Archive mensuelle mai 2018

ParMarius Sergent

Noize Son

C’est l’été, alors on reste dans le sud avec le soleil, la chaleur et pour accompagner tout ça, un bon son techno qui gratte, qui tourbillonne et qui nous fais voyager au confins de la musique souterraine et libre !!! Bienvenue dans le monde de Robin Aka Noize Son.

Merci à toi d’avoir accepté et de prendre le temps de nous répondre, alors tout d’abord, peux-tu te présenter et nous dire comment t’es venu l’envie de faire de la musique ?

Salut et tout d’abord merci à toi !! Alors pour me présenter, je m’appelle Robin Baldy, j’ai 28 ans, je suis né à Montpellier et j’ai toujours aimée la musique. Plus jeune, j’étais très attiré par la musique rock, hard-rock, métal. J’étais déjà dans le besoin d’en faire : j’ai voulu tester la guitare mais trop compliqué et à mes 14 ans, j’ai découverts les boîtes de nuit sur Montpellier…
La première a été le Barlive et c’est là que j’ai découvert la techno.
Quelques mois plus tard, j’ai eu la chance de découvrir FL Studio et depuis, je ne l’ai plus jamais lâché… ça a été une grande histoire d’amour avec ce logiciel, malgré les coupures d’électricité de mes parents car je faisais trop de bruit ou trop de boom boom, d’où : le fils du bruit (Noize Son).

Quels sont tes artistes/labels de prédilection en ce moment ?

Je reste très fidèle aux artistes qui m’ont marqué plus jeune et que j’écoute toujours, car pour moi, ils sont uniques dans leurs styles, comme Vitalic, Oliver Huntemann, Trentemoller, ou encore Anthony Rother. Aucun d’eux ne ce définit vraiment dans un style, mais c’est de la pure techno, chacun à leurs sauces et ils ne sont généralement pas trop copié .

Quelle est ta philosophie, ta conception de la production ?

Pour moi, il faut se laisser aller, ne pas trop réfléchir et laisser la musique s’écrire toute seule. Je ne cherche pas à creer une copie de ce qui me plaît, ou une musique qui ressemble au courant du moment, mais à composer ce qui me fais danser moi, dans mon studio.

J’ai vraiment horreur de ce que j’appelle les tracks parallèles : souvent quand un track marche bien, certains se jettent sur de la reproduction pour s’assurer qu’ elle marche aussi, mais c’est ce qui tue la beauté des morceaux.

Comment as-tu appris à composer ?

Seul et très lentement. Ça m’a pris plusieurs années et beaucoup de GB pour apprécier mes compositions.
Je n’ai jamais aimer regarder les autres faire sur le net. Ça ma fait perdre du temps, mais rien ne vaut mieux que d’apprendre par soi-même. Du coup, c’est des centaines d’heures passées sur mon PC, à bidouiller FL Studio et tous les logiciels qu’ il comporte. C’est souvent en sortie de boîte et en after avec des amis que j’apprends le plus.

Quels matériels et logiciels possèdes-tu dans ton home studio ? Recherches-tu des spécificités techniques particulières ?

Pour les logiciels, j’utilise principalement FL Studio avec pas mal de synthétiseurs virtuels comme le Gladiator de chez Tone 2 ou Sylenth de chez Native Instrument. J’aime beaucoup triturer dans tous les sens pour trouver la sonorité qui vibre en moi et j’y passe même très souvent beaucoup de temps. Où sinon en matériel, j’ai la tour PC, un apc400mk2, un piano contrôleur Axiom et pour jouer mes tracks, j’utilise Aileron, mais je ne le comprend pas aussi bien que FL Studio.

Comment puises-tu ton inspiration pour composer ? Quels sont tes influences en matière de production ?

Sûrement dans les vagues d’émotions que je traverse durant les années.
Il y a aussi des années productives et d’autres très blanches, sans aucune production, tout dépend de l’état moral, mais l’inspiration revient toujours !!

Je n’ai pas vraiment d’influences dans la production, j ai voulu apprendre tout seul, ce qui me vaut donc mes lacunes en la matière. Après pour moi, il faut que mes productions soient comme un feu, qui brûle doucement, s’enflamme et puis s’éteint… ou comme une bonne montée qui finit bien…

Comment te positionnes-tu sur le débat entre l’analogique et le numérique ?

Je n’ai connu pour l’instant que le numérique mais l’analogique dois être plus enivrant.
Mais ce n’est pas ce qui fait la différence entre un bon et un mauvais morceau, de la bonne musique sort dans les deux camps… et la musique reste le plus important.

Pour toi, c’est quoi un bon producteur en musique électronique ?

Un bon producteur, c’est celui que tu ne définis pas par un style mais par un caractère…

Développes-tu des prestations lives ? Préfères-tu jouer en tant que liver ou DJ ?

Je n’ai, pour le moment, fait aucune prestation en live, mais pourquoi pas en faire un futur projet, et je suis plus dans la composition, j’ai lâché le mix pour faute de matériel.

Quels sont tes projets à venir ?

Pour le moment aucun, mais je suis ouvert à tous les projets qui portent sur la techno…

Merci pour toutes ces réponses, le mot de la fin?

Si vous voulez faire un tour dans mon monde, c’est sur mon Soundcloud et surtout, laissez l’inspiration venir de vous même et pas du hit radio du moment !!

ParMarius Sergent

Alter Frekences

Bienvenue à AlterFrekences ! Cette association organise et fait la promotion de la culture électronique depuis plus d’un an sur Lyon, en militant pour une musique underground et sans compromis !! Derrière ce nom se cache 3 nanas, qui réussissent à faire des soirées de qualité par la force de leurs volontés et de leurs déterminations ! Rencontre :

 

Merci à vous de nous consacrer du temps et pouvez-vous commencer par vous présenter ; vous et votre association ?

3 nanas : Nina, Lulla et Laurine et fans de musiques électros depuis un certain temps déjà. On a commencé par des soirées minimales et lyonnaises, puis ensuite berlinoises, des festivals en tout genre, des squats, des frees… Après avoir arpentés ces différents terrains, l’envie est née de vouloir proposer un autre style de soirées à la scène électro lyonnaise et d’être dans une démarche alternative (autre que commercial) pour créer un transgenre de soirées entre le milieu du squat et les clubs.

Comment est né ce projet ? Comment tout ça s’est mis en place au départ ?

AlterFrekences c’est surtout un regroupement de personnes souhaitant créer une structure de ses propres mains pour proposer initialement une expérience musicale mettant en avant uniquement le sens de l’ouïe.
De fil en aiguille et après diverses rencontres notables comme les collectifs Lumières Ephémères (bisous Joss 😉) et Mayadworks (bisous Mad 😉), le projet s’est transformé.
C’est à partir de ce moment là que nous nous sommes concentrées sur l’organisation d’une soirée et pas n’importe laquelle : tout d’abord nous voulions proposer une plage horaire qui nous correspondait plus, d’au minimum 12H d’expression musicale, tout comme les soirées berlinoises qui peuvent durer jusqu’à 48h (ex : Berghain, KaterBlau, AboutBlank, Ips…).
Une fois la salle trouvée, s’en est suivi une aventure qui a duré pratiquement 6 mois !
Nous avons organisé une résidence d’une semaine un peu avant l’event pour travailler les changements de plateau son et lumière car nous avions une scénographie bien spécifique. Ensuite le jour J ça a représenté 30 bénévoles, 15 artistes, 15 Techniciens (Lumière + Son Funktion One), 14h de son non stop, 2 salles, 1 crêperie, 1 stand de vêtement, 1 équipe de captation vidéo, 1 association de tri des déchets, 1 VJ et 400 personnes ….
Nous sommes partis de rien et avons réfléchis à un concept de soirée. Nous voulions proposer une soirée de 12h basée sur l’évolution de la musique électronique. Le système de quadriphonie nous intéressait particulièrement et nous avons réfléchit à un show qui se termine par cette technique. Ensuite nous avons réunit les techniciens pour voir si cela était faisable. Grâce eux ils nous ont ouvert un réseau de partenaires qui étaientt tous partant pour nous suivre bénévolement.

Quels sont les concepts que vous développez en organisation d’événementiel ?

Partage, Amour, Respect, Liberté, Qualité sonore, Expérimentation musicale, Mise au premier plan de la partie technique…
Avant tout c’est une ambiance, une sorte de show que nous proposons, non pas une soirée lambda de 5h de son. Ce que l’on veut c’est travailler en équipe et notamment avec les techniciens (du son, de la lumière ou encore les vidéastes, mappeurs …).
Nous soumettons l’idée aux techniciens (son et lumières) qui nous font leurs retours, et nous travaillons ensemble sur les contraintes, leurs envies, leurs nouveautés techniques… Finalement c’est presque eux qui organisent tout le show et nous les guidons vers notre rêve le plus fou !

Comment organisez-vous votre programmation ?

Nous imaginons tout d’abord une ambiance, un concept de soirée. Nous voulons raconter une histoire. Il nous sert ensuite de fil conducteur pour appréhender les questions techniques, artistiques et logistique.
Pour notre projet au Croiseur, nous voulions proposer au public une soirée qui retraçait la musique électronique des années 90 à « demain », représentée par un live en quadriphonie.
Nous avons fait appel à des artistes issus de collectifs que nous connaissions ou que nos équipes techniques connaissaient (Berlin Suisse France). Chacun d’eux ont dû réaliser un set de deux heures, en rapport avec la période qui leur était donnée.
Pour la quadriphonie, nous avons fait appel à un artiste lyonnais qui a travaillé en étroit partenariat avec nos techniciens lumières et sons afin de produire un show tribal, sombre à base de cassettes et de vieilles machines, lumières blanches, jeu de miroirs… Le but étant de proposer une spatialisation sonore en 4 points sur du Funktion One, afin de faire vivre à notre public une réelle expérience sonore futuriste.

Comment choisissez-vous les lieux où vous organisez vos soirées ?

Généralement on ne les choisit pas…C’est plutôt des questions d’opportunités.
La plupart des lieux culturels à Lyon se voient être le monopole de quelques institutions…euh pardon associations. Il devient compliqué pour la plupart des petits collectifs de proposer des concepts alternatifs qui ne sont pas basés sur la rentabilité.
Alterfrekences, comme nous l’avons dit plus haut, est née d’un regroupement de lyonnais plus ou moins acteurs de la scène culturelle. Le croiseur était déjà exploité par nos copains du Nobody Crew. On recherchait un lieu type industriel. Le Croiseur (Théatre à Jean Jaurès) était notre lieu de prédilection de par son histoire et son architecture. S’en est suivit une rencontre avec Khaled, l’administrateur de l’époque, et le début d’une aventure. Nous sommes arrivées avec des plans de scènes pour chaque tableau sonore désignés par une amie graphiste ce qui a tout de suite plu et impressionné !

Quelle place accordez-vous à la prévention santé ?

Bien entendu, nous voulions mettre en place un stand d’informations. L’important pour nous était de ne pas nier mais d’accompagner. Nous avons donc fait appel à l’association Keep smiling qui a pu nous donner un carton rempli d’objets et brochures de prévention. Nous aurions aimé un stand plus interactif mais c’est une association qui fonctionne très bien sur la région Auvergne Rhône Alpes qu’il faut booker très tôt, et comme on s’y ai pris un peu tard, ils ont fait ce qu’ils pouvaient ! D’ailleurs il ne faut pas hésiter à aller les rencontrer dans leur locaux à Lyon c’est un association très dynamique et indispensable dans le milieu de la musique électro techno …

Quels sont les genres électroniques qu’on peut entendre ?

Dans l’idée de retracer l’évolution de la musique électronique à partir des années 90, nous avons fait un bon nombre de recherches afin de retracer les genres qui avaient vu le jour depuis. La soirée évoluait sur un répertoire dance, techno, trance, avec quelques pointes de drum & bass puis une nuance tribale aux inspirations africaines pour finir sur une micro légère… (vous nous suivez ?? Rire )
Finalement on aime tout style de musique ! On veut juste qu’ils soient bien amenés par nos DJs pour que notre public soit réactif !

Avez-vous le sentiment que le public électronique est spécifique selon l’endroit où vous organisez ? Quelles différences/ressemblances avez-vous pu noter ?

Oui, bien sur. Un entrepôt n’attirera pas le même public que l’ont peut voir en boîte où les talons et les strass sont de mise (rire). Cela dit, notre but est justement de casser ces codes. Nous même, venant d’horizons bien différents les uns des autres, l’idée est de prôner et de promouvoir une mixité, une mixité des genres, des codes avec le partage des mêmes valeurs !

Avez-vous le sentiment que le public est reconnaissant du travail que vous faites ?

HEUUU….. On espère ! En tout cas, nous, on s’est régalé.

Les projets à venir ?

Des idées, des concepts qui nous trotte dans la tête, des opportunités de lieux … pour le moment rien d’annoncer 😉

Merci beaucoup pour ces réponses, le mot de la fin ?

                                                    …. Nos nuits seront toujours plus belles que vos jours ….

N’hésitez pas à visionner notre aftermovie où tous nos partenaires sont cités !!!

Lien vidéo vimeo

ParRichard B

High Potential

Rencontre avec Anthony Beauchet, créateur et dirigeant de l’agence artistique Lyonnaise « High Potential » ! Il nous fait découvrir son projet innovant et fédérateur dans la gestion de carrière de Dj House et Techno et plus encore !

Avant de nous parler de ton agence artistique, parles-nous un peu de toi ! Qui es-tu ? Quel est ton parcours ? Et quelles sont les diverses activités qui te lient à la musique électronique et notamment ton association Interaktion Elektro Projekt ?

Je m’appelle Anthony, passionné de musiques électroniques depuis la fin des années 1980 et la vague Acid House. Comme beaucoup, j’ai été frappé par la musique House et Techno de l’époque : de nombreuses raves parties, des soirées en clubs, des free-parties et teknivals… Puis la découverte du mix en 2003, ma première scène en 2004 sur Paris… De nombreuses associations fondées et gérées : des webzines, agences de booking, organisations d’évènementiels. J’ai même bossé dans la prévention en milieu Techno et fait de la recherche en sociologie sur les teufs ! Beaucoup d’expériences et de rôles différents qui m’ont permis de comprendre le monde de la musique électronique.

Interaktion Elektro Projekt et mon dernier projet associatif réunissant des passionnés comme moi. Une aventure lancée avec 2 amis (Sab Macintosh et Axel Nirka) avant de s’ouvrir à d’autres passionnés, la plupart Djs. De formidables rencontres et partenariats avec des radios, des labels, des organisateurs. Aujourd’hui une dizaine de membres réalisent des interviews et inventorient les acteurs de la musique électronique sur la région Auvergne-Rhône-Alpes. Depuis 2018, nous sommes membres de la fédération régionale des musiques actuelles Grand Bureau. Nous sommes progressivement en train de muer vers une professionnalisation de l’association avec un conseil d’administration composé d’entrepreneurs de la culture et une reprise de l’association par High Potential.

Qu’est ce qui t’as donné l’envie, un jour, un matin, de créer ta propre agence artistique au sens large du terme ? Quel a été ton constat de départ ?

J’ai aussi été un Dj à la recherche de booking. Je me suis pris des revers et j’ai compris rapidement que pour tirer son épingle du jeu, il faut se la jouer collectif. Le monde électronique est très individualiste et tend à oublier que tout Dj a un jour débuté avant de s’envoler (ou de péricliter dans la férocité de notre culture). Ce qui m’a toujours étonné, c’est que la culture électronique évolue mais ne change pas ses vieilles habitudes. Il y a eu l’époque de la stigmatisation dans les années 1990 où tout ce qui était Techno rimait avec drogue. Puis une forme de reconnaissance à la fin des années 1990 avec une scission entre la Techno légale et illégale : les free-parties sont devenues la face alternative de notre culture, rejet du consumérisme et du star system. Il y a eu ensuite l’impact d’Internet et la crise du disque à laquelle la musique électro a cru échapper. Enfin depuis le début des années 2010, l’électro s’est professionnalisée avec des festivals partout, des têtes d’affiche à gogo et le règne de la stratégie digitale (réseaux sociaux, data…). A chaque fois le même constat : dès que l’argent pointe le bout de son nez, l’individualisme et l’égoïsme font surface.

Certains anciens de la rave ont manqué le coche du digital, d’autres plus jeunes font carrière grâce au air Dj et la touche SYNC. La musique est devenue marketing : savoir mixer ne suffit plus. Il faut produire, développer un univers, faire le show… C’est une évolution logique dès qu’un mouvement culturel est récupéré. Mais derrière tout ça, quelle place accorde-t-on à l’émergence ? Où sont passés les tremplins Dj ? Les open mix ? Tout ça a disparu pour laisser place à une industrie rentable (96 millions d’euros pour la Techno et la House en 2016 selon la SACEM, et je vous parle pas du chiffre de l’EDM). Le Dj est aujourd’hui seul, devant gérer sa musique, son image, ses réseaux sociaux, le plus souvent en méconnaissant l’industrie musicale dans laquelle il met les pieds. Ces Djs là sont nombreux, je dirai même qu’ils sont majoritaires : ils mixent au rabais (quand ce n’est pas gratuitement), récoltent les miettes de la scène électro (quel pied de mixer devant des gens assis dans un bar à moitié vide !), se font arnaquer (certains patrons exploitent la précarité de Djs avides de jouer coûte que coûte)… Bref, tout ça m’écœure. Ça me révolte de voir que l’industrie électronique se glousse d’un succès qui ne profite qu’à des privilégiés. Ça me tue enfin de voir que ceux qui réussissent deviennent égoïstes et oublient qu’eux aussi ont débuté un jour…

C’est pour ça que High Potential est né. Une façon de rappeler que le milieu électro n’est pas un monde de paillettes à l’argent facile. L’agence se propose d’être une alternative à l’existant, en valorisant une approche humaine (la qualité plutôt que la quantité) et solidaire (la coopération plutôt que l’individualisme). Notre agence va volontairement à contre courant pour réellement développer le potentiel émergent des artistes en musiques électroniques, et notamment les Djs.

 « High Potential Agency » est née en Avril 2018 ! Elle gravite autour de 3 axes principaux : La formation, le coaching et la gestion de carrière ! Dis-en nous un peu plus !

Ça va paraitre bête, mais quand on parle d’émergence, le spectre est super large. En gros, l’émergent pour nous, c’est celui qui n’est pas professionnel. Ça veut dire que l’émergence, ça commence par l’idée de devenir Dj jusqu’à la professionnalisation. On a tendance à confondre l’émergence avec le développement d’artistes : quand on développe, c’est qu’il y a déjà de la matière (des bookings, des signatures sur labels…). Nous avons développé 3 services pour répondre aux différents stades de l’émergence parce que les besoins ne sont pas les mêmes.

  • Le stade 1, ce sont les novices : ils découvrent l’univers de la musique électronique. C’est généralement le moment où des personnes souhaitent sortir du simple rôle de participant pour devenir acteur de leur culture. Pas simple de se lancer dans la musique quand on ne sait pas comment ça fonctionne ! C’est pour ça que High Potential a développé un pôle formation pour permettre à chacun de comprendre, expérimenter et se perfectionner dans le monde de la musique électronique fort complexe. Nos formations abordent l’Histoire (les genres, la technologie, le métier de Dj), l’écosystème (le droit des artistes, les différents professionnels au contact de l’artiste), l’initiation et les cours particuliers au mix et à la MAO. Toutes nos formations font participer les artistes et partenaires de High Potential (récit d’expérience, transmission de savoir et savoir-faire).
  • Le stade 2 s’adresse aux Djs qui commencent à avoir des dates, des signatures labels mais qui se trouvent confrontés à leurs propres limites (lieux ou labels inaccessibles). Souvent, ils n’ont pas d’univers artistique (être un Dj comme les autres) et n’ont pas de réelle stratégie de carrière (opportunités saisies au petit bonheur la chance). High Potential propose des services marketing et stratégique en fonction des besoins de chaque Dj/producteur. Il peut s’agir de développer son univers au travers d’un site, de photos, de vidéos, d’une bio ou encore d’un logo. Ce peut être également des heures de coaching pour développer une stratégie. En général, les demandes concernent la scène, la production ou la professionnalisation. Les services proposent des formules adaptables aux besoins et budgets de chacun.
  • Le stade 3 correspond aux artistes professionnels qui ont besoin d’un manager sur la longue durée. Le manager, c’est avant tout le protecteur des intérêts de l’artiste : il conseille, coache, vérifie les contrats, développe la notoriété, les relations presse, entoure l’artiste d’une équipe professionnelle pour accroitre ses revenus (bookeur, éditeur notamment). C’est un travail de confiance entre l’artiste et le manager avec une grande part de psychologie (nul n’est infaillible, surtout dans l’industrie musicale). High Potential gère 10 Djs/producteurs émergents en House et Techno. Un système de parrainage entre artistes émergents/confirmés permet de recréer de la solidarité entre nos artistes tout en créant de nouvelles opportunités pour les artistes confirmés (booking en duo avec l’émergent qu’il parraine) et les artistes émergents (profiter de la notoriété des artistes confirmés pour accéder à des scènes jusque là inaccessibles).

« High Potential »  privilégie l’accompagnement et la gestion  des jeunes talents et les émergents du secteur de la musique électronique. Est-ce un choix stratégique ? Ou plutôt une conviction personnelle ?

Nous préférons parler d’émergents plutôt que de jeunes talents car l’émergence n’a pas d’âge. Le choix de la musique électronique s’est imposé à nous car j’ai développé une affinité particulière avec ce milieu : j’en connais les codes mais aussi les pièges. La stratégie de High Potential est, comme je l’ai dit, d’aller à contre courant de la plupart des agences de booking qui ne s’intéressent pas à l’émergence comme nous l’entendons : la plupart se focalisent sur les têtes d’affiche, la pluralité des genres (Electro, Rock, Hip Hop…) ou les prestations live (le Dj tend à devenir un groupe pour être un spectacle sur scène). Au cours de ma formation en master 2 en management de carrière d’artistes (Lyon II), j’ai retenu cette phrase d’un entrepreneur culturel : « l’innovation dans la musique, ce n’est pas faire de l’argent là où tout le monde est déjà mais plutôt là où personne n’est encore allé ». Chez High Potential, nous sommes convaincus par l’accompagnement d’artistes émergents en musiques électroniques parce que tout le monde s’en fout et pense que ce n’est pas un marché rentable. Nous pensons au contraire que non seulement le marché existe, mais qu’il constitue la majorité des artistes. Nous parlons bien de « marché » car le tout gratuit n’existe pas : nous recherchons néanmoins des compromis pour que nos services restent abordables grâce à la solution de différentes formules. High Potential a donc fait un choix stratégique, disons plutôt une prise de risque, en s’appuyant sur des convictions personnelles. Ce qui nous motive, c’est le défaitisme à la française : plus on nous dit que nous sommes fous d’aller sur ce marché de l’émergence peu rentable, plus on s’y développe.

« High Potential »  s’adresse au milieu House et Techno en premier lieu sur le plan des bookings. Si demain un Dj Minimal, Deep ou EDM… décide de rentrer dans l’agence est-ce possible ?

High Potential a effectivement d’abord ciblé la House et la Techno pour des raisons affinitaires. La « Minimale » ou la « Deep » ne sont pas pour nous des styles à proprement parlé mais des dérivés de genres existants : on parle de « Deep House » comme de « Deep Techno », idem pour la Minimale. Mais effectivement, nous avons d’abord ciblé des genres où l’on se sent le plus à l’aise. Rien ne nous interdit demain d’évoluer vers d’autres genres électroniques : cela se fera en fonction de nos futurs collaborateurs ayant la connaissance de ces milieux. Nous ne sommes pas sectaires et revendiquons aussi bien les genres commerciaux qu’underground. Ce qui importe, c’est d’être bon dans ce que l’on fait plutôt que de multiplier les genres sans en maitriser les codes et les réseaux. Il est probable aussi à l’avenir que High Potential gère d’autres types d’artistes comme des VJ, du mapping ou encore des instrumentistes (percussionniste, saxophoniste, etc.). Mais chaque chose en son temps : nous avons à peine un mois d’existence…

En un mois d’ouverture, l’agence manage déjà 3 artistes venus des 4 coins de la France si je puis dire sur un total de 10 artistes maximum souhaité par l’agence. Comment expliques-tu ce début de succès ?

L’agence manage en effet Mathias D. (Toulon), Chicuss (Chambéry) et Max Muller (Carcassonne). C’est à chaque fois une histoire de feeling  et d’humanisme qui nous a poussés à sélectionner ces artistes. Contrairement à la formation, au marketing culturel et au développement stratégique, nous voulions que le management ne s’enferme pas sur son territoire et s’ouvre à d’autres régions. C’est l’idée même du booking que de s’exporter pour aller à la rencontre de différents publics. Au-delà d’un critère géographique, chaque émergent dont nous nous occupons a ses force et ses faiblesses : certains sont des producteurs chevronnés, d’autres plutôt addict de la scène, d’autres enfin cumule les deux. Manager différents profils nous permet de ne pas tomber dans la routine : chaque management devient un challenge, une aventure et un partage qui profite autant à l’artiste qu’au manager. Les premiers artistes confirmés vont bientôt faire leur rentrée dans l’agence : D’Jamency et Dan Corco ont accepté chacun de parrainer un artiste émergent. D’autres artistes vont rejoindre l’aventure : des Djs résidents, des livers… Mais vous n’en saurez pas plus pour le moment.

Quel est l’effectif de l’entreprise aujourd’hui ? Es-tu as la recherche de collaborateurs ? Si oui dans quel domaine ?

High Potential est une micro-entreprise, donc composé d’une seule personne. Mais le projet se développe avec beaucoup de collaborateurs, dont les artistes font également parti. Il y a déjà une équipe marketing en train de se constituer, composée aujourd’hui d’une photographe (Laurence), d’un webmaster (Benjamin) et de moi-même (éditorialiste). Nous recherchons un vidéaste et un infographiste sur Lyon pour avoir l’équipe au complet. Je commence également à me rapprocher d’organisateurs de soirées pour gérer des échanges Djs et développer le volet booking/tournée de nos artistes sur la région Auvergne-Rhône-Alpes. Enfin, nous avons des projets de programmation de lieux liant notre manager avec l’un de ses Djs. Tout ça est en cours de négociation et je préfère ne pas trop en dire pour l’instant… Nous recherchons également 6 Djs/producteurs émergents en House et Techno : n’hésitez pas à postuler si notre agence vous intéresse. Et pour suivre notre actualité, abonnez-vous à notre page fan Facebook.

Quels objectifs t’es tu fixé d’ici à 1 an ?

D’ici un an, j’aimerais que High Potential soit davantage connu et reconnu pour son travail d’accompagnement des artistes émergents en musiques électroniques, notamment sur la région Auvergne-Rhone-Alpes. Nous venons de récupérer Interaktion Elektro Projekt pour professionnaliser l’association et en faire un média et un site ressource pour les acteurs de la région Auvergne-Rhône-Alpes (annuaire en cours de constitution qui sera accessible en ligne gratuitement). J’espère aussi que nos Djs émergents auront évolué et que certains auront gagné en notoriété.

Que peut-on te souhaiter pour l’avenir ?

L’avenir pour High Potential, c’est de devenir rentable. Il y aura forcément des levées de fonds (pour l’entreprise) ou des recherches de subventions (pour l’association) afin de pérenniser l’aventure. L’innovation restera notre leitmotiv : nous proposerons prochainement des sites web tout clé en main pour les artistes. Nous souhaitons toujours plus de partenariats, de collaborations avec des gens compétents venant enrichir le savoir et savoir faire de notre entreprise. Nous souhaitons enfin apporter un espoir à tous les artistes émergents et satisfaire au maximum leurs besoins.

Le mot de la fin…

Ce n’est que le commencement. J’ai envie de dire aux artistes émergents en musiques électroniques : « vous n’êtes plus seuls. Unissez-vous, professionnalisez-vous et osez… Car les têtes d’affiche de demain, c’est peut-être vous ! ».

Retrouvez High Potential sur le web :

ParMarius Sergent

Lud’O

Son énergie et son plaisir du mix font que, dès qu’il passe derrière les platines, l’ambiance devient électrique ! Les groupies s’amassent, le son groove, les sourires s’étirent et la soirée est partie ! On peut l’entendre des Saisies à Lyon : voici l’univers de Lud’O !

Salut, merci d’avoir accepté mon invitation : peux-tu commencer par te présenter ?

Salut. Et bien moi, c’est Ludovic Sausset , j’ai 39 ans, j’habite en Savoie, je suis père d’un petit garçon de 4 ans et demie , je travaille dans un hôtel en tant que technicien de maintenance dans une station de ski et je suis un grand passionné de musique ! J’écoute de tout : je suis musicien, DJ, bon vivant… Et aussi célibataire pour celles qui souhaiteraient me connaitre après avoir lu cet article (rire) !

T’as commencé la musique par la guitare et t’as eu une période punk : on peut en savoir plus ?

Oui, j’ai eu ma première guitare à 14ans et j’ai bien grattouillé plusieurs années avec pas mal de monde… J’ai pu faire du bruit avec des punks, des rifs de guitares avec des hardos, des soirées roots avec les PoyPoys… Mais toujours avec cette passion de faire de la musique et de partager des moments ensemble… Et boire de la bière (rire). J’ai fait aussi beaucoup de festivals, soirées concerts pour suivre des groupes que je kiffais et découvrir aussi de nouveaux talents. Ça remonte à 20 ans maintenant mais c’était une belle période.

Comment es-tu venu à la musique électronique ? Qu’est-ce qui t’attire dans ce milieu ?

J’ai mis du temps à venir aux musiques électroniques : je suis resté longtemps un pionnier des soirées concerts, des instruments, de voir des zikos en live devant toi et te faire danser. Mais on m’a emmené dans les premières free-parties, des teufs dans des lieux insolites comme des champignonnières en Indre et Loire, sous des ponts d’autoroute, dans des grands champs ou dans des purs spots un peu partout en France. J’ai vraiment découvert un milieu underground, fait des belles rencontres avec des personnes qui ont cette philosophie : “vivre libre ou mourir !”. Je me suis rendu compte qu’il y avait une variété de musiques, des styles différents allant de la Drum & Bass, Techno, Hardtek, Hardcore, Acid… Et tous ces boutons que je voyais clignoter, ces platines avec des vinyles, de purs DJ’s, des liveurs, des gros murs de sons, des camions aménagés… C’est un tout et ça m’a plus tout de suite !

As-tu monté/fait partie d’associations en musiques électroniques? Quel rôle y as-tu joué ?

Les 10 années passé en Indre et Loire m’ont permis de côtoyer plusieurs bandes de potes et sound-systems tels que INFRABASS, DST, ODN, LES CHATS PERCHES, les KO37 Unit (avec qui j’ai eu la chance de participer et d’organiser des grosses soirées et sortir les Protos, les Bassbins et les Turbosounds… On a passé pas mal de temps ensemble a écouter le Martin Audio ronronner). Une de mes plus belles orga qui restera à jamais gravé en moi, c’est la VENDETTA 2005 en Italie…. Les anciens s’en souviendrons longtemps ! Maintenant, ça va faire 10 ans que j’habite en Savoie et j’ai également rencontré plusieurs collectifs avec qui nous avons organisé plusieurs événements. Il y a eu Uppercut avec le festival Élément au Fort De Tamié (73), la teuf du barrage de la coche avec les Malbarés/Lunatik Armada, le conteste de ski “Tribute To The Air” avec Lunatik Armada et beaucoup d’autres…

Quels artistes ou label ont influencé ta conception du mix ?

Franchement, après toutes ces années et après toutes ces rencontres, ces expériences musicales, y en a tellement de labels et d’artistes qui m’ont impressionné. De les avoir vu et écouté, c’est sûr que ça m’a influencé dans le mix. J’écoute énormément de musique, j’en achète, j’en visualise, j’en télécharge, je la partage avec mes proches : c’est tout ça qui influence ma musique, mon style, et mes envies du moment. Après il y a quand même quelques artistes qui resteront des exemples pour moi, des anciens qui m’ont toujours impressionné, je peux te citer :

Dud, un DJ d’InFrabass, pour sa Drum & Bass massive et explosive.

Dj Skuff des Ko37 UNIT pour ses sets Acid Techno qui font voyager

Martin, du collectif METRO, un liveur Tchèque qui est un tueur avec son style bien à lui…

Et il y a tous ceux que je suis actuellement et qui m’inspire : de Gesaflestein à Amélie Lens, de Comsic Boys au label Hungry Music, Lot49 et plein d’autres…

Quel matériel DJ utilises-tu ? Recherches-tu des spécialités techniques particulières ?

J’ai commencé sur vinyles avec des Technics et une Eclerc Nuo 5. J’adorais jouer de la Drum & Bass, de la Jungle et bien sûr de la grosse Techno. J’ai acheté pas mal de vinyles, j’ai une belle petite collection chez moi de différents styles. Mais comme je ne trouvais tous les titres en vinyles, j’ai acheté une carte son Serato SL3 avec des vinyles encodés : j’ai pu améliorer mon mix, mélanger des styles, jouer des remix. Maintenant pour le coté pratique en soirée, je suis passé au contrôleur Pionner DDJ-SR et je me fais énormément plaisir à jouer sur ce matériel ! Je garde néanmoins chez moi les platines et je suis toujours prêt à lancer un coup de mix vinyle entre amis.

Peux-tu nous raconter ta première expérience de mix en public ? 

J’ai eu, comme tout spectateur de soirées, cette envie de jouer en public, de monter sur scène et faire vibrer les gens. Mais étant perfectionniste, tant que mes sets n’étaient pas totalement prêts, je me privais de jouer en public. Puis il y a eu cette soirée , il y a maintenant 9 ans , dans un bar aux Saisies (le pub La Cordée) où j’ai joué avec le collectif Lunatik Armada : mon baptême du feu ! Il y a eu une ambiance dingue : les gens avaient tous le sourire, ils dansaient ; on avait chaud et j’ai envoyé un super set Techno qui a plu à tout le monde. On m’a félicité longuement de ma performance après cette soirée et ça m’a rassuré et mis en confiance pour des soirées futures : j’étais prêt et j’allais travailler pour assurer mes prestations et faire danser les gens.

Pour toi, c’est quoi un bon DJ ?

Toujours compliqué cette question… Les gens passent beaucoup de temps à discuter de ça, à comparer les matériels, les ambiances, les styles… DJ ou live ? Contrôleurs ou platines ? Pour moi, ce qui est sûr, c’est qu’il faut aimer la musique, être passionné par ce qu’on fait , aimer danser, aimer faire danser les gens et être pro. Car un bon DJ doit savoir s’adapter à son public, proposer une prestation de qualité et surtout passer du bon temps avec le public ! On n’arrête pas un peuple qui danse !

Tu n’as jamais sorti de productions : une raison à tout ça ?

C’est quelque chose qui m’intéresserait… C’est un bel aboutissement de créer ses propres productions et les jouer en public. J’ai essayé différents logiciels tels que Fruity Loops, Reason, Ableton Live… J’ai réussi à créer des petites choses assez basiques mais les idées sont là ! Le gros problème pour moi avec la production, c’est le temps. Il faut consacrer des heures à rechercher des sonorités, des mélodies, des arrangements, à faire son mastering. Je préfère actuellement rechercher de tracks propres, bien masterisés pour composer mes sets et jouer en live. Mais je reste persuadé que j’y reviendrai car c’est un milieu qui m’attire.

Peux-tu nous parler de tes projets à venir ?

Des projets simples : profiter de la vie, profiter de mon fils et de ma famille, faire des voyages et m’ouvrir l’esprit, faire des rencontres (artistiques et autres… Petit rappel pour mesdames [rire]), continuer à jouer de la musique, faire plaisir et se faire plaisir et bien vivre !

Merci de m’avoir accordé de ton temps : ton mot de la fin ?

Il faut avoir une grande musique en soi si on veut faire danser la vie !

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