Axel Nirka

Rencontre avec ce Grenoblois passionné de musique depuis plus de 20 ans, Dj/producteur, animateur de radio et collectionneur de vinyles à ses heures perdues !

Salut Axel, déjà peux-tu te présenter et nous expliquer tes différentes facettes au sein de la culture électronique ?

Salut, eh bien je suis Axel de Grenoble, je suis derrière les platines depuis mes 20 ans et j’aborde sereinement la crise de la quarantaine. Je suis donc DJ en musique électro techno et house, mais aussi un ex résident tout frais d’une radio locale grenobloise où j’ai envoyé du son pendant plus de 10 ans. Je compose également de la musique dans mon home studio et pour le temps restant, je suis dans le crew d’Interaktion où j’ai plus l’habitude de poser des questions plutôt que d’y répondre… Sympa la mise en abîme aujourd’hui (rire).

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ?

Oula, pas vraiment d’héritage musical de mon côté mes parents écoutant très peu de musique. J’ai commencé à écouter la radio et m’acheter des cd après mes 18 ans une fois mon premier job obtenu. Auparavant j’avais 2-3 cassettes avec des compilations oscillant entre la dance des années 90, le hardcore façon Thunderdome ou encore des sketchs des Inconnus…Un vaste programme pour aborder l’électro (rire). Depuis je me suis bien rattrapé avec un budget conséquent pour l’achat de vinyles, cd et aujourd’hui écouter aussi du format digital en streaming principalement.

Quel matériel DJ utilises-tu ? Recherches-tu des spécificités techniques particulières ?

Mixant sans artifices et misant sur la sélection musicale, je n’ai pas besoin de grand-chose : 2 sources avec un pitch et une table 2 voies avec correction classique des fréquences et je suis parti dans mon trip (rire). Je déteste les sets où les effets sont surjoués et toujours amenés de la même manière : c’est du cache misère pour moi. Un effet peut s’utiliser avec parcimonie mais toujours dans le but de surprendre le public, en l’utilisant différemment des autres artistes. Un bon track se suffit à lui-même, il est intéressant aussi de ne pas détériorer l’œuvre telle qu’elle a été pensée par son créateur.

Comment te positionnes-tu sur le débat vinyle vs CD vs MP3 ? Toi-même as-tu essayé diverses technologies ?

J’ai effectivement essayé les diverses technologies. Sur la qualité sonore, composant aussi beaucoup à la maison, je banni le mp3 sauf pour éventuellement en podcast. Sur un vrai sound-system le mp3 est une sorte d’ersatz sonore bien brouillon dans le grave avec des aiguës peu précis. La qualité cd est mieux mais avec la course à l’armement dans la guerre du son, beaucoup de tracks n’ont aucune dynamique et fatiguent vite à l’écoute. Je préfère de loin le son et la chaleur du vinyle mais les autres supports permettent de découvrir une multitude d’artistes. Il y a des services fantastiques qui permettent de découvrir de très bons tracks loin des tops 10 de Beatport et autres plateformes dédiées aux Dj’s.

Quel est ton pire souvenir de soirée en tant que DJ ? Et ton meilleur ?

Mon pire souvenir de DJ reste certaines soirées à mes débuts dans des bars un peu glauques sur Grenoble à mixer dans une cave seul ou avec 1 client, genre remix de « La Crampe » dans « Pulp Fiction » (rire). Mon meilleur reste un set réalisé en warm up d’Oxia où je m’étais éclaté avec mes sons préférés malgré un certain stress car,déjà 10 ans en arrière, c’était un grand de la scène techno. Enfin mon premier set sur la bande FM avait également quelque chose de magique. Après j’ai plein d’autres bons souvenirs mais ces deux-là ont une saveur particulière.

Tu es aussi producteur, avec 2 EP sorti sur le label Grenoblois Lite Litch Record, quelle est ta philosophie, ta conception de la production ?

Exact, j’ai eu la chance de sortir du son sur ce sympathique label géré par une amie. Ma conception de la production est d’utiliser à la fois du hardware et du sample pour parvenir à mes fins. Pour y arriver tout se joue en 1h ou 2 : je trouve mon idée, lance les accords, 2-3 mélodies et compose directement. Je perdais trop de temps à une époque « enfermé » dans une boucle, le cerveau atrophié tout comme les oreilles au bout de quelques heures. Pour le coup je lance beaucoup de projet mais si au bout des 2h je n’ai rien de concret, je zappe (rire) ! Par contre, une fois un track lancé, je passe beaucoup de temps à le finaliser, ajouter les effets et essayer de faire vivre le morceau.

Comment puises-tu ton inspiration pour composer ? Quels sont tes influences en matière de production ?

Je m’en remets au Muses…plus sérieux, j’écoute énormément de track dans plein de styles différents via mon activité professionnelle et mon expérience sur Max FM où j’ai géré la programmation musicale pendant quelques années. Mes influences et ma sensibilité viennent en partie de mon mentor Dj de l’époque qui s’appelle Francky et qui reste un excellent technicien avec une sacré oreille et innovation dans l’approche du son : dommage qu’il ait arrêté d’ailleurs… Pour le coup, grâce à lui, j’ai beaucoup exploité les faces dub des disques du club où on officiait, découvert des compilations des soirées Scream sur Paris début 2000, des artistes comme Jérôme Pacman ou encore Oxia… J’aime également ce que fait Vitalic, une partie de la discographie des Daft Punk, certains labels que je garde jalousement secret parmi les galettes de mon studio. Je me disperse beaucoup aussi musicalement parlant, et cela se ressent dans mes tracks où j’ai du mal à garder une idée directrice tout au long des 5-6mn du morceau…

Développes-tu des prestations live ? Préfères-tu jouer en tant que liver ou DJ ?

Sans hésiter je préfère jouer en tant que DJ qui me laisse plus de manœuvre en termes de choix musical et de technique pour « titiller » le public. Il faut jouer avec le public, savoir le frustrer gentiment et le surprendre par des mixes plus ou moins directs. Il faut savoir être percutant au bon moment et faire voyager les gens dans un univers marqué par des titres qu’il n’aura pas l’habitude d’entendre. Pour du live, j’y ai pensé mais mon sens inné du rythme et de la mélodie sont des éléments de blocage (rire)…J’ai du mal à donner le tempo en claquant des mains (rire), je passe mon tour pour du direct avec machines et claviers pour la sauvegarde des oreilles et l’intégralité mentale du public !!

Travailles-tu seul ou en collaboration ?

Je bosse principalement seul, j’ai déjà essayé de collaborer avec un ami ou 2 mais nos méthodes de travail, nos emplois du temps et nos sensibilités artistiques ne collaient pas toujours. Il m’arrive plus de faire des remixes pour mes amis quand l’occasion se présente. Après je suis ouvert à toutes propositions !

Quel matériels et logiciels possèdes-tu dans ton home studio ? Recherches-tu des spécificités ou des techniques particulières ?

Je travaille dans mon home studio sur Ableton Live 8 (avec licence s’il vous plaît). J’utilise à la fois des synthés hardware et des synthés au format VST : du côté hardware je possède un Moog Slim Phatty, un Roland SH-32, un Korg TR-Rack, un micro Korg, un virus rack et encore 2-3 expandeurs. Côté VST j’utilise un peu Sylenth, le Rob Papen subboombass et Unique de Sugar Bytes. Je passe tout cela par ma carte son, une bonne vieille RME Fireface et travaille au casque pour pouvoir vivre en paix avec mes voisins et ma femme ! Pour la partie composition j’ai quelques banques de samples, j’utilise ma souris et mon clavier d’ordi pour les mélodies, un cahier de solfège pour essayer de rester en harmonie. Le plus rigolo dans tout cela, c’est que je n’ai aucun sens du rythme, je compose tout pas à pas avec des séquences en loop…

Merci pour toutes tes réponses et le temps consacré, le mot de la fin ?

Plaisir. C’est ce qu’il faut prendre avant tout quand on se lance dans la composition ou le mixe : kiffer l’instant où l’on se plonge dans son univers et oublier tout le reste !!

L’univers d’Axel sur la toile :