Tawa Girl

Peux tu te présenter en quelques phrases ? D’où vient ton nom de scène ?

Je suis passionnée de musique électronique depuis toute jeune. Mais je ne fais pas que l’écouter : je la mixe surtout pendant des heures sans m’en lasser, et ça depuis plus de 20 ans. Depuis trois ans, je suis à fond dans la compo : je fais environ 10 heures de son presque tous les jours. Je ne peux pas m’en passer, c’est impossible !  Quant à mon nom de scène, je n’ai jamais su trop répondre à cette question… Il vient de mon époque des free parties…

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ? Comment es-tu rentrée en contact avec la musique électronique ?

J’ai fait du solfège dès l’age de 9 ans et dans la foulée, quelques années de synthé chez Yamaha. Que du bonheur ! Il y a 30 ans, il y a un artiste magique qui m’a marqué pour ses spectacles et ses synthés : Jean-Michel Jarre ! J’adorais le regarder et l’écouter. Ma mère a toujours aimé la musique: j’ai grandi avec sa voix de chanteuse dont je n’ai pas hérité et c’est bien dommage ! Mon frère quant à lui a fait du piano. Que je jouais du synthé, j’aimais jouer rapide : il fallait que ça galope façon techno allemande que j’écoutais dès l’âge de14 ans. Les fameux CD Thunderdome : toute mon enfance (rires). C’est de là que m’est venue l’envie de n’écouter plus que de la techno.

Qu’est-ce qui t’as motivé à devenir DJ dans la scène électro ? Peux-tu nous raconter ta première expérience de mix en public ? Qu’est-ce qui a changé depuis ?

C’est venu tout seul, sans me rendre compte. Le synthé y est pour beaucoup aussi. Je me rappelle que j’enregistrais des cassettes et qu’ensuite, j’en mettais deux en play pour les caler : ça me rendait dingue car ça ne voulait pas caler, ça ne marchait pas ! Par la suite, j’ai découvert les platines vinyles : beaucoup plus facile pour caler ! Je devais avoir 17 ans quand j’ai découvert Miss Kittin. Et c’est vraiment là que j’ai voulu devenir DJette : mon leitmotiv était de pouvoir mixer différents artistes et faire danser les gens sur du gros son. Ma première expérience devant un public est tout simplement magique : je voulais plus m’arrêter ! Ce qui a changé depuis, c’est mon matériel pour mixer ; j’ai aussi changé de style musical : je suis passée de la tribe à la techno. Je suis aussi passée des soirées en plein air à des clubs.

Quels sont tes petits plus sur scène ? Aimes-tu prendre des risques ?

Je suis tellement heureuse quand je joue : j’ai les yeux qui brillent, je danse, je regarde les gens, je souris, j’émets toute mon énergie.  Des risques ? Je n’utiliserai pas ce mot car je prépare mes mix : sur 4 decks, c’est indispensable. Je ne veux qu’aucun track fassent redescendre mon set ! En même temps, je m’adapte au public qui est devant moi. Mais oui : si y a la grosse ambiance, pour rigoler, si je veux passer d’un coup un track bien dark je le fais ! Je dois avoir plus de 30 playlists de tout style techno dans mon ordi que je renouvelle : j’ai de quoi faire.

As-tu une résidence ? Comment procèdes-tu dans le démarchage de tes soirées ?

Non, je n’ai pas de résidence pour la simple raison que là où je vie, ma musique n’est pas spécifiquement adaptée pour ça. Pour les soirées, je ne fais aucune démarche. Ce sont les organisateurs de soirées qui me contactent, par rapport à mes mix publiés sur Soundcloud ou Mixcloud, et d’autres pour mes compos ou les labels qui m’ont signée.

Quel est ton pire souvenir de soirée en tant que DJ ? Et ton meilleur ?

(rires) J’en ris aujourd’hui mais pas sur le moment ! Je devais jouer en after : j’ai mis mon réveil, j’arrive limite encore avec la trace du coussin sur la joue, je branche tout matériel et là il ne se passe absolument rien, rien ne veut fonctionner. Bref en cinq minutes j’ai tout plié je suis repartie. Ç’était vraiment mon pire souvenir. Mais en général, toutes mes soirées sont de bons souvenirs car à chaque fois je vis quelque chose de différent, avec un public différent. Mais mon meilleur souvenir reste quand même une péniche à Brême en Allemagne. C’était énorme : un public magique, une soirée inoubliable.

Tu es aussi productrice/remixeuse avec des signatures sur des labels comme Yin Yang, Dolma rec, Electrovino, etc. Comment as-tu appris à composer ? Quelles sont tes influences en matière de production ?

Il y a environ 15 ans, j’ai appris à composer seule sur Acid Pro. Puis j’ai arrêté car avec le travail, je ne pouvais pas tout faire. Il n’y a que le mix que je n’ai jamais arrêté ! Il y a 3 ans environ, on m’a appris à composer sur FL Studio qui ressemble beaucoup à Acid Pro. Et petit à petit, je me suis remise à la compo : par contre depuis, je n’arrive plus à m’arrêter ! Je suis à plus de 300 tracks sorties, sans compter ceux que je jette. C’est complètement différent du mix mais j’aime trop ça. Remixer, c’est aussi c’est super sympa : ça permet d’avoir son nom sur les sorties avec différents artistes. Mes influences restent les artistes que je mixe mélangés à la façon dont je les joue. Pour moi, ce mélange des deux est très important. Je n’arrive pas encore à faire ce que je voudrais mais doucement, je commence à composer ce que j’aime jouer.

Comment se passe la collaboration avec les labels sur lesquels tu as signés ? Que t’apportent-ils dans ta carrière d’artiste ?

Tout se passe super bien avec les labels : ils sont tous super gentils et agréables. Ils me donnent tous envie de progresser. Ils m’apportent beaucoup : l’envie de continuer, de progresser, de signer sur des labels encore plus grands. Ce qui me permet de faire connaitre ma compo ainsi que mes mix.

De futures dates en approche ? Des projets particuliers dans le Djing et la production ?

Dimanche 30 avril, veille de jour férié, je jouerai au Karting d’Aix en Provence. Pour les 10 ans du label Happy Family, il y aura 2 plateaux techno et hardtek. Et le jour suivant, le 1er mai,  je jouerai en after à Montpellier au Yaka. Le 19 mai, je jouerai à Valenciennes au club le Lärm. Pour les évènements, tout est noté sur ma page facebook. Oui j’ai des projets, je veux continuer à progresser et signer sur certain labels que je reve depuis un moment. et je ferai tout pour y arriver.

Ton mot de la fin ?

La musique électronique est un monde où seul un musicien peut comprendre pourquoi pouvons nous passons autant d’heures dessus. Un monde où l’on peut être seul dans sa bulle, sans que cela nous dérange parce qu’on y est bien pour composer, mixer et chercher des tracks. Puis arrive le moment où l’on se retrouve sur scène pour pouvoir partager sa passion. Des heures de travail et de recherche. Un monde que je ne quitterai pas : j’en serai trop malheureuse !