Archive mensuelle mars 2018

ParMathias D.

Max Muller

Rencontre avec Max Muller, Dj/Producteur du Sud de la France aux sonorités Deep/Tech-House.  

Max, peux tu te présenter aux lecteurs pour commencer ? D’où vient ton nom de scène ?

Bonjour, j’ai 31 ans, j’habite actuellement à Carcassonne. Mon nom de scène était tout simplement le nom de famille de mon grand père…

Qu’est-ce qui t’a poussé à devenir ce que tu es aujourd’hui : DJ et producteur ?

J’ai baigné assez jeune dans la musique électronique grâce à mon frère plus âgé. Passionné par cette musique et ayant des amis DJs, l’envie m’est venue d’acquérir mes premières platines ; et bien sûr, de fil en aiguille, je me suis testé à la production : c’est très dur de lâcher maintenant.

Comment travailles-tu tes productions ? Quelles sont tes influences ? Quel matériel utilises-tu pour composer ?

Je travaille sur Logic X, accompagné d’un MOOG (SUB PHATTY) ainsi que pas mal de VST… Mes influences sont surtout anglaises. Il y a de très bons producteurs de Tech-House, ils sont bons pour le groove : c’est très festif !

Tes productions ont été signées sur des labels comme Defined Music, Way Of House, Happy Records pour ne citer qu’eux : qu’est-ce que ça t’a apporté ?

Se sont surtout “Scander” et “Way Of House” qui m’ont apporté ; plus particulièrement “Scander”, le label de Seb Bevil qui est un bon ami : c’est grâce à lui que j’ai débuté sur Montpellier et que j’ai connu le fondateur des soirées UNITED.

Selon toi, est-il important pour un DJ amateur de composer pour se faire connaître aujourd’hui ?

Ça y contribue fortement mais j’ai plusieurs connaissances qui mixent à l’international sans avoir fait de productions.

Tu joues des sonorités Techno et House : comment te positionnes-tu dans le débat entre musique électronique “underground” et “commerciale” ?

Comme tout le monde, il m’arrive d’affectionner certains morceaux commerciaux mais je n’en joue pas. Il en faut pour tous les goûts donc j’accepte de loin ce qui se fait de nos jours.

Peux-tu nous citer 5 tracks/albums en musiques électroniques qui sont incontournables pour toi ?

  • Raffa FL – “How We Do”
  • Armand Van Helden – “You Dont Know Me”
  • Larse Moston – “Soothe”
  • Superfunk – “Lucky Star”
  • Andrea Oliva – “Voices”

Tu joues beaucoup dans le Sud-Ouest de la France : quelle relation entretiens-tu avec ton public ?

J’adore le social en soirée (rires) et faire de nouvelles connaissances, faire au mieux pour donner une satisfaction car le public nous le rend bien.

Quel est ton meilleur souvenir en mix ? Et le pire ?

Meilleur souvenir : au Break Club à Montpellier pour une soirée UNITED le 31 Décembre il y a 4 ans.

Le pire : le matériel qui ne fonctionne pas au moment de reprendre après un autre DJ !

Quels sont tes projets à venir ? Des nouveaux tracks dans les prochains mois ?

Une collaboration avec le producteur Dan Corco qui est présent sur de très bons labels comme DYNAMIC pour ne citer que lui. 5 EP qui vont sortir ainsi qu’un remix…

Ton mot de la fin ?

Profitez car le temps passe vite.

Retrouvez Max Muller sur le web : 

ParMarius Sergent

Cousin Vic

Dj et producteur, créant une Techno langoureuse et groovante à souhait, Lyonnais d’adoption mais Clermontois avant tout, découvrez ou re-découvrez l’univers de Cousin Vic :

Salut et merci à toi d’accepter mon interview, peux-tu commencer par te présenter ainsi que ton parcours dans la musique électronique ?

Salut à toi déjà et merci pour l’intérêt que tu portes à ce que je fais…
Alors moi je m’appelle Victor Raynaud et je suis né en Avril 1989 à Clermont-Ferrand. Mon parcours dans la musique électronique est assez simple et n’est pas que de mon fait. J’ai un frère ainé qui a bercé là-dedans depuis l’arrivée des raves et qui m’a contaminé sans le vouloir. A 7ans je suis tombé dans sa chambre sur sa réserve de cassettes audio (une boîte à chaussures remplie de techno sous son bureau), j’en ai choisi une au pif, inspiré sur le moment par la jaquette. Je ne sais plus si c’était une cassette de Crystal Distortion ou de Meltdown Mickey bref un des Spi (que mon frère connait bien)(Spiral Tribe NDLR), je suis allé dans mon bain après avoir mis la cassette dans le poste (je m’en souviens comme si c’était hier, dans les moindres détails), et là, RÉVÉLATION !! C’était déjà fini pour moi.
Ensuite à 12 ans je me suis mis à squatter Rebirth (1er séquencer) sur le pc de mon frère, ensuite je me suis mis au mix en faisant mes premières scènes en free, puis après j’ai vite voulu faire mes prods…
Du coup je suis tombé par hasard sur la SAE Institut à Paris et j’ai validé mon diplôme “Electronic Music Producer.” Entre temps j’avais déjà signé sur quelques labels et je voulais me professionnaliser un peu plus là-dedans… Donc voilà où j’en suis aujourd’hui, et j’en suis assez satisfait même si tu en veux toujours plus, une réussite en amenant une autre…

D’où vient ton nom de scène ?

(Rire) C’est une longue et vieille histoire à la con… Qui normalement devrait porter préjudice à mon frère !
En fait tout comme toi j’ai fait des saisons en  stations de ski, à la Plagne précisément, tout comme mon frère les dix années précédant les miennes. Et il se trouve que mon frère était surnommé “coussin péteur” (on se demande pourquoi…) qui s’est transformé en “cousin Peter” et qui s’est raccourci en “cousin Pit”.
Quelques temps plus tard je débarque à la Plagne avec cette même sale gueule de Raynaud (je suis la copie conforme de mon frère) et donc “cousin pit” est devenu “cousin vic”. Et un beau jour alors que je me produisais à Terre Blanque pour une soirée dubstep (à l’époque sous le nom de “Parazite Basko”) le mec qui a fait les fly (le meilleur pote de mon frère) m’a annoncé sous “Cousin Victor”… On s’est bien marré avec ces conneries, puis c’est resté…
En plus ça m’évite de m’appeler “Alejandro Fanchini” par exemple, comme un trou de balle sur deux de la scène club minimal…

Quelle est ta philosophie, ta conception de la production ?

Vaste sujet : tu pourrais me dire, je ramasse les copies dans deux heures…
En fait à la base c’est un exutoire, le mix ça m’a fait marrer les premiers temps puis très vite je voulais exposer ma vision de la Techno qui est faite d’influences diverses et variées. J’ai besoin d’expulser ce qui me tourne dans la tête, sinon ça reste, ça tourne et ça rend fou (Rire).
Après ma philosophie du truc, c’est que j’essaye de ne pas me fixer de limite, même si tu as quelques codes à respecter forcement, que ce soit dans la composition ou la structure et l’arrangement. J’ai besoin de faire tout style de techno, je n’arrive pas à me cantonner dans un seul style bien défini, même si je sais qu’on peut atteindre une forme de “notoriété” plus rapidement par cette voie. J’ai besoin de faire pleins de choses différentes parce que j’écoute pleins de choses différentes…
Ensuite le fait de savoir produire amène à mes yeux une certaine crédibilité, parce que mixer tout le monde peut le faire, même s’il y en a des meilleurs que d’autres là-dedans (pour ma part j’ai aucun talent particulier par exemple).
J’aurais toujours une attention supérieure pour un bon producteur que pour un bon Dj.

Travailles-tu seul ou en collaboration ?

Ca dépend ! Et là si t’es un bon, tu me réponds “ça dépend, ça dépasse”.
En fait je ne fais pas que de la Techno, je suis aussi très actif dans la Somatik Techno (où je rencontre un succès bien plus prononcé qu’ailleurs) qui est un mouvement musical underground électronique qui nous vient des pays de l’Est. Plus précisément de Russie et d’Ukraine.
En Techno je produis seul, et en Somatik je produit seul aussi, mais également très souvent en collaboration avec Monsieur Hertzman (le boss de Lethal Dose Recordings, Somatik Sounds, Plunk, Berberis et de Lethal Script Label…).
On a pondu notre premier album en collaboration en septembre 2017 après un an et demi de travail acharné. C’est une autre manière de travailler, surtout avec un tel nom, qui est d’une exigence incroyable. Ce genre d’exigence qui te fait grandir, qui te tire vers le haut, qui fait que tu te remets en question constamment… On apprécie d’ailleurs énormément notre complémentarité, qui est réelle! Il est plus à l’aise en compo que je le suis et moi de mon côté j’apporte mes aptitudes en terme d’arrangement, où il me laisse carte blanche. Puis on va dire que j’ai une approche plus Techno de la Somatik que lui. On essaye donc de marier sa composition ambiante et planante avec mon approche plus rentre dedans, plus primaire, plus Techno. On prend vraiment plaisir et on n’en a pas fini tous les deux, on a TOUJOURS depuis deux ans, un projet en cours… J’ai l’impression d’avoir franchi un cap en travaillant avec lui.
Et puis c’est vraiment très flatteur pour l’ego quand quelqu’un comme lui vous demande de travailler avec. Et du coup, être très rigoureux dans le travail avec lui, ça m’a apporté une certaine prise de liberté dans mes projets perso, je me débride, j’ose… C’est un peu paradoxal.
Ce que je veux dire, c’est que je me lâche quand j’ai pas Monsieur Hertzman sur le dos (Rire) et des fois ça donne des bons trucs (Rire).
Bref c’est que du positif, que je sois seul ou non ça fait deux ans, voire un peu plus que je sens que j’avance vraiment…

Quel matériels et logiciels possèdes-tu dans ton home studio ? Recherches-tu des spécificités techniques particulières ?

Alors moi je suis basique grave, j’ai un petit synthé novation et le reste c’est tout du VST. Il y a des trucs vraiment excellents aujourd’hui…
En terme de rendu on a des trucs très très propres. Certes ça ne vaudra jamais le hardware, l’analo etc, mais c’est déjà tout à fait correcte. Après je ne vais pas non plus tout détailler pour ne pas me foutre à poil, et j’ai aussi un compresseur externe que je n’utilise pas toujours.
Mon séquenceur c’est Ableton, ça c’est pas très original. Je trouve ça assez intime, tu demandes pas à un magicien quels sont ses trucs. Et me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, je suis loin d’être un magicien dans la Techno, j’ai rien inventé les copains !
Sinon, si j’avais un souhait, j’avoue que j’aimerais vraiment me mettre au modulaire… Mais faut des sous et de la patience pour ça (Rire)…

Comment puises-tu ton inspiration pour composer ? Quels sont tes influences en matière de production ?

Souvent ça fait Boom Boom Boom… Tu connais? (Rire) Tu veux des noms ou quoi ? Qui m’inspire ? Y’en a tellement…
Depuis mon école à Paris, je suis très dans la technique de mix du track (mais pas que non plus), j’essaye de tendre, tant que faire se peut, dans des bassline très présentes, un chouille crado, avec un beat qui a des frappes sèches et des vélocités augmentées. De quoi faire sonner du sale mais propre… c’est pas très clair mais ceux qui consomment de la techno devraient me comprendre (Rire).
Après je peux te faire un petit podium de mes influences en terme de producteurs, c’est-à-dire en technique pure. Mais de toute façon, quelque chose de bien produit, même si c’est pas ton style de prédilection, tu prends plaisir à l’écouter et tu trouves ça bon.
Bref si on s’attaque au podium :
En 3 je te mets ce qui se fait chez Drumcode, pas tout non plus, mais Sam Paganini, Pig & Dan, Adam Beyer, Enrico Sangiuliano, Julian Jeweil, ça c’est du très bon boulot.
En 2 je te mets “Hell Driver », je trouve ce producteur incroyable, il a tellement de qualités, et dans tous les styles en plus… Après on est dans une époque où le faire savoir est plus important que le savoir faire et ce mec mériterait de jouer tous les weekends, partout !! Pour l’instant il se contente de déchirer tous les tops Beatport, il est en train de prendre de l’ampleur et c’est mérité.
Et mon chouchou numéro 1, c’est un français, un toulousain, qui casse tout depuis tellement d’années, qui a déchiré toutes les scènes Electro sous tellement de blases, le gars sait tout faire. C’est “The Clamps.” Je parlais de crade mais propre tout à l’heure et ben là on a les deux pieds dedans mon pote !!! Il est incroyable, il sait tout faire, Trance, Techno, Drumstep, Neurofunk, Dubstep. Là, il faut que j’arrête de parler, faut juste que tu ailles écouter et puis c’est tout ! Et le pire, pour la petite anecdote, c’est que c’est le pote d’un très bon ami et que je ne l’ai jamais rencontré. Ca va me faire quelque chose si un jour ça arrive, parce que c’est vraiment mon préféré depuis le début ! Mais t’inquiètes je ne laisserai rien paraître (rire).

Tu as signé ton dernier EP sur Fortwin-Records, as-tu une stratégie particulière dans ton démarchage de label ?

Pas particulièrement non, puis ça a bien évolué entre aujourd’hui et il y a quelques années… Au départ tu démarches un peu partout et puis quand il y en a un qui répond à ta requête par l’affirmative, tu es super content parce que ça fait partie de tes premiers label, puis que tu as le sentiment d’exister. C’est un peu con mais la première fois que tu vois ton blase sur Beatport tu te dis bon ben c’est pas mal.
Puis des fois tu reçois des masterings qui ont massacré ta création originale et là tu te dis bon, faut que je fasse du tri et que je regarde chez les labels qui peuvent me correspondre et qui font du bon taff…
Puis un beau jour, je ponds un EP 2 titres mieux que les autres, un projet grave péchu, bien rentre dedans, avec franchement une structure pro que je n’avais encore jamais su faire. Un petit moment où j’étais “touché par la grâce” parce que j’ai fait mon deux titres en une vingtaine d’heures, tout coulé… Ça venait comme ça puis là, je me suis dit : “Allez j’ose tout et je demande un remix à Hell Driver” (l’artiste dont je vous parlais précédemment) et en plus je l’envoi chez “Beast Factory Recordings” qui fait partie du top 3 de mes labels préférés. J’ai envoyé tout ça en mode pro avec une bio, avec la demo et le remix, le book, enfin tout, et 24h plus tard je reçois un mail de Beast Factory qui me dit qu’ils adorent et qu’ils sont chauds pour me signer.
Donc là ouais j’ai un peu kiffé ! Et depuis ce jour-là, je n’ai plus démarché un seul label, c’était l’inverse qui se passait. Petite dédicace à mon père qui me répétait sans cesse quand j’étais plus jeune “bouges toi le cul personne ne viendra te chercher” (Rire) et il a raison d’ailleurs (Rire).
Mais bref, c’est incroyable le crédit que ça m’a apporté de signer chez eux, surtout que mon EP  a fini vente la plus populaire de l’année 2016 chez Beast Factory. Incroyable…
Puis après, j’avais pas mal de demandes de plusieurs labels, j’ai pu aussi accepter et refuser des projets et me “donner” au meilleur label.
Ensuite, mon dernier EP chez Fortwin-Records, c’est un truc qu’on avait prévu depuis longtemps avec le boss du label avec qui je corresponds régulièrement. C’est un passionné qui propose un travail très pro, il y a d’ailleurs des artistes très prestigieux qui sont signés chez lui. Du coup ce 6 titres c’était chez lui que je voulais le faire même s’il y avait d’autres labels qui étaient intéressés…

Sur quels labels aimerais-tu signer ? Pourquoi ?

Et ben bonne question… je t’avoue que j’aimerai vraiment bien signer chez Yin Yang Records, parce que c’est un label auquel je me suis toujours identifié, à qui j’ai déjà envoyé des démos où ils m’ont dit que le travail était très bien fait, mais que le style ne correspondait pas à 100% à celui du label. Du coup j’ai un peu de mal à les cerner des fois mais je vais y arriver un jour, c’est un peu mon petit challenge que je me suis fixé, j’espère y arriver… y’a pas de raison… Je sais que j’ai le niveau !
Sinon Drumcode (peut-être un peu ambitieux) mais je crois qu’il faut être chauve pour signer chez eux (Rire).
Sinon j’aime beaucoup le travail de Naked Lunch, Elektrax, j’aimerai signer chez Token Records, le label de Inigo Kenedy, mais c’est pas vraiment ce style de Techno que je produis actuellement, c’est par admiration de l’artiste qu’il est et de la musique qu’il compose aussi. C’est ce que j’appelle de la Techno de daron, je ferai ça quand je serais un grand garçon…
Je suis assez admiratif d’un mec qui arrive à faire un track où pendant 7minutes c’est toujours la même chose mais tu te fait jamais chier… ça demande une approche de composition hyper subtile, et dans mon esprit, il faut de la bouteille pour arriver à ça… ça demande de vraiment sentir les choses et d’avoir un feeling T&echno très fin, j’espère vraiment un jour verser dans ce genre de musique. Et certainement via l’analogique tiens !(Rire).
Pour finir Boyz Noize Records me botte bien mais je ne me suis jamais vraiment penché dessus. Je pense que le jour où je débarque avec un projet fiable et intelligent, je pourrais prétendre… ou pas…(Rire).

Quels retours sur tes productions as-tu des artistes de la scène ? Du public ?

J’ai la reconnaissance et le respect de mes pairs et c’était ça mon objectif premier. Ensuite les retours sont  positifs oui, ça me surprend même des fois. Parce que je suis bien conscient que ce que je fais n’intéresse que quelques initiés, mais quand des gros noms viennent me complimenter et que des labels que je suis depuis longtemps viennent me proposer des projets je trouve ça hyper flatteur et ça met du baume au cœur c’est sûr!
Après le retour du public est très bon également mais il me touche moins, tu sais pas toujours si c’est ta musique ou la drogue qui était bonne… Mais il m’est arrivé d’avoir de très bons compliments quand un consommateur me dit ça sonne pro, ou que mon beat bassline fait tomber les murs je kiffe. Mais quand un producteur réputé (ou non) me demande comment j’arrive à faire telle ou telle chose je bande encore plus. J’aime beaucoup quand on me dit, toi tu as fait une école d’ingé son, ça s’entend.
Mais je redescend vite sur terre t’inquiète, je suis lucide et je sais très bien que ce que je fais n’intéresse que moi comme j’aime à le dire…

Comment te positionnes-tu sur le débat entre l’analogique et le numérique ?

La vérité ? J’en ai rien à branler ! La musique c’est comme pleins de choses, il y a ceux qui en parle et ceux qui en font… Après comme je disais plus haut je pense que le numérique ne vaudra jamais l’analogique, mais qu’il y a des VST de plus en plus surprenant où la qualité est à s’y méprendre…
Mais c’est sur qu’un pied analogique ça reste un pied analogique, c’est inégalable je pense…

Développes-tu des prestations live ? Préfères-tu jouer en tant que liver ou Dj ?

J’y travaille ouais, mais c’est long et j’essaye de mettre ça sur pied avec d’autres artistes surtout. Avec mon pote Noise CtrL notamment, j’ai oublié de le citer celui-là aussi, mais accroches toi bien mon pote parce que lui aussi dans le genre pur producteur et mec qui transpire la Techno, ça se pose là !! Il a un feeling, il sent grave les choses, je l’adore, c’est mon papa, c’est en partie (voire surtout) à cause de lui que je fais ce que je fais, c’est une source d’inspiration permanente. Si je fais un truc que personne n’aime, mais que lui kiff alors j’en ai rien à foutre, je garde et je sais que c’est bon !
Mais cette histoire de live est un peu au point mort en ce moment, on manque de temps pour se voir lui et moi. Sinon on peut pas parler réellement de préférence. Il y a des qualités dans les deux. Mais c’est pareil j’ai un peu plus d’admiration pour un type qui fait du live que pour un mec qui mixe…

Les projets à venir ?

Il y en a tellement aussi… Mais là le plus concret c’est la Somatik, on vous prépare que des bombes avec Hertzman… J’ai un EP qui va sortir chez Physical Records, le label de Mik Izif et Midwooder, qui va sortir très rapidement avec des remix de Tawa Girl et de Noise Ctrl. Il y a aussi une sortie 4 titres prévus chez Basic Avenue Records aussi.  Sinon j’ai deux festochs de prévus au Sénégal et au Cameroun avec une bonne orga, un plateau bien fat… ça va être cool.
Un bon festoch en Juillet aussi en Auvergne dans un cadre magnifique avec la crème des crèmes des organisateurs de soirées. C’est le festival Stone Moon. Ces mecs-là sont vraiment adorables et passionnés. Ils ont une vision des choses en grand tout en conservant une certaine simplicité, c’est comme ça que je vois les choses sur cette scène qui tend à être de plus en plus superficielle, et ça fait plaisir !

Merci à toi pour toutes ces réponses, le mot de la fin ?

Ben merci à vous parce que je me suis rendu compte que ça n’intéressait pas que moi, il y a toi aussi donc on est déjà deux c’est cool! (Rire).
Sinon je voudrais m’excuser auprès de mon pote Gianni d’avoir pissé dans le couloir de sa boîte de nuit il y a un peu plus d’un an maintenant (rire) il comprendra…
Sinon pour le mot de la fin, j’hésite entre pantoufle et anorak, je te laisse choisir…
Et enfin une bise à tous ceux que me suivent, ma famille, mes proches, mes amis et ma p’tite Boston family.

 

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Soundcloud
Beatport

 

ParMathias D.

Sonny Zamolo

Rencontre avec Sonny Zamolo.  Dj et producteur français basé sur Shanghaï , il est le fondateur du label Elegant Bastards.

Salut Sonny , peux tu te présenter aux lecteurs ?

Salut. Merci de m’accueillir pour cette interview. Je viens de la région parisienne et j’ai commencé la musique électronique il y a plus de 11 ans sous le pseudo de Nonoms Light. J’ai gagné le contest de Pete Tong sur la BBC sous ce pseudo à l’époque et c’est ce qui a lancé ma carrière. Depuis j’ai beaucoup travaillé avec Monochrome Music avant de lancer mon propre label. Je vis à Shanghaï en Chine depuis 7 ans.

Qu’est-ce qui t’a poussé à devenir ce que tu es aujourd’hui : Dj et producteur ?

J’ai écouté beaucoup de rap au collège mais j’ai toujours aimé quand les intrus sonnaient électroniques et funky. J’ai commencé à écouter de la Trance via des potes mais aussi Daft Punk. Plus tard,  j’ai découvert Pryda pour qui j’ai eu un gros coup de cœur. J’ai eu la chance de côtoyer Arno Cost pendant son décollage et c’est là que j’ai commencé à mixer et produire.

Comment travailles-tu tes productions ? quelles sont tes influences ? Quel matériel utilises-tu pour composer ?

C’est une question un peu complexe dans le sens où mon workflow a beaucoup évolué. J’ai produis pendant presque 10 ans sur FL et donc je bossais avec les patterns. Maintenant je suis sur Logic et en général je commence par une boucle et je crée le climat de mon track. Ensuite je déroule puis je bosse les détails, automations, FX. Je bosse mon mix au fur et à mesure mais j’aime bien que ma boucle de départ sonne déjà un minimum. Je ne suis pas de ceux qui gardent le mixage pour la fin. Mes plus grandes influences sont Prydz puis le groupe Arno Cost, Arias, Norman Doray qui m’ont énormément influencé à leurs débuts. J’ai aussi aimé la SHM, surtout avant qu’ils prennent ce nom officiellement en fait. Ces dernières années c’est principalement Kryder et Tom Staar même s’il y a pas mal d’autres artistes très forts.
Pour ce qui est du matos, j’ai un Mac Pro, une carte son Komplete Audio 6, des Yamaha HS7 en Chine, des MSP5 en France et un casque Audeze LCD-X qui est une tuerie (merci Ravenkis). J’ai aussi un Arturia Minibrute mais il est resté en France malheureusement. Après niveau plugings j’en ai beaucoup mais j’adore Diva, Spire,tous les D16 Group, FabFilter et Izotope surtout pour le mastering.

Tu as signé des morceaux chez notamment Black Lizard et a été supporté par des Dj internionaux tels que Leandro Da Silva, Thomas Gold ou encore Promise Land : qu’est-ce que ça t’a apporté ?

J’ai eu la chance d’avoir beaucoup de beaux supports depuis plusieurs années. Ça fait toujours plaisir de voir ses morceaux appréciés par des artistes renommés. Signer sur le label Black Lizard de Leandro Da Silva est aussi un grand plaisir étant donné que c’est l’un des artistes phares dans mon style principal. Ça me conforte dans mon idée de faire une musique sincère et que j’aime. Quand on prend du plaisir et qu’on est soi-même on peut toucher les autres. Pas besoin de copier les tendances. Et heureusement !

Tu es le fondateur du label Elegant Bastards, dis en nous un peu plus : pourquoi avoir créé ce label ?

Après le beau succès qu’on a eu avec Monochrome Music avec mon pote Aron Scott, j’ai eu envie de créer un nouveau label, plus spécifique et qui correspondait plus à ma vibe actuelle. Aron a du s’éloigner de la musique quand je pensais créer mon propre sous label de Monochrome. Du coup ça a précipité les choses et j’ai créé mon propre label Elegant Bastards tout seul de mon côté. Heureusement j’ai eu le soutiens de pas mal de potes qui étaient déjà sur Monochrome: Martin Alix, Gaba, Pol Ayke, LOG, Spahnhattan, Kristof Tigran. Ils font du super son et en plus ça nous a aidé à se faire une place très vite. On ne partait pas vraiment de zéro et du coup on a tout de suite eu de beaux supports et réalisé des tops Beatport. J’ai aussi créé ce label car je prends plaisir à aider des artistes que j’aime à avoir l’exposition qu’ils méritent.

 

Quelles sont tes attentes vis-à-vis des artistes que tu signes ? Quels sont tes critères de sélection ?

Je signe des morceaux qui me touchent. J’attends aussi une certaine qualité technique. C’est obligatoire aujourd’hui. Pour les artistes, je veux simplement qu’ils soient sincères et sérieux par rapport à leur musique et qu’ils correspondent à l’identité du label.

Tu es un parisien qui vit à Shanghaï , raconte nous ta première expérience sur scène en Chine.

Il ne faut pas dire aux parisiens que je suis parisien car je viens en réalité de la banlieue mais c’est vrai que j’ai passé beaucoup de temps en club à Paris, que cela soit derrière les platines ou sur le dance floor. La Chine c’est différent. J’ai eu la chance de jouer, entre autres, au Red Light à Paris à la belle époque (cad avant la Teknotik haha). Super sound system, gros dance floor. La Chine c’est beaucoup de tables et peu de place pour danser, des warmups à 130 BPM, 120 db. C’est compliqué. Après si on va dans les clubs undergrounds, il n’y a plus de tables et des meilleurs Djs mais ça reste petit et avec peu de moyens. Ma première expérience ici était dans une cave à jouer de la Tech House devant 150 personnes. C’était assez cool mais je dois avouer que je préfère les clubs plus glamours et jouer des trucs qui tapent un peu plus. C’est dur de se faire une place ici avec mon style qui n’est ni Big Room, ni Underground, mais le marché chinois évolue et je sens de plus en plus de belles opportunités approcher.

Quel lien on le public chinois avec la musique électronique par rapport au public français ? Quelles sont tes relations avec ces différents publics ?

C’est à l’opposé. La France a un énorme background de musique électronique. Les chinois ont découvert ça au cours des 4 ou 5 dernières années. Du coup c’est principalement du top 100 DJ Mag ou alors à l’opposé, de la Techno dark dans une ambiance berlinoise. Il n’y a pas vraiment d’entre deux, mais je sens la House venir doucement mais surement. J’ai bon espoir. Après malgré le manque de connaissance du public, le marché se porte super bien ici. C’est très impressionnant. Les jeunes chinois sont très ouverts à la musique électronique. Il faut voir le nom des headliners dans les clubs et les dizaines de festivals qu’il y a chaque années. Il y a du pognon pour notre marché ! J’espère juste qu’à l’avenir cela ne tourne plus seulement
autour d’un classement truqué. Mes relations sont bonnes avec les deux publics et je ne fais pas vraiment la différence au final. Je joue quand on veut de moi en tant qu’artiste. Je n’ai jamais été Dj résident. Donc je joue mon son et j’essaie d’amener le public dans mon monde. De leur faire découvrir des choses. Ce qui n’est pas dur vu que 90% des Djs ici copient les playlists des uns et des autres. Et du coup j’ai de bonnes réactions. J’espère juste que de plus en plus de clubs et festivals donnent leur chance à de vrais artistes avec des couilles plutôt que de faire jouer des séries de clones sans âme.

Quels sont tes projets pour les mois à venir ? Des titres qui arrivent ?

Oui pas mal de projets. Des collabs, notamment avec Mathias D. Un titre un peu Disco/Deep sur ELEGANT BASTARDS. J’aimerai aussi faire une soirée du label cet été.

Et pour conclure, dit nous quelque chose d’exclusif sur toi !

En général je ne cache pas grand chose donc c’est dur de donner de l’exclu. Mais si vous voulez une info un peu intime, plusieurs de mes tracks sont inspirés par des filles dont j’ai été amoureux. A vous de retrouver les titres. haha

 

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ParMarius Sergent

Nico Ortiz

Discussion avec un grand de la musique électronique Annécienne, Ex-résident du Macumba (1997 – 2010), Ex-résident du Pop-Plage (2010 – 2013), Ex-résident des Caves de Courchevel (2010 – 2013) directeur du Bowl (La Boîte d’Annecy) , directeur artistique du XNV festival et distillateur d’une Deep-Tech-House de grande qualité qu’il mixe le plus souvent à Genève (Les Voiles – Rooftop42 – Village du Soir) : Nico Ortiz !!!

Merci d’avoir accepté mon interview et peux-tu commencer par te présenter et ton parcours pour en arriver où tu en es ?

Hello à tous, je suis originaire d’Annecy (Haute Savoie), j’ai commencé en 1989 à l’âge de 17 ans en tant que pro, je fêterai mes 30 ans de deejaying en 2019 ! Je vous laisse faire le calcul sur mon âge avancé (rire) !!

Qu’est-ce qui t’as motivé à devenir Dj dans la scène électro ?

Je suis parti à Londres en 1988 dans le cadre d’un échange / correspondant, la vague House déferlait là-bas, j’ai assisté à quelques Sound system, et j’ai bloqué sur les deejays, j’en ai fait mon métier !!

Comment as-tu appris à mixer ?

Tout seul dans ma chambre (rire), il n’y avait pas d’écoles, quelques investissements de base et beaucoup d’entraînements !

Pourquoi as-tu choisi de mixer ce type de sonorités ? As-tu déjà mixé d’autres genres ?

Car je suis vraiment un amoureux de La House Music.
D’autres genres : oui bien sûr, quand j’étais au Macumba on jouait Techno Detroit, Electro pour la Zone Rouge…
Dans les clubs où j’étais résident j’ai joué plus Mainstream.
Minimale aussi quand je participai à La WMC entre 2008 et 2011.

J’ai eu le plaisir de t’entendre mixer (et c’était vraiment génial !!), quels sont tes petits secrets, quels sont tes petits plus sur scène ?

Mon secret n’en est pas un, il est logique : un choix musical homogène, une touche technique car le dj doit jouer la musique et un classement efficace des titres !!

Y a-t-il des lieux ou events où tu rêves de jouer, et quel est le lieu le plus incroyable où tu es joué ?

J’aurai aimé officier à Ibiza mais l’occasion ne s’est jamais présentée.
Le lieu le plus incroyable ou j’ai joué est à : Miami Beach, sur Ocean Drive, lors des Winter Conference entre 2008 et 2011

Comment es-tu devenu le directeur du Bowl ?

Je suis devenu Directeur au Bowl suite à l’entretien que j’ai eu avec Mr Faraglia le PDG du Club (rire) !
Non sérieusement, car je commence à avoir de l’expérience dans la Nuit je pense.

Comment choisis-tu les têtes d’affiche de tes soirées ? Des artistes que tu aimerais avoir dans tes soirées ?

Nous choisissons ensemble (avec mon D.A Michael Muret) les artistes qui pourraient éventuellement venir au club…
Cela devient difficile car les prix sont devenus inabordables pour les plus connus d’entre eux…

Quels sont les genres électroniques qu’on peut entendre dans les soirées du club ?

Clubbing, House, Tech House, Future Bass, Electro, Trap, Dirty.

Les projets à venir ?

Continuer à mixer, à me faire plaisir tout en faisant plaisir aux autres, me faire mes petits edits, quelques prods… et surtout bien m’occuper de ma petite famille.

Merci à toi pour toutes ces réponses, le mot de la fin ?

C’est moi qui te remercie, je remercie Gratien du BarBar Pub de nous avoir présenté l’un à l’autre !
Et Vive la Musique !

 

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ParLaurence

Hungry Music

Nous avons interviewé les quatre artistes du label Hungry Music, Worakls, N’to, Joachim Pastor et Stéréoclip à l’occasion de leur passage à Lyon.

Vous étiez tous indépendants à vos débuts, comment est venue l’idée de se structurer autour du label Hungry Music?

Nous avons participé ensemble à différents festivals, nous avons chacun notre propre univers mais avons souhaité évoluer ensemble. Pour cela, il nous fallait un label. Plutôt que d’en rejoindre un, nous avons créé le nôtre, dans un souci d’indépendance.

hungry musicQuel est le business model de la musique électronique selon vous ?

Pour nous, c’est la qualité de la musique qui prime. Mais aujourd’hui nous devons insister aussi sur la communication. Nous essayons de nous différencier en mixant dans des lieux insolites, nous produisons à l’étranger. Nous tenons aussi à la proximité avec le public.

Comment voyez-vous l’évolution des musiques électroniques actuelles dans la mesure où tout le monde travaille avec les mêmes logiciels ?

Nous arrivons à une période où il y a un croisement des technologies, avec l’intelligence artificielle, notamment. Une évolution va clairement avoir lieu dans les mois à venir, mais nous pensons que l’humain aura toujours le dessus.

Quelles sont les influences de Hungry music? 

Elles sont variées, elles ne viennent pas seulement de l’Electro.

Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment ? 

Un peu de tout, du Hip Hop, de la Pop Rock, des bandes originales de films…

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui voudraient se lancer ? 

Se laisser guider par la passion et travailler, beaucoup travailler…

Quel regard portez-vous sur les écoles de Dj ?

On peut y apprendre la technique mais pas l’art.

 

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ParHigh Potential

Diane

Rencontre avec Diane, DJette et productrice lyonnaise, organisatrice des soirées Cytochrome et synthèse parfaite de la rencontre entre la musique électronique et industrielle.

Diane, avant d’arriver à la musique électronique, tu as une formation au conservatoire : en quoi cette formation a-t-elle influencé ta trajectoire dans les musiques électroniques ?

Depuis que je suis née, je vis avec la musique puisque mes parents sont musiciens. A la maison, on écoutait essentiellement de la musique classique mais aussi différents styles de musiques (opéra, rock, jazz, chanson française…). Cette formation au conservatoire m’a fait réaliser que l’académisme n’est pas ma tasse de thé et que je n’étais pas à l’aise avec le scolaire, l’autorité en général. J’avoue que cette formation m’a apporté de la structure dans mon travail, des connaissances et un savoir faire qui est notable ; mais très vite, j’ai voulu faire sonner la musique à ma manière. Je voulais créer ma propre méthode. Les musiques électroniques offrent une certaine liberté tout en intégrant une trame solide et je m’y retrouve. De même, je suis attirée par les musiques étranges ou celles qui échappent à mes habitudes musicales. J’aime l’effet de surprise et le questionnement qu’elles peuvent susciter.

On dit que le milieu électro reste un milieu macho : quel est ton sentiment sur ce point ? Y a-t-il un féminisme à l’œuvre chez les artistes en musiques électroniques ?

Je me suis toujours positionnée comme un être humain avant d’être une femme. Mais je dois souligner le fait que de plus en plus les femmes s’expriment, sur la scène ou ailleurs. C’est très bien. J’aime la musique et c’est ce qui compte le plus pour moi. Et de toute façon, que ce soit un homme ou une femme, je constate qu’il y a toujours des rapports de force. En réaction, je me place dans un espace-temps et une esthétique au-delà des contingences matérielles et sociétales. Je recherche justement une forme d’universalité en impliquant la musique, un domaine, un monde où nous sommes égaux sur le plan sensoriel et sensitif. Avec ces conflits inter-sexe, nous perdons cette unicité. La musique, pour moi permet de la retrouver. J’imagine un humain du futur affilié à une sorte de matrice intellectuelle. On pourrait parler d’un nouvel humanoïde Cyborg peut être…

Tu es résidente au Terminal à Lyon : pourquoi avoir choisi ce club pour développer ta résidence ? Quel est la particularité de ce club à la réputation techno bien trempée ?

J’ai été résidente au Terminal pendant 5 ans. On m’a proposé une résidence au Terminal après avoir mixé à l’inauguration des Nuits Sonores en 2012. C’était un honneur de pouvoir m’exprimer et proposer des artistes qui me tiennent à cœur. J’ai donc développé le concept de Cytochrome. Le Terminal est un club intimiste et familial. Tout le monde se retrouve, c’est chaleureux.

Comment perçois-tu personnellement la scène locale ? Existe-t-il une solidarité entre les acteurs de notre culture ?

La scène lyonnaise est en pleine explosion, notamment grâce à la vitrine des Nuits Sonores. Depuis quelques années il y a de nouveaux talents qui émergent et je trouve ça génial, je m’intéresse à leur musique. Il y a une infinité de potentiel et d’univers proposés à Lyon : c’est une fourmilière quand on fouille. Concernant la solidarité entre les acteurs de notre culture , tout dépend… C’est un peu comme partout, il y a des crews et des esthétiques qui se regroupent.

Tu fais partie de l’association Cytochrome : quel est le concept de la structure ? Quelles sont tes plus belles réussites avec ce projet ?

Cytochrome est un concept que j’ai créé. Le cytochrome est une molécule dans l’organisme responsable de la vie et de la mort cellulaire. Un cycle mort/vie se renouvelant, en perpétuel mouvement. Je trouve que le cycle en mouvement et la vie après la mort représentent tout à fait la Techno : les boucles, le recommencement, comme l’éternel retour dans l’œuvre de Nietzche. C’est ce que j’ai voulu symboliser dans ces soirées. Quant à la réussite… Ça dépend de ce qu’on entend par réussite. Je dirais plutôt des soirées marquantes, des temps forts autant musicalement qu’humainement. Les soirées réussies sont celles où se réalise une osmose entre le DJ et le public. C’est pourquoi les soirées sont toutes différentes et uniques les unes des autres, c’est le live. C’est une réussite pour moi de proposer des soirées différentes.

Coté production, tu as sorti récemment un free EP, « Azimut EP » : peux-tu nous en dire plus sur cette sortie ? Comment composes-tu ? Avec quel matériel ? Sur quels labels aimerais-tu signer ?

Dans cet EP « Azimut », je raconte mon histoire depuis 2012, quand j’ai commencé à mixer. Je l’ai appelé Azimut pour illustrer chemins, événements et imaginations qui ont traversé mon esprit depuis ces 5 dernières années. En terme de matériel, j’utilise Ableton, enregistre des sons avec le zoom, des samples, VST et mon Elektribe EMX 1. Chaque morceau dans cet EP contient un message.

Dans « Girl on the escalator », j’aborde la question de la femme : les questionnements et le sujet de controverse qu’elle suscite depuis des siècles, et aujourd’hui encore. Remarquable, intrigante, impressionnante, au détour d’un regard, on la croise dans l’escalator… J’ai associé des bribes de texte de Bukowski pour venir appuyer la place de la femme dans l’esprit du poète.

« Malaise » : fameuse sensation d’angoisse bien connue de tous. J’ai voulu faire une allégorie du malaise par le ton ironique et répétitif d’un personnage qui, sur la fin déguste son beef -steack sans émotion sur fond de musique , pendant que son pote agonise à terre.

« LXX » (dont un remix de Xâm) : la marche du Roi Louis XX. Il n’existe que dans un monde parallèle. Prestance, élégance et démarche majestueuse dans un cadre chaotique de lutte armée . Garder la face en temps de guerre. Louis XX, mi -homme mi-dieu incarne à la fois puissance , magnificence et décadence.

« Maintenant ça suffit » : marque la fin d’un cycle et/ou des schémas répétitifs. Combat contre ses démons coriaces symbolisés par des chauves-souris mutantes, cris stridents entre damnation et rédemption.

Quels sont les genres de musiques électroniques que tu affectionnes particulièrement ? Quels sont selon toi les tracks/albums qui ont marqué ton propre parcours dans les musiques électroniques ?

J’aime beaucoup la Techno et L’Industrielle essentiellement pour leur puissance. La dark wave/ new wave pour le côté année 80 qui m’a inspiré depuis que je suis petite et que j’écoute la radio. Les rythmiques appuyées et le côté rock métal post punk qu’on retrouve dans le genre EBM. La transe des années 90 aussi pour le côté «électro-chamanique ». Le Rock Industriel qu’on retrouve chez Nin Inch Nails mais aussi chez Marilyn Manson qui a bercé mon adolescence. J’écoutais pas mal de rap aussi avec ces groupes qui sont devenus mythiques : Fonky Family, NTM, I AM, Snoop Dog, Cypress Hill, Dr Dre.

The Hacker – The brutalist (Different, 2004) : l’artiste qui a le plus influencé mon parcours dans la musique électronique, notamment par ce track pour son côté acid rave.

Laurent Garnier – Crispy bacon (F Communication, 1997) / Paul Kalkbrenner –  Berlin calling (BPitch Control, 2008) : avant de commencer à mixer, j’écoutais pas mal les classiques techno. Puis en développant mes recherches, je me suis orientée vers une techno plus sombre et plus expérimentale tel que les labels Stroboscopic Artefact, Kanding Ray ou encore Vatican Shadow.

Paula Temple – Gegen (Noise Manifesto, 2014) : gros coup de foudre pour sa techno déstructurée et percutante.

The Soft Moon – Being (Ancient Methods remix) (Aufnahme + Wiedergabe, 2016) : Anciant Method allie merveilleusement bien Techno et post punk, notamment dans ce remix pour The Soft Moon. J’aime beaucoup cette nouvelle mouvance de la Techno Industrielle comme le label T/W\B.

Daft Punk – Around the world (Virgin, 1996) : l’un des premiers sons «électro » qui m’a marqué.

Eric Sera – Le Cinquième élément (Virgin, 1997) : la bande originale d’Eric Serra qui m’a beaucoup inspirée avec ses textures et son univers futuriste.

Robert Miles – Children (DBX records, 1995) : une atmosphère mélancolique et puissante à la fois.

Quel est ton point de vue sur la scène alternative type free-party ? Es-tu sensible aux sonorités de type « core » ? As-tu déjà eu l’occasion de jouer sur cette scène ?

La scène alternative est toujours intéressante, c’est un autre cadre que j’adore : une autre philosophie, étonner, rassembler les gens… Je devrais y aller plus souvent à vrai dire.

Quels sont tes projets à venir ?

Actuellement je travaille à mon prochain EP. Et les soirées Cytochrome reprennent au Diskret, Lyon 3e.

Ton mot de la fin ?

Au delà des limites tu ressuscites…

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