Jimbo

Annécien, puriste de la musique techno originelle, celle qui cogne, membre du collectif « Laisse-Nous Ræver » et organisateur des soirées désormais célèbre « Techno Disorder », rencontre avec Jimmy !

Peux-tu te présenter ainsi que ton asso et les diverses activités qui te lient à la musique électronique ?

Je m’appelle Jimmy Delavay, j’ai 23 ans et je vis depuis toujours à Annecy, ma ville natale et de cœur. En dehors de la musique, j’aime le beau football, le cinéma et les burgers qui ne rentrent pas dans ma bouche ! Pour ce qui est de la musique, je me suis intéressé au métier de DJ depuis le début de mon adolescence et quand j’ai eu 15 ans, j’ai enfin pu m’acheter mon premier « set up ». J’ai donc commencé à animer les soirées de mes copains, des mariages, des petites dates en clubs, etc. En 2013, j’ai été sélectionné pour suivre la formation d’Animateur Musical et Scénique à Lyon à l’UCPA DJ School. J’en suis sorti diplômé, major de promotion et prix spécial du jury, pas mal non (rire) ?! C’était vraiment une expérience incroyable : je la recommande à tous les déterminés qui veulent apprendre ce métier. Enfin en novembre 2016, j’ai décidé de créer une association et me lancer dans l’organisation de soirées avec « Laissez-Nous Ræver ». Désormais, nous organisons une soirée « Techno Disorder » tous les mois/mois et demi et on est vraiment fier du résultat : 7 Sold Out consécutifs, des plateaux DJ de mieux en mieux chargés, des gens heureux d’être là, ultra respectueux et déterminés à en découdre avec le sound-system. Pour le moment tout baigne et on a hâte de voir jusqu’où on pourra aller !

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ?

A vrai dire j’ai rencontré la musique électronique dans le berceau via mes parents. Mais je leur dois un très fort héritage Rock/Hard-Rock. C’est plutôt The Doors, The Rolling Stones, AC/DC, Nirvana, Guns N’Roses et les Red Hot Chili Peppers qui ont bercé ma jeunesse, d’où mon goût pour le son costaud et psychédélique ! Le vrai tournant pour moi a été la sortie de « Satisfaction » de B. Benassi paru chez Submental record. Ce morceau m’a poussé dans le droit chemin je dirais, et suite à cela, je me suis penché sur Benassi et tous ses collègues. Maintenant, la musique électronique n’est pas une frontière à mes goûts musicaux,  j’apprécie aussi un bon son rap à l’ancienne, un Louise Attaque ou un Jamiroquai.

Peux-tu citer 5 tracks (ou albums) qui t’ont particulièrement marqué en musiques électronique ? Quels souvenirs te ravivent ces tracks/albums ? 

Alors comme cité précédemment, Benny Benassi a fortement marqué mon petit cerveau notamment avec les albums Hypnotica et Pumphonia, sortis en 2003 et 2004 sur les labels respectifs ZYX Music et D:Vision Records. Je prêchais la bonne musique à mes potes de collège en parlant de ces deux albums (rire)!

Le classique « I WANNA GO BANG» de Bjarki paru sur Trip Record : j’étais a Hypnotik (festival de musique électronique sur Lyon NDLR) 2015 lorsque Sam Paganini a lancé ça… Je pense que les murs s’en souviennent encore !

Meet Her At The Love Parade – Da Hool paru sur Kosmo Record : j’écoutais ça en boucle à l’âge de 3 ans, c’est sorti quand je suis né !

Deep Fear – Sidekick sur Net’s Work International : ça c’est le morceau que je mettais tous les soirs dans ma première résidence vers Lyon, un vrai classique du genre et qui fait bouger n’importe qui !

Enfin je terminerais par un gros track Techno, que j’adore jouer en tant que guest. C’est puissant, c’est envoutant et psychédélique, « Eomac – Spectre (Tommy For Seven Remix) » chez Killekill.

Quels souvenirs gardes-tu de ta première soirée électro ? Et de la dernière ?

Ma première soirée en tant que DJ était ma première soirée électro. C’était le 31 décembre de mes 16 ans, on a fait rentrer 150 personnes dans un appartement de 140m carrés. On est passés dans le journal (rire) ! C’était un moment incroyable, je n’oublierais jamais la folie qu’il y avait dans ce salon ! La dernière ? C’était la Techno Disorder bien sûr !

Qu’est-ce qui t’as motivé à devenir DJ dans la scène électro ?

Franchement, je dirais la passion pour cette musique, tout simplement.

Comment te positionnes-tu sur le débat vinyle vs CD vs MP3 ? Toi-même as-tu essayé diverses technologies ?

Je me positionne en tant qu’utilisateur de clefs USB, ancien utilisateur de CD et futur utilisateur de vinyles. Faut se le dire, le CD, c’est has been et pas très pratique. Le vinyle, c’est indémodable, physique et stylé. Maintenant, c’est la grande période des clefs USB/ Carte SD et tout le tralala. Personnellement c’est ce que j’utilise. Les gens qui crachent sur les autres car leur façon de travailler les énerve, j’ai envie de me moquer d’eux : pourquoi un support serait-il meilleur qu’un autre ? C’est souvent ceux qui utilisent des vinyles qui lancent ce genre de débat… mais faudrait-il encore savoir les caler pour pouvoir critiquer les autres !

Vous venez de réaliser la « Techno Disorder » 7ème édition, et selon mes sources, ça a encore été une réussite : comment est né ce projet ? Comment tout ça s’est mis en place au départ ?

Au départ, j’ai créé le collectif avec mon meilleur ami Rudy et mon petit frère Joey. J’ai moi-même investi de l’argent que j’avais mis de côté pour pouvoir organiser la première édition dans l’objectif de me rembourser avec les recettes. C’était un pari risqué mais réussi. Au bout de quelques soirées, mon meilleur ami a décidé de se retirer et nous avons continué l’aventure en famille, entre frère. Ce projet viens de moi, mais j’ai beaucoup de copains sur qui compter et avec qui je collabore, et c’est vraiment plaisant. J’espère qu’on va continuer comme ça longtemps !

Comment choisis-tu les têtes d’affiche de tes soirées ? Des artistes que tu aimerais avoir dans tes soirées ?

Nous les choisissons principalement d’après mes propres goûts principalement mais aussi ceux de mon frère, qui apporte cette touche « Industrielle » et plus violente en fin de soirée. Après vient la question du budget et de la disponibilité de l’artiste, mais en général nous arrivons à nos fins ! Vous vous en rendrez compte sur la saison 2017/18, les plateaux DJ vont normalement s’envoler !

Quelles valeurs diffuses-tu à ton public dans tes soirées ? Et as-tu le sentiment que le public est reconnaissant du travail que tu fais ?

Pendant un concert, ce que j’aime c’est partager et voir les gens kiffer. Alors peu importe qui j’ai devant moi : j’extériorise au maximum et j’essaie de faire transpirer ma passion et de l’étaler sur le front du public. En général ça marche bien, et j’ai toujours de très bons retours sur mes sets en soirée. C’est peut-être ça qui fait ma différence au-delà de ma musique : mon jeu de scène et mon énergie.

Quels sont tes projets à venir ?

Dans l’immédiat, vous allez très peu me voir car je suis blessé… A partir de mi-octobre, je reprendrais du service dans un bar genevois où je suis résident une fois par semaine. Je vais aussi entamer deux nouvelles résidences, une à l’Annexe (Lyon) et une au Chalet (Grenoble). Ces deux résidences sont des mensuelles, que l’on ajoute volontiers aux « Disorder » ! Nous avons des projets avec l’association, entre autre un festival sur le long terme, et des soirées en extérieur pour l’été prochain.

Ton mot de la fin ?

En espérant en voir un maximum d’entre vous à mes prochains concerts, et aux prochaines Techno Disorder bien sûr ! La Techno se consomme sans modération, le reste avec. Faites gaffe à vous !

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