House Of Cajon

Quelques phrases pour te présenter : d’où vient ton nom de scène ? Quel est le concept de House Of Cajon?

Le nom peut paraître étonnant si on le traduit mot par mot : l’idée m’est venue lors de la découverte de l’instrument à percussion originaire d’Amérique latine, le Cajon qui peut s’écrire aussi Cajón. Pour définir le concept qu’est House Of Cajon, je dirais que l’objectif est d’harmoniser la percussion avec la musique électronique dans l’idée de s’inspirer du mouvement Tribal House. House Of Cajon est un concept que je porte seul avec mes percussions et je m’entoure de différents DJs avec des styles propres à eux-mêmes. L’objectif est de rassembler les amoureux de la musique électronique mais aussi les personnes aimant les sonorités plus groove.

Comment as-tu commencé la musique ?  

La musique a toujours était présente depuis mon plus jeune âge : j’ai reçu une éducation musicale avec des artistes comme James Brown, Stevie Wonder, Barry White ; des styles musicaux très groovy. C’est peut-être cela qui m’a poussé à commencer la batterie à l’âge de 6 ans. En grandissant, j’ai découvert le rock avec des groupes comme Deep Purple, Rolling Stones et bien d’autres qui m’ont permis d’élargir mes connaissances musicales et ma technique de jeux en batterie. C’est réellement à l’âge de 17 ans que je me suis intéressé sérieusement à la musique électronique.

Comment es-tu arrivé dans le monde du DJing et de la production ? Vis-tu de ta passion ou as-tu une activité en parallèle ?

Le souhait de collaborer avec des DJs en live a toujours été présent mais me posait des questions techniques : une batterie ou un cajon avec un micro en club impose une problématique technique et un problème d’espace. L’achat d’un instrument de chez ROLAND, le Handsonic HPD 10 (un pad électronique avec une multitude de sonorités) a permis de réaliser ce souhait. Au départ de l’aventure en 2012, j’ai collaboré avec un DJ (Arno Jack) dans des bars ; puis j’ai réalisé les warm up de DJs résidents en boite de nuit. Par la suite, j’ai continué à jouer dans différents établissements de la région du Sud-Est mais aussi au Canada où j’ai habité durant une année. L’ensemble de ces expériences m’ont enrichi en matière de style de jeu dans mes lives. Depuis l’été 2016, une rencontre en studio avec le DJ marseillais Max Swif m’a permis de rentrer dans l’univers de la production. Cette rencontre m’a ouvert de nouvelles possibilités musicales avec d’autres connaissances comme Toma Calamita. Actuellement je ne vis pas de ma passion : c’est un passe-temps qui m’occupe énormément à côté de mon travail et je comprends pourquoi cela devient un réel métier. Je suis paysagiste depuis 5 ans à côté : ce travail me permet de travailler ma créativité mais dans un autre domaine.

Quelles sont tes influences musicales ? Peux-tu nous citer 5 tracks/albums en musiques électroniques qui sont incontournables pour toi ?

Ayant des influences musicales très groovy, je pense aux DJs comme Loco Dice, Macéo Plex ou encore Disclosure qui savent allier de manière magistrale des musiques envoutantes tout en jouant des morceaux très rythmés et aussi avec un visuel sur scène.

Dennis Ferrer « Hey Hey » (Objektivity, 2009) : je découvrais le monde de la nuit et ce track a été une claque en terme de rythmique et de vocale, incroyable !!

Paul & Fritz Kalkbrenner « Sky and sand » (BPitch Control, 2009) : ça serait mentir de ne pas le citer avec une ambiance qui vous fait décoller jusque sur la lune !!

Amy Winehouse « Rehab (mixed by Tom Elmhirst) » (Universal records, 2006) : pour les instants de Chill et en tant que fan d’Amy Winehouse.

Disclosure « When a fire start to burn » (Universal Music, 2013) : pour sa vocale et son kick’ groovy.

Loco Dice feat Chris Liebing « Keep it low (Jimmy Edgar remix) » (Desolat, 2016) : mon morceau du moment pour mes inspirations en studio.

Comment s’organise la production ? Avez-vous des rôles définis ? Des influences particulières ?

L’avantage que nous avons Max Swif et moi, c’est d’avoir des connaissances musicales différentes mais qui se complètent. Max est un beatmaker et à une large connaissance sur la MAO : il arrive à mettre en musique une idée très rapidement. De mon côté, étant musicien de formation, je donne mon avis sur l’aspect écriture musicale ainsi que sur l’harmonisation, le roulement du morceau. Lors de notre arrivée en studio, nous discutons tout d’abord des sonorités et morceaux écoutés chacun de notre côté. Cela nous permet d’avoir de nouvelles idées. L’objectif est de pouvoir placer dans nos morceaux un ensemble de sonorités permettant d’obtenir un roulement avec des contre temps, ce petit quelque chose qui fait bouger la tête. Nos travaux en studio peuvent nous amener à refaire un morceau plusieurs fois si l’ensemble des sonorités ne nous inspirent plus. Pour ma part, si le morceau n’a pas sa ligne directrice après les deux premières séances, le travail réalisé n’aura pas était satisfaisant.

Quel est le matériel utilisé pour vos compositions ? Recherchez-vous des spécificités techniques particulières ?

Pour ce qui est du matériel utilisé, nous travaillons sur le logiciel Ableton avec un Pad Roland (Handsonic HPD10) : cela nous permet d’avoir une rapidité d’exécution pour des solos de batterie, des rythmiques à contre temps. Depuis peu nous travaillons avec le contrôleur de chez Native Instruments : Mashine (le MK2 Black). Et pour être honnête c’est un autre monde qui s’est ouvert, une manière encore plus ludique de travailler et une qualité sonore impressionnante.

Pour le moment, vous distribuez vos productions en libre téléchargement sur Soundcloud : avez-vous l’intention de signer vos tracks sur un label ? Sur quels labels aimeriez-vous signer ? Quelles sont vos attentes vis-à-vis d’un label ?

Effectivement, nous avons choisi de mettre en téléchargement gratuit nos premières productions pour pouvoir juger de leur qualité et de leur « popularité » vis à vis du public. Nous venons de signer notre premier morceau sur le label américain Hydrogen Inc. qui sortira courant avril 2017. Nous gardons le titre du morceau confidentiel, il ne reste plus longtemps à attendre ! C’est une réelle satisfaction de voir que notre travail est reconnu et qu’il va être distribué sur des plateformes de téléchargement. Si on devait choisir, sans hésitation on signerait sur des labels comme Suara, Hot Creations ou encore être présent sur Defected records serait une très grande marche de franchie !! Après, rien n’est impossible mais il nous reste à travailler pour atteindre cet objectif.  Nos attentes vis à vis d’un label sont de promouvoir notre musique avec des moyens pouvant accroitre notre notoriété et être playlisté par de nombreux DJs. Le fait que le label organise ses propres soirées et fait jouer ses artistes est un réel plus.

Séquence nostalgie : ton premier DJ set en public, comment ça s’est passé ? Qu’est-ce qui a changé depuis ? Quels liens tisses-tu avec ton public sur scène ?

Wahouu !! Ça commence à faire malgré ma jeunesse encore présente !! Année 2013, première date dans un club avec une capacité de 1000 personnes : j’ai joué avec Arno Jack en warm-up du DJ résident Lorenzo Deconi au Season Club dans le Var.  Sans vous le cacher, pas mal de stress pour nous deux avant de commencer.  Mais on attendait ça depuis tellement longtemps. On a commencé à jouer au sous-sol de chez mes parents puis pour des soirées chez nos amis et là, c’était le monde de la nuit qui s’ouvrait à nous avec un public. Pour être honnête, ce live a été une des plus belles dates que j’ai réalisées depuis que je me produis : une énergie positive du public et du DJ qui nous recevait… Et c’était ma première prestation dans un club.  Cela nous a permis d’enchainer durant une année les warm up une fois par mois dans l’établissement.

Que penses-tu de la scène française ? Développes-tu une stratégie particulière dans le choix de tes dates ? Un lieu ou un event où tu rêves de jouer ?

La scène française électro en général est constituée de styles très variés qui s’exportent bien à l’étranger (Daft punk, Laurent Garnier, Cassius, Kungs, Petit Biscuit). Que l’on aime ou pas les artistes que je viens de citer, on peut néanmoins admettre que leur style musical à atteint un public au-delà de nos frontières.  Cela est très positif pour nous, producteurs, musiciens qui souhaitons faire connaître notre travail et toucher un public adepte de notre style musical. Il n’y a pas de stratégie particulière sur le choix de nos dates. Bien évidemment, nous démarchons dans des établissements où le style musical est approprié à ce que nous faisons.  Actuellement, nous ne sommes pas en recherche de dates : la décision que nous avons prise pour cette année 2017 est de se focaliser d’abord sur la signature de morceaux dans des labels. Cela nous permettra de pouvoir démarcher des établissements plus importants ou avec une renommée plus importante. J’espère aussi que ça nous permettra de jouer en festivals.

Quels projets nous réserve House of Cajon dans les mois à venir ? Comment te vois-tu dans 5 ans ?

House Of Cajon travaille actuellement sur de nouveaux morceaux en collaboration avec Max Swif et Toma Calamita qui sortiront d’ici cet été ou septembre. Pour ce qui est des vidéos que je réalise sur ma page facebook, la première de l’année 2017 arrivera courant février et par la suite une fois par mois. Je travaille sur un projet de musique de rue où je réaliserais des morceaux en impro live ainsi que des productions via un loop station dans des lieux urbains entre Marseille et Toulon. Dans 5 ans, j’espère avoir trouvé un public qui me permettra de vivre de ma passion. De faire oublier, le temps d’un instant, le quotidien et tous ces faits de société pas très encourageant pour l’avenir : j’espère juste qu’il y en aura moins.

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