Resaca Production

Patron de Resaca Production, organisateur des soirées Zodia, [dont la prochaine se déroule le 13 Octobre à La Soute à Chambéry (lien en bas de page)], des Micro-Club, ou encore Katarsis, rencontre avec le boss de l’association : Raoul.

Merci à toi d’avoir accepté cette invitation, pour commencer peux-tu te présenter et nous expliquer les diverses activités de ton association ?

Avec plaisir …
Je suis Raoul Bourgoin, j’ai 29 ans et suis originaire de Chaumont (52). C’est par mon impulsion que l’idée Resaca Production a vu le jour et par le reste de l’équipe qu’elle s’est concrétisée. Notre association Resaca fait danser le monde dans la petite ville de Chambéry.
Nous n’avons pas d’autres objectifs que de nous amuser. Le but, dès le début, a été d’offrir des formats de soirées accessibles en termes de prix et proche du centre-ville en envahissant différents lieux comme les bars, clubs et salles de concerts. Nous aimerions surtout réussir à réunir le public de notre petite vallée, une communauté que petit à petit nous connaissons et côtoyons à chaque soirée.
Ce serait bien de parvenir à prendre racine dans le paysage culturel chambérien avec comme drapeau, la musique Techno. Je rêverais de voir les grands noms internationaux passer par chez nous.

Comment te positionnes-tu sur le débat entre musique électronique underground et commerciale ? Quel est ton point de vue sur l’EDM ? Les free-parties ?

J’ai un avis bien trempé sur le sujet. Très souvent lorsque nous parlons de culture « grand public » nous parlons de culture de masse sans trop de passion. L’EDM c’est du grand public, c’est du commercial pour moi (du supermarché musical). Quand je vais en boîte de nuit clairement je suis perdu et je perds mes repères, à tel point que cette EDM me rend totalement fébrile si je n’ai pas assez bu avant. Ce type de musique est d’un plat incroyable, du médiocre et du vide total. J’ai le sentiment qu’il faut juste boire 1L de vodka et crier en levant les bras pour dire qu’on apprécie. Cet avis est purement subjectif…
La musique House et Techno que nous faisons vivre véhicule un lien passionnel avec le public. Cette musique est profonde, sophistiquée. Je la vis et la consomme comme une émotion en relief qui me fait voyager sur place mais aussi être en osmose avec les personnes autour de moi qui l’écoutent. C’est délicieux, j’en ai la chair de poule.
Concernant les free-parties c’est justement de là que j’ai puisé mon envie et mon imagination dans la musique électronique. Des membres de ma famille sont fondateurs du collectif « TRAKERZ » à Ales, anciennement appelé « KOGNANCE ». Avant d’aller en club j’ai dansé sur les dancefloors pirates ; et je suis encore épris de cette culture. Je l’adore. C’est la classe quand même !

Milites-tu pour une cause particulière au sein de la culture électronique ?

S’il y a bien un détail qui me démarque c’est mon désintérêt face à l’argent. Je pense que cette finalité nous fait nous détacher de l’objectif premier qui est le partage. Alors en effet, l’événementiel induit des moyens, je suis d’accord. Mais la notion de profits démesurés, d’enrichissements débordants me sidère clairement. Si je peux demain parvenir à répandre mon état d’esprit et à mettre en place un cycle de production de soirées où tout le monde s’y retrouve financièrement et où les tarifs appliqués sont simples et corrects tout en ayant une qualité de soirées, je serais conquis. Cependant cela n’arrivera qu’une fois que nous maîtriserons totalement la production de l’événement tant sur la gestion du lieu, des coûts, des entrées et des consommations sur place. Aujourd’hui nous sommes des invités, nous utilisons des espaces privés et/ou public où nous gérons seulement l’artistique. C’est limité.

Tu as un gros réseau, avec des contacts dans beaucoup de domaine, comment est-ce que tu te le crées, tu te forces, ou est-ce que ça vient tout seul ?

Tu rigoles !! Je n’ai pas de réseau ou plus de réseau. J’ai été étudiant à Chambéry pendant 4 ans. C’est lors de ces années que j’ai organisé beaucoup d’événements privés et/ou dans des lieux publics. Cela m’a fait rencontrer du monde et peut-être, je suppose, avoir une identité d’organisateur. Mais aujourd’hui, jeune papa et employé d’une PME à Avignon, je ne suis plus du tout connecté avec le réseau Chambérien. Pire j’accompagne Resaca à distance sans jamais trop toucher la matière. C’est tellement frustrant et compliqué ce système. Je m’efforce à avoir un réseau avec qui je ne sors pas, ne bois pas des verres, n’en paye pas et surtout à qui je ne donne pas envie de venir à nos soirée. C’est très dur d’avoir un réseau.
Resaca c’est une équipe de 10 personnes étudiantes et autres qui en permanence vivent et s’animent autour de nos événements pour parvenir à inviter le monde. Le voici mon réseau.
Mais pour conseil, ma sauce à moi c’est l’enthousiasme. Il faut être heureux pour donner envie, il faut être généreux pour maintenir les relations et il faut être investi pour faire du bon travail.
A partir de là tu rentres dans un processus relationnel à base de good vibes. Et ensuite le travail se fait tout seul, le bouche à oreille fait connaître tes soirées et Basta !
Et puis Chambéry c’est tout petit.

Quels sont les concepts que tu développes en organisation d’évènementiel ?

Nous ne développons aucun concept je crois. Notre processus organisationnel est le même que tout le monde. Des artistes, un public, un lieu et une ambiance. La chose qui nous différencie est la connotation espagnole de Resaca. Je suis fan de l’Espagne et je glisse un petit clin d’œil espagnol dès que je peux.

Comment organises-tu ta programmation ?

Nous avons Rémi (Rémi Martel NDLR) au sein de l’équipe qui se charge principalement des bookings. Nous choisissons juste ensemble les line up finaux. Nous aimons particulièrement les artistes aux Techno envoutantes et mélodiques comme Cerato, Granha et Kiko. En fonction de notre format de soirée nous invitons soit un artiste local, soit un artiste plus important. C’est surtout en fonction des moyens que nous avons.

Tu as des Dj résident au sein de l’asso (PMF, Martelo et Négative Pressure), comment s’est fait votre rencontre, quels sont pour eux les avantages et les inconvénients ?

En effet, les 3 sont là, avec nous. Ils constituent d’ailleurs le « bureau » de Resaca.
L’avantage pour eux est clairement que leur visibilité augmente via l’association. Chacune de nos soirées ou presque se voit enrichie de la présence d’au moins un résident. Cela leur fait cumuler les dates. Vis à vis des bookings extérieurs il se passe la même chose qu’avec le reste des autres artistes. L’association est parfois invitée à collaborer avec d’autres entités dans d’autres localités que la nôtre et à ce moment-là nous envoyons un résident pour représenter Resaca.
L’inconvénient je dirais est qu’ils doivent pleinement participer aux prises de décisions, travailler dure pour monter et dessiner le futur de Resaca. C’est vraiment du boulot d’entretenir ce tout petit écosystème et ça demande de l’énergie et du temps. Par ailleurs, ils doivent reverser une partie de leurs cachets mais seulement quand celui-ci est égal à un montant minimum.

Comment choisis-tu les lieux où tu organises tes soirées ?

Comme précédemment dit, nous occupons des lieux proches du centre-ville. Les bars et les salles de concerts où nous allons jouer sont déjà en place et en matière de gestion de lieu cela nous simplifie la vie. Vis à vis de la Sacem, ces lieux payent déjà leur forfait annuel et cela nous permet de ne pas nous soucier de cette dépense. Par la suite nous allons tenter d’investir d’autres types d’espaces, insolites, industriels. Pour l’instant c’est en cours de négociation, de calcul et surtout nous ne le ferons pas seuls.

Quels sont tes projets à venir ?

Le projet que nous avons en tête aujourd’hui est évidemment de construire pour demain un événement important et de grande envergure à Chambéry. La question est sur la table depuis plusieurs mois. La ponctuation ne se fera qu’entourée d’autres personnes. Je veux dire par là que nous tentons de réunir différents organismes publics ou privés pour parvenir à une synergie de nos compétences et réseaux.

Merci à toi, le mot de la fin ?

Le mot de la fin ? Que veut dire en espagnol «  yo tengo la resaca » ?
Et un grand merci pour ton interview. Pense à partager Zodia, il s’agit du premier gros événement Techno à Chambéry pour cette rentrée 2017 / 2018.
Gracias Amigo, Gracias a todos !

Les liens Resaca (venez, ça va être fat NDLR) :
Resaca
Zodia
Katarsis