Archive mensuelle octobre 2017

ParMathias D.

Mathias D. – Get Down (Kaisen Records)

Mathias D. retrouve Kaisen Records pour un morceau tout aussi house et groovy que le premier “Non Stop”. Cette-fois ci, c’est son titre “Get Down” qui est mis à l’honneur. C’est un morceau house, punchy, rythmé qui peut exploser n’importe quel dancefloor.

Le titre est désormais disponible en exclusivité sur BEATPORT

Get Down from Mathias D. will be OUT next week!Are you ready for this firebomb?

Gepostet von Kaisen Records am Montag, 23. Oktober 2017

ParRichard B

Djette Flo

Rencontre avec Flo, jeune talent prometteuse de la scène Electro Grenobloise… Djette résidente du bar LGBT par excellence “LE CAFE NOIR” et Djette officielle du club de sport HERBALIFE, elle nous fait l’honneur de répondre à nos questions.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Floriane, j’ai 19 ans. La semaine j’alterne entre mes études dans le domaine de la gestion d’entreprise, mon alternance en tant que chargée de communication et ma résidence en tant que Djette le week-end.

Quelles sont tes influences musicales ?

Mes influences évoluent constamment, j’ai des périodes où certains styles m’inspirent plus que d’autres. Depuis que j’ai commencé, j’ai été influencé par Willy William, Ash Simons, Ben Lemonz, Armin Van Buuren, Caked Up, Steve Aoki… Enfin bref, des styles et des artistes bien différents pour résumer. En ce moment, je joue du son type “club Ibiza”: Robbie Rivera, Don Diablo, Eric Prydz ou Claptone pour ne citer que les plus connus. Mais mes incontournables restent quand même Offer Nissim et Carl Cox.

Comment as-tu eu l’envie de rentrer dans le monde de la nuit ?

En 2012, j’étais au gala annuel des Arts et Métiers de Cluny qui se passe dans la grande Abbaye, et dans l’une des salles, il y avait des centaines de personnes qui dansaient. Ils étaient tous sur leur 31 et la salle était toute illuminée, en pierre grise avec une charpente en bois. Au fond de la salle, en hauteur, il y avait un DJ. A ce moment-là, je me suis dit “Voilà, c’est ça que je veux faire de ma vie. Faire danser autant de monde en même temps.” Pendant longtemps je ne me voyais pas mixer en club, je n’avais que les festivals et des événements similaires en tête. Pour une fille de 15 ou 16 ans, le monde de la nuit, ce n’est que des patrons mafieux, de la drogue et des clients qui se battent parce qu’ils ont trop bu. Et puis, vers 17, 18 ans, quand j’ai commencé à sortir régulièrement en bar ou en boîte, cette image s’est vite dissipée et j’ai totalement changé d’avis.

Tu es autodidacte, comment as-tu appris à mixer ?

J’ai commencé avec un tout petit contrôleur, en deux mois j’avais acquis les bases. Enfin, je pensais les avoir acquises jusqu’à ce que je passe sur un “vrai” contrôleur Pioneer. J’ai dû tout réapprendre tellement c’était différent. J’ai appris à écouter un mix, les transitions, le tempo, les temps, etc.

Et puis, j’ai rencontré Bastien, DJ M’O’Play, qui m’a prise sous son aile et qui m’a fait faire ma première soirée à l’extérieur. Il m’a appris beaucoup. C’est d’ailleurs grâce à lui que j’ai eu ma place au Café Noir. Depuis, à force de travailler une dizaine d’heures par weekend sans compter l’entraînement chez moi, j’ai énormément progressé mais je suis loin d’avoir le niveau que je voudrais. Autant d’heures de pratique, ça finit par payer.

Depuis un an tu es la résidente du Café Noir à Grenoble (38), ta première résidence.  Comment as-tu vécu cette année ?

C’est juste de la folie ! C’était très difficile au début, je sortais complètement de ma zone de confort. D’une part parce que je n’avais jamais mixé dans le milieu LGBT et d’autre part parce que je me suis rendue compte de la dose de travail qu’il y a à faire en dehors des soirées. Comme je mixais très peu souvent à l’extérieur, j’avais une ou deux centaines de sons dans mon répertoire et nous le savons que c’est très très peu pour un DJ. J’ai du apprendre à chercher de la nouvelle musique, à m’adapter aux clients, à ne pas mixer tout le temps la même chose parce qu’on prend très vite des habitudes quand on est résident.

Christiane et Sophie, les patronnes, font très attention à la qualité de leur prestation et la musique en est l’acteur principal alors j’ai dû apprendre à travailler avec elles et à être à la hauteur de ce qu’elles attendaient. De plus, la clientèle du Café Noir est une clientèle très difficile. La tranche d’âge est étendue, entre vingt et cinquante ans en moyenne. Elle aime avoir ses petites habitudes, entendre des choses qu’elle connaît mais elle veut aussi de la qualité, être surprise mais de la bonne manière. Dans un bar, tu as vite fait de prendre ton verre et de t’installer à une table plutôt que d’aller danser.

Après un an, j’ai énormément évolué dans mes prestations : j’ai vraiment gagné en assurance, je tente beaucoup plus de choses musicalement, je joue des sons qui ne sont pas toujours connus du grand public. Carl Cox a beau être un grand nom de la scène Electro, en France ou plutôt à Grenoble, on ne le connaît pas beaucoup et pourtant je commence à en jouer de plus en plus. Et puis, je tiens vraiment à avoir une certaine proximité avec les clients : j’adore danser avec eux plutôt que d’être cachée derrière mes platines, à faire mon truc dans mon coin. Et si ils ont réussi à me chauffer, ce qui arrive relativement tous les week-end, je grimpe sur le comptoir et je fais le show ! Et enfin, j’ai noué un lien très fort avec ce bar et véritablement, cette communauté qui est juste incroyable. Je suis énormément reconnaissante envers Christiane et Sophie, “mes mamans de la nuit”: depuis le début, elles ont toujours fait attention à moi, à me venir en aide, à me faire garder les pieds sur terre surtout puisque c’est très facile de prendre la grosse tête quand on travaille dans ce monde là.

Quel est ton meilleur souvenir pendant une prestation?

C’est difficile à dire car j’ai énormément de bons souvenirs, surtout depuis mes débuts au Café Noir. J’hésite avec la grosse session de sport à plus de 150 personnes pour laquelle j’avais mixé mais je dirais quand même la Marche des Fiertés de Grenoble qui s’est passée cet été. En tant que le bar LGBT par excellence, le Café Noir a eu beaucoup de monde derrière son char. C’était joyeux, festif, coloré, nous avons eu de la chance avec le temps même si de la pluie avait été prévue. C’était fou de voir ce millier de personnes danser, chanter avec nous et le fait de pouvoir interagir avec eux, c’est une expérience géniale.

Quel est ton TOP 3 des tracks que tu joues en ce moment ?

Je dirais :

Falling Deeper de Robbie Rivera

Tel Aviv d’Omer Adam

Le remix magique de I Will Survive de Gloria Gaynor par un Dj peu connu qui s’appelle Yastreb.

Le mot de la fin…

Quelle fin ? Ce n’est que le début !

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ParAxel Nirka

Denis Morin

Rencontre avec Denis Morin, un passionné qui n’hésite pas à partager son expérience avec les autres. Retour sur ce personnage aux multiples facettes.

Animateur sur Radio Campus Grenoble, peux-tu nous parler de la genèse et du concept de ton émission « Play on » ?

Coucou, alors c’est en fait une émission que j’ai prise en cours pour sa 3ème saison, sur l’invitation de Pierre Derumaux et Fred Galet, donc la genèse c’est la rencontre et l’échange de points de vues sur la musique. Le concept principal je dirais que c’est la découverte de musiques électroniques et aux alentours, mais aussi du monde social de cette même musique.

Comment réalises-tu ta sélection musicale ?

Je “dig” beaucoup tout au long de la semaine à travers diverses voies: Internet, magasins de disques, Discogs, Youtube, Facebook, Bandcamp et puis les mixes que je Shazam à fond! Je sais que ce n’est pas très honnête à la base mais je vais aussi beaucoup sur Soulseek et je “dig” à travers d’autres utilisateurs d’après les titres que j’ai pu chopé sur la toile, j’adore le fait d’élargir à partir de deux trois nom qui vont me renvoyer sur des compiles voir de quels albums ils viennent pour me les approprier ou en choisir d’autres. J’aime aussi beaucoup le fait de “diguer” à travers une personne, un goût particulier et pour ça les blogs, Facebook et Soulseek sont quand même des moyens fantastiques de découvrir des filons de sons à travers des regards particuliers sur la musique.

As-tu une anecdote, un moment fort de l’émission à nous raconter ?

Il me semble avoir dit que Laurent Garnier était résident de l’espace Drak Ouest à Grenoble au début de la techno, je crois que c’est ma plus grosse connerie, surtout que je l’ai tenu mordicus jusqu’à ce que Phrax me remette dans le vrai !!

Tu animes également « Là-haut dans l’océan » dans un registre beaucoup plus calme, comment expliques-tu cet écart avec Play On ?

Et ben c’est mon style de départ « Là-haut dans l’océan », quand je jouais du synthé dans ma chambre en mode méditation quand j’étais petit ; et j’y suis revenu très fort donc plutôt que de couper le rythme de l’émission Play on,  j’ai créé « Là-haut dans l’océan ».

Aussi surtout pour pouvoir m’exprimer à fond dans ce registre créer des voyages raconter des histoires en mixant. Pour moi c’est loin d’être le grand écart, à chaque musique son moment et sa conditions physique. Quand je faisait de grosses soirées chez moi les gens restaient jusqu’à tard le lendemain et je passais de la musique comme ça, parce que la techno pour moi c’est pas toute la journée, et finalement c’est des musiques de fin mais personne ne part parce que c’est trop bon de “chiller” sur un canapé dans une telle ambiance avec de vrais morceaux de musique loin des tools techno ! C’est une musique pour la descente et ça colle bien après les nuits sauvages !

Tu es également compositeur, peux-tu nous décrire ton workflow ?

Je pars souvent d’un de mes « field recordings » d’un moment que j’ai vécu ; mais des fois je le rajoute après pour le grain. Sinon je me fais souvent un petit rythme basique et je crée des variations automatiques avec les effets midi de live Ableton histoire de pouvoir rester dessus sans me lasser… j’essaie ensuite différents synthés dessus et quand je trouve un son qui me plait j’improvise un maximum et ensuite je prends les meilleurs moments, que j’insère dans une structure.

L’important pour moi c’est de ne pas trop m’attarder sur les “grooves” en restant 3h sur une section rythmique ni de trop m’occuper du Sound design. Il faut que ça colle tout de suite, et que ces aspects techniques s’effacent pour laisser place à l’expression aux idées parce que c’est ce qui va faire qu’un morceau est bon ou raté. Ensuite, s’il est bon je peux toujours revenir sur les défauts d’égalisation ou de compression, mais dans un premier temps je tâche de faire avec comme lors d’une prise live « à l’ancienne ». Ensuite je travaille le grain avec des “bit crusher”, des disto et des “tapes machines” et enfin je peaufine fréquence et dynamique.

Après suivant le morceau il va me falloir plus ou moins de temps entre les étapes, trop vite c’est souvent un peu cheap, il faut vraiment que l’idée soit béton mais si le projet est trop long on se perd donc c’est un équilibre à trouver. Le temps de travail est important mais ce n’est pas l’unique critère de réussite pour moi.

Où puises-tu ton inspiration ? Quel est ton univers ?

J’écoute énormément les vieux compositeurs, comme Terry Riley et toutes les trouvailles de Fergus Clark du label 12th Isle. J’adore aussi toutes les musiques New Age un peu périmées avec la découverte des synthétiseurs, les pionniers comme Vangelis. J’adore tous les sons qu’on peux trouver en “field recordings” comme le grand Chris Watson et le travail anthropologique sur les voix d’Alessandro Bosetti. Je suis un très grand fan de Music from memory et du 12th Isle mais aussi les mixes d’Optimo.

As-tu un instrument ou des sonorités préférées ?

J’aime beaucoup mon D50, ma TR-8, le balafon, le sanza et les percus. J’utilise pas mal Kontakt, mais j’aime aussi beaucoup les synthétiseurs FM commeFM8 et les nappes. Côté effet j’utilise beaucoup le satin pour l’effet tape, Decimort2 pour le “bitcrush“, Panagement pour les stéréo spéciales, psp85 et echoes de Nomad Factory pour le delay, ABL2 pour les basses et les plug in Rob Papen pour leurs presets démoniaques !

Aurais-tu des conseils à donner pour des personnes qui débutent dans la MAO (musique assistée par ordinateur) ?

Ne pas se perdre dans les groove et les plugins, en faire un max assez rapidement quitte à les reprendre après… Faire des sessions de 3 heures maxi par morceau parce qu’après on s’épuise, et surtout de prendre du plaisir.

En tant que DJ, que penses-tu de l’évolution musicale dans le milieu électronique ?

Je n’en pense pas grand chose, j’ai l’impression que ça évolue sur des plan et des milieux très différemment et par phases. Pour moi il y a encore trop de clans et d’identité sociales déterminantes, je sais bien que ça permet aux gens de se faire des repères mais j’aimerais que ce soit un peux moins sclérosé, que le grand public soit plus ouvert et que l’avant garde soit moins clivante…

Le fait aussi de devoir œuvrer dans un genre précis histoire d’entrer dans le catalogue ça me lourde, un bon dj peut passer tous les genres à mon avis suivant le public et le moment, ça ne veux pas dire qu’il n’a pas de style au contraire c’est là qu’est le défi, c’est tout autant ce que tu joues que comment tu le joues pour qui.

Comment trouves-tu le public grenoblois ?

Le public grenoblois peut vraiment être génial ! Exigeant et ouvert ! Mais, ben là encore on est genre 1000 personnes à kifer et les dj’s se partage ce public, mais il y a un max de gens que ça ne touche pas et qui ne sortent pas vraiment et c’est surement de ce coté qu’il faut travailler.

Les étudiants par exemple, j’ai l’impression que pour beaucoup ils sont restés bloqués dans un coin du reggae et de la Rue Ketanou avec à la limite un peu de trance… Après évidement tout ça c’est des généralités dites un peux en l’air, j’aime bien les grenoblois, ils peuvent être plein de surprises !

Et puis c’était beaucoup plus clivant avant avec les hardcoreux et les tranceux côté free, les « basseux » et les « dubeux » entre les deux, les classiques techno house qui peinaient à se faire un public alors que ça explosait à l’étranger et que la prog était ouf (Mixlab) et les disco qui faisaient pas bien la différence avec les soirée kitchs années 80 et les discothèques généralistes avec leur ambiance bien souvent atroce pour moi. Les clubbeurs devaient choisir leurs camps, maintenant c’est quand même plus souple non ? En tout cas on a quand même un chouette panel et de très bons artistes, c’est ce que je retiens de Grenoble !

Quel est ton meilleur souvenir de soirée ?

J’ai passé un super moment aux mercredis pimentés sur l’invitation des Narco Polo les gens étaient au top et j’ai bien mixé. Sinon pas mal de fois folles au Bauhaus où la soirée prend on ne sait pas comment et là les gens sont méga open tu peux leur passer de la techno et coupé ça avec du folk et il suivent  Ou avec Alien Bazar en free, c’était plusieurs fois ouf dans des styles qu’on attend pas forcement !! Sinon récemment dans une baraque en ruine à 5 ou 6 pour l’anniversaire d’une copine mixé toute la nuit j’ai passé tout les styles en revue et je me suis éclaté ! Donc en fait pas mal d’excellents souvenirs !

Le pire ?

Peut être celle avec Nymphonie parce que ça devait être top en plein air et qu’on s’est rapatrié au Oneness le line up était à l’envers et la serveuse me baissait tout en me disant d’accélérer le tempo… Et ils ont remis les tables pour mon set sur le “dancefloor“, ce n’était pas très agréable… J’ai fait un set tout déstructuré qui a dû quand même en intéresser deux trois mais bon je me suis pas senti bien !! C’est dommage parce que c’était parti pour être une méga soirée.

Tu assures aussi des formations en MAO sur Ableton Live, peux-tu nous en dire un peu plus ?

Oui c’est mon objectif professionnel d’en vivre! Je fais une prochaine session collective très bientôt avec Simon du Crew Micropop sûrement au Petit 38 qui est un lieu super pour ça! J’aime vraiment beaucoup ce travail pédagogique, il y a des échanges, j’en ressors avec plus d’idées qu’après un événement de soirée et puis ça fait des petits : il y a des prods qui sortent de là ce n’est pas rien, alors qu’une soirée tout le monde s’amuse et tout le monde rentre chez soit sans rien d’autre que des souvenirs… C’est bien, mais c’est moins constructif !!

A la base j’ai fait des études de philosophie et je me destinais à être prof donc c’est aussi un moyen de mettre à profit tout ça en le partageant, c’est bien de créer mais faire en sorte que beaucoup créent, ça, c’est un défi encore plus beau !

Qu’est-ce que tu souhaites transmettre quand tu formes quelqu’un ?

L’amour de la création! J’aime quand les gens en ressortent avec l’impression qu’ils sont eux aussi des créateurs et qu’ils vont pouvoir faire de belles œuvres! Ça fait un bien fou de se dire qu’on peut être artiste à son niveau! Et pour ça j’essaie de leurs transmettre des procédés, des raccourcis à mettre en œuvre, ce n’est pas tant la technique qu’on peut apprendre sur Internet chez soi que des dynamiques créatives, des processus à soi qui conviennent à chacun.

Animateur radio, dj, compositeur et formateur, quel rôle préfères-tu ?

Ah certainement compositeur! Faire des œuvres qui restent ! Mais les trois forment un équilibre je trouve.

Quels sont tes projets et envies pour la suite ?

Développer mon asso avec mes activités MAO et radio et mes labels Là-haut dans l’Océan et We have Electricity que je dirige avec l’aide précieuse de Phrax Bax. Sortir enfin un disque chez les potes de l’excellent label écossais 12th Isle… Faire la mise en son à Voiron avec des élèves de premières pour une lecture au théâtre dans le cadre du Festival Livre à vous, une autre mise en son à Lyon pour une pièce de danse sur un texte de Joachim Gruère, participer activement au festival radio écoutes qui se tiendra au printemps à Grenoble…. Bref pas mal de projets et d’envies, il ne reste plus qu’a trouver des moyens pour continuer !

Un petit mot pour conclure ?

Merci pour cette interview ! Et à très bientôt en formation, en soirée ou sur les ondes !! Un max de bonne humeur sur vous tous ahah !

 

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ParRichard B

Franck Delavra

Rencontre avec Franck Delavra, Dj et acteur impliqué de la scène Tech House et Techno de la scène Grenobloise…

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Franck Delavra, 29 ans, DJ Grenoblois. Attiré par la musique électronique, j’ai commencé à mixer de l’Electro House, avant de m’orienter vers la Deep House, puis sur la Tech House / Techno. Aujourd’hui je suis le résident du bar SOS apéro à Grenoble.  Le club Vertigo à Grenoble et la radio Max Fm (radio Electro de Grenoble) m’ont permis de mixer ce genre de musique en public.

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ?

J’ai fais 12 ans de violon et 4 ans de guitare.

Comment as-tu fais ta place dans le milieu des nuits grenobloises ?

Ma première prestation c’est faite au bar Phenomen , puis à la discothèque le George V. Ma première résidence c’était au Duplex (ancien Ephémère).

Peux-tu nous expliquer ta préférence pour la Tech House et la Techno ?

J’ai été attiré par la richesse des sons, un peu comme la musique classique d’où je viens.

Tu as mixé dans de nombreux bars, clubs et stations de ski de la région grenobloise ; quel est ton meilleur et ton pire souvenir ?

Mon meilleur souvenir c’est le Pano Bar aux 2 Alpes. La population est en majorité étrangère et très attirée par la musique électronique.

Mon pire souvenir c’est un club Grenoblois que je ne mentionnerai pas. La clientèle est en recherche de rap Français actuel et pas du tout réceptive à un autre style musical.

Tu as été animateur radio sur MAX FM en 2015, avec ta propre émission le dimanche de 00h00 à 01h00. Quels conseils pourrais-tu nous donner ?

C’est un émission qui a évolué pour finir le samedi de 22h à 23h. L’important pour moi c’est la diversité musicale, tout en gardant certaines limites (que cela soit accessible à tous, mais pas trop commercial ni trop pointu). Le but est de faire découvrir un univers et une passion.

Quel est ton TOP 3 des tracks que tu joues en ce moment ?

Bhaskar et Alok – Fuego : Il permet d’adresser la musique électronique au plus grand nombre car le son original est connu grâce à la série Narcos.

Domino – Oxia : Ce titre est très qualitatif et c’est un hommage à un excellent DJ Grenoblois.

Opus – Eric Prydz : C’est un vieux morceau, mais c’est mon coup de cœur.

Le mot de la fin…

Un immense merci à vous de me recevoir et de me permettre de m’exprimer musicalement. J’ai hâte de jouer à vos côtés.

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ParMarius Sergent

Elektrovore

En marge de la Halloween Party, rencontre avec Sylvain, plus communément appelé Nours, militant de la fête libre et fondateur de l’association Grenobloise Elektrovore.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, peux-tu te présenter ainsi que ton association et ses activités ?

Moi c’est Nours, 42 ans, auto-entrepreneur, président de l’association Elektrovore composée de 4 potes (Noizaddict-Head, Luigi, Colo, et moi-même). Notre but est de promouvoir les musiques électroniques actuelles par tous les moyens possibles mais aussi de favoriser l’interconnexion des artistes et des associations locales.

Quelle est ta vision de la free-party ? Comment as-tu connu ce mouvement ? Pourquoi es-tu devenu aujourd’hui un acteur majeur de de la fête libre ?

La teuf, c’est d’abord la réunion de personnes accros au même genre de musique, à un certain niveau sonore et à une certaine liberté. J’ai connu la free à mon retour de l’armée : c’était le jour de l’an 1999 dans un hangar vers Toulon mais je n’ai pas vraiment profité du son. Quelque temps après, je suis allé à une teuf dans l’Ain et là boum : révélation musicale ! Depuis, ça ne me lâche plus, la musique fait partie de moi ! Je ne pense pas être un acteur majeur car seul, je ne ferai rien : c’est plus un délire collectif. Je suis un passionné : j’aime voir le sourire des gens devant un bon set, sur une bonne façade. Nous avons encore de la bonne musique à faire écouter aux gens et c’est pour ça qu’on se bouge autant.

Milites-tu pour une cause particulière au sein de la culture électronique ?

Non, pas spécialement.

Comment te positionnes-tu sur le débat entre musique électronique underground et commerciale ? Quel est ton point de vue sur l’EDM ?

Je ne crois pas qu’il y ait matière à débattre. La musique te “touche” ou pas ! Pour ma part, je ne suis pas adepte du style EDM car la construction, les mélodies, les vocaux utilisés ne me font pas voyager quand je ferme les yeux (ceux qui savent me comprendront). Je ne prétends pas avoir tout écouté dans le style mais en général c’est pas mon truc. Cependant, vu le nombre de personnes qui se rendent chaque année dans les festivals de ce style, il me semble que l’EDM a encore de beaux jours devant elle. Même si je ne suis pas adepte, j’ai du respect pour le travail fournit par les DJs.

Les dernières soirées organisées se sont faites avec d’autres collectifs (Balek Family, Malbarés, Revol-T…) : comment se passent les collaborations inter-asso ?

Nous sommes tous des potes amoureux de la même musique et avec la même idée de ce que doit être une bonne soirée. A partir de là, la collaboration se fait presque intuitivement. On va tous dans la même direction. Pure son, façade bien réglée, bonne ambiance, un bon site, le pied quoi !

Comment choisis-tu les lieux où tu organises tes soirées ?

La première chose à laquelle on pense, c’est la sécurité des participants. Ensuite on cherche un lieu assez éloigné afin d’éviter toute nuisance sonore pour les riverains. Le jeu étant bien sûr qu’aucune plainte ne soit déposée.

Quelles valeurs diffuses-tu à ton public dans tes soirées ?

Le respect de soi et des autres, le partage.

Quelle place accordes-tu à la prévention santé dans tes soirées ?

Disons que nous devons être mieux organisés car pour l’instant, nous avons rarement eu un stand de prévention sur nos soirées.

Quels sont les genres électroniques diffusés dans tes soirées ? Comment s’organise le line-up ?

Le Line-up c’est l’enfant terrible, il veut jamais se laisser faire (rire). Le top, à mon goût, c’est de faire monter la pression jusqu’au lever du jour pour repartir tranquille avec le soleil. On essaie de faire en sorte que ça se passe comme ça… Pour la musique, on peut entendre de tout : ça dépend des DJs.

Quels sont tes projets à venir ?

Plein de projets sont ouverts mais pour l’instant, on ne va rien dire. Stay connected…

Ton mot de la fin ?

Rave on 😀

Poussez l’aventure encore plus loin sur le web :

ParMathias D.

Frankk Ross

Rencontre avec Frankk Ross, DJ & producteur montpelliérain gérant le label Blowup Music et membre depuis peu de l’association Resonance Agency.

Quelques phrases pour te présenter : D’où vient ton nom de scène ?

Frankk (comme mon prénom, c’est plus pratique) et Ross (diminutif de mon nom de famille). Je suis né à Montpellier.

Comment as-tu commencé la musique ?

En 1992, c’est là que tout à commencé. C’était le début des free-parties sur Montpellier avec un mouvement électro qui se crée, des rencontres et des personnes cool . Pour moi, ça a  vraiment pris de l’ampleur en 1994 : je commençais à savoir caler les disques sur platine vinyle MK2 mais sans trop de technique. Et il y a eu ce beau matin en after à la Boissière (le Mas) où je suis resté scotché devant les platines, en pleine admiration de John Thomas… Un vrai déclic pour moi ! A la même époque, avec Neeko Thomas (23 ans d’amitié ), on fait nos propres free-party : que de bons souvenirs ! Je suis assez nostalgique de cette époque !

Peux tu nous citez 5 tracks en musiques électroniques  qui sont incontournable pour toi?

Il y en a tellement mais si je devais choisir 5 tracks, je dirais :

1 – Public Energy  “Three o’ Three” (1992 | Probe records)

2 – John Thomas  “Mr Funk” (2002 | Logistic records)

3 – Reeko  “The Woman of Black Glove” (2010 | Planet Rhythm records)

4 – Ken Ishii  “The Buddah’s Ear (Ben Sims remix)” (2014 | Impact Mechanics)

5 – Speedy J “Klave” (2009 | Rekids)

Parles-nous de ton label Blowup Music ?

Blowup Music a été créé en 2013 mais je l’ai lancé réellement en juin 2015 avec un EP De Maxime Timpano remixé par Da Fresh. A partir de mai 2016, nous avons signé de nombreux artistes confirmés : Jean Bacarreza, Nasty Bros, Pimpo Gama, Malikk, DuoDisco, Kamer, Roma De Cicco, Sumak, Fedorovski Branzei… Qui sont soutenus et playlistés par de grands artistes comme Amine Edge & D.A.N.C.E., Kolombo, Shiba San, Golf Clap et plein d’autres. Le label marche plutôt en Amérique pour le moment : bien que beaucoup de producteurs et artistes Brésiliens sont signés, nous faisons nos plus grosses ventes au USA et d’énormes écoutes en Russie. C’est encore un jeune label qui se développe doucement mais sûrement grâce notamment au duo lyonnais Brothers in Arts : ils ont intégré le label en tant que directeurs artistiques avec de beaux projets déjà disponible sur les plateformes de téléchargement, dont un various artists spécial Brazil.

Quelles sont tes attentes vis-à-vis des artistes que tu signes ? Quels sont tes critères de sélection ?

On fonctionne au coup de cœur. On a démarré avec des styles comme la G House, l’Indie Dance et la House ; aujourd’hui le label s’oriente davantage sur la Tech House, mais pas n’importe laquelle : on essaie de tenir une directive et un style à l’image du label et dans nos choix. On aimerait avoir plus de reconnaissance auprès du public français mais c’est très difficile aujourd’hui encore en France : la Techno règne toujours et le problème, c’est qu’on associe notre style de musique à une clientèle qui finalement ne nous ne correspond pas. Notre objectif est de changer la donne : on verra bien si on y arrive ou pas mais c’est pas le plus important pour nous. On se concentre surtout sur ceux qui sont déjà réceptifs  : les USA et la Russie.

Tu fais partis depuis peu de l’association montpelliéraine “Resonance Agency” : comment la rencontre s’est-elle passée ? Quel intérêt portes-tu à cette organisation ?

C’est tout simplement Neeko Thomas, ami de longue date, qui m’a demandé de rejoindre l’équipe. J’ai accepté sans hésitation car ça me semblait logique et complémentaire avec l’expérience que nous avons chacun. Resonance Agency a un réel potentiel de développement au niveau régional et national avec des projets en cours et de grosses surprises prévues début 2018 (il y aura des artistes internationaux mais je n’en dis pas plus). On a lancé les soirées gratuites Playground au Dieze Warehouse Montpellier avec un gros succès pour la première : avoir un tel spot, c’est magnifique et ça correspond à l’image de Resonance Agency. On vient aussi de créér le label “House & Us” qu’on lancera le 24 novembre pour la Playground #3 avec un gros showcase et des animations. Stay tuned…

Quels projets nous réserves-tu dans les mois à venir ?

Je me suis remis depuis peu à refaire de la production : des collaborations sont en cours, des remixes. Des dates aussi sont à venir. Je me suis fixé de faire un podcast par mois pour partager ma musique avec ceux qui me soutiennent. Je suis avant tout passionné de musique : mon but est de faire plaisir, partager avec le public, me faire plaisir tout en ayant un bon état d’esprit et les pieds sur terre. Je ne changerais ça pour rien au monde ! See you soon on the dancefloor !

Retrouvez Frankk Ross sur le web:

ParRichard B

Pheromone

Rencontre avec Pheromone, le président de l’association Interkation Elektro Projekt et dj touche à tout dans les musiques électroniques à ses heures perdues…

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Anthony aka Phéromone, basé à Lyon. DJ a ses heures perdues mais surtout président de l’association Interaktion Elektro Projekt et en phase de professionnalisation pour manager des artistes et un netlabel.

Quelles sont tes influences musicales ?

Ca remonte à très loin parce que je fais partie des vieux brisquards qui ont connu l’époque des raves (rires). Un background clubbing 90s mélangeant des influences dance (oui, pas glorieux), techno, trance et hardcore. Mais l’élément déclencheur de ma passion reste l’album « music for the jilted generation » des Prodigy et notamment le track « no good ». Une claque musicale et un clip qui m’ont donné envie d’aller en rave ! J’ai une passion pour le rythme depuis petit et ce n’est pas un hasard si la drum & bass (Roni Size, Aphrodite), et plus tard la tribal techno (Umek, Joan Bacto) ont été les fers de lance de mon apprentissage du mix. Aujourd’hui j’écoute de tout, que ce soit en musiques électroniques (de l’ambient au dubstep, en passant par la raggatek) ou dans d’autres genres (rock, reggae, pop, rap…). L’important reste que la musique me fasse voyager et me procure des émotions !

Tu as plusieurs facettes, Dj – Agent artistique – Fondateur de l’association Interaktion Elektro Projekt ? Comment arrives-tu à trouver le temps de gérer tout ça ?

J’ai en effet occupé beaucoup de rôles dans la musique électronique depuis 2003. Aujourd’hui j’ai choisi de me professionnaliser dans ce milieu pour devenir manager (label & booking). Ce choix m’oblige à délaisser le volet DJing parce que je me suis aperçu que je préfère être un personnage de l’ombre plutôt que dans le feu des projecteurs. Mon temps en ce moment est précieux entre un master 2 à la fac (management de carrières d’artistes à Lyon 2), le montage de mon projet professionnel et la gestion de l’association Interaktion Elektro Projekt. Mais ce qui est merveilleux, c’est de voir aussi que je travaille avec d’autres passionnés que moi : tous m’aident beaucoup pour que les projets avancent. Sans les autres, je ne serais pas là où j’en suis aujourd’hui : love u all (rires).

Depuis le mois de Septembre nous travaillons ensemble en collaboration dans l’association Interaktion Elektro Projekt ; Peux-tu nous en dire un peu plus sur l’association, son but, ses moyens, ses membres…?

L’association s’est montée en novembre 2016 avec mes potes Axel Nirka & Sab Macintosh. Au départ c’était un projet sans prétention avec l’idée de faire des interviews des acteurs de la scène électro et développer un projet radio. Aujourd’hui, l’association est surtout un moyen d’agréger des passionnés de musiques électroniques et de favoriser la coordination entre leurs différents projets (mix, production, radio, label…) tout en favorisant l’émergence de nouveaux. Ainsi, un projet de netlabel à destination des producteurs émergents et un pôle évènementiel sont en cours de réflexion en interne de l’association. Nous sommes super heureux d’accueillir Fucking Elektro parmi nous et on espère que la collaboration sera fructueuse. L’association termine sa phase de structuration et d’ici la fin de l’année, elle sera constituée de 4 pôles d’activités : médias (webzine & radio), label, artiste (booking & management) et évènementiels. On est toujours open à de nouveaux bénévoles pour nous rejoindre dans l’aventure. N’hésitez pas à consulter notre site www.interaktion.fr pour en savoir plus.

Tu as pas mal déménagé dans ta vie (Paris, Lyon, Annecy…), quelles richesses en as-tu tiré dans tes différents métiers ?

Les déménagements sont des choix de vie étudiants et professionnels. Dans chaque ville, j’ai développé de nombreux projets associatifs en musiques électroniques qui m’ont permis d’étendre mon réseau, tester de nouveaux projets et mieux comprendre comment fonctionne ce monde de la musique. J’ai connu aussi de nombreux revers (mais on apprend de ses erreurs) et j’ai surtout compris que dans ce milieu, il y a des gens super cons (ils se reconnaitront) ! C’est un peu comme dans la vie de tous les jours en définitive (rires).

Si tu devais choisir tes meilleurs souvenirs en tant que Dj, Agent artistique et Gérant de l’association ; lesquels seraient-ils ?

En tant que DJ, mon meilleur souvenir reste le festival des Jeudis Electro à Thonon les Bains, à la Brasserie du général. 3h de mix dans un lieu superbe avec un public à fond qui a voyagé avec moi sur de la house & de la techno. Un grand merci à Franck de Feeling & Sound !

En tant qu’agent, j’ai des super souvenirs avec Le Barde, le boss de Cryogen records. Je me rappelle notamment d’une soirée au Sonotone à Biaritz avec un public survolté et Le Bade en panique au platine parce que le public voulait du changement de genre toutes les 15 minutes !

En tant que gérant d’association, je crois que j’ai aimé tous les projets que j’ai développé. Underground Projekt à Paris avec mon ami Gilles où on était partenaire des soirées au Rex club et au Batofar ! Phéromone Prodictions à Annecy où j’ai organisé le festival Vibration(s) au Brise Glace ! Et bien sûr Interaktion Elektro Projekt qui m’a permis d’avoir un pied dans la professionnalisation. Tant de rencontres, tant de passion et tant de solidarité : voilà pourquoi j’aime la musique électronique !

Quel est ton TOP 3 des tracks que tu joues en ce moment ?

Brothers Since ’93 – Travel (Voltage records) : pratiquement 10 minutes d’une techno groovy où le son acid fait monter l’auditeur toujours plus haut !

Mathias D. – Non stop (Kaisen records) : une tech house à la fois tribale, groovy et so dirty ! La vocale est une pure merveille et donne envie de jumper !

Tiago – Vitale (Fortwin records) : un track techno mêlant les sons made in Detroit avec des nappes trancey et un soupçon d’acid. Un voyage 90s au pays des raves !

Le mot de la fin…

Faites-vous plaisir et gardez le plaisir de la fête ! Electronic music rules the nation !

Retrouvez Pheromone sur le web

ParAxel Nirka

Paradoxx B.

Rencontre du côté de Valence avec la talentueuse Betty qui incarne ce projet audacieux, subtil mélange de techno et de mélodie.

Raconte nous un peu tes débuts…

La découverte de la musique a commencé à l’âge de 5 ans :-), mon premier piano et la télévision qui passait en boucle les tubes des années 80 tantôt mélodiques, tantôt rythmiques, tantôt tristes.

Très tôt la musique a fait partie intégrante de ma vie. Puis j’ai pratiqué plusieurs instruments en autodidacte avec un net attrait pour la création de mélodies.

J’ai découvert la musique techno à l’adolescence dans un club grenoblois qui s’appelait Le Factory dont je garde un très bon souvenir.

J’ai écouté les tracks des labels trance comme EYE Q RECORDS, BONZAI RECORDS à cette époque j’affectionne particulièrement :la trance m’attirait car beaucoup de nappes mélodiques dans ce style. Lors de la soirée Hexagona 95 je passe la soirée collée à la cabine du dj à observer. La révélation s’est faite les jours qui suivirent : j’étais dans les boutiques d’occasions pour me dégotter deux platines vinyles avec le bouton pitch bend!

Tout est venu naturellement, j’avais déjà l’oreille et je travaillais le calage tempo, je m’entrainais seule ou avec des dj’s de l’époque.

Quelques mois plus tard je me retrouve rapidement résidente du complexe au George 5 à Grenoble.

Quel est le concept qui se cache derrière Paradoxx B?

Paradoxx b aka Lady Purple qui a été mon premier nom de scène défini par des agents artistiques des clubs où je jouais : c’est donc resté durant mes années de mix. Puis est venue la composition avec les pseudos First Paradoxx et Paradoxx B. L’identité de ce pseudo reflète pour moi un cote mystérieux mélancolique et lunaire comme la musique que je compose.

Paradoxe est un mot qui à énormément de définitions et de mystère, sa consonance me convient et il devait faire parti de mon pseudo, contredit les idées reçues, l’opinion courante, les préjugés. C’est ce que je suis et ce que je pense : un paradoxe ! 😉 Et pour le B ce n’est que l’initial de mon prénom.

Comment construis-tu ton set? Laisses-tu places à l’improvisation ou est-ce que tout est calé?

Lorsque je jouais sur vinyle, mes sets étaient improvisés avec une présélection de petites pépites qui sortaient. C’était clairement de l’impro et il faut dire que rechercher un vinyle durant ses mixes était beaucoup plus facile avec le visuel de la pochette. Maintenant, j’ai les tracks sur cd, mp3, usb et je prépare mes mixes. J’aime donner un sens et une histoire à mes sets, il ne s’agit pas de savoir passer des disques les uns après les autres, mais apporter une suite logique d’émotions et de sentiments rythmique.

Quel est ton meilleur souvenir de soirée?

Il y en a plusieurs ! Mais a partir du moment où les gens sont heureux et où il y a un partage c’est un bon souvenir de soirée. Lorsque je vivais sur Annecy je faisais partie d’un collectif qui me permettait de faire des scènes intéressantes. Des spots sympas autour du lac, les fêtes de la musique durant 3 ans, un public très réceptif et surtout de bons souvenirs.

Quelles sont tes références ?

J’affectionne particulièrement les artistes comme Aphex Twin, Apparat, Kiasmos pour leurs compositions. Pour les dj sets, Sven Vath, Maceo plex, Miss Kittin, Kit Ann Foxmann, Monica Kruse, et bien d’autres encore. Ce qui me plaît chez un artiste c’est la modestie, la belle mentalité et surtout la passion, j’avoue que dans la nouvelle scène électronique il n’y en a pas beaucoup qui me font vibrer.

Tes premiers vinyles ?

Marusha : Somewhere over the rainbow

Faxe : I wanna F*ck

Y-a-t-il une période que tu as préférée?

La période de la découverte, la techno était colorée et le public joyeux et souriant. Les années raves 95-98 représentent selon moi une excellente période musicalement et mentalement.

Que conseillerais-tu aux jeunes qui démarrent dans le mix?

Être autodidacte, la base c’est selon moi une bonne oreille, le sens du rythme et la passion pour la musique. Soit on l’a, soit on ne l’a pas : l’art du mix tempo est quelque chose d’inné. Savoir rester simple et passionné ne jamais trop en faire..

Tu composes dans ton home studio, quel est ton style?

Ma préférence en composition c’est la musique Ambient avec beaucoup de superpositions de mélodies, mais lorsque que je commence un nouveau track c’est souvent de la techno qui ressort!

Que préfères-tu au final? Composer ou mixer?

De loin composer, c’est un plaisir palpable que de voyager et faire voyager avec sa musique, ça requiert également beaucoup de temps et d’apprentissage en tout cas en ce qui me concerne. Mixer est toujours un plaisir, lorsque c’est possible mais un peu moins qu’il y a quelques années car je gère un commerce qui me prend beaucoup de temps.

Que trouve-t-on comme musique dans tes sets ?

J’ai mixé un peu de tout durant mon ascension musicale de la hard tek, techno, dark house ,tek house, dnb. Actuellement j’ai une tendance à des sets techno minimal et également deep house.

Quels sont tes projets à venir?

J’ai plusieurs tracks en préparation avec l’objectif de sortir un EP puis produire, composer, alimenter de quelques soirées entourés de bonnes personnes et une bonne énergie.

Un petit mot pour la fin?

Je remercie Interaktion pour cette petite interview, et un grand merci pour permettre aux artistes de l’ombre de s’exprimer sur la toile.

 

Retrouvez Paradoxx B. sur le web

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ParHigh Potential

Gregor Size & Tawa Girl – Hoffman EP (Fortwin records)

Gregor Size et Tawagirl ont collaboré pour  nous faire  partager “Processus Hoffman”, un EP  puissant et lourd signé sur Fortwin records avec des rythmes Hard Techno pour vos sets énergiques. 3 excellents remix par Andre Rauer, Roman Faero & Tiago. Ces artistes reconnus de la scène underground ne vous laisseront pas indifférents <<<>>> Gregor Size and Tawagirl have colaborated to share us “Hoffman Process”, a powerful and heavy EP signed on Fortwin records with Hard Techno rhythms for your energetic sets. 3 excellent remixes add to this EP : Andre Rauer, Roman Faero & Tiago. All these artists recognized on the underground scene will not leave you indifferent.

Beatport : 15/10/2017 (écouter <> listen to)

Tracklist

  1. Gregor Size & Tawa Girl – Processus Hoffman
  2. Gregor Size & Tawa Girl – Processus Hoffman (Andre Rauer remix)
  3. Gregor Size & Tawa Girl – Processus Hoffman (Roman Faero remix)
  4. Gregor Size & Tawa Girl – Processus Hoffman (Tiago remix)
ParHigh Potential

Sa.Du

Rencontre avec Athanase aka Sa.Du, un artiste lyonnais made in Grèce qui produit activement de la techno qui fait du bien à nos oreilles. L’ex résident du DV1 qui monte, qui monte, qui monte…

Tu es Grec et vis à Lyon : es-tu venu en France pour ta carrière ? D’après toi, quelles différences y a-t-il entre la musique électronique en Grèce et en France ?

Nous aimons la France et ma femme est née ici. Nous venions très souvent en vacances et un jour, nous avons décidé de vivre ici. La différence ? Ici, les Français aiment danser !

Tu étais résident au DV1 : quels souvenirs gardes-tu de ce club ? Comment as-tu vécu sa fermeture il y a un an ?

J’étais très triste quand je l’ai appris, mais je garde beaucoup de bons souvenirs, de bonnes vibes, de nombreux sourires… C’était un lieu pour danser et j’aimais ce style underground.

Tu composes énormément : peux-tu nous indiquer les 5 productions de ta composition que tu affectionnes plus particulièrement ?

Toujours difficile de faire un choix parce que je risque d’oublier des morceaux… Mais je dirai :

« Imaging your self » : sorti chez Bonzai records” en vinyle et numérique. Ce track a été classée dans le top 10 tech house de Beatport. Les gens l’aiment pour son ambiance deep.

« Mother » : sorti sur Frequenza records. Richie Hawtin a joué ce track au festival SONAR de Barcelone en 2016.

« Clubber » : sorti sur Frequenza records.

« Warm » : sortie sur EP Digital Music avec de nombreux retours positifs d’artistes comme Slam, Paganini, Richie Hawtin…

« Feel it » : sorti su Monique Musique.

Que signifie ton nom de scène « Sa.Du » ? Quel est ton concept sur scène ? Qu’est-ce qui fait ton originalité en DJ set ?

Sa.Du signifie vibes, sons tripants, bonne énergie et danse !  Derrière les platines, j’ai seulement deux choses en tête : faire voyager et faire danser les gens !

Depuis quelques semaines, tu as rejoint l’agence de booking de Frequenza : quels sont tes attentes d’une agence de booking ? Pourquoi as-tu choisi Frequenza ?

Oui, je suis dans l’agence de booking de Frequenza et j’en attends de bonnes choses ! Je suis très fier de cela parce que c’est le label qui a décidé de m’ajouter à son roster.

En tant que producteur : quelles sont tes influences ? Quel matériel utilises-tu pour composer ?

Mes influences sont les gens, ma vie et le quotidien qui m’entoure. J’aime me balader avec mes écouteurs tout en regardant les gens et la ville : j’emmagasine de l’énergie le jour pour la retranscrire durant la nuit. Je préfère créer ma musique avec du hardware plutôt que des softwares : j’aime le résultat final par ce procédé et cette voie stimule beaucoup plus ma créativité.

Tu as signé notamment sur Bonzai records et Inclusif records : quels relations entretiens-tu avec les labels qui t’ont signé ? As-tu une stratégie particulière dans le choix des labels avec qui tu travailles ?

Ma relation avec les labels reste amicale et professionnelle. Je parle de musique et d’autres choses avec eux : c’est agréable de discuter avec des gens qui ont les mêmes influences et idées que soi. Dans mon démarchage, je n’ai pas de stratégie particulière : je collabore avec des labels parce que j’aime leur travail et les artistes qui ont signé chez eux.

Quelle est ta plus belle réussite depuis le début de ta carrière ? As-tu un rêve en musique électronique que tu n’as pas encore réalisé ?

Lorsque j’ai déménagé en France, j’ai d’abord habité Montpellier et Immédiatement, je me suis retrouvé derrière les platines à Villa Rouge et à L’antirouille. Quand je suis arrivé à Lyon, on m’a dit  «  le DV1 c’est le meilleur club techno de la ville mais c’est pratiquement impossible de jouer là-bas ». Alors j’ai foulé le Dv1 et dès la première fois, je me suis dit « c’est l’endroit où je veux mixer ! ». Et finalement je suis devenu l’un des résidents. Il faut toujours croire en ses rêves car ils nous donnent l’envie de continuer afin de devenir meilleur !

Que penses-tu des gens qui réduisent la musique électronique aux drogues ? Penses-tu que les drogues stimulent la créativité ?

L’art a toujours été impliqué avec les drogues et l’alcool. N’oubliez pas Van Gogh, Gauguin, beaucoup d’artistes Rock, etc. Personnellement, je ne prends pas de drogues. Quand je fais de la musique ou mixe, je veux juste être là et sentir le moment présent.

Quels sont tes projets à venir ? Ton mot de la fin ?

J’ai beaucoup de projets en tête et j’essaie de les organiser pour avancer pas à pas. J’aimerais créer un label : j’ai déjà le nom et le logo, on verra bien… Mon mot de la fin : vivez la vie à fond, profitez-en et dansez !

Retrouve Sa.Du sur le web :

ParMarius Sergent

Resaca Production

Patron de Resaca Production, organisateur des soirées Zodia, [dont la prochaine se déroule le 13 Octobre à La Soute à Chambéry (lien en bas de page)], des Micro-Club, ou encore Katarsis, rencontre avec le boss de l’association : Raoul.

Merci à toi d’avoir accepté cette invitation, pour commencer peux-tu te présenter et nous expliquer les diverses activités de ton association ?

Avec plaisir …
Je suis Raoul Bourgoin, j’ai 29 ans et suis originaire de Chaumont (52). C’est par mon impulsion que l’idée Resaca Production a vu le jour et par le reste de l’équipe qu’elle s’est concrétisée. Notre association Resaca fait danser le monde dans la petite ville de Chambéry.
Nous n’avons pas d’autres objectifs que de nous amuser. Le but, dès le début, a été d’offrir des formats de soirées accessibles en termes de prix et proche du centre-ville en envahissant différents lieux comme les bars, clubs et salles de concerts. Nous aimerions surtout réussir à réunir le public de notre petite vallée, une communauté que petit à petit nous connaissons et côtoyons à chaque soirée.
Ce serait bien de parvenir à prendre racine dans le paysage culturel chambérien avec comme drapeau, la musique Techno. Je rêverais de voir les grands noms internationaux passer par chez nous.

Comment te positionnes-tu sur le débat entre musique électronique underground et commerciale ? Quel est ton point de vue sur l’EDM ? Les free-parties ?

J’ai un avis bien trempé sur le sujet. Très souvent lorsque nous parlons de culture « grand public » nous parlons de culture de masse sans trop de passion. L’EDM c’est du grand public, c’est du commercial pour moi (du supermarché musical). Quand je vais en boîte de nuit clairement je suis perdu et je perds mes repères, à tel point que cette EDM me rend totalement fébrile si je n’ai pas assez bu avant. Ce type de musique est d’un plat incroyable, du médiocre et du vide total. J’ai le sentiment qu’il faut juste boire 1L de vodka et crier en levant les bras pour dire qu’on apprécie. Cet avis est purement subjectif…
La musique House et Techno que nous faisons vivre véhicule un lien passionnel avec le public. Cette musique est profonde, sophistiquée. Je la vis et la consomme comme une émotion en relief qui me fait voyager sur place mais aussi être en osmose avec les personnes autour de moi qui l’écoutent. C’est délicieux, j’en ai la chair de poule.
Concernant les free-parties c’est justement de là que j’ai puisé mon envie et mon imagination dans la musique électronique. Des membres de ma famille sont fondateurs du collectif « TRAKERZ » à Ales, anciennement appelé « KOGNANCE ». Avant d’aller en club j’ai dansé sur les dancefloors pirates ; et je suis encore épris de cette culture. Je l’adore. C’est la classe quand même !

Milites-tu pour une cause particulière au sein de la culture électronique ?

S’il y a bien un détail qui me démarque c’est mon désintérêt face à l’argent. Je pense que cette finalité nous fait nous détacher de l’objectif premier qui est le partage. Alors en effet, l’événementiel induit des moyens, je suis d’accord. Mais la notion de profits démesurés, d’enrichissements débordants me sidère clairement. Si je peux demain parvenir à répandre mon état d’esprit et à mettre en place un cycle de production de soirées où tout le monde s’y retrouve financièrement et où les tarifs appliqués sont simples et corrects tout en ayant une qualité de soirées, je serais conquis. Cependant cela n’arrivera qu’une fois que nous maîtriserons totalement la production de l’événement tant sur la gestion du lieu, des coûts, des entrées et des consommations sur place. Aujourd’hui nous sommes des invités, nous utilisons des espaces privés et/ou public où nous gérons seulement l’artistique. C’est limité.

Tu as un gros réseau, avec des contacts dans beaucoup de domaine, comment est-ce que tu te le crées, tu te forces, ou est-ce que ça vient tout seul ?

Tu rigoles !! Je n’ai pas de réseau ou plus de réseau. J’ai été étudiant à Chambéry pendant 4 ans. C’est lors de ces années que j’ai organisé beaucoup d’événements privés et/ou dans des lieux publics. Cela m’a fait rencontrer du monde et peut-être, je suppose, avoir une identité d’organisateur. Mais aujourd’hui, jeune papa et employé d’une PME à Avignon, je ne suis plus du tout connecté avec le réseau Chambérien. Pire j’accompagne Resaca à distance sans jamais trop toucher la matière. C’est tellement frustrant et compliqué ce système. Je m’efforce à avoir un réseau avec qui je ne sors pas, ne bois pas des verres, n’en paye pas et surtout à qui je ne donne pas envie de venir à nos soirée. C’est très dur d’avoir un réseau.
Resaca c’est une équipe de 10 personnes étudiantes et autres qui en permanence vivent et s’animent autour de nos événements pour parvenir à inviter le monde. Le voici mon réseau.
Mais pour conseil, ma sauce à moi c’est l’enthousiasme. Il faut être heureux pour donner envie, il faut être généreux pour maintenir les relations et il faut être investi pour faire du bon travail.
A partir de là tu rentres dans un processus relationnel à base de good vibes. Et ensuite le travail se fait tout seul, le bouche à oreille fait connaître tes soirées et Basta !
Et puis Chambéry c’est tout petit.

Quels sont les concepts que tu développes en organisation d’évènementiel ?

Nous ne développons aucun concept je crois. Notre processus organisationnel est le même que tout le monde. Des artistes, un public, un lieu et une ambiance. La chose qui nous différencie est la connotation espagnole de Resaca. Je suis fan de l’Espagne et je glisse un petit clin d’œil espagnol dès que je peux.

Comment organises-tu ta programmation ?

Nous avons Rémi (Rémi Martel NDLR) au sein de l’équipe qui se charge principalement des bookings. Nous choisissons juste ensemble les line up finaux. Nous aimons particulièrement les artistes aux Techno envoutantes et mélodiques comme Cerato, Granha et Kiko. En fonction de notre format de soirée nous invitons soit un artiste local, soit un artiste plus important. C’est surtout en fonction des moyens que nous avons.

Tu as des Dj résident au sein de l’asso (PMF, Martelo et Négative Pressure), comment s’est fait votre rencontre, quels sont pour eux les avantages et les inconvénients ?

En effet, les 3 sont là, avec nous. Ils constituent d’ailleurs le « bureau » de Resaca.
L’avantage pour eux est clairement que leur visibilité augmente via l’association. Chacune de nos soirées ou presque se voit enrichie de la présence d’au moins un résident. Cela leur fait cumuler les dates. Vis à vis des bookings extérieurs il se passe la même chose qu’avec le reste des autres artistes. L’association est parfois invitée à collaborer avec d’autres entités dans d’autres localités que la nôtre et à ce moment-là nous envoyons un résident pour représenter Resaca.
L’inconvénient je dirais est qu’ils doivent pleinement participer aux prises de décisions, travailler dure pour monter et dessiner le futur de Resaca. C’est vraiment du boulot d’entretenir ce tout petit écosystème et ça demande de l’énergie et du temps. Par ailleurs, ils doivent reverser une partie de leurs cachets mais seulement quand celui-ci est égal à un montant minimum.

Comment choisis-tu les lieux où tu organises tes soirées ?

Comme précédemment dit, nous occupons des lieux proches du centre-ville. Les bars et les salles de concerts où nous allons jouer sont déjà en place et en matière de gestion de lieu cela nous simplifie la vie. Vis à vis de la Sacem, ces lieux payent déjà leur forfait annuel et cela nous permet de ne pas nous soucier de cette dépense. Par la suite nous allons tenter d’investir d’autres types d’espaces, insolites, industriels. Pour l’instant c’est en cours de négociation, de calcul et surtout nous ne le ferons pas seuls.

Quels sont tes projets à venir ?

Le projet que nous avons en tête aujourd’hui est évidemment de construire pour demain un événement important et de grande envergure à Chambéry. La question est sur la table depuis plusieurs mois. La ponctuation ne se fera qu’entourée d’autres personnes. Je veux dire par là que nous tentons de réunir différents organismes publics ou privés pour parvenir à une synergie de nos compétences et réseaux.

Merci à toi, le mot de la fin ?

Le mot de la fin ? Que veut dire en espagnol «  yo tengo la resaca » ?
Et un grand merci pour ton interview. Pense à partager Zodia, il s’agit du premier gros événement Techno à Chambéry pour cette rentrée 2017 / 2018.
Gracias Amigo, Gracias a todos !

Les liens Resaca (venez, ça va être fat NDLR) :
Resaca
Zodia
Katarsis

ParMarius Sergent

Axel Nirka

Rencontre avec ce Grenoblois passionné de musique depuis plus de 20 ans, Dj/producteur, animateur de radio et collectionneur de vinyles à ses heures perdues !

Salut Axel, déjà peux-tu te présenter et nous expliquer tes différentes facettes au sein de la culture électronique ?

Salut, eh bien je suis Axel de Grenoble, je suis derrière les platines depuis mes 20 ans et j’aborde sereinement la crise de la quarantaine. Je suis donc DJ en musique électro techno et house, mais aussi un ex résident tout frais d’une radio locale grenobloise où j’ai envoyé du son pendant plus de 10 ans. Je compose également de la musique dans mon home studio et pour le temps restant, je suis dans le crew d’Interaktion où j’ai plus l’habitude de poser des questions plutôt que d’y répondre… Sympa la mise en abîme aujourd’hui (rire).

Quel est ton héritage musical avant de rencontrer la musique électronique ?

Oula, pas vraiment d’héritage musical de mon côté mes parents écoutant très peu de musique. J’ai commencé à écouter la radio et m’acheter des cd après mes 18 ans une fois mon premier job obtenu. Auparavant j’avais 2-3 cassettes avec des compilations oscillant entre la dance des années 90, le hardcore façon Thunderdome ou encore des sketchs des Inconnus…Un vaste programme pour aborder l’électro (rire). Depuis je me suis bien rattrapé avec un budget conséquent pour l’achat de vinyles, cd et aujourd’hui écouter aussi du format digital en streaming principalement.

Quel matériel DJ utilises-tu ? Recherches-tu des spécificités techniques particulières ?

Mixant sans artifices et misant sur la sélection musicale, je n’ai pas besoin de grand-chose : 2 sources avec un pitch et une table 2 voies avec correction classique des fréquences et je suis parti dans mon trip (rire). Je déteste les sets où les effets sont surjoués et toujours amenés de la même manière : c’est du cache misère pour moi. Un effet peut s’utiliser avec parcimonie mais toujours dans le but de surprendre le public, en l’utilisant différemment des autres artistes. Un bon track se suffit à lui-même, il est intéressant aussi de ne pas détériorer l’œuvre telle qu’elle a été pensée par son créateur.

Comment te positionnes-tu sur le débat vinyle vs CD vs MP3 ? Toi-même as-tu essayé diverses technologies ?

J’ai effectivement essayé les diverses technologies. Sur la qualité sonore, composant aussi beaucoup à la maison, je banni le mp3 sauf pour éventuellement en podcast. Sur un vrai sound-system le mp3 est une sorte d’ersatz sonore bien brouillon dans le grave avec des aiguës peu précis. La qualité cd est mieux mais avec la course à l’armement dans la guerre du son, beaucoup de tracks n’ont aucune dynamique et fatiguent vite à l’écoute. Je préfère de loin le son et la chaleur du vinyle mais les autres supports permettent de découvrir une multitude d’artistes. Il y a des services fantastiques qui permettent de découvrir de très bons tracks loin des tops 10 de Beatport et autres plateformes dédiées aux Dj’s.

Quel est ton pire souvenir de soirée en tant que DJ ? Et ton meilleur ?

Mon pire souvenir de DJ reste certaines soirées à mes débuts dans des bars un peu glauques sur Grenoble à mixer dans une cave seul ou avec 1 client, genre remix de « La Crampe » dans « Pulp Fiction » (rire). Mon meilleur reste un set réalisé en warm up d’Oxia où je m’étais éclaté avec mes sons préférés malgré un certain stress car,déjà 10 ans en arrière, c’était un grand de la scène techno. Enfin mon premier set sur la bande FM avait également quelque chose de magique. Après j’ai plein d’autres bons souvenirs mais ces deux-là ont une saveur particulière.

Tu es aussi producteur, avec 2 EP sorti sur le label Grenoblois Lite Litch Record, quelle est ta philosophie, ta conception de la production ?

Exact, j’ai eu la chance de sortir du son sur ce sympathique label géré par une amie. Ma conception de la production est d’utiliser à la fois du hardware et du sample pour parvenir à mes fins. Pour y arriver tout se joue en 1h ou 2 : je trouve mon idée, lance les accords, 2-3 mélodies et compose directement. Je perdais trop de temps à une époque « enfermé » dans une boucle, le cerveau atrophié tout comme les oreilles au bout de quelques heures. Pour le coup je lance beaucoup de projet mais si au bout des 2h je n’ai rien de concret, je zappe (rire) ! Par contre, une fois un track lancé, je passe beaucoup de temps à le finaliser, ajouter les effets et essayer de faire vivre le morceau.

Comment puises-tu ton inspiration pour composer ? Quels sont tes influences en matière de production ?

Je m’en remets au Muses…plus sérieux, j’écoute énormément de track dans plein de styles différents via mon activité professionnelle et mon expérience sur Max FM où j’ai géré la programmation musicale pendant quelques années. Mes influences et ma sensibilité viennent en partie de mon mentor Dj de l’époque qui s’appelle Francky et qui reste un excellent technicien avec une sacré oreille et innovation dans l’approche du son : dommage qu’il ait arrêté d’ailleurs… Pour le coup, grâce à lui, j’ai beaucoup exploité les faces dub des disques du club où on officiait, découvert des compilations des soirées Scream sur Paris début 2000, des artistes comme Jérôme Pacman ou encore Oxia… J’aime également ce que fait Vitalic, une partie de la discographie des Daft Punk, certains labels que je garde jalousement secret parmi les galettes de mon studio. Je me disperse beaucoup aussi musicalement parlant, et cela se ressent dans mes tracks où j’ai du mal à garder une idée directrice tout au long des 5-6mn du morceau…

Développes-tu des prestations live ? Préfères-tu jouer en tant que liver ou DJ ?

Sans hésiter je préfère jouer en tant que DJ qui me laisse plus de manœuvre en termes de choix musical et de technique pour « titiller » le public. Il faut jouer avec le public, savoir le frustrer gentiment et le surprendre par des mixes plus ou moins directs. Il faut savoir être percutant au bon moment et faire voyager les gens dans un univers marqué par des titres qu’il n’aura pas l’habitude d’entendre. Pour du live, j’y ai pensé mais mon sens inné du rythme et de la mélodie sont des éléments de blocage (rire)…J’ai du mal à donner le tempo en claquant des mains (rire), je passe mon tour pour du direct avec machines et claviers pour la sauvegarde des oreilles et l’intégralité mentale du public !!

Travailles-tu seul ou en collaboration ?

Je bosse principalement seul, j’ai déjà essayé de collaborer avec un ami ou 2 mais nos méthodes de travail, nos emplois du temps et nos sensibilités artistiques ne collaient pas toujours. Il m’arrive plus de faire des remixes pour mes amis quand l’occasion se présente. Après je suis ouvert à toutes propositions !

Quel matériels et logiciels possèdes-tu dans ton home studio ? Recherches-tu des spécificités ou des techniques particulières ?

Je travaille dans mon home studio sur Ableton Live 8 (avec licence s’il vous plaît). J’utilise à la fois des synthés hardware et des synthés au format VST : du côté hardware je possède un Moog Slim Phatty, un Roland SH-32, un Korg TR-Rack, un micro Korg, un virus rack et encore 2-3 expandeurs. Côté VST j’utilise un peu Sylenth, le Rob Papen subboombass et Unique de Sugar Bytes. Je passe tout cela par ma carte son, une bonne vieille RME Fireface et travaille au casque pour pouvoir vivre en paix avec mes voisins et ma femme ! Pour la partie composition j’ai quelques banques de samples, j’utilise ma souris et mon clavier d’ordi pour les mélodies, un cahier de solfège pour essayer de rester en harmonie. Le plus rigolo dans tout cela, c’est que je n’ai aucun sens du rythme, je compose tout pas à pas avec des séquences en loop…

Merci pour toutes tes réponses et le temps consacré, le mot de la fin ?

Plaisir. C’est ce qu’il faut prendre avant tout quand on se lance dans la composition ou le mixe : kiffer l’instant où l’on se plonge dans son univers et oublier tout le reste !!

L’univers d’Axel sur la toile :