de soirées, à chercher des lieux atypiques pour faire la fête. Maintenant on trouve souvent des open airs ou des soirées dans des warehouses.
Ça a donné aussi naissance à des festivals comme Weather, Peacock et Marvellous Island, dans des lieux accessibles par les transports en commun, donc accessibles à un plus grand public.
Le public tendance amène un style vestimentaire particulier, et même une certaine manière de danser. On découvre une nouvelle façon de faire la fête, et on aime aller dans ces lieux atypiques comme le Berghain : je pense que la queue pour y entrer n’a jamais été aussi longue qu’aujourd’hui. Et ça attire tellement la curiosité que même les non-technophiles sont prêts à faire les 3 heures de queue pour essayer de rentrer.
Tous ces trucs qui se sont créés autour de la techno entraînent un effet de mode. Ça évolue sans cesse avec le temps et je trouve ça marrant d’observer ces changements, ça reflète la société.

Tu as déjà mixé dans plusieurs grandes villes (Paris, Montpellier, Marseille, ..), quel est ton meilleur souvenir en tant que DJ ?

J’allais dire bien évidemment ILT et la Fête de la Musique à Montpellier que j’ai décrit précédemment. Mais je pense aussi à un autre gig : celui de la Fête de la Musique à Paris en 2017. C’était avec E-Klozin’, un collectif parisien dont je fais partie depuis le début de l’année. Ils investissent tous les ans un endroit sous un pont du Canal St-Martin, et chaque année ça ramène un monde de dingue. Cette année-là, il faisait chaud. Mais vraiment très chaud pour un 21 juin à Paris. À 18h il faisait encore plus de 30°C, la température ne descendait pas, les gens continuaient à venir et il faisait encore plus chaud. On a eu quelques coupures de courant à cause de la chaleur et le caisson de basses a lâché vers le milieu de la soirée. Je devais jouer à la fin, et j’avoue que je n’étais pas rassurée de voir ces pannes !
Mais malgré les soucis, le public était toujours là, et en voulait plus. Les gens étaient complètement fous, excités, moi aussi j’étais nerveuse, j’avais qu’une hâte : c’était de jouer et de me défouler. Une fois arrivée derrière les platines, j’ai tout balancé. Je n’avais qu’une heure de set, j’ai envoyé un condensé de “gros sons” hahaha. Ce soir-là, j’ai pu m’exprimer comme je voulais, et j’ai bien senti que le public était avec moi. À la fin de mon set j’avais l’impression de sortir d’un ring tellement ça m’avait rempli d’adrénaline.
Il n’y a pas meilleure satisfaction que quand le public est sur la même longueur d’onde que toi !

A l’avenir, où peut-on te voir jouer ?

Pour l’instant je n’ai pas de date. Mais j’ai rejoint Magie Noire, avec qui j’ai joué dans une pool party aux côtés de Franck Roger en juin. J’espère avoir quelques dates à partir de la rentrée, sur Montpellier ou dans d’autres villes !

Une musique préférée pour finir un set ?

Cela dépend vraiment du moment, mais à la fête de la musique, j’ai fini avec un morceau que j’ai toujours rêvé de jouer dans ce genre de condition, c’était “Born Slippy”, de Underworld.

Site Internet / Facebook / Soundcloud

ParLoïc Pineau

Glitch

Glitch est un jeune producteur de musique électronique originaire de Valence. Tout d’abord guitariste et batteur dans un groupe de métal, il découvre l’univers de l’électro lors de ses études et décide de se lancer dans la production. Rencontre avec cet artiste, alors en pleine recherche de label pour sortir son premier EP.

Pourrais-tu définir ce que représente ta musique?

J’ai trois influences principales, qui sont la house, la techno, et la trance. Ce sont les trois piliers de ma musique. Au départ, je faisais beaucoup de recherche technique, avec une idée très « électronique », physique du son, en essayant de savoir comment fonctionne un synthétiseur, comment modifier un sample par exemple, et je jouais beaucoup sur ces expérimentations. Mais maintenant ça s’affine sur un dialogue entre les trois styles que j’ai cité. Je créé de la musique assez dark et un peu torturé, mais quelques fois, ça m’arrive de composer des morceaux joyeux ! (rires)

Quels sont les artistes qui t’ont le plus influencé?

J’ai beaucoup de mal à répondre à cette question. Ils sont très nombreux. Si on parle d’un style spécifique, je peux donner 2-3 noms d’artistes que j’apprécie, mais je n’ai pas une liste de noms en particulier, je suis incapable de dire de but en blanc quel est l’artiste qui m’a le plus influencé.
Ha si, il y a les Creedence (Clearwater Revival, ndlr), ça n’a rien à voir avec la musique que je fais et j’en écoute assez peu, mais c’est vraiment un groupe intemporel pour moi ! (rires)
Je ne suis pas quelqu’un qui écoute beaucoup de musique, en général. C’est surtout les gens avec qui je vis, mes potes, qui me font découvrir beaucoup de choses et m’apportent des influences, moi j’ai tendance à rester dans ce que je connais déjà. Je suis tout le contraire d’un digger !

Être musicien en amont, est-ce important pour produire sur des logiciels de MAO?

Si je n’avais pas été musicien, je ne me serais sûrement pas lancé. Ça aide, mais pas nécessairement. Tu peux faire de la musique sur ordinateur sans avoir touché un instrument de ta vie, sans formation musicale. Mais si tu veux faire ce qu’il te plaît et sans compromis, il y a une certaine forme de théorie à acquérir, une idée de ce qu’est la musique, le son. Au-delà de la formation musicale, il y a aussi la formation physique: qu’est-ce qu’une onde sonore, comment la fabriquer, etc…
Devant un écran, tu es vraiment détaché d’un instrument réel, ce qui est représenté sur le logiciel ne représente rien concrètement. Tu cliques sur les boutons, mais si tu ne sais pas ce que ça induit réellement sur le signal sonore, pour moi c’est compliqué d’aller plus loin. Pour revenir à la question, au départ, ce n’est pas très important d’être musicien, même si ça peut aider, mais au bout d’un moment, je pense qu’il est important d’avoir des bases en solfège, connaître un peu l’harmonie, pour savoir de quoi on parle lorsqu’on commence à composer.

As-tu une manière spécifique de composer?

Je compose souvent sur un temps très court, qui correspond à un moment, un état d’esprit particulier. J’ai une manière assez impulsive de travailler. Je sais quand j’ai envie de faire de la musique, mais je ne sais jamais où est-ce que mes inspirations vont me mener. Par contre, j’ai beaucoup évolué depuis mes débuts: aujourd’hui, je crée mes ‘templates(projets pré-configurés dans le logiciel, ndlr) que j’étoffe au fur et à mesure, avec des effets, des sons, et un mixage pré réglés. Quand je démarre un projet, j’ai une structure déjà faite, et ça m’oriente vers le son global que je veux avoir.

Quels synthés utilises-tu?

Je travaille sur le logiciel FL Studio depuis que j’ai démarré la production, et j’utilise un synthé en particulier sur 95 % de mes sons, pour mes basses ou mes mélodies : c’est un plug-in qui s’appelle Harmor. Pour moi, on peut tout faire avec, même si je ne le maîtrise pas encore à fond. Je trouve ça plus intéressant d’utiliser peu d’instruments mais de savoir les maîtriser parfaitement, plutôt que d’avoir 10 VST (plug-in de simulation de synthés et machines physiques, ndlr) différentes et ne pas utiliser tout le potentiel qu’elles peuvent fournir. Moi qui n’utilise pas de presets (pré-réglages qui donnent des sons déjà crées et prêts à être utilisés, ndlr) et qui créé tous mes synthés, comme je maîtrise bien Harmor, je peux faire ce que je veux avec. Je me disperse moins entre mes instruments, mais ça me demande plus de recherches et d’expérimentations, et ça me convient, puisque c’est un travail qui m’intéresse beaucoup.

Tu préfères jouer en DJ set ou aimerais-tu te lancer dans un live?

J’ai déjà fait 10 ou 15 sets en public, ça me plaisait bien, jusqu’au moment où j’ai commencé à mixer mes propres sons. Pour ma part, je ne pense pas que ce soit la meilleure manière de me vendre en tant qu’artiste, car mes tracks mélangés aux autres me donne l’impression de perdre la nature même de ce que j’ai voulu exprimer avec ma musique.
Actuellement, je réfléchis sur un live, mais ça me demande plus de contraintes techniques (quel matériel utiliser, quels tracks retravailler), tu ne peux pas juste prendre des morceaux que tu as sorti il y a 4 ans et les jouer à la suite pendant une heure et demie. Il faut vraiment repartir de zéro. J’aimerais ajouter des instruments acoustiques aussi, la dualité instrument classique/machine numérique dans la musique me fascine.

Quelle histoire veux-tu raconter à travers ta musique?

Je préfère parler en termes d’émotion. Comme je le disais, je travaille souvent sur la spontanéité. En une après-midi, je peux composer, mixer une track, et la sortir le soir même sur Soundcloud. Un morceau correspond à un état d’esprit.
Dans ma tête c’est très visuel, je me raconte une histoire mais je ne la formalise jamais en tant que telle. Pour moi, les sons représentent des images, un monde, un état d’esprit. Le public n’a pas forcément la même interprétation que moi, et j’aime avoir des retours sur les sensations différentes qu’ont pu ressentir les gens en écoutant le même morceau. C’est rare quand j’ai vraiment un propos précis car j’utilise peu de paroles. On peut dire que ma musique est à la fois une transmission d’émotions et une œuvre qui laisse place à la réflexion.

Tu refuses de faire payer ta musique, est-ce un choix ou bien une contrainte de la réalité?

C’est à la fois une contrainte de la réalité car il est difficile aujourd’hui pour un artiste de vivre uniquement de la vente de disques, et à côté de ça, j’ai grandi avec internet, Youtube, tous ces services gratuits, qui me permettaient d’écouter de la musique gratuitement, donc pourquoi je ferais payer mes tracks alors que j’ai rarement acheté la musique des autres? En plus, j’ai beaucoup de mal à mettre un prix sur une œuvre artistique. Pour moi, sa valeur n’a rien à voir avec l’argent. En quoi un tableau d’un grand peintre qui vaudrait des millions serait mieux que la toile du voisin qui fait de la peinture amateur? Ce n’est pas à moi de décider si mes disques valent 5 ou 70 euros. Donc ma musique est une offrande au public! (rires)

Quels sont tes projets à venir?

J’ai un EP que je viens de terminer, je suis actuellement en recherche de label. J’ai aussi un autre album qui n’est pas encore sorti, un peu comme un album concept : c’est une histoire racontée sur ma musique, par un comédien. Mais je ne peux pas en dire plus pour l’instant, j’aimerais garder ce projet secret !
Et puis travailler sur mon live, surtout, et continuer à produire. J’ai dépassé les 120 tracks sorties sur Internet, et je n’ai pas envie de m’arrêter.

 

Retrouvez Glitch sur Internet :

ParAxel Nirka

Ghost of Christmas

Rencontre avec le duo Ghost of Christmas qui sort son nouvel EP en cette rentrée de septembre. Parrainés par Laurent Garnier lui-même, les deux acolytes vont vite vous devenir familiers…

Pouvez-vous vous présenter tous les deux et nous parler de la genèse du groupe? Avez-vous rencontré des difficultés particulières à vos débuts?
Martin : Ghost of Christmas, c’était à l’origine un projet solo de Gaël Blondeau, producteur de bons sons à l’anglaise, qui avait ce projet dans les tuyaux pendant un moment, sans forcément penser à y poser de la voix… et comme il est un peu à cheval sur la diction anglaise, il n’avait jamais bossé qu’avec des anglais/américains (Steve Spacek, Mpho Skeef, Kissey Asplund)…
Mais un jour un ami commun lui a présenté Martin Mey, musicien et chanteur, tendance plutôt folk dans son projet solo, mais qui a toujours aimé l’électro et eu envie d’en faire, mais sans vraiment savoir le faire…

Gaël : On s’est dit qu’on pourrait être très complémentaires, et ça a fonctionné tout de suite, on a kiffé nos premières démos communes.
Du coup, au début c’est allé très vite, ça a été très créatif et Laurent Garnier a signé tout de suite notre premier EP…
Qui a trouvé le nom “Ghost of Christmas”? A quoi fait-il référence?
Martin : C’est Gaël qui avait choisi ce nom au début du projet.
Gaël : C’est tout simplement un clin d’œil à Dickens et son conte de Noël…
Vous avez collaboré récemment avec Laurent Garnier: comment la rencontre s’est-elle passée? Cela fait quel effet de travailler avec ce monstre de la techno?
Gaël : Évidemment, ça fait quelque chose ! Ça fait très, très plaisir d’avoir Laurent Garnier comme fan n°1, d’autant plus quand c’est lui qui, à l’écoute des démos, te propose de te signer sur son nouveau label (Sounds Like Yeah!).
Je me souviens de son mail de retour : « Magnifique … vous en faites quoi ? »

Martin : Et puis c’est un type vraiment gentil, vraiment fan de musique, qui mérite largement son aura ; c’est un plaisir de le côtoyer.
Comment travaillez-vous en binôme pour créer vos tracks ? Quel est votre workflow ? Vos instruments préférés ? Vos influences ?
Martin : Généralement ça commence (et ça se finit toujours) dans le studio de Gaël à Toulon.

Gaël : Au départ, Martin posait seulement des voix, et puis ça a évolué rapidement vers une collaboration plus complète, dès que ça coince Martin arrive avec une idée fraîche et ça avance.
Martin : On travaille souvent à distance, j’enregistre les voix chez moi, et on se retrouve en studio à des moments-clés pour avancer et s’amuser à deux.
On utilise surtout les instruments de Gaël, ses claviers préférés, le Prophet 08, le plugin Ultra Analog…

Gaël : C’est de la recherche permanente de sons.
Qu’est ce que vous trouvez le plus compliqué dans le processus de création ? Quelles limites rencontrez-vous et avez-vous des conseils a donner pour ceux qui se lancent dans la musique électronique ?
Martin : Parfois pour nous, c’est simplement la distance, puisqu’on n’habite pas à côté, et le temps qui nous limitent.
Et on aime prendre le temps d’affiner les idées, de pousser les choses le plus loin possible, parce qu’on fait une musique faite de beaucoup beaucoup de petits détails ; ça demande de la précision, de la patience.

Gaël : il n’y a pas vraiment de conseils à donner, mis à part bosser, bosser beaucoup ! C’est-à-dire d’essayer des choses, d’apprendre à travailler le son, à trouver son propre son, parce que dans la musique électronique en particulier, c’est ce qui compte : il faut que ça sonne personnel, et il faut que ça sonne bien.
Vous sortez votre 3eme EP “Don’t get me wrong” en septembre suite à une tournée en Chine: pouvez-vous nous raconter cette expérience? En quoi le public chinois diffère-t-il de celui de l’hexagone? Qu’est-ce qui vous a le plus inspiré pour le tournage et la prise d’images pour le clip ?
Martin : Cette tournée fut particulièrement dépaysante ! Un vrai choc culturel avec les chinois. Et c’est sûr que c’est un public différent : enfin, il y a de tout, des amateurs et connaisseurs, mais aussi le public “lambda” dont on a l’impression qu’ils n’ont jamais vu de concert de leur vie..! 
Gaël : Quand on a filmé, on ne savait pas exactement ce qu’on allait faire des images, mais il fallait qu’on garde des souvenirs de ce pays fou ; et ce qui est ressorti, ce sont les paysages, les constructions permanentes, et aussi l’étrangeté, les chorégraphies singulières, enfin ce qui nous a amusé là-bas ! Et le titre “Don’t Get Me Wrong” colle parfaitement avec notre sentiment d’incompréhension mutuelle avec les chinois, alors c’était parfait pour le clip.
Avez-vous une anecdote croustillante depuis vos débuts ? Le meilleur souvenir et le pire^^
Martin : Notre meilleur souvenir, difficile à détrôner (même si la tournée en Chine vient d’entrer dans le “top souvenirs”, c’est sûr…) : c’est les Nuits Sonores, invités par Laurent Garnier, où on a joué avec Chassol et Rebotini…

Gael : A l’inverse, notre premier concert à Paris, on l’avait fait chez Moune… On a joué derrière la vitre du DJ booth, le son était impossible, on faisait ce qu’on pouvait et il y a cette fille qui est venue, avec sa bière au-dessus des synthés, demander directement à Martin – pendant qu’il chantait – si on ne pouvait pas “passer des trucs qui bougent” ou quelque chose comme ça… Enfin, ça nous a bien fait marrer après 😉
Comment voyez-vous l’avenir ? Quels sont les projets en cours ? Les tournées ou collaborations ?
Martin : On va voir comment ça se passe avec la sortie du nouvel EP et des trois clips, et comment se déroule la tournée l’année prochaine, et on va continuer à produire ! Peut-être penser à un album après avoir enchaîné des EP jusqu’à présent ? Notre identité musicale évolue, mais on a toujours plein de brouillons à finir en tout cas, dès qu’on pourra se poser en studio et s’amuser avec les nouveaux joujoux de Gaël, qui a depuis peu une TR 08, une TR 09, un Virus… 
Gaël : On va continuer à enrichir et faire grandir ce projet, on l’espère ; et à côté, on a des projets parallèles et on est ouverts aux nouvelles collaborations. On a fait un feat. encore inédit avec un MC anglais, et peut-être qu’on en fera d’autres bientôt… J’ai toujours des connexions et des projets intéressants dans les tuyaux avec l’Angleterre… Et j’ai filé quelques coups de main au prochain album de Martin qui sortira dans les prochains mois…
On a aussi tous les deux collaboré de près ou de loin au projet de Fred Nevché dont l’album sort en septembre.
Un petit mot pour nos lecteurs ?
Gaël : Dites-vous qu’on est meilleurs en musique qu’en interview et allez écouter!

Martin : Et Merci, Bisous <3 !
Retrouvez Ghost of Christmas sur le web
ParMarius Sergent

Greg Delon

Acteur majeur de la scène électronique du sud, que ce soit lors de ces prestations Dj Set en bar/club/festival en France et à l’étranger, en production avec des tracks qui ont marqué les charts, en tant qu’organisateur à travers A-Nîmés et, histoire d’occuper un peu ses journées, boss du label Way Of House: voici Greg Delon !!

Déjà merci d’avoir accepté mon invitation et de prendre le temps de me répondre! Peux-tu commencer par te présenter et comment t’es venu la passion pour la musique?

Salut, je suis donc Greg Delon, j’ai plusieurs casquettes, la première c’est « Dj » « je passe de la musique pour faire danser les gens ! »
De l’autre côté je suis président de l’association A-Nîmés, je gère le label Way Of House et la société événementielle Double V. Je suis également producteur house ou techno.

La passion pour la musique m’est venue vers 13 ans, en écoutant The Cure, mon groupe culte. Plus tard, au lycée j’ai commencé à écouter de la techno avec des potes qui avaient des platines, notamment Bastien Grine et à mes 18 ans j’ai commencé à sortir en choisissant les lieux ou événements où je pouvais écouter de la house ou de la techno.

Comment se porte la culture électronique près de chez toi ? As-tu le sentiment qu’il y a une scène locale spécifique?

Niveau clubs, lieux ; c’est compliqué. Sur Montpellier il reste le PZ, le Dieze, L’Antirouille ou le Rockstore qui font des programmations.
Mais on est très loin du compte, quand on regarde il y a encore quelques années en arrière où il y avait des gros clubs « moteurs » ou bien des plages qui programmaient de la musique électronique. Du coup les associations locales et les promoteurs ont moins de place pour s’exprimer, mais je trouve tout de même que tout le monde se « bouge le cul… » on a tout de même de belles choses, des beaux festivals et de beaux artistes qui passent dans le coin. « Big Up » à tous les acteurs de la scène 😉

Quels artistes ou labels ont influencé ta conception du mix?

Je ne préfère pas citer d’artistes, il sont nombreux et mes inspirations évoluent… Niveau label, je dirai KOMPAKT, putain de bon label, ils n’ont pas de limite, ils ont leur identité mais ils peuvent faire de l’ambiant à la techno, en passant par la house. Ils osent, et ils durent depuis tant d’années ; respect. D’autres labels m’ont influencé bien sur et continuent de se retrouver dans mes sets Defected, Knee Deep In, Rejected, Dirty Bird…

Pourquoi as-tu choisi de mixer ce type de sonorités ? As-tu déjà mixé d’autres genres?

Ça c’est mes inspirations de labels… mais je joue de tout… j’ai pas de limites. Il m’est arrivé de jouer du flamenco!

Tu as sorti des EP remarqués, comme par exemple « Valley Of Nowhere » sur le label Way Of House, du coup, quelle est ta philosophie, ta conception de la production?

Pour ce EP, j’ai fait « MYWAY » qui est un des mes titres (perso) favoris ; je l’ai fait en 6 heures… alors qu’en général je mets des semaines à faire un truc qui me plait. Ensuite j’ai vachement bossé le track en studio pour le porter plus loin, le monter d’un cran. Je me suis entouré de mes potes du label pour la post-production, car je voulais qu’il sonne bien, mieux que ce que je pouvais faire seul.
Il n’y a pas de règles, je ne m’en fixe pas. Je produis au moment comme ça me vient. La seule chose que je me dis c’est «comment les gens vont réagir en l’entendant?», du coup je fais de nombreuses versions que je teste avant… cet été j’ai joué pleins de tracks, que je fais évoluer suivant le retour du public, je dois les finir à la rentrée.

Comment puises-tu ton inspiration pour composer ? Quels sont tes influences en matière de production?

Pour composer en général je m’inspire des sets que je joue au même moment… ça me donne une direction.

Maintenant passons à ta casquette d’organisateur de soirées, comment choisis-tu les têtes d’affiche? Des artistes que tu aimerais avoir?

Ça dépend si je les fais pour moi ; je me fais plaisir ! ou si je les programme pour quelqu’un, car au final il y a toujours un objectif, un « résultat à atteindre ».
Quand je programme pour A-Nîmés, on essaye d’inviter des artistes d’autres associations de la région par exemple sur nos apéros techno, pour le festival A-Nîmés pour les headliners ; ça dépend de l’actualité, de l’histoire qu’on peut avoir avec l’artiste ou de ce qu’il représente pour nous sur notre région etc.
Il y a trop d’artistes qu’on aimerait voir pour les citer.

Quand je programme pour Way Of House, c’est toujours des artistes du label avec l’actualité la plus forte, et en général un invité qui a fait un remix ou une collab avec nous…

Si c’est pour Double V, j’ai un cahier des charges, style, cible public, une stratégie que je mets en place avec mon client…

Développes-tu tes soirées au niveau local ou exportes-tu tes concepts ailleurs en France ou à l’étranger ?

Oui, on a pu faire des soirées Way Of House un peu partout en France ; Paris, Bordeaux, Lyon, Marseille, Carcassonne, Avignon, Toulouse, Chamonix, Orléans… Pas trop à l’étranger.

As-tu le sentiment que le public électronique est spécifique selon l’endroit où tu joues ? Quelles différences/ressemblances as-tu pu noter ?

Oui ça peut arriver qu’un public soit plus ou moins pointu, plus ou moins attentif… mais en général, le public sait ce qu’il vient écouter.

Et on garde le meilleur pour la fin, Greg Delon patron de label ! Quelle est ta vision aujourd’hui du monde des labels, et plus largement du marché de la musique électronique ?

Pour un label c’est compliqué d’exister… à part si tu fais du vinyl, et hormis quelques sites comme Beatport où tu as des pages labels, tous les sites de streaming ne référencent pas les labels… ils sortent les morceaux d’un artiste, on a des «pages artistes». Mais rien niveau label. Et le travail pour avoir un profil certifié au nom de ton label sur Spotify, Deezer et toutes les plateformes est long et pénible. Même sur Soundcloud, il te faut prétendre à chaque download que tu ais les droits pour mettre tes tracks. Sur des centaines de sites on retrouve nos tracks, nos artistes mais pas notre label. C’est très con… Voilà ma vision. On est en 2018, on peut pas nager à contre courant on s’adapte !

Du coup il faut s’accrocher, investir du temps et essayer de référencer son profil, fédérer en mettant des playlists à jour etc. Car notre label révèle une esthétique qu’on ne peut pas écouter en un seul track… On a décidé de travailler beaucoup plus sur Spotify car ça nous paraît être les leaders. On a notre profil certifié je vous invite à aller jeter un œil : Spotify Way Of House
On fait aussi nos évènements qui permettent de mettre en avant le travail et les artistes du label, il faut travailler l’image du label pour amener le public à écouter.

Quels sont tes attentes vis-à-vis des artistes que tu signes ? Quels sont tes critères de sélection ?

Il faut que ça nous plaise, qu’on joue les tracks… quand je choisis un track je l’assume, je le joue. Après les artistes sont libres, ils ont leur univers notamment Wielki ou The Dualz qui sont assez différents mais qui revendiquent bien le son du label.

Quel est le rêve en musique électronique que tu n’as pas encore réussi à concrétiser ?

Tellement de choses restent à faire…

Les projets à venir ?

Cet hiver je vais me concentrer sur mes prochaines sorties, finaliser pas mal de tracks en cours et commencer à bosser sur de nouveaux. On va aussi relancer le calendrier des sorties sur Way Of House…

Merci pour ce temps consacré, et par coutume, à toi le mot de la fin !

Merci !

Pour ne plus rien rater de l’actualité de Greg Delon :

Site Web Greg Delon

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Soundcloud

Site web Way Of House

ParMarius Sergent

Whøman – Sammy Ruggierro

Rencontre avec celui qui mets des claques quand il mixe, te relève pour mieux te l’a remettre en production sous le pseudo Whøman et membre du collectif Montpellierain Raum. On va taper la discute autour d’une bière avec Sammy Ruggiero.

Salut Sammy, merci à toi d’avoir accepté mon invitation et peux-tu commencer par te présenter et nous expliquer ce qui t’as amené à la musique électronique?

Un plaisir de pouvoir s’exprimer en temps que DJ/Producteur local dans une ville comme Montpellier. Donc je m’appelle Sami de mon vrai nom et du coup Whøman en tant que producteur et DJ. Alors il faut d’abord savoir que cet alias est très récent, depuis mon entrée chez Raum en septembre dernier pour être précis. Avant ça, j’ai débuté sérieusement sous le nom de Sammy tout simplement, avec au début de la techno assez commerciale à la Drumcode, ce sur quoi j’ai fait mes armes dans ce style. Peu après, en approfondissant, j’ai découvert un côté de plus en plus sombre et rythmé, avec des sonorités tribales que j’aimais particulièrement, et là j’ai vraiment essayé de développer le côté productif en mix et en production.
Il faut savoir que ce qui m’a donné la force d’avancer dans ce milieu c’est surtout d’avoir eu la chance de pouvoir rencontrer DJ Shade (résidente de la Villa Rouge à l’époque). Elle m’a donné ma chance et je la remercie encore à chaque fois que je fais un pas en avant dans la musique, car sa passion sans limite et son amour pour ce style m’ont permis de me former dans ce domaine (encore merci Titi !).

Peux-tu citer 5 tracks (ou albums) qui t’ont particulièrement marqué en musique électronique ? Quels souvenirs te ravivent ces tracks/albums?

1 – Alors en tout premier lieu je me souviens de «Alan Fitzpatrick – 1992 sur le label Drumcode» le tout premier son que j’ai joué à la Villa Rouge (devant mon premier public) un moment qui mélange stress, adrénaline, mais surtout énormément de bonheur, enfin c’était vrai!
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2 – Ce deuxième son, je le choisis parce que déjà, quand je l’ai découvert j’en ai eu des frissons, et même maintenant j’aime beaucoup ce que produit Maceo Plex.
Je l’avais joué à la Villa Rouge (oui c’était la maison (rires)) en même temps que Mr Oizo. Alors au début je me suis dit merde, je joue en même temps qu’un artiste que non seulement j’aime beaucoup mais qui en plus est un monstre ce qui veut dire qu’il n’y aura personne dans le techno room (rires).
Du coup comme prévu je commence le set et tout le monde part dans la main room donc au début j’ai grave le seum mais je suis dans mon truc et je continue mes bails. Et là, ce qui s’est passé au fur et à mesure des minutes était magique. Les gens arrivaient de la salle principale et commençaient à s’enjailler. Moi, j’étais dans mon set, j’étais trop content parce que je me disais que des gens préféraient le style que je jouais par rapport au style de Mr Oizo, pour qui ils avaient sûrement payé leurs places et là non, ils venaient écouter ce que je faisais… c’était OUF comme sentiment (rires) !
Et du coup en final j’ai passé Solitary Daze de ce grand monsieur accompagné de Gabriel Ananda, pour finir un set bien sale sur une note mélancolique comme ça c’était MAGIQUE !
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3 – Le troisième est un son que j’ai entendu à l’Inox de Montpellier (durant le peu de temps où c’était ouvert 😥 ) et c’était à une soirée où Gary Beck jouait. Je ne l’avais jamais entendu, mais c’était l’époque transitoire où je commençais à découvrir la techno plus énervé donc j’étais enthousiaste quand j’ai vu l’affiche. Du coup j’y vais, j’arrive quand Beck commence à peine son set, et là j’étais vraiment choqué, un set surpuissant, impossible de s’ennuyer, je me suis vraiment laissé transporter. Et là le moment de l’apothéose, ce track que je joue encore tellement il dégage de l’énergie positive sur une piste.. Et ce track c’est Clouds – Chained to a dead camel (sur le label Overly Assembly). Tu l’entends, tu te dis BIM, ça y est on rentre dedans (rires)!
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4 – Vient le tour d’un des DJ/Producteur qui a révolutionné ma vision de la techno, que ce soit en production et au mix.
À mes yeux ce gars mérite totalement tout ce qui lui arrive, il a une créativité et une technique de malade, et surtout un style très propre à lui, qui peut varier de l’acide très mélodique et mélancolique à la techno très industrielle, “charcutante”, qui ne te laisse aucun répit.
Du coup ce choix a été très difficile mais mon cœur penche vers «Eternal loneliness de I Hate Models sur le label Arts» qui est juste un bijou.
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5 – Et le meilleur pour la fin.
Celui dont je m’inspire depuis environ un an.Qui m’inspire chaque jour, qui m’aide à pousser mes limites dans le style que j’aime, qui me fait me dire que la créativité n’a vraiment aucune limite à part nous : Et bien c’est [KRTM]!
Pour moi ce mec a compris exactement tout les codes de la techno industrielle, tout en y ajoutant son côté totalement timbré provenant directement de sa tête et du hardcore (sachant qu’il joue et produit dans les deux styles).
Et à tout les sceptiques qui disent que dans la techno industrielle il est impossible d’avoir un bon groove bien dansant tout en ayant les sonorités bien sales et métalliques penchant vers le hardcore, et bien à ça je réponds : [KRTM] – Working Joe (sur le label TWB)!
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Tu fais parties de l’association Raum, comment es-tu rentré en contact avec eux ? Quel rôle y joues-tu?

En fait je dois avouer que je suis rentré chez eux grâce à Denis alias KD91 (DJ chez Raum).
Il m’a présenté au « Boss » de l’asso : Seb Krupski. On a pris rendez-vous dans un bar tous les 3, je lui ai présenté ce que je faisais en production, et après une bonne discussion il a décidé de me prendre sous son aile dans l’asso. Une occasion en or! Il y’avait longtemps que je suivais leurs événements, qui représentaient pour moi le mieux le style que j’aimais à Montpellier.
Après il faut avouer que la clientèle habituelle de chez Raum est beaucoup moins habituée à mon style beaucoup plus sombre et énervé que dans la plupart de leurs événements. Du coup c’est compliqué de débarquer dans une asso qui a déjà pris ses marques avec un style différent de ce que les gens ont l’habitude d’entendre à Montpellier tel que la techno industrielle. Mais petit à petit je commence à sentir que le Sud de la France commence à rattraper son retard dans ce style.

Quel matériel DJ utilises-tu ? Recherches-tu des spécificités techniques particulières?

Alors chez moi j’ai un tout petit contrôleur USB Roland DJ 202 (on fait avec les moyens du bord (rire) !) sur lequel je m’entraine, mais une fois derrière des CDJ ou même des platines vinyles je me sens totalement à l’aise (si des gens veulent m’offrir une régie je dis pas non (rire)).

Quel est ton pire souvenir de soirée en tant que DJ? Et ton meilleur?

Et bien le pire c’est une fois où j’avais fait 2h30 de route seul avec mon ex pour arriver à une teuf dans la région PACA, à l’époque je mixais sur vinyle timecodés .
Alors au début j’arrive tout content, je découvrais de nouvelles personnes, de nouveaux Sound Systems, et de très bonnes vibes!
Donc c’est mon tour d’ici un quart d’heure, je m’installe tranquillement, et en fait la régie était collée au son. Donc je m’en préoccupe pas, je fais mes bails tranquille, et en fait le truc c’est que quand tu joues en timecodés, les platines ont besoin d’être calibrées sinon ça fait DE LA MERDE COMPLET, ce qui n’a pas loupé. En fait, à chaque fois qu’un kick tapait le diamant sautait, ce qui empêchait totalement le calibrage des platines, et du coup bah comme prévu : CA FAISAIT DE LA MERDE, donc pitch qui était incontrôlable, j’ai jamais eu aussi honte de ma vie, je vous jure.
Et quand j’ai fini je cherchais juste le réconfort de mes proches (rires). Heureusement il y avait quand même eu quelques gens qui m’ont remonté le moral en venant me dire qu’ils avaient adoré mon set et qu’ils voulaient absolument la playlist: merci les gars d’avoir eu de la compassion pour moi!

Et du coup mon meilleur moment, c’est très clairement la première fois où j’ai joué à la Villa Rouge. En fait au début, j’étais totalement stressée, c’était vraiment risible (rires). Quand j’ai commencé à mixer ça n’a pas diminué surtout que le logiciel que j’utilisais (je jouais sur un pioncer DDJ SR à l’époque) a totalement freezé: j’ai du très rapidement le redémarrer. L’horreur!! Heureusement que je faisais le warm-up et que la salle venait d’ouvrir seulement 5 minutes avant!
Et au final tout le reste du set s’est super bien passé, les gens étaient super chauds et ça faisait vraiment chaud au cœur. Quand j’ai fini je n’en revenais pas, j’ai vraiment eu que des bons retours !
En vrai il m’a fallu bien 4 ou 5 heures pour que ça passe, j’étais vraiment le plus heureux du monde à ce moment là!

Quels artistes ou labels ont influencé ta conception du mix?

“I hate models” en ce moment! Comme je vous l’ai dit, ce mec apporte sa touche dans ses mixes et ça sonne tellement bien!
Après il  y a Rebekah aussi que j’aime énormément, que j’ai découvert pendant une soirée à la Villa Rouge (oui ENCORE) qui offre de très beaux horizons sonores et techniques avec notamment Paula Temple (Pionnière de la techno industrielle aussi, clairement une des meilleures productrices de ce genr !).

Tu es aussi producteur, du coup, quel matériels et logiciels possèdes-tu dans ton home studio?

Alors en fait je n’utilise que mes Adam F7 dont je suis très satisfait, qui m’ont permis de porter une autre oreille sur ce que je produis et même ce que je joue ! Ça te fait totalement reconsidérer tout ce que tu as produit dans le passé ! Et du coup aussi ce que tu produis dans le présent! Après certes il faut laisser le temps de réhabituer son oreille à la nouvelle écoute. Du coup c’est mon seul équipement avec Ableton 9! Avec quelques VST du genre Ozone 6 (Izotope), TAL Noisemaker (pas très connu mais vraiment très sympa), ABL3 et Kick 2!

Comment te positionnes-tu sur le débat entre l’analogique et le numérique?

Chacun a ses avantages et ses inconvénients: ce ne sont pas les mêmes approches, tout dépend du ressenti et de ce que tu cherches à faire!

Développes-tu des prestations live ? Préfères-tu jouer en tant que liver ou DJ?

Absolument pas ! J’ai peut-être pensé au fait qu’un jour je m’y mettrai mais déjà j’attends d’avoir le niveau pour arriver à faire ce que je veux avec aisance, mais ce n’est pas à mettre entre parenthèses!

Des projets? Des évènements à venir?

Pas vraiment si ce n’est continuer d’avancer!
Pour l’instant aucune date à venir.

Merci à toi pour toutes ces réponses, le mot de la fin?

Chapelure.

Tous les liens qui vont bien :

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Soundcloud

ParMicka

Freaky Joe

Nous sommes allés à la rencontre de Freaky Joe : Dj, Producteur, Beatmaker et Rappeur ! Un artiste accompli aux multiples facettes…

Pour commencer, peux-tu te présenter ?

Salut ! Alors moi c’est Jérémie Potier alias Freaky Joe ! Je suis musicien, beatmaker et rappeur. J’habite à Saint Ours les Roches, un petit village proche de Clermont Ferrand où il fait bon vivre.

Depuis combien de temps fais-tu de la musique ?

J’ai commencé la guitare quand j’étais gamin vers 9 ans je crois !! Ensuite j’ai appris le piano, quelques autres instruments par ci par là et c’est seulement à 16 ans que j’ai découvert la musique sur ordinateur. J’ai tout de suite été séduit par les possibilités infinies qu’il y avait !!

As-tu suivi une formation musicale ou t’es-tu formé en autodidacte ?

Non j’ai juste pris quelques cours de guitare quand j’étais plus jeune et quelques cours de solfège. Mais désormais je suis incapable de lire une partition correctement, ça a servi un peu a développer mon oreille je pense mais c’est tout, ce n’est vraiment pas du tout essentiel. Tout le reste j’ai appris tout seul. On peux vraiment tout trouver sur Internet il faut juste un peu de volonté !!

Quels genres de musique composes-tu ?

Je compose beaucoup de choses différentes. Au début c’était plutôt Electro et tous ses dérivés, ensuite c’est assez vite arrivé au Hip Hop. Je me suis essayé à quelques musiques de films et de courts métrages et j’ai également essayé les musiques acoustiques : guitare/voix ou piano/voix. Maintenant, c’est quand même majoritairement Rap.

Comment qualifierais-tu ta musique ?

Pour l’instant de incohérente et bordélique Ahahah Mais ça évolue tout doucement !! Je suis content je vois enfin des progrès et surtout je commence de plus en plus a être satisfait. C’est un peu le défaut de vouloir tout faire.  J’aime énormément de styles différents et j’ai envie de faire pleins de choses différentes, de tout essayer. Au final ça part dans tous les sens mais il ne reste rien a quoi s’attacher, pas d’univers et pas de « patte » musicale a part le gimmick « Freeeeeeeaaaaaaaaaaaaky ». Il n’y a rien de cohérent pour l’instant, mais c’est ce sur quoi je travaille et c’est aussi pour ça que j’ai voulu me concentrer sur un style en particulier.

Pendant un certain temps tu produisais beaucoup de « son de teuf », et plus récemment principalement du rap. Pourquoi ce changement ?

Pour plusieurs raisons, trois principalement je pense :

Premièrement parce que je fonctionne dans ma musique un peu comme dans ma vie : par période. J’ai eu une grosse période ou j’avais envie de m’essayer à pleins de styles différents : la Dark Minimal, la Trance, la Techno…. Ce n’est plus ce que j’ai envie de composer je suis moins attiré par ça.

Deuxièmement parce que je ne vais presque plus jamais en teuf. J’écoute aussi moins de son comme ça donc  j’ai forcément moins d’inspiration pour composer. Ce n’est plus ce qui m’attire le plus maintenant, c’était surtout une période pour moi. Désormais je m’épanouis beaucoup plus dans le rap, certainement car j’ai besoin d’écrire.

Et troisièmement parce que j’ai envie de bâtir des projets sérieux et de progresser dans le Rap. J’ai toujours tendance à être curieux et donc à vouloir tout essayer. Qualité ou défaut ? Je ne sais pas… Le fait  est que je suis peut être polyvalent certes, mais bon en tout et excellent dans rien. J’ai envie de progresser et d’arriver à bâtir un vrai univers musical, des œuvres cohérentes, et pour ça je devais me concentrer sur une seule chose. J’ai donc choisi celle dans laquelle je me sentais le mieux : le Rap.

As-tu prévu de reprendre le « son de teuf » ?

Je ne sais pas trop… parfois j’ai des inspirations dans ce genre et j’en fais encore un peu de temps en temps.

Il y a peut être quelques morceaux qui sont bien avancés, presque finis… Que je vais certainement balancer bientôt… ? Haha

J’ai du mal a me projeter la dedans en fait, contrairement à d’autres projets que j’ai envie d’amener à un endroit précis. J’en fais de temps en temps par plaisir. Donc je pense que oui, je vais encore en faire, mais sans grande productivité, un morceau de temps en temps…

Par quels logiciels de MAO es-tu passé et lequel utilises-tu maintenant ?

Alors j’ai commencé sur FL Studio, qui est un très bon logiciel, je suis encore dessus. J’utilise Ableton de temps en temps et la je vais passer sur Pro Tools pour faire mes mixages.

Mais celui que j’utilise principalement est Fl Studio, très bon logiciel. Je le conseille aux débutants en MAO  car il est assez intuitif pour commencer.

Peux-tu nous dévoiler quelques projets ?

Alors la il y a une mixtape composé seulement de Freestyle OneShot qui sont clippés sur Youtube qui va sortir a la rentrée si tout se passe bien.

Je prépare aussi un EP en duo avec mon ami JZY, on a formé un groupe de rap qui s’appelle DLG, normalement le projet sortira courant Décembre.

Je prépare un autre EP avec un ami qui s’appelle SANFROI, pas encore de dates précise pour l’instant mais des clips seront bientôt disponible sur Youtube.

Et enfin pour mon projet de beatmaker j’aurais bientôt un site Internet ou toutes mes instrus seront disponible pour être acheté par les rappeurs pour leur projet !!

Quels conseils peux-tu donner à ceux qui aimeraient se lancer dans la production ?

Ah je ne sais pas trop il y en a beaucoup !! Haha

Bon aller je vais pas être radin je vais faire une petite liste de conseils par rapport aux erreurs que j’ai pu faire !

  • Ne pas croire qu’on est limité par le matériel : C’est des petites excuses que tout le monde aime bien se donner. « Oui la c’est pas top, mais quand j’aurais changé d’ordi ça sera mieux, quand j’aurais une carte son ça sera mieux.. » Ça ne se finira jamais. Au début c’est vrai que c’est un petit investissement à faire, il faut un ordi qui tienne la route quand même. Un casque ou des enceintes. Il ne faut pas se donner des excuses, si on veux faire du bon son on peut y arriver même avec du matériel médiocre. C’est moins agréable c’est sûr, mais c’est possible.
  • Regarder des tutoriels et être curieux : Alors ouai… C’est super chiant de regarder des tutos haha Quand on ouvre le logiciel c’est pour faire de la musique pas pour regarder des vidéos théoriques, assez longues et incompréhensibles au début. Mais je pense que c’est très important, ça va faire gagner un temps considérable sur des choses qu’on aura mis très longtemps à découvrir, et surtout, ça va améliorer la qualité de votre son. Ca va vous motiver et vous permettre de progresser assez vite, vous faire comprendre des astuces et des choses qui auraient été dures à deviner tout seul. Aller courage !!
  • Ne pas hésiter à faire des projets, juste pour soi au début, mais construire des projets c’est très important, ça va vous donner une ligne directrice. Tous les compositeurs/beatmaker que je connais sont presque tous atteins du même syndrome. Commencer des morceaux et ne jamais les finir ! Après vous allez prendre cette habitude et ne jamais finir vos morceaux. En essayant de construire des projets, ça va vous motiver a vraiment finaliser vos productions pour avoir quelque chose de terminé duquel vous êtes fier, que vous pouvez faire écouter a vos proches ou alors pour le diffuser sur Internet. Et puis c’est très satisfaisant d’aboutir un projet, ça sera votre bébé.
  • Ne soyez pas frustré ou triste de ne pas obtenir le son que vous vouliez au début. Vous venez de commencer, vous avez des choses dans la tête et vous voulez certainement les reproduire sur l’ordinateur exactement comme dans votre tête… Au début, c’est très dur. L’important c’est de vous faire plaisir, vous laisser porter par le morceau que vous êtes en train de faire, d’être curieux et de tenter des choses. Exemple : Vous avez enregistré votre piano et vous imaginez une mélodie au violon dans votre tête par dessus, mais vous ne trouvez pas de violon, ou alors pas propre ce n’est pas ce que vous voulez… Pas grave !! Essayer de mettre une flûte dessus, des choses plus électro, n’importe quoi il faut essayer ! Il faut tenter des choses en MAO et surtout se faire plaisir !!

Retrouvez Freaky Joe sur le web :

ParMarius Sergent

Thoms Snooze

Toulousain, Dj dans une techno mélodique, à la limite de la house sensuel, producteur avec la sortie de son 1er Ep Vitalitic et résident du Frog & Rosbif depuis 1 an : Thoms Snooze !

Salut à toi et merci d’avoir accepter notre rencontre, avant toute chose, peut-tu te présenter toi et ton univers ?

Tout d’abord merci pour l’invitation. J’ai grandi en banlieue Toulousaine. Après avoir terminé mes études j’ai enchainé quelques emplois sans grande conviction. Aujourd’hui à 22 ans j’ai décidé de laisser tout ça de coté pour me consacrer à ma musique.

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ?

Tout commence à l’âge de 2 ans… déjà intéressé par l’univers de la musique, j’agaçais mes parents en tapant sur des casseroles. Ils ont donc décidés de m’inscrire à des cours de batterie.
Ma passion pour la musique est née! Au fil des années je me suis mis à tester d’autres instruments, guitare, piano.. toujours dans un esprit Rock. Une après-midi, en regardant une vidéo de M4Sonic (Launchpad), je me suis dit « Woaw!! C’est ça que je veut faire! ».

La question traditionnelle, mais on est en droit de se demander, d’où vient ton nom de scène ?

De base, je m’appelle Thomas, et « Snooze » c’est la fonction du réveil qui permet de se rendormir juste 5 minutes…

Qu’est-ce qui t’as motivé à devenir DJ dans la scène électro ?

J’ai plaisir à partager toute la puissance et l’énergie qu’elle dégage en moi. L’électro me permet de m’exprimer à travers ma musique sans dépendre d’autres instruments.

thomas snoozeComment as-tu appris à mixer ?

J’ai gagné mon premier argent de poche en aidant mon père à monter et démonter son matériel de musique. Jusqu’au jour où j’ai récupéré son contrôleur Virtual DJ à la fin d’une soirée. De jours en jours j’ai appris à mixer en essayant de comprendre seul son fonctionnement.

Quels sont tes petites plus sur scène ? Aimes-tu prendre des risques ?

Lors d’un set, j’analyse le ressenti de la foule, leur manière de réagir aux tracks, pour partager un moment de plaisir tous ensembles. C’est une sorte d’échange non verbal. J’ai également ce petit grain de folie sur scène. Comme si j’avais en moi toute l’énergie dégagée par mon public et que je la redistribuais pour les entraîner dans mon univers. Pour ce qui est de la prise de risque, j’aime m’essayer à de nouvelles choses, instruments, styles musicaux, type de lieux …

Tu viens de sortir ton 1er EP Vitalitic sur le label Karma Hq Release, comment puises-tu ton inspiration pour composer ? Quelles sont tes influences en matière de production ?

Les choses qui m’entourent, les personnes que je côtoie, les bruits, musiques et mélodie que j’entends m’inspirent dans la vie de tous les jours. Dans n’importe quel style musical, je n’ai aucune barrière. Une fois au studio je n’ai pas de méthode, c’est en jouant des mélodies sur mon clavier maître, en fouillant dans mes plugins ou en démarrant une ligne de batterie que les idées naissent. Mon vécu et mon humeur du moment influencent beaucoup mes productions. En ce moment je m’intéresse pas mal au travail de Teho, N’to et Sahalé…

As-tu une stratégie particulière dans ton démarchage de label ?

Je n’ai pas réellement de démarche précise, lorsque que je rencontre une personne d’un label qui correspond à mon univers, je prend simplement le temps de discuter avec elle. Le premier contact peut se faire sur internet comme en face à face.

Comment te positionnes-tu sur le débat entre l’analogique et le numérique ?

Le numérique est tellement plus simple à mon goût.

Pour toi, c’est quoi un bon producteur en musique électronique ?

Pour moi « bon » ne veut rien dire, tout est subjectif. Je ne rentrerais pas dans le débat des goûts et des couleurs… Un bon producteur est un producteur qui aime ce qu’il fait et qui est fier de son travail.

Les projets à venir ?

Des collaboration et des signatures sur de plus gros labels, plus ciblé Techno et mélodic.

Merci à toi pour toutes ces réponses, le mot de la fin ?

« Il y a une bonne chose avec la musique, quand elle vous frappe, vous ne ressentez aucune douleur. » Bob Marley

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ParMarius Sergent

YourDj

En marge du financement de son site de crowfunding pour la réalisation de son futur site YourDj, on retrouve, pour son 2ème passage dans notre webzine, Loulou qui va nous parler de l’évolution de son association :

Salut Loulou, content de te retrouver de nouveau sur notre média, et avant toute chose, rappelle-nous qui tu es et que fait ton asso YourDj ?

Content de pouvoir à nouveau m’exprimer sur votre site les gars, merci pour votre taf ! Pour ma part je suis le créateur de l’association YourDJ, basée à Montpellier, Toulouse, Marseille et Bordeaux, dont le but est de valoriser et promouvoir la culture des musiques électroniques locales. Concrètement nous apportons aux organisateurs et artistes House & Techno, une visibilité gratuite sur nos pages Facebook et notre site web. Pour le public, nous sommes une source d’information, pour connaître les bonnes soirées, et aussi participer aux jeux concours pour gagner des places, ou bénéficier des préventes à moitié prix.

Depuis 2016, je suppose qu’il y a eu beaucoup de changement, quels sont les plus importants ?

Depuis 2016 je me suis personnellement formé auprès de divers organismes pour apprendre à gérer un projet culturel.
Nous sommes passés d’une poignée de bénévoles, à aujourd’hui une trentaine. Nous avons également une cinquantaine d’adhérents dans l’association.
Pour finir, nous avons lancé récemment notre nouvelle charte graphique, notre nouveau logo, et également notre nouveau site, avec une partie “webzine” permettant à des bénévoles passionnés d’écrire des articles sur les soirées, labels, artistes qui les intéresses.

Tu as donc mis en place une campagne de crowfunding sur le site KissKissBankBank, quel en est l’objectif ? Comment as-tu intéressé les futurs participants ?

L’objectif est de nous aider à financer notre nouveau site, qui pour notre association, représente un certain coût. Il nous reste encore quelques jours pour atteindre le montant fixé ! Les participants se voient récompensés par divers contreparties, par exemple une entrée en boîte, un T-shirt YourDJ, un stickers, un totebag ou encore un apéro avec notre équipe (rire).

Tu organises depuis peu des soirées sur Montpellier, quelles sont les motivations de cette évolution ?

Le but de cette évolution est de rencontrer le public montpelliérain, et lui présenter nos ambitions. A savoir : offrir de la visibilité aux artistes et associations locales House & Techno.
Nous donnons, par la même occasion, la possibilité à des artistes émergents, et des associations d’autres villes, comme FHR (Toulouse, Lyon), ou encore Caisson Gauche (Marseille), de venir s’exprimer et rencontrer notre public.

Jusqu’à quel stade tu souhaites te développer en organisation de soirée ?

L’idéal serait de faire une série d’événement par ville, et nous y travaillons actuellement.

Tu viens de clôturer le saison 2 sur Radio Clapas, comment s’est passé cette année ? Quel a été pour toi le meilleur moment ? Et le pire ?

Cette saison était vraiment très intéressante. Nous commençons à avoir nos habitudes grâce à Radio Clapas, qui me laisse la possibilité de gérer l’émission librement. Les invités se sentent à la maison, dans des locaux totalement neufs, et nous avons la possibilité de faire des live stream vidéo, qui seront bien réglés pour septembre 2018 (rire). Mon meilleur moment est probablement la première émission, car c’est un plaisir pour moi d’animer. Le pire je n’en ai pas en tête (rire).

Pourquoi cette idée d’émission de radio, quel a été l’idée de départ ?

A la base j’étais chroniqueur à Aviva 88FM Montpellier, avec mes potes Killian et Maxime. A mon arrivée à Montpellier, Killian m’a proposé de présenter YourDJ à la radio, j’ai tout de suite kiffé et proposé d’intervenir régulièrement comme chroniqueur pour l’agenda YourDJ. Nous avons fait ça durant une saison et c’était vraiment sympa. Dès septembre 2015 l’émission à Aviva n’a pas continué.
Par ailleurs mon pote Lukas du crew Twenty One Records animait de son coté à Clapas l’électronic radio show, et petit à petit je suis venu présenter les tracks des artistes locaux. C’était une petite chronique YourDJ qui à durée une saison également. J’ai ensuite tenté des émissions vidéo live, en solo, en me déplaçant chez les artistes du coin. Les 2 premières émissions se sont bien déroulées, ce qui m’a permis de présenter un projet plus concret à Radio Clapas, pour au final, dès septembre 2016 animer l’émission YourDJ tous les jeudis.

Que nous réserves-tu en surprise pour la saison future ?

Des émissions live vidéo de 2 heures, avec un artiste en continu durant toute l’émission.

Hormis la radio, quels sont les projets à court / moyen et long termes ?

On aimerait pouvoir développer YourDJ dans d’autres villes, nous travaillons dessus en ce moment. Nous travaillons également sur un projet de lieu culturel à Montpellier … Je n’en dis pas plus (rire).

Merci pour toutes tes réponses, le mot de la fin ?

Merci à vous, et ravi que YourDJ et Interaktion travaillent main dans la main !

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ParMicka

Symphonium Production

Nous sommes allés à la rencontre d’Alexis Lasserre, directeur fondateur de Symphonium Production, l’un des organisateurs phares des soirées Hard Music en France.

Pour commencer, peux-tu te présenter ?

Alexis Lasserre AKA Thrône

Hello, je m’appelle Alexis, je viens d’avoir 23 ans, diplômé de la formation événementielle de Sciences-U Lyon. Gérant de la société Symphonium Production, ex-président de l’association FEIDA et ex-président fondateur de l’association TWY Events. Passionné de musique, de voyages et de sport de combat.

Comment tes venue lenvie de monter une boîte de production ?

Ça a toujours été mon projet initial. Après ma première année de fac d’histoire je suis parti en école de com / marketing (ISCOM) car j’adorais ça, mais sans but précis. C’est à travers cette filière et les cours d’événementiel que j’ai trouvé ma voie. J’ai décidé de prendre une passerelle en formation événementielle et de monter une association (TWY Events) pour me faire ma propre expérience et allier théorie (cours) et pratique (association) de manière non lucrative. Ça a été des années de ma vie que je n’oublierai jamais. Une expérience humaine exceptionnelle. J’ai eu la chance d’avoir une bonne équipe de bénévoles autour de moi qui m’ont toujours soutenu. C’était plus qu’une relation pro, c’était et ça restera une véritable deuxième famille.

J’ai donc continué, avec le but de passer en véritable projet professionnel. J’ai eu mon diplôme et je suis devenu surveillant dans un collège / lycée, le temps de mettre en place Symphonium. C’est en septembre dernier que j’ai lancé la machine.

Quels genres d’évènements organises-tu ?

J’organise des événements axés vers les musiques électroniques, avec comme cœur de cible principalement la Hardmusic qui se développe énormément depuis quelques années.

Néanmoins, je ne compte pas m’arrêter à un style et je compte bien développer des sous filiales de Symphonium dans d’autres concepts, concerts, spectacles vivants… j’ai beaucoup d’idées sur lesquelles je travaille tranquillement sans faire de bruit.

Tu as développé un concept original de soirée en lien avec les jeux-vidéo : Les Nemesis Games. Peux-tu expliquer ce concept ? Comment tes venue cette idée ?

Disons qu’au lieu de poser des événements pour poser des événements, sans réel but distinct, j’avais envie de donner une trame et tous les relier les uns aux autres. C’est de là qu’est venue cette idée de faire 12 événements, chaque événement étant un niveau à réussir du Donjon du Nemesis Game. Nous voulions changer, créer quelque chose de jamais vu. Bien sur cette première année était une sorte de Nemesis Game Beta test aha, nous avons vu ce que nous pouvions faire, ce que nous ne pouvions pas faire. Nous sommes conscients de nos points forts et nos points faibles, et nous améliorerons tout ça dans le futur.

Quelle est ta vision de la scène Hard Music Lyonnaise ?

La scène Hardmusic Lyonnaise est exceptionnelle. Je suis lyonnais bien sûr mais en restant objectif, C’est pour moi sans aucun doute la capitale du Hard en France. Je ne parle pas forcement d’affluence, d’autres villes en France bougent énormément dans ce style, avec les orgas qui vont avec (Toulouse et Karnage, Paris et Hardpulz / Audiogenic …). Ce qui fait pour moi la réelle différence de Lyon, c’est que c’est le plus gros public gabber de France. Chaque événement réuni des passionnés, d’anciennes et nouvelles générations. Tous nos clients vont en Festival toute l’année en Hollande ou ailleurs, de manière répétitive, ils connaissent tout. C’est un véritable honneur (et bonheur) pour un promoteur comme moi d’organiser des événements pour ce public : c’est un public massif et ultra connaisseur. Et de cette manière on peut se faire plaisir et prendre des risques qu’on ne pourrait pas prendre dans d’autres villes de France.

La team Symphonium

Comment expliques-tu le succès que connaît Symphonium ?

Je ne pense pas que ça soit à moi de répondre à cette question en soi, j’essaie de travailler du mieux possible, de faire plaisir au public, d’être honnête et droit et surtout transparent. C’est un métier difficile, et on a fait au mieux cette première année. J’ai la chance d’avoir une équipe de bénévole formidable et un public qui nous soutient et nous rend de manière forte ce qu’on leur apporte. Le succès est un mot subjectif en vérité, le seul succès que je retiens c’est de voir le sourire des gens à nos événements. C’est la seule chose qui m’importe car je suis un passionné qui travaille pour des passionnés.

En plus de ta carrière en tant qu’organisateur, tu performes sous le nom de Thrône. Comment t’es venu ce goût prononcé pour le Hardcore et son univers ?

Le Hardcore est quelque chose qui m’a pris aux tripes il y a de ça environ 6 ans. J’ai eu l’impression de découvrir un style totalement fait pour moi. Ça a été une révélation et je n’ai jamais décroché. C’est le seul style qui me procure des frissons comme pourrait le faire l’Epic music (Thomas Bergersen, Two Steps from Hell, Audiomachine…). D’ailleurs j’ai « Hardcore » tatoué sur la colonne donc en soit, ça ne me quittera jamais vraiment ahah.Je joue depuis quelques années, mais seulement par passion. Je n’ai aucun but sous le nom de Thrône. Cependant, je monte actuellement un projet avec Val, AKA V-tal Noize, sous le nom de Reactivate. C’est un projet Early Hardcore / Hardcore qu’on compte bien développer petit à petit, et sur lequel nous commençons à travailler la production.

As-tu des projets que tu peux dévoiler ?

Symphonium a connu des hauts et des bas, mais nous sommes toujours là et déterminés. Des projets de festivals se mettent en place, des worldtours avec d’autres orga européens, une web série qu’on va développer, une marque de vêtement… Non, c’est vraiment pas les projets qui manquent. On va travailler sur tout ça tranquillement, et faire en sorte de ne rien laisser au hasard.

Pour conclure, as-tu des conseils à donner à ceux qui aimeraient se lancer dans une carrière artistique ?

J’en ai oui… c’est de garder les pieds sur terre, de ne pas vous précipiter car la précipitation mène à de fâcheuses situations (je parle par expérience ahah). Croyez en vos rêves, bossez, passez le temps qu’il faut dessus. Il faut savoir se mettre des claques, ne pas baisser les bras. Un échec n’est pas un échec si on en tire les bonnes conclusions et qu’on repart avec plus d’expériences et de détermination.

Ne critiquez pas votre prochain, faites ce que vous avez à faire en silence, la réussite fera le bruit à votre place.

Le surplus de travail mène toujours à un résultat, peu importe le temps que ça prend.

Il n’y a pas de génies, de gens surdoués. Il n’y a que des bosseurs qui donnent corps et âmes pour réaliser ce qu’ils ont envie de réaliser.

Retrouvez Symphonium Production sur le web :

ParMicka

Yohann Sama Music (YSM)

Nous sommes allés à la rencontre de YSM, jeune DJ et producteur de musique Raw/Xtra Raw. Un artiste en devenir qui va vous faire très très mal…

Pour commencer cette interview, peux-tu te présenter brièvement ?

Je m’appelle Yohann, j’ai 20 ans, je suis en licence assistant de manager. Passionné de son depuis tout petit, je suis plus connu sous le nom de YSM (qui vient du nom de ma chaîne youtube Yohann Sama Music, ce sont les initiales). Je suis DJ et producteur, anciennement de son de teuf style hardtek et tribecore. Maintenant je suis plus dans le hardstyle raw et l’X-tra raw.

Comment as-tu découvert la raw ainsi que l’univers qui l’entoure ?

J’ai commencé à écouter du hardstyle vers 2007 / 2008 (enfin à l’époque c’était plus du jumpstyle et de la tek). Malgré mon “départ” vers le monde des free et de la core, j’ai continué à écouter du hardstyle (euphoric pour le coup). Un pote m’a fait écouter du raw et honnêtement j’aimais pas du tout, puis un jour je suis tombé sur une track (Gunz For Hire – May God Be With You All) (paie ton nom à rallonge) et j’ai kiffé tout de suite. Puis j’ai découvert d’autres artistes beaucoup “mieux” à mon goût style Malice, Rooler, Warface, Radical Redemption etc…  J’ai tout de suite préféré parce que ça tapait largement plus, c’est à ce moment-là que j’ai compris où je voulais être.

Pourquoi as-tu particulièrement accroché à ce genre de musique plutôt qu’un autre ? Qu’est-ce qui t’attire le plus dedans ?

Contrairement à mon aspect calme et tranquille, j’ai toujours aimé les styles de musique un peu « vener ». Ayant été bercé dans le hard rock et le punk, ça m’était destiné… Quand j’étais au collège j’écoutais pas mal de metal et de hardcore (la fameuse époque du premier megamix d’Angerfist héhé). Je me répète, mais j’aime quand ça tape dans le fond (la musique hein) ! Bon après ça ne m’empêche pas d’écouter d’autres styles plus calmes comme de la house, de la minimal ou de la variété française.

Tu dis que ça t’étais destiné, ce serait donc ce qui t’as poussé à te lancer dans cette voie ?

Exactement. Comme j’étais beaucoup sur le son de teuf mais également sur du « mainstream » j’étais parti sur un objectif de faire une musique dans chaque style de techno.  Au fur et à mesure c’est la Raw qui a pris le dessus sur le reste.

Cela fait combien de temps que tu fais de la musique ?

J’ai eu mon premier double lecteur CD + enceintes à l’âge de 7 ans avec quelques lumières, j’animais des soirées dans la famille. J’ai eu mon premier contrôler vers 11 -12 ans mais le fait de seulement mixer ne suffisait plus, j’ai donc commencé la compo en 2015.

Tu sembles être plus attaché au djing qu’à la production ?

Oui, j’essaye de compo, je m’améliore mais c’est pas encore ça. Je me sens pas encore prêt à sortir un son sur un label. C’est surement dû au fait que je suis très impatient et que j’ai du mal à rester concentré autant de temps sur un son… Quand j’y arrive c’est l’inspiration qui n’est pas là.

YSM producteur et dj raw

Au niveau du djing par contre j’ai eu mon premier booking en club l’année dernière (au 2.8.7 à côté de Laon dans le 02), un warm up raw à une soirée hardcore.  En novembre  j’ai fait la sono complète de l’anniversaire d’un pote. J’ai pu mixer avec Azylium et Wars Industry de chez Exode Records ! Plus récemment, j’ai joué au North Kick Festival avec en guest Malice, Rooler (mes artistes préférés en plus), D-Fence, Ohmboy et TerrorClown.

Qu’est-ce que tu as pu ressentir lorsque tu as mixé sur le même festival que tes idoles ?

De la fierté, mais aussi du stress, beaucoup de stress. Malheureusement j’ai mixé en début de soirée donc ils n’étaient pas encore là, mais comme d’habitude c’était une super soirée avec eux (au fur et à mesure des soirées on s’est liés d’amitié). J’ai même pu leur offrir un t-shirt YSM !

En plus de ta récente carrière d’artiste, tu nous as expliqué un peu plus tôt que tu gères une chaine youtube du nom de Yohann Sama Music. Voudrais-tu la présenter ?

C’est une chaîne que j’ai démarrée en 2014. A la base j’uploadais des jeunes artistes pour essayer de leur faire de la pub, l’exemple le plus flagrant c’est Relakztek. Quand j’ai commencé à mettre ses musiques en ligne, il devait avoir une centaines d’écoutes sur Soundcloud, on ne peut plus en dire de même aujourd’hui. Je mettais également des mix que je faisais (frenchcore à l’époque), puis un jour c’est parti en cacahuète : environ 6 mois après l’upload d’un mix appelé “2015 1st frenchcore mix” (qui n’était pas si ouf que ça d’ailleurs), il est passé d’environ 1 000 vues à 20 000 ! Ça continuait d’augmenter de jours en jours (mon nombre d’abonnés également). Aujourd’hui faute de temps (et de flemme) je ne poste plus autant de vidéos, juste les sons des copains pour continuer à leur faire de la pub, des mixs raw que j’enregistre et comme toujours, le premier mix frenchcore de chaque année.

J’envisage prochainement de recycler la chaîne et de proposer des vlogs basé sur les festivals et events ou j’irai, faire des vidéos en face cam où je parle de son, mes coups de coeur du moment etc… Rien n’est fait pour l’instant car je parlerais bien évidemment en français, mais le problème étant que j’ai énormément d’abonnés étrangers (notamment allemands) donc je suis en pleine réflexion.

Pour conclure, as-tu un message ou des conseils à transmettre à tes abonnés ou aux jeunes DJ et producteurs qui souhaiteraient tenter leur chance ?

Si vous en avez envie, faites-le, ne prenez pas en compte les critiques (non-constructives genre « c’est de la merde »). Ne baissez jamais les bras et persistez, il n’y a pas de bons résultats sans travail, que ça soit pour le mix comme pour la compo. En ce qui concerne le mix, entraînez-vous à mixer à l’oreille, sans regardez l’écran si vous n’avez pas de platines qui fonctionnent sans logiciel. Pour finir, ne vous dites pas « DJ » trop tôt, entraînez-vous pour faire des bons trucs !

Retrouvez YSM sur le web :

 

 

ParMicka

Orian

Nous sommes allés à la rencontre d’Orian, jeune dj/producteur Uptempo Hardcore lyonnais à très gros potentiel !

Pour commencer, peux-tu te présenter brièvement ?

Alors, je m’appelle Orian, j’ai 19 ans et je suis étudiant technicien son à Lyon.

Comment as-tu découvert le Hardcore ainsi que l’univers qui l’entoure ?

Par des amis et le bouche à oreille principalement. Mais j’ai mis vraiment longtemps avant d’accrocher.

Pourquoi as-tu particulièrement accroché à ce genre de musique plutôt qu’un autre ?

En fait je n’y ai pas accroché plus particulièrement qu’à un autre. Je me lasse très vite et mes goûts changent souvent. Je n’écoute quasiment plus de hardcore depuis un moment déjà.

Pourquoi as-tu décidé de te lancer dans le Hardcore, d’entamer une carrière ?

J’ai essayé pas mal de styles en musique électronique avant de trouver quelque chose où je m’épanouissais vraiment. J’essaye de produire une musique de qualité, forcément, mais avant tout pertinente par rapport a la scène. Et il se trouve que c’est dans la scène uptempo Hardcore que je peux le plus apporter quelque chose de nouveau et d’intéressant à mon avis. Mon choix s’est fixé comme ça, mais ça aurait pu être n’importe quoi d’autre comme style.

Cela fait combien de temps que tu fais de la musique ?

Cela fait un peu plus de deux ans, ou quelque chose comme ça.

Sur quel logiciel as-tu commencé et lequel utilises-tu maintenant ?

J’ai commencé sur Cubase et je suis toujours dessus. Tout simplement parce que c’est le meilleur pour la production.

Pourquoi privilégier Cubase ?

J’aime l’ergonomie et les fonctionnalités de ce logiciel, mais ça, à la limite, on s’en fout parce qu’ils ont tous leurs défauts et leurs qualités. La raison pour laquelle c’est le meilleur c’est la façon dont il est codé, les algorithmes de traitement du son qu’il possède et les plugins build-in qui ne sont pas trop mauvais. Parce qu’au final c’est la seule chose qui compte, on a beau être aussi bon producteur qu’on veut et avoir d’excellents plugins on ne pourra jamais palier aux défauts de codage du logiciel qu’on utilise. L’autre alternative aurait été pro tools, mais je suis moins fan et puis c’est plus pour du mix/mastering pur que pour de la production.

Peux-tu dévoiler quelques-uns de tes projets pour l’avenir ?

Aller mixer un peu partout ce serait cool, je viens d’être signé dans une agence donc je ne me fais pas trop de soucis pour ça. Je veux m’amuser avant tout !

Pour conclure cette interview, as-tu des conseils pour ceux qui débuteraient dans cette voie ?

Oui j’en ai quelques-uns :

Alors déjà, je sais que je ne vais pas me faire d’amis en disant ça ahah, mais mon conseil N°1 ce serait de ne surtout pas commencer sur FL parce que c’est vraiment une catastrophe, perso je les reconnais direct les tracks faites sur FL c’est déphasé dans tous les sens c’est terrible. Après je sais qu’il y’a pas mal de très bons artistes qui sont sur FL, Excision et compagnie par exemple, mais ils ne pourraient être que meilleurs sur un autre logiciel tous simplement.

FL a des défauts auxquels on ne peut rien et qui sont les mêmes pour tout le monde.

Aussi quelque chose de très important c’est de ne jamais arrêter de remettre en question son travail, tu arrêtes de progresser le jour où tu es pleinement satisfait de ce que tu as fait.

Après, d’écouter le plus de choses différentes possible, je vois par exemple les producteurs d’uptempo qui n’écoutent que ça, bah c’est bien de la merde ce qu’ils font.

Enfin, de se documenter au maximum sur le fonctionnement des DAW, des plugins et surtout du son en général. Aussi évidement sur la musique dans sa globalité, quand je vois des fois par exemple des gens qui produisent déjà depuis plusieurs années et qui ne savent pas ce que c’est que la tonalité, vraiment ça fait peur.

Retrouvez Orian sur le web :

ParMicka

Relakztek

Nous sommes allés à la rencontre de Relakztek, producteur et liver frenchcore originaire de Montauban.

Pour commencer, peux-tu te présenter brièvement ?

Je m’appelle Relakztek, je suis producteur de son et liver, c’est-à-dire que je crée entièrement mes morceaux sur le logiciel fl studio à partir de samples (pour partir sur un remix) ou vraiment partir de rien, juste avec des idées en tête.

Je produis mes compositions et remix sur fl studio et je live sur le logiciel Ableton live.

Je compose depuis 2012 environ dans les styles tribecore, frenchcore et dernièrement un peu hardcore.

Tu ne te focalises donc pas sur un genre en particulier ?

On va dire que ça a changé avec le temps. Au début j’étais très focalisé sur la tribecore, plutôt mélodique, les premiers Darktek… J’ai grandi avec ça et j’ai tourné ma production musicale vers d’autres horizons avec le temps

Pourquoi as-tu particulièrement accroché à ce genre de musique plutôt qu’un autre ? Qu’est-ce que ce cela t’apporte ?

C’est surtout pour la musicalité : pour moi, les mélodies ça exprime des sentiments, un ressenti sur le moment. Souvent, quand on écoute du hardcore, on n’a pas toute cette musicalité : c’est plus basé sur la force et la puissance d’attaque. J’ai un passé de musicien et j’ai toujours été porté par les mélodies depuis petit.

Pourquoi es-tu passé de la tribecore au frenchcore ?

Il s’est passé comme une espèce de choc, une claque que j’ai prise à un teknival fin 2016. Je suis parti avec des potes au teknival de Garchy pour y jouer ; la nuit y’a eu beaucoup de frenchcore, ça m’a marqué énormément… J’ai fait la teuf 2 nuits là-bas, je suis rentré et direct j’ai commencé à faire des kick bass frenchcore. Quand ça va pas dans ma vie, quand je déprime, j’arrive à extérioriser dans le frenchcore, c’est plus ”badass ” et imposant que la tribecore. L’important pour moi c’est de toujours garder cette touche ” mélodique ”

Considères-tu le frenchcore comme ta marque de fabrique aujourd’hui ?

On peut dire que le frenchcore est le style qui m’a amené une sorte de notoriété en Europe (Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Italie). Je trouve que le frenchcore produit est en général très limité en mélodie et composition musicale, c’est dommage ! Il  y’a beaucoup de points communs sur la construction du style par rapport à la tribecore, la hardtek… Je dirais qu’aujourd’hui, oui,  le frenchcore est un peu comme ma marque de fabrique.

Peux-tu nous dévoiler quelques-uns de tes projets ?

Haha, j’essaie de partir un peu sur du hardcore ces derniers temps, sur des kicks assez agressifs tout en gardant mes influences frenchcore.

Pour conclure cette interview, as-tu quelques conseils à donner à ceux qui débuteraient dans cette voie ?

Oui… Essayez de faire ce que vous aimez, ne pas faire du son pour juste vouloir passer en boite ou avancer dans le ” milieu ”, il ne faut pas brûler les étapes. Si on veut vraiment progresser et s’en donner les moyens on y arrive. Il faut savoir être solitaire et supporter le fait d’être enfermé chez soi sur de longues périodes, ne pas avoir peur de faire des sacrifices car on n’a rien sans rien. J’aurai jamais cru possible de me retrouver à jouer 2 fois en Suisse en 2 mois, donc lâchez rien et croyez en votre musique !

Retrouvez Relakztek sur le web :

ParRichard B

Jon Wall

Rencontre avec Jon Wall, jeune Dj et producteur Grenoblois de Techno et House dont lui seul à le secret… A découvrir sans attendre, venez plonger dans son univers !

Peux-tu te présenter en quelques mots, d’où vient ton nom d’artiste, et comment décrirais-tu ton style musical ?

Mon nom d’artiste fait appel à mes prénoms dans la vie courante, le prénom JON est l’équivalent de mes noms dans différents pays, et vu que chacun de mes prénoms à une origine sentimentale j’ai voulu tous les regrouper dans un celui de JON. Et pour WALL, c’est un hommage au Vieux Manoir – Club avec ces murs en pierres apparentes, qui ont été les premiers à me donner ma chance.

Mon Style musical peut être décrit en 2 mots ; Banger & Intense… On me dit souvent que mes sets sont nerveux, puissants et j’aime bien faire des montées aussi bien harmoniques et énergiques. Donc mon style varie entre la Techno, la House, mais aussi des styles plus Electro comme la Bass House, la Dubstep, l’Electro House…

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ?

Avant d’être dans un style de musique plus électronique, j’écoutais presque uniquement le groupe Linkin Park, ces sonorités muse métal, couplées avec des sonorités électro fait que ce groupe reste unique en son genre. Puis avec les années, ils ont évolué vers des sons plus électroniques, est-ce pour cela que moi aussi je me suis laissé séduire par ce style de musique? Sûrement, j’ai dû évoluer avec eux à ce moment là.

Quel est ton parcours jusqu’ici ?

J’ai commencé à mixer pour des anniversaires, booms ou soirées entre amis vers l’âge de 16 ans, puis j’ai appris en autodidacte jusqu’à ce que je rencontre mon ami Dj M’O’PLAY qui va me donner l’envie d’aller plus loin, de pousser dans le métier de Dj. J’ai ensuite fait la rencontre de mon mentor le Dj résident du Vieux Manoir club, et c’est à partir de ce moment là que j’ai découvert la Techno, la House et l’univers underground. Tout ceci m’a emmené à mixer pour Lite Licht Record, au Drak-art, La Suite, le Café Noir, la salle Eve…

Jeune diplômé de l’école DJ NETWORK de Lyon, que t’as apporté cette formation, toi qui était déjà Dj dans un club Grenoblois ?

Cette formation à été incroyable, aussi bien sur le plan des connaissances que j’ai pu acquérir, que sur les rencontres et l’expérience humaine. J’ai beaucoup appris sur les moyens de la communication, réalisation de flyers, du Community Management… Mais surtout sur la production musicale. Nous avions 2 professeurs qui sont des bêtes de producteurs musical. Et c’est grâce à cette formation que je voulais  apprendre la création musicale pour pouvoir produire mes propres sons mais aussi réussir à m’exprimer au travers de la musique.  Sans compter les techniques de mix avancées qui m’ont permis d’élever mon niveau et proposer une prestation d’un autre genre.

Quels sont les genres électroniques que l’on peut entendre dans tes soirées ?

Ça dépend un peu… Disons que l’on peut entendre de la Techno, de la House, de la Tech House… Disons que ce sont les styles qui sont plus pour le coté underground, après je prépare un show mêlant mix et instrument nouvel génération sur de la Bass House avec des influences Dubstep.

Donc disons pour faire simple que je suis sur un univers électronique variable en fonction de mes envies.

Depuis peu tu te lances dans la production. Peux-tu nous en dire un peu plus ? Quel(s) style(s) ? Quelle(s) inspiration(s) ?…

Pour l’instant je suis actuellement en pleine composition de plusieurs morceaux, mais rien n’est finalisé, je préfères sortir quelque chose d’abouti, que de me précipiter, car je veux créer quelque chose à chaque morceau où l’on se dise « ça c’est Jon Wall c’est clair, il y a que lui pour faire un morceau aussi bon ». Donc sa avance mais je recherche beaucoup par moment des manières de faire, de créer ou réaliser.

Pour le moment il y a de la Techno très inspirée du Mau5trap le label de Deadmau5, mais aussi de la Tech House tirée des sons que peut sortir le label Hotfingers. Donc je cherche à faire pour le moment des sons proche d’une Techno que je dirais moderne et « dancefloor » . Mais je suis très inspiré de mes idoles comme Deadmau5, Laurent Garnier, Rezz, No Mana…

Quel est ton meilleur souvenir de prestation ? Et le pire ?

Mon meilleur souvenir à été au Drak-art pour une soirée avec le BDE Arsh, on m’a dis de “tout casser” et se fût chose faite, le public fût ravi et j’ai même depuis des « groupies » que je ne connaissais pas et qui après mon set sont venues me voir pour me dire « tu nous as fait rêver », depuis ils me suivent de temps en temps sur mes prestations et cela fait super plaisir.

Le pire… houlà, c’est difficile à dire… Je ne dirais pas le nom du club car sa pourrait être mal interprété mais je devais faire un remplacement pour un résident, et ce Dj m’a plus que mal conseillé sur le club, je me suis retrouvé à jouer bien trop classe pour le public qui attendait des morceaux plus généralistes chose que du coup je n’avais pas forcément… Une longue soirée qui m’a value quelques remarques mais bon… j’en étais encore à mes débuts j’ai donc appris pour plus que cela ne recommence.

Quel est ton TOP 3 des tracks que tu joues en ce moment ?

Alors il y a  :

Pursuit de Gesaffelstein

Shred de Lektrique

Right This Second de Deaudmau5

Quelle est la prochaine étape pour toi et  que nous réserves-tu pour les mois qui arrivent ?

La prochaine étape est de sortir avant cet hiver certaines de mes tracks qui sont en cours de réalisation en les signant dans des labels. Après je suis actuellement en train de voir plusieurs établissements sur Lyon comme le bar “Les Platanes” dont j’ai le plaisir de mixer le 30 juin. Avec aussi la signature comme représentant d’une marque de vêtement. Et je compte bien organiser aussi une tournée avec mon agent artistique dans une destination que l’on garde pour l’instant secrète mais qui fera rêver le public qui me suit.

Le mot de la fin…

Je reprendrais une phrase de Friedrich Nietzsche qui disait « La vie sans musique est tout simplement une erreur » donc écoutons et écoutez de la musique, beaucoup de musique…

Vous pouvez le suivre sur le net :

ParMarius Sergent

Head Cuts Records

INTERVIEW – Cette fois on passe la frontière et la mer pour se retrouver sur l’île d’Ibiza, à le rencontre d’un jeune label qui progresse vite et nous emmène dans un univers Techno, pointé d’une touche de House, planant et enivrant… Bienvenue dans le monde de Head Cuts Records !!

Bonjour, et merci de nous accueillir, peux-tu commencer par te présenter, toi et ton label ?
Salut Interaktion, merci beaucoup pour l’opportunité de vous parler un peu de nous. Tout d’abord j’aimerais me présenter, mon nom est Ivan Guasch et je suis né sur l’île blanche d’Ibiza.
Actuellement je suis le propriétaire du label Head Cuts Records basé à Ibiza. Je suis également Dj et Producteur. Ensemble avec mes coéquipiers Peter et Tony, du duo français Brothers In Arts, nous travaillons main dans la main pour trouver et signer de nouveaux talents pour notre label.

Comment tout ça a-t’il débuté, d’où t’es venu cette envie de créer ton propre label ?
Pour ma part, j’ai commencé le DJing à 14 ans sur l’île d’Ibiza en rave party, fêtes privées et autres
petits clubs. A 15 ans j’ai commencé à produire de la musique et à jouer en dehors d’Ibiza dans des
villes comme Barcelone, Valence, Santander puis à l’international en Europe, au Brésil, Mexique, Belgique, Pays-Bas, Prague, etc…
J’ai également eu l’occasion de me produire dans des clubs comme le Privilege, Eden, Sands Beach, la Fabric, La Riviera, Macarena Club et Clash Club (Brasil). Mais aussi sur des festivals comme le T4F Festival, Come Together Festival, Good bye Summer Festival, Under Ground Meeting Point Festival, et Insane Festival aux côtés d’artistes importants comme, 2ManyDjs, Nicolas Jaar, Derrick Carter, Satoshi Tomiie, Audiofly, Umek, Uner, Mauro Picotto, Adam Beyer, Andrea Oliva, Technasia, Hollen, Leon, Alex Niggerman, Pleasurekraft, Dosem, Pig & Dan, Oxia, Erick Volta, André Butano, Tim Baker, Marco Baely.

Le fait d’être sur Ibiza, est-ce un choix stratégique ou juste un amour pour l’île ?
En réalité, je suis né et j’ai grandi sur l’île blanche d’Ibiza et je ressens un grand amour pour la musique et l’île elle même. Pour moi, être né ici signifie beaucoup car j’ai eu la chance d’apprendre des meilleurs depuis mon plus jeune âge.

Head Cuts RecordsOn sait tous qu’Ibiza est une scène électronique très développée. As-tu le sentiment qu’il y a une scène locale spécifique ou est-ce que celle-ci représente le reste du monde ?
Je pense vraiment qu’Ibiza est une grande marque qui représente la musique électronique au niveau international, donc tous les nouveaux Dj/Producteur ou ceux déjà bien en place viennent à Ibiza pour présenter leur musique et leur talent sur l’île.
Notre concept est créé et développé à partir d’Ibiza mais nous avons à l’esprit de développer nos futures tournées internationales en dehors de notre résidence à Ibiza pour les étés.

Quels sont les genres électroniques qu’on peut entendre sur ton label ?
Techno, House, Tech House, Deep House, IndieDance & Nu Disco, Funky House & Acid House.

Quelle est ta vision aujourd’hui du monde des labels, et plus largement du marché de la musique électronique ?
Oui, en terme de labels et du marché actuel de la musique électronique, je pense qu’il y a beaucoup d’offres de qualité médiocre et peu de vrais consommateurs qui soutiennent la scène électronique. Mais nous espérons pouvoir offrir un produit de qualité à notre public et à nos fans.
L’idée est de profitez d’une musique de bonne qualité avec bon goût et différents styles musicaux afin de proposer un large panel.

Quelles sont tes attentes vis-à-vis des artistes que tu signes ? Quels sont tes critères de sélection ?
Nous attendons avant tout de la qualité musicale et du bon goût dans les productions ainsi qu’un bon mix. Nous croyons qu’il est important d’avoir une diversité dans la musique et nous aimons les productions intelligentes avec des mélodies complexes et du groove.

Head Cuts RecordsQuelles sont selon toi les plus belles réussites de ton label ?
Pour nous, notre plus grand succès a été de créer une grande famille de producteurs et d’avoir pu atteindre les sommets dans les stores les plus importants comme Beatport et Traxsource. Nous nous félicitons de pouvoir faire notre showcase à Ibiza et dans le reste du monde. Profitez de la musique que nous produisons et performer avec beaucoup d’amour.

Aujourd’hui tu as un pôle House / Nu disco, géré par Tony et Peter en France, comment se passe les relations avec autant d’écart, et qu’attends-tu d’un bon directeur artistique ?
Notre relation à distance est très bonne étant donné que nous maintenons un contact téléphonique et par courrier pratiquement tous les jours. Nous avons une façon de penser très similaire et très objective…
Aussi, récemment, je suis heureux que les gars soient venus à Ibiza pour jouer leur musique pour notre Showcase.
Désormais nous avons le temps de planifier la prochaine saison qui, je l’espère, sera un succès.

Les projets à venir ?
Nous travaillons actuellement sur la prochaine grande compilation d’artistes pour la saison à venir ainsi que sur notre futur Showcase en Europe et à l’international. De nombreux Ep sont en préparation également. Nous souhaitons garder un rythme de 2 releases par mois.

Merci à toi pour toutes ces réponses, le mot de la fin ?
See you on the dance floor!

Suivez Head Cuts Records sur la toile :
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Head Cuts Roster:
Ivan Guasch / Jean Bacarreza / Branzei / Roma De Ciccoo

FeelGood / Cosentino / Flo.Von / Brothers In Arts / Ladies On Mars / Jens Mueller / Kasey Kaotto / Tuch The Soud Different Sides / Sinistar / Abel Pons / Rhalef / Romen / LEDDH / Robert Crazy / Kristof Tigran.

ParMicka

Reapers

Nous sommes allé à la rencontre de Reapers, producteur et liver Frenchcore lyonnais.

Pour commencer cette interview, peux-tu te présenter brièvement ?

Moi c’est Reapers, 27 ans. Je fais du Frenchcore et du Happy Frenchcore que j’essaie de remettre au goût du jour parce que je suis quelqu’un qui aime beaucoup le Oldschool : c’est mon délire.

Comment as-tu découvert ce genre ainsi que l’univers qui l’entoure ?

Je l’ai découvert y’a un peu plus de 10 ans, j’écoutais principalement du Metal avant. Je suis né dans la musique électronique parce que ma mère écoutait beaucoup de House, de la Dance et un peu de tout,  et donc au fil du temps, j’ai commencé à apprécier cette musique. C’est surtout quand j’ai commencé à sortir en boîte que j’ai découvert tout ça.

Pourquoi ce passage du Metal au Frenchcore ?

J’avais envie de changements mais j’écoute toujours du Metal à côté.

Pourquoi as-tu particulièrement accroché à ce genre de musique plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est hard : j’aime cette musique, j’aime les sensations que ça m’apporte et quand j’allais en boîte de nuit, j’aimais l’ambiance qu’il y avait. Ensuite, je suis allé en festival et j’ai de plus en plus adoré et aimé ce genre.

Pourquoi as-tu décidé de te lancer dans le Frenchcore, d’entamer une carrière ?

J’ai pas voulu spécialement me lancer dans une carrière. J’ai appris à connaître Sam, aka Adrenokrome. J’ai appris à connaître la personne avant l’artiste et de fil en aiguille, on s’est super bien entendu : une bonne relation, une bonne alchimie. Je lui ai demandé de me prendre sous son aile, et il a accepté. C’est lui qui a fait mon apprentissage de la musique.

Cela fait combien de temps que tu fais de la musique ?

Au total maintenant, ça va faire 6 ans.

Sur quel logiciel as-tu commencé et lequel utilises-tu maintenant ?

J’ai commencé avec Cubase. Après je suis passé sous Logic pro 9, Logic pro X et maintenant je travaille sous Ableton Live parce que c’est plus pratique pour moi pour jouer en Live.

T’es donc plus axé vers le Live que le Djing ?

J’apprends à mixer histoire de dire que je sais faire. Je le fais plus pour moi que pour le public.

Peux-tu nous dévoiler quelques-uns de tes projets ?

Pour le moment j’ai pas de projet particulier, j’essaie de développer un nouveau style. Y’a certaines choses à venir mais pour le moment je les garde pour moi.

Pour conclure, as-tu des conseils pour ceux qui débuteraient dans cette voie ?

Allez-y petit à petit : il y a beaucoup de travail à fournir et il ne faut pas avoir peur d’essayer, aussi bien pour comprendre les programmes que les logiciels. Exercez-vous avec le logiciel qui vous convient le plus afin de vous l’approprier. Même quand ça bloque, Il faut persévérer : Avec le temps et les efforts ça viendra.

Retrouvez Reapers sur le web :

ParMarius Sergent

Noize Son

C’est l’été, alors on reste dans le sud avec le soleil, la chaleur et pour accompagner tout ça, un bon son techno qui gratte, qui tourbillonne et qui nous fais voyager au confins de la musique souterraine et libre !!! Bienvenue dans le monde de Robin Aka Noize Son.

Merci à toi d’avoir accepté et de prendre le temps de nous répondre, alors tout d’abord, peux-tu te présenter et nous dire comment t’es venu l’envie de faire de la musique ?

Salut et tout d’abord merci à toi !! Alors pour me présenter, je m’appelle Robin Baldy, j’ai 28 ans, je suis né à Montpellier et j’ai toujours aimée la musique. Plus jeune, j’étais très attiré par la musique rock, hard-rock, métal. J’étais déjà dans le besoin d’en faire : j’ai voulu tester la guitare mais trop compliqué et à mes 14 ans, j’ai découverts les boîtes de nuit sur Montpellier…
La première a été le Barlive et c’est là que j’ai découvert la techno.
Quelques mois plus tard, j’ai eu la chance de découvrir FL Studio et depuis, je ne l’ai plus jamais lâché… ça a été une grande histoire d’amour avec ce logiciel, malgré les coupures d’électricité de mes parents car je faisais trop de bruit ou trop de boom boom, d’où : le fils du bruit (Noize Son).

Quels sont tes artistes/labels de prédilection en ce moment ?

Je reste très fidèle aux artistes qui m’ont marqué plus jeune et que j’écoute toujours, car pour moi, ils sont uniques dans leurs styles, comme Vitalic, Oliver Huntemann, Trentemoller, ou encore Anthony Rother. Aucun d’eux ne ce définit vraiment dans un style, mais c’est de la pure techno, chacun à leurs sauces et ils ne sont généralement pas trop copié .

Quelle est ta philosophie, ta conception de la production ?

Pour moi, il faut se laisser aller, ne pas trop réfléchir et laisser la musique s’écrire toute seule. Je ne cherche pas à creer une copie de ce qui me plaît, ou une musique qui ressemble au courant du moment, mais à composer ce qui me fais danser moi, dans mon studio.

J’ai vraiment horreur de ce que j’appelle les tracks parallèles : souvent quand un track marche bien, certains se jettent sur de la reproduction pour s’assurer qu’ elle marche aussi, mais c’est ce qui tue la beauté des morceaux.

Comment as-tu appris à composer ?

Seul et très lentement. Ça m’a pris plusieurs années et beaucoup de GB pour apprécier mes compositions.
Je n’ai jamais aimer regarder les autres faire sur le net. Ça ma fait perdre du temps, mais rien ne vaut mieux que d’apprendre par soi-même. Du coup, c’est des centaines d’heures passées sur mon PC, à bidouiller FL Studio et tous les logiciels qu’ il comporte. C’est souvent en sortie de boîte et en after avec des amis que j’apprends le plus.

Quels matériels et logiciels possèdes-tu dans ton home studio ? Recherches-tu des spécificités techniques particulières ?

Pour les logiciels, j’utilise principalement FL Studio avec pas mal de synthétiseurs virtuels comme le Gladiator de chez Tone 2 ou Sylenth de chez Native Instrument. J’aime beaucoup triturer dans tous les sens pour trouver la sonorité qui vibre en moi et j’y passe même très souvent beaucoup de temps. Où sinon en matériel, j’ai la tour PC, un apc400mk2, un piano contrôleur Axiom et pour jouer mes tracks, j’utilise Aileron, mais je ne le comprend pas aussi bien que FL Studio.

Comment puises-tu ton inspiration pour composer ? Quels sont tes influences en matière de production ?

Sûrement dans les vagues d’émotions que je traverse durant les années.
Il y a aussi des années productives et d’autres très blanches, sans aucune production, tout dépend de l’état moral, mais l’inspiration revient toujours !!

Je n’ai pas vraiment d’influences dans la production, j ai voulu apprendre tout seul, ce qui me vaut donc mes lacunes en la matière. Après pour moi, il faut que mes productions soient comme un feu, qui brûle doucement, s’enflamme et puis s’éteint… ou comme une bonne montée qui finit bien…

Comment te positionnes-tu sur le débat entre l’analogique et le numérique ?

Je n’ai connu pour l’instant que le numérique mais l’analogique dois être plus enivrant.
Mais ce n’est pas ce qui fait la différence entre un bon et un mauvais morceau, de la bonne musique sort dans les deux camps… et la musique reste le plus important.

Pour toi, c’est quoi un bon producteur en musique électronique ?

Un bon producteur, c’est celui que tu ne définis pas par un style mais par un caractère…

Développes-tu des prestations lives ? Préfères-tu jouer en tant que liver ou DJ ?

Je n’ai, pour le moment, fait aucune prestation en live, mais pourquoi pas en faire un futur projet, et je suis plus dans la composition, j’ai lâché le mix pour faute de matériel.

Quels sont tes projets à venir ?

Pour le moment aucun, mais je suis ouvert à tous les projets qui portent sur la techno…

Merci pour toutes ces réponses, le mot de la fin?

Si vous voulez faire un tour dans mon monde, c’est sur mon Soundcloud et surtout, laissez l’inspiration venir de vous même et pas du hit radio du moment !!

ParMarius Sergent

Alter Frekences

Bienvenue à AlterFrekences ! Cette association organise et fait la promotion de la culture électronique depuis plus d’un an sur Lyon, en militant pour une musique underground et sans compromis !! Derrière ce nom se cache 3 nanas, qui réussissent à faire des soirées de qualité par la force de leurs volontés et de leurs déterminations ! Rencontre :

 

Merci à vous de nous consacrer du temps et pouvez-vous commencer par vous présenter ; vous et votre association ?

3 nanas : Nina, Lulla et Laurine et fans de musiques électros depuis un certain temps déjà. On a commencé par des soirées minimales et lyonnaises, puis ensuite berlinoises, des festivals en tout genre, des squats, des frees… Après avoir arpentés ces différents terrains, l’envie est née de vouloir proposer un autre style de soirées à la scène électro lyonnaise et d’être dans une démarche alternative (autre que commercial) pour créer un transgenre de soirées entre le milieu du squat et les clubs.

Comment est né ce projet ? Comment tout ça s’est mis en place au départ ?

AlterFrekences c’est surtout un regroupement de personnes souhaitant créer une structure de ses propres mains pour proposer initialement une expérience musicale mettant en avant uniquement le sens de l’ouïe.
De fil en aiguille et après diverses rencontres notables comme les collectifs Lumières Ephémères (bisous Joss 😉) et Mayadworks (bisous Mad 😉), le projet s’est transformé.
C’est à partir de ce moment là que nous nous sommes concentrées sur l’organisation d’une soirée et pas n’importe laquelle : tout d’abord nous voulions proposer une plage horaire qui nous correspondait plus, d’au minimum 12H d’expression musicale, tout comme les soirées berlinoises qui peuvent durer jusqu’à 48h (ex : Berghain, KaterBlau, AboutBlank, Ips…).
Une fois la salle trouvée, s’en est suivi une aventure qui a duré pratiquement 6 mois !
Nous avons organisé une résidence d’une semaine un peu avant l’event pour travailler les changements de plateau son et lumière car nous avions une scénographie bien spécifique. Ensuite le jour J ça a représenté 30 bénévoles, 15 artistes, 15 Techniciens (Lumière + Son Funktion One), 14h de son non stop, 2 salles, 1 crêperie, 1 stand de vêtement, 1 équipe de captation vidéo, 1 association de tri des déchets, 1 VJ et 400 personnes ….
Nous sommes partis de rien et avons réfléchis à un concept de soirée. Nous voulions proposer une soirée de 12h basée sur l’évolution de la musique électronique. Le système de quadriphonie nous intéressait particulièrement et nous avons réfléchit à un show qui se termine par cette technique. Ensuite nous avons réunit les techniciens pour voir si cela était faisable. Grâce eux ils nous ont ouvert un réseau de partenaires qui étaientt tous partant pour nous suivre bénévolement.

Quels sont les concepts que vous développez en organisation d’événementiel ?

Partage, Amour, Respect, Liberté, Qualité sonore, Expérimentation musicale, Mise au premier plan de la partie technique…
Avant tout c’est une ambiance, une sorte de show que nous proposons, non pas une soirée lambda de 5h de son. Ce que l’on veut c’est travailler en équipe et notamment avec les techniciens (du son, de la lumière ou encore les vidéastes, mappeurs …).
Nous soumettons l’idée aux techniciens (son et lumières) qui nous font leurs retours, et nous travaillons ensemble sur les contraintes, leurs envies, leurs nouveautés techniques… Finalement c’est presque eux qui organisent tout le show et nous les guidons vers notre rêve le plus fou !

Comment organisez-vous votre programmation ?

Nous imaginons tout d’abord une ambiance, un concept de soirée. Nous voulons raconter une histoire. Il nous sert ensuite de fil conducteur pour appréhender les questions techniques, artistiques et logistique.
Pour notre projet au Croiseur, nous voulions proposer au public une soirée qui retraçait la musique électronique des années 90 à « demain », représentée par un live en quadriphonie.
Nous avons fait appel à des artistes issus de collectifs que nous connaissions ou que nos équipes techniques connaissaient (Berlin Suisse France). Chacun d’eux ont dû réaliser un set de deux heures, en rapport avec la période qui leur était donnée.
Pour la quadriphonie, nous avons fait appel à un artiste lyonnais qui a travaillé en étroit partenariat avec nos techniciens lumières et sons afin de produire un show tribal, sombre à base de cassettes et de vieilles machines, lumières blanches, jeu de miroirs… Le but étant de proposer une spatialisation sonore en 4 points sur du Funktion One, afin de faire vivre à notre public une réelle expérience sonore futuriste.

Comment choisissez-vous les lieux où vous organisez vos soirées ?

Généralement on ne les choisit pas…C’est plutôt des questions d’opportunités.
La plupart des lieux culturels à Lyon se voient être le monopole de quelques institutions…euh pardon associations. Il devient compliqué pour la plupart des petits collectifs de proposer des concepts alternatifs qui ne sont pas basés sur la rentabilité.
Alterfrekences, comme nous l’avons dit plus haut, est née d’un regroupement de lyonnais plus ou moins acteurs de la scène culturelle. Le croiseur était déjà exploité par nos copains du Nobody Crew. On recherchait un lieu type industriel. Le Croiseur (Théatre à Jean Jaurès) était notre lieu de prédilection de par son histoire et son architecture. S’en est suivit une rencontre avec Khaled, l’administrateur de l’époque, et le début d’une aventure. Nous sommes arrivées avec des plans de scènes pour chaque tableau sonore désignés par une amie graphiste ce qui a tout de suite plu et impressionné !

Quelle place accordez-vous à la prévention santé ?

Bien entendu, nous voulions mettre en place un stand d’informations. L’important pour nous était de ne pas nier mais d’accompagner. Nous avons donc fait appel à l’association Keep smiling qui a pu nous donner un carton rempli d’objets et brochures de prévention. Nous aurions aimé un stand plus interactif mais c’est une association qui fonctionne très bien sur la région Auvergne Rhône Alpes qu’il faut booker très tôt, et comme on s’y ai pris un peu tard, ils ont fait ce qu’ils pouvaient ! D’ailleurs il ne faut pas hésiter à aller les rencontrer dans leur locaux à Lyon c’est un association très dynamique et indispensable dans le milieu de la musique électro techno …

Quels sont les genres électroniques qu’on peut entendre ?

Dans l’idée de retracer l’évolution de la musique électronique à partir des années 90, nous avons fait un bon nombre de recherches afin de retracer les genres qui avaient vu le jour depuis. La soirée évoluait sur un répertoire dance, techno, trance, avec quelques pointes de drum & bass puis une nuance tribale aux inspirations africaines pour finir sur une micro légère… (vous nous suivez ?? Rire )
Finalement on aime tout style de musique ! On veut juste qu’ils soient bien amenés par nos DJs pour que notre public soit réactif !

Avez-vous le sentiment que le public électronique est spécifique selon l’endroit où vous organisez ? Quelles différences/ressemblances avez-vous pu noter ?

Oui, bien sur. Un entrepôt n’attirera pas le même public que l’ont peut voir en boîte où les talons et les strass sont de mise (rire). Cela dit, notre but est justement de casser ces codes. Nous même, venant d’horizons bien différents les uns des autres, l’idée est de prôner et de promouvoir une mixité, une mixité des genres, des codes avec le partage des mêmes valeurs !

Avez-vous le sentiment que le public est reconnaissant du travail que vous faites ?

HEUUU….. On espère ! En tout cas, nous, on s’est régalé.

Les projets à venir ?

Des idées, des concepts qui nous trotte dans la tête, des opportunités de lieux … pour le moment rien d’annoncer 😉

Merci beaucoup pour ces réponses, le mot de la fin ?

                                                    …. Nos nuits seront toujours plus belles que vos jours ….

N’hésitez pas à visionner notre aftermovie où tous nos partenaires sont cités !!!

Lien vidéo vimeo

ParMarius Sergent

Lud’O

Son énergie et son plaisir du mix font que, dès qu’il passe derrière les platines, l’ambiance devient électrique ! Les groupies s’amassent, le son groove, les sourires s’étirent et la soirée est partie ! On peut l’entendre des Saisies à Lyon : voici l’univers de Lud’O !

Salut, merci d’avoir accepté mon invitation : peux-tu commencer par te présenter ?

Salut. Et bien moi, c’est Ludovic Sausset , j’ai 39 ans, j’habite en Savoie, je suis père d’un petit garçon de 4 ans et demie , je travaille dans un hôtel en tant que technicien de maintenance dans une station de ski et je suis un grand passionné de musique ! J’écoute de tout : je suis musicien, DJ, bon vivant… Et aussi célibataire pour celles qui souhaiteraient me connaitre après avoir lu cet article (rire) !

T’as commencé la musique par la guitare et t’as eu une période punk : on peut en savoir plus ?

Oui, j’ai eu ma première guitare à 14ans et j’ai bien grattouillé plusieurs années avec pas mal de monde… J’ai pu faire du bruit avec des punks, des rifs de guitares avec des hardos, des soirées roots avec les PoyPoys… Mais toujours avec cette passion de faire de la musique et de partager des moments ensemble… Et boire de la bière (rire). J’ai fait aussi beaucoup de festivals, soirées concerts pour suivre des groupes que je kiffais et découvrir aussi de nouveaux talents. Ça remonte à 20 ans maintenant mais c’était une belle période.

Comment es-tu venu à la musique électronique ? Qu’est-ce qui t’attire dans ce milieu ?

J’ai mis du temps à venir aux musiques électroniques : je suis resté longtemps un pionnier des soirées concerts, des instruments, de voir des zikos en live devant toi et te faire danser. Mais on m’a emmené dans les premières free-parties, des teufs dans des lieux insolites comme des champignonnières en Indre et Loire, sous des ponts d’autoroute, dans des grands champs ou dans des purs spots un peu partout en France. J’ai vraiment découvert un milieu underground, fait des belles rencontres avec des personnes qui ont cette philosophie : “vivre libre ou mourir !”. Je me suis rendu compte qu’il y avait une variété de musiques, des styles différents allant de la Drum & Bass, Techno, Hardtek, Hardcore, Acid… Et tous ces boutons que je voyais clignoter, ces platines avec des vinyles, de purs DJ’s, des liveurs, des gros murs de sons, des camions aménagés… C’est un tout et ça m’a plus tout de suite !

As-tu monté/fait partie d’associations en musiques électroniques? Quel rôle y as-tu joué ?

Les 10 années passé en Indre et Loire m’ont permis de côtoyer plusieurs bandes de potes et sound-systems tels que INFRABASS, DST, ODN, LES CHATS PERCHES, les KO37 Unit (avec qui j’ai eu la chance de participer et d’organiser des grosses soirées et sortir les Protos, les Bassbins et les Turbosounds… On a passé pas mal de temps ensemble a écouter le Martin Audio ronronner). Une de mes plus belles orga qui restera à jamais gravé en moi, c’est la VENDETTA 2005 en Italie…. Les anciens s’en souviendrons longtemps ! Maintenant, ça va faire 10 ans que j’habite en Savoie et j’ai également rencontré plusieurs collectifs avec qui nous avons organisé plusieurs événements. Il y a eu Uppercut avec le festival Élément au Fort De Tamié (73), la teuf du barrage de la coche avec les Malbarés/Lunatik Armada, le conteste de ski “Tribute To The Air” avec Lunatik Armada et beaucoup d’autres…

Quels artistes ou label ont influencé ta conception du mix ?

Franchement, après toutes ces années et après toutes ces rencontres, ces expériences musicales, y en a tellement de labels et d’artistes qui m’ont impressionné. De les avoir vu et écouté, c’est sûr que ça m’a influencé dans le mix. J’écoute énormément de musique, j’en achète, j’en visualise, j’en télécharge, je la partage avec mes proches : c’est tout ça qui influence ma musique, mon style, et mes envies du moment. Après il y a quand même quelques artistes qui resteront des exemples pour moi, des anciens qui m’ont toujours impressionné, je peux te citer :

Dud, un DJ d’InFrabass, pour sa Drum & Bass massive et explosive.

Dj Skuff des Ko37 UNIT pour ses sets Acid Techno qui font voyager

Martin, du collectif METRO, un liveur Tchèque qui est un tueur avec son style bien à lui…

Et il y a tous ceux que je suis actuellement et qui m’inspire : de Gesaflestein à Amélie Lens, de Comsic Boys au label Hungry Music, Lot49 et plein d’autres…

Quel matériel DJ utilises-tu ? Recherches-tu des spécialités techniques particulières ?

J’ai commencé sur vinyles avec des Technics et une Eclerc Nuo 5. J’adorais jouer de la Drum & Bass, de la Jungle et bien sûr de la grosse Techno. J’ai acheté pas mal de vinyles, j’ai une belle petite collection chez moi de différents styles. Mais comme je ne trouvais tous les titres en vinyles, j’ai acheté une carte son Serato SL3 avec des vinyles encodés : j’ai pu améliorer mon mix, mélanger des styles, jouer des remix. Maintenant pour le coté pratique en soirée, je suis passé au contrôleur Pionner DDJ-SR et je me fais énormément plaisir à jouer sur ce matériel ! Je garde néanmoins chez moi les platines et je suis toujours prêt à lancer un coup de mix vinyle entre amis.

Peux-tu nous raconter ta première expérience de mix en public ? 

J’ai eu, comme tout spectateur de soirées, cette envie de jouer en public, de monter sur scène et faire vibrer les gens. Mais étant perfectionniste, tant que mes sets n’étaient pas totalement prêts, je me privais de jouer en public. Puis il y a eu cette soirée , il y a maintenant 9 ans , dans un bar aux Saisies (le pub La Cordée) où j’ai joué avec le collectif Lunatik Armada : mon baptême du feu ! Il y a eu une ambiance dingue : les gens avaient tous le sourire, ils dansaient ; on avait chaud et j’ai envoyé un super set Techno qui a plu à tout le monde. On m’a félicité longuement de ma performance après cette soirée et ça m’a rassuré et mis en confiance pour des soirées futures : j’étais prêt et j’allais travailler pour assurer mes prestations et faire danser les gens.

Pour toi, c’est quoi un bon DJ ?

Toujours compliqué cette question… Les gens passent beaucoup de temps à discuter de ça, à comparer les matériels, les ambiances, les styles… DJ ou live ? Contrôleurs ou platines ? Pour moi, ce qui est sûr, c’est qu’il faut aimer la musique, être passionné par ce qu’on fait , aimer danser, aimer faire danser les gens et être pro. Car un bon DJ doit savoir s’adapter à son public, proposer une prestation de qualité et surtout passer du bon temps avec le public ! On n’arrête pas un peuple qui danse !

Tu n’as jamais sorti de productions : une raison à tout ça ?

C’est quelque chose qui m’intéresserait… C’est un bel aboutissement de créer ses propres productions et les jouer en public. J’ai essayé différents logiciels tels que Fruity Loops, Reason, Ableton Live… J’ai réussi à créer des petites choses assez basiques mais les idées sont là ! Le gros problème pour moi avec la production, c’est le temps. Il faut consacrer des heures à rechercher des sonorités, des mélodies, des arrangements, à faire son mastering. Je préfère actuellement rechercher de tracks propres, bien masterisés pour composer mes sets et jouer en live. Mais je reste persuadé que j’y reviendrai car c’est un milieu qui m’attire.

Peux-tu nous parler de tes projets à venir ?

Des projets simples : profiter de la vie, profiter de mon fils et de ma famille, faire des voyages et m’ouvrir l’esprit, faire des rencontres (artistiques et autres… Petit rappel pour mesdames [rire]), continuer à jouer de la musique, faire plaisir et se faire plaisir et bien vivre !

Merci de m’avoir accordé de ton temps : ton mot de la fin ?

Il faut avoir une grande musique en soi si on veut faire danser la vie !

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ParMarius Sergent

Why Not

INTERVIEW – Ce collectif de Dj sévit depuis 2011 dans le sud de la France… Ce groupe de potes qui s’est rassemblé par passion pour la musique électronique se développe aussi par le côté obscur de la force : la création d’event autour du DJing ! Discussion avec Dubix du Collectif Why Not :

Salut Antho, aka Dubix, et merci à toi de prendre le temps de me répondre ! Pour commencer, peux-tu te présenter, toi et ton asso ?

J’ai 27 ans, j’ai commencé la musique au lycée comme bassiste en montant un groupe avec des potes. En parallèle, j’ai commencé à m’intéresser aux musiques électroniques et à bidouiller un peu de son sur mon ordinateur puis ensuite, j’ai attaqué le mix.
En ce qui concerne l’asso, elle est basée à Rodez en Aveyron. Elle a pour but de promouvoir les musiques électroniques à travers divers événements ou collaborations, et grâce à notre collectif de 6 Dj.
Nous diffusons également un podscast mensuel en téléchargement libre sur notre page Soundcloud dans l’optique de faire de la promo à des artistes plus ou moins connus que nous apprécions.

Comment est né ce projet ? Comment tout ça s’est mis en place au départ ?

Au début, on organisait des free parties, puis en 2010 on a décidé de créer quelque chose de plus concret, histoire de proposer du son et des soirées ailleurs que dans des champs ! Nous avons monté notre premier évènement autour d’un buron sur l’Aubrac début 2011. La machine était lancée !

Vous avez en date de prévues les vendredis Électro, le 4 mai et le 8 juin (au café de la Paix à Rodez) puis une soirée au bar le Dayton à Figeac le 12 mai -comment est-ce que vous gérez le timing et l’organisation entre vous ?

Effectivement ! Les vendredis Électro c’est chaque premiers vendredis du mois depuis 4 saisons. On fait venir des collectifs ou des Dj d’un peu partout histoire de créer une bonne dynamique ! C’est un peu le fil conducteur, puis ensuite d’autres soirées se rajoutent de temps en temps dans d’autres lieux !
Pour gérer tout ça, on se débrouille comme on peut, à la bonne franquette, comme on dit !

Avez-vous des liens avec les autres assos du territoire qui organisent ? Comment se passe les collaborations inter-asso ?

Oui bien sûr, on a pu collaborer avec plusieurs structures ! On pose de temps en temps nos propres scènes ou inter-plateaux sur des festivals et 2 de nos Dj sont résidents sur les Natural Games à Millau. Les salles de concerts, assos, bars ou clubs du coin nous connaissent bien et font régulièrement appel à nous !
Les collaborations se sont toujours bien passées, c’est important d’échanger avec les acteurs locaux histoire de dynamiser le territoire !

collectif why notComment choisissez-vous les lieux où vous organisez vos soirées ?

C’est toujours compliqué de trouver des lieux adaptés à ce que l’on veut proposer. On est souvent limité en terme de place ou d’horaire. Du coup on s’adapte et on fait comme on peut avec ce que l’on trouve et ce que l’on nous propose !

 

Quelles valeurs diffusez-vous à votre public ?

Partage et respect principalement ! C’est toujours agréable de partager une passion commune pour le son avec le public, surtout quand il est réceptif ! Tout ça avec le smile, dans la bonne humeur puis le respect des lieux, de soi et d’autrui.

Quels sont les genres électroniques qu’on peut entendre dans vos soirées ?

Principalement house et techno mais le panel est plutôt large ! Acid, Bass-Music, Drum & Bass, électro-swing et autres dérivés !

As-tu le sentiment que le public électronique est spécifique selon l’endroit où vous jouez ? Quelles différences/ressemblances as-tu pu noter ?

Ça peut être le cas effectivement. Mais parfois, et plus particulièrement dans les bars, il y a les habitués qui connaissent et suivent nos soirées puis ceux qui passent sans vraiment connaître. Des fois ils sont curieux et ils accrochent et des fois non (rire) !

Avez-vous le sentiment que le public est reconnaissant du travail que vous faites ?

D’une manière générale oui bien sûr, même si ce n’est pas toujours le cas ! On a très souvent de bons retours.

Les projets à venir ?

Rien d’extraordinaire. Continuer à pérenniser nos soirées et notre collectif puis peut-être la création d’un vinyle un de ces quatre !

Merci pour toutes ces réponses !! Le mot de la fin ?

Avec plaisir ! Peace love, sound beer & unity !

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ParRichard B

Shafran

INTERVIEW – Rencontre avec Shafran, jeune producteur et DJ voironnais (38) de Deep et G-House âgé de seulement 16 ans, plein de talents et à l’avenir prometteur.

 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Valentin, j’ai 16 ans et je suis amoureux de la musique depuis plus de 10 ans.

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ?

Honnêtement, j’ai fait 6 ans de trompette mais cela ne m’a pas marqué. Il faut dire que j’ai vite plongé dedans, à 3-4 ans j’écoutais beaucoup de Disco-Funk et quand j’étais en primaire j’étais dingue de Techno française comme Vitalic, Miss Kittin ou bien The Hacker.

Cependant, je passais tout mon temps à chercher de la musique et j’ai fait des rencontres extraordinaires avec certains styles il y a seulement 5-6 ans. J’ai beaucoup trop d’inspirations.

logo shafranTu as commencé ta carrière en duo sous le nom des « Sweet Doctors » et aujourd’hui tu fais carrière solo. Quelle était ta place dans ce duo ? Pourquoi ce choix de continuer seul ?

Je m’occupais des productions et cela me déplaisait. Je crois que je n’avais pas trouvé ma voie dans un style assez commercial. Je ne veux produire comme personne et j’avais du mal à être compris. Ce que je veux dire c’est que la culture musicale est mon point fort : je ne connaissais personne qui en avait autant ou qui avait la même. Avec l’autre membre du duo nous n’avions pas les mêmes objectifs. Il voulait être connu pour l’apparence alors que je considère plus la musique comme un amour qu’on ne peut tromper. Il était inscrit en moi l’idée de faire revivre les styles qui m’ont marqué très jeune, et non de faire du commercial.

Comment pourrais-tu décrire ton style musical ?

 Je produis de la Deep House avec une touche Disco et Oldskool Piano (on reconnaît l’utilisation du Korg M1). De plus, je produis de la G-House, mais à ma façon. C’est comme si je voulais rendre hommage à l’Electroclash car j’y trouve des similitudes. Je suis très nostalgique et cela se reflète sur ma musique.

Aujourd’hui, tu es avant tout un producteur de Deep House ! Pourquoi avoir choisi ce genre de musique électronique plutôt qu’un autre?

Les musiques qui m’ont fait vibrer ont toujours été dans cette plage de BPM. En plus, l’arrivé de la Trap par exemple m’a troublé. Un style nouveau que beaucoup de monde adore, sauf moi. C’est comme-ci nous abandonnions tous ces styles qui ont existé auparavant car la plupart des producteurs aujourd’hui ne font plus attention à l’histoire de la musique électronique. C’est sûrement pour cela que ce style me dégoûte, je dois associer cet état d’esprit à la Trap.

Où puises-tu ton inspiration pour tes compositions ? Avec quels outils travailles-tu pour créer tes morceaux ?

Je dois passer 2h par jour à chercher du son et à écouter encore et encore les musiques qui m’ont marqué. J’écoute beaucoup de Disco, de Piano House et chaque jour je regarde ce qui est sorti en G-House.

Je travaille sur FL STUDIO.

logo shafranTu as signé sur le label « Housepital records » et tu es également un artiste « Spotify ». Comment se sont faites ces collaborations ? As-tu fais le 1er pas ? Est-on venu te chercher ? Que t’apportent ces entités ?

Je suis allé chercher Housepital records. Honnêtement ils ne m’ont rien apporté, leur promo était assez discrète. Mais cette année, j’ai 3 sorties sur des labels plus importants, j’en dirai pas plus…

Sur Spotify, j’avoue qu’on a eu de la chance avec Mahara pour les 10 000 écoutes. Je ne faisais pas attention à Spotify jusque-là ; néanmoins je me suis rendu compte que la plateforme est importante. Au niveau des collaborations, je recherche une alchimie. Avec Mahara, nous adorions la Piano House, c’est pourquoi nous avons directement collaboré. En 2018 j’ai une track avec Altharys qui va sortir dans un label G-House. C’est ici la même chose : avec Altharys nous avions exactement les mêmes objectifs. Collaborer ça t’apporte des nouveaux points de vue sur la production, et sur la psychologie de production, j’aime observer comment les autres travaillent.

Quel est ton Top 3 joué en ce moment ?

Je vais faire mon top 3 en fonction des musiques que j’écoute le plus !

  1. Simply Red – Monet Too Tight to Mention
  2. Brandon Reeve – Curls
  3. Michel Legrand – Disco Magic Concorde

Quelle est la prochaine étape pour toi ?

Gagner en notoriété. Souvent on ne fait pas confiance à quelqu’un de 16 ans. J’ai 3 sorties en labels qui arrivent et mon but est de monter le plus possible tout en me faisant plaisir.

Le mot de la fin…

 La musique est la meilleure chose au monde. Une variété incroyable existe, il y en a pour tout le monde donc allez chercher plus loin que la radio.

Retrouvez Shafran sur le web :

ParAnthony Beauchet

Prose

Rencontre avec Nathan, entrepreneur culturel et président de l’association Prose qui place l’Art, l’émergence et les lieux atypiques comme fer de lance d’une nouvelle manière d’organiser des évènements.

Comment est né le projet Prose ? Le choix du nom a-t-il sa petite histoire ?

Le projet est né assez naturellement finalement. On a fait énormément de festivals, de concerts, d’expositions, de spectacles en tout genre, c’est d’ailleurs en plein milieu du camping de la quinzième édition de Musilac qu’on s’est rencontrés, totalement par hasard. On s’est retrouvés l’année suivante dans la même promo à l’université. On a continué à sortir, et à découvrir le monde de la culture notamment à Lyon. On avait déjà cette volonté de se lancer, et de créer quelque chose à nous, quelque chose de nouveau. On était dans la routine de pas mal d’étudiants, la formule classique du vendredi soir : before chez les potes, concert dans une grande salle, after, et retour à la maison. Et on se disait qu’on avait rarement l’occasion d’être immergés dans une ambiance pendant toute la soirée, et aussi qu’on finissait par tourner en rond dans les propositions culturelles qui s’offraient à nous. Il fallait qu’on trouve une manière de découvrir de nouveaux artistes, tous domaines confondus, et de les voir évoluer dans une ambiance spéciale, tout en restant tranquillement chez soi. C’est comme ça qu’est né le concept “Appart’ en Prose”. Nous avons donc créé le groupe Prose pour nous permettre de réaliser ce premier projet.

Pourquoi Prose, c’est vrai que c’est une bonne question. Je crois qu’on voulait quelque chose qui rappelle l’art sans en mettre un seul en valeur, quelque chose d’efficace, mais qui montre bien l’absence de barrières, ou de conventions. Du coup l’idée de la poésie mais sans les règles, ça définit assez bien le projet. Et puis c’est joli non ?

Il y a deux entités juridiques au sein du groupe Prose : peux-tu nous ce que fait chacune des entités ? Pourquoi avoir choisi de développer une association et une entreprise ?

L’une est une association, son objectif est de dénicher des lieux insolites pour y organiser des évènements culturels ouverts au public. L’autre, est une agence de conception et de création d’évènements. Elle s’occupe de l’organisation événementielle de projets de professionnels à professionnels. L’association est un projet participatif. Toute personne voulant se dessiner un réseau professionnel ou étant en mesure de mettre en œuvre ses compétences sont les bienvenus. Notre objectif était de créer un projet réellement associatif et non-intéressé par les fondateurs. D’un autre côté, nous devons manger. Nous sommes donc en train de monter une société indépendante de l’association qui permet de différencier le projet associatif du projet commercial.

Prose organise des évènements innovants : quelles sont vos spécificités ? En quoi vos events sont-ils innovants ?

Le but est de proposer une réelle immersion artistique grâce à un cadre unique. Les concerts sont sonorisés avec du matériel professionnel et un jeu de lumière dynamique, ce qui permet aux artistes et au public d’avoir la même expérience qu’un concert en salle. La collaboration entre musicien(s), plasticien(s) et/ou artiste(s) du spectacle-vivant dans un lieu clos et intime, permet au public de découvrir un ensemble ne s’arrêtant pas à une représentation artistique simple, mais à une performance plus complète. En outre, le format collaboratif permet également de pousser les artistes vers des retranchements encore rarement explorés, en insistant sur la création à plusieurs. Les performeurs de Prose doivent trouver des connexions, des liens entre leurs propres créations et celles du collaborateur.

Pour prendre un exemple plus concret, “Baraqu’en Prose”, que nous avons organisé le 9 février 2018, a eu lieu dans une maison située à 15 minutes de Jean Macé. Lors de cet évènement, nous avons proposé sept concerts allant de la musique Hip-Hop à la musique électronique, répartis sur deux scènes, l’une dans un grand salon et l’autre dans une cave. Trois expositions étaient présentées dans la maison. Les artistes performaient en live avec de la sérigraphie ou du VJ en collaboration avec les musiciens. Si avec tout ça c’est pas un tout petit peu innovant, bah on sait plus trop quoi faire…

Vous kiffez les lieux insolites : y a-t-il des lieux qui te font particulièrement triper ? Quel lieu déjà investi t’a le plus marqué ?

Le prochain méga kiff en vue, un château. Un rêve à réaliser : une grotte ! Le lieu le plus intéressant que nous ayons investi était la maison de « Baraqu’en Prose », d’abord parce que l’espace disponible nous a permis d’en faire à peu près ce qu’on voulait ! Et c’était aussi la première fois qu’on investissait un lieu “chargé d’émotions”, puisque le proprio nous avait prêté cette maison qui était celle de sa grand-mère qu’il venait de perdre. Selon lui, elle était une personne très joyeuse, elle aimait faire la fête, rencontrer des gens, découvrir de nouvelle choses. Pour lui, c’était une sorte d’hommage, donc on était très touchés d’avoir ce rôle.

Prose valorise une approche pluridisciplinaire de l’Art : quels sont les Arts qui peuvent s’exprimer dans vos évènements ? Quelle place y tient la culture des musiques électroniques ?

Tous les arts sont les bienvenus. Plus ils seront nombreux à collaborer, plus l’expérience d’immersion pour le public sera intéressante. Nous tenons réellement à créer un univers artistique commun dans nos évènements et non pas différentes prestations n’ayant aucun lien. La musique électronique se place au même niveau que les autres styles en ce qui nous concerne. Malgré le fait que nous avons des affinités assez forte avec ce style, nous essayons de ne pas le mettre spécialement plus en avant que les autres. Ce qui est particulièrement intéressant avec ce style, c’est les univers totalement décalés qui se créent autours avec les autres artistes.

Prose tisse des liens de Lyon à Berlin : as-tu le sentiment qu’il existe des différences culturelles entre les 2 villes ? Quels liens tissez-vous entre la France et l’Allemagne ?

Rien que pour la bière je dirais que oui et non. Berlinois ou Lyonnais, on boit tous comme des trous. La seul différence c’est que nous, c’est de la pression et eux de la bouteille. Sinon à part ça, les gens sont tout aussi géniaux ! Les Berlinois ont plus l’habitude d’événements comme ceux que nous proposons mais y sont tout aussi réactifs. Nous avons créé un pôle Prose à Berlin. Une équipe s’y est donc construit et notre identité à été exportée là-bas.

Prose aime la musique : peux-tu me citer des artistes en adéquation avec les events que vous organisez ?

Des artistes Prosiens : Blade, Fame (vidéo), Romain Davis, FRACTAL (vidéo).

Des artistes qui seraient ouf à faire passer dans Prose : Jacques, Tout est magnifique (vidéo), Igorrr, Tout petit moineau (vidéo), Stupeflip, The hypnoflip invasion (vidéo).

Quelle place Prose octroie aux artistes émergents ? Comment valorisez-vous l’émergence à l’échelle de vos territoires ?

Nous sommes une petite association et nous émergeons, tout comme de nombreux artistes. Les nouveaux projets artistiques méritent et doivent être mis sur le devant de la scène actuelle. Si nous ne prenons pas le temps de nous soutenir dans un milieu ou exister professionnellement est compliqué, alors personne ne le fera pour nous ! Nous mettons donc sur scène une très grande majorité d’artistes locaux émergents ou en voie d’émergence.

Comme dans toute musique, l’électronique n’échappe pas à la catégorisation commerciale ou underground : que penses-tu du milieu free-party ? Et à l’inverse du mouvement EBM mainstream ?

Les free-parties sont des scènes à part entière, les artistes peuvent s’exprimer, le public peut profiter. Les seules différences sont liées aux méthodes d’organisation. Je n’ai personnellement jamais organisé de soirées de ce type et n’ai donc jamais été directement confronté au milieu. De la même manière, le mouvement EBM mainstream est apprécié par un public et tant mieux. La seule caractéristique faisant que ce milieu me dérange est lié à la philosophie commerciale qui est derrière l’organisation. Produire pour des sacs de sous n’est clairement pas l’objectif qui m’a placé dans le milieu de l’évènementiel.

Quels sont les projets à venir pour Prose ? Ton message à adresser à la communauté électro ? Ton mot de la fin ?

Le projet était en pleine restructuration jusqu’à aujourd’hui. Les projets vont bientôt arriver, patience. Une seule chose à dire : “faites nous rêver, créez et surtout profitez !”. Mot de la fin : Kamoulox (ce mot est génial).

Retrouvez Prose sur le web

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ParMathias D.

Max Muller

Rencontre avec Max Muller, Dj/Producteur du Sud de la France aux sonorités Deep/Tech-House.  

Max, peux tu te présenter aux lecteurs pour commencer ? D’où vient ton nom de scène ?

Bonjour, j’ai 31 ans, j’habite actuellement à Carcassonne. Mon nom de scène était tout simplement le nom de famille de mon grand père…

Qu’est-ce qui t’a poussé à devenir ce que tu es aujourd’hui : DJ et producteur ?

J’ai baigné assez jeune dans la musique électronique grâce à mon frère plus âgé. Passionné par cette musique et ayant des amis DJs, l’envie m’est venue d’acquérir mes premières platines ; et bien sûr, de fil en aiguille, je me suis testé à la production : c’est très dur de lâcher maintenant.

Comment travailles-tu tes productions ? Quelles sont tes influences ? Quel matériel utilises-tu pour composer ?

Je travaille sur Logic X, accompagné d’un MOOG (SUB PHATTY) ainsi que pas mal de VST… Mes influences sont surtout anglaises. Il y a de très bons producteurs de Tech-House, ils sont bons pour le groove : c’est très festif !

Tes productions ont été signées sur des labels comme Defined Music, Way Of House, Happy Records pour ne citer qu’eux : qu’est-ce que ça t’a apporté ?

Se sont surtout “Scander” et “Way Of House” qui m’ont apporté ; plus particulièrement “Scander”, le label de Seb Bevil qui est un bon ami : c’est grâce à lui que j’ai débuté sur Montpellier et que j’ai connu le fondateur des soirées UNITED.

Selon toi, est-il important pour un DJ amateur de composer pour se faire connaître aujourd’hui ?

Ça y contribue fortement mais j’ai plusieurs connaissances qui mixent à l’international sans avoir fait de productions.

Tu joues des sonorités Techno et House : comment te positionnes-tu dans le débat entre musique électronique “underground” et “commerciale” ?

Comme tout le monde, il m’arrive d’affectionner certains morceaux commerciaux mais je n’en joue pas. Il en faut pour tous les goûts donc j’accepte de loin ce qui se fait de nos jours.

Peux-tu nous citer 5 tracks/albums en musiques électroniques qui sont incontournables pour toi ?

  • Raffa FL – “How We Do”
  • Armand Van Helden – “You Dont Know Me”
  • Larse Moston – “Soothe”
  • Superfunk – “Lucky Star”
  • Andrea Oliva – “Voices”

Tu joues beaucoup dans le Sud-Ouest de la France : quelle relation entretiens-tu avec ton public ?

J’adore le social en soirée (rires) et faire de nouvelles connaissances, faire au mieux pour donner une satisfaction car le public nous le rend bien.

Quel est ton meilleur souvenir en mix ? Et le pire ?

Meilleur souvenir : au Break Club à Montpellier pour une soirée UNITED le 31 Décembre il y a 4 ans.

Le pire : le matériel qui ne fonctionne pas au moment de reprendre après un autre DJ !

Quels sont tes projets à venir ? Des nouveaux tracks dans les prochains mois ?

Une collaboration avec le producteur Dan Corco qui est présent sur de très bons labels comme DYNAMIC pour ne citer que lui. 5 EP qui vont sortir ainsi qu’un remix…

Ton mot de la fin ?

Profitez car le temps passe vite.

Retrouvez Max Muller sur le web : 

ParMarius Sergent

Cousin Vic

Dj et producteur, créant une Techno langoureuse et groovante à souhait, Lyonnais d’adoption mais Clermontois avant tout, découvrez ou re-découvrez l’univers de Cousin Vic :

Salut et merci à toi d’accepter mon interview, peux-tu commencer par te présenter ainsi que ton parcours dans la musique électronique ?

Salut à toi déjà et merci pour l’intérêt que tu portes à ce que je fais…
Alors moi je m’appelle Victor Raynaud et je suis né en Avril 1989 à Clermont-Ferrand. Mon parcours dans la musique électronique est assez simple et n’est pas que de mon fait. J’ai un frère ainé qui a bercé là-dedans depuis l’arrivée des raves et qui m’a contaminé sans le vouloir. A 7ans je suis tombé dans sa chambre sur sa réserve de cassettes audio (une boîte à chaussures remplie de techno sous son bureau), j’en ai choisi une au pif, inspiré sur le moment par la jaquette. Je ne sais plus si c’était une cassette de Crystal Distortion ou de Meltdown Mickey bref un des Spi (que mon frère connait bien)(Spiral Tribe NDLR), je suis allé dans mon bain après avoir mis la cassette dans le poste (je m’en souviens comme si c’était hier, dans les moindres détails), et là, RÉVÉLATION !! C’était déjà fini pour moi.
Ensuite à 12 ans je me suis mis à squatter Rebirth (1er séquencer) sur le pc de mon frère, ensuite je me suis mis au mix en faisant mes premières scènes en free, puis après j’ai vite voulu faire mes prods…
Du coup je suis tombé par hasard sur la SAE Institut à Paris et j’ai validé mon diplôme “Electronic Music Producer.” Entre temps j’avais déjà signé sur quelques labels et je voulais me professionnaliser un peu plus là-dedans… Donc voilà où j’en suis aujourd’hui, et j’en suis assez satisfait même si tu en veux toujours plus, une réussite en amenant une autre…

D’où vient ton nom de scène ?

(Rire) C’est une longue et vieille histoire à la con… Qui normalement devrait porter préjudice à mon frère !
En fait tout comme toi j’ai fait des saisons en  stations de ski, à la Plagne précisément, tout comme mon frère les dix années précédant les miennes. Et il se trouve que mon frère était surnommé “coussin péteur” (on se demande pourquoi…) qui s’est transformé en “cousin Peter” et qui s’est raccourci en “cousin Pit”.
Quelques temps plus tard je débarque à la Plagne avec cette même sale gueule de Raynaud (je suis la copie conforme de mon frère) et donc “cousin pit” est devenu “cousin vic”. Et un beau jour alors que je me produisais à Terre Blanque pour une soirée dubstep (à l’époque sous le nom de “Parazite Basko”) le mec qui a fait les fly (le meilleur pote de mon frère) m’a annoncé sous “Cousin Victor”… On s’est bien marré avec ces conneries, puis c’est resté…
En plus ça m’évite de m’appeler “Alejandro Fanchini” par exemple, comme un trou de balle sur deux de la scène club minimal…

Quelle est ta philosophie, ta conception de la production ?

Vaste sujet : tu pourrais me dire, je ramasse les copies dans deux heures…
En fait à la base c’est un exutoire, le mix ça m’a fait marrer les premiers temps puis très vite je voulais exposer ma vision de la Techno qui est faite d’influences diverses et variées. J’ai besoin d’expulser ce qui me tourne dans la tête, sinon ça reste, ça tourne et ça rend fou (Rire).
Après ma philosophie du truc, c’est que j’essaye de ne pas me fixer de limite, même si tu as quelques codes à respecter forcement, que ce soit dans la composition ou la structure et l’arrangement. J’ai besoin de faire tout style de techno, je n’arrive pas à me cantonner dans un seul style bien défini, même si je sais qu’on peut atteindre une forme de “notoriété” plus rapidement par cette voie. J’ai besoin de faire pleins de choses différentes parce que j’écoute pleins de choses différentes…
Ensuite le fait de savoir produire amène à mes yeux une certaine crédibilité, parce que mixer tout le monde peut le faire, même s’il y en a des meilleurs que d’autres là-dedans (pour ma part j’ai aucun talent particulier par exemple).
J’aurais toujours une attention supérieure pour un bon producteur que pour un bon Dj.

Travailles-tu seul ou en collaboration ?

Ca dépend ! Et là si t’es un bon, tu me réponds “ça dépend, ça dépasse”.
En fait je ne fais pas que de la Techno, je suis aussi très actif dans la Somatik Techno (où je rencontre un succès bien plus prononcé qu’ailleurs) qui est un mouvement musical underground électronique qui nous vient des pays de l’Est. Plus précisément de Russie et d’Ukraine.
En Techno je produis seul, et en Somatik je produit seul aussi, mais également très souvent en collaboration avec Monsieur Hertzman (le boss de Lethal Dose Recordings, Somatik Sounds, Plunk, Berberis et de Lethal Script Label…).
On a pondu notre premier album en collaboration en septembre 2017 après un an et demi de travail acharné. C’est une autre manière de travailler, surtout avec un tel nom, qui est d’une exigence incroyable. Ce genre d’exigence qui te fait grandir, qui te tire vers le haut, qui fait que tu te remets en question constamment… On apprécie d’ailleurs énormément notre complémentarité, qui est réelle! Il est plus à l’aise en compo que je le suis et moi de mon côté j’apporte mes aptitudes en terme d’arrangement, où il me laisse carte blanche. Puis on va dire que j’ai une approche plus Techno de la Somatik que lui. On essaye donc de marier sa composition ambiante et planante avec mon approche plus rentre dedans, plus primaire, plus Techno. On prend vraiment plaisir et on n’en a pas fini tous les deux, on a TOUJOURS depuis deux ans, un projet en cours… J’ai l’impression d’avoir franchi un cap en travaillant avec lui.
Et puis c’est vraiment très flatteur pour l’ego quand quelqu’un comme lui vous demande de travailler avec. Et du coup, être très rigoureux dans le travail avec lui, ça m’a apporté une certaine prise de liberté dans mes projets perso, je me débride, j’ose… C’est un peu paradoxal.
Ce que je veux dire, c’est que je me lâche quand j’ai pas Monsieur Hertzman sur le dos (Rire) et des fois ça donne des bons trucs (Rire).
Bref c’est que du positif, que je sois seul ou non ça fait deux ans, voire un peu plus que je sens que j’avance vraiment…

Quel matériels et logiciels possèdes-tu dans ton home studio ? Recherches-tu des spécificités techniques particulières ?

Alors moi je suis basique grave, j’ai un petit synthé novation et le reste c’est tout du VST. Il y a des trucs vraiment excellents aujourd’hui…
En terme de rendu on a des trucs très très propres. Certes ça ne vaudra jamais le hardware, l’analo etc, mais c’est déjà tout à fait correcte. Après je ne vais pas non plus tout détailler pour ne pas me foutre à poil, et j’ai aussi un compresseur externe que je n’utilise pas toujours.
Mon séquenceur c’est Ableton, ça c’est pas très original. Je trouve ça assez intime, tu demandes pas à un magicien quels sont ses trucs. Et me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, je suis loin d’être un magicien dans la Techno, j’ai rien inventé les copains !
Sinon, si j’avais un souhait, j’avoue que j’aimerais vraiment me mettre au modulaire… Mais faut des sous et de la patience pour ça (Rire)…

Comment puises-tu ton inspiration pour composer ? Quels sont tes influences en matière de production ?

Souvent ça fait Boom Boom Boom… Tu connais? (Rire) Tu veux des noms ou quoi ? Qui m’inspire ? Y’en a tellement…
Depuis mon école à Paris, je suis très dans la technique de mix du track (mais pas que non plus), j’essaye de tendre, tant que faire se peut, dans des bassline très présentes, un chouille crado, avec un beat qui a des frappes sèches et des vélocités augmentées. De quoi faire sonner du sale mais propre… c’est pas très clair mais ceux qui consomment de la techno devraient me comprendre (Rire).
Après je peux te faire un petit podium de mes influences en terme de producteurs, c’est-à-dire en technique pure. Mais de toute façon, quelque chose de bien produit, même si c’est pas ton style de prédilection, tu prends plaisir à l’écouter et tu trouves ça bon.
Bref si on s’attaque au podium :
En 3 je te mets ce qui se fait chez Drumcode, pas tout non plus, mais Sam Paganini, Pig & Dan, Adam Beyer, Enrico Sangiuliano, Julian Jeweil, ça c’est du très bon boulot.
En 2 je te mets “Hell Driver », je trouve ce producteur incroyable, il a tellement de qualités, et dans tous les styles en plus… Après on est dans une époque où le faire savoir est plus important que le savoir faire et ce mec mériterait de jouer tous les weekends, partout !! Pour l’instant il se contente de déchirer tous les tops Beatport, il est en train de prendre de l’ampleur et c’est mérité.
Et mon chouchou numéro 1, c’est un français, un toulousain, qui casse tout depuis tellement d’années, qui a déchiré toutes les scènes Electro sous tellement de blases, le gars sait tout faire. C’est “The Clamps.” Je parlais de crade mais propre tout à l’heure et ben là on a les deux pieds dedans mon pote !!! Il est incroyable, il sait tout faire, Trance, Techno, Drumstep, Neurofunk, Dubstep. Là, il faut que j’arrête de parler, faut juste que tu ailles écouter et puis c’est tout ! Et le pire, pour la petite anecdote, c’est que c’est le pote d’un très bon ami et que je ne l’ai jamais rencontré. Ca va me faire quelque chose si un jour ça arrive, parce que c’est vraiment mon préféré depuis le début ! Mais t’inquiètes je ne laisserai rien paraître (rire).

Tu as signé ton dernier EP sur Fortwin-Records, as-tu une stratégie particulière dans ton démarchage de label ?

Pas particulièrement non, puis ça a bien évolué entre aujourd’hui et il y a quelques années… Au départ tu démarches un peu partout et puis quand il y en a un qui répond à ta requête par l’affirmative, tu es super content parce que ça fait partie de tes premiers label, puis que tu as le sentiment d’exister. C’est un peu con mais la première fois que tu vois ton blase sur Beatport tu te dis bon ben c’est pas mal.
Puis des fois tu reçois des masterings qui ont massacré ta création originale et là tu te dis bon, faut que je fasse du tri et que je regarde chez les labels qui peuvent me correspondre et qui font du bon taff…
Puis un beau jour, je ponds un EP 2 titres mieux que les autres, un projet grave péchu, bien rentre dedans, avec franchement une structure pro que je n’avais encore jamais su faire. Un petit moment où j’étais “touché par la grâce” parce que j’ai fait mon deux titres en une vingtaine d’heures, tout coulé… Ça venait comme ça puis là, je me suis dit : “Allez j’ose tout et je demande un remix à Hell Driver” (l’artiste dont je vous parlais précédemment) et en plus je l’envoi chez “Beast Factory Recordings” qui fait partie du top 3 de mes labels préférés. J’ai envoyé tout ça en mode pro avec une bio, avec la demo et le remix, le book, enfin tout, et 24h plus tard je reçois un mail de Beast Factory qui me dit qu’ils adorent et qu’ils sont chauds pour me signer.
Donc là ouais j’ai un peu kiffé ! Et depuis ce jour-là, je n’ai plus démarché un seul label, c’était l’inverse qui se passait. Petite dédicace à mon père qui me répétait sans cesse quand j’étais plus jeune “bouges toi le cul personne ne viendra te chercher” (Rire) et il a raison d’ailleurs (Rire).
Mais bref, c’est incroyable le crédit que ça m’a apporté de signer chez eux, surtout que mon EP  a fini vente la plus populaire de l’année 2016 chez Beast Factory. Incroyable…
Puis après, j’avais pas mal de demandes de plusieurs labels, j’ai pu aussi accepter et refuser des projets et me “donner” au meilleur label.
Ensuite, mon dernier EP chez Fortwin-Records, c’est un truc qu’on avait prévu depuis longtemps avec le boss du label avec qui je corresponds régulièrement. C’est un passionné qui propose un travail très pro, il y a d’ailleurs des artistes très prestigieux qui sont signés chez lui. Du coup ce 6 titres c’était chez lui que je voulais le faire même s’il y avait d’autres labels qui étaient intéressés…

Sur quels labels aimerais-tu signer ? Pourquoi ?

Et ben bonne question… je t’avoue que j’aimerai vraiment bien signer chez Yin Yang Records, parce que c’est un label auquel je me suis toujours identifié, à qui j’ai déjà envoyé des démos où ils m’ont dit que le travail était très bien fait, mais que le style ne correspondait pas à 100% à celui du label. Du coup j’ai un peu de mal à les cerner des fois mais je vais y arriver un jour, c’est un peu mon petit challenge que je me suis fixé, j’espère y arriver… y’a pas de raison… Je sais que j’ai le niveau !
Sinon Drumcode (peut-être un peu ambitieux) mais je crois qu’il faut être chauve pour signer chez eux (Rire).
Sinon j’aime beaucoup le travail de Naked Lunch, Elektrax, j’aimerai signer chez Token Records, le label de Inigo Kenedy, mais c’est pas vraiment ce style de Techno que je produis actuellement, c’est par admiration de l’artiste qu’il est et de la musique qu’il compose aussi. C’est ce que j’appelle de la Techno de daron, je ferai ça quand je serais un grand garçon…
Je suis assez admiratif d’un mec qui arrive à faire un track où pendant 7minutes c’est toujours la même chose mais tu te fait jamais chier… ça demande une approche de composition hyper subtile, et dans mon esprit, il faut de la bouteille pour arriver à ça… ça demande de vraiment sentir les choses et d’avoir un feeling T&echno très fin, j’espère vraiment un jour verser dans ce genre de musique. Et certainement via l’analogique tiens !(Rire).
Pour finir Boyz Noize Records me botte bien mais je ne me suis jamais vraiment penché dessus. Je pense que le jour où je débarque avec un projet fiable et intelligent, je pourrais prétendre… ou pas…(Rire).

Quels retours sur tes productions as-tu des artistes de la scène ? Du public ?

J’ai la reconnaissance et le respect de mes pairs et c’était ça mon objectif premier. Ensuite les retours sont  positifs oui, ça me surprend même des fois. Parce que je suis bien conscient que ce que je fais n’intéresse que quelques initiés, mais quand des gros noms viennent me complimenter et que des labels que je suis depuis longtemps viennent me proposer des projets je trouve ça hyper flatteur et ça met du baume au cœur c’est sûr!
Après le retour du public est très bon également mais il me touche moins, tu sais pas toujours si c’est ta musique ou la drogue qui était bonne… Mais il m’est arrivé d’avoir de très bons compliments quand un consommateur me dit ça sonne pro, ou que mon beat bassline fait tomber les murs je kiffe. Mais quand un producteur réputé (ou non) me demande comment j’arrive à faire telle ou telle chose je bande encore plus. J’aime beaucoup quand on me dit, toi tu as fait une école d’ingé son, ça s’entend.
Mais je redescend vite sur terre t’inquiète, je suis lucide et je sais très bien que ce que je fais n’intéresse que moi comme j’aime à le dire…

Comment te positionnes-tu sur le débat entre l’analogique et le numérique ?

La vérité ? J’en ai rien à branler ! La musique c’est comme pleins de choses, il y a ceux qui en parle et ceux qui en font… Après comme je disais plus haut je pense que le numérique ne vaudra jamais l’analogique, mais qu’il y a des VST de plus en plus surprenant où la qualité est à s’y méprendre…
Mais c’est sur qu’un pied analogique ça reste un pied analogique, c’est inégalable je pense…

Développes-tu des prestations live ? Préfères-tu jouer en tant que liver ou Dj ?

J’y travaille ouais, mais c’est long et j’essaye de mettre ça sur pied avec d’autres artistes surtout. Avec mon pote Noise CtrL notamment, j’ai oublié de le citer celui-là aussi, mais accroches toi bien mon pote parce que lui aussi dans le genre pur producteur et mec qui transpire la Techno, ça se pose là !! Il a un feeling, il sent grave les choses, je l’adore, c’est mon papa, c’est en partie (voire surtout) à cause de lui que je fais ce que je fais, c’est une source d’inspiration permanente. Si je fais un truc que personne n’aime, mais que lui kiff alors j’en ai rien à foutre, je garde et je sais que c’est bon !
Mais cette histoire de live est un peu au point mort en ce moment, on manque de temps pour se voir lui et moi. Sinon on peut pas parler réellement de préférence. Il y a des qualités dans les deux. Mais c’est pareil j’ai un peu plus d’admiration pour un type qui fait du live que pour un mec qui mixe…

Les projets à venir ?

Il y en a tellement aussi… Mais là le plus concret c’est la Somatik, on vous prépare que des bombes avec Hertzman… J’ai un EP qui va sortir chez Physical Records, le label de Mik Izif et Midwooder, qui va sortir très rapidement avec des remix de Tawa Girl et de Noise Ctrl. Il y a aussi une sortie 4 titres prévus chez Basic Avenue Records aussi.  Sinon j’ai deux festochs de prévus au Sénégal et au Cameroun avec une bonne orga, un plateau bien fat… ça va être cool.
Un bon festoch en Juillet aussi en Auvergne dans un cadre magnifique avec la crème des crèmes des organisateurs de soirées. C’est le festival Stone Moon. Ces mecs-là sont vraiment adorables et passionnés. Ils ont une vision des choses en grand tout en conservant une certaine simplicité, c’est comme ça que je vois les choses sur cette scène qui tend à être de plus en plus superficielle, et ça fait plaisir !

Merci à toi pour toutes ces réponses, le mot de la fin ?

Ben merci à vous parce que je me suis rendu compte que ça n’intéressait pas que moi, il y a toi aussi donc on est déjà deux c’est cool! (Rire).
Sinon je voudrais m’excuser auprès de mon pote Gianni d’avoir pissé dans le couloir de sa boîte de nuit il y a un peu plus d’un an maintenant (rire) il comprendra…
Sinon pour le mot de la fin, j’hésite entre pantoufle et anorak, je te laisse choisir…
Et enfin une bise à tous ceux que me suivent, ma famille, mes proches, mes amis et ma p’tite Boston family.

 

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Beatport

 

ParMathias D.

Sonny Zamolo

Rencontre avec Sonny Zamolo.  Dj et producteur français basé sur Shanghaï , il est le fondateur du label Elegant Bastards.

Salut Sonny , peux tu te présenter aux lecteurs ?

Salut. Merci de m’accueillir pour cette interview. Je viens de la région parisienne et j’ai commencé la musique électronique il y a plus de 11 ans sous le pseudo de Nonoms Light. J’ai gagné le contest de Pete Tong sur la BBC sous ce pseudo à l’époque et c’est ce qui a lancé ma carrière. Depuis j’ai beaucoup travaillé avec Monochrome Music avant de lancer mon propre label. Je vis à Shanghaï en Chine depuis 7 ans.

Qu’est-ce qui t’a poussé à devenir ce que tu es aujourd’hui : Dj et producteur ?

J’ai écouté beaucoup de rap au collège mais j’ai toujours aimé quand les intrus sonnaient électroniques et funky. J’ai commencé à écouter de la Trance via des potes mais aussi Daft Punk. Plus tard,  j’ai découvert Pryda pour qui j’ai eu un gros coup de cœur. J’ai eu la chance de côtoyer Arno Cost pendant son décollage et c’est là que j’ai commencé à mixer et produire.

Comment travailles-tu tes productions ? quelles sont tes influences ? Quel matériel utilises-tu pour composer ?

C’est une question un peu complexe dans le sens où mon workflow a beaucoup évolué. J’ai produis pendant presque 10 ans sur FL et donc je bossais avec les patterns. Maintenant je suis sur Logic et en général je commence par une boucle et je crée le climat de mon track. Ensuite je déroule puis je bosse les détails, automations, FX. Je bosse mon mix au fur et à mesure mais j’aime bien que ma boucle de départ sonne déjà un minimum. Je ne suis pas de ceux qui gardent le mixage pour la fin. Mes plus grandes influences sont Prydz puis le groupe Arno Cost, Arias, Norman Doray qui m’ont énormément influencé à leurs débuts. J’ai aussi aimé la SHM, surtout avant qu’ils prennent ce nom officiellement en fait. Ces dernières années c’est principalement Kryder et Tom Staar même s’il y a pas mal d’autres artistes très forts.
Pour ce qui est du matos, j’ai un Mac Pro, une carte son Komplete Audio 6, des Yamaha HS7 en Chine, des MSP5 en France et un casque Audeze LCD-X qui est une tuerie (merci Ravenkis). J’ai aussi un Arturia Minibrute mais il est resté en France malheureusement. Après niveau plugings j’en ai beaucoup mais j’adore Diva, Spire,tous les D16 Group, FabFilter et Izotope surtout pour le mastering.

Tu as signé des morceaux chez notamment Black Lizard et a été supporté par des Dj internionaux tels que Leandro Da Silva, Thomas Gold ou encore Promise Land : qu’est-ce que ça t’a apporté ?

J’ai eu la chance d’avoir beaucoup de beaux supports depuis plusieurs années. Ça fait toujours plaisir de voir ses morceaux appréciés par des artistes renommés. Signer sur le label Black Lizard de Leandro Da Silva est aussi un grand plaisir étant donné que c’est l’un des artistes phares dans mon style principal. Ça me conforte dans mon idée de faire une musique sincère et que j’aime. Quand on prend du plaisir et qu’on est soi-même on peut toucher les autres. Pas besoin de copier les tendances. Et heureusement !

Tu es le fondateur du label Elegant Bastards, dis en nous un peu plus : pourquoi avoir créé ce label ?

Après le beau succès qu’on a eu avec Monochrome Music avec mon pote Aron Scott, j’ai eu envie de créer un nouveau label, plus spécifique et qui correspondait plus à ma vibe actuelle. Aron a du s’éloigner de la musique quand je pensais créer mon propre sous label de Monochrome. Du coup ça a précipité les choses et j’ai créé mon propre label Elegant Bastards tout seul de mon côté. Heureusement j’ai eu le soutiens de pas mal de potes qui étaient déjà sur Monochrome: Martin Alix, Gaba, Pol Ayke, LOG, Spahnhattan, Kristof Tigran. Ils font du super son et en plus ça nous a aidé à se faire une place très vite. On ne partait pas vraiment de zéro et du coup on a tout de suite eu de beaux supports et réalisé des tops Beatport. J’ai aussi créé ce label car je prends plaisir à aider des artistes que j’aime à avoir l’exposition qu’ils méritent.

 

Quelles sont tes attentes vis-à-vis des artistes que tu signes ? Quels sont tes critères de sélection ?

Je signe des morceaux qui me touchent. J’attends aussi une certaine qualité technique. C’est obligatoire aujourd’hui. Pour les artistes, je veux simplement qu’ils soient sincères et sérieux par rapport à leur musique et qu’ils correspondent à l’identité du label.

Tu es un parisien qui vit à Shanghaï , raconte nous ta première expérience sur scène en Chine.

Il ne faut pas dire aux parisiens que je suis parisien car je viens en réalité de la banlieue mais c’est vrai que j’ai passé beaucoup de temps en club à Paris, que cela soit derrière les platines ou sur le dance floor. La Chine c’est différent. J’ai eu la chance de jouer, entre autres, au Red Light à Paris à la belle époque (cad avant la Teknotik haha). Super sound system, gros dance floor. La Chine c’est beaucoup de tables et peu de place pour danser, des warmups à 130 BPM, 120 db. C’est compliqué. Après si on va dans les clubs undergrounds, il n’y a plus de tables et des meilleurs Djs mais ça reste petit et avec peu de moyens. Ma première expérience ici était dans une cave à jouer de la Tech House devant 150 personnes. C’était assez cool mais je dois avouer que je préfère les clubs plus glamours et jouer des trucs qui tapent un peu plus. C’est dur de se faire une place ici avec mon style qui n’est ni Big Room, ni Underground, mais le marché chinois évolue et je sens de plus en plus de belles opportunités approcher.

Quel lien on le public chinois avec la musique électronique par rapport au public français ? Quelles sont tes relations avec ces différents publics ?

C’est à l’opposé. La France a un énorme background de musique électronique. Les chinois ont découvert ça au cours des 4 ou 5 dernières années. Du coup c’est principalement du top 100 DJ Mag ou alors à l’opposé, de la Techno dark dans une ambiance berlinoise. Il n’y a pas vraiment d’entre deux, mais je sens la House venir doucement mais surement. J’ai bon espoir. Après malgré le manque de connaissance du public, le marché se porte super bien ici. C’est très impressionnant. Les jeunes chinois sont très ouverts à la musique électronique. Il faut voir le nom des headliners dans les clubs et les dizaines de festivals qu’il y a chaque années. Il y a du pognon pour notre marché ! J’espère juste qu’à l’avenir cela ne tourne plus seulement
autour d’un classement truqué. Mes relations sont bonnes avec les deux publics et je ne fais pas vraiment la différence au final. Je joue quand on veut de moi en tant qu’artiste. Je n’ai jamais été Dj résident. Donc je joue mon son et j’essaie d’amener le public dans mon monde. De leur faire découvrir des choses. Ce qui n’est pas dur vu que 90% des Djs ici copient les playlists des uns et des autres. Et du coup j’ai de bonnes réactions. J’espère juste que de plus en plus de clubs et festivals donnent leur chance à de vrais artistes avec des couilles plutôt que de faire jouer des séries de clones sans âme.

Quels sont tes projets pour les mois à venir ? Des titres qui arrivent ?

Oui pas mal de projets. Des collabs, notamment avec Mathias D. Un titre un peu Disco/Deep sur ELEGANT BASTARDS. J’aimerai aussi faire une soirée du label cet été.

Et pour conclure, dit nous quelque chose d’exclusif sur toi !

En général je ne cache pas grand chose donc c’est dur de donner de l’exclu. Mais si vous voulez une info un peu intime, plusieurs de mes tracks sont inspirés par des filles dont j’ai été amoureux. A vous de retrouver les titres. haha

 

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ParMarius Sergent

Nico Ortiz

Discussion avec un grand de la musique électronique Annécienne, Ex-résident du Macumba (1997 – 2010), Ex-résident du Pop-Plage (2010 – 2013), Ex-résident des Caves de Courchevel (2010 – 2013) directeur du Bowl (La Boîte d’Annecy) , directeur artistique du XNV festival et distillateur d’une Deep-Tech-House de grande qualité qu’il mixe le plus souvent à Genève (Les Voiles – Rooftop42 – Village du Soir) : Nico Ortiz !!!

Merci d’avoir accepté mon interview et peux-tu commencer par te présenter et ton parcours pour en arriver où tu en es ?

Hello à tous, je suis originaire d’Annecy (Haute Savoie), j’ai commencé en 1989 à l’âge de 17 ans en tant que pro, je fêterai mes 30 ans de deejaying en 2019 ! Je vous laisse faire le calcul sur mon âge avancé (rire) !!

Qu’est-ce qui t’as motivé à devenir Dj dans la scène électro ?

Je suis parti à Londres en 1988 dans le cadre d’un échange / correspondant, la vague House déferlait là-bas, j’ai assisté à quelques Sound system, et j’ai bloqué sur les deejays, j’en ai fait mon métier !!

Comment as-tu appris à mixer ?

Tout seul dans ma chambre (rire), il n’y avait pas d’écoles, quelques investissements de base et beaucoup d’entraînements !

Pourquoi as-tu choisi de mixer ce type de sonorités ? As-tu déjà mixé d’autres genres ?

Car je suis vraiment un amoureux de La House Music.
D’autres genres : oui bien sûr, quand j’étais au Macumba on jouait Techno Detroit, Electro pour la Zone Rouge…
Dans les clubs où j’étais résident j’ai joué plus Mainstream.
Minimale aussi quand je participai à La WMC entre 2008 et 2011.

J’ai eu le plaisir de t’entendre mixer (et c’était vraiment génial !!), quels sont tes petits secrets, quels sont tes petits plus sur scène ?

Mon secret n’en est pas un, il est logique : un choix musical homogène, une touche technique car le dj doit jouer la musique et un classement efficace des titres !!

Y a-t-il des lieux ou events où tu rêves de jouer, et quel est le lieu le plus incroyable où tu es joué ?

J’aurai aimé officier à Ibiza mais l’occasion ne s’est jamais présentée.
Le lieu le plus incroyable ou j’ai joué est à : Miami Beach, sur Ocean Drive, lors des Winter Conference entre 2008 et 2011

Comment es-tu devenu le directeur du Bowl ?

Je suis devenu Directeur au Bowl suite à l’entretien que j’ai eu avec Mr Faraglia le PDG du Club (rire) !
Non sérieusement, car je commence à avoir de l’expérience dans la Nuit je pense.

Comment choisis-tu les têtes d’affiche de tes soirées ? Des artistes que tu aimerais avoir dans tes soirées ?

Nous choisissons ensemble (avec mon D.A Michael Muret) les artistes qui pourraient éventuellement venir au club…
Cela devient difficile car les prix sont devenus inabordables pour les plus connus d’entre eux…

Quels sont les genres électroniques qu’on peut entendre dans les soirées du club ?

Clubbing, House, Tech House, Future Bass, Electro, Trap, Dirty.

Les projets à venir ?

Continuer à mixer, à me faire plaisir tout en faisant plaisir aux autres, me faire mes petits edits, quelques prods… et surtout bien m’occuper de ma petite famille.

Merci à toi pour toutes ces réponses, le mot de la fin ?

C’est moi qui te remercie, je remercie Gratien du BarBar Pub de nous avoir présenté l’un à l’autre !
Et Vive la Musique !

 

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ParLaurence

Hungry Music

Nous avons interviewé les quatre artistes du label Hungry Music, Worakls, N’to, Joachim Pastor et Stéréoclip à l’occasion de leur passage à Lyon.

Vous étiez tous indépendants à vos débuts, comment est venue l’idée de se structurer autour du label Hungry Music?

Nous avons participé ensemble à différents festivals, nous avons chacun notre propre univers mais avons souhaité évoluer ensemble. Pour cela, il nous fallait un label. Plutôt que d’en rejoindre un, nous avons créé le nôtre, dans un souci d’indépendance.

hungry musicQuel est le business model de la musique électronique selon vous ?

Pour nous, c’est la qualité de la musique qui prime. Mais aujourd’hui nous devons insister aussi sur la communication. Nous essayons de nous différencier en mixant dans des lieux insolites, nous produisons à l’étranger. Nous tenons aussi à la proximité avec le public.

Comment voyez-vous l’évolution des musiques électroniques actuelles dans la mesure où tout le monde travaille avec les mêmes logiciels ?

Nous arrivons à une période où il y a un croisement des technologies, avec l’intelligence artificielle, notamment. Une évolution va clairement avoir lieu dans les mois à venir, mais nous pensons que l’humain aura toujours le dessus.

Quelles sont les influences de Hungry music? 

Elles sont variées, elles ne viennent pas seulement de l’Electro.

Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment ? 

Un peu de tout, du Hip Hop, de la Pop Rock, des bandes originales de films…

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui voudraient se lancer ? 

Se laisser guider par la passion et travailler, beaucoup travailler…

Quel regard portez-vous sur les écoles de Dj ?

On peut y apprendre la technique mais pas l’art.

 

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ParAnthony Beauchet

Diane

Rencontre avec Diane, DJette et productrice lyonnaise, organisatrice des soirées Cytochrome et synthèse parfaite de la rencontre entre la musique électronique et industrielle.

Diane, avant d’arriver à la musique électronique, tu as une formation au conservatoire : en quoi cette formation a-t-elle influencé ta trajectoire dans les musiques électroniques ?

Depuis que je suis née, je vis avec la musique puisque mes parents sont musiciens. A la maison, on écoutait essentiellement de la musique classique mais aussi différents styles de musiques (opéra, rock, jazz, chanson française…). Cette formation au conservatoire m’a fait réaliser que l’académisme n’est pas ma tasse de thé et que je n’étais pas à l’aise avec le scolaire, l’autorité en général. J’avoue que cette formation m’a apporté de la structure dans mon travail, des connaissances et un savoir faire qui est notable ; mais très vite, j’ai voulu faire sonner la musique à ma manière. Je voulais créer ma propre méthode. Les musiques électroniques offrent une certaine liberté tout en intégrant une trame solide et je m’y retrouve. De même, je suis attirée par les musiques étranges ou celles qui échappent à mes habitudes musicales. J’aime l’effet de surprise et le questionnement qu’elles peuvent susciter.

On dit que le milieu électro reste un milieu macho : quel est ton sentiment sur ce point ? Y a-t-il un féminisme à l’œuvre chez les artistes en musiques électroniques ?

Je me suis toujours positionnée comme un être humain avant d’être une femme. Mais je dois souligner le fait que de plus en plus les femmes s’expriment, sur la scène ou ailleurs. C’est très bien. J’aime la musique et c’est ce qui compte le plus pour moi. Et de toute façon, que ce soit un homme ou une femme, je constate qu’il y a toujours des rapports de force. En réaction, je me place dans un espace-temps et une esthétique au-delà des contingences matérielles et sociétales. Je recherche justement une forme d’universalité en impliquant la musique, un domaine, un monde où nous sommes égaux sur le plan sensoriel et sensitif. Avec ces conflits inter-sexe, nous perdons cette unicité. La musique, pour moi permet de la retrouver. J’imagine un humain du futur affilié à une sorte de matrice intellectuelle. On pourrait parler d’un nouvel humanoïde Cyborg peut être…

Tu es résidente au Terminal à Lyon : pourquoi avoir choisi ce club pour développer ta résidence ? Quel est la particularité de ce club à la réputation techno bien trempée ?

J’ai été résidente au Terminal pendant 5 ans. On m’a proposé une résidence au Terminal après avoir mixé à l’inauguration des Nuits Sonores en 2012. C’était un honneur de pouvoir m’exprimer et proposer des artistes qui me tiennent à cœur. J’ai donc développé le concept de Cytochrome. Le Terminal est un club intimiste et familial. Tout le monde se retrouve, c’est chaleureux.

Comment perçois-tu personnellement la scène locale ? Existe-t-il une solidarité entre les acteurs de notre culture ?

La scène lyonnaise est en pleine explosion, notamment grâce à la vitrine des Nuits Sonores. Depuis quelques années il y a de nouveaux talents qui émergent et je trouve ça génial, je m’intéresse à leur musique. Il y a une infinité de potentiel et d’univers proposés à Lyon : c’est une fourmilière quand on fouille. Concernant la solidarité entre les acteurs de notre culture , tout dépend… C’est un peu comme partout, il y a des crews et des esthétiques qui se regroupent.

Tu fais partie de l’association Cytochrome : quel est le concept de la structure ? Quelles sont tes plus belles réussites avec ce projet ?

Cytochrome est un concept que j’ai créé. Le cytochrome est une molécule dans l’organisme responsable de la vie et de la mort cellulaire. Un cycle mort/vie se renouvelant, en perpétuel mouvement. Je trouve que le cycle en mouvement et la vie après la mort représentent tout à fait la Techno : les boucles, le recommencement, comme l’éternel retour dans l’œuvre de Nietzche. C’est ce que j’ai voulu symboliser dans ces soirées. Quant à la réussite… Ça dépend de ce qu’on entend par réussite. Je dirais plutôt des soirées marquantes, des temps forts autant musicalement qu’humainement. Les soirées réussies sont celles où se réalise une osmose entre le DJ et le public. C’est pourquoi les soirées sont toutes différentes et uniques les unes des autres, c’est le live. C’est une réussite pour moi de proposer des soirées différentes.

Coté production, tu as sorti récemment un free EP, « Azimut EP » : peux-tu nous en dire plus sur cette sortie ? Comment composes-tu ? Avec quel matériel ? Sur quels labels aimerais-tu signer ?

Dans cet EP « Azimut », je raconte mon histoire depuis 2012, quand j’ai commencé à mixer. Je l’ai appelé Azimut pour illustrer chemins, événements et imaginations qui ont traversé mon esprit depuis ces 5 dernières années. En terme de matériel, j’utilise Ableton, enregistre des sons avec le zoom, des samples, VST et mon Elektribe EMX 1. Chaque morceau dans cet EP contient un message.

Dans « Girl on the escalator », j’aborde la question de la femme : les questionnements et le sujet de controverse qu’elle suscite depuis des siècles, et aujourd’hui encore. Remarquable, intrigante, impressionnante, au détour d’un regard, on la croise dans l’escalator… J’ai associé des bribes de texte de Bukowski pour venir appuyer la place de la femme dans l’esprit du poète.

« Malaise » : fameuse sensation d’angoisse bien connue de tous. J’ai voulu faire une allégorie du malaise par le ton ironique et répétitif d’un personnage qui, sur la fin déguste son beef -steack sans émotion sur fond de musique , pendant que son pote agonise à terre.

« LXX » (dont un remix de Xâm) : la marche du Roi Louis XX. Il n’existe que dans un monde parallèle. Prestance, élégance et démarche majestueuse dans un cadre chaotique de lutte armée . Garder la face en temps de guerre. Louis XX, mi -homme mi-dieu incarne à la fois puissance , magnificence et décadence.

« Maintenant ça suffit » : marque la fin d’un cycle et/ou des schémas répétitifs. Combat contre ses démons coriaces symbolisés par des chauves-souris mutantes, cris stridents entre damnation et rédemption.

Quels sont les genres de musiques électroniques que tu affectionnes particulièrement ? Quels sont selon toi les tracks/albums qui ont marqué ton propre parcours dans les musiques électroniques ?

J’aime beaucoup la Techno et L’Industrielle essentiellement pour leur puissance. La dark wave/ new wave pour le côté année 80 qui m’a inspiré depuis que je suis petite et que j’écoute la radio. Les rythmiques appuyées et le côté rock métal post punk qu’on retrouve dans le genre EBM. La transe des années 90 aussi pour le côté «électro-chamanique ». Le Rock Industriel qu’on retrouve chez Nin Inch Nails mais aussi chez Marilyn Manson qui a bercé mon adolescence. J’écoutais pas mal de rap aussi avec ces groupes qui sont devenus mythiques : Fonky Family, NTM, I AM, Snoop Dog, Cypress Hill, Dr Dre.

The Hacker – The brutalist (Different, 2004) : l’artiste qui a le plus influencé mon parcours dans la musique électronique, notamment par ce track pour son côté acid rave.

Laurent Garnier – Crispy bacon (F Communication, 1997) / Paul Kalkbrenner –  Berlin calling (BPitch Control, 2008) : avant de commencer à mixer, j’écoutais pas mal les classiques techno. Puis en développant mes recherches, je me suis orientée vers une techno plus sombre et plus expérimentale tel que les labels Stroboscopic Artefact, Kanding Ray ou encore Vatican Shadow.

Paula Temple – Gegen (Noise Manifesto, 2014) : gros coup de foudre pour sa techno déstructurée et percutante.

The Soft Moon – Being (Ancient Methods remix) (Aufnahme + Wiedergabe, 2016) : Anciant Method allie merveilleusement bien Techno et post punk, notamment dans ce remix pour The Soft Moon. J’aime beaucoup cette nouvelle mouvance de la Techno Industrielle comme le label T/W\B.

Daft Punk – Around the world (Virgin, 1996) : l’un des premiers sons «électro » qui m’a marqué.

Eric Sera – Le Cinquième élément (Virgin, 1997) : la bande originale d’Eric Serra qui m’a beaucoup inspirée avec ses textures et son univers futuriste.

Robert Miles – Children (DBX records, 1995) : une atmosphère mélancolique et puissante à la fois.

Quel est ton point de vue sur la scène alternative type free-party ? Es-tu sensible aux sonorités de type « core » ? As-tu déjà eu l’occasion de jouer sur cette scène ?

La scène alternative est toujours intéressante, c’est un autre cadre que j’adore : une autre philosophie, étonner, rassembler les gens… Je devrais y aller plus souvent à vrai dire.

Quels sont tes projets à venir ?

Actuellement je travaille à mon prochain EP. Et les soirées Cytochrome reprennent au Diskret, Lyon 3e.

Ton mot de la fin ?

Au delà des limites tu ressuscites…

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ParAnthony Beauchet

Eve Dahan

Rencontre avec la pétillante Eve Dahan qui distille ses sets de Goa à New-York et gère l’association Beatitude sur la région PACA !

Bonjour Eve : peux-tu te présenter en quelques mots ?

Féminine, féministe, honnête, curieuse, perfectionniste.

Dans ta bio, tu dis être une « pin-up moderne » : qu’entends-tu par là ? As-tu le sentiment que les femmes doivent davantage jouer de leur image pour s’imposer sur la scène électro ?

Je revendique la féminité, le féminisme au sens large du terme ! « Pin-up moderne » ce n’est pas moi qui le dis, ça serait un peu vantard de ma part, ma bio est tirée de la plume d’un jeune et talentueux écrivain, Wilfried Salomé. Mes mixes l’ont inspiré pour son écriture et nous avons par la suite naturellement collaboré sur un projet « électro-poétique ». Je ne pense pas du tout que les femmes soit obligées de jouer de leur apparence pour réussir ! De nos jours avec un tee shirt et un jean on peut faire le tour du monde. Mais j’aime bien être apprêté lors de mes prestations scéniques. Ça rajoute une part de fantaisie, de magie, je rentre dans la peau d’un personnage, je suis assez timide et bizarrement ça m’aide Les années 40 ou 50 m’inspirent, une époque où les toilettes que ça soit des dames ou des messieurs étaient recherchées et très raffinées. J’aime me préparer pour aller jouer, cela fait parti d’un rite, j’aime m’apprêter en fonction de l’événement, du lieu, du thème de la soirée. C’est pour moi un jeux et non une obligation. Le revers de la médaille est qu’en ayant cette attitude, on peut être taxé de mettre en avant son apparence plutôt que la musique elle-même. Il faut alors réaliser des performances musicales abouties afin d’éviter les critiques liées au fait que l’on est « Habillé » et je ne pense pas que les femmes doivent davantage jouer de leur image pour s’imposer sur la scène électro, mais peut être de plus persévérance.

Ton activité de DJette est dense avec des bookings en France mais aussi à l’étranger (Goa, Brésil, Ibiza, New York) : quels sont les publics qui t’ont laissé le meilleur souvenir de soirée ? Perçois-tu des différences culturelles parmi ces différents publics électro ?

Les meilleurs souvenirs d’une soirée par rapport à un public ? Je dirais : la techno stage de la SUNBURN 2017 à Goa, il y a aussi les prestigieuses sessions « A DAY » of SLICK agency à Bombay. Chaque année à New York at the Standard High line pour la « Halloween party »… Pourquoi ? Par ce qu’arriver en Inde pour mon premier mix, sans savoir trop à quoi m’attendre au niveau crowd et avoir le plaisir de constater en live que partout la musique est ressentie de la même manière, c’est tout simplement un vecteur de plaisir partagé. Qu’il s’agisse de fin connaisseurs ou de dilettantes la musique est une question d’émotion ! J’aime aussi aller à la rencontre de contrées lointaines et inexplorées, encore en friche par rapport à la musique électronique, comme par exemple récemment à Oran où est en train de naître une vraie révolution culturelle, ce sont les prémices de l’ouverture sur la scène techno underground. C’est un des aspects du métier qui me tient le plus à cœur et me fais particulièrement vibrer : toujours partante pour ne nouveaux horizons ! Les premières fois sont toujours très excitantes et enrichissantes !

Les différences culturelles évidemment existent mais sur le dancefloor elles sont toutes balayées… Je suis allé mixer pour la première fois en Inde, sans savoir trop à quoi m’attendre au niveau crowd et j ai eu le plaisir de constater en live que partout la musique est ressentie de la même manière, c’est tout simplement un vecteur de plaisir partagé. Qu’il s’agisse de fin connaisseurs ou de dilettantes la musique est une question d’émotion ! Le public indien est très curieux est très friand de cette nouvelle scène techno qui s’est ouverte depuis quelques années notamment à Goa, après des décennies de musique psychédélique, Trance (Goa). Si on se projette à court terme c’est la nouvelle Ibiza, en plus underground, qui garde encore toute sont authenticité, avec ces clubs hyper classe en bord de plages magnifiques, qui cultive une culture techno underground (Waters-Marbela-Curlies-Refres). Un des publics les plus difficiles est sans hésiter le public français : difficile a faire danser, peur du regard de l’autre, d’être juger sur sa manière de danser, peur d’être jauger sur son look. A juste raison car la plupart du temps en France nous ne sommes pas très « open minded » sur ce point là. D’après mon expérience au niveau du dancefloor tout est plus compliqué et moins naturel en France.

Qu’est-ce qui fait la spécificité d’Eve Dahan sur scène ? Quelles sont tes influences ? Ton track du moment ?

Mes influences sont très diverses, je n’écoute pas tant de techno que ça dans ma vie quotidienne. Mon parcours musical en France s’est fait d’une façon assez atypique et rapide. Étonnamment plus encore en Inde ou proportionnellement au temps passé sur chaque continent, le projet s’est développé d’une façon beaucoup plus exponentielle à Goa, mes influences doivent certainement s’en ressentir… Concernant mes playlist je suis très impulsive, j’aime ou je n’aime pas, en général c’est très tranché, ce qui est entre deux est jeter, je ne garde que ce que je crois être le meilleur. Je ne prépare jamais mes mix, j’aime naviguer a vue, en fonction de l’ambiance. Je ne suis pas spécialement très informé de ce qui vient de sortir, ou de l’artiste qu’il faut absolument jouer, ou du label en vogue, ou du track du moment, je n’ai aucun a priori et je crois que le public ne m’en veux pas pour ça. Pour moi, le groove est primordial, je ne suis pas fan du côté dark techno ou adepte de boucles poussives et répétitives, le linéaire m’ennuie. J’aime la musique positive, dynamique et puissante, de bonnes montées, des nappes sensuelles, presque nostalgiques ou vibrantes et chavirantes. Ma playlist toujours en recherche du groove indiscutable, le genre est secondaire au final. J’aime beaucoup tout ce qui est percussion, tribal techno… Par contre (je ne devrais peut être pas le dire) mais je ne m’entraine jamais et ne prépare pas mes sets à l’avance, j’y vais au feeling, avec les tripes. Je crois que moins on joue et plus on éprouve du bonheur à jouer et de l’émotion. L’’improvisation, quoi que pouvant être stressante, apporte avec elle tout son lot de déclinaisons de plaisirs. Mon titre en berne : Citizen Kain & Nakadia – Rumble In The Jungle (Original Mix) [Filth On Acid]

Tu es intermittente du spectacle : quels sont les avantages et inconvénients de ce statut pour une DJette ? Comment t’es venue l’idée d’en faire ton métier ?

C’est l’accueil chaleureux et la demande du public qui m’a fait penser à en faire mon métier. La fréquence de mes sets devenait de plus en plus importante et à l’époque je gagnais ma vie dans l’immobilier. Ce domaine d’activité ne me plaisait pas du tout et je n’étais pas très douée, il faut bien le dire, pour faire avaler des couleuvres. La transition s’est faites naturellement, le statut d’intermittent m’a convenu car cela me laissait du temps pour la création. Ce statut est une chance en France, et il faut savoir l’apprécier.

Quel est ton rapport à la production ? Es-tu plutôt du genre spontané ou réfléchi dans l’acte de création ? Avec quel matériel composes-tu ?

Je suis carrément spontanée ! Je bosse sur Ableton live, je trouve ça assez ludique. J’aime beaucoup le côté création dans mon métier, même si je n’arrive toujours pas à trouver assez de temps pour m’y consacrer plus. C’est l’objectif 2018, j’avais déjà dit ça en 2017… mais bon… on peut pas être sur tous les fronts ! J’ai hâte de pouvoir plus m’immerger dans la production, j’ai le sentiment d’avoir beaucoup de choses à partager.

Tu gères également l’association Beatitude : quels sont les objectifs de cette asso ? Comment se porte la scène électronique dans la région PACA ?

J’ai monté Beatitude pour pouvoir créer des ambiances de soirées, promouvoir des artistes, avoir une amplitude professionnelle plus dense, avoir d’autres leviers d’actions sur la scène électronique. Il y a aussi une dimension humaine de proximité avec Beatitude , je voulais faire plaisir aux amis, à tout ceux qui soutiennent le projet, en invitant des artistes reconnu de la scène internationale, ou des locaux talentueux et méritants. Pour notre prochain événement, l’invité sera une figure emblématique du mouvement techno actuel CITIZEN KAIN : tout à fait mon genre (next event) !

Il y a beaucoup d’organisations d’événements underground à Marseille, des petites, des moyennes, qui se démènent pour proposer des soirées chaque semaine. Mais ici nous avons un choix de clubs de qualités très réduit. Qualité sonore, aménagement des lieux, décoration, emplacement, professionnalisme, engagement dans les projets, accueil pas toujours à la hauteur des attentes du public. D’un autre côté, il y a par exemple le R2 qui fait une programmation incroyablement soutenue et de qualité mais auquel les artistes locaux n’ont que rarement accès. En tous cas, il y a pas mal de choix en terme de soirées musiques électroniques sur Marseille, sur ce point là on n’a pas à se plaindre !

Quel est ton point de vu sur le mouvement EDM en musique électronique ? Et sur le mouvement free-party ?

L’EDM ? je n’y comprend rien, ne m’y intéresse pas… Quant au mouvement free-party, ce n’est pas trop mon style, la musique y est souvent trop agressive pour moi. Par contre, j’ai connu les premières raves dans le sud de la France au début des année 90 et c’était vraiment des party de plaisir, la folie ! A part ça on a voulu démocratiser la techno underground, on y a trop bien réussi, on se retrouve avec la scène des année 2000 underground qui aujourd’hui est devenu carrément bankable, les prix des têtes d’affiche ont atteint des sommets, les contraintes économiques sont devenus intenable, je ne sais pas comment ça va évoluer mais a un moment la bulle va exploser forcement. L’underground d’hier est devenu le populaire d’aujourd’hui, exemple l’artiste Green Velvet, Oliver Huntemann , Laurent Garnier et bien d’autres et la je parle d’artistes de qualités ?

Quels sont tes projets à venir ?

L’hiver je tourne plus souvent à l’étranger et la saison d’été je retrouve avec plaisir mes quartiers en France. Le 16 mars je rentre d’une tournée en Inde et pour fêter ça nous organisons un évènement avec “BEATitude”. Nous accueillerons Citizen Kain (Traum//Suara//Filth On Acid//Noir Music//Stilvortalent), DJ et producteur de renom international mais aussi Montpelliérain d’origine. C’est un local qui a réussi et ça nous fait très très plaisir de l’avoir pour un extend set !! Ca se passera au Spartacus, c’est l’un des meilleurs club de la région et listé parmi les meilleurs club du monde. Un belle date en perspective pour attaquer une saison d’été en europe avec déjà pleine de très chouettes projets en perspectives : 2 sessions catamaran, 2 chapiteaux, une résidence mensuelle au Petit Pavillon, plusieurs dates au Babel Comunity, etc … Il y a de quoi faire !

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