Archives de l’auteur Marius Sergent

ParMarius Sergent

Lud’O

Son énergie et son plaisir du mix font que, dès qu’il passe derrière les platines, l’ambiance devient électrique ! Les groupies s’amassent, le son groove, les sourires s’étirent et la soirée est partie ! On peut l’entendre des Saisies à Lyon : voici l’univers de Lud’O !

Salut, merci d’avoir accepté mon invitation : peux-tu commencer par te présenter ?

Salut. Et bien moi, c’est Ludovic Sausset , j’ai 39 ans, j’habite en Savoie, je suis père d’un petit garçon de 4 ans et demie , je travaille dans un hôtel en tant que technicien de maintenance dans une station de ski et je suis un grand passionné de musique ! J’écoute de tout : je suis musicien, DJ, bon vivant… Et aussi célibataire pour celles qui souhaiteraient me connaitre après avoir lu cet article (rire) !

T’as commencé la musique par la guitare et t’as eu une période punk : on peut en savoir plus ?

Oui, j’ai eu ma première guitare à 14ans et j’ai bien grattouillé plusieurs années avec pas mal de monde… J’ai pu faire du bruit avec des punks, des rifs de guitares avec des hardos, des soirées roots avec les PoyPoys… Mais toujours avec cette passion de faire de la musique et de partager des moments ensemble… Et boire de la bière (rire). J’ai fait aussi beaucoup de festivals, soirées concerts pour suivre des groupes que je kiffais et découvrir aussi de nouveaux talents. Ça remonte à 20 ans maintenant mais c’était une belle période.

Comment es-tu venu à la musique électronique ? Qu’est-ce qui t’attire dans ce milieu ?

J’ai mis du temps à venir aux musiques électroniques : je suis resté longtemps un pionnier des soirées concerts, des instruments, de voir des zikos en live devant toi et te faire danser. Mais on m’a emmené dans les premières free-parties, des teufs dans des lieux insolites comme des champignonnières en Indre et Loire, sous des ponts d’autoroute, dans des grands champs ou dans des purs spots un peu partout en France. J’ai vraiment découvert un milieu underground, fait des belles rencontres avec des personnes qui ont cette philosophie : “vivre libre ou mourir !”. Je me suis rendu compte qu’il y avait une variété de musiques, des styles différents allant de la Drum & Bass, Techno, Hardtek, Hardcore, Acid… Et tous ces boutons que je voyais clignoter, ces platines avec des vinyles, de purs DJ’s, des liveurs, des gros murs de sons, des camions aménagés… C’est un tout et ça m’a plus tout de suite !

As-tu monté/fait partie d’associations en musiques électroniques? Quel rôle y as-tu joué ?

Les 10 années passé en Indre et Loire m’ont permis de côtoyer plusieurs bandes de potes et sound-systems tels que INFRABASS, DST, ODN, LES CHATS PERCHES, les KO37 Unit (avec qui j’ai eu la chance de participer et d’organiser des grosses soirées et sortir les Protos, les Bassbins et les Turbosounds… On a passé pas mal de temps ensemble a écouter le Martin Audio ronronner). Une de mes plus belles orga qui restera à jamais gravé en moi, c’est la VENDETTA 2005 en Italie…. Les anciens s’en souviendrons longtemps ! Maintenant, ça va faire 10 ans que j’habite en Savoie et j’ai également rencontré plusieurs collectifs avec qui nous avons organisé plusieurs événements. Il y a eu Uppercut avec le festival Élément au Fort De Tamié (73), la teuf du barrage de la coche avec les Malbarés/Lunatik Armada, le conteste de ski “Tribute To The Air” avec Lunatik Armada et beaucoup d’autres…

Quels artistes ou label ont influencé ta conception du mix ?

Franchement, après toutes ces années et après toutes ces rencontres, ces expériences musicales, y en a tellement de labels et d’artistes qui m’ont impressionné. De les avoir vu et écouté, c’est sûr que ça m’a influencé dans le mix. J’écoute énormément de musique, j’en achète, j’en visualise, j’en télécharge, je la partage avec mes proches : c’est tout ça qui influence ma musique, mon style, et mes envies du moment. Après il y a quand même quelques artistes qui resteront des exemples pour moi, des anciens qui m’ont toujours impressionné, je peux te citer :

Dud, un DJ d’InFrabass, pour sa Drum & Bass massive et explosive.

Dj Skuff des Ko37 UNIT pour ses sets Acid Techno qui font voyager

Martin, du collectif METRO, un liveur Tchèque qui est un tueur avec son style bien à lui…

Et il y a tous ceux que je suis actuellement et qui m’inspire : de Gesaflestein à Amélie Lens, de Comsic Boys au label Hungry Music, Lot49 et plein d’autres…

Quel matériel DJ utilises-tu ? Recherches-tu des spécialités techniques particulières ?

J’ai commencé sur vinyles avec des Technics et une Eclerc Nuo 5. J’adorais jouer de la Drum & Bass, de la Jungle et bien sûr de la grosse Techno. J’ai acheté pas mal de vinyles, j’ai une belle petite collection chez moi de différents styles. Mais comme je ne trouvais tous les titres en vinyles, j’ai acheté une carte son Serato SL3 avec des vinyles encodés : j’ai pu améliorer mon mix, mélanger des styles, jouer des remix. Maintenant pour le coté pratique en soirée, je suis passé au contrôleur Pionner DDJ-SR et je me fais énormément plaisir à jouer sur ce matériel ! Je garde néanmoins chez moi les platines et je suis toujours prêt à lancer un coup de mix vinyle entre amis.

Peux-tu nous raconter ta première expérience de mix en public ? 

J’ai eu, comme tout spectateur de soirées, cette envie de jouer en public, de monter sur scène et faire vibrer les gens. Mais étant perfectionniste, tant que mes sets n’étaient pas totalement prêts, je me privais de jouer en public. Puis il y a eu cette soirée , il y a maintenant 9 ans , dans un bar aux Saisies (le pub La Cordée) où j’ai joué avec le collectif Lunatik Armada : mon baptême du feu ! Il y a eu une ambiance dingue : les gens avaient tous le sourire, ils dansaient ; on avait chaud et j’ai envoyé un super set Techno qui a plu à tout le monde. On m’a félicité longuement de ma performance après cette soirée et ça m’a rassuré et mis en confiance pour des soirées futures : j’étais prêt et j’allais travailler pour assurer mes prestations et faire danser les gens.

Pour toi, c’est quoi un bon DJ ?

Toujours compliqué cette question… Les gens passent beaucoup de temps à discuter de ça, à comparer les matériels, les ambiances, les styles… DJ ou live ? Contrôleurs ou platines ? Pour moi, ce qui est sûr, c’est qu’il faut aimer la musique, être passionné par ce qu’on fait , aimer danser, aimer faire danser les gens et être pro. Car un bon DJ doit savoir s’adapter à son public, proposer une prestation de qualité et surtout passer du bon temps avec le public ! On n’arrête pas un peuple qui danse !

Tu n’as jamais sorti de productions : une raison à tout ça ?

C’est quelque chose qui m’intéresserait… C’est un bel aboutissement de créer ses propres productions et les jouer en public. J’ai essayé différents logiciels tels que Fruity Loops, Reason, Ableton Live… J’ai réussi à créer des petites choses assez basiques mais les idées sont là ! Le gros problème pour moi avec la production, c’est le temps. Il faut consacrer des heures à rechercher des sonorités, des mélodies, des arrangements, à faire son mastering. Je préfère actuellement rechercher de tracks propres, bien masterisés pour composer mes sets et jouer en live. Mais je reste persuadé que j’y reviendrai car c’est un milieu qui m’attire.

Peux-tu nous parler de tes projets à venir ?

Des projets simples : profiter de la vie, profiter de mon fils et de ma famille, faire des voyages et m’ouvrir l’esprit, faire des rencontres (artistiques et autres… Petit rappel pour mesdames [rire]), continuer à jouer de la musique, faire plaisir et se faire plaisir et bien vivre !

Merci de m’avoir accordé de ton temps : ton mot de la fin ?

Il faut avoir une grande musique en soi si on veut faire danser la vie !

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ParMarius Sergent

Why Not

INTERVIEW – Ce collectif de Dj sévit depuis 2011 dans le sud de la France… Ce groupe de potes qui s’est rassemblé par passion pour la musique électronique se développe aussi par le côté obscur de la force : la création d’event autour du DJing ! Discussion avec Dubix du Collectif Why Not :

Salut Antho, aka Dubix, et merci à toi de prendre le temps de me répondre ! Pour commencer, peux-tu te présenter, toi et ton asso ?

J’ai 27 ans, j’ai commencé la musique au lycée comme bassiste en montant un groupe avec des potes. En parallèle, j’ai commencé à m’intéresser aux musiques électroniques et à bidouiller un peu de son sur mon ordinateur puis ensuite, j’ai attaqué le mix.
En ce qui concerne l’asso, elle est basée à Rodez en Aveyron. Elle a pour but de promouvoir les musiques électroniques à travers divers événements ou collaborations, et grâce à notre collectif de 6 Dj.
Nous diffusons également un podscast mensuel en téléchargement libre sur notre page Soundcloud dans l’optique de faire de la promo à des artistes plus ou moins connus que nous apprécions.

Comment est né ce projet ? Comment tout ça s’est mis en place au départ ?

Au début, on organisait des free parties, puis en 2010 on a décidé de créer quelque chose de plus concret, histoire de proposer du son et des soirées ailleurs que dans des champs ! Nous avons monté notre premier évènement autour d’un buron sur l’Aubrac début 2011. La machine était lancée !

Vous avez en date de prévues les vendredis Électro, le 4 mai et le 8 juin (au café de la Paix à Rodez) puis une soirée au bar le Dayton à Figeac le 12 mai -comment est-ce que vous gérez le timing et l’organisation entre vous ?

Effectivement ! Les vendredis Électro c’est chaque premiers vendredis du mois depuis 4 saisons. On fait venir des collectifs ou des Dj d’un peu partout histoire de créer une bonne dynamique ! C’est un peu le fil conducteur, puis ensuite d’autres soirées se rajoutent de temps en temps dans d’autres lieux !
Pour gérer tout ça, on se débrouille comme on peut, à la bonne franquette, comme on dit !

Avez-vous des liens avec les autres assos du territoire qui organisent ? Comment se passe les collaborations inter-asso ?

Oui bien sûr, on a pu collaborer avec plusieurs structures ! On pose de temps en temps nos propres scènes ou inter-plateaux sur des festivals et 2 de nos Dj sont résidents sur les Natural Games à Millau. Les salles de concerts, assos, bars ou clubs du coin nous connaissent bien et font régulièrement appel à nous !
Les collaborations se sont toujours bien passées, c’est important d’échanger avec les acteurs locaux histoire de dynamiser le territoire !

collectif why notComment choisissez-vous les lieux où vous organisez vos soirées ?

C’est toujours compliqué de trouver des lieux adaptés à ce que l’on veut proposer. On est souvent limité en terme de place ou d’horaire. Du coup on s’adapte et on fait comme on peut avec ce que l’on trouve et ce que l’on nous propose !

 

Quelles valeurs diffusez-vous à votre public ?

Partage et respect principalement ! C’est toujours agréable de partager une passion commune pour le son avec le public, surtout quand il est réceptif ! Tout ça avec le smile, dans la bonne humeur puis le respect des lieux, de soi et d’autrui.

Quels sont les genres électroniques qu’on peut entendre dans vos soirées ?

Principalement house et techno mais le panel est plutôt large ! Acid, Bass-Music, Drum & Bass, électro-swing et autres dérivés !

As-tu le sentiment que le public électronique est spécifique selon l’endroit où vous jouez ? Quelles différences/ressemblances as-tu pu noter ?

Ça peut être le cas effectivement. Mais parfois, et plus particulièrement dans les bars, il y a les habitués qui connaissent et suivent nos soirées puis ceux qui passent sans vraiment connaître. Des fois ils sont curieux et ils accrochent et des fois non (rire) !

Avez-vous le sentiment que le public est reconnaissant du travail que vous faites ?

D’une manière générale oui bien sûr, même si ce n’est pas toujours le cas ! On a très souvent de bons retours.

Les projets à venir ?

Rien d’extraordinaire. Continuer à pérenniser nos soirées et notre collectif puis peut-être la création d’un vinyle un de ces quatre !

Merci pour toutes ces réponses !! Le mot de la fin ?

Avec plaisir ! Peace love, sound beer & unity !

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ParMarius Sergent

14/04/18 – Barbar Pub (73)

Avant d’aller vers la chaleur, les tongs, la pétanque et le rosé glaçon, on se la colle une dernière fois en mode tech-house to techno !!!  Alors viens t’enjailler avec nous !!

Line up : Chicuss all night long

Artiste éclectique de par sa culture musicale et ses prestations scéniques, Chicuss propose une musique électronique où les émotions et le groove se mélangent à la perfection. Digne représentant de la house et de la techno made in Savoie, il sait captiver son public et le faire voyager jusqu’au bout de la nuit !

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ParMarius Sergent

07/04/18 – Track’N Art (26)

AGENDA – Elektrovore propose sa soirée Elektro Track’n Art au Traknart !

LINE UP :

– NOURS // Techno
-GOUROU // Tekhouse
-NOIZ ADDICT HEAD // Electrotek
-COLO // Tribecore
-LUIDGI // Mapping

Les guest :

-CHICUSS (lunatik armada)
-TEKBU (flp)

Partenaire : Interaktion Elektro Projekt

Event Facebook
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—– LE TRACK’N ART —–
BAR & ETABLISSEMENT ASSOCIATIF *

Là où se déroule tous genres d’événements musicaux NON commercial !
TEKNO…ETC ! CONCERTS…ETC !

– Tous les événements sont uniquement réservés aux adhérents de l’association TRACK’N ART !

– Si vous désirez devenir adhérent de l’association TRACK’N ART pour pouvoir participer aux événements et partager vos connaissances musicales !

– Il vous faudra prendre contact avec un membre de l’association en dehors des horaires de chaque événement dans les locaux de l’association !

– Du lundi au jeudi de 15h à 19h et du vendredi au samedi de 15h à 21h30 ou par tel pour plus de renseignements au 0629666909

– L’adhésion à l’année est de 5 €
Cette adhésion servira à payer les frais annuels (loyer, assurance, électricité, entretien du matériel et autres services mis à disposition des adhérents…)

– Cette adhésion vous permet d’accéder à tous les événements de l’association, rencontrer durant ces derniers les autres adhérents et membres de l’association TRACK’N ART vous permettant d’apporter de nouvelles idées et connaissances pour les événements à venir.

– ATTENTION
Certains événements sont à accès payant pour des raisons logistiques et frais de prestataires (décoration, images, son, …ect )

En vous remerciant de votre compréhension
L’association TRACK’N ART et ses joyeux TRACK’N ARDIENS

“A disposition des adhérents”
-Bar
-W-C
-Coins banquettes
-Terrasse couverte
-Préstations Musicals (artistes bénévoles)
-Système son 07Kw♫

Info: 0629666909
45min de Lyon
20min d’Annonay
40min de Valence

Point GPS:
Latitude: 45,2457
Longitude: 4,8106

ZA.Les payots 26140 Andancette

ParMarius Sergent

Cousin Vic

Dj et producteur, créant une Techno langoureuse et groovante à souhait, Lyonnais d’adoption mais Clermontois avant tout, découvrez ou re-découvrez l’univers de Cousin Vic :

Salut et merci à toi d’accepter mon interview, peux-tu commencer par te présenter ainsi que ton parcours dans la musique électronique ?

Salut à toi déjà et merci pour l’intérêt que tu portes à ce que je fais…
Alors moi je m’appelle Victor Raynaud et je suis né en Avril 1989 à Clermont-Ferrand. Mon parcours dans la musique électronique est assez simple et n’est pas que de mon fait. J’ai un frère ainé qui a bercé là-dedans depuis l’arrivée des raves et qui m’a contaminé sans le vouloir. A 7ans je suis tombé dans sa chambre sur sa réserve de cassettes audio (une boîte à chaussures remplie de techno sous son bureau), j’en ai choisi une au pif, inspiré sur le moment par la jaquette. Je ne sais plus si c’était une cassette de Crystal Distortion ou de Meltdown Mickey bref un des Spi (que mon frère connait bien)(Spiral Tribe NDLR), je suis allé dans mon bain après avoir mis la cassette dans le poste (je m’en souviens comme si c’était hier, dans les moindres détails), et là, RÉVÉLATION !! C’était déjà fini pour moi.
Ensuite à 12 ans je me suis mis à squatter Rebirth (1er séquencer) sur le pc de mon frère, ensuite je me suis mis au mix en faisant mes premières scènes en free, puis après j’ai vite voulu faire mes prods…
Du coup je suis tombé par hasard sur la SAE Institut à Paris et j’ai validé mon diplôme “Electronic Music Producer.” Entre temps j’avais déjà signé sur quelques labels et je voulais me professionnaliser un peu plus là-dedans… Donc voilà où j’en suis aujourd’hui, et j’en suis assez satisfait même si tu en veux toujours plus, une réussite en amenant une autre…

D’où vient ton nom de scène ?

(Rire) C’est une longue et vieille histoire à la con… Qui normalement devrait porter préjudice à mon frère !
En fait tout comme toi j’ai fait des saisons en  stations de ski, à la Plagne précisément, tout comme mon frère les dix années précédant les miennes. Et il se trouve que mon frère était surnommé “coussin péteur” (on se demande pourquoi…) qui s’est transformé en “cousin Peter” et qui s’est raccourci en “cousin Pit”.
Quelques temps plus tard je débarque à la Plagne avec cette même sale gueule de Raynaud (je suis la copie conforme de mon frère) et donc “cousin pit” est devenu “cousin vic”. Et un beau jour alors que je me produisais à Terre Blanque pour une soirée dubstep (à l’époque sous le nom de “Parazite Basko”) le mec qui a fait les fly (le meilleur pote de mon frère) m’a annoncé sous “Cousin Victor”… On s’est bien marré avec ces conneries, puis c’est resté…
En plus ça m’évite de m’appeler “Alejandro Fanchini” par exemple, comme un trou de balle sur deux de la scène club minimal…

Quelle est ta philosophie, ta conception de la production ?

Vaste sujet : tu pourrais me dire, je ramasse les copies dans deux heures…
En fait à la base c’est un exutoire, le mix ça m’a fait marrer les premiers temps puis très vite je voulais exposer ma vision de la Techno qui est faite d’influences diverses et variées. J’ai besoin d’expulser ce qui me tourne dans la tête, sinon ça reste, ça tourne et ça rend fou (Rire).
Après ma philosophie du truc, c’est que j’essaye de ne pas me fixer de limite, même si tu as quelques codes à respecter forcement, que ce soit dans la composition ou la structure et l’arrangement. J’ai besoin de faire tout style de techno, je n’arrive pas à me cantonner dans un seul style bien défini, même si je sais qu’on peut atteindre une forme de “notoriété” plus rapidement par cette voie. J’ai besoin de faire pleins de choses différentes parce que j’écoute pleins de choses différentes…
Ensuite le fait de savoir produire amène à mes yeux une certaine crédibilité, parce que mixer tout le monde peut le faire, même s’il y en a des meilleurs que d’autres là-dedans (pour ma part j’ai aucun talent particulier par exemple).
J’aurais toujours une attention supérieure pour un bon producteur que pour un bon Dj.

Travailles-tu seul ou en collaboration ?

Ca dépend ! Et là si t’es un bon, tu me réponds “ça dépend, ça dépasse”.
En fait je ne fais pas que de la Techno, je suis aussi très actif dans la Somatik Techno (où je rencontre un succès bien plus prononcé qu’ailleurs) qui est un mouvement musical underground électronique qui nous vient des pays de l’Est. Plus précisément de Russie et d’Ukraine.
En Techno je produis seul, et en Somatik je produit seul aussi, mais également très souvent en collaboration avec Monsieur Hertzman (le boss de Lethal Dose Recordings, Somatik Sounds, Plunk, Berberis et de Lethal Script Label…).
On a pondu notre premier album en collaboration en septembre 2017 après un an et demi de travail acharné. C’est une autre manière de travailler, surtout avec un tel nom, qui est d’une exigence incroyable. Ce genre d’exigence qui te fait grandir, qui te tire vers le haut, qui fait que tu te remets en question constamment… On apprécie d’ailleurs énormément notre complémentarité, qui est réelle! Il est plus à l’aise en compo que je le suis et moi de mon côté j’apporte mes aptitudes en terme d’arrangement, où il me laisse carte blanche. Puis on va dire que j’ai une approche plus Techno de la Somatik que lui. On essaye donc de marier sa composition ambiante et planante avec mon approche plus rentre dedans, plus primaire, plus Techno. On prend vraiment plaisir et on n’en a pas fini tous les deux, on a TOUJOURS depuis deux ans, un projet en cours… J’ai l’impression d’avoir franchi un cap en travaillant avec lui.
Et puis c’est vraiment très flatteur pour l’ego quand quelqu’un comme lui vous demande de travailler avec. Et du coup, être très rigoureux dans le travail avec lui, ça m’a apporté une certaine prise de liberté dans mes projets perso, je me débride, j’ose… C’est un peu paradoxal.
Ce que je veux dire, c’est que je me lâche quand j’ai pas Monsieur Hertzman sur le dos (Rire) et des fois ça donne des bons trucs (Rire).
Bref c’est que du positif, que je sois seul ou non ça fait deux ans, voire un peu plus que je sens que j’avance vraiment…

Quel matériels et logiciels possèdes-tu dans ton home studio ? Recherches-tu des spécificités techniques particulières ?

Alors moi je suis basique grave, j’ai un petit synthé novation et le reste c’est tout du VST. Il y a des trucs vraiment excellents aujourd’hui…
En terme de rendu on a des trucs très très propres. Certes ça ne vaudra jamais le hardware, l’analo etc, mais c’est déjà tout à fait correcte. Après je ne vais pas non plus tout détailler pour ne pas me foutre à poil, et j’ai aussi un compresseur externe que je n’utilise pas toujours.
Mon séquenceur c’est Ableton, ça c’est pas très original. Je trouve ça assez intime, tu demandes pas à un magicien quels sont ses trucs. Et me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, je suis loin d’être un magicien dans la Techno, j’ai rien inventé les copains !
Sinon, si j’avais un souhait, j’avoue que j’aimerais vraiment me mettre au modulaire… Mais faut des sous et de la patience pour ça (Rire)…

Comment puises-tu ton inspiration pour composer ? Quels sont tes influences en matière de production ?

Souvent ça fait Boom Boom Boom… Tu connais? (Rire) Tu veux des noms ou quoi ? Qui m’inspire ? Y’en a tellement…
Depuis mon école à Paris, je suis très dans la technique de mix du track (mais pas que non plus), j’essaye de tendre, tant que faire se peut, dans des bassline très présentes, un chouille crado, avec un beat qui a des frappes sèches et des vélocités augmentées. De quoi faire sonner du sale mais propre… c’est pas très clair mais ceux qui consomment de la techno devraient me comprendre (Rire).
Après je peux te faire un petit podium de mes influences en terme de producteurs, c’est-à-dire en technique pure. Mais de toute façon, quelque chose de bien produit, même si c’est pas ton style de prédilection, tu prends plaisir à l’écouter et tu trouves ça bon.
Bref si on s’attaque au podium :
En 3 je te mets ce qui se fait chez Drumcode, pas tout non plus, mais Sam Paganini, Pig & Dan, Adam Beyer, Enrico Sangiuliano, Julian Jeweil, ça c’est du très bon boulot.
En 2 je te mets “Hell Driver », je trouve ce producteur incroyable, il a tellement de qualités, et dans tous les styles en plus… Après on est dans une époque où le faire savoir est plus important que le savoir faire et ce mec mériterait de jouer tous les weekends, partout !! Pour l’instant il se contente de déchirer tous les tops Beatport, il est en train de prendre de l’ampleur et c’est mérité.
Et mon chouchou numéro 1, c’est un français, un toulousain, qui casse tout depuis tellement d’années, qui a déchiré toutes les scènes Electro sous tellement de blases, le gars sait tout faire. C’est “The Clamps.” Je parlais de crade mais propre tout à l’heure et ben là on a les deux pieds dedans mon pote !!! Il est incroyable, il sait tout faire, Trance, Techno, Drumstep, Neurofunk, Dubstep. Là, il faut que j’arrête de parler, faut juste que tu ailles écouter et puis c’est tout ! Et le pire, pour la petite anecdote, c’est que c’est le pote d’un très bon ami et que je ne l’ai jamais rencontré. Ca va me faire quelque chose si un jour ça arrive, parce que c’est vraiment mon préféré depuis le début ! Mais t’inquiètes je ne laisserai rien paraître (rire).

Tu as signé ton dernier EP sur Fortwin-Records, as-tu une stratégie particulière dans ton démarchage de label ?

Pas particulièrement non, puis ça a bien évolué entre aujourd’hui et il y a quelques années… Au départ tu démarches un peu partout et puis quand il y en a un qui répond à ta requête par l’affirmative, tu es super content parce que ça fait partie de tes premiers label, puis que tu as le sentiment d’exister. C’est un peu con mais la première fois que tu vois ton blase sur Beatport tu te dis bon ben c’est pas mal.
Puis des fois tu reçois des masterings qui ont massacré ta création originale et là tu te dis bon, faut que je fasse du tri et que je regarde chez les labels qui peuvent me correspondre et qui font du bon taff…
Puis un beau jour, je ponds un EP 2 titres mieux que les autres, un projet grave péchu, bien rentre dedans, avec franchement une structure pro que je n’avais encore jamais su faire. Un petit moment où j’étais “touché par la grâce” parce que j’ai fait mon deux titres en une vingtaine d’heures, tout coulé… Ça venait comme ça puis là, je me suis dit : “Allez j’ose tout et je demande un remix à Hell Driver” (l’artiste dont je vous parlais précédemment) et en plus je l’envoi chez “Beast Factory Recordings” qui fait partie du top 3 de mes labels préférés. J’ai envoyé tout ça en mode pro avec une bio, avec la demo et le remix, le book, enfin tout, et 24h plus tard je reçois un mail de Beast Factory qui me dit qu’ils adorent et qu’ils sont chauds pour me signer.
Donc là ouais j’ai un peu kiffé ! Et depuis ce jour-là, je n’ai plus démarché un seul label, c’était l’inverse qui se passait. Petite dédicace à mon père qui me répétait sans cesse quand j’étais plus jeune “bouges toi le cul personne ne viendra te chercher” (Rire) et il a raison d’ailleurs (Rire).
Mais bref, c’est incroyable le crédit que ça m’a apporté de signer chez eux, surtout que mon EP  a fini vente la plus populaire de l’année 2016 chez Beast Factory. Incroyable…
Puis après, j’avais pas mal de demandes de plusieurs labels, j’ai pu aussi accepter et refuser des projets et me “donner” au meilleur label.
Ensuite, mon dernier EP chez Fortwin-Records, c’est un truc qu’on avait prévu depuis longtemps avec le boss du label avec qui je corresponds régulièrement. C’est un passionné qui propose un travail très pro, il y a d’ailleurs des artistes très prestigieux qui sont signés chez lui. Du coup ce 6 titres c’était chez lui que je voulais le faire même s’il y avait d’autres labels qui étaient intéressés…

Sur quels labels aimerais-tu signer ? Pourquoi ?

Et ben bonne question… je t’avoue que j’aimerai vraiment bien signer chez Yin Yang Records, parce que c’est un label auquel je me suis toujours identifié, à qui j’ai déjà envoyé des démos où ils m’ont dit que le travail était très bien fait, mais que le style ne correspondait pas à 100% à celui du label. Du coup j’ai un peu de mal à les cerner des fois mais je vais y arriver un jour, c’est un peu mon petit challenge que je me suis fixé, j’espère y arriver… y’a pas de raison… Je sais que j’ai le niveau !
Sinon Drumcode (peut-être un peu ambitieux) mais je crois qu’il faut être chauve pour signer chez eux (Rire).
Sinon j’aime beaucoup le travail de Naked Lunch, Elektrax, j’aimerai signer chez Token Records, le label de Inigo Kenedy, mais c’est pas vraiment ce style de Techno que je produis actuellement, c’est par admiration de l’artiste qu’il est et de la musique qu’il compose aussi. C’est ce que j’appelle de la Techno de daron, je ferai ça quand je serais un grand garçon…
Je suis assez admiratif d’un mec qui arrive à faire un track où pendant 7minutes c’est toujours la même chose mais tu te fait jamais chier… ça demande une approche de composition hyper subtile, et dans mon esprit, il faut de la bouteille pour arriver à ça… ça demande de vraiment sentir les choses et d’avoir un feeling T&echno très fin, j’espère vraiment un jour verser dans ce genre de musique. Et certainement via l’analogique tiens !(Rire).
Pour finir Boyz Noize Records me botte bien mais je ne me suis jamais vraiment penché dessus. Je pense que le jour où je débarque avec un projet fiable et intelligent, je pourrais prétendre… ou pas…(Rire).

Quels retours sur tes productions as-tu des artistes de la scène ? Du public ?

J’ai la reconnaissance et le respect de mes pairs et c’était ça mon objectif premier. Ensuite les retours sont  positifs oui, ça me surprend même des fois. Parce que je suis bien conscient que ce que je fais n’intéresse que quelques initiés, mais quand des gros noms viennent me complimenter et que des labels que je suis depuis longtemps viennent me proposer des projets je trouve ça hyper flatteur et ça met du baume au cœur c’est sûr!
Après le retour du public est très bon également mais il me touche moins, tu sais pas toujours si c’est ta musique ou la drogue qui était bonne… Mais il m’est arrivé d’avoir de très bons compliments quand un consommateur me dit ça sonne pro, ou que mon beat bassline fait tomber les murs je kiffe. Mais quand un producteur réputé (ou non) me demande comment j’arrive à faire telle ou telle chose je bande encore plus. J’aime beaucoup quand on me dit, toi tu as fait une école d’ingé son, ça s’entend.
Mais je redescend vite sur terre t’inquiète, je suis lucide et je sais très bien que ce que je fais n’intéresse que moi comme j’aime à le dire…

Comment te positionnes-tu sur le débat entre l’analogique et le numérique ?

La vérité ? J’en ai rien à branler ! La musique c’est comme pleins de choses, il y a ceux qui en parle et ceux qui en font… Après comme je disais plus haut je pense que le numérique ne vaudra jamais l’analogique, mais qu’il y a des VST de plus en plus surprenant où la qualité est à s’y méprendre…
Mais c’est sur qu’un pied analogique ça reste un pied analogique, c’est inégalable je pense…

Développes-tu des prestations live ? Préfères-tu jouer en tant que liver ou Dj ?

J’y travaille ouais, mais c’est long et j’essaye de mettre ça sur pied avec d’autres artistes surtout. Avec mon pote Noise CtrL notamment, j’ai oublié de le citer celui-là aussi, mais accroches toi bien mon pote parce que lui aussi dans le genre pur producteur et mec qui transpire la Techno, ça se pose là !! Il a un feeling, il sent grave les choses, je l’adore, c’est mon papa, c’est en partie (voire surtout) à cause de lui que je fais ce que je fais, c’est une source d’inspiration permanente. Si je fais un truc que personne n’aime, mais que lui kiff alors j’en ai rien à foutre, je garde et je sais que c’est bon !
Mais cette histoire de live est un peu au point mort en ce moment, on manque de temps pour se voir lui et moi. Sinon on peut pas parler réellement de préférence. Il y a des qualités dans les deux. Mais c’est pareil j’ai un peu plus d’admiration pour un type qui fait du live que pour un mec qui mixe…

Les projets à venir ?

Il y en a tellement aussi… Mais là le plus concret c’est la Somatik, on vous prépare que des bombes avec Hertzman… J’ai un EP qui va sortir chez Physical Records, le label de Mik Izif et Midwooder, qui va sortir très rapidement avec des remix de Tawa Girl et de Noise Ctrl. Il y a aussi une sortie 4 titres prévus chez Basic Avenue Records aussi.  Sinon j’ai deux festochs de prévus au Sénégal et au Cameroun avec une bonne orga, un plateau bien fat… ça va être cool.
Un bon festoch en Juillet aussi en Auvergne dans un cadre magnifique avec la crème des crèmes des organisateurs de soirées. C’est le festival Stone Moon. Ces mecs-là sont vraiment adorables et passionnés. Ils ont une vision des choses en grand tout en conservant une certaine simplicité, c’est comme ça que je vois les choses sur cette scène qui tend à être de plus en plus superficielle, et ça fait plaisir !

Merci à toi pour toutes ces réponses, le mot de la fin ?

Ben merci à vous parce que je me suis rendu compte que ça n’intéressait pas que moi, il y a toi aussi donc on est déjà deux c’est cool! (Rire).
Sinon je voudrais m’excuser auprès de mon pote Gianni d’avoir pissé dans le couloir de sa boîte de nuit il y a un peu plus d’un an maintenant (rire) il comprendra…
Sinon pour le mot de la fin, j’hésite entre pantoufle et anorak, je te laisse choisir…
Et enfin une bise à tous ceux que me suivent, ma famille, mes proches, mes amis et ma p’tite Boston family.

 

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ParMarius Sergent

Nico Ortiz

Discussion avec un grand de la musique électronique Annécienne, Ex-résident du Macumba (1997 – 2010), Ex-résident du Pop-Plage (2010 – 2013), Ex-résident des Caves de Courchevel (2010 – 2013) directeur du Bowl (La Boîte d’Annecy) , directeur artistique du XNV festival et distillateur d’une Deep-Tech-House de grande qualité qu’il mixe le plus souvent à Genève (Les Voiles – Rooftop42 – Village du Soir) : Nico Ortiz !!!

Merci d’avoir accepté mon interview et peux-tu commencer par te présenter et ton parcours pour en arriver où tu en es ?

Hello à tous, je suis originaire d’Annecy (Haute Savoie), j’ai commencé en 1989 à l’âge de 17 ans en tant que pro, je fêterai mes 30 ans de deejaying en 2019 ! Je vous laisse faire le calcul sur mon âge avancé (rire) !!

Qu’est-ce qui t’as motivé à devenir Dj dans la scène électro ?

Je suis parti à Londres en 1988 dans le cadre d’un échange / correspondant, la vague House déferlait là-bas, j’ai assisté à quelques Sound system, et j’ai bloqué sur les deejays, j’en ai fait mon métier !!

Comment as-tu appris à mixer ?

Tout seul dans ma chambre (rire), il n’y avait pas d’écoles, quelques investissements de base et beaucoup d’entraînements !

Pourquoi as-tu choisi de mixer ce type de sonorités ? As-tu déjà mixé d’autres genres ?

Car je suis vraiment un amoureux de La House Music.
D’autres genres : oui bien sûr, quand j’étais au Macumba on jouait Techno Detroit, Electro pour la Zone Rouge…
Dans les clubs où j’étais résident j’ai joué plus Mainstream.
Minimale aussi quand je participai à La WMC entre 2008 et 2011.

J’ai eu le plaisir de t’entendre mixer (et c’était vraiment génial !!), quels sont tes petits secrets, quels sont tes petits plus sur scène ?

Mon secret n’en est pas un, il est logique : un choix musical homogène, une touche technique car le dj doit jouer la musique et un classement efficace des titres !!

Y a-t-il des lieux ou events où tu rêves de jouer, et quel est le lieu le plus incroyable où tu es joué ?

J’aurai aimé officier à Ibiza mais l’occasion ne s’est jamais présentée.
Le lieu le plus incroyable ou j’ai joué est à : Miami Beach, sur Ocean Drive, lors des Winter Conference entre 2008 et 2011

Comment es-tu devenu le directeur du Bowl ?

Je suis devenu Directeur au Bowl suite à l’entretien que j’ai eu avec Mr Faraglia le PDG du Club (rire) !
Non sérieusement, car je commence à avoir de l’expérience dans la Nuit je pense.

Comment choisis-tu les têtes d’affiche de tes soirées ? Des artistes que tu aimerais avoir dans tes soirées ?

Nous choisissons ensemble (avec mon D.A Michael Muret) les artistes qui pourraient éventuellement venir au club…
Cela devient difficile car les prix sont devenus inabordables pour les plus connus d’entre eux…

Quels sont les genres électroniques qu’on peut entendre dans les soirées du club ?

Clubbing, House, Tech House, Future Bass, Electro, Trap, Dirty.

Les projets à venir ?

Continuer à mixer, à me faire plaisir tout en faisant plaisir aux autres, me faire mes petits edits, quelques prods… et surtout bien m’occuper de ma petite famille.

Merci à toi pour toutes ces réponses, le mot de la fin ?

C’est moi qui te remercie, je remercie Gratien du BarBar Pub de nous avoir présenté l’un à l’autre !
Et Vive la Musique !

 

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ParMarius Sergent

20/03/2018 – Elektrovore & Friendz @ Le Barbar Pub (73)

Le Barbar Pub Ré-invite Elektrovore avec en Guest Lud’O. En résumé, une soirée qui va frapper !!!
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Après une 1ère prestation qui a laissé des traces , le crew revient au Barbar avec en prime lud’O pour vous faire décoller sur le son envoutant de la techno UNDERGROUND !!!
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Line Up :
Lud’O
Nours
Colo
Mapping :
Luigi
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En partenariat avec Interaktion Elektro Projekt
http://interaktion.fr/

ParMarius Sergent

Compilation Room 3 – Fortwin-Records

Retrouvez dès à présent la Compilation Room 3, sur le label Fortwin-Records !!
De la techno underground, avec des artistes à découvrir (Gregor Size, Roman Faero, etc…) et un esprit militant pour la musique qu’on aime : la Techno Qui Tape !!
A noter, 2 artistes de l’association y sont présent : Chicuss et Tiago

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ParMarius Sergent

04/03/18 | Fortwin rec @ Barbar Pub (73)

Fortwin records, label techno underground et minimaliste basé à Saint-Étienne, vous invite à venir taper du pied lors de son showcase du 4 mars 2018 au pub Le Barbar, dans la station Des Saisies en Savoie !!!

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ParMarius Sergent

Frost records

Ce nouveau label est encore peu connu mais il ne devrait pas le rester très longtemps car c’est celui de Comah, ce frenchy qui fait danser la planète au son de sa Minimal Progressive. Rencontre avec lui et Kev Trake, le Label Manager de Frost Records !

Salut et merci de nous accorder une interview, et avant toute chose, pouvez-vous vous présenter mutuellement et votre activité au sein de Frost Records ?

C : Salut, je suis Charly Corbin connu sous le pseudo COMAH et SLOWM en tant que DJ / Producteur et fondateur du label digital Frost Records.

Je gère la partie économique du label et forme, conseil, vérifie le travail du nouveau label manager que j’ai mis à la tête de Frost Records.

K : Moi c’est Kevin Gagnieux, nouveau label manager de Frost Records depuis 2 mois environ.

C’est moi qui m’occupe de la réception des démos, de signer les artistes, des réseaux sociaux, ainsi que la mise en ligne de la musique que nous signons.

Vous êtes aussi Dj chacun de votre côté, comment est-ce que vous réussissez à marier les deux activités ? Votre label vous permet-il d’en vivre ?

C : Entre le studio et les tournées, je me suis vite aperçu que j’aurai besoin d’un soutien pour développer mon nouveau label. J’ai donc fais appel à Kevin pour qu’on s’occupe ensemble de Frost Records.

Actuellement, les revenus générés par le label ne nous permettent pas d’en vivre car le label est encore très jeune. Mais nous travaillons activement à son développement.

K : DJ n’est qu’une passion pour moi, j’ai donc du temps libre à consacrer à Frost Records.

Comment est né Frost Records, et comment c’est passé votre rencontre ?

C : J’ai voulu développer une activité annexe aux miennes dans le domaine musical qui me permettrait de m’exprimer d’une nouvelle façon. J’ai donc décidé de lancer mon propre label pour signer des artistes innovants.

Je connais Kevin depuis plusieurs années, nous sommes des amis proches d’avant mes activités musicales et j’ai toute confiance en lui. Quand j’ai recherché un label manager, je me suis instinctivement dirigé vers lui.

Quel est la plus grosse partie du travail dans un label, quelle est une journée type ?

K : Réception et écoute des démos reçues sur notre mail label.frost.records@gmail.com, échanges avec les artistes, signature des contrats, promotion sur les réseaux sociaux, mise en place des releases sur les plateformes digitales, création des artworks …

Y’a-t’il des artistes que vous aimeriez particulièrement signer ? Quels sont vos critères de sélection ?

C & K : Nous n’avons pas d’artistes précis à citer, nous recherchons principalement des productions de qualités avant la notoriété qu’il peut déjà avoir.

Comment se passe votre collaboration, y a-t’il des directives claires ou les choses se font plus librement ?

K : J’ai carte blanche sur les démos reçues, mais je me fis toujours à l’avis de Charly en cas de doutes.

Des projets pour 2018 ?

C & K : Notre but est de continuer le développement du label. Depuis sa création en février 2017, Frost Records à généré plus de 250 achats et 326 500 streams. Nous sommes donc contents de cette première année et allons continuer sur cette lancée pour 2018.

Merci pour toutes ces réponses, le mot de la fin ?

C & K : Envoyez-nous vos démos !

Frost Records sur le net :

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ParMarius Sergent

Carton-Pâte records

Ce label grenoblois a su s’imposer en 5 ans comme l’un des plus importants de la région. Des choix forts, une ligne éditoriale sans compromis, distributeur indépendant, mettant en avant les artistes émergents, mais aussi organisateur de soirées et agence de booking : bienvenue dans le monde de Carton-Pâte Records.

Bonjour et merci d’avoir accepté mon interview. Avant toute chose, pouvez-vous nous présenter votre association, l’idée de départ et les moyens mis en œuvres ?

Alors Carton-Pâte Records est un label indépendant orienté musique électronique. En 2012 on a fait le constat qu’à Grenoble il y avait énormément d’artistes talentueux et que beaucoup d’entre eux décidaient de partir à Lyon ou à Paris pour avoir plus de visibilité et de pouvoir vivre de leur musique. Essentiellement car il manquait de structure pour aider à la professionnalisation des artistes à Grenoble. En 2013 on a donc décidé de créer C.P.Rec, pour permettre aux jeunes (et moins jeunes) artistes de s’exprimer et se professionnaliser. Il fût un temps où c’était le rôle d’un label indépendant.

Quelle est la réussite du succès, comment devient-on un label majeur de notre région ?

(Rire) Alors je ne sais pas si on est un label majeur de notre région, ça fait toujours plaisir à entendre mais on se considère pas de la sorte. Je pense qu’on aime ce qu’on fait, on aime la musique et surtout la partager. Le travail que l’on fait tout au long de l’année, par nos événements, nos sorties, et les artistes qu’on aide au développement, nous donne beaucoup de plaisir. On se prend pas trop la tête, on recherche aucun succès, je pense que c’est ce qui fait notre différence au final.

Aujourd’hui vous avez prit le pari de rester sur Grenoble, ça ne serait pas plus simple de se délocaliser sur Paris (ou New York, soyons fou…) pour augmenter sa visibilité et les chances de succès ?

L’essence même du label est Grenoble. On est vraiment très attaché à cette ville qui a une histoire niveau techno, surement l’une des plus riches de France sur cet aspect culturel. C’est sûre que pour la reconnaissance et pour certains projets, être à Paris serait plus facile, mais on a fait le pari de rester à Grenoble, notre terre d’origine. Après on se déplace souvent pour jouer, à Paris, Lyon, et même à l’étranger comme Montréal, Los Angeles, etc… Maintenant avec Internet tu peux être dans le fin fond de rien, dans un village perdu et avoir accès au monde entier.

Vous êtes autant label, que agence de booking ou organisateur de soirées, quel est le secteur qui fonctionne le plus, est-ce que ce n’est pas compliqué en terme d’image, est-ce qu’il n’y a pas de confusion ?

C’est une question très pertinente. Il y a quelques années, la presse nous reprochait de ne pas avoir d’étiquette. La presse française voulait pas parler de nous car on était pas estampillé label Techno ou House. A force de discussion avec certains artistes, ça nous a confortés dans nos idées : on sort ce qu’on aime, ce qui mérite d’être défendu. Peu importe le style, on s’en fou des étiquettes. Je suis pas sûr que Mute Records voulais une étiquette quand ils ont sorti Dépêche Mode, puis Apparat, puis Cold Specks par exemple. Ils ont juste voulu défendre une musique de qualité. Nous c’est pareil.

D’un point de vue de l’image, je pense que ça peut être compliqué pour certains de tout comprendre, après on a beaucoup de proximité avec le public, on pousse à ça, on discute, les gens comprennent au final.

Pour nous il est très important de professionnaliser les artistes, on s’occupe d’eux du moment qu’ils produisent dans leur chambre, jusqu’au moment où ils tournent avec 50 dates par an. Donc Label/Maison de disque + Booking + Promoteur de soirées sont trois choses qui se complètent beaucoup au final.

Quelle est votre vision aujourd’hui du monde des labels, et plus largement du marché de la musique électronique ?

Hum, je pense que l’univers de la musique indépendante en Europe est à l’image du monde d’aujourd’hui. Surtout pour la musique électronique qui n’a jamais été aussi populaire qu’aujourd’hui. Dans un sens c’est merveilleux, car on découvre tous les jours de nouveaux artistes aussi talentueux les uns que les autres. Mais la popularisation et la prise de certaines tendances par les major transforme un courant, qui défendais certaines valeurs, à quelque chose d’uniforme, triste et plat, qui rapporte beaucoup d’argent et qui donc s’éloigne totalement des valeurs de base que représente cette musique.

Je suis assez triste de voir des festivals comme Lollapalooza qui arrive en France ou I Love Techno qui font des pass a 80€ pour un soir avec des line up à rallonge. La question qu’on se pose tous : au final la musique elle est où ? On est bien loin de l’époque où l’on regardait vers l’avenir, à vouloir créer quelque chose de nouveau, de riche, émotionnellement et humainement parlant.

Quels sont selon vous les plus belles réussites de votre label ?

Je pense la plus belle réussite c’est que le label puisse exister. Il y a plein de choses pour lesquels on est assez fière, de chose que l’on a accomplies et construites, de rencontres que l’on a faite etc… Mais la plus belle de toute reste le projet C.P.Rec.

Avez-vous refusé des signatures d’artistes que vous regrettez aujourd’hui ?

Non aucune (rire).

Comment un jeune artiste peut intégrer votre label d’une manière générale, quels sont les critères de sélection ?

Alors avant toute chose il n y a pas de critère de sélection, n’importe quel artiste peux nous contacter. Il faut d’ailleurs. On écoute toute les démos que l’on reçoit et quand c’est pertinent on envoie des feedbacks et on rentre en contact avec l’artiste pour l’aider à développer son projet. De nos jours je pense qu’il ne faut pas se mettre de barrière, si on croit en son projet, il faut pas baisser les bras et le travail fini toujours par payer.

Les projets à venir, ou est-ce qu’on peut vous voir ?

Alors on attaque un tour de France, on va jouer dans des villes comme Rennes, Nancy, Metz, Le Havre, Rouen, Paris, Lyon, etc… En station aussi, le mieux est de regarder sur notre Facebook ou notre site Internet.

On travaille également sur de gros projets pour la rentrée 2018, plus d’infos prochainement :).

Merci d’avoir répondu à mes questions, le mot de la fin ?

Avec grand plaisir ! Prenez un chewing-gum Émile !

Carton-Pâte Records sur la toile :

ParMarius Sergent

Basics Avenue records

Dj et producteur, militant pour une techno résolument underground, discussion avec le boss du label Basics Avenue Records, Gregor Size :

Salut et merci à toi de nous accorder un peu de temps, peux-tu te présenter, toi et ton label ?

Greg, 20 ans de passion. Jamais j’aurais imaginé en arriver où je suis…
Avant on pouvait écouter toutes les soirées, les mixes et nouveautés électronique de chez soi à la radio ou à la télé, et ça me plaisait de voir ces Djs faire danser des milliers de gens.
J’avais trouvé ma vocation, je découvre le vinyle, je suis obnubilé par ce rond noir, je traîne chez les disquaires du coin! Je me suis vite aperçu qu’être Dj ça a un coût. Déterminé, j’arrive à mettre de côté pour me payer mes premières Technics, que j’obtiens qu’à partir de 1997, ce fut long ! J’ai tout appris du mix, seul dans ma chambre, c’était long, complètement à l’opposé de l’actu.
Je mixais principalement de laHard Techno, j’avais l’impression d’être un mec à part… Au bout de toutes ces années de mix ou mes oreilles ont pris cher, j’ai voulu goûter d’autres genre de musiques électronique, la House, la Tech-House, le Jumpstyle et aussi le Hardcore.
Je suivais le mouvement pour essayer de jouer devant un public. Après quelques petites sessions bars et soirées privées, j’avais fait le tour de tous les styles mais je n’arrivais toujours pas à passer les portes des gros clubs.
Naïf comme j’étais, le monde de la nuit m’a montré sa vraie face. J’en ai pris plein la gueule, aucune solidarité, des fausses promesses et j’en passe…
Déçu du monde de la nuit, je me perds dans la musique et je fais n’importe quoi pour plaire.
En fait, si t’avais pas de contacts, c’était mort pour être dans le Dj boot. Je commençais à saturer, je me posais des questions.
Puis en 2002, internet me montre le monde. C’est pas la musique la fautive, c’est les gens de la night. Là, ma motivation reprend du souffle et je m’entoure des bonnes personnes.
Je retourne à la case départ et retrouve mes racines Techno. Je décide de faire une pause mix  et je m’achète ma première Roland MC303. Là, je m’éclate à créer ma Techno pendant 2 années en oubliant le clubbing. En 2004, viens la MAO « Flstudio », toujours en solitaire dans l’ombre.
Je passe des heures à maîtriser mes logiciels avec presque rien, enfermé dans ma bulle jusqu’à temps que je réussisse à faire un truc potable, je rêve de sortir une plaque mais je reste patient.
Sous le pseudo MACGREGOR, je me fais un max de contacts, labels et d’amis sur le web.
Je fais écouter mes premières productions sans trop y croire… Je m’entoure de jeunes talents qui me boost, comme le collectif les ZIRIS (Marseille), avec qui ont à partagé nos sons, nos idées, nos expériences… Je ne les remercierais jamais assez…
Puis je rencontre Vincent R, un mec de ma région qui avait son petit label « Manza records », il mise sur moi et signe mon premier release en 2010. Une fois sur les plateformes digital, c’est l’effet boule de neige.
Je fais la connaissance de Nikkolas Research (producteur/remixeur). Il me fait monter d’un cran. Des labels internationaux s’intéressent à moi, Allemagne, Floride, Mexique, Espagne, Australie… J’enchaîne les releases et les remixes, je me retrouve sur la playlist Techno d’une Djette très prisée « Marika rossa ». L’argent ne tombais pas mais je m’en foutais, je prenais du plaisir pour une fois, j’étais fière et humble surtout. J’ai encore actuellement les mêmes amis dans la musique.
De là, j’apprends à maîtriser mon image, les réseaux sociaux et tous ses petits secrets pour être visible et, j’avoue, ma vie privée est mise de côté.
2011, je prends un coup de masse, je dois me battre contre un cancer ! Pendant 3 ans, la musique ne m’a pas lâché mais surtout aidé à surmonter cette maladie. Après un dur combat, je suis en rémission.
En 2014, je reviens, déterminé à continuer ma passion. Gros changement, Macgregor est noyé dans le flot d’informations  du net. Entre les bateaux, le golf, les acteurs, les anglais et deejays en tout genre, j’étais coincé dans la toile. De plus, je faisais trop de sons différents et je me suis aperçu que dans la Techno il y avait des codes à respecter.
Motivé comme jamais, je  prends la décision de recommencé à zéro, sans faire les mêmes bêtises de débutant. Je change de nom « Gregor size », je re-travail tout ; l’image, le marketing, la pub, les pages internet, la musique. Là, tu t’aperçois qu’un artiste de nos jours doit être polyvalent. En plus, je fais tout, sans l’aide de personne et c’est du taf !!! Avec de la chance j’ai réussi à faire la transition.
J’ai eu l’occasion de mixer en Belgique, Marseille, Montpellier, Lille… j’ai fait des radios locales aussi… Je ne pensais pas être aussi apprécié dans le sud et à l’étranger.
Je vie ma passion pleinement, tout en gardant la tête sur les épaules.
Je rejoins le label Manza Records de mon pote Vincent qui est devenu depuis [Basics avenue] avec la complicité d’un troisième artiste : Morgan Willis. On essai de mélanger les styles, mais avec tous les à coté qu’on avait chacun niveau musique, le label était de plus en plus à l’abandon.

Septembre 2017, je voulais créer mon propre label. Avec mes idées, j’en discute avec mes deux amis, et la Vincent me dit qu’il veut arrêter et prend la décision de me céder son label, j’étais heureux !!
Nouveau challenge ! Le label avec qui j’ai signé mon premier EP !! Alors j’ai dit oui et promis de faire perdurer le nom de BASICS AVENUE.
Depuis BAR est devenu un label bien spécifique Techno.

To be continued !

Comment es-tu rentré en contact avec la musique électronique ? 

Je vie dans la région frontalière entre le nord de la France et la Belgique, j’étais cramé de son : New Wave, Funk, Oldies, Rap, Dance… J’écoutais tout ce qui passait sous la main, la musique était mon pilier.
J’écoutais souvent la radio, les clubs belges proche de chez moi qui cartonnaient m’étaient inaccessible par manque d’argent et de voiture.
Pendant des années, ma petite chaîne hifi k7 était mon ami. Chaque soir, je mettais mon casque, j’écoutais les mixes et je fermais les yeux. J’y étais : l’évolution de la musique électronique avançait à grand pas et je ne voulais rien louper. J’enregistrais des k7 de mix que je décortiquais, des fois je m’amusais à mixer deux k7 ensemble (rire). Je pense que pas mal de gens ont eu la même expérience dans les années 90, ça bouillonnait grave !!
Des genres musicaux se créés, la House Music, la Newbeat, la Trance, la Techno, la Minimal….
Je me souviens d’un événement qui m’a marqué : en 97, je découvrais à la télé le festival Happyland à La Défense avec des artistes  comme Jeff Mills, Jack De Marseille, Green Velvet, Lady B ou Funky Data et tous ses géants de la Techno, House …
La Techno Parade, la Love Parade, les 10 Days, Pukkelpop, Carl Cox, Laurent Garnier, dj Sneak, CJ Bolland, Sven Vath, Juan Atkins, j’emmagasinais un max de musique…
J’en ai bouffé des heures de sons, jusqu’au jour où je me suis remué le cul et dit : c’est ça que je veux faire : Deejay.

 

Comment se porte la culture électronique près de chez toi ? As-tu le sentiment qu’il y a une scène locale spécifique ?

Alors, disons que depuis quelques années le nord et la Belgique ont perdu leurs années festives !
Fermeture de clubs, mairie et police plus stricte à cause des abus, fermeture tardive réglementée, budget sorties réduit, beaucoup privilégie les petites soirées à domicile ou économise toute l’année pour se faire un gros festival en Hollande… Les générations changent…
Beaucoup d’anciens Djs régionaux restent encore sur le coup avec leurs soirées rétro clubbing 90’s, ils restent sur leurs acquis, ce passé prestigieux ! C’est souvent la même playlist, mais bon faut avouer que ça marche toujours (anciens ou jeunes) , pendant que toutes l’Europe avance vers l’avant.
C’est mon point de vue !
La Deep-House, Tech-House restent implantées dans les bars et clubs bobo de la région. Certains se démarquent mais ils sont minimes. Le Jumpstyle, Hardstyle et Hardcore restent encore bien représentatifs des jeunes nordistes et belges.
La Techno dit underground à fait un bon chez nous depuis deux ans, voir trop ! On risque l’overdose !! Trop de soirées identique se suivent et ce, chaque week-end !! On va vite arrivé au bout.
J’ai assisté à des scènes Techno où l’on fait venir de gros artistes internationaux, qui font des festivals dans le monde à plus de 10000 personnes, et chez nous, on est 30 passionnés : je peux te dire que le mec ne reviens plus !!
Même le tecknival de Cambrai cartonne plus, pourtant il n’y a pas de gros Djs. Tout le monde se plein qu’il n’y a pas assez de bonne soirées et, le jour où quelqu’un fait un bon évent, il n’y a personnes. Faudrait nous dire ce qu’ils appellent  « bonne soirée ». On n’y comprend plus rien de toute façon…
J’espère que chez nous, la musique électronique va revenir sur le devant de la scène. Les fêtards sont toujours-là, alors les choses vont bien changer un jour… c’est juste que les autres pays ont moins de contraintes que nous je pense.

Bien sûr, il y a moyen de trouver des petites pépites, une petite élite passionnée de Techno persiste et continue à faire de bons rendez-vous tant bien que mal, comme MSE ou FANATEK qui font du bon boulot. Tu as aussi « les soirées EXPEDIT »qui sont pas mal, le NAME très connu, voir prochainement les nouveaux projets 2018 : le festival « LES DENTELLES ELECTRONIQUES » à Caudry (59).

Ou alors, faire 2 voir 3h de route pour aller chez les flamands. Eux cartonnes, ils ont tout compris : avec des événements de fou, des Djs, des lives, une solidarité en béton entre labels, artistes et orga, et du coup, ils ont les budgets.
Pendant ce temps-là nous restons spectateur tant qu’on ne sera pas solidaire. Mais internet nous permet aussi de pouvoir montrer que chez nous les nordistes et belges, nous avons aussi un noyau d’artistes et Djs qui veulent continuer à y croire et changer les mentalités.

Comment te positionnes-tu sur le débat entre musique électronique underground et commerciale ? Quel est ton point de vue sur l’EDM ? Les free-parties ?

J’évite, c’est une perte de temps !!! On à fait le tour de ces sujets des centaines de fois et c’est toujours les mêmes réponses !! À chaque fois, c’est le conflit ou l’insulte (rire).
Chacun campes sur ses positions, on dit n’importe quoi : il y a les Djs jaloux, les Djs blasés, les adeptes des Frees qui ont un dégoût des clubs parce qu’ils trouvent inadmissible de payer pour s’éclater. Ça part dans tous les sens. Les puristes du vinyle anti mp3, les anti Guetta parce qu’il gagne trop…
Bref, même les genres musicaux en prennent pour leurs grades ! On dirait des clans, alors qu’on est tous là pour la même chose : la musique.
Chacun ses goûts, Il en faut pour tout le monde et ne pas imposer, la diversité c’est bien aussi !!
Avec le temps, je suis moins dans l’agression et le jugement.
Désormais, je dis juste que ce n’est pas ma came (rire).

Quelle est ta vision aujourd’hui du monde des labels, et plus largement du marché de la musique électronique ?

C’est à double tranchant, difficile de se faire une place dans tous ces labels. Il faut se démarquer. Il s’ouvre un label tous les jours aux quatre coin du monde, donc on s’adapte. Internet a ouvert les portes de la distribution musicale accessible à tous dans le monde entier. C’est génial ! Mais aujourd’hui, tout le monde veut faire du son ou créer un label sans en connaître le fonctionnement, limite comme un jeu, en pensant gagner le jackpot. J’en ai vu passé des pseudos artistes, faire du son pendant un an et arrêter. C’est des heures de malade pour presque rien. Si t’as pas cette flamme en toi, tu lâche l’affaire !! Ce qui est cool, c’est qu’on voit émerger de super talents qui n’auraient peut-être pas percé si les choses n’avaient pas changé.
Moi je me régale, j’arrive encore à être surpris et même frissonner… Le fait est que sur 100 titres, t’as 20% qui te foutes le frisson, 40% de déchets non fini et 40% de titres bourrés de samples réutilisés des dizaines de fois sur d’autres prods (du copié collé quoi). Les mecs arrivent à signer 10 titres en 2 jours, privilégient la quantité à la qualité !! C’est pas ma devise !! Le catalogue musical est tellement gigantesque qu’on doit écouter des heures de son pour faire une playlist originale. T’as l’embarras du choix ! À l’inverse tu as de supers titres ou albums qui passent à la trappe, tellement il y a de tracks. C’est les bons et les mauvais côtés du système. Moi, ça m’a permis d’en arriver là où j’en suis : donc je suis plutôt satisfait !! La nouvelle génération à tous les outils pour produire, si j’avais pu avoir ça a mon époque, j’aurais perdu moins de temps.

Quels sont tes attentes vis-à-vis des artistes que tu signes ? Quels sont tes critères de sélection ?

J’ai cet avantage d’être des deux côtés. Je signe mes sons et je signe les autres pour mon label, donc je me mets à leur place… Je sais le plaisir qu’aurait un producteur de musique à gagner un minimum le fruit de son travail pour se payer du matériel ou autre. C’est normal. Je ferai mon maximum pour eux, on sait jamais ce qui peut arriver ! Un track qui explose les charts… Je marche à la confiance, la passion, voir une certaine amitié ? Créer cet esprit de « family ». Je serais le plus ouvert possible à tous, l’entraide c’est génial. Je réponds à tout ce qu’on me propose. Le mec qui pense qu’à sa petite personne, exigeant, limite chiant, qui privilégie sa pseudo carrière et l’argent à sa musique, n’a pas sa place sur mon label, même s’il a fait un super track, ça pourrit l’ambiance. Heureusement, pour le moment ça ne met pas arrivé ! « La musique doit rester la priorité », dès que ta cassé cette confiance, c’est dur de continuer à bosser ensemble. Chez Basics avenue, je mets tout le monde au même niveau ! On fait tous du son, on se prend pas la tête !! Nous ne sommes pas des stars !! On se fait plaisir !! Je suis toujours à l’affût du talent caché : je serai content d’avoir permis à un jeune talent de devenir un grand artiste. Je recherche essentiellement de la Techno dans toutes ses variantes. Le son qui me titillera les tympans, je marche au feeling : Excites mon oreille et t’as gagné !!

Quels est la journée type d’un patron de label ?

Seul c’est hard !! Je m’attendais pas à autant de boulot : un bon café et c’est parti ! J’ai des amis qui me crée des vidéos-clips de qualité quand ils ont du temps libre, il m’aide à la promo alors qu’ils ne sont pas obligés. Mais plus ça partage, mieux c’est. Lire mes mails sur mes 3 adresses : perso, artiste et label. Ecouter les promos d’autres labels que je reçois, suivre mes anciens EP et sortie Beatport, faire de la pub, mettre à jour les pages du label, Facebook, Google, site Wix, YouTube et Soundcloud. Et on rajoute : mes pages perso Gregor Size qui a en plus Instagram, Tweeter, Mixcloud, Hearthisat, Bandcamp ,Beatportdj… Je ne dois pas laisser mes pages (off), sinon on disparaît plus vite qu’on est arrivé. Exemple : je viens de sortir une compilation de 22 artistes : réceptionner les 22 tracks, écoute, mastering pour certains, valider le tout chez mon distributeur pour avoir les dates de lancement, remplir les infos complètes de chaque artistes, photo x22 sur le site du distributeur, vérifier si il n’y a pas d’erreur, créer avec un logiciel la pochette de la compilation, envoyer des contrats à ceux qui en veulent, faire de la promo, alimenter mes pages… Finir mes tracks perso ou des remixes en même temps, quand je peux… Répondre à mes contacts, mes mixes en live, les radios parfois… Chasser des artistes sur Soundcloud pour mes prochaines sorties 2018… Je m’occupe aussi de ma fille de 10 ans, ma vie de couple… J’écoute aussi un peu de Rap Us Old-School pour ne pas saturer (rire) !

Quels sont, selon toi les plus belles réussites de ton label ?

Pour le moment, en 4 mois, je n’ai pas encore de réussite ! Je vous dis ça dans 1 an ou 2 (rire) !!

As-tu refusé des signatures d’artistes que tu regrettes aujourd’hui ?

NON, j’ai pris le culot de tenté d’obtenir la participation de pas mal d’artistes côté de la scène techno mais, soit ils ne répondent pas, soit, ils coûtent un bras ! Je ne peux me permettre d’acheter leurs tracks entre 200 et 500 euros, voir plus !!! Je préfère laisser la place à un jeune talent méconnu qui est motivé !!

Quels sont les projets à venir ?

3 releases en préparation pour Janvier et Gregor Size qui va sortir un EP chez les anglais, avec de bon remixeurs Techno et Drum’N’Bass de là-bas. Je peux rien dire de plus (rire) !

Merci pour toutes ces réponses, le mot de la fin ?

J’ai parlé avec le cœur, c’est la première fois que je raconte ma life. Vivez vos rêves, moi je vie les miens !

Les liens pour continuer la découverte :

Basic Avenue Records :

Site

Facebook

Beatport

Youtube

Contact

Gregor Size :

Bandcamp

Facebook

Soundcloud

Hearthis

Contact

ParMarius Sergent

Disturbed Traxx

Compositeur engagé dans le style, un côté punk assumé, des signatures avec des labels prestigieux, bienvenue dans le monde de Steph Aka Disturbed Traxx :

Déjà merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions et avant tout, peux-tu te présenter ?

Bah merci à toi pour l’invitation.
Bonjour, je m’appelle Steph, j’ai 37 ans, originaire d’un village près d’Avignon et je suis producteur de musiques électroniques et live performer sous le nom de Disturbed Traxx depuis 2001.

Si je ne dis pas de bêtises, t’as eu ta période punk et du coup, quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ?

(Rire). Oui complètement ! J’ai eu ma période d’anarchie capillaire à grands coups de musique aux guitares saturées sur des textes, des fois, pas très intelligents…
Et cet héritage se ressent sur mes compositions, qui sont souvent des accords « barret » de guitare.
Mes influences viennent de plusieurs groupes et artistes qui m’ont bercé pendant toutes ces années, qui raisonnent encore dans ma tête et dans le studio, et qui sont entre autres: les Clash, les Sex Pistols, Radiohead, Nirvana, Korn, NIN, Manson.
Des groupes et artistes qui m’ont donné cette passion de la musique.

Peux-tu citer 5 tracks (ou albums) qui t’ont particulièrement marqué en musiques ? Quels souvenirs te ravivent ces tracks/albums ?

Alors en :

  1. The Offspring – Genocide (Epitath – 1994), découverte du punk et grunge dans la cave d’un ami.
  2. Nirvana – Breed (DGC – 1991) : premiers accords sur une pauvre guitare sèche qui n’avait que trois cordes.
  3. Metallica – Ride The Lightning (MegaForce Record – 1984) : découverte du mélange entre la  mélancolie et l’agressivité (j’adore).
  4. Marylin Manson – Portrait Of An American Family (Nothing Record – 1994), c’est là que j’ai découvert que je pouvais transformer ma guitare en son de synthé avec un bon pédalier.
  5. Trent Reznor qui est pour moi un putain de génie de l’écriture et de la composition, qui impose le respect, même s’il sort des bas-fonds du rock alternatif underground.

Et j’ai un :

6. qui est Justice – Water Of Nazareth (Ed Bangers Record – 2006), qui m’a fait ralentir le BPM pour commencer à composer de l’électro trash techno.

Comment es-tu rentré en contact avec la musique électronique ?

Bah disons que la vie de groupe c’est compliquée… je commençais à me lasser… puis, c’était en 2001, un samedi soir, je me suis retrouvé dans une soirée où jouaient « Cristal Distortion » et là je me suis dit: « lui il a un groupe tout seul !!» Puis le week end d’après j’étais de nouveau en soirée pour écouter Dj Rykkk’s et là, c’est la révélation !
Je suis rentré, j’ai vendu mon ampli Valvestates, mon pédalier multi effets et j’ai acheté une « rm1x » (synthé, boite à rythme, séquenceur) et me voilà à écrire de la « Techno Tribe ».
Derrière, j’ai contribué à créer un sound system et j’ai commencé à me produire en rave party.

En tant que producteur infatiguable, comment puises-tu ton inspiration pour composer ? Quels sont tes influences en matière de production ?

 (Rire). Si si, je me fatigue tout seul et dans tous les sens du terme.
Pour l’inspiration, c’est par cycle en général. Il faut surtout que je sois en très bonnes conditions mentales, et c’est grâce à tout ce qui se passe dans ma vie et les personnes avec qui je la partage qu’elle vient.
Quant à mes influences, elles sont puisées en partie dans la musiques rock, punk, métal, pop que j’écoute avec, entre autres, les groupes et artistes que j’ai cités précédemment, et dans le coté électro, ce sera plutôt sur du Boysnoize, Justice, Sebastian… et j’en oublie…

Tu as signé auprès de nombreux labels comme Junky Robot ou Chapati Express pour ne citer qu’eux, et du coup, comment se passe la collaboration avec les labels sur lesquels tu as signé ? Que t’apportent-ils dans ta carrière d’artiste ?

Pour ce qui est de la collaboration avec les labels, j’avais déjà monté mon propre label, Mystik Rec, où l’on avait déjà produit 2 séries de vinyles. C’est de là que j’ai pu commencer à me faire entendre et à me produire sur la scène underground techno…
Après, cela s’est fait par de bonnes rencontres qui ont écouté mon travail et m’ont fait confiance en me demandant un remix. Puis Chapati Express m’a contacté, et Junky Robot, et ainsi de suite…
Après, je sais pas si on peut appeler ça vraiment une carrière, mais ils m’ont permis d’être entendu, écouté, et ils m’ont apporté la visibilité et de nouveaux réseaux de contact et je les en remercie…

Quel matériels et logiciels possèdes-tu dans ton home studio ? Recherches-tu des spécificités techniques particulières ?

Alors j’ai deux parties dans le studio, compo et live.

Pour la compo, j’utilise Imac I5, 3,0ghz, en double écran, une interface audio Motu 10 entrée/10 sorties, un clavier midi, une reverb et un multi effet hardware. Le studio est entièrement traité pour l’acoustique, il est équipé en monitoring HS7 et HS8 Yamaha. Je recherche un grain et des sonorités qui me correspondent, et pour ça, je crée des patch de synthétiseur puis je les passe dans mon hardware pour les ré-échantillonner, les boucler, les découper, les tordre dans tous les sens, jusqu’à trouver le bruit ou le son que je cherchais. C’est ce qui fait un peu ma patte.

Pour le live, j’ai opté pour l’efficacité sur scène et le côté pratique pour le transport. En prestation je tourne avec un macbook, la même interface audio que pour la compo, câblée en sortie séparées pour rentrer dans une Allen&Heath zedi10. Le tout piloté avec un contrôler Vestax VCM600. Avec cette config, je peux maitriser chaque clip/loop du set live et agir à n’importe quel moment pour pouvoir mélanger les pistes et boucles de chaque morceau entre elles. Je m’amuse, le public aussi, et c’est très efficace sur le dancefloor (Rire).

Enfin, pour les logiciels, je travaille exclusivement sur Ableton live et des VST comme le Sylenth, Sérum, D16Group, Wave, Plugalliance…

Travailles-tu seul ou en collaboration ?

Alors en général je travaille seul, déjà parce que je suis très dur en studio et je manque de patience parfois…
Ensuite ça m’arrive de faire des co-productions avec d’autres artistes et des remix, le travail à distance est devenu beaucoup simple avec internet pour les transferts de fichiers et projets.

Pour toi, c’est quoi un bon producteur en musique électronique ?

Euh… C’est quelqu’un de passionné avant tout, créatif, innovant, et qui va trouver LA séquence, LE sound design qui te met les poils!!
Quelqu’un qui n’a pas besoin de se formater à ce qui fonctionne pour produire de la qualité !

Quels sont tes projets à venir ?

Mes projets à venir ? J’attends quelques propositions de labels car j’ai quelques tracks de côté, j’ai aussi un morceau assez Oldshool Techno qui devrait voir le jour sur un ep Junky Robot (en digital) et mon ami Gotek m’a contacter pour refaire un featuring pour un nouveau label techno italien « ULTRA WILD »
Donc pour 2018 il y aura encore et toujours plus de son !

Encore merci pour le temps consacré, et le mot de la fin ?

Merci à vous pour cette invitation et pour l’investissement de votre part, pour nous faire entendre, pour nous faire découvrir et exister.
Le mot de la fin est une phrase de producteur qui m’a été soufflée un jour, qui veut dire, en gros, que nous ne sommes jamais totalement satisfaits de notre travail et qu’il est toujours ancré dans notre tête.

    THE DRUM IS GOOD BUT…

Retrouvez Disturbed Traxx sur le web :

ParMarius Sergent

Compilaktion C17 (Basics Avenue records)

Deux membres de l’association, Chicuss et Tiago, se retrouvent sur la Compilaktion C17 sur le label Basics Avenues Records. Cette compilation qui rassemble 22 artistes, est taillée dans un bloc de techno underground et rythmée. Idéale pour les fêtes de fin d’année ! 😎

Tiago – Magma (Original Mix)
Chicuss – Elypse (Original Mix)

ParMarius Sergent

Sliaaz

Après l’interview de Yousk, rencontre avec Sliaaz, Dj et membre du collectif A-Nîmé, qui se représentera au Paloma de Nîmes le jeudi 23/11/2017 pour les ; maintenant célèbre ; Apéro-Techno :

Merci de prendre le temps de répondre à mes questions et avant toute chose, peux-tu commencer à te présenter ainsi que ton parcours ?

Mon nom est Priscillia Colas, alias Sliaaz, je suis originaire de Corse, native d’Ajaccio… J’ai toujours été passionné de musique au plus loin que je me souvienne… Petite, je passais énormément de temps à écouter de la musique plutôt que de regarder la télé… les dessins animés ; c’était pas trop mon truc !!
A l’adolescence, j’ai appris à jouer de la guitare, avec laquel j’ai eu beaucoup de facilité et qui m’a permise d’évoluer très vite… J’avais 17 ans !
Je ne viens pas d’une famille de musicien, j’ai toujours été un peu un extra terrestre pour eux mais, au plus loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu travailler dans ce domaine. Il m’a juste fallu un peu plus de temps pour enfin trouver ma voie (sourire).

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ?

D’où me viens cette passion ? Peut être du plus profond de moi même, ou bien de mon père. Je me souviens qu’il écoutait beaucoup, beaucoup, beaucoup de musiques tout le temps, partout. Beaucoup de Rock comme ACDC, Iron Maiden, Gun’s and Roses, Pink Floyd ou même encore Bob Marley… Je crois qu’il doit avoir tous ses albums (rire).
Et de mon oncle (peut-être), très mordu de Disco et de Funk…

Comment se porte la culture électronique près de chez toi ? As-tu le sentiment qu’il y a une scène locale spécifique ?

Elle se porte plutôt bien, il y a moins de gros évènements en hiver dans le sud, mais beaucoup de petits évènements portés par des collectifs et c’est plutôt cool. Tels que les Capricieuses, Le festival Dernier Cri, les Apéros Techno d’A-Nîmé, les soirées au Rockstore, l’Antirouille, le Dieze, le PZ, etc.
Il y a toujours quelque chose, même si la Villa Rouge a laissé un manque pour beaucoup, on reste dans une région toujours plus active, sans oublier la saison d’été avec une multitude d’events pour tous les gouts…

La question classique mais qu’on se pose tous, d’où vient ton nom de scène ?

Alors Priscillia, Sliaaz, je sais pas, ça m’est venu assez naturellement en fait… c’est comme un diminutif sur lequel j’ai rajouté un Z tout simplement (rire).

Comment as-tu appris à mixer ?

Avec des platines ! (rire). En regardant les autres, en passant du temps à apprendre, regarder, écouter ! Cut Killer a été le premier a m’influencer, j’ai longtemps été branchée Hip Hop.

Quels artistes ou labels ont influencé ta conception du mix ?

Laurent Garnier, qui pour moi, possède une maîtrise du mix incroyable, Solomun et Claptone.
Puis les labels Hungry music, Labo T, et bien évidemment Way of House qui ont été pour moi un déclencheur sur mon identité musicale. Et aussi, je ne peux pas ne pas mentionner Greg Delon, qui m’a donné une autre vision, une approche beaucoup plus éclectique que ce je m’étais appropriée au départ.

Comment fais-tu pour créer un set ? Es-tu plutôt du genre à tout bien préparer à la maison ou tu es plus sur l’improvisation ?

Un peu des deux en fait, je prépare plus ou moins la direction que je vais donner a mon set mais il y a beaucoup d’improvisation en règle générale, car on ne sait jamais devant quel public on va se retrouver, et comment le public sera réceptif à notre musique. On ne peut pas vraiment tout prévoir à l’avance. J’aime m’adapter au mieux tout en gardant mon identité musicale.

Tu mix sur quels matériels, vinyle, MP3, logiciel informatique ?

Mon set-up favori est de jouer sur des Pioneer CDJ 2000 nexus & Table DJM 900 nexus (en USB sous Rekordbox).

Peux-tu nous raconter ta première expérience de mix en public ? Qu’est-ce qui a changé depuis ?

Ma 1ère expérience (rire). J’en rigole aujourd’hui mais j’étais tétanisée, pour le coup j’avais préparé mon set à la loupe.
Depuis j’ai parcouru bien du chemin et me suis rendue compte du public différent et des aléas devant lequel on pouvait se retrouver à chaque fois. M ême si je le voulais aujourd’hui, je ne peux plus préparer mon set comme j’ai pu le faire pour ma première fois. Et bien que chaque prestation, qu’elle quelle soit, m’envoie un taux de stress incommensurable, dès le premier morceau, le plaisir prend place !

As-tu une résidence ? Comment procèdes-tu dans le démarchage de tes soirées ?

L’été, vous pouvez me retrouver au Sun Beach Paralia (Cap d’agde), et cet hiver au 1789 Bar Lounge à Montpellier.
Puis j’ai la chance de faire partie d’A-Nimé comme vous l’avez souligné, mais aussi du réseau de Greg, qui me permet de travailler directement avec le réseau de Way Of House et les DA qu’ils gèrent…et me donne l’opportunité de jouer dans pas mal de soirées et de lieux phares de la région comme le Bistronôme à Nîmes, le Victor Hugo, le Festival A-Nîmé, la Voile Rouge à Narbonne Plage, les Pieds Nus, le Clos, la Villa Rouge (à l’époque)…

Quels sont tes projets à venir ?

La sortie d’un Ep (rire) et puis pourquoi pas une résidence à Ibiza, une tournée internationale, un b2b avec Solomun…. Il parait qu’il est bon de voir grand (rire).

Encore merci et le mot de la fin ?

Merci à toi déjà et j’espère à bientôt… pour ne pas dire Fin (rire).

 

Retrouvez Sliaaz sur le web :

Facebook: Sliaaz
Twitter: Sliaaz
Mixcloud: Sliaazdj
Soundcloud: Sliaazdj
Instagram: Prissliaaz

ParMarius Sergent

Tekbu

Avant de retrouver Tekbu sur scène ce Jeudi 23 Novembre au Gotham Club sur Lyon, rencontre avec cet artiste Dj, producteur et ingénieur du son au sein de son entreprise Octopus Sound :

Salut à toi et merci d’avoir accepté mon invitation ! Peux-tu commencer par te présenter toi, tes activités et ton entreprise ?

Salut, moi c’est Nicolas Mahier alias Tekbu_FLP. Depuis tout jeune, je suis passionné de musique… j’ai commencé par apprendre la guitare et le solfège quand j’étais en 6ème et je suis ensuite passé à la basse pour intégrer un groupe avec des amis.
J’ai découvert la musique électronique a peu près à la même époque (6ème), mais ça ne fais que 8 ans que j’ai commencé à produire de la musique électronique. Ensuite, au lycée c’est posé la question de l’avenir et, soutenu par ma mère, j’ai décidé de me lancer dans ma passion : la musique et le son !!
J’ai donc fait un bac SSI (spécialité science de l’ingénieur) qui m’a apporté beaucoup de connaissances niveau physique, électronique, électrotechnique et mécanique. Ensuite je me suis dirigé vers une école audiovisuelle, l’Arfis à Villeurbanne, où j’ai obtenu mon diplôme d’ingénieur du son et technicien du cinéma. À la sortie de l’école j’ai essayé d’être intermittent mais je n’ai pas réussi, j’ai donc ouvert mon entreprise.
Et depuis ça marche plutôt bien car je travaille dans tous ce qui touche de près ou de loin au son (prestation de tout type, location, réparation, vente, formation…).

As-tu monté des associations ou fais-tu parti d’associations en musiques électroniques ? Quel rôle y as-tu joué ?

Alors je n’en ai pas monté mais je fais parti de l’association « Tape du Pied » en tant que Dj et je travaille également avec elle en tant qu’ingénieur son quand il y a besoin (prestation avec système son). Je m’occupe aussi de gérer le côté technique avec les artistes que l’on invite et parfois je m’occupe de trouver des artistes à booker pour nos soirées.

D’où vient ton nom de scène ?

Mon nom de scène vient de mon surnom “Buche” car on me dit souvent que je ressemble à un bucheron ou une bûche (rire), ça doit être en parti à cause de la barbe (rire) et de mon amour pour la Techno en tout genre. Donc la contraction des 2 à donner “Tekbu”.

As-tu une résidence ? Comment procèdes-tu dans le démarchage de tes soirées ?

Alors non, je n’ai pas de résidence. Pour le démarchage des soirées, c’est soit l’association ou d’autres associations qui s’en occupent ou alors des organisateurs me contactent pour que je joue dans leurs évènements. Au début c’était pas facile mais maintenant je commence à me faire un nom et je joue régulièrement.

Quels sont tes petits plus sur scène ? Aimes-tu prendre des risques ?

Mes petits plus sur scène, j’essaye de proposer des lives qui sortent de l’ordinaire. Et oui, j’aime prendre des risques en testant de nouvelles configurations, comme par exemple faire un live en contrôlant mon ordi à distance avec une tablette et du coup jouer dans le public. Au début ça surprend, les gens se demandent où est le Dj mais une fois qu’ils comprennent, ils hallucinent et ça met une sacré ambiance. J’aime aussi prendre des risques en testant des nouveaux sons.

Tu es aussi un producteur, quelle est ta philosophie, ta conception de la production ?

Pas facile comme question, je dirais que le principal, c’est de raconter une histoire dans sa musique et de le faire bien.

Lorsqu’on va farfouiller sur ton Soundcloud (lien ci-dessous), on se rend compte que tu es un touche à tout et que les genres sont très variés. Comment décides-tu du style que tu vas créer, quels sont tes motivations ?

Ça dépend de pleins de choses. Parfois après une soirée où j’ai entendu un certain style, je vais me mettre à produire dans ce style. Sinon ça dépend de l’inspiration et des émotions du moment. Pour ce qui est des motivations, c’est pouvoir faire ressentir quelque chose au public et faire passer des émotions, raconter une histoire, qu’il y ai un échange entre ceux qui m’écoutent et moi.

Quels sont les petits trucs que tu aimerais encore améliorer dans tes productions ? Des choses que tu aimerais essayer ?

Il y a toujours des petits trucs à améliorer dans mes productions, quand on est perfectionniste on trouve toujours à redire.
Après ça dépend pas mal du style et de ce qu’en pense ou comment réagit le public. Bien souvent après une soirée où j’ai joué, je vais vouloir modifier quelques passages d’un de mes lives car je me suis aperçu en le jouant que certaines choses ne fonctionnaient pas. Sinon, j’aimerais bien essayer d’explorer de nouveaux styles et faire des tracks avec d’autres artistes, c’est comme ça qu’on progresse le plus et qu’on apprend de nouvelles choses.

Développes-tu des prestations live ? Préfères-tu jouer en tant que liver ou Dj ?

Oui, je ne fais quasiment que du live, donc je développe ce genre de prestations. Comme je l’ai dit avant, j’essaye d’apporter une touche d’originalité. Par exemple, j’ai un live avec un ami (Ness_FLP) ou je joue de la Trance Prog et lui, par-dessus, joue de la batterie électronique et des percussions en live.
Après, c’est difficile de répondre à la deuxième partie de la question, ça dépend du style et de la prestation. Je suis aussi Dj pour des rappeurs (Eurêka et Tonton Joker NDLR), donc ça n’a vraiment rien à voir avec les soirées Electro et ce n’est pas le même plaisir.
Donc je dirais que je n’ai pas vraiment de préférence, même si c’est toujours très plaisant de jouer ses propres créations.

Tu as créé la société Octopus Sound, quel a été la volonté première et comment t’en sors-tu dans une branche aussi difficile que l’industrie musicale ?

La volonté première quand j’ai créé mon entreprise, c’était de pouvoir bosser en toute légalité en faisant ce que j’aime, sans pour autant faire tout le temps la même chose.
Comment je m’en sors? Et bien j’ai travaillé dur sans forcément compter les heures et comme c’est aussi une passion, je me documente tout le temps pour apprendre de nouvelles choses. Au début c’était pas forcément facile, mais maintenant je me suis fait une réputation et un réseau donc je m’en sors plutôt bien. En fait le truc c’est qu’une fois que les gens voient que tu bosses bien, ils te reprennent et n’hésitent pas à en parler autour d’eux.

Tu as de nombreuses activités au sein de ton entreprise : prise de son, mixage, mastering, sound design, etc… Laquelle préfères-tu et laquelle est la plus intéressante pour ton business ?

Encore une fois c’est une question difficile, je crois que j’ai pas vraiment de préférence parce que ce que j’aime justement c’est la diversité. Si vraiment je devais choisir, je dirais que j’ai un petit penchant pour la sonorisation d’événements en tant qu’ingénieur du son. C’est la partie la plus intéressante pour mon business car c’est là que je me fais le plus de nouveaux contacts et aussi de clients potentiels. Je vais pas le nier c’est aussi ce qui me rapporte le plus d’argents jusqu’à maintenant.

Quels sont tes projets à venir ?

Beaucoup de projets à venir, autant au niveau de la musique qu’au niveau de l’entreprise (rire). Mais je dois garder le silence pour le moment car il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.
En tout cas ce qui est sûre c’est que ce n’est pas demain la veille que je vais arrêter de faire du son ou arrêter mon entreprise (rire) !!!!

Merci pour toutes ces réponses, le mot de la fin ?

Déjà merci à toi pour l’interview, merci aussi à tous ceux qui m’écoutent et me suivent.
Et puis j’espère que l’aventure continuera encore longtemps !!!! Pour moi la musique est vitale donc j’espère ne jamais devoir m’en passer et continuer à faire ce que j’aime (rire) !!!!

On the Web :
Tekbu :        Facebook | Soundcloud | Bandcamp
Octopus Sound : Facebook | Site
Soirée Back To The Rave du 23/11/17

ParMarius Sergent

Elektrovore

En marge de la Halloween Party, rencontre avec Sylvain, plus communément appelé Nours, militant de la fête libre et fondateur de l’association Grenobloise Elektrovore.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, peux-tu te présenter ainsi que ton association et ses activités ?

Moi c’est Nours, 42 ans, auto-entrepreneur, président de l’association Elektrovore composée de 4 potes (Noizaddict-Head, Luigi, Colo, et moi-même). Notre but est de promouvoir les musiques électroniques actuelles par tous les moyens possibles mais aussi de favoriser l’interconnexion des artistes et des associations locales.

Quelle est ta vision de la free-party ? Comment as-tu connu ce mouvement ? Pourquoi es-tu devenu aujourd’hui un acteur majeur de de la fête libre ?

La teuf, c’est d’abord la réunion de personnes accros au même genre de musique, à un certain niveau sonore et à une certaine liberté. J’ai connu la free à mon retour de l’armée : c’était le jour de l’an 1999 dans un hangar vers Toulon mais je n’ai pas vraiment profité du son. Quelque temps après, je suis allé à une teuf dans l’Ain et là boum : révélation musicale ! Depuis, ça ne me lâche plus, la musique fait partie de moi ! Je ne pense pas être un acteur majeur car seul, je ne ferai rien : c’est plus un délire collectif. Je suis un passionné : j’aime voir le sourire des gens devant un bon set, sur une bonne façade. Nous avons encore de la bonne musique à faire écouter aux gens et c’est pour ça qu’on se bouge autant.

Milites-tu pour une cause particulière au sein de la culture électronique ?

Non, pas spécialement.

Comment te positionnes-tu sur le débat entre musique électronique underground et commerciale ? Quel est ton point de vue sur l’EDM ?

Je ne crois pas qu’il y ait matière à débattre. La musique te “touche” ou pas ! Pour ma part, je ne suis pas adepte du style EDM car la construction, les mélodies, les vocaux utilisés ne me font pas voyager quand je ferme les yeux (ceux qui savent me comprendront). Je ne prétends pas avoir tout écouté dans le style mais en général c’est pas mon truc. Cependant, vu le nombre de personnes qui se rendent chaque année dans les festivals de ce style, il me semble que l’EDM a encore de beaux jours devant elle. Même si je ne suis pas adepte, j’ai du respect pour le travail fournit par les DJs.

Les dernières soirées organisées se sont faites avec d’autres collectifs (Balek Family, Malbarés, Revol-T…) : comment se passent les collaborations inter-asso ?

Nous sommes tous des potes amoureux de la même musique et avec la même idée de ce que doit être une bonne soirée. A partir de là, la collaboration se fait presque intuitivement. On va tous dans la même direction. Pure son, façade bien réglée, bonne ambiance, un bon site, le pied quoi !

Comment choisis-tu les lieux où tu organises tes soirées ?

La première chose à laquelle on pense, c’est la sécurité des participants. Ensuite on cherche un lieu assez éloigné afin d’éviter toute nuisance sonore pour les riverains. Le jeu étant bien sûr qu’aucune plainte ne soit déposée.

Quelles valeurs diffuses-tu à ton public dans tes soirées ?

Le respect de soi et des autres, le partage.

Quelle place accordes-tu à la prévention santé dans tes soirées ?

Disons que nous devons être mieux organisés car pour l’instant, nous avons rarement eu un stand de prévention sur nos soirées.

Quels sont les genres électroniques diffusés dans tes soirées ? Comment s’organise le line-up ?

Le Line-up c’est l’enfant terrible, il veut jamais se laisser faire (rire). Le top, à mon goût, c’est de faire monter la pression jusqu’au lever du jour pour repartir tranquille avec le soleil. On essaie de faire en sorte que ça se passe comme ça… Pour la musique, on peut entendre de tout : ça dépend des DJs.

Quels sont tes projets à venir ?

Plein de projets sont ouverts mais pour l’instant, on ne va rien dire. Stay connected…

Ton mot de la fin ?

Rave on 😀

Poussez l’aventure encore plus loin sur le web :

ParMarius Sergent

Resaca Production

Patron de Resaca Production, organisateur des soirées Zodia, [dont la prochaine se déroule le 13 Octobre à La Soute à Chambéry (lien en bas de page)], des Micro-Club, ou encore Katarsis, rencontre avec le boss de l’association : Raoul.

Merci à toi d’avoir accepté cette invitation, pour commencer peux-tu te présenter et nous expliquer les diverses activités de ton association ?

Avec plaisir …
Je suis Raoul Bourgoin, j’ai 29 ans et suis originaire de Chaumont (52). C’est par mon impulsion que l’idée Resaca Production a vu le jour et par le reste de l’équipe qu’elle s’est concrétisée. Notre association Resaca fait danser le monde dans la petite ville de Chambéry.
Nous n’avons pas d’autres objectifs que de nous amuser. Le but, dès le début, a été d’offrir des formats de soirées accessibles en termes de prix et proche du centre-ville en envahissant différents lieux comme les bars, clubs et salles de concerts. Nous aimerions surtout réussir à réunir le public de notre petite vallée, une communauté que petit à petit nous connaissons et côtoyons à chaque soirée.
Ce serait bien de parvenir à prendre racine dans le paysage culturel chambérien avec comme drapeau, la musique Techno. Je rêverais de voir les grands noms internationaux passer par chez nous.

Comment te positionnes-tu sur le débat entre musique électronique underground et commerciale ? Quel est ton point de vue sur l’EDM ? Les free-parties ?

J’ai un avis bien trempé sur le sujet. Très souvent lorsque nous parlons de culture « grand public » nous parlons de culture de masse sans trop de passion. L’EDM c’est du grand public, c’est du commercial pour moi (du supermarché musical). Quand je vais en boîte de nuit clairement je suis perdu et je perds mes repères, à tel point que cette EDM me rend totalement fébrile si je n’ai pas assez bu avant. Ce type de musique est d’un plat incroyable, du médiocre et du vide total. J’ai le sentiment qu’il faut juste boire 1L de vodka et crier en levant les bras pour dire qu’on apprécie. Cet avis est purement subjectif…
La musique House et Techno que nous faisons vivre véhicule un lien passionnel avec le public. Cette musique est profonde, sophistiquée. Je la vis et la consomme comme une émotion en relief qui me fait voyager sur place mais aussi être en osmose avec les personnes autour de moi qui l’écoutent. C’est délicieux, j’en ai la chair de poule.
Concernant les free-parties c’est justement de là que j’ai puisé mon envie et mon imagination dans la musique électronique. Des membres de ma famille sont fondateurs du collectif « TRAKERZ » à Ales, anciennement appelé « KOGNANCE ». Avant d’aller en club j’ai dansé sur les dancefloors pirates ; et je suis encore épris de cette culture. Je l’adore. C’est la classe quand même !

Milites-tu pour une cause particulière au sein de la culture électronique ?

S’il y a bien un détail qui me démarque c’est mon désintérêt face à l’argent. Je pense que cette finalité nous fait nous détacher de l’objectif premier qui est le partage. Alors en effet, l’événementiel induit des moyens, je suis d’accord. Mais la notion de profits démesurés, d’enrichissements débordants me sidère clairement. Si je peux demain parvenir à répandre mon état d’esprit et à mettre en place un cycle de production de soirées où tout le monde s’y retrouve financièrement et où les tarifs appliqués sont simples et corrects tout en ayant une qualité de soirées, je serais conquis. Cependant cela n’arrivera qu’une fois que nous maîtriserons totalement la production de l’événement tant sur la gestion du lieu, des coûts, des entrées et des consommations sur place. Aujourd’hui nous sommes des invités, nous utilisons des espaces privés et/ou public où nous gérons seulement l’artistique. C’est limité.

Tu as un gros réseau, avec des contacts dans beaucoup de domaine, comment est-ce que tu te le crées, tu te forces, ou est-ce que ça vient tout seul ?

Tu rigoles !! Je n’ai pas de réseau ou plus de réseau. J’ai été étudiant à Chambéry pendant 4 ans. C’est lors de ces années que j’ai organisé beaucoup d’événements privés et/ou dans des lieux publics. Cela m’a fait rencontrer du monde et peut-être, je suppose, avoir une identité d’organisateur. Mais aujourd’hui, jeune papa et employé d’une PME à Avignon, je ne suis plus du tout connecté avec le réseau Chambérien. Pire j’accompagne Resaca à distance sans jamais trop toucher la matière. C’est tellement frustrant et compliqué ce système. Je m’efforce à avoir un réseau avec qui je ne sors pas, ne bois pas des verres, n’en paye pas et surtout à qui je ne donne pas envie de venir à nos soirée. C’est très dur d’avoir un réseau.
Resaca c’est une équipe de 10 personnes étudiantes et autres qui en permanence vivent et s’animent autour de nos événements pour parvenir à inviter le monde. Le voici mon réseau.
Mais pour conseil, ma sauce à moi c’est l’enthousiasme. Il faut être heureux pour donner envie, il faut être généreux pour maintenir les relations et il faut être investi pour faire du bon travail.
A partir de là tu rentres dans un processus relationnel à base de good vibes. Et ensuite le travail se fait tout seul, le bouche à oreille fait connaître tes soirées et Basta !
Et puis Chambéry c’est tout petit.

Quels sont les concepts que tu développes en organisation d’évènementiel ?

Nous ne développons aucun concept je crois. Notre processus organisationnel est le même que tout le monde. Des artistes, un public, un lieu et une ambiance. La chose qui nous différencie est la connotation espagnole de Resaca. Je suis fan de l’Espagne et je glisse un petit clin d’œil espagnol dès que je peux.

Comment organises-tu ta programmation ?

Nous avons Rémi (Rémi Martel NDLR) au sein de l’équipe qui se charge principalement des bookings. Nous choisissons juste ensemble les line up finaux. Nous aimons particulièrement les artistes aux Techno envoutantes et mélodiques comme Cerato, Granha et Kiko. En fonction de notre format de soirée nous invitons soit un artiste local, soit un artiste plus important. C’est surtout en fonction des moyens que nous avons.

Tu as des Dj résident au sein de l’asso (PMF, Martelo et Négative Pressure), comment s’est fait votre rencontre, quels sont pour eux les avantages et les inconvénients ?

En effet, les 3 sont là, avec nous. Ils constituent d’ailleurs le « bureau » de Resaca.
L’avantage pour eux est clairement que leur visibilité augmente via l’association. Chacune de nos soirées ou presque se voit enrichie de la présence d’au moins un résident. Cela leur fait cumuler les dates. Vis à vis des bookings extérieurs il se passe la même chose qu’avec le reste des autres artistes. L’association est parfois invitée à collaborer avec d’autres entités dans d’autres localités que la nôtre et à ce moment-là nous envoyons un résident pour représenter Resaca.
L’inconvénient je dirais est qu’ils doivent pleinement participer aux prises de décisions, travailler dure pour monter et dessiner le futur de Resaca. C’est vraiment du boulot d’entretenir ce tout petit écosystème et ça demande de l’énergie et du temps. Par ailleurs, ils doivent reverser une partie de leurs cachets mais seulement quand celui-ci est égal à un montant minimum.

Comment choisis-tu les lieux où tu organises tes soirées ?

Comme précédemment dit, nous occupons des lieux proches du centre-ville. Les bars et les salles de concerts où nous allons jouer sont déjà en place et en matière de gestion de lieu cela nous simplifie la vie. Vis à vis de la Sacem, ces lieux payent déjà leur forfait annuel et cela nous permet de ne pas nous soucier de cette dépense. Par la suite nous allons tenter d’investir d’autres types d’espaces, insolites, industriels. Pour l’instant c’est en cours de négociation, de calcul et surtout nous ne le ferons pas seuls.

Quels sont tes projets à venir ?

Le projet que nous avons en tête aujourd’hui est évidemment de construire pour demain un événement important et de grande envergure à Chambéry. La question est sur la table depuis plusieurs mois. La ponctuation ne se fera qu’entourée d’autres personnes. Je veux dire par là que nous tentons de réunir différents organismes publics ou privés pour parvenir à une synergie de nos compétences et réseaux.

Merci à toi, le mot de la fin ?

Le mot de la fin ? Que veut dire en espagnol «  yo tengo la resaca » ?
Et un grand merci pour ton interview. Pense à partager Zodia, il s’agit du premier gros événement Techno à Chambéry pour cette rentrée 2017 / 2018.
Gracias Amigo, Gracias a todos !

Les liens Resaca (venez, ça va être fat NDLR) :
Resaca
Zodia
Katarsis

ParMarius Sergent

Axel Nirka

Rencontre avec ce Grenoblois passionné de musique depuis plus de 20 ans, Dj/producteur, animateur de radio et collectionneur de vinyles à ses heures perdues !

Salut Axel, déjà peux-tu te présenter et nous expliquer tes différentes facettes au sein de la culture électronique ?

Salut, eh bien je suis Axel de Grenoble, je suis derrière les platines depuis mes 20 ans et j’aborde sereinement la crise de la quarantaine. Je suis donc DJ en musique électro techno et house, mais aussi un ex résident tout frais d’une radio locale grenobloise où j’ai envoyé du son pendant plus de 10 ans. Je compose également de la musique dans mon home studio et pour le temps restant, je suis dans le crew d’Interaktion où j’ai plus l’habitude de poser des questions plutôt que d’y répondre… Sympa la mise en abîme aujourd’hui (rire).

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ?

Oula, pas vraiment d’héritage musical de mon côté mes parents écoutant très peu de musique. J’ai commencé à écouter la radio et m’acheter des cd après mes 18 ans une fois mon premier job obtenu. Auparavant j’avais 2-3 cassettes avec des compilations oscillant entre la dance des années 90, le hardcore façon Thunderdome ou encore des sketchs des Inconnus…Un vaste programme pour aborder l’électro (rire). Depuis je me suis bien rattrapé avec un budget conséquent pour l’achat de vinyles, cd et aujourd’hui écouter aussi du format digital en streaming principalement.

Quel matériel DJ utilises-tu ? Recherches-tu des spécificités techniques particulières ?

Mixant sans artifices et misant sur la sélection musicale, je n’ai pas besoin de grand-chose : 2 sources avec un pitch et une table 2 voies avec correction classique des fréquences et je suis parti dans mon trip (rire). Je déteste les sets où les effets sont surjoués et toujours amenés de la même manière : c’est du cache misère pour moi. Un effet peut s’utiliser avec parcimonie mais toujours dans le but de surprendre le public, en l’utilisant différemment des autres artistes. Un bon track se suffit à lui-même, il est intéressant aussi de ne pas détériorer l’œuvre telle qu’elle a été pensée par son créateur.

Comment te positionnes-tu sur le débat vinyle vs CD vs MP3 ? Toi-même as-tu essayé diverses technologies ?

J’ai effectivement essayé les diverses technologies. Sur la qualité sonore, composant aussi beaucoup à la maison, je banni le mp3 sauf pour éventuellement en podcast. Sur un vrai sound-system le mp3 est une sorte d’ersatz sonore bien brouillon dans le grave avec des aiguës peu précis. La qualité cd est mieux mais avec la course à l’armement dans la guerre du son, beaucoup de tracks n’ont aucune dynamique et fatiguent vite à l’écoute. Je préfère de loin le son et la chaleur du vinyle mais les autres supports permettent de découvrir une multitude d’artistes. Il y a des services fantastiques qui permettent de découvrir de très bons tracks loin des tops 10 de Beatport et autres plateformes dédiées aux Dj’s.

Quel est ton pire souvenir de soirée en tant que DJ ? Et ton meilleur ?

Mon pire souvenir de DJ reste certaines soirées à mes débuts dans des bars un peu glauques sur Grenoble à mixer dans une cave seul ou avec 1 client, genre remix de « La Crampe » dans « Pulp Fiction » (rire). Mon meilleur reste un set réalisé en warm up d’Oxia où je m’étais éclaté avec mes sons préférés malgré un certain stress car,déjà 10 ans en arrière, c’était un grand de la scène techno. Enfin mon premier set sur la bande FM avait également quelque chose de magique. Après j’ai plein d’autres bons souvenirs mais ces deux-là ont une saveur particulière.

Tu es aussi producteur, avec 2 EP sorti sur le label Grenoblois Lite Litch Record, quelle est ta philosophie, ta conception de la production ?

Exact, j’ai eu la chance de sortir du son sur ce sympathique label géré par une amie. Ma conception de la production est d’utiliser à la fois du hardware et du sample pour parvenir à mes fins. Pour y arriver tout se joue en 1h ou 2 : je trouve mon idée, lance les accords, 2-3 mélodies et compose directement. Je perdais trop de temps à une époque « enfermé » dans une boucle, le cerveau atrophié tout comme les oreilles au bout de quelques heures. Pour le coup je lance beaucoup de projet mais si au bout des 2h je n’ai rien de concret, je zappe (rire) ! Par contre, une fois un track lancé, je passe beaucoup de temps à le finaliser, ajouter les effets et essayer de faire vivre le morceau.

Comment puises-tu ton inspiration pour composer ? Quels sont tes influences en matière de production ?

Je m’en remets au Muses…plus sérieux, j’écoute énormément de track dans plein de styles différents via mon activité professionnelle et mon expérience sur Max FM où j’ai géré la programmation musicale pendant quelques années. Mes influences et ma sensibilité viennent en partie de mon mentor Dj de l’époque qui s’appelle Francky et qui reste un excellent technicien avec une sacré oreille et innovation dans l’approche du son : dommage qu’il ait arrêté d’ailleurs… Pour le coup, grâce à lui, j’ai beaucoup exploité les faces dub des disques du club où on officiait, découvert des compilations des soirées Scream sur Paris début 2000, des artistes comme Jérôme Pacman ou encore Oxia… J’aime également ce que fait Vitalic, une partie de la discographie des Daft Punk, certains labels que je garde jalousement secret parmi les galettes de mon studio. Je me disperse beaucoup aussi musicalement parlant, et cela se ressent dans mes tracks où j’ai du mal à garder une idée directrice tout au long des 5-6mn du morceau…

Développes-tu des prestations live ? Préfères-tu jouer en tant que liver ou DJ ?

Sans hésiter je préfère jouer en tant que DJ qui me laisse plus de manœuvre en termes de choix musical et de technique pour « titiller » le public. Il faut jouer avec le public, savoir le frustrer gentiment et le surprendre par des mixes plus ou moins directs. Il faut savoir être percutant au bon moment et faire voyager les gens dans un univers marqué par des titres qu’il n’aura pas l’habitude d’entendre. Pour du live, j’y ai pensé mais mon sens inné du rythme et de la mélodie sont des éléments de blocage (rire)…J’ai du mal à donner le tempo en claquant des mains (rire), je passe mon tour pour du direct avec machines et claviers pour la sauvegarde des oreilles et l’intégralité mentale du public !!

Travailles-tu seul ou en collaboration ?

Je bosse principalement seul, j’ai déjà essayé de collaborer avec un ami ou 2 mais nos méthodes de travail, nos emplois du temps et nos sensibilités artistiques ne collaient pas toujours. Il m’arrive plus de faire des remixes pour mes amis quand l’occasion se présente. Après je suis ouvert à toutes propositions !

Quel matériels et logiciels possèdes-tu dans ton home studio ? Recherches-tu des spécificités ou des techniques particulières ?

Je travaille dans mon home studio sur Ableton Live 8 (avec licence s’il vous plaît). J’utilise à la fois des synthés hardware et des synthés au format VST : du côté hardware je possède un Moog Slim Phatty, un Roland SH-32, un Korg TR-Rack, un micro Korg, un virus rack et encore 2-3 expandeurs. Côté VST j’utilise un peu Sylenth, le Rob Papen subboombass et Unique de Sugar Bytes. Je passe tout cela par ma carte son, une bonne vieille RME Fireface et travaille au casque pour pouvoir vivre en paix avec mes voisins et ma femme ! Pour la partie composition j’ai quelques banques de samples, j’utilise ma souris et mon clavier d’ordi pour les mélodies, un cahier de solfège pour essayer de rester en harmonie. Le plus rigolo dans tout cela, c’est que je n’ai aucun sens du rythme, je compose tout pas à pas avec des séquences en loop…

Merci pour toutes tes réponses et le temps consacré, le mot de la fin ?

Plaisir. C’est ce qu’il faut prendre avant tout quand on se lance dans la composition ou le mixe : kiffer l’instant où l’on se plonge dans son univers et oublier tout le reste !!

L’univers d’Axel sur la toile :

ParMarius Sergent

Jimbo

Annécien, puriste de la musique techno originelle, celle qui cogne, membre du collectif « Laisse-Nous Ræver » et organisateur des soirées désormais célèbre « Techno Disorder », rencontre avec Jimmy !

Peux-tu te présenter ainsi que ton asso et les diverses activités qui te lient à la musique électronique ?

Je m’appelle Jimmy Delavay, j’ai 23 ans et je vis depuis toujours à Annecy, ma ville natale et de cœur. En dehors de la musique, j’aime le beau football, le cinéma et les burgers qui ne rentrent pas dans ma bouche ! Pour ce qui est de la musique, je me suis intéressé au métier de DJ depuis le début de mon adolescence et quand j’ai eu 15 ans, j’ai enfin pu m’acheter mon premier « set up ». J’ai donc commencé à animer les soirées de mes copains, des mariages, des petites dates en clubs, etc. En 2013, j’ai été sélectionné pour suivre la formation d’Animateur Musical et Scénique à Lyon à l’UCPA DJ School. J’en suis sorti diplômé, major de promotion et prix spécial du jury, pas mal non (rire) ?! C’était vraiment une expérience incroyable : je la recommande à tous les déterminés qui veulent apprendre ce métier. Enfin en novembre 2016, j’ai décidé de créer une association et me lancer dans l’organisation de soirées avec « Laissez-Nous Ræver ». Désormais, nous organisons une soirée « Techno Disorder » tous les mois/mois et demi et on est vraiment fier du résultat : 7 Sold Out consécutifs, des plateaux DJ de mieux en mieux chargés, des gens heureux d’être là, ultra respectueux et déterminés à en découdre avec le sound-system. Pour le moment tout baigne et on a hâte de voir jusqu’où on pourra aller !

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ?

A vrai dire j’ai rencontré la musique électronique dans le berceau via mes parents. Mais je leur dois un très fort héritage Rock/Hard-Rock. C’est plutôt The Doors, The Rolling Stones, AC/DC, Nirvana, Guns N’Roses et les Red Hot Chili Peppers qui ont bercé ma jeunesse, d’où mon goût pour le son costaud et psychédélique ! Le vrai tournant pour moi a été la sortie de « Satisfaction » de B. Benassi paru chez Submental record. Ce morceau m’a poussé dans le droit chemin je dirais, et suite à cela, je me suis penché sur Benassi et tous ses collègues. Maintenant, la musique électronique n’est pas une frontière à mes goûts musicaux,  j’apprécie aussi un bon son rap à l’ancienne, un Louise Attaque ou un Jamiroquai.

Peux-tu citer 5 tracks (ou albums) qui t’ont particulièrement marqué en musiques électronique ? Quels souvenirs te ravivent ces tracks/albums ? 

Alors comme cité précédemment, Benny Benassi a fortement marqué mon petit cerveau notamment avec les albums Hypnotica et Pumphonia, sortis en 2003 et 2004 sur les labels respectifs ZYX Music et D:Vision Records. Je prêchais la bonne musique à mes potes de collège en parlant de ces deux albums (rire)!

Le classique « I WANNA GO BANG» de Bjarki paru sur Trip Record : j’étais a Hypnotik (festival de musique électronique sur Lyon NDLR) 2015 lorsque Sam Paganini a lancé ça… Je pense que les murs s’en souviennent encore !

Meet Her At The Love Parade – Da Hool paru sur Kosmo Record : j’écoutais ça en boucle à l’âge de 3 ans, c’est sorti quand je suis né !

Deep Fear – Sidekick sur Net’s Work International : ça c’est le morceau que je mettais tous les soirs dans ma première résidence vers Lyon, un vrai classique du genre et qui fait bouger n’importe qui !

Enfin je terminerais par un gros track Techno, que j’adore jouer en tant que guest. C’est puissant, c’est envoutant et psychédélique, « Eomac – Spectre (Tommy For Seven Remix) » chez Killekill.

Quels souvenirs gardes-tu de ta première soirée électro ? Et de la dernière ?

Ma première soirée en tant que DJ était ma première soirée électro. C’était le 31 décembre de mes 16 ans, on a fait rentrer 150 personnes dans un appartement de 140m carrés. On est passés dans le journal (rire) ! C’était un moment incroyable, je n’oublierais jamais la folie qu’il y avait dans ce salon ! La dernière ? C’était la Techno Disorder bien sûr !

Qu’est-ce qui t’as motivé à devenir DJ dans la scène électro ?

Franchement, je dirais la passion pour cette musique, tout simplement.

Comment te positionnes-tu sur le débat vinyle vs CD vs MP3 ? Toi-même as-tu essayé diverses technologies ?

Je me positionne en tant qu’utilisateur de clefs USB, ancien utilisateur de CD et futur utilisateur de vinyles. Faut se le dire, le CD, c’est has been et pas très pratique. Le vinyle, c’est indémodable, physique et stylé. Maintenant, c’est la grande période des clefs USB/ Carte SD et tout le tralala. Personnellement c’est ce que j’utilise. Les gens qui crachent sur les autres car leur façon de travailler les énerve, j’ai envie de me moquer d’eux : pourquoi un support serait-il meilleur qu’un autre ? C’est souvent ceux qui utilisent des vinyles qui lancent ce genre de débat… mais faudrait-il encore savoir les caler pour pouvoir critiquer les autres !

Vous venez de réaliser la « Techno Disorder » 7ème édition, et selon mes sources, ça a encore été une réussite : comment est né ce projet ? Comment tout ça s’est mis en place au départ ?

Au départ, j’ai créé le collectif avec mon meilleur ami Rudy et mon petit frère Joey. J’ai moi-même investi de l’argent que j’avais mis de côté pour pouvoir organiser la première édition dans l’objectif de me rembourser avec les recettes. C’était un pari risqué mais réussi. Au bout de quelques soirées, mon meilleur ami a décidé de se retirer et nous avons continué l’aventure en famille, entre frère. Ce projet viens de moi, mais j’ai beaucoup de copains sur qui compter et avec qui je collabore, et c’est vraiment plaisant. J’espère qu’on va continuer comme ça longtemps !

Comment choisis-tu les têtes d’affiche de tes soirées ? Des artistes que tu aimerais avoir dans tes soirées ?

Nous les choisissons principalement d’après mes propres goûts principalement mais aussi ceux de mon frère, qui apporte cette touche « Industrielle » et plus violente en fin de soirée. Après vient la question du budget et de la disponibilité de l’artiste, mais en général nous arrivons à nos fins ! Vous vous en rendrez compte sur la saison 2017/18, les plateaux DJ vont normalement s’envoler !

Quelles valeurs diffuses-tu à ton public dans tes soirées ? Et as-tu le sentiment que le public est reconnaissant du travail que tu fais ?

Pendant un concert, ce que j’aime c’est partager et voir les gens kiffer. Alors peu importe qui j’ai devant moi : j’extériorise au maximum et j’essaie de faire transpirer ma passion et de l’étaler sur le front du public. En général ça marche bien, et j’ai toujours de très bons retours sur mes sets en soirée. C’est peut-être ça qui fait ma différence au-delà de ma musique : mon jeu de scène et mon énergie.

Quels sont tes projets à venir ?

Dans l’immédiat, vous allez très peu me voir car je suis blessé… A partir de mi-octobre, je reprendrais du service dans un bar genevois où je suis résident une fois par semaine. Je vais aussi entamer deux nouvelles résidences, une à l’Annexe (Lyon) et une au Chalet (Grenoble). Ces deux résidences sont des mensuelles, que l’on ajoute volontiers aux « Disorder » ! Nous avons des projets avec l’association, entre autre un festival sur le long terme, et des soirées en extérieur pour l’été prochain.

Ton mot de la fin ?

En espérant en voir un maximum d’entre vous à mes prochains concerts, et aux prochaines Techno Disorder bien sûr ! La Techno se consomme sans modération, le reste avec. Faites gaffe à vous !

Retrouvez Jimbo sur le web

Retrouvez Laisse nous Raever sur le web :

ParMarius Sergent

Guillaume Dugenet

Rencontre avec Guillaume, parisien multi-facette, patron du label Maquisards, co-organisateur du BPM Contest et aussi du Maquisards Festival… Rien que ça !

Salut Guillaume : peux-tu te présenter et nous expliquer les diverses activités que tu mènes dans le monde de la musique électronique ?

Je suis le directeur artistique du label Maquisards, label indépendant de musique électronique. Je suis également co-organisateur du BPM Contest (tremplin à destination des jeunes producteurs de musique électronique), et co-organisateur du Maquisards Festival (festival de musique électronique).

A propos du Maquisards Festival, comment est né ce projet ? Comment tout ça s’est mis en place au départ ?

Ce projet est né l’année dernière : nous cherchions depuis un moment un lieu pour créer notre festival. C’est Sébastien (label manager de Maquisards), la personne avec qui je travaille sur tous ses projets, qui a découvert les arènes des Saintes Maries de la Mer en venant en vacances. Il est tombé amoureux de La Camargue et nous nous sommes lancé ce défi cette année. Nous voulions créer un événement à taille humaine où musique et lieux atypiques se marient à merveille, tout en mettant à l’honneur les jeunes producteurs : telle est l’essence de Maquisards.

Quels sont les concepts que tu développes en organisation d’évènementiel ?

Nous apportons beaucoup d’importance au lieu et à la scénographie. Pour nous, c’est aussi important que la musique. Nous voulons surprendre les gens à chaque événement.

Quels sont les genres électroniques qu’on peut entendre dans tes soirées ? Comment organises-tu ta programmation ? Donnes-tu la chance à de jeunes artistes ou artistes moins réputés ? Comment choisis-tu les têtes d’affiches ?

Les genres varient beaucoup en fonction des soirées. Nous avons des artistes très différents sur notre label, nous aimons la diversité de la musique électronique. Quand nous organisons une soirée, nous axons notre programmation autour d’un de nos artistes et de son style. Généralement, nous discutons d’abord avec lui/elle pour voir s’il/elle a des envies et nous essayons d’y répondre au mieux. Et enfin, nous invitons toujours de jeunes artistes où des collectifs locaux à venir jouer, c’est notre marque de fabrique.

Tu es aussi le patron du BPM Contest, qui est LE concours de référence en France pour dénicher les futurs talents en production de musique électronique : comment est né ce projet ? Comment tout ça s’est mis en place au départ ?

Le créateur du BPM Contest est Sébastien, la personne avec qui je travaille, et personnellement j’ai rejoint cette aventure en 2013. Le projet est né en 2011, avec l’envie de créer un label de musique électronique. Il s’est mis à organiser des soirées au Viaduc Café (dans le 12ème arrondissement de Paris) pour créer un réseau et commencer à signer des artistes. Et puis, il s’est dit : pourquoi pas inventer un tremplin pour découvrir de nouveaux producteurs ? Au début, tout se passait dans ce café. La formule était efficace, dans une ambiance du tonnerre, avec plein de rencontres professionnelles enrichissantes.
L’année d’après, on a eu envie de quitter Paris et de faire une tournée en Province. Depuis, chaque année, nous faisons une tournée en France.

Pour le BPM Contest, tu as des liens avec Trax ou encore Tsugi pour ne citer qu’eux : comment se passent les collaborations ?

Les collaborations commencent avec cette envie commune de donner une chance aux jeunes producteurs. Aujourd’hui, dans l’immensité d’Internet et le flot de musique qu’on y trouve, les jeunes producteurs, s’ils ne bénéficient pas d’un piston, ont beaucoup de mal à se faire repérer. C’est aussi le rôle de ces médias de faire découvrir de nouveaux artistes au public.

Le concours devient un prix Sacem en 2017 : quels changements cela vous apporte ? Quels avantages en retirez-vous ?

C’est une vraie reconnaissance pour nous de travailler avec la Sacem sur ce projet. Le changement important cette année, c’est qu’il y aura 2 prix remis aux producteurs choisi par le jury. Un prix BPM : le lauréat se verra offrir du matériel audio (un Moog SUB Phatty) et un accompagnement par notre label (sortie de disque, date de concert, etc.). Et un prix de la Sacem : le lauréat se verra offrir du matériel audio (une paire d’enceinte Eve audio SC207) et une résidence de travail en vue d’un enregistrement de disque.

Comment est recruté le jury ? Quelles consignes doivent-ils suivre ? Ont-ils des obligations particulières ?

Le jury est composé de professionnels de la musique, que ce soit des journalistes, des programmateurs, des artistes… Nous voulons un panel large de profils, avec diverses sensibilités et un rapport à la musique différent. La seule consigne est de prendre du plaisir à écouter et découvrir de la musique. Le jury ne se déplace pas sur la tournée : c’est très compliqué de gérer les disponibilités de chacun. Nous filmons et enregistrons toutes les sessions qui sont ensuite envoyées aux jurys. Nous avons créé une grille de notation composée de plusieurs critères (créativité, qualité de la production, technique du mix, performance scénique)  et le jury donne des notes aux producteurs.

Le fait de mettre en avant de jeune producteur et de les propulser sur des scènes importantes ne doit pas être facile à gérer : comment appréhendez-vous ces problèmes ?

Effectivement, ça n’est pas toujours facile de gérer de jeunes producteurs. Nous avons déjà fait jouer des artistes qui n’étaient jamais montés sur scène devant un public de 1500 personnes. Mais ça c’est toujours bien passé. Nous préparons en amont les prestations scéniques pour éviter au maximum les problèmes techniques sur scène.

Les vainqueurs des saisons précédentes sont-ils toujours en contact avec vous ? Vous remercient-ils du tremplin que vous leur avez fourni ?

Aujourd’hui, nous produisons 4 artistes sur notre label (Tez Cadey, KUB, Zuntyh & le duo Pantéone) et nous les avons tous découverts sur la tournée BPM. Nous gardons aussi contact avec les anciens participants : nous les programmons sur nos événements et continuons à les soutenir.

Ton mot de la fin ?

Un grand merci pour ton soutien.

Pour aller plus loin sur le web :

ParMarius Sergent

Yousk

Rencontre avec Ludo, aka Yousk, DJ de la scène nîmoise et montpelliéraine  participant, entre autre, à l’organisation du festival A-Nîmé avec Greg Delon !

Peux-tu commencer par te présenter ainsi que ton association A-Nimé Festival ?

Je suis Ludo, j’ai 31 ans, né à Nîmes. Je suis DJ depuis une dizaine d’années. Le goût de la musique et du « DJing » m’est venu vers l’âge de 16 ans avec mes premières sorties dans des endroits qui ont comptés « musicalement » sur la région. Je suis également président d’une association appelée « Reversed » que j’ai fondé en 2014 avec 3 amis d’enfance. On réunis en tout 4 DJs dans des genres assez différents allant de la Deep Pop à la Techno. J’ai pas mal tourné avec mon binôme FAK, notamment sur des belles dates comme UNITED au Zénith de Montpellier ou sur le Festival A-Nîmé. Je suis enfin membre de l’association « A-Nîmé ». Connue et reconnue sur la région, elle a été fondée en  2003 par Greg Delon (président de l’association et patron du label Way Of House NDLR) et Bastien Grine. Pour ma part, j’ai démarré comme client, dès la 1ere année d’ailleurs (j’avais 18 ans…) ; j’ai ensuite rejoints l’asso en 2014. Depuis 2 ans, j’essaie de m’investir de plus en plus aux côtés de Greg qui me fait confiance, notamment dans son organisation. C’est beaucoup de plaisir, mais aussi beaucoup de boulot. Avoir un Festival de musiques électroniques au Jardin de la Fontaine à Nîmes ou dans les arènes, ça a quand même de la « gueule »…

Yousk est ton nom de scène : peux-tu nous expliquer l’origine de ton pseudo ?

Ça vient d’un délire en soirée avec une amie… Elle m’a sorti ça en boîte (à cause d’une particularité que j’ai à mes yeux), puis mes amis proches ont commencé à m’appeler comme ça, et c’est resté. En Fait, c’est assez naturellement que j’ai commencé à tourner avec ce blase.

Peux-tu citer 5 tracks (ou albums) qui t’ont particulièrement marqué en musiques électronique ? Quels souvenirs te ravivent ces tracks/albums ?

Alors il faut en choisir que 5…

« Flesh and Bone » de The Hacker paru sur le label Différent. Pour moi c’est le plus grand track Techno, qui plus est produit par un Français. Il m’a marqué et me rappelle mes sorties à La Dune (club sur la Grande Motte) ou au Barlive (club sur Mauguio). J’en ai des frissons rien que de repenser au moment où on l’entendait avec le système son du mythique after montpelliérain.

Un peu dans la même lignée, le « Galaxy » d’Axel Bartsch paru sur le label Kompakt Elektra. Un peu pour les mêmes raisons aussi. Je trouve ce track extraordinaire.

Ensuite, pas seulement parce que c’est un « pote », mais surtout parce qu’il a marqué ma génération, le « Where r U » de Bastien Grine paru sur le label K2. C’est vrai, je suis très « Barlive » dans mes influences, mais pour moi, c’est vraiment la meilleure époque concernant la musique électronique dans notre région. Je ne tomberai pas dans le cliché de dire « c’était mieux avant… », mais quand même…

Plus récemment, le « Solitary Daze » de Maceo Plex et Gabriel Ananda paru sur le label Ellum Audio… Pour moi un des meilleurs et un des plus marquant depuis 2010.

Il m’en reste un c’est ça ? Ben je vais dire plus récemment, un track de Pig&Dan « Eagles from space » du label Bullet:Dodge, parce que j’adore ce duo et il n’y a pas un set Techno où je ne le joue pas…

Comment es-tu rentré en contact avec la musique électronique ?

Grâce à mes premières sorties au Jacquart Club à Bellegarde (j’avais 16 ans…). Ce lieu était une institution de la fin des années 1990 et au tout début des années 2000. C’est là que j’ai vraiment commencé à m’intéresser à la House. J’écoutais beaucoup de Funk et de Hip-Hop US à cette époque. Ensuite, lorsque j’ai découvert La Dune à la Grande Motte et le Barlive un ou 2 ans plus tard, c’est là que j’ai vraiment ressenti le besoin de « toucher » à la musique électronique. J’étais fasciné par la communion entre le DJ et son public. Ça jouait que sur vinyle à l’époque. J’adorais le contact des platines et des disques.

Pour toi, c’est quoi un bon DJ ?

C’est justement ce que je disais… C’est la communion entre le DJ et son public. Le fait pour le DJ de capter le public et d’arriver à l’amener là où il veut. Le plus important, c’est de prendre en considération les gens que l’on a devant nous, et de leur transmettre une émotion. On ne joue pas seulement pour nous…

As-tu un statut professionnel ? Vis-tu de la musique ou as-tu un travail à coté ?

Alors oui, je suis auto-entrepreneur. Je vis de la musique depuis un peu plus d’un an. Ça s’est pas mal accéléré ces derniers mois… J’espère pouvoir augmenter encore plus mon activité. C’est vraiment sur mes dates, sur les projets et avec la musique que je m’épanouis le plus.

Pour ta 2ème casquette dans le monde de la musique électronique, tu es aussi l’organisateur de l’A-Nimé Festival. Comment est né ce projet ? Comment tout ça s’est mis en place au départ ?

Je donne un coup de main dans l’organisation… L’organisateur est Greg Delon, depuis 2003. Mais c’est vrai qu’il me donne de plus en plus de responsabilités dans le festival. Sans oublier mon binôme MAOU sur A-Nîmé. C’est vrai qu’on bosse de plus en plus en « trio » sur ce festival. Il y a aussi Bastien (Grine) qui gère la partie trésorerie. Puis on a tous les bénévoles qui nous accompagnent, et sans qui le festival n’existerait pas. Cette année c’était la 13ème édition, sûrement une des plus compliquée à organiser. Mais j’espère vraiment que ce festival va encore perdurer. Je pense qu’il est vraiment très important pour la ville de Nîmes et pour le public qui nous suit. On sera encore là en 2018.

Quels sont les concepts que tu développes en organisation d’évènementiels ?

Sur A-Nîmé, on essaie vraiment de concerner tout le monde. Il y a le festival en lui même. Mais à coté de ça on a les Apéros Techno où l’on fait jouer le maximum de DJs de la région, confirmés ou amateurs. Les sessions « MAO » pour les producteurs. Mais aussi les A-Nîmé Kids pour les enfants de 6 à 15 ans. Et enfin la SILENT PARTY : le concept d’une musique « en silence » en plein cœur de Nîmes, ça c’est vraiment excellent ! Le but est de toujours partager et vivre quelque chose avec les gens que l’on croise.

Comment organises-tu ta programmation ?

Alors pour Reversed, c’est très « Techno ». On essaie de toucher un public spécifique. Par contre pour A-Nîmé, on est beaucoup plus éclectique, de la Pop à la Techno. En 2015, dans les arènes on avait Synapson, Joris Delacroix, The Avener… Puis en 2016 et 2017, on a fait venir des artistes comme Louisaah, Anna, Danny Daze, Barnt, Axel Niggemann. Au départ on définit un projet et un lieu… C’est cela qui, derrière, conditionne le plateau que l’on veut proposer.

Quels sont les genres électroniques qu’on peut entendre dans tes soirées ?

Pop, Deep, Tech House, Techno… Mais aussi un peu de Disco et de sons plus Funky. On n’est vraiment pas fermé sur un genre spécifique. Pour nous, l’essentiel c’est que les gens repartent avec une bonne vibe de nos soirées, tout en gardant une certaine identité que l’on s’est créée avec le temps.

Merci à toi pour ces réponses, le mot de la fin ?

Merci à vous pour cette entrevue, et espérons que l’on se recroise sur une de nos soirées ! Et vive la musique ! (rires)

Retrouve Yousk, A-Nimé Festival et Reversed sur la toile :