Djette Flo

Rencontre avec Flo, jeune talent prometteuse de la scène Electro Grenobloise… Djette résidente du bar LGBT par excellence « LE CAFE NOIR » et Djette officielle du club de sport HERBALIFE, elle nous fait l’honneur de répondre à nos questions.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Floriane, j’ai 19 ans. La semaine j’alterne entre mes études dans le domaine de la gestion d’entreprise, mon alternance en tant que chargée de communication et ma résidence en tant que Djette le week-end.

Quelles sont tes influences musicales ?

Mes influences évoluent constamment, j’ai des périodes où certains styles m’inspirent plus que d’autres. Depuis que j’ai commencé, j’ai été influencé par Willy William, Ash Simons, Ben Lemonz, Armin Van Buuren, Caked Up, Steve Aoki… Enfin bref, des styles et des artistes bien différents pour résumer. En ce moment, je joue du son type « club Ibiza »: Robbie Rivera, Don Diablo, Eric Prydz ou Claptone pour ne citer que les plus connus. Mais mes incontournables restent quand même Offer Nissim et Carl Cox.

Comment as-tu eu l’envie de rentrer dans le monde de la nuit ?

En 2012, j’étais au gala annuel des Arts et Métiers de Cluny qui se passe dans la grande Abbaye, et dans l’une des salles, il y avait des centaines de personnes qui dansaient. Ils étaient tous sur leur 31 et la salle était toute illuminée, en pierre grise avec une charpente en bois. Au fond de la salle, en hauteur, il y avait un DJ. A ce moment-là, je me suis dit « Voilà, c’est ça que je veux faire de ma vie. Faire danser autant de monde en même temps. » Pendant longtemps je ne me voyais pas mixer en club, je n’avais que les festivals et des événements similaires en tête. Pour une fille de 15 ou 16 ans, le monde de la nuit, ce n’est que des patrons mafieux, de la drogue et des clients qui se battent parce qu’ils ont trop bu. Et puis, vers 17, 18 ans, quand j’ai commencé à sortir régulièrement en bar ou en boîte, cette image s’est vite dissipée et j’ai totalement changé d’avis.

Tu es autodidacte, comment as-tu appris à mixer ?

J’ai commencé avec un tout petit contrôleur, en deux mois j’avais acquis les bases. Enfin, je pensais les avoir acquises jusqu’à ce que je passe sur un « vrai » contrôleur Pioneer. J’ai dû tout réapprendre tellement c’était différent. J’ai appris à écouter un mix, les transitions, le tempo, les temps, etc.

Et puis, j’ai rencontré Bastien, DJ M’O’Play, qui m’a prise sous son aile et qui m’a fait faire ma première soirée à l’extérieur. Il m’a appris beaucoup. C’est d’ailleurs grâce à lui que j’ai eu ma place au Café Noir. Depuis, à force de travailler une dizaine d’heures par weekend sans compter l’entraînement chez moi, j’ai énormément progressé mais je suis loin d’avoir le niveau que je voudrais. Autant d’heures de pratique, ça finit par payer.

Depuis un an tu es la résidente du Café Noir à Grenoble (38), ta première résidence.  Comment as-tu vécu cette année ?

C’est juste de la folie ! C’était très difficile au début, je sortais complètement de ma zone de confort. D’une part parce que je n’avais jamais mixé dans le milieu LGBT et d’autre part parce que je me suis rendue compte de la dose de travail qu’il y a à faire en dehors des soirées. Comme je mixais très peu souvent à l’extérieur, j’avais une ou deux centaines de sons dans mon répertoire et nous le savons que c’est très très peu pour un DJ. J’ai du apprendre à chercher de la nouvelle musique, à m’adapter aux clients, à ne pas mixer tout le temps la même chose parce qu’on prend très vite des habitudes quand on est résident.

Christiane et Sophie, les patronnes, font très attention à la qualité de leur prestation et la musique en est l’acteur principal alors j’ai dû apprendre à travailler avec elles et à être à la hauteur de ce qu’elles attendaient. De plus, la clientèle du Café Noir est une clientèle très difficile. La tranche d’âge est étendue, entre vingt et cinquante ans en moyenne. Elle aime avoir ses petites habitudes, entendre des choses qu’elle connaît mais elle veut aussi de la qualité, être surprise mais de la bonne manière. Dans un bar, tu as vite fait de prendre ton verre et de t’installer à une table plutôt que d’aller danser.

Après un an, j’ai énormément évolué dans mes prestations : j’ai vraiment gagné en assurance, je tente beaucoup plus de choses musicalement, je joue des sons qui ne sont pas toujours connus du grand public. Carl Cox a beau être un grand nom de la scène Electro, en France ou plutôt à Grenoble, on ne le connaît pas beaucoup et pourtant je commence à en jouer de plus en plus. Et puis, je tiens vraiment à avoir une certaine proximité avec les clients : j’adore danser avec eux plutôt que d’être cachée derrière mes platines, à faire mon truc dans mon coin. Et si ils ont réussi à me chauffer, ce qui arrive relativement tous les week-end, je grimpe sur le comptoir et je fais le show ! Et enfin, j’ai noué un lien très fort avec ce bar et véritablement, cette communauté qui est juste incroyable. Je suis énormément reconnaissante envers Christiane et Sophie, « mes mamans de la nuit »: depuis le début, elles ont toujours fait attention à moi, à me venir en aide, à me faire garder les pieds sur terre surtout puisque c’est très facile de prendre la grosse tête quand on travaille dans ce monde là.

Quel est ton meilleur souvenir pendant une prestation?

C’est difficile à dire car j’ai énormément de bons souvenirs, surtout depuis mes débuts au Café Noir. J’hésite avec la grosse session de sport à plus de 150 personnes pour laquelle j’avais mixé mais je dirais quand même la Marche des Fiertés de Grenoble qui s’est passée cet été. En tant que le bar LGBT par excellence, le Café Noir a eu beaucoup de monde derrière son char. C’était joyeux, festif, coloré, nous avons eu de la chance avec le temps même si de la pluie avait été prévue. C’était fou de voir ce millier de personnes danser, chanter avec nous et le fait de pouvoir interagir avec eux, c’est une expérience géniale.

Quel est ton TOP 3 des tracks que tu joues en ce moment ?

Je dirais :

Falling Deeper de Robbie Rivera

Tel Aviv d’Omer Adam

Le remix magique de I Will Survive de Gloria Gaynor par un Dj peu connu qui s’appelle Yastreb.

Le mot de la fin…

Quelle fin ? Ce n’est que le début !

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