Archive mensuelle mars 2017

ParAnthony Beauchet

Inter@ktion 17 | Taho

Retrouvez tous les jeudis de 23h à 00h l’émission d’Axel Nirka consacrée au mix sur Max FM ! Vous souhaitez être diffusé ? Contactez-nous !

Taho aux commandes de cette 17ème édition avec un mix 100% house !

ParAnthony Beauchet

Inter@ktion 16 | DJ Sage

Retrouvez tous les jeudis de 23h à 00h l’émission d’Axel Nirka consacrée au mix sur Max FM ! Vous souhaitez être diffusé ? Contactez-nous !

DJ Sage aux commandes de cette 16ème édition avec un mix deep house so intensive ! Retrouvez son interview ici.

Playlist

Sable blanc & Wes Maples – Rose cocktail

Goodman & Brish – Lookin’ for a reason

Sandy Rivera, Haze – Changes 2017

Giby – So confused

Siverfox – Just can’t help it

Doug Gomez – Ese mi Tambor

Mixtek – Another round

DJ Romain & Rob James – Love 2 the world

Hazzaro – Saturday

Maxdal – People let’s dance

Thomas Brown – Cruising

ParAnthony Beauchet

Inter@ktion 15 | Oliver Vigo

Retrouvez tous les jeudis de 23h à 00h l’émission d’Axel Nirka consacrée au mix sur Max FM ! Vous souhaitez être diffusé ? Contactez-nous !

Oliver Vigo aux commandes de cette 15ème édition avec un mix techno bien pumping ! Un artiste EP Digital Music (interview ici).

ParAnthony Beauchet

Sleeping Water

D’où viennent tes deux pseudos SleepingWater et Vulcain ?

SleepingWater est mon nom « mainstream » : c’est avec lequel j’ai démarré et c’est aussi celui dont je me sers pour tous les projets non destinés à l’underground… Même si parfois ça dérape un peu (rire). Avec SleepingWater je fais de l’ambiant, de la techno en passant par l’électro swing, le hip-hop, le rock, la variété française, la house, la tech house… Je reste dans des sonorités qui ne sont pas trop dures pour le public,p lus accessibles. L’idée de mon alias Vulcain est plutôt dédié à la hard music (hardtek, acidcore, drum & bass, hardcore, tribe…). Je suis très ouvert musicalement : j’ai environ un millier de vinyles à la maison et j’écoute vraiment de tout. Cette ouverture me permet de m’adapter à différents types de projets. A mes débuts, je jouais surtout en bars ou en clubs mais ma passion pour le milieu alternatif m’a vite rattrapé. Je me suis retrouvé à joué en free-party avec SleepingWater et j’ai ressenti le besoin d’avoir un alias car j’avais en fin de compte deux publics très différents qui venaient m’écouter. Ainsi est né Vulcain axé milieu alternatif et underground aux cotés de SleepingWater qui s’adresse plutôt à l’overground. J’utilise de la même manière mes deux pseudos pour la DJing et la production.

Comment es-tu entré en contact avec la musique électronique ? Qu’est-ce qui t’a motivé à devenir DJ dans la scène électro ?

Mon père était un mordu de rock ’n’ roll et j’ai baigné dans Pink Floyd entre autre. Plus tard, j’ai découvert Jean-Michel Jarre et ses mélodies relativement douces : le morceau “Calypso” a déjà des teintes tribales et les albums “Oxygène” et “Equinox” étaient pour moi associés à l’époque au voyage et à la joie. J’écoutais ce que mes copains me faisaient découvrir en faisant des copies sur cassette audio. Quand j’ai eu 10-12 ans, la Dance a explosé en France. Plus tard, j’ai découvert la Trance grâce à Max sur Fun radio et son émission Trance Max. Dès lors, je me suis mis à découvrir les différents genres de musique électronique et au fil du temps, j’ai affirmé mes affinités.

Pour le DJing, j’ai eu une révélation lors du festival “Ziget” en Hongrie : j’ai eu envie de retransmettre le plaisir que de nombreux DJ avaient su me donner durant ce festival et ma carrière de fêtard. En prenant de l’âge, j’ai eu envie de transmettre ce plaisir aux plus jeunes et c’était aussi une façons pour moi de rester dans la fête tout en y faisant quelque chose de plus concret. Mon leitmotiv dans le DJing a été la transmission, faire revivre les trésors musicaux oubliés et faire découvrir des tracks encore peu/pas connus.

Milites-tu pour une cause particulière au sein de la culture électronique ? As-tu monté des associations ou fait partie d’associations en musiques électroniques ? Quel rôle y as-tu joué ?

A vrai dire, je suis engagé dans pas mal de combats et ce serait un peu long de rentrer dans tous les détails… Mais je pense qu’on peut résumer ça en quelques mots : union, amour de l’être humain et liberté. Cette année, j’ai travaillé aux côtés de l’association Artists In Action qui se bat pour offrir un minimum de confort sur quelques camps de réfugiés. J’ai aussi travaillé pour le collectif Marseille Solidarité Humaine qui se bat contre la précarité à une échelle plus locale. Je suis également le cofondateur avec mon ami Philippe de l’association Musical Therapy dont le but est de promouvoir la scène électronique locale, nationale et parfois même internationale. J’aime utiliser l’art à des fins diverses et variées. J’ai aussi collaboré pendant quelques années avec l’association Family Smile dont le but était d’intervenir financièrement en faveur d’un orphelinat situé au Népal. Au final, dans tous mes combats militants, il y a toujours ce rapport à la musique qui est la base de mes rencontres professionnelles, amicales et parfois même amoureuses (rires).

Comment est né le projet Musical Therapy ?

Philippe organisait des soirées pour ses amis et de fil en aiguille, elles ont connu un certain succès qui l’a amené à monter une association pour organiser des soirées sortant de son cercle amical. Quand je suis arrivé à Marseille il y a 10 ans, je me suis intéressé à son travail. J’ai senti chez lui une réelle motivation  pour dénicher des DJs peu connus et talentueux. Il a notamment été l’un des premiers à faire jouer Tawagirl qui commence à se faire un nom à l’international. Il a fit jouer aussi Marcus Volker qui est aujourd’hui une des figures de poupe du label Divine records. A l’époque, j’avais envie de m’investir pour la vie nocturne marseillaise que je trouvais un peu fade. Ensemble, on a monté l’asso : on a continué de chercher de jeunes talents et de les faire jouer aux côtés d’artistes plus connus afin d’attirer les regards et les oreilles vers nos artistes locaux. On a organisé des soirées qui ont très bien marchés, d’autre moins : quand on organise, on ne gagne pas à tous les coups… Quand ça fait plus de 10 ans que tu écumes les soirées, tu connais forcément du monde : notre force, c’est d’avoir des réseaux différents et de les réunir lors de nos soirées. Nous sommes soutenus par nos amis qui n’hésitent pas à nous aider quand le besoin s’en fait sentir. Nous avons envie de nous professionnaliser en proposant des événements de qualité à la hauteur de nos moyens. Sur la longueur, je dirais qu’il faut savoir garder la motivation à organiser des soirées car l’envers du décors n’est malheureusement pas tout rose et les erreurs se paient souvent vites et chères ! La nuit marseillaise est aussi très volatile : les groupes se font et se défont très rapidement et il faut donc savoir renouveler le réseau. Gérer tout ça à deux personnes, c’est pas toujours évident ! Mais on s’est accroché : l’équipe est actuellement en train de grossir et on projette certaines évolutions tout en restant sur un petit format de soirées.

Comment choisissez-vous les lieux où vous organisez vos soirées ? Comment organisez-vous la programmation ? Donnez-vous la chance à de jeunes artistes ou artistes moins réputés ?

Les lieux sont souvent choisis en fonction de coups de cœur ou d’opportunités : une fois que la balance prix et nombre de participants semble correcte, l’affaire se fait rapidement. On fait aussi bien des évènements dans des petits clubs ou dans des clubs plus prestigieux. pour les évènements phares, nous essayons de trouver des lieux insolites en adéquation avec le projet de soirée. La programmation se fait en fonction du thème de la soirée : nous essayons volontairement différents styles musicaux, différents lieux avec différents intervenants, parfois chics parfois underground et très souvent décalés ; nous aimons rire et avons ce point commun d’aimer la diversité. Quant à ta dernière question, c’est le but même de l’asso. Nous essayons de mettre en avant les plus jeunes en les positionnant aux cotés de ce qui ont déjà une certaine expérience ou renommée. Cela nous a parfois joué des tours mais dans l’ensemble, la recette fonctionne assez bien. On a vu grandir certains jeunes artistes et ça reste toujours une grande fierté pour nous.

IndianPsyParty@Marseille 04/12/2015

Voila ce que ça donne une soirée Musical Therapy!! Merci à tous pour vos smiles et bonne humeur!

Gepostet von MUSICAL THERAPY am Montag, 14. Dezember 2015

Avez-vous des liens avec d’autres assos du territoire qui organisent ? Si oui, comment se passent les collaborations inter asso ?

Nous n’aurions pas pu en arriver là seul et à force d’être dans ce milieu, tu connais de plus en plus de monde. On voit ça comme de l’organisation mais par dessus tout, c’est une question de rapports humains : il y a des gens avec qui ça colle, d’autre moins… Au bout d’un moment, tout le monde trouve sa place. Comme on dit “tout seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin”. Les collaborations sont indispensables pour sortir de ta ville et offrir à tes artistes des booking hors de l’échelle locale.

Et toi, en tant qu’artiste : as-tu un statut professionnel ? Vis-tu de la musique ou as-tu un travail à coté ? As-tu une résidence ? Comment procèdes-tu dans le démarchage de tes soirées ?

Je ne vis pas actuellement de la musique : pour moi, c’est une passion avant tout. Si je devais voir ça d’un œil exclusivement professionnel, il y a certaines libertés que je ne pourrais plus me permettre d’un point de vue artistique. Je devrais par exemple cesser ma pluralité de styles musicaux car ça me desservirait : c’est très dur de fidéliser un public en faisant des choses différentes. Mais j’ai pris le parti de me faire plaisir avant tout, surtout pour la production. Pour le DJing c’est différent car je sais m’adapter en fonction de la demande : j’aime avoir un thème et trouver la musique qui va coller avec, ça me régale. A coté de la musique, j’ai aussi une vie avec plusieurs casquettes : 10 ans d’expérience en tant que cuisinier et informaticien. Coté résidence, avec l’asso Musical Therapy, j’anime l’émission du même nom un vendredi sur deux sur radio Zinzine, une radio libre d’Aix-En-Provence (88.1 FM ou sur le web). Je n’ai pas de résidences en club car ça ne colle pas avec mon rôle de père que je prends très à cœur, même si j’adore me divertir (rires). Quant aux soirées, j’ai la chance d’être assez bien entourés et d’avoir régulièrement des propositions sans même avoir trop à demander… C’est souvent du donnant donnant : je te booke ici, tu me bookes là-bas. Je ne suis pas une star internationale, je fais mon bout de chemin et que quand je le mérite, les plus grands me tendent la main. En toute franchise, j’en suis déjà plus loin que ce que j’aurais pu imaginer en commençant. J’essaie de m’appliquer et d’honorer les différentes invitations/main tendues en travaillant encore et toujours pour que la qualité soit au rendez-vous.

Comment te positionnes-tu sur le débat entre musique électronique underground et commerciale ? Quel est ton point de vue sur l’EDM ? Les free-parties ?

Ça c’est une question qui me plait tiens ! La musique pour moi, c’est comme la cuisine, il n’y en a que deux : la bonne et la mauvaise. A vrai dire, je ne pense pas que l’on puisse dire qu’une musique est bonne ou ne l’est pas. On peut dire “ça me plait” ou “ça ne me plait pas”. Mais à quoi bon dénigrer et dire “c’est le la merde”… Je vais prendre l’exemple de Johnny Halliday : personnellement, ça ne me plait pas et je préfère de loin Brel ou Renaud. Ce n’est pas pour autant que Jonnhy fait de la merde : il fait sa musique et je n’y suis pas sensible… C’est comme de kiffer un morceau et 5 ans plus tard, tu ne l’aimes plus… Pourquoi ? Parce que pour moi, la musique c’est un peu comme le sel et le poivre en cuisine : ça sert à assaisonner un instant de ta vie ; des fois tu la veux douce, des fois tu la veux rapide, joyeuse, triste etc. Tout ça c’est l’essence de l’art : pourquoi c’est bon et pourquoi ça ne l’est pas, personne ne le sait ! Il y a des gens qui aiment et d’autres qui n’aiment pas et même ça, on ne sait pas pourquoi non plus ! Et heureusement d’ailleurs car on subit assez de formatage comme ça. Heureusement que personne n’a compris comment ça marche, et que personne n’essaie de nous l’imposer. Par contre, la chose que je ne trouve pas très valorisant, c’est la musique business. Si t’es pas trop mauvais musicien et que tu captes les trucs qui marchent, ce ne sera pas très dur de faire un plagiat avec quelques variantes tout en restant dans les même gammes de sonorités qui ont toutes les chances de marcher… Mais au final, tu n’as fait qu’imiter alors que tu aurais pu innover, chercher une nouvelle texture, un nouveau grain, etc. Au début, il y a un artiste qui crée un truc, peu importe le style d’ailleurs (il n’a souvent même pas encore nommé ce style), et puis ça marche ! Ça touche les gens qui en redemandent et ça donne souvent naissance à un mouvement musical. Parfois ça explose et du coup, tout le monde fait ça parce que l’industrie en demande et sait qu’elle va arriver à faire du fric. Même si c’est médiocre ou une pâle copie, l’industrie signe quand même car il y a du fric à la clé. Pour moi, là on rentre dans le vrai commercial : si ça se vend, ça veut pas dire pour autant que c’est de la merde… Mais parfois c’est pas terrible du tout et ça se vend quand même… Et on en revient à l’histoire des goûts et des couleurs qui est un débat sans fin. Je pense qu’il y a un âge d’or où toutes les plus belles œuvres du style sortent ; après arrive la production massive qui amène le public jusqu’à l’épuisement ou à la nouvelle mode… Je pense que c’est ce qu’on vit en ce moment dans la musique électronique mais sa chance est d’avoir beaucoup de « sous familles » à contrario du hip-hop par exemple.

Tout est question de choix : j’ai décidé de faire ce que j’aime même si ça ne me permet pas d’en vivre. Il y en a d’autres qui décident d’en vivre et qui font la concession de faire un peu moins ce qu’ils aiment pour faire un peu plus ce qui marche. Ça ne veut pas dire pour autant que tout ceux qui arrivent à en vivre ne font pas ce qu’ils aiment : ça veut juste dire que parfois, être commercial est un choix qui peut avoir tout son intérêt même s’il est plus financier qu’artistique. Il y a une règle à laquelle nous sommes tous sujet : au final, ce n’est pas l’artiste qui décide si sa musique est bonne ou pas mais les gens qui l’écoutent. Si c’est bon, les gens écoutent et plus ils sont nombreux à écouter, plus il faut s’attendre à devenir commercial,  que tu le veuilles ou non. Il n’y a pas si longtemps, la techno était underground parce qu’elle n’était pas encore acceptée. On devrait remercier nos ainés qui se sont battus pour qu’elle soit diffusée. Pour moi, c’est à ça justement que sert l’underground : des individus qui ne sont pas satisfaits des standards qu’on leur propose et qui décident de se rassembler pour proposer autre choses. L’underground ne se résume pas aux free-parties : on le trouve dans l’art en générale et ça peut s’appliquer aussi à une façon de vivre. L’underground, c’est penser au-delà des standards validés par l’État afin de créer des alternatives. C’est comme le darknet en informatique. Au final, l’underground reste une idéologie.

Derrière ce mot “underground”, il y a avant tout un choix de vie, celui de rentrer dans les cases que la société a faite ou pas. Les gens qui ont décidé de faire autrement sont souvent catégorisés comme des marginaux alors qu’en réalité, ce sont très souvent les défendeurs d’une liberté qui se perd de plus en plus dans notre société actuelle. Ils mènent souvent une vie difficile financièrement car la liberté à un prix. Quand je vois que certains parents ne voient pas leurs enfants grandir par ce qu’ils passent leurs temps à courir après des billets dont l’État en reprend une grande partie, ça donne à réfléchir…

Quels sont tes projets à venir ? Ceux de Musical Therapy ? Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour l’année 2017 ?

Personnellement, j’ai eu une mauvaise expérience avec un patron de label qui devait sortir mon album : il m’a bloqué les morceaux pendant plus d’un an pour au final se débiner et disparaitre de la circulation… A priori, tout ça parce que nous n’avions pas les mêmes opinions politiques mais j’avoue ne pas avoir bien saisie moi-même l’origine du conflit… Du coup je suis sur le point de le sortir moi-même : ça m’aura pris du temps mais ça devrait vraiment arriver prochainement. J’ai beaucoup plus d’envies que de temps ! J’aimerais beaucoup monter un live set acid to acidcore pour Vulcain et la famille free-party (rires). J’aimerais également aboutir un projet d’album ambiant et de live set avec mon binôme Seve Freeson au sein d’Images In Air. Je vais continuer à m’investir pour AiA (Artists In Action) car je ne trouve pas acceptable que nos politiques ne prennent pas en charges les victimes de guerres. Je vais continuer d’encourager et soutenir Emer Aude Marginal MC (membre du collectif MSH) qui est à mon sens une artiste extraordinaire dont je suis très respectueux.

Quant à Musical Therapy, une bonne réorganisation vient d’avoir lieu en début d’année et j’espère qu’elle va porter ses fruits. Nous avons envie de nous diversifier un peu dans la façon de mettre les jeunes talents à l’honneur, mieux différencier les DJs des producteurs et leurs proposer quelque chose qui soit réellement en adéquation avec leurs talents. Certains projets commencent déjà à bien avancer : tendez l’oreille car l’année devrait être assez riche…

Ton mot de la fin ?

Un merci tout particulier à ceux et celles qui nous soutiennent, que ce soit de manière personnel ou avec Musical Therapy car mine de rien, vous êtes relativement nombreux/ses et nous en sommes extrêmement reconnaissants. Un merci également aux « grands frères de sons » qui nous poussent et nous encouragent : ça fait chaud au cœur (ils se reconnaîtront). Et pour ma part, un énorme merci à mes deux binômes et associés Christel et Philippe qui ont très fortement contribué à mon évolution… Merci également à vous Interaktion Elektro Projekt qui faites vivre un beau projet : vous faites aussi parti des activistes qui dédient une partie de leur vie à la musique électronique.

SleepingWater sur le web

Vulcain sur le web

Images In Air (Seve Freeson & SleepingWater) sur le web

Musical Therapy sur le web

Artists in Action sur le web

ParAxel Nirka

EP Digital Music

Rencontre avec Cédric, manager du label EP Digital Music qui vient tout juste de fêter ses 5 ans. Retour sur cette aventure.

Peux-tu nous indiquer comment l’envie de monter un label t’est-elle venue ?

Il y a tellement de jeunes artistes talentueux qui passent inaperçus sur des labels “usines” qui sortent 20 EPs par seconde (rires). Avec EP Digital Music, j’ai voulu vraiment privilégier la qualité à la quantité. Je suis issu de la scène électronique du début 1990. J’ai gardé l’état d’esprit “old school” où la musique est une véritable passion et non un business. Depuis toutes ces années, j’ai pu me faire pas mal de contacts. Donc je me suis tout simplement dit : “le partage est essentiel alors pourquoi ne pas faire profiter de mon expérience ?”. Si mes contacts peuvent servir à faire exploser des jeunes, alors mon taff est fait !

Quelles sont les grandes étapes du montage de ce projet ? As-tu rencontré des difficultés ?

Je crois qu’il n’y a pas vraiment d’étapes… Plutôt une progression, une évolution. Juste garder la même vision de faire découvrir des artistes et de leur donner un maximum de visibilité. La plus grande difficulté c’est justement cette visibilité… La promo me prend un temps fou ! Surtout aujourd’hui avec Internet, c’est pas facile (rires).

EP Digital Music vient de fêter ses 5 ans : comment le projet a évolué depuis ses débuts ?

Les premières sorties étaient supportées par quelques artistes mais rarement dans les charts. Alors qu’aujourd’hui, tout les EPs sont playlistés et chartés par les plus grands noms internationaux. Je t’avoue que je suis assez fier quand un artiste international dont j’adore les productions, me demande de faire parti de la promolist ! Les covers aussi ont pas mal changées et heureusement (rires). Quand tu ne connais pas photoshop et que tu te lances dans un logo ou une pochette, je te laisse imaginer la catastrophe (rires). Mais surtout le label est composé de 2 types de sorties :

– “Classic” : 2 Original Mix + remix dont 2 internationaux.

– “Special Serie” : 3/5 Original Mix (sans remix mais plus grosse promo).

Tu m’as dit recevoir plus de 100 démos chaque semaine : comment fais-tu pour choisir les artistes que tu signes ? N’es-tu pas lassé à force d’écouter autant de tracks ?

Je suis très (trop) sélectif… Je signe rarement des tracks. Je n’ai pas de style bien défini. Ça peut être aussi bien techno que house. Le seul mot d’ordre c’est le groove ! Il faut que le titre me parle. Le choix des artistes se fait vraiment au coup de cœur. Quand je cherche un remixeur, je le choisis pour sa touche, son univers. C’est pas toujours facile d’être disponible pour tout le monde mais j’écoute tout et je réponds dès que possible. Faut pas être pressé (rires). Le jour où ça me lassera, il sera temps de changer de direction, partir vers d’autres projets. Mais pour l’instant, je suis très content de l’intérêt que portent les gens pour le label.

Quels conseils donnerais-tu aux compositeurs qui t’envoient leurs démos ?

Faut que ça groove, mais surtout de l’originalité ! Je ne cherche pas à être absolument dans le top 100 Beatport ou Resident Advisor… Quand on m’envoie des titres pompés, entendu 10000 fois, c’est sans intérêt. Ne pas chercher à ressembler à quelqu’un. Au contraire ! Il faut innover, casser les barrières ! Soyez créatifs, imaginatifs. S’inspirer d’artistes qu’on aime, oui… Mais avoir sa propre signature musicale, sa touche, son grain est tellement mieux !

Comment fais-tu pour démarquer EP Digital Music du reste de la concurrence que l’on retrouve sur le web ?

Je ne me préoccupe pas du tout des autres labels (rires). Je pars du principe que si ça me plait, je prends. Je n’ai pas la prétention de créer la mode comme veulent faire beaucoup de labels… C’est très old school, on me le dit souvent (rires). Mais chacun son but. Perso j’ai choisi la musique et le partage, pas d’être dans la “hype attitude”. Je passe beaucoup de temps à sélectionner les remixeurs par rapport à leur groove. Je me fous royalement des noms qu’ils soient internationaux ou pas, c’est leur savoir faire ! C’est pour ça que les EPs sortent tout les 2/3 mois en moyenne. Toujours un point d’honneur sur le groove, la touche personnelle qui donnera le coup de cœur.

Sur toutes les sorties : quel morceau reste ton préféré ? Tu peux en choisir 3 pour pas faire de jaloux 🙂

Même 3 j’ai du mal ! Je fonctionne au coup de cœur donc forcement tout les EPs sont des histoires racontées de différentes façons. Il y a des tracks que je mixe plus que d’autres c’est certain… Mais impossible de citer des EPs en particulier.

Quels sont tes projets et tes envies pour l’année 2017 ?

J’ai envie de donner une autre direction au label, plus familiale, ne pas faire de sorties “one shot”. Pour pousser encore plus les jeunes talents. Être plus proche du public, notamment avec le projet “Live Effect” : des séries de mix en live en interaction avec les artistes. Des sorties vinyles vont bientôt arriver aussi ! Des éditions ultra limitées et personnalisés ! En gros tu choisis 2 ou 4 tracks sur le Soundcloud ou Youtube EP Digital Music et on te presse le vinyle exclusivement pour toi. Et les prochains EPs seront encore plus groovy que jamais !

Retrouvez EP Digital Music sur le web

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ParAnthony Beauchet

Spectrowave records

Rencontre avec Cédric Moullet, manager de label techno Spectrowave siégeant à La Ciotat.

Peux-tu nous présentez ton label en quelques phrases ?

Spectrowave records est né en 2015, sous un autre nom que nous n’avons plus le droit d’utiliser pour des raisons juridiques. L’orientation du label est Techno au sens large, dans une conception proche de la Techno des années 90 qui se distinguait d’autres cultures électroniques comme la House, la Trance ou le Hardcore. Sur notre label, des artistes comme Vondkreistan très dark techno cohabitent aux cotés d’artistes comme Adrian Wreck produisant une techno plus industrielle et atypique. Cette diversité permet de créer une certaine émulation autour de remixes entre artistes du label avec des résultats toujours surprenants. Le 10 mars prochain, on sortira avec fierté notre 7ème EP.

Pourquoi avoir choisi le nom « Spectrowave» ? Quelle est la philosophie du label ?

 L’histoire du label nous a douloureusement démontré que les noms courants sont souvent déjà déposés. Après nos déboires juridiques autour de l’ancien nom, je cherchais quelque chose d’atypique dans l’esprit des labels des débuts comme Metroplex, Transmat ou Sinewave par exemple et j’ai fini sur Spectrowave. Aucun sens particulier si ce n’est que le label est situé à La Ciotat où on entend les vagues… La philosophie du label est de ne pas se prendre la tête. On s’embête pas avec des histoires d’étiquettes, ni avec des objectifs particuliers. On sort les artistes qui nous plaisent et qui ont un bon esprit. Le hasard des rencontres reste notre moteur.

Spectrowave est une subdivision du label français So French records : qu’est-ce qui t’a donné envie de créer une subdivision Techno ?

 So French records existe depuis 2008. Il est géré par Mac Stanton et officie dans un registre House french touch. Mon éducation électronique est personnellement plus tournée vers la Techno au sens large, avec des références comme Laurent Garnier, Jeff Mills, Dave Clarke, Joey Beltram et les productions de labels comme UR, F-Com, Reload, etc. J’ai donc proposé à Mac de développer une subdivision Techno, qui reste rattachée juridiquement au label. Très vite, des artistes de So French records, comme Adrian Wreck ou Steige ont adhéré au projet en proposant des tracks dans un élan très positif qui a permis de fonder les bases du label. Le lancement a été cristallisé par la sortie de l’EP « Maniac » de Vondkreistan.

Quelles sont tes attentes vis-à-vis des artistes que tu signes ? Quels sont tes critères de sélection ?

 A vrai dire, c’est plutôt le label qui est attentif à leurs attentes. Les artistes nous proposent des démos ou des tracks finalisés et nous voyons ensemble les possibilités de sortie d’un EP avec ou sans remixes (le prochain JFJP ne propose que des tracks originaux par exemple). Nous décidons ensemble de la nature de la sortie (digital only, CD et/ou vinyle) et restons très ouverts et honnêtes sur les budgets dont nous disposons et sur la participation de l’artiste. L’idée est de gagner en visibilité et en notoriété en proposant des artistes de qualité. Comme beaucoup, nous ne vivons pas de cette activité. Le but n’est donc pas de générer du profit mais de nous créer une place au sein du paysage électronique afin de lancer des artistes auxquels nous croyons. Les décisions sont très participatives : nous n’imposons rien et trouvons toujours un terrain d’entente pour satisfaire tout le monde. Si les résultats sont au rendez-vous, c’est un plus !

As-tu refusé des signatures d’artistes connus ou non que tu regrettes aujourd’hui ?

Non. Le label est récent et peu visible donc nous ne sommes pas encore sollicités par des artistes connus. Quelques projets sont à l’étude avec des artistes émergeants mais je n’en dis pas plus…

En tant que label français, quel est ton point de vue sur le public électronique français ? Marches-tu mieux en France ou à l’étranger ?

 La France a une culture électronique magnifique. Des artistes comme Jean-Michel Jarre, Laurent Garnier, ou les Daft Punk : chacun en son temps et à son niveau a marqué l’histoire de la musique électronique au niveau planétaire. La France a généré des mouvements comme la French Touch qui ont eu un écho retentissant. Grâce à ça, je pense que le public français est très connaisseur et très exigeant. Nous avons eu la chance de signer des artistes étrangers comme Alec Attari qui réside à Istanbul ou Dortmund qui est sur Oslo. Ces sorties ont eu un écho dans ces pays-là en termes de streaming et de ventes ; mais notre public reste principalement français en raison du réseau dont nous bénéficions grâce à l’antériorité du label So French records.

"Hi Tom" – Dortmund

"Hi Tom" – DORTMUND [VIDEO]

Gepostet von Spectrowave Records am Mittwoch, 19. Oktober 2016

Quelle est ta vision aujourd’hui du monde des labels, et plus largement du marché de la musique électronique ?

Comme beaucoup je fais l’amer constat qu’il est désormais difficile de vivre de la musique car les gens ont tendance à considérer ces contenus comme du consommable gratuit. L’offre est tellement gigantesque grâce à la démocratisation des outils de production que les gens zappent rapidement… On a l’impression parfois que, le temps d’une promo, le public est déjà lassé d’un morceau. Tout va très vite et le système des labels très visibles est un monde très codifié et très verrouillé. Au niveau de la musique électronique, on assiste à un revival Techno et un retour en arrière vers les piliers du mouvement. Laurent Garnier a retrouvé auprès des jeunes l’aura qu’il avait auprès de nous dans les années 90. Quand on voit Nina Kravitz jouer du Emmanuel Top ou les légendes de Detroit comme Atkins ou May jouer à Ibiza, on se dit que la production actuelle n’est pas à la hauteur. De grosses écuries comme Drumcode produisent à la chaîne des titres que je trouve souvent assez fades mais qui se retrouvent par défaut dans des classements par manque de qualité. Nous pouvons maintenant produire vite et pas cher mais la qualité et surtout le talent n’est pas souvent au rendez-vous. Malgré tout, quelques artistes continuent d’innover.

Justement, le marché de la musique électronique s’est effondré avec l’arrivé du MP3 : quelles difficultés rencontres-tu dans la gestion d’un label ? As-tu créé des liens avec d’autres labels de la scène électronique ?

 Les ventes physiques sont de l’histoire ancienne. On ne vend plus de CD et le retour du vinyle se limite, je pense, aux diggers qui font les brocantes pour retrouver des vieux enregistrements de Johnny Cash ! La cible c’est le streaming car les gens consomment sur Apple Music, Spotify, Deezer grâce à des abonnements illimités à 9€/mois. C’est donc devenu un pari très risqué de lancer la fabrication de CDs ou de vinyles pour un projet qui nous tient à cœur. Le CD sert principalement à la promo : nous les distribuons aux media qui sont restés sur ce support mais les ventes sont anecdotiques. Le support physique est pour nous une façon de nous faire plaisir et de promouvoir le label : nous n’attendons pas de retour sur investissement. Nous avons des liens avec des partenaires medias mais peu avec d’autres labels. J’ai beaucoup appris avec Fred Gien qui gère le label Police records mais nos agendas font que nous avons peu de projets en commun malheureusement.

Organises-tu des soirées, des showcases avec les artistes de votre label ? Développes-tu une activité booking de tes artistes signés ?

Ce volet-là de l’activité reste très chronophage et gourmand. Les revenus actuels du label ne nous permettent pas l’organisation d’évènements. Le label So French records organise de façon plus régulière des soirées, comme cela a été le cas sur Paris aux Folie’s Pigalle ou au Nouveau Casino, avec des line-up assez intéressants. Les artistes restent libres de participer à des soirées : nous leur demandons juste de distiller la bonne parole et de parler du label.

Que vois-tu pour Spectrowave dans le futur ? Des projets à nous reveler ?

Difficile, compte-tenu du contexte et de l’évolution de nos vies professionnelles à chacun, de se projeter dans le futur… Nous espérons évidemment développer l’organisation de soirées, en collaboration avec So French records, et continuons de rechercher des artistes qui s’inscriront dans notre philosophie. Je pense qu’en restant honnêtes avec nos objectifs, nous rencontrerons le succès. Pour l’instant, 2017 va se poursuivre avec l’enrichissement du catalogue : le retour de Vondkreistan dans le registre techno, et d’Adrian Wreck qui a récemment signé un magnifique album, plus éclectique, « Wave Cloud » sur So French records. A découvrir absolument ! Dans l’immédiat, l’actualité se concentre sur la sortie de « Monik » de JFJP.

Ton mot de la fin ?

 Sortez des sentiers battus, le talent est partout. Et le génie est parfois dans la simplicité.

Retrouve Spectrowave sur le web :

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ParAnthony Beauchet

Inter@ktion 14 | G-Prod

Retrouvez tous les jeudis de 23h à 00h l’émission d’Axel Nirka consacrée au mix sur Max FM ! Vous souhaitez être diffusé ? Contactez-nous !

G-Prod aux commandes de cette 14ème édition avec un mix house made in Detroit ! Retrouvez l’interview de G-Prod ici.

ParAnthony Beauchet

Inter@ktion 13 | Bigasti

Retrouvez tous les jeudis de 23h à 00h l’émission d’Axel Nirka consacrée au mix sur Max FM ! Vous souhaitez être diffusé ? Contactez-nous !

Bigasti aux commandes de cette 13ème édition avec un mix techno deep & progressif ! Retrouvez l’interview de Bigasti ici.