Archive mensuelle janvier 2018

ParMarius Sergent

Carton-Pâte records

Ce label grenoblois a su s’imposer en 5 ans comme l’un des plus importants de la région. Des choix forts, une ligne éditoriale sans compromis, distributeur indépendant, mettant en avant les artistes émergents, mais aussi organisateur de soirées et agence de booking : bienvenue dans le monde de Carton-Pâte Records.

Bonjour et merci d’avoir accepté mon interview. Avant toute chose, pouvez-vous nous présenter votre association, l’idée de départ et les moyens mis en œuvres ?

Alors Carton-Pâte Records est un label indépendant orienté musique électronique. En 2012 on a fait le constat qu’à Grenoble il y avait énormément d’artistes talentueux et que beaucoup d’entre eux décidaient de partir à Lyon ou à Paris pour avoir plus de visibilité et de pouvoir vivre de leur musique. Essentiellement car il manquait de structure pour aider à la professionnalisation des artistes à Grenoble. En 2013 on a donc décidé de créer C.P.Rec, pour permettre aux jeunes (et moins jeunes) artistes de s’exprimer et se professionnaliser. Il fût un temps où c’était le rôle d’un label indépendant.

Quelle est la réussite du succès, comment devient-on un label majeur de notre région ?

(Rire) Alors je ne sais pas si on est un label majeur de notre région, ça fait toujours plaisir à entendre mais on se considère pas de la sorte. Je pense qu’on aime ce qu’on fait, on aime la musique et surtout la partager. Le travail que l’on fait tout au long de l’année, par nos événements, nos sorties, et les artistes qu’on aide au développement, nous donne beaucoup de plaisir. On se prend pas trop la tête, on recherche aucun succès, je pense que c’est ce qui fait notre différence au final.

Aujourd’hui vous avez prit le pari de rester sur Grenoble, ça ne serait pas plus simple de se délocaliser sur Paris (ou New York, soyons fou…) pour augmenter sa visibilité et les chances de succès ?

L’essence même du label est Grenoble. On est vraiment très attaché à cette ville qui a une histoire niveau techno, surement l’une des plus riches de France sur cet aspect culturel. C’est sûre que pour la reconnaissance et pour certains projets, être à Paris serait plus facile, mais on a fait le pari de rester à Grenoble, notre terre d’origine. Après on se déplace souvent pour jouer, à Paris, Lyon, et même à l’étranger comme Montréal, Los Angeles, etc… Maintenant avec Internet tu peux être dans le fin fond de rien, dans un village perdu et avoir accès au monde entier.

Vous êtes autant label, que agence de booking ou organisateur de soirées, quel est le secteur qui fonctionne le plus, est-ce que ce n’est pas compliqué en terme d’image, est-ce qu’il n’y a pas de confusion ?

C’est une question très pertinente. Il y a quelques années, la presse nous reprochait de ne pas avoir d’étiquette. La presse française voulait pas parler de nous car on était pas estampillé label Techno ou House. A force de discussion avec certains artistes, ça nous a confortés dans nos idées : on sort ce qu’on aime, ce qui mérite d’être défendu. Peu importe le style, on s’en fou des étiquettes. Je suis pas sûr que Mute Records voulais une étiquette quand ils ont sorti Dépêche Mode, puis Apparat, puis Cold Specks par exemple. Ils ont juste voulu défendre une musique de qualité. Nous c’est pareil.

D’un point de vue de l’image, je pense que ça peut être compliqué pour certains de tout comprendre, après on a beaucoup de proximité avec le public, on pousse à ça, on discute, les gens comprennent au final.

Pour nous il est très important de professionnaliser les artistes, on s’occupe d’eux du moment qu’ils produisent dans leur chambre, jusqu’au moment où ils tournent avec 50 dates par an. Donc Label/Maison de disque + Booking + Promoteur de soirées sont trois choses qui se complètent beaucoup au final.

Quelle est votre vision aujourd’hui du monde des labels, et plus largement du marché de la musique électronique ?

Hum, je pense que l’univers de la musique indépendante en Europe est à l’image du monde d’aujourd’hui. Surtout pour la musique électronique qui n’a jamais été aussi populaire qu’aujourd’hui. Dans un sens c’est merveilleux, car on découvre tous les jours de nouveaux artistes aussi talentueux les uns que les autres. Mais la popularisation et la prise de certaines tendances par les major transforme un courant, qui défendais certaines valeurs, à quelque chose d’uniforme, triste et plat, qui rapporte beaucoup d’argent et qui donc s’éloigne totalement des valeurs de base que représente cette musique.

Je suis assez triste de voir des festivals comme Lollapalooza qui arrive en France ou I Love Techno qui font des pass a 80€ pour un soir avec des line up à rallonge. La question qu’on se pose tous : au final la musique elle est où ? On est bien loin de l’époque où l’on regardait vers l’avenir, à vouloir créer quelque chose de nouveau, de riche, émotionnellement et humainement parlant.

Quels sont selon vous les plus belles réussites de votre label ?

Je pense la plus belle réussite c’est que le label puisse exister. Il y a plein de choses pour lesquels on est assez fière, de chose que l’on a accomplies et construites, de rencontres que l’on a faite etc… Mais la plus belle de toute reste le projet C.P.Rec.

Avez-vous refusé des signatures d’artistes que vous regrettez aujourd’hui ?

Non aucune (rire).

Comment un jeune artiste peut intégrer votre label d’une manière générale, quels sont les critères de sélection ?

Alors avant toute chose il n y a pas de critère de sélection, n’importe quel artiste peux nous contacter. Il faut d’ailleurs. On écoute toute les démos que l’on reçoit et quand c’est pertinent on envoie des feedbacks et on rentre en contact avec l’artiste pour l’aider à développer son projet. De nos jours je pense qu’il ne faut pas se mettre de barrière, si on croit en son projet, il faut pas baisser les bras et le travail fini toujours par payer.

Les projets à venir, ou est-ce qu’on peut vous voir ?

Alors on attaque un tour de France, on va jouer dans des villes comme Rennes, Nancy, Metz, Le Havre, Rouen, Paris, Lyon, etc… En station aussi, le mieux est de regarder sur notre Facebook ou notre site Internet.

On travaille également sur de gros projets pour la rentrée 2018, plus d’infos prochainement :).

Merci d’avoir répondu à mes questions, le mot de la fin ?

Avec grand plaisir ! Prenez un chewing-gum Émile !

Carton-Pâte Records sur la toile :

ParRichard B

Chicuss – Harry (Frost Records)

Voici la nouvelle sortie de Chicuss sur le label de Comah : Frost Records. Son track “Harry” invite au voyage, accompagné d’un verre de rosé, dans un style résolument Deep-House.

“Harry” est disponible sur tous les plateformes de streaming et téléchargement :

Spotify,
Youtube,
Beatport,
Deezer

Santé… Et bonne écoute !

ParMathias D.

Mathias D. – Hot For You (Kaisen Records)

Cette nouvelle année commence fort pour Mathias D. Après sa sortie “La Bruja” le 5 Janvier sur Groove Cartel,  il continue  sur sa lancée et fait son retour sur le label Italien Kaisen Records avec son nouveau single “Hot For You”. On le retrouve dans un style House et Groovy qu’il maîtrise bien.

Le morceau est disponible sur toutes les plateformes de streaming et téléchargement : Spotify, Beatport

ParMathias D.

Mathias D. and Natsch & Jordy Mad – La Bruja (Groove Cartel Records)

Nouvelle année et déjà une nouvelle sortie pour Mathias D. . C’est au cotés des colombiens Natsch & Jordy Mad  qu’il collabore pour sa nouvelle piste house et tribal “La Bruja”.

Le morceaux est sorti sur Groove Cartel Records et est désormais disponible en téléchargement ICI

ParMarius Sergent

Basics Avenue records

Dj et producteur, militant pour une techno résolument underground, discussion avec le boss du label Basics Avenue Records, Gregor Size :

Salut et merci à toi de nous accorder un peu de temps, peux-tu te présenter, toi et ton label ?

Greg, 20 ans de passion. Jamais j’aurais imaginé en arriver où je suis…
Avant on pouvait écouter toutes les soirées, les mixes et nouveautés électronique de chez soi à la radio ou à la télé, et ça me plaisait de voir ces Djs faire danser des milliers de gens.
J’avais trouvé ma vocation, je découvre le vinyle, je suis obnubilé par ce rond noir, je traîne chez les disquaires du coin! Je me suis vite aperçu qu’être Dj ça a un coût. Déterminé, j’arrive à mettre de côté pour me payer mes premières Technics, que j’obtiens qu’à partir de 1997, ce fut long ! J’ai tout appris du mix, seul dans ma chambre, c’était long, complètement à l’opposé de l’actu.
Je mixais principalement de laHard Techno, j’avais l’impression d’être un mec à part… Au bout de toutes ces années de mix ou mes oreilles ont pris cher, j’ai voulu goûter d’autres genre de musiques électronique, la House, la Tech-House, le Jumpstyle et aussi le Hardcore.
Je suivais le mouvement pour essayer de jouer devant un public. Après quelques petites sessions bars et soirées privées, j’avais fait le tour de tous les styles mais je n’arrivais toujours pas à passer les portes des gros clubs.
Naïf comme j’étais, le monde de la nuit m’a montré sa vraie face. J’en ai pris plein la gueule, aucune solidarité, des fausses promesses et j’en passe…
Déçu du monde de la nuit, je me perds dans la musique et je fais n’importe quoi pour plaire.
En fait, si t’avais pas de contacts, c’était mort pour être dans le Dj boot. Je commençais à saturer, je me posais des questions.
Puis en 2002, internet me montre le monde. C’est pas la musique la fautive, c’est les gens de la night. Là, ma motivation reprend du souffle et je m’entoure des bonnes personnes.
Je retourne à la case départ et retrouve mes racines Techno. Je décide de faire une pause mix  et je m’achète ma première Roland MC303. Là, je m’éclate à créer ma Techno pendant 2 années en oubliant le clubbing. En 2004, viens la MAO « Flstudio », toujours en solitaire dans l’ombre.
Je passe des heures à maîtriser mes logiciels avec presque rien, enfermé dans ma bulle jusqu’à temps que je réussisse à faire un truc potable, je rêve de sortir une plaque mais je reste patient.
Sous le pseudo MACGREGOR, je me fais un max de contacts, labels et d’amis sur le web.
Je fais écouter mes premières productions sans trop y croire… Je m’entoure de jeunes talents qui me boost, comme le collectif les ZIRIS (Marseille), avec qui ont à partagé nos sons, nos idées, nos expériences… Je ne les remercierais jamais assez…
Puis je rencontre Vincent R, un mec de ma région qui avait son petit label « Manza records », il mise sur moi et signe mon premier release en 2010. Une fois sur les plateformes digital, c’est l’effet boule de neige.
Je fais la connaissance de Nikkolas Research (producteur/remixeur). Il me fait monter d’un cran. Des labels internationaux s’intéressent à moi, Allemagne, Floride, Mexique, Espagne, Australie… J’enchaîne les releases et les remixes, je me retrouve sur la playlist Techno d’une Djette très prisée « Marika rossa ». L’argent ne tombais pas mais je m’en foutais, je prenais du plaisir pour une fois, j’étais fière et humble surtout. J’ai encore actuellement les mêmes amis dans la musique.
De là, j’apprends à maîtriser mon image, les réseaux sociaux et tous ses petits secrets pour être visible et, j’avoue, ma vie privée est mise de côté.
2011, je prends un coup de masse, je dois me battre contre un cancer ! Pendant 3 ans, la musique ne m’a pas lâché mais surtout aidé à surmonter cette maladie. Après un dur combat, je suis en rémission.
En 2014, je reviens, déterminé à continuer ma passion. Gros changement, Macgregor est noyé dans le flot d’informations  du net. Entre les bateaux, le golf, les acteurs, les anglais et deejays en tout genre, j’étais coincé dans la toile. De plus, je faisais trop de sons différents et je me suis aperçu que dans la Techno il y avait des codes à respecter.
Motivé comme jamais, je  prends la décision de recommencé à zéro, sans faire les mêmes bêtises de débutant. Je change de nom « Gregor size », je re-travail tout ; l’image, le marketing, la pub, les pages internet, la musique. Là, tu t’aperçois qu’un artiste de nos jours doit être polyvalent. En plus, je fais tout, sans l’aide de personne et c’est du taf !!! Avec de la chance j’ai réussi à faire la transition.
J’ai eu l’occasion de mixer en Belgique, Marseille, Montpellier, Lille… j’ai fait des radios locales aussi… Je ne pensais pas être aussi apprécié dans le sud et à l’étranger.
Je vie ma passion pleinement, tout en gardant la tête sur les épaules.
Je rejoins le label Manza Records de mon pote Vincent qui est devenu depuis [Basics avenue] avec la complicité d’un troisième artiste : Morgan Willis. On essai de mélanger les styles, mais avec tous les à coté qu’on avait chacun niveau musique, le label était de plus en plus à l’abandon.

Septembre 2017, je voulais créer mon propre label. Avec mes idées, j’en discute avec mes deux amis, et la Vincent me dit qu’il veut arrêter et prend la décision de me céder son label, j’étais heureux !!
Nouveau challenge ! Le label avec qui j’ai signé mon premier EP !! Alors j’ai dit oui et promis de faire perdurer le nom de BASICS AVENUE.
Depuis BAR est devenu un label bien spécifique Techno.

To be continued !

Comment es-tu rentré en contact avec la musique électronique ? 

Je vie dans la région frontalière entre le nord de la France et la Belgique, j’étais cramé de son : New Wave, Funk, Oldies, Rap, Dance… J’écoutais tout ce qui passait sous la main, la musique était mon pilier.
J’écoutais souvent la radio, les clubs belges proche de chez moi qui cartonnaient m’étaient inaccessible par manque d’argent et de voiture.
Pendant des années, ma petite chaîne hifi k7 était mon ami. Chaque soir, je mettais mon casque, j’écoutais les mixes et je fermais les yeux. J’y étais : l’évolution de la musique électronique avançait à grand pas et je ne voulais rien louper. J’enregistrais des k7 de mix que je décortiquais, des fois je m’amusais à mixer deux k7 ensemble (rire). Je pense que pas mal de gens ont eu la même expérience dans les années 90, ça bouillonnait grave !!
Des genres musicaux se créés, la House Music, la Newbeat, la Trance, la Techno, la Minimal….
Je me souviens d’un événement qui m’a marqué : en 97, je découvrais à la télé le festival Happyland à La Défense avec des artistes  comme Jeff Mills, Jack De Marseille, Green Velvet, Lady B ou Funky Data et tous ses géants de la Techno, House …
La Techno Parade, la Love Parade, les 10 Days, Pukkelpop, Carl Cox, Laurent Garnier, dj Sneak, CJ Bolland, Sven Vath, Juan Atkins, j’emmagasinais un max de musique…
J’en ai bouffé des heures de sons, jusqu’au jour où je me suis remué le cul et dit : c’est ça que je veux faire : Deejay.

 

Comment se porte la culture électronique près de chez toi ? As-tu le sentiment qu’il y a une scène locale spécifique ?

Alors, disons que depuis quelques années le nord et la Belgique ont perdu leurs années festives !
Fermeture de clubs, mairie et police plus stricte à cause des abus, fermeture tardive réglementée, budget sorties réduit, beaucoup privilégie les petites soirées à domicile ou économise toute l’année pour se faire un gros festival en Hollande… Les générations changent…
Beaucoup d’anciens Djs régionaux restent encore sur le coup avec leurs soirées rétro clubbing 90’s, ils restent sur leurs acquis, ce passé prestigieux ! C’est souvent la même playlist, mais bon faut avouer que ça marche toujours (anciens ou jeunes) , pendant que toutes l’Europe avance vers l’avant.
C’est mon point de vue !
La Deep-House, Tech-House restent implantées dans les bars et clubs bobo de la région. Certains se démarquent mais ils sont minimes. Le Jumpstyle, Hardstyle et Hardcore restent encore bien représentatifs des jeunes nordistes et belges.
La Techno dit underground à fait un bon chez nous depuis deux ans, voir trop ! On risque l’overdose !! Trop de soirées identique se suivent et ce, chaque week-end !! On va vite arrivé au bout.
J’ai assisté à des scènes Techno où l’on fait venir de gros artistes internationaux, qui font des festivals dans le monde à plus de 10000 personnes, et chez nous, on est 30 passionnés : je peux te dire que le mec ne reviens plus !!
Même le tecknival de Cambrai cartonne plus, pourtant il n’y a pas de gros Djs. Tout le monde se plein qu’il n’y a pas assez de bonne soirées et, le jour où quelqu’un fait un bon évent, il n’y a personnes. Faudrait nous dire ce qu’ils appellent  « bonne soirée ». On n’y comprend plus rien de toute façon…
J’espère que chez nous, la musique électronique va revenir sur le devant de la scène. Les fêtards sont toujours-là, alors les choses vont bien changer un jour… c’est juste que les autres pays ont moins de contraintes que nous je pense.

Bien sûr, il y a moyen de trouver des petites pépites, une petite élite passionnée de Techno persiste et continue à faire de bons rendez-vous tant bien que mal, comme MSE ou FANATEK qui font du bon boulot. Tu as aussi « les soirées EXPEDIT »qui sont pas mal, le NAME très connu, voir prochainement les nouveaux projets 2018 : le festival « LES DENTELLES ELECTRONIQUES » à Caudry (59).

Ou alors, faire 2 voir 3h de route pour aller chez les flamands. Eux cartonnes, ils ont tout compris : avec des événements de fou, des Djs, des lives, une solidarité en béton entre labels, artistes et orga, et du coup, ils ont les budgets.
Pendant ce temps-là nous restons spectateur tant qu’on ne sera pas solidaire. Mais internet nous permet aussi de pouvoir montrer que chez nous les nordistes et belges, nous avons aussi un noyau d’artistes et Djs qui veulent continuer à y croire et changer les mentalités.

Comment te positionnes-tu sur le débat entre musique électronique underground et commerciale ? Quel est ton point de vue sur l’EDM ? Les free-parties ?

J’évite, c’est une perte de temps !!! On à fait le tour de ces sujets des centaines de fois et c’est toujours les mêmes réponses !! À chaque fois, c’est le conflit ou l’insulte (rire).
Chacun campes sur ses positions, on dit n’importe quoi : il y a les Djs jaloux, les Djs blasés, les adeptes des Frees qui ont un dégoût des clubs parce qu’ils trouvent inadmissible de payer pour s’éclater. Ça part dans tous les sens. Les puristes du vinyle anti mp3, les anti Guetta parce qu’il gagne trop…
Bref, même les genres musicaux en prennent pour leurs grades ! On dirait des clans, alors qu’on est tous là pour la même chose : la musique.
Chacun ses goûts, Il en faut pour tout le monde et ne pas imposer, la diversité c’est bien aussi !!
Avec le temps, je suis moins dans l’agression et le jugement.
Désormais, je dis juste que ce n’est pas ma came (rire).

Quelle est ta vision aujourd’hui du monde des labels, et plus largement du marché de la musique électronique ?

C’est à double tranchant, difficile de se faire une place dans tous ces labels. Il faut se démarquer. Il s’ouvre un label tous les jours aux quatre coin du monde, donc on s’adapte. Internet a ouvert les portes de la distribution musicale accessible à tous dans le monde entier. C’est génial ! Mais aujourd’hui, tout le monde veut faire du son ou créer un label sans en connaître le fonctionnement, limite comme un jeu, en pensant gagner le jackpot. J’en ai vu passé des pseudos artistes, faire du son pendant un an et arrêter. C’est des heures de malade pour presque rien. Si t’as pas cette flamme en toi, tu lâche l’affaire !! Ce qui est cool, c’est qu’on voit émerger de super talents qui n’auraient peut-être pas percé si les choses n’avaient pas changé.
Moi je me régale, j’arrive encore à être surpris et même frissonner… Le fait est que sur 100 titres, t’as 20% qui te foutes le frisson, 40% de déchets non fini et 40% de titres bourrés de samples réutilisés des dizaines de fois sur d’autres prods (du copié collé quoi). Les mecs arrivent à signer 10 titres en 2 jours, privilégient la quantité à la qualité !! C’est pas ma devise !! Le catalogue musical est tellement gigantesque qu’on doit écouter des heures de son pour faire une playlist originale. T’as l’embarras du choix ! À l’inverse tu as de supers titres ou albums qui passent à la trappe, tellement il y a de tracks. C’est les bons et les mauvais côtés du système. Moi, ça m’a permis d’en arriver là où j’en suis : donc je suis plutôt satisfait !! La nouvelle génération à tous les outils pour produire, si j’avais pu avoir ça a mon époque, j’aurais perdu moins de temps.

Quels sont tes attentes vis-à-vis des artistes que tu signes ? Quels sont tes critères de sélection ?

J’ai cet avantage d’être des deux côtés. Je signe mes sons et je signe les autres pour mon label, donc je me mets à leur place… Je sais le plaisir qu’aurait un producteur de musique à gagner un minimum le fruit de son travail pour se payer du matériel ou autre. C’est normal. Je ferai mon maximum pour eux, on sait jamais ce qui peut arriver ! Un track qui explose les charts… Je marche à la confiance, la passion, voir une certaine amitié ? Créer cet esprit de « family ». Je serais le plus ouvert possible à tous, l’entraide c’est génial. Je réponds à tout ce qu’on me propose. Le mec qui pense qu’à sa petite personne, exigeant, limite chiant, qui privilégie sa pseudo carrière et l’argent à sa musique, n’a pas sa place sur mon label, même s’il a fait un super track, ça pourrit l’ambiance. Heureusement, pour le moment ça ne met pas arrivé ! « La musique doit rester la priorité », dès que ta cassé cette confiance, c’est dur de continuer à bosser ensemble. Chez Basics avenue, je mets tout le monde au même niveau ! On fait tous du son, on se prend pas la tête !! Nous ne sommes pas des stars !! On se fait plaisir !! Je suis toujours à l’affût du talent caché : je serai content d’avoir permis à un jeune talent de devenir un grand artiste. Je recherche essentiellement de la Techno dans toutes ses variantes. Le son qui me titillera les tympans, je marche au feeling : Excites mon oreille et t’as gagné !!

Quels est la journée type d’un patron de label ?

Seul c’est hard !! Je m’attendais pas à autant de boulot : un bon café et c’est parti ! J’ai des amis qui me crée des vidéos-clips de qualité quand ils ont du temps libre, il m’aide à la promo alors qu’ils ne sont pas obligés. Mais plus ça partage, mieux c’est. Lire mes mails sur mes 3 adresses : perso, artiste et label. Ecouter les promos d’autres labels que je reçois, suivre mes anciens EP et sortie Beatport, faire de la pub, mettre à jour les pages du label, Facebook, Google, site Wix, YouTube et Soundcloud. Et on rajoute : mes pages perso Gregor Size qui a en plus Instagram, Tweeter, Mixcloud, Hearthisat, Bandcamp ,Beatportdj… Je ne dois pas laisser mes pages (off), sinon on disparaît plus vite qu’on est arrivé. Exemple : je viens de sortir une compilation de 22 artistes : réceptionner les 22 tracks, écoute, mastering pour certains, valider le tout chez mon distributeur pour avoir les dates de lancement, remplir les infos complètes de chaque artistes, photo x22 sur le site du distributeur, vérifier si il n’y a pas d’erreur, créer avec un logiciel la pochette de la compilation, envoyer des contrats à ceux qui en veulent, faire de la promo, alimenter mes pages… Finir mes tracks perso ou des remixes en même temps, quand je peux… Répondre à mes contacts, mes mixes en live, les radios parfois… Chasser des artistes sur Soundcloud pour mes prochaines sorties 2018… Je m’occupe aussi de ma fille de 10 ans, ma vie de couple… J’écoute aussi un peu de Rap Us Old-School pour ne pas saturer (rire) !

Quels sont, selon toi les plus belles réussites de ton label ?

Pour le moment, en 4 mois, je n’ai pas encore de réussite ! Je vous dis ça dans 1 an ou 2 (rire) !!

As-tu refusé des signatures d’artistes que tu regrettes aujourd’hui ?

NON, j’ai pris le culot de tenté d’obtenir la participation de pas mal d’artistes côté de la scène techno mais, soit ils ne répondent pas, soit, ils coûtent un bras ! Je ne peux me permettre d’acheter leurs tracks entre 200 et 500 euros, voir plus !!! Je préfère laisser la place à un jeune talent méconnu qui est motivé !!

Quels sont les projets à venir ?

3 releases en préparation pour Janvier et Gregor Size qui va sortir un EP chez les anglais, avec de bon remixeurs Techno et Drum’N’Bass de là-bas. Je peux rien dire de plus (rire) !

Merci pour toutes ces réponses, le mot de la fin ?

J’ai parlé avec le cœur, c’est la première fois que je raconte ma life. Vivez vos rêves, moi je vie les miens !

Les liens pour continuer la découverte :

Basic Avenue Records :

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