Guillaume Dugenet

Rencontre avec Guillaume, parisien multi-facette, patron du label Maquisards, co-organisateur du BPM Contest et aussi du Maquisards Festival… Rien que ça !

Salut Guillaume : peux-tu te présenter et nous expliquer les diverses activités que tu mènes dans le monde de la musique électronique ?

Je suis le directeur artistique du label Maquisards, label indépendant de musique électronique. Je suis également co-organisateur du BPM Contest (tremplin à destination des jeunes producteurs de musique électronique), et co-organisateur du Maquisards Festival (festival de musique électronique).

A propos du Maquisards Festival, comment est né ce projet ? Comment tout ça s’est mis en place au départ ?

Ce projet est né l’année dernière : nous cherchions depuis un moment un lieu pour créer notre festival. C’est Sébastien (label manager de Maquisards), la personne avec qui je travaille sur tous ses projets, qui a découvert les arènes des Saintes Maries de la Mer en venant en vacances. Il est tombé amoureux de La Camargue et nous nous sommes lancé ce défi cette année. Nous voulions créer un événement à taille humaine où musique et lieux atypiques se marient à merveille, tout en mettant à l’honneur les jeunes producteurs : telle est l’essence de Maquisards.

Quels sont les concepts que tu développes en organisation d’évènementiel ?

Nous apportons beaucoup d’importance au lieu et à la scénographie. Pour nous, c’est aussi important que la musique. Nous voulons surprendre les gens à chaque événement.

Quels sont les genres électroniques qu’on peut entendre dans tes soirées ? Comment organises-tu ta programmation ? Donnes-tu la chance à de jeunes artistes ou artistes moins réputés ? Comment choisis-tu les têtes d’affiches ?

Les genres varient beaucoup en fonction des soirées. Nous avons des artistes très différents sur notre label, nous aimons la diversité de la musique électronique. Quand nous organisons une soirée, nous axons notre programmation autour d’un de nos artistes et de son style. Généralement, nous discutons d’abord avec lui/elle pour voir s’il/elle a des envies et nous essayons d’y répondre au mieux. Et enfin, nous invitons toujours de jeunes artistes où des collectifs locaux à venir jouer, c’est notre marque de fabrique.

Tu es aussi le patron du BPM Contest, qui est LE concours de référence en France pour dénicher les futurs talents en production de musique électronique : comment est né ce projet ? Comment tout ça s’est mis en place au départ ?

Le créateur du BPM Contest est Sébastien, la personne avec qui je travaille, et personnellement j’ai rejoint cette aventure en 2013. Le projet est né en 2011, avec l’envie de créer un label de musique électronique. Il s’est mis à organiser des soirées au Viaduc Café (dans le 12ème arrondissement de Paris) pour créer un réseau et commencer à signer des artistes. Et puis, il s’est dit : pourquoi pas inventer un tremplin pour découvrir de nouveaux producteurs ? Au début, tout se passait dans ce café. La formule était efficace, dans une ambiance du tonnerre, avec plein de rencontres professionnelles enrichissantes.
L’année d’après, on a eu envie de quitter Paris et de faire une tournée en Province. Depuis, chaque année, nous faisons une tournée en France.

Pour le BPM Contest, tu as des liens avec Trax ou encore Tsugi pour ne citer qu’eux : comment se passent les collaborations ?

Les collaborations commencent avec cette envie commune de donner une chance aux jeunes producteurs. Aujourd’hui, dans l’immensité d’Internet et le flot de musique qu’on y trouve, les jeunes producteurs, s’ils ne bénéficient pas d’un piston, ont beaucoup de mal à se faire repérer. C’est aussi le rôle de ces médias de faire découvrir de nouveaux artistes au public.

Le concours devient un prix Sacem en 2017 : quels changements cela vous apporte ? Quels avantages en retirez-vous ?

C’est une vraie reconnaissance pour nous de travailler avec la Sacem sur ce projet. Le changement important cette année, c’est qu’il y aura 2 prix remis aux producteurs choisi par le jury. Un prix BPM : le lauréat se verra offrir du matériel audio (un Moog SUB Phatty) et un accompagnement par notre label (sortie de disque, date de concert, etc.). Et un prix de la Sacem : le lauréat se verra offrir du matériel audio (une paire d’enceinte Eve audio SC207) et une résidence de travail en vue d’un enregistrement de disque.

Comment est recruté le jury ? Quelles consignes doivent-ils suivre ? Ont-ils des obligations particulières ?

Le jury est composé de professionnels de la musique, que ce soit des journalistes, des programmateurs, des artistes… Nous voulons un panel large de profils, avec diverses sensibilités et un rapport à la musique différent. La seule consigne est de prendre du plaisir à écouter et découvrir de la musique. Le jury ne se déplace pas sur la tournée : c’est très compliqué de gérer les disponibilités de chacun. Nous filmons et enregistrons toutes les sessions qui sont ensuite envoyées aux jurys. Nous avons créé une grille de notation composée de plusieurs critères (créativité, qualité de la production, technique du mix, performance scénique)  et le jury donne des notes aux producteurs.

Le fait de mettre en avant de jeune producteur et de les propulser sur des scènes importantes ne doit pas être facile à gérer : comment appréhendez-vous ces problèmes ?

Effectivement, ça n’est pas toujours facile de gérer de jeunes producteurs. Nous avons déjà fait jouer des artistes qui n’étaient jamais montés sur scène devant un public de 1500 personnes. Mais ça c’est toujours bien passé. Nous préparons en amont les prestations scéniques pour éviter au maximum les problèmes techniques sur scène.

Les vainqueurs des saisons précédentes sont-ils toujours en contact avec vous ? Vous remercient-ils du tremplin que vous leur avez fourni ?

Aujourd’hui, nous produisons 4 artistes sur notre label (Tez Cadey, KUB, Zuntyh & le duo Pantéone) et nous les avons tous découverts sur la tournée BPM. Nous gardons aussi contact avec les anciens participants : nous les programmons sur nos événements et continuons à les soutenir.

Ton mot de la fin ?

Un grand merci pour ton soutien.

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