Bleu

Qui se cache derrière le groupe Bleu ? D’où vient votre nom de scène ?

Bleu c’est deux musiciens (Mathias et Guillaume). Le nom du projet provient d’un voyage à Ibiza en 2015 alors que nous étions sur une plage, buvant un cocktail. Nous avons été influencés par les éléments naturels qui nous entouraient, et il nous tenait à cœur de donner au groupe une couleur dans tous les sens du terme.

Vous revendiquez le genre Trip Pop : quels sont vos influences ? Comment définissez-vous ce nouveau genre ?

Nous sommes influencés par l’univers Trip-Hop et les différents mouvements musicaux liés au psychédélisme. Du coup, de manière générale, ce sont les musiques aériennes et légères qui nous parlent presque toujours. Notre genre, c’est pour nous ce mélange d’une Trip-Hop mise de concert avec les mouvances psychédéliques actuelles : la Dream-Pop, la Pop-Psyché, le Rock-Psyché, etc. : Beach House, Connan Mockasin, Tame Impala et d’autres. C’est peut-être une forme, pour nous, de sublimation de la finesse de l’art de la Trip-Hop grâce aux sonorités psychédéliques souvent plus lo-fi ou ouvertement sales, une recherche dans les crépitements des sons, pour la transe, pour aller plus loin dans les ambiances planantes. Mathias a grandi avec de la Soul et de la Funk dans les oreilles et Guillaume avec du Rock : c’est donc avant tout nos racines musicales différentes qui nous poussent à faire ce mélange relativement atypique.

L’image occupe une place importante dans votre concept : un revival 70s psychédélique ? Que recherchez-vous à exprimer à travers la vidéo ?

L’immersion totale ! Un travail autour d’une certaine nostalgie, une tentative d’activation de plusieurs sens. Nous sommes très influencés par les images, certes parce qu’elles nous entourent, mais surtout parce que nous y sommes très sensibles : nous travaillons tous les deux sur des travaux visuels à côté de Bleu. Il nous semble nécessaire, pour que l’histoire de Bleu soit complète, de l’habiller d’un support vidéo et que ce dernier soit en accord, ou en désaccord, avec les visions que l’auditeur peut avoir à l’écoute de notre musique. Il s’agit autant de le désemparer et lui offrir d’autres paradigmes possibles sur nos sons que de simplement lui proposer un travail plastique autour de la vidéo. Nous utilisons de vieilles images d’archives sur notre musique : c’est une manière cartésienne de confronter un temps dépassé, scellé, avec celui de notre présent, toujours fugace. Nous pensons que c’est un moyen de s’arrêter, de faire un vide, un break et de plonger dans une eau merveilleuse et mélancolique.

Votre premier EP s’appelle « Fleurs » et propose 4 tracks en lien avec la couleur bleue (azur, turquoise, clair, nuit) : vous ne voulez plus d’une vie en rose ?

L’EP propose en fait 5 tracks : la 5ème est disponible uniquement pour ceux qui achètent le support physique. Et elle s’appelle Té. Pour le premier EP, on avait effectivement décidé de suivre les connexions colorimétriques et littérales du bleu. C’était le premier plongeon, le plus raide et directe à la fois. Cela nous semblait être une simple et bonne idée. On aurait pu s’appeler Rose, mais on préfère le bleu que l’on trouve plus profond : les travaux d’Yves Klein en témoignent avec tact et finesse. Le bleu nous correspond bien, on s’y sent bien.

Un album en préparation : quel rôle tient chacun dans la production ? Parlez-nous du concept de l’album ?

On compose et on fixe toujours les compositions ensemble. Entre-temps, chacun de son côté essaye d’améliorer les parties qu’il va jouer en live et proposer à l’autre des modifications sur ses propres parties, ainsi que sur celles de l’autre. Pour l’album, on souhaite maîtriser la production autant que possible. On est avant tout de grands curieux bidouilleurs alors on aime s’occuper des enregistrements, du mixage, du mastering : c’est excitant. L’album devrait sortir sur CD et vinyle afin de travailler jusqu’au bout avec ce mélange analogique/numérique. Cela fait un an que l’on travaille dessus, plus ou moins assidûment, en essayant de développer notre univers, de l’approfondir dans les profondeurs des mers justement. L’album Sea’s Signs raconte une histoire qui est la suite du premier EP « Fleurs ». L’introduction de l’album marque d’entrée de jeu cette césure dans une phrase unique qui se répète et qui signale le début de l’après Turquoise, qui est le morceau phare de l’EP « Fleurs ». Tous les morceaux parlent d’amours envolés, déchus, humains et abstraits, liant la nature à des histoires erratiques d’êtres vivants.

https://www.youtube.com/watch?v=vp1-NTc5yGI&list=PLI_B-qJhRYrRBWF1f4KzlhX0xlNaczMMV

Vous avez joué récemment au Toï Toï à Villeurbanne : à quoi ressemble une prestation scénique de Bleu ? Pas trop difficile de trouver des lieux d’expression quand on fait du downtempo ?

Ça ressemble à Mathias aux machines, Guillaume à la guitare et à la voix, un ou deux écrans de projection, et surtout de la bonne humeur. Bleu en est encore à ses tout débuts, avec seulement 6 dates à son compteur. Pour le moment, nous n’avons pas été confrontés à la complexité de trouver des lieux. On aimerait tout de même trouver une personne qui pourrait prendre en charge uniquement cet aspect de booking. On se concentre énormément sur la composition et moins sur la communication ; le booking reste malgré tout l’étape obligatoire pour l’avancement et le partage du projet : nous avons une grande envie de développer tout cela.

Vaste débat entre analogique et numérique : quelle est votre position là-dessus ? Aimez-vous utiliser dans vos productions des instruments d’un autre temps ?

En effet, le débat est vaste et a été largement discuté. Notre position est avant toute chose de ne rien oublier tout en restant en harmonie avec notre contemporain. On veut donc continuer à suivre le chemin d’une synchronisation des deux supports. Nous avons une passion pour l’analogique (qualités sonores, esthétique) et apprécions également la rapidité et la flexibilité du numérique. Niveau instrument, la guitare utilisée est notamment une Rickenbacker, guitare encore fabriquée à la main en Californie depuis les années 1960. Nos pédales sont à lampes ou faites à partir de procédés analogiques. L’album passera dans un enregistreur à bandes à un moment donné du mastering pour apporter une couleur sonore typique.

Quels sont les 5 tracks en musiques électroniques qui ont marqué votre enfance ?

Pas de quoi être toujours fier…

Vangelis « Pulstar » (album Albedo 0.39, RCA Victor, 1976)

600% Makina (compilation, Wagram Music, 2002)

Bonobo « Silver » (album Animal magic, Tru Thoughts, 2000)

De la soul « Ring ring ring (ha ha hey) » (album De La Soul is dead, Tommy Boy, 1991)

LCD Soundsystem « Someone great » (album Sound of silver, DFA, 2007)

Travaillez-vous en collaboration avec d’autres artistes ? Un artiste en particulier avec qui vous aimeriez travailler ?

Nous travaillons ou avons travaillé avec d’autres artistes sur l’aspect plastique, sur la vidéo, le dessin et la photographie. Mais pas musicalement. Nous n’avons pas d’envie particulière en termes de collaboration. Nous sommes bien comme nous sommes pour le moment, tous les deux.

Quels sont vos projets à venir ? Et pour 2017, on peut dire que Bleu sera… ?

Nos projets sont avant tout la sortie du premier album en septembre, faire le plus de dates possibles, des belles rencontres, la santé et l’amour ! On souhaite à Bleu d’être grandement partagé et d’apporter beaucoup de bonheur aux auditeurs en 2017.

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© Photos : Adrien Davy