Maxime Laffon

Rencontre avec Maxime Laffon, érudit Montpelliérain de la Techno !

Maxime peux-tu te presenter en quelques phrases ?

Maxime Laffon, c’est mon vrai patronyme : je suis tout simplement passionné de musique. Dj/producteur depuis plus de 10 ans, très curieux de cet univers, j’ai acquis au fil des ans une culture musicale solide. Totalement connecté au monde qui m’entoure, j’ai une soif permanente de connaître la vie des artistes, les actualités musicales ou les nouvelles technologies. Grand voyageur, ouvert sur le monde, il m’importe de partir à la rencontre de nouveaux artistes, de nouvelles cultures musicales, de nouvelles tendances… L’univers est en perpétuel mouvement et je m’intéresse à ce tout qui se passe et se partage ailleurs.

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ?

Tout jeune, j’écoutais tout genre de musique. Sur d’anciennes cassettes qui tournaient dans la vieille sono de maman, le casque vissé sur les oreilles, je passais des nuits entières à écouter du son comme « pump up the jam » de Technotronic ou bien encore « this is the sound of C. » de Confetti’s. Inconsciemment, j’intégrais une culture musicale qui me revient régulièrement aujourd’hui. Puis arrivèrent mes premières boums : je passais derrière les tournes-disques et faisais le DJ avec quelques vinyles et CDs dance music et pop des années 90. En parallèle, je m’intéressais à la musique classique, ayant étudié le violon au conservatoire de La Grande Motte pendant plus de 10 ans. Je n’ai pas échappé aux fameuses « discothèques » où je dansais et vibrais toutes les nuits sur des sons nouveaux. Je me suis intéressé alors à des artistes comme Laurent Garnier, Carl Cox et bien d’autres encore.

Tu as la double casquette DJ et producteur : laquelle est venue en premier ?

J’ai commencé à suivre les festivals en tant que public et j’ai découvert un autre univers : la musique électronique. Les DJs, les ambiances électriques, le vrai son. Le déclic, je l’ai eu lors d’un passage d’une DJette (souvenir inoubliable) : j’ai éprouvé cette sensation de vouloir faire danser et crier de plaisir la foule à laquelle j’appartenais ce soir là ! J’ai compris que ma voie, c’était de devenir DJ : j’avais 17 ans. J’ai acheté mes premières platines et mes premiers vinyles et j’ai commencé à m’entrainer. J’étais loin du monde de la production, ça ne m’intéressait pas au début, mais j’ai vite ressenti le besoin de créer mes sons. Si on veut évoluer dans ce milieu, devenir professionnel, il faut se définir un style et donc faire de la production. Cela implique de savoir manipuler des logiciels, de comprendre les bases, les accords… Avec mes années de violoniste, j’avais déjà des bonnes fondations musicales : la connaissance du solfège, des notes, des rythmes. Il ne me manquait plus qu’à savoir utiliser le logiciel. La création s’offrait à moi et il ne me restait plus qu’à trouver mon propre style.

Tu as signé sur des labels comme Minus, Blufin, Deeplomatic, etc. Comment se passe la collaboration avec les labels sur lesquels tu as signé ? Que t’apportent-ils dans ta carrière d’artiste ?

Du sérieux. Quand on signe avec des labels aussi prestigieux, on ne peut que s’impliquer de plus en plus dans cette passion et se dire que finalement, on peut en faire son métier. J’ai de très bons rapports avec mes labels : ils m’ont ouvert pas mal de portes, notamment Minus ; avec cette signature, j’ai pu approché des DJs comme Monika Kruse, Jamie Jones ou encore Anja Scheider. Ma plus belle récompense est d’avoir pu rencontrer Richie Hawtin en personne, de diner avec lui et d’aller faire la fête avec toute son équipe. Un homme d’une générosité exceptionnelle. Mes signatures ont eu un effet boule de neige. De nouveaux contacts, de belles rencontres, des rapports avec des professionnels, avoir accès à de grands noms de la scène électro, signer de nouveaux contrats comme chez We Love Techno (label d’Acid Kit) ou bien encore Natura Viva. Cela m’a permis également d’avoir un agent qui s’occupe de ma carrière. Depuis, j’ai pris contact et entrepris des relations avec des artistes pour des futures collaborations.

Tu as joué en Chine, au Pacha à Macao : comment es-tu rentré en contact avec eux ? Comment était le club, l’ambiance ? Le public est-il diffèrent comparé à l’Europe ?

Une expérience inoubliable ! J’avais déjà joué en Chine l’année précédente, dans un club à Macau lors d’un voyage. Le directeur de l’événement m’avait repéré et m’avait donné ses coordonnées pour que je puisse lui envoyer mon mix et ma bio. Quelques semaines plus tard, je reçois un mail avec une proposition de soirées : j’accepte bien évidemment et je reçois alors le contrat où il était stipulé que la date allait se passer au Pacha à Macau avec une pré-party la veille dans un hôtel parmi les plus prestigieux de Macau. J’étais à la fois excité et stressé car sur un press kit, ça pèse lourd et il ne fallait pas se louper. Le voyage, l’hôtel, une énorme communication, la limousine, les soirées… Un moment fabuleux, un public totalement open à mon style, différent de l’Europe mais tout aussi curieux de voir un jeune DJ européen aux platines… Photos, dédicaces : j’en garde un excellent souvenir !

Maxime Laffon derrière les platines est-il le même que dans la vie de tous les jours ?

Heureusement que non sinon je ferais peur à tout le monde. Je plaisante, évidemment (rires). Je suis le même en un peu plus déluré, le son se mêlant à l’excitation du moment. Je suis quelqu’un à la base de joyeux, extravagant, au sourire facile : j’apprécie un bon verre tout en me laissant aller dans le moment. Vois-tu ce mix de sensations ? Il suffit de rajouter le son pour que je sautille dans tous les sens et transpire de plaisir. C’est ça Maxime Laffon derrière les platines.

Tu fais partie du duo MITA MITA avec Alex Millan. Comment vous êtes-vous rencontrés ? Comment est né ce projet ?

J’étais chroniqueurs sur une radio locale de Montpellier, émission dans laquelle je présentais les tendances actuelles électro avec des interviews DJs et producteurs. J’ai reçu comme invité Alex Millan. A la fin de l’émission, il est venu me voir en me disant qu’il avait écouté mes productions et qu’il avait trouvé mon travail pointu. Il m’a proposé une collaboration sous forme de duo. Je me suis dis pourquoi pas. C’est autour d’un verre qu’on a trouvé le nom du duo et la direction musicale qu’on allait prendre. Le projet est né ainsi.

Avec MITA MITA, vous avez signé sur des labels prestigieux tels que Toolroom records, Bedrock records, Parquet recordings, etc. En studio, comment fonctionnez-vous ? Avez-vous défini des rôles pour chacun ou êtes-êtes plutôt instinctifs dans la production ?

Bien sûr, dans un duo, chacun a un rôle précis. Moi, je devais trouver l’idée du track : je la proposais alors à Alex et s’il se sentait inspiré, je devais créer de A à Z et lui rajoutait la mélodie. Alex avait des connaissances en mastering et il terminait le morceau et les arrangements : la technicité du son, c’était lui. Nous avons produit beaucoup, envoyé aux labels : les signatures importantes se sont faites sur une seule année.

Des projets à venir que tu aimerais nous dévoiler ?

Récemment, je suis rentré dans l’agence madrilaine « Phuture Bookings » dans laquelle on peut retrouver des artistes comme Daniel Lera, The Yellowheads en bien encore D-Unity. De nouvelles signatures à venir aussi avec les labels We Love Techno, Natura Viva et bien sûr BluFin records. Apres avoir fait un passage par l’Asie, j’ai aussi de nombreuses dates programmées en France et en Europe ainsi qu’une tournée au Canada et aux USA qui se prépare cet été, notamment avec la Gaypride, des Pool Parties et afters. De belles collaborations sont à venir… Mais je préfère rester dans la confidence (superstition d’artiste).

Tu as le droit de passer 5 tracks dans une soirée : lesquels choisis-tu et pourquoi ?

  • Grindhouse – Radio slave (Dubfire Terror Planet remix) : parfait pour faire monter la pression sur le dancefloor !
  • Kaiserdisco – Get enough (original mix) : techno et disco à la fois.
  • Rolando – Jaguar (Sébastien Léger remix) : so remember !
  • Laurent Garnier – The man with the red face (original mix) : un classique d’une efficacité redoutable !
  • Full Clip – Martin Buttrich : un track tellement sex, parfait pour terminer un set.

Je te laisse le mot de la fin au cas où tu voudrais nous en dire un peu plus…

J’ai un message à faire passer à tous les passionnés de musique qui croient en leur talent. Il est vrai que lorsque j’ai eu cette passion dans les veines, une amie artiste m’a dit « Maxime, tu sais, ce milieu est très difficile comme tous les milieux artistiques, mais tôt ou tard ça paie. Alors ne lâche rien et ne baisse pas les bras… ». C’était il y a plus de 10 ans et je m’en souviens comme si c’était hier. Elle n’avait pas tort : bon nombre de fois, j’ai failli arrêter mais à chaque fois, j’ai repensé à cette phrase. La route est très longue et difficile mais il faut tenir le cap et ne rien lâcher, garder confiance en soi et foncer. On apprend tout les jours avec parfois des moments difficiles (le doute s’installe) et certains matins où on reçoit de bonnes nouvelles, des signatures, des dates, de jolis messages concernant nos créations : c’est très stimulant, ça permet de tenir debout tous les jours pour avancer. Un grand merci à tous ceux qui me soutiennent, qui croient en moi, qui me suivent, qui vibrent sur ma musique… L’aventure continue toujours plus belle !

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