Kalinstone

Rencontre avec Kalinstone, révélation féminine française de la House/Tribal et Progressive-House. Elle est sans aucun doute le phénomène montant de la scène House française !

Salut Kalinstone, quelques phrases pour te présenter : d’où vient ton nom de scène ?

Kalinstone, Djette et productrice, originaire de la région Parisienne. Mon nom de scène n’a pas vraiment d’origine, j’ai eu plusieurs pseudonymes lorsque j’ai commencé puis je me suis mise à chercher quelque chose d’unique qui correspond vraiment à ma personnalité et à ce que je dégage. Je trouvais que ce nom était à la fois doux et dur à l’oreille, personnel sans pour autant avoir une signification particulière.

Tu es l’une des révélations féminines françaises de la scène Electronique : qu’est-ce qui t’as poussé à devenir Dj ?

J’ai toujours eu un goût particulier pour la musique électronique de manière générale depuis la fin des années 90 et 2000. C’est donc naturellement que lorsque j’ai commencé à mixer il y a plus de 10ans, je me suis orientée vers ces styles, que ce soit House, Dance, Trance, Progressive, Hardtech… Aujourd’hui, j’ai trouvé mon univers musical à travers la House Music et tout ce qui se rythme à base de gros drums comme la Tribal House. La vague House/Tribal du début des années 2000 est pour moi la meilleure des sources d’inspirations et ce qui me pousse dans mes projets de productions musicales actuelles. Définir son identité musicale à été l’une de mes priorités, sans me fermer totalement dans un seul et même univers. A ce jour, je me produis en tant que Djette et productrice en France et à l’international me permettant de partager cet (ces) univers.

Est-ce que tu avais des modèles d’autres femmes artistes quand tu as débuté ?

Je n’avais pas spécialement de modèles d’artistes féminines lorsque j’ai débuté. Il y avait très peu de Djettes et productrices dans le milieu à ce moment là. Dj Paulette était en place, et il m’arrivait d’écouter ses Dj sets. Il n’y avait pas non plus autant d’engouements sur les réseaux sociaux, donc mes modèles, si l’on peut appeler ça comme ça, étaient plutôt des influences, comme les « mixtapes » qui faisaient un carton à l’époque (dans un autre registre musical): les compils du Cut Killer Show par exemple. Je les écoutais en boucle, en me disant à quel point c’était génial ces transitions, ces enchaînements de tracks. Puis ensuite, plus tard, mes modèles ont été issues de la scène « EDM » grâce au site de streaming « Be at Tv », je regardais les Dj sets de Chuckie essentiellement, qui mêlait plusieurs styles musicaux tout en restant sur sa direction artistique de la « Dutch House ».

Tu composes aussi de la musique : comment gères-tu ton temps entre la production et tes soirées ?

Oui, je suis également productrice depuis 6-7 ans environ. Au début, en me lançant dans la prod, j’ai mis de côté les bookings Dj pour me consacrer pleinement à l’apprentissage de la MAO, pendant plusieurs années. Je voulais aussi devenir ingénieur du son mais il était impossible pour moi à ce moment là de faire les 2. Soit tu es ingénieur son (pas uniquement pour tes propres tracks), soit tu fais de la scène. Aujourd’hui, je produis mes propres morceaux mais je ne suis pas ingénieur du son pour autant à travailler sur les projets d’autres artistes.
Mon temps de travail se répartit donc en 2 phases : actuellement je fais peu de dates pour m’enfermer au studio et préparer non pas 1 seul morceau mais plusieurs tracks à venir, puis ensuite il y a la phase plus intensive en booking où forcement je passe beaucoup moins de temps en studio. J’alterne ces 2 phases studio/booking.

Tes titres Batacuda & Freak Out ont été supportés par des gros Dj de la scène EDM : qu’est-ce que ça t’a apporté ?

Batucada et Freak Out sont sortis tous les deux en 2017, je ne m’attendais pas, en effet, à recevoir ces quelques supports notamment de Thomas Gold, Blasterjaxx, Kryder, Joachim Garraud et bien d’autres et cela m’a apporté surtout personnellement une certaine reconnaissance, qui permet de se dire que pour « les prochains tracks » je ferai encore mieux et que tout est possible en se donnant les moyens. Je pense que ces supports, peu importe la notoriété de l’artiste qui supporte ton morceau, doivent te pousser à aller encore plus loin et à persévérer. Toujours se fixer de nouveaux objectifs, réfléchir à la façon de les atteindre. En terme de communication, ces supports ont été une forme de crédibilité dans le milieu, d’autres artistes ont commencé à s’intéresser à mon travail, j’ai fait de nouvelles rencontres, des échanges et ce sont toutes ces petites choses qui sont essentielles pour moi, car c’est dans l’échange que l’on avance le mieux. On a tous à apprendre des uns et des autres, peu importe le niveau de chacun. Côté booking, les productions musicales sont des outils puissants, ils permettent d’ouvrir des portes et de faire découvrir au public ce que tu fais. Les clubs élaborent des teasers à partir des tracks sortis, les gens découvrent et c’est très important de communiquer sur les œuvres artistiques du guest qui vient jouer dans le club.

Quelles sont tes influences musicales ? As-tu des artistes français que tu affectionnes en ce moment ?

Mes influences musicales….j’en ai tellement. Comme je l’ai dit précédemment, c’est surtout la musique électronique des années 2000 jusque 2008 environ qui m’inspire le plus. Les compilations « Various Defected in The House ! » que je réécoute encore aujourd’hui. Sinon, mes influences ont commencé par Jean Michel Jarre, puis Eric Prydz, Tiësto, Junior Jack, et la French Touch : Daft Punk, The Supermen Lovers, Modjo, Stardust, Antoine Clamaran etc. Aujourd’hui cette tendance House revient en force et j’en suis plus qu’heureuse ! Je ne dois pas être la seule puisque je vois pas mal de producteurs français très prometteurs qui sortent des tracks inspirés justement de cette période : Arno Cost, Damien N-Drix, Mathias D., Tom Tyger, Nico de Andrea, Sonny Zamolo, Mathieu Gocher, Carter Grey… il y en tellement ! Ensuite, je suis aussi beaucoup influencée par la culture Rock et Trip Hop : Massive Attack, Portishead, Dire Straits, The Police, Rage Against the Machine, Radiohead. Moins connu du grand public : mon coup de coeur du moment, Vök : un mélange subtil de Trip Hop, Electronique et d’instrus très Dream Pop ; idéal pour se relaxer et se laisser envoûter !

Peux-tu nous citer 5 tracks/albums en musiques Electroniques qui sont incontournables pour toi ?

L’incontournable album Homework des Daft Punk, sorti en 1997. Ensuite, je n’ai pas réellement de musiques ou d’albums incontournables : dans mes sets, je reprends beaucoup de vieux tracks House/Tribal remis au goût du jour,par exemple, le Flat Beat (Mr. Oizo) dont Abel Ramos et Albert Neve en ont fait un rework. De même que le Ghet’s Noch de Roman Flugel, Cancun Paradise de Antoine Clamaran & Tristan Garner (rework de Tom Tyger ) entre autres. Je n’aime pas me focaliser non plus uniquement sur un seul et même artiste car mon univers reste large bien que ma direction artistique est la Tribal et House. D’ailleurs, j’écoute surtout des compilations plutôt que des albums : Africanism, Defected, les Compils du Red Light (club parisien) etc. Aujourd’hui, le nombre d’artistes et de tracks sortis sont tellement en masse mais peu de tracks restent intemporels, malheureusement. Donc mon top 5 incontournables se limitera sur la période début 2000.

Que penses-tu de la scène française ? Développes-tu une stratégie particulière dans le choix de tes dates ? Un lieu ou un event où tu rêves de jouer ?

Pas de stratégie particulière dans le choix des dates, tant que la direction artistique du lieu n’est pas à l’inverse de mon identité musicale. Je prend autant de plaisir en France qu’à l’étranger si le public est réceptif. Ensuite, je ne peux pas dire que je ne rêve pas de jouer sur un évent en particulier, mais quel Dj ne souhaite pas de jouer sur l’un des plus gros festivals du monde comme Tomorrowland ou encore l’Ultra? Mais je préfère me concentrer sur ce qu’il se passe en ce moment, sur le concret et mes projets plutôt que de flâner à rêver.

As-tu le sentiment qu’en 2017, les Djettes sont programmées en festivals et en clubs au même titre que les Djs ? As-tu déjà été victime de remarques sexistes dans ta carrière de Djette ?

J’ai la chance de faire ce métier depuis pas mal de temps et je vois en effet l’évolution de la place des Djettes comparés aux hommes. Aujourd’hui, nous sommes de plus en plus nombreuses dans le milieu de même que du côté de la production, on commence à compter de plus en plus de Djettes-Productrices. Le ratio Djs/Djettes en festivals ou en clubs me paraît tout à fait normal puisque le milieu reste malgré tout essentiellement masculin, donc je n’y attache aucune importance et pour ma part je n’ai jamais eu de problème concernant le fait d’être une femme aux platines. Au contraire, j’en suis fière et j’ai juste envie de dire qu’en tant que femme, je peux au même titre que les Djs, apporter créativité, technicité et dynamisme dans mon métier. Ceci dit, j’ai déjà eu des remarques du genre « Pour une femme, tu mixes super bien en fait! » mais on ne va pas refaire le monde ni s’arrêter à ce genre de propos.

Quels projets nous réserve-tu dans les mois à venir ? Un petit mot pour la fin ?

Cela fait plusieurs mois que je suis totalement confinée dans mon studio pour finaliser pas mal de projets musicaux, qui à l’instant voient le jour ! Cette année, j’ai décidé d’accélérer les choses et de passer beaucoup plus de temps en studio qu’en clubs. Je ne peux pas trop en dire à l’heure actuelle, mais plusieurs tracks sont prêts, d’autres en cours de signature, inspirés d’univers musicaux différents et il me tarde de vous dévoiler tout ça très vite !

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Posted by Kalinstone on Dienstag, 1. August 2017

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