Paradoxx B.

Rencontre du côté de Valence avec la talentueuse Betty qui incarne ce projet audacieux, subtil mélange de techno et de mélodie.

Raconte nous un peu tes débuts…

La découverte de la musique a commencé à l’âge de 5 ans :-), mon premier piano et la télévision qui passait en boucle les tubes des années 80 tantôt mélodiques, tantôt rythmiques, tantôt tristes.

Très tôt la musique a fait partie intégrante de ma vie. Puis j’ai pratiqué plusieurs instruments en autodidacte avec un net attrait pour la création de mélodies.

J’ai découvert la musique techno à l’adolescence dans un club grenoblois qui s’appelait Le Factory dont je garde un très bon souvenir.

J’ai écouté les tracks des labels trance comme EYE Q RECORDS, BONZAI RECORDS à cette époque j’affectionne particulièrement :la trance m’attirait car beaucoup de nappes mélodiques dans ce style. Lors de la soirée Hexagona 95 je passe la soirée collée à la cabine du dj à observer. La révélation s’est faite les jours qui suivirent : j’étais dans les boutiques d’occasions pour me dégotter deux platines vinyles avec le bouton pitch bend!

Tout est venu naturellement, j’avais déjà l’oreille et je travaillais le calage tempo, je m’entrainais seule ou avec des dj’s de l’époque.

Quelques mois plus tard je me retrouve rapidement résidente du complexe au George 5 à Grenoble.

Quel est le concept qui se cache derrière Paradoxx B?

Paradoxx b aka Lady Purple qui a été mon premier nom de scène défini par des agents artistiques des clubs où je jouais : c’est donc resté durant mes années de mix. Puis est venue la composition avec les pseudos First Paradoxx et Paradoxx B. L’identité de ce pseudo reflète pour moi un cote mystérieux mélancolique et lunaire comme la musique que je compose.

Paradoxe est un mot qui à énormément de définitions et de mystère, sa consonance me convient et il devait faire parti de mon pseudo, contredit les idées reçues, l’opinion courante, les préjugés. C’est ce que je suis et ce que je pense : un paradoxe ! 😉 Et pour le B ce n’est que l’initial de mon prénom.

Comment construis-tu ton set? Laisses-tu places à l’improvisation ou est-ce que tout est calé?

Lorsque je jouais sur vinyle, mes sets étaient improvisés avec une présélection de petites pépites qui sortaient. C’était clairement de l’impro et il faut dire que rechercher un vinyle durant ses mixes était beaucoup plus facile avec le visuel de la pochette. Maintenant, j’ai les tracks sur cd, mp3, usb et je prépare mes mixes. J’aime donner un sens et une histoire à mes sets, il ne s’agit pas de savoir passer des disques les uns après les autres, mais apporter une suite logique d’émotions et de sentiments rythmique.

Quel est ton meilleur souvenir de soirée?

Il y en a plusieurs ! Mais a partir du moment où les gens sont heureux et où il y a un partage c’est un bon souvenir de soirée. Lorsque je vivais sur Annecy je faisais partie d’un collectif qui me permettait de faire des scènes intéressantes. Des spots sympas autour du lac, les fêtes de la musique durant 3 ans, un public très réceptif et surtout de bons souvenirs.

Quelles sont tes références ?

J’affectionne particulièrement les artistes comme Aphex Twin, Apparat, Kiasmos pour leurs compositions. Pour les dj sets, Sven Vath, Maceo plex, Miss Kittin, Kit Ann Foxmann, Monica Kruse, et bien d’autres encore. Ce qui me plaît chez un artiste c’est la modestie, la belle mentalité et surtout la passion, j’avoue que dans la nouvelle scène électronique il n’y en a pas beaucoup qui me font vibrer.

Tes premiers vinyles ?

Marusha : Somewhere over the rainbow

Faxe : I wanna F*ck

Y-a-t-il une période que tu as préférée?

La période de la découverte, la techno était colorée et le public joyeux et souriant. Les années raves 95-98 représentent selon moi une excellente période musicalement et mentalement.

Que conseillerais-tu aux jeunes qui démarrent dans le mix?

Être autodidacte, la base c’est selon moi une bonne oreille, le sens du rythme et la passion pour la musique. Soit on l’a, soit on ne l’a pas : l’art du mix tempo est quelque chose d’inné. Savoir rester simple et passionné ne jamais trop en faire..

Tu composes dans ton home studio, quel est ton style?

Ma préférence en composition c’est la musique Ambient avec beaucoup de superpositions de mélodies, mais lorsque que je commence un nouveau track c’est souvent de la techno qui ressort!

Que préfères-tu au final? Composer ou mixer?

De loin composer, c’est un plaisir palpable que de voyager et faire voyager avec sa musique, ça requiert également beaucoup de temps et d’apprentissage en tout cas en ce qui me concerne. Mixer est toujours un plaisir, lorsque c’est possible mais un peu moins qu’il y a quelques années car je gère un commerce qui me prend beaucoup de temps.

Que trouve-t-on comme musique dans tes sets ?

J’ai mixé un peu de tout durant mon ascension musicale de la hard tek, techno, dark house ,tek house, dnb. Actuellement j’ai une tendance à des sets techno minimal et également deep house.

Quels sont tes projets à venir?

J’ai plusieurs tracks en préparation avec l’objectif de sortir un EP puis produire, composer, alimenter de quelques soirées entourés de bonnes personnes et une bonne énergie.

Un petit mot pour la fin?

Je remercie Interaktion pour cette petite interview, et un grand merci pour permettre aux artistes de l’ombre de s’exprimer sur la toile.

 

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