Bongo Beat

ParAnthony Beauchet

Bongo Beat

La musique électronique a baigné ton enfance, ne serait-ce que par la new wave et la pop qu’écoutaient tes parents : en quoi cet héritage musical a-t-il eu une influence sur ta carrière de DJ et producteur ?

J’ai été influencé par les années 80’s aussi bien par le côté populaire que par les musiques plus confidentielles. Les années 90’s et les cassettes auto-reverses de mes parents ont amené leur lot de sonorités house et électroniques. Entre Sandra, Technotronic, Ace Of Base et les compils Hit Machine (eh oui, je suis un enfant de la télé), finalement la musique électronique, je suis tombé un peu dedans étant petit.

Il semble à que la house filtrée occupe une place particulière dans ta rencontre avec les musiques électroniques : qu’est-ce qui t’as séduit dans ces sonorités ? Quels souvenirs gardes-tu de cette époque ? Pourquoi avoir évolué vers des sonorités plus underground ?

 Danser et faire danser est un leitmotiv ; à partir de là, j’ai toujours kiffé les sonorités qui rentraient dans cette idée. Donc la dance d’abord, puis la house et la techno sont arrivées naturellement, par recherche de finesse. Quand j’étais enfant et ado, l’achat d’un CD 2 titres ou d’un album, c’était un événement ! Ce que j’adore dans les musiques électro, et plus spécialement dans la house music, c’est que les possibilités sont infinies et que le groove peut être puissant.

Qu’est-ce qui t’as motivé à devenir DJ de la scène électronique ? Avec quel matériel mixes-tu ? Pour toi, un « bon » mix, c’est quoi ?

J’ai commencé à sortir en club l’année de mes 17ans, et notamment du côté d’Annecy avec des clubs mythiques (qui le sont moins aujourd’hui), et surtout en voyant les DJs jouer des pistes que je ne connaissais pas. Je me suis dit « c’est ça que je veux faire ! ». On accorde beaucoup d’importance au matériel au début mais on se rend compte par la suite que cela devient plus accessoire. Ce qui compte, c’est la connaissance des morceaux et la préparation des sets. J’ai commencé avec le modèle CDJ + mixer (CD puis clé USB). Aujourd’hui, je continue à privilégier ce mode de mix tout en commençant à évoluer vers des contrôleurs et des softs types Traktor ; je me suis également tourné vers Ableton pour le live. L’idée de cette évolution, c’est de proposer autre choses que de simples morceaux qui s’enchaînent.

Tu es également producteur : quelle est ta philosophie en matière de production ? Es-tu plutôt du genre spontané ou réfléchi dans l’acte de composer ? Travailles-tu seul ou en collaboration ?

La production, c’est une part de ma vie musicale qui devient de plus en plus importante, c’est une suite logique pour moi. Pouvoir créer mes propres morceaux et les jouer en live reste un grand kif, et quand d’autres artistes les jouent, c’est vraiment un honneur. Je compose de façon spontanée avec un fil conducteur sur le groove que je veux obtenir, soit à tendance house, soit à tendance techno. Je fais beaucoup de productions solos et je commence depuis peu à faire des collaborations et des remix : c’est une autre façon de bosser mais toute aussi grisante !

Tu as signé des tracks sur des labels au Canada (Spliced Vinyl recordings) et aux Etats-Unis (No Sand records) : tu boudes les labels français ? Quels sont les labels où tu aimerais signer ?

Spliced et No Sand sont les premiers labels sérieux avec lesquels j’ai bossé. Depuis début 2016, je bosse avec Check In recordings, un label français tenu par Rio Dela Duna, mon pote Juanito et Axel Fowley. C’est une branche de la grosse maison Housesession en Allemagne. J’ai aussi signé sur un label italien, MoveUBabe, et sur Frequenza records : ils ont une super sélection, notamment celle de Dantiez Saunderson. Cet été, j’ai signé un track housy sur Ambassade records : ce label appartient à la famille de Pool E Music, maison de disque d’Antoine Clamaran. D’ici quelques jours, un remix va sortir pour David Dee Vision (une personne que j’admire beaucoup) sur son label parisien fraîchement créé : Soul Division Music. Comme tu le vois, je ne boude pas les labels français : c’est plutôt une question d’opportunité. Aujourd’hui, j’aimerais travailler avec un label comme Clarrisse records (géré par Mendo) car il présente une sélection artistique de qualité. J’aimerais aussi évoluer sur le label de Sam Divine, D-Vine Sounds : c’est un label résolument House à l’anglaise et qui groove beaucoup. Mais surtout, je continue de bosser avec les labels qui me font confiance.

Comme tout passionné, tu as forcément été influencé par des artistes et/ou labels : peux-tu nous citer 5 tracks (ou albums) que tu considères comme des incontournables de la musique électronique ? Quels souvenirs associes-tu à l’écoute de chacun de ces 5 tracks/albums ?

J’ai beaucoup écouté les compilations « Defected in the house » et « Ministry Of Sound ». Le « Defected in the house » de Martin Solveig en 2007 marque un tournant dans le genre de house que j’affectionne. Parmi les tracks qui m’ont marqué, je citerai :

Dennis Ferrer « Hey hey » (Objektivity, 2009) : toujours présent dans mes set lists.

Daft Punk « Around the world » (Virgin, 1997) : mon premier tapage de pieds.

Benny Benassi « Able to love » (D:vision records, 2002) : premier morceaux qui m’a emporté loin !

Da Hool « Here comes Da Hool » (Kosmo records, 1997) : mon premier album résolument techno.

Run-DMC « It’s like that » (Profile records, 1983) : mon gros kif depuis des années.

bongobeat2-reciiiprokEn plus d’être artiste, tu es également coproducteurs d’évènements (Do deep down, Savane sonore) et tu as été résident DJ à Chambéry (WineNot) : comment t’organises-tu pour gérer tes différentes casquettes dans la culture électronique ? Comment se porte la scène électronique sur Chambéry ? Quels sont tes meilleurs souvenirs de soirées ?

Le Wine Not fut une bonne expérience avec une résidence hebdomadaire de 2013 à 2016. Je jouais les sons qui me parlaient et les gens étaient réactifs ! Du côté de Chambéry, et plus largement en France, la musique House et Techno est plus que confidentielle. Etre promoteur de ses propres événements est devenu inévitable selon moi. Niveau organisation… C’est pas facile tous les jours mais c’est kifant !

DJ, producteur, organisateur de soirées… Quels conseils donnerais-tu à un jeune qui souhaiterait aujourd’hui se lancer dans l’aventure des musiques électroniques ? As-tu le sentiment que « c’était mieux avant » ou que « le meilleur reste à venir » ?

Je n’ai pas spécialement de conseils à donner : « si tu as l’envie, rien ne doit t’arrêter ! ». L’essentiel reste la passion de la musique, un soupçon de culot et un trait de bagout ! C’est un milieu où le réseau est primordial. Avant c’était différent, mais pas forcément mieux ou moins bien. L’avenir est ce que l’on en fait.

On oppose volontiers le commercial et l’underground dans la musique électronique : quelle est ta position à ce niveau là ? Comment considères-tu des mouvements comme l’EBM ou les free-parties qui sont aux antipodes de la musique électronique ?

 Le monde de la musique est aujourd’hui « dirigé » par les radios qui, à mon sens, ne vont pas dans le bon sens. Sur 1h ou 2h en radio, tu as 15 titres… Et basta !! Ce constat est désastreux car les gens ne vont pas en clubs pour découvrir mais pour écouter ce qu’ils connaissent… C’est triste !!! C’est pour ça que j’ai monté le projet « Savane Sonore » afin de promouvoir l’underground dans les clubs généralistes. Il faut éduquer à la bonne musique et ne pas faire comme tout le monde !

Quels sont tes projets à venir ? Si tu avais une lampe magique et un seul vœu à exaucer aujourd’hui, quel serait le tien ?

Beaucoup de productions en vue avec des remix, des collaborations et des tracks solos : j’ai du pain sur la planche !! Niveau dates et DJ set live, mon projet « Savane Sonore » a lieu 2 fois par an en faisant évoluer le line up. Je suis dans l’optique de faire des dates qui me font kifer, et arrêter de seulement « jouer pour jouer ».

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© Photos : Art Prism, Reciiiprok

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