Adrian Wreck

Adrian Wreck : quelle est l’origine de ton nom de scène ? Qu’est-ce qui t’a motivé à devenir un artiste de la culture des musiques électroniques ?

A la base, j’ai sorti mes premiers morceaux sous le nom d’Adrian, des morceaux très violents, noirs… C’était mes premiers pas dans la musique électronique. Mais c’était difficile de me trouver sur Internet. Aujourd’hui, Internet occupe une place très importante dans la communication : j’ai donc complété mon nom afin de sortir des homonymes et d’avoir une identité entière. Wreck (« épave » en anglais) est lié à mon histoire, en particulier à cause d’un grave accident de voiture dont j’ai été victime avec des amis en 2011 : j’ai frôlé la mort. J’ai subi de nombreuses opérations, surtout orthopédique. Cet événement a eu une énorme influence sur ma vie, ma vision des choses. Artistiquement je n’ai pas le recul pour savoir si ça a changé quelque chose à mes projets, c’est inconscient.

 Tu es originaire d’Angoulême : comment se porte la culture électronique locale ? Y a-t-il des lieux électro incontournables à Angoulême ?

Angoulême est une petite ville : la scène électro est très discrète, tout est donné au festival de la bande dessinée qui a une importance majeure pour la ville. Nous avons une super salle de concert, la Nef : la programmation n’est pas orientée musique électronique, il y a quelques concerts électro mais peu ; c’était plus rock et autres pour ratisser large. Un ami est en train de monter un festival de musique électronique sur Angoulême ; la première édition sera fin septembre, “les InsolAntes” un gros projet. J’attends la programmation avec hâte, une nouvelle raison pour moi de descendre sur Angoulême !

Tu es très influencé par la french touch 2.0 : peux-tu nous en dire un peu plus sur ce concept ? Peux-tu nous citer 5 tracks/albums que tu considères comme des incontournables du genre ?

Ce qui me plait dans la musique électronique, c’est la recherche sonore, avoir un son sculpté avec des riffs qui groovent à mort, et rajouter à ça des sons distordus ou très percutants, synthétiques, entêtants : j’adore cette recherche. Je n’écoute pas que ce style musical, j’adore un peu tout en fait, surtout le rock et toutes ses variantes. Mais voilà pour moi des titres exceptionnels en électro :

Plaid – Where? (Aniplex, 2006)

Aphex Twin – Windowlicker (Warp records, 1999)

SebastiAn – Head/Off (Ed Banger records, 2006)

Leila – Mollie (Warp records, 2008)

Siriusmo – Das Geheimnis  (Monkeytown records, 2010)

Concernant des albums de fous :

Prefuse 73 – Extinguished: Outtakes (Warp records, 2003)

Jackson and his Computer Band – Smash (Warp records, 2005)

Igorrr – Nostril (Ad Noiseam, 2010)

Clark – Feast / Beast (Warp records, 2013)

Amon Tobin – Permutation (Ninja Tune, 1998)

Sur scène, es-tu plutôt en mode live ou DJing ? Quel matériel utilises-tu ? Qu’est-ce qui selon toi fait la particularité de tes prestations sur scène ?

J’ai rarement eu l’occasion de me produire sur scène, mais quand je mixe, je suis sur Ableton Live que je contrôle avec une MPD32 (un pote, NEUS, habitué de la scène, m’a montré son setup et j’ai halluciné sur les possibilités que ça apportait).

Quelle est ta philosophie dans la production ? Es-tu plutôt du genre spontané ou réfléchi ? Analogique, numérique ou les 2 ?

Quand je produis, je commence par du spontané, genre je fais un peu n’importe quoi, jusqu’à tomber sur une mélodie que je pourrais faire tourner en boucle pendant des heures ; ensuite je construis autour, beaucoup moins spontanément. Pour moi, un morceau, ça peut prendre quelques heures à produire, parfois ça peut prendre des mois… Je travaille avec un Korg MS20, un Virus TI, du coup analogique et numérique, que je séquence sur Logic Pro 9.

Tu as signé notamment sur les labels So French records et Spectrowave records : quels liens particuliers as-tu tissé avec ces 2 labels ? Est-ce une volonté de ta part de rester éclectique en faisant de la house et de la techno en mode french touch 2.0 ? Y a-t-il des labels sur lesquels tu aimerais signer ?

Sur So French, je sors tout mes projets club, french touch, les morceaux les plus accessibles possibles. Ça fait longtemps que suis avec ce label : le lien est plus amical que musical. Sur Spectrowave, je sors les projets plutôt orientés techno. Je prends énormément de plaisir à faire de la techno, bien que la mienne ne soit pas forcément la plus répandue. Là-dessus, je vais vraiment bosser le son, le design, alors que sur So French, je vais mettre l’accent sur la mélodie. C’est finalement ce qui différencie ces 2 styles musicaux. C’est une chance pour moi de pouvoir jouer sur ces deux tableaux et d’être soutenu. Les deux labels que je suis depuis toujours sont Warp Records et Ninja Tunes, mais les places sont très chères et leur direction artistique très pointue. Ils m’inspirent mais signer chez eux serait assez incroyable, difficile à imaginer. J’ai beaucoup de liberté avec les 2 labels avec lesquels je travaille et je tiens à la garder.

Quel est ton point de vue sur le commercial et l’underground en musiques électroniques ? As-tu déjà mis les pieds en free-parties ou dans une soirée EDM ?

Le commercial, pour moi, c’est de la conserve alors que l’underground c’est de la gastronomie… J’ai déjà mis les pieds dans ces genres de soirées : les free-parties c’est assez drôle ! Les gens ne se prennent pas la tête, profitent ; les soirées EDM, le peu que j’ai pu en faire, c’est du m’as-tu vu… Je suis moins branché soirée EDM même si le sound-system est de qualité.

Tu as 30 ans aujourd’hui : qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour les 30 prochaines années concernant ta carrière artistique ? Comment vois-tu l’évolution de la musique électronique ?

Pour l’avenir, on verra ! Mais je continuerai à m’évader avec la musique, et à en faire profiter ceux qui aiment. L’évolution de la musique électronique, c’est surtout dans les outils : c’est toujours plus facile et intuitif de faire du son, très accessible, et c’est chouette ; mais je pense que quelque soit les moyens, ne ressortiront que les choses originales, inattendues et personnelles.

Quelles sont tes actus à venir ? Ton mot de la fin ?

Pour l’actu, je sors actuellement un EP sur Spectrowave records, le 30 juin 2017 en digital ! Pour le reste, je suis sur un EP qui tournera autour des 4 éléments : du coup 4 morceaux, plutôt downtempo… On verra où ça tombera ! Mon mot de la fin : Ping !

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